mardi 2 septembre 2014

LA GRANDE GUERRE AU JOUR LE JOUR 31 AOÛT 1914

31 AOÛT 1914


I)
G.Q.G. Français
L’État-major de Joffre lui conseille de poursuivre la retraite jusqu’au sud de la Seine.
Les pertes totales de l’armée Française rien que pour le mois d’août se montent à 200.000 hommes.
La 10e D.C. est transférée à partir de Nancy pour faire partie du C.C. Conneau. Le reste du 9e C.A. est prélevé sur la IIe armée pour renforcer les IXe et IVe armées.
La 8e D.C. est transférée de Corcieux à Châlons.
Position fortifiée de Givet
Après avoir été bombardée avec de l’artillerie de gros calibre et subi un assaut, la garnison de Givet doit se rendre.
IIe armée Française : début de la bataille du Grand Couronné de Nancy jusqu’au 11 septembre.
IIIe armée Française : Sarrail s’accroche à Verdun
Les colonnes d’infanterie partent à l’assaut de Montigny et de Mont-devant-Sassey. Elles ne sont arrêtées que par le tir des batteries Allemandes. A Doulcon, le 115e d’infanterie soutient la contre-attaque des colonnes Allemandes qui débouchent de Dun. Pour maintenir la liaison avec la IVe armée, qui retraite vers la Champagne, la IIIe armée doit reculer à son tour. Le C.A. de droite (6e C.A.) continue à border la Meuse.

IIIe armée française : Sarrail s’accroche à Verdun
Les colonnes d’infanterie partent à l’assaut de Montigny et de Mont-devant-Sassey. Elles ne sont arrêtées que par le tir des batteries Allemandes. A Doulcon, le 115e d’infanterie soutient la contre-attaque des colonnes Allemandes qui débouchent de Dun. Pour maintenir la liaison avec la IVe armée, qui retraite vers la Champagne, la IIIe armée doit reculer à son tour. Le C.A. de droite (6e C.A.) continue à border la Meuse.

Sarrail reçoit l’ordre du G.Q.G. de rompre le combat. Les pertes de l’armée se montent à 2.000 hommes mais l’avance Allemande est fortement retardée. La retraite s’effectue jusqu’au sud de l’Ornain, à l’est de Vitry, puis jusqu’au sud de Bar-le-Duc. Sarrail dirige les 65e, 67e et 75e divisions de réserve au sud de Verdun, mais il arrête les arrière-gardes du 5e C.A. à Gesnes et Cierges, au nord de Montfaucon.
Le 6e C.A. garde le contact à Malancourt avec la garnison de Verdun et continue à border la Meuse.
Joffre voulait que le repli s’effectue jusqu’à Joinville, dans la Haute- Marne mais Sarrail veut garder le contact avec Verdun, en allongeant sa gauche pour rester en liaison avec la IVe armée, faisant face au nord pour défendre la place et face à l’est pour menacer le flanc de l’armée du Kronprinz. Le Haut Commandement approuve ces dispositions.
Dans la nuit du 31 août au 1e septembre, les troupes du Kronprinz traversent la Meuse à Vilosnes malgré la résistance acharnée du 106e R.I. Sarrail compte rejeter les Allemands sur la rive droite quand il reçoit l’ordre de rompre le combat. Le repli de l’armée s’effectue jusqu’au sud de l’Ornain, à l’est de Vitry.
Ve armée Française
L’armée se trouve toujours en flèche par rapport à ses voisines et risque d’être encerclée par la I ère armée Allemande à l’ouest et par la IIIe armée Allemande à l’est. Il y a un vide de 30 km entre la droite de la Ve et la gauche de la IVe armée, où les Allemands pourraient s’engouffrer. La cavalerie Allemande a passé l’Oise et menace les arrières Françaises. Lanrezac réussit à sortir son armée de cette situation en retraitant sur Laon.
Seul le 148e R.I., qui n’a pas reçu l’ordre de retraite, perd une grande partie de son effectif, qui tombe aux mains des Allemands ou se disperse dans la forêt de Saint-Gobain.
Une observation importante :
Le capitaine Lepic, commandant d’un escadron de cavalerie, est en observation sur une petite crête, au sud du hameau de Saint-Maur, à 500 m de la fourche des nationales 17 et 35. La première est la route de Paris, la seconde se dirige vers Compiègne, en direction de la Marne... Il voit 9 escadrons, 2 sections de mitrailleuses, 8 canons, puis une colonne d’infanterie et ensuite une masse d’infanterie à perte de vue...
A 15h30, il rédige son rapport : à la bifurcation, la masse des troupes a abandonné la route de Paris et marche en direction du sud-est.
Quelques heures plus tard, le renseignement arrive au 2e bureau de la Ve armée à Jonchery.

VI armée Française
Comme la I ère armée Allemande s’oriente vers le sud-est, la VIe armée est dans une position débordante par rapport au front Allemand. Maunoury propose d’attaquer de flanc mais une offensive générale n’est pas encore possible à cause de la retraite rapide des Anglais, ce qui crée une brèche dans la ligne des alliés.

IXe armée Française
Foch crée un front au nord de Reims.

Armée Anglaise
Les fusiliers marins Britanniques abandonnent Ostende, et viennent se placer en arrière de l’Aisne. French adresse à Kitchener une note disant que le B.E.F. fait retraite derrière la Seine, en quittant la ligne de bataille des armées Françaises. Le cabinet de Kitchener lui intime l’ordre de coopérer avec Joffre.

Armée Belge
L’armée Allemande en face du 4e secteur renforce sa gauche au détriment de sa droite. Les forces face à Anvers sont toujours les 3e et 9e C.A.R. et des formations de la Landwehr.
von Kluck confirme qu’il a rejeté complètement l’adversaire au-delà de l’Avre. La I ère armée a convergé en direction de l’Oise et se porte au-delà de Compiègne et Noyon pour exploiter les succès de la IIe armée.
Moltke est tranquillisé pour son aile droite mais est convaincu que les 3 armées du centre exécutent une contre-offensive générale dont le but est de battre les forces Allemandes qui ont franchi la Meuse. Il faut à tout prix éviter un échec au kronprinz. La IVe armée est invitée à agir en direction du sud sinon la Ve armée ne pourra pas passer la Meuse.
Moltke adresse une message radio à von Hausen et au duc de Wurtemberg :
« il est de toute nécessité que les IIIe et IVe armées continuent à se porter en avant sans arrêt car la Ve armée est engagée dans un dur combat pour franchir la Meuse ».
En fait, l’attaque Française de Sarrail, de Langle et Foch n’est qu’une manœuvre de retardement.

I ère armée Allemande : abandon du plan Schlieffen
Von Kluck reçoit un message radio de l’O.H.L. « les mouvements entamés par la I ère armée correspondent aux intentions de l’O.H.L. »
La direction de progression de l’armée est à présent vers Compiègne et Meaux. Il n’est plus question d’enlever Paris, mais de mettre hors de combat la Ve armée Française. Von Kluck ne cesse de stimuler les C.A. de gauche.
Il ordonne à 14h à ses trois C.A. de gauche (9e, 3e et 4e) de « dépasser leurs objectifs de la journée et de pousser aussi loin que possible en direction de Verberie et Soissons pour atteindre encore l’ennemi en retraite ».

L’armée se rue vers le sud :
Le 3e C.A. aborde l’Aisne inférieure à Attichy, Vic le 9e C.A. à Vezaponin.
La cavalerie de von Marwitz passe l’Oise pour couper la ligne de retraite de la Ve armée.
Ce plan échoue de peu, car Lanrezac fait retraiter son armée à marches forcées. Le soir, l’armée Allemande est sur l’Aisne à l’ouest de Soissons. Sa gauche a parcouru une distance de 50 km, un record. L’avance de la I ère armée par rapport à la IIe s’est encore accentuée. Le Q.G. de l’armée se déplace de Péronne à Noyon.

Pour von Kluck, la situation est lumineuse : l’armée Anglaise s’étant dérobée, il s’agit de saisir l’aile gauche de la Ve armée Française. C’est cette aile qui va l’attirer vers le sud-est.
Il décide de marcher le 31 non à l’est sur La Fère - Laon où il risquerait d’arriver trop tard, mais au sud-est, sur l’Oise, de Noyon à Compiègne. Il pense ainsi « exploiter le succès de la IIe armée en exécutant une poursuite débordante et en essayant, par des marches extraordinaires, de saisir le flanc des forces Françaises qui se replient devant la IIe armée ».

La I ère armée commence à converger vers le sud-est. Le plan Schlieffen est abandonné.

IIe armée Allemande :
von Bülow donne un jour de repos à son armée. Comme la I ère armée continue à progresser, le décalage s’accentue entre les deux armées.
A 18h15, il envoie l’appel télégraphique suivant : « Ennemi battu. En vue exploitation complète du succès, il est instamment désirable que la I ère armée converge face à La Fère - Laon » (vers l’est).

IIIe armée Allemande :
Comme la Ve armée a réussi à forcer le passage de la Meuse, l’armée continue sa route vers le sud, un moment interrompue.

IVe armée allemande :
L’armée reprend sa route vers le sud.

Ve armée allemande :
L’armée réussit à forcer le passage de la Meuse à Vilosnes.

II)
« Le ruisseau est plein de « cadavres », l’eau n’est pas buvable »
Réveillés à 5 heures, nous en sommes tous étonnés. Nous avons passé une bonne nuit au chaud et le matin revenons à notre pré de la veille. La canonnade est moins forte que la veille mais il me semble qu’elle commence à se calmer. Je rencontre Dol qui était hier aux avants postes. Ils ont reçu beaucoup d’obus et ont eu quatre blessés dont un grièvement... Il a perdu son sac... On a appris hier soir la mort de Goglu, tué le premier jour et celle de Lefort tué par derrière par une balle Française... Temps toujours beau... La batterie de 120 à côté de nous ne tire pas encore.
Difficultés aux distributions, difficultés avec le cuisinier. Nous allons bientôt nous placer dans un fond, 500 m en arrière : champs d’avoine, chaleur infernale, pas d’abri. Les avoines ne me réussissent pas. Resté toute la journée là, apprenons que le Prince Adalbert de Prusse est mort, tué par un Turcot !

Les obus tombent sur notre ancienne position. Traversons Cunel à 3 heures et prenons direction Nord, à travers bois, devons soutenir le 132e bataillon dans la Meuse.
Nous suivons un chemin que les obus ont suivi avant nous et nous nous installons pour la nuit en arrière d’une crête sur laquelle les obus tombent encore quelques temps. Heureusement nous avons rencontré un ruisseau en route, j'ai rempli mon bidon mais d’autres ne l’ont pas fait et où nous sommes le ruisseau est plein de cadavres, l’eau n’est pas buvable... Nous nous installons à 8 heures dans un champ d’avoine (naturellement). La fusillade crépite au dessus de nous tandis que 3 obus passent et vont tomber sur le village à gauche où sont installées les ambulances.
3 fois je me suis endormit, 3 fois j'ai dû me réveiller, mon rêve trop joli m’emportant là-bas, vers ma grande jolie et ma petite chérie dont le papa se demande quand la guerre finira. Je n’y veux pas songer.

Les Prussiens ont un peu reculé à Dun, ici nous les maintenons, on nous dit qu’on les tourne, qu’on les prenne donc tous et qu’on nous renvoie chez nous ! La nuit tombe, je quitte mon carnet et me couche dans mes bottes de paille sous les étoiles, et en compagnie d’un tambour et... d’une légion de perce-oreilles.
Demain ou cette nuit sera dur... (lettre d'un poilu)

III)
Désormais, les femmes distribuent aussi le courrier, s’occupent de tâches administratives et conduisent même les véhicules de transport. Dans les campagnes, les femmes s’attellent également aux travaux agricoles... Une allocation aux femmes de mobilisés est prévue. A titre d'exemple dans le Pas-de-Calais, une allocation principale de 1,25 fr (portée à 1fr50 le 4 août 1917), avec une majoration de 0,50fr en 1914, portée à 1fr le 4 août 1917) est versée aux femmes d'appelés.

Selon l'archiviste départemental, 171 253 demandes avaient été examinées par les commissions cantonales au 31 juillet 1918, pour plus de 115 000 bénéficiaires retenus, soit une dépense mensuelle de 6 millions de Fr environ du 2 août 1914 au 21 juillet 1918. Les œuvres de guerre et divers mouvements de solidarités complètent le dispositif.

A la fin de l’année 1917, le personnel féminin dans l’industrie et dans le commerce dépasse de 20% son niveau d’avant guerre. La part de la main-d’œuvre féminine passe de 32 à 40% environ. Pour faire admettre les femmes dans l’industrie de guerre, il aura fallu vaincre la méfiance des industriels, multiplier les circulaires, ouvrir des bureaux d’embauche et faire de nombreuses affiches. Le bulletin du ministre du Travail de janvier-février 1918, souligne qu’après avoir été affectées à des tâches en rapport avec leurs aptitudes physiques, les ouvrières se sont adaptées à des travaux divers.

« Actuellement, elles exécutent, soit aux machines, soit comme manœuvres (
ouvrière qui ne fait pas de gros ouvrages), la plupart des opérations, depuis le moment où la matière première de l’usine jusqu’à celui où elle est expédiée sous forme de produits manufacturés ».

Début 1918, les femmes forment un quart de la main-d’œuvre dans l’industrie de guerre. 430 000 « munitionnettes » venues de tous les horizons couturières, ménagères, artiste au chômage, jeunes filles sans travail sont attirées par les hauts salaires : véritable transfert de main-d’œuvre, sans lien aucun avec les capacités de chacune. Les ouvrières donnent très vite satisfaction :
« Si les femmes qui travaillent dans les usines s’arrêtaient 20 minutes, les Alliés perdraient la guerre » aurait dit le maréchal Joffre.

En tout, les femmes auront fabriqué en quatre ans 300 millions d’obus et plus de 6 milliards de cartouches.

Cette guerre qui marque alors un tournant décisif pour la France, mobilise donc des millions de Françaises à l'intérieure du pays qui occupent une place toute aussi importante que celle de leurs maris et pères au front.

IV)
Ce 31 août, lorsque le Petit Comtois écrit :

Sur le front Oriental, le reste des forces Allemandes est anéanti, brisé ou cerné par les armées Russes, c’est le contraire qui s'est produit la veille avec la victoire Allemande de Tannenberg. La presse parle encore d'une menace Russe sur Berlin pourtant bien hypothétique. Même si en Galicie, contre l'Autriche-Hongrie, les Russes remportent la victoire de Lemberg, le Petit Comtois est abusé par la censure et abuse ses lecteurs à son insu.

Voulant prendre en tenailles les troupes Allemandes, deux armées Russes progressent depuis la mi-août, la première avance droit vers l’Ouest contre Königsberg, l’autre  remonte vers le Nord depuis l’enclave Polonaise au Sud de la Prusse Orientale. Après un recul germanique, la 2e armée Russe dirigée par le général Samsonov reprend l'avantage...

La progression Russe est durablement interrompue et le front va se stabiliser jusqu'en mai 1915... En Allemagne, la presse parle de la bataille de Olsztyn, mais Hindenburg, sensible à l’histoire et conscient de sa renommée la fait baptiser du nom du petit village qui est au beau milieu du secteur géographique de la bataille, Tannenberg... La victoire de 1914 éclipse ainsi cette ancienne défaite.


Jusque là, et encore ce 31 août, le Petit Comtois n’a eu de cesse de glorifier la progression Russe, de signaler le nombre considérable des hommes mobilisés (27 corps d’armée et 8 en préparation), d’honorer des généraux comme Rennenkampf (commandant de la 1e armée) qu’on dit menacer Berlin alors qu’il approche seulement de Königsberg.

Sur cette annonce du 28 août, le repli Allemand est signalé vers Allenstein, c’est le nom allemand d’Olzstyn (près de Tannenberg) où les Russes seront défaits. Encore une fois, il s'agit de désinformation...

 À la fin du mois d’août, les alliés de l’Entente ont toutes les raisons d’être angoissés. La tribune du Petit Comtois  du 31 août titre ainsi :
Sans tomber dans le désespoir, la censure ne l’aurait pas permis, l’auteur, Charles Krumholtz ne cache cependant pas les inquiétudes de tous, à propos des blessés, des gens du Nord qui fuient ou sont déjà occupés. Bien sûr, il espère toujours la victoire, mais le doute est semé, l'invasion Allemande progresse. Il faudra attendre le sursaut de la Marne…

V)
Il est mentionné sur le fascicule attaché à mon livret militaire, qu'en cas de mobilisation, un sursis d'un mois m'est accordé au titre d'économe de lycée, que cependant, je dois me replier si le territoire de ma résidence est envahi par l'ennemi. Je me trouve, fort heureusement, avoir satisfait à ce dernier ordre.

Étant presque au terme du sursis d'appel, je me présente au bureau de recrutement... Je trouve porte close, il est parti sans laisser d'adresse... Je stationne devant la porte pendant quelques minutes, et je constate que les réservistes convoqués ne savent que faire. Les uns vont à la Sous-Préfecture, les autres à la Mairie, à la caserne Colbert. Partout, on lève les bras au ciel:
Que voulez-vous que nous fassions de vous? Quelqu'un me dit:
Le bureau de recrutement est transféré à Châlons-sur-Marne. Je tente d'y aller à bicyclette, mais je suis arrêté en cours de route par l'armée Française et je dois me replier sur Épernay. La population très inquiète encombre la gare et les rues du voisinage. Les communications avec Reims et avec Châlons-sur-Marne sont interrompues.
Deux régiments de dragons campent dans le coquet square du Jard. Je passe la nuit en gare d’Épernay.


VI)
Le 31 du mois d’Août 1914
Je partis de Deauville un peu avant minuit
Dans la petite auto de Rouveyre
Avec son chauffeur nous étions trois
Nous dîmes adieu à toute une époque
Des géants furieux se dressaient sur l’Europe
Les aigles quittaient leur aire attendant le soleil
Les poissons voraces montaient des abîmes
Les peuples accourraient pour se connaître à fond
Les morts tremblaient de peur dans leurs sombres demeures (…)

Et quand après avoir passé l’après-midi
Par Fontainebleau
Nous arrivâmes à Paris
Au moment où l’on affichait la mobilisation
Nous comprîmes mon camarade et moi
Que la petite auto nous avait conduits dans une époque Nouvelle
Et bien qu’étant déjà tous deux des hommes mûrs
Nous venions cependant de naître.

Guillaume Apollinaire
Calligrammes © Gallimard 1925

free.niooz.fr/le-31-aout-1914-laquo-le-ruisseau-est-plein-de-viande-mort...
Réveillés à 5 heures, nous en sommes tous étonnés. Nous avons passé une bonne nuit au chaud et le matin revenons à notre pré de la veille....
Reims, lundi 31 août 1914

reims1418.wordpress.com/2014/08/30/journal-de-guerre-le-31-aout/
Il y a 2 jours - Les hôpitaux militaires au siège de Givet-Charlemont (24-31 août 1914) A voir sur le blog de …







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