dimanche 31 août 2014

989... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 989 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LA CHRISTIANISATION GRÂCE AU BAPTÊME DE VLADIMIR Ier

SAINT VLADIMIR
Vladimir le « Soleil Rouge » pour les chants épiques (Володимир en ukrainien, Volodymyr)  et pour l’Église Russe « Saint Vladimir-égal des Apôtres », a eu un rôle décisif dans la naissance de la future Russie. Petit  fils d'Igor et Olga (première Grande Duchesse a avoir reçu le baptême à Constantinople), fils bâtard de Sviatoslav Ier et de Maloucha, l'intendante d'Olga, Vladimir à l'âge de 10 ans reçoit de son père le gouvernement de Novgorod. Mais les Novgorodiens qui souhaitent un dirigeant issu de Rurik, ont une façon particulière de gouverner avec une assemblée populaire sans donner de réels pouvoirs à leur Prince...

A la mort de leur père Sviatoslav, Iaropolk l'héritier en titre, après avoir assassiné son frère cadet Oleg, Prince des Drevlianes, part à la conquête de Novgorod et aurait en effet bien exécuté aussi le benjamin.
Vladimir en fuite, après avoir erré pendant 2 ans, réunit une flotte de Varègues dévoués et regagne Novogorod.  Obligé de se réfugier en Scandinavie en 972, à la mort de son père, Sviatoslav, Vladimir réussit à s'imposer comme prince de Kiev, grâce à l'appui d'une troupe Varègue (978-980). Là, il étend son autorité sur l'ensemble des tribus Slaves de l'Europe Orientale, élargissant la frontière de l'État Kiévien vers l'est et le sud-ouest. La sécurité de cet État est assurée par d'incessantes actions militaires contre les peuples et les États voisins : Au IXe siècle, une minorité de Russes sont déjà chrétiens. Les princes et leur entourage sont partagés entre les deux influences, païenne et chrétienne. Il semble que certains d'entre eux voient dans le christianisme le moyen de créer un État organisé et plus centralisé... Vladimir Ier impose le christianisme, noue des liens avec Rome et Constantinople, ouvre Kiev aux colonies marchandes étrangères.

1. Le prince de Kiev
Vladimir Ier fait partie de la dynastie Varègue, d'origine Scandinave, qui a régné pendant 3 siècles sur les Slaves Orientaux. Fils cadet, il a reçu de son père Sviatoslav l'apanage de Novgorod en 970... L'unité de l'État est alors fondée sur la subordination des cadets à l'aîné, Vladimir n'aurait pas dû régner... Mais, à la mort de Sviatoslav en 972 ou 973, les deux fils aînés, Iaropolk et Oleg, se disputent l'héritage, Iaropolk, vainqueur, s'installe à Kiev. Vladimir profite de la lutte, appuyé par des renforts ramenés de Scandinavie, il élimine Iaropolk
Seul au pouvoir, il entreprend de renforcer l’État de Kiev :
Il tue le chef Varègue Polotsk, fait des conquêtes en Pologne et en Russie blanche (981-983), soutient un moment les Bulgares contre l'Empire Byzantin (985-986).

En 980, ayant demandé officiellement sans succès en mariage la fille de Rogvolod de Polotsk, il finit par assiéger la ville, tue son « ex-futur-beau-père » ses 2 « ex-futurs-beaux-frères » et finit par épouser Rogneda.
Il s'attaque ensuite à Kiev où il entre en vainqueur.
Iaropolk s'enfuit à Rodnia où il est rejoint et éliminé par son frère cadet selon la tradition familiale.
[L'écrivain Vladimir Volkoff dira de cette situation : « Ce n'était peut-être pas très moral, mais c'était éminemment politique, et fait avec élégance et même avec une touche de cynisme »]

Il consolide les frontières de l'état par de grande campagnes militaires, affrontant en 981, pour la première fois les Liakhs (Polonais) dont on peut considérer que c'est la première guerre Russo-Polonaise... 
Il multiplie les campagnes contre les tribus Slaves de l'est et du sud, et les pouvoirs des princes tribaux passent dorénavant entre les mains du Prince de Kiev.
En 986, le co-empereur de Byzance Basile II (avec Constantin VIII), en guerre sur 2 fronts en Europe et en Asie, demande l'aide de Vladimir qui accepte mais demande en « payement » la main de leur sœur Anne, ce qui est accepté.  Avec l'envoi de 6 000 hommes, le Prince de Kiev contribue à la victoire sur le front de l'Asie.
Puis les empereurs Byzantins traînant à tenir leur promesse de mariage, Vladimir assiège et prend la ville de Kherson...
En 988 les Empereurs Basile II et Constantin VIII acceptent de lui donner leur sœur Anne en mariage à condition qu'il se convertisse ainsi que son peuple. Le baptême et le mariage ont lieu à Kherson, citadelle de Crimée, et non pas à Kiev. Le grand duc retourne dans sa ville en 990 en emmenant de nombreux prêtres.
Duché de Pologne en 981 et 993.

Profitant du péril que constitue pour l'Empire Byzantin la mutinerie de Bardas Phocas, Vladimir revendique la Crimée et cherche à s'allier à la dynastie impériale (en 989, il épouse Anne, sœur de l'empereur Basile II)...
Dans un premier temps Vladimir Ier tente d'affermir le culte païen de Peroun comme culte officiel.
Peroun représentant le tonnerre et la foudre est le premier des dieux des Slaves Orientaux. On trouve son nom inscrit  dans un traité conclu en 944 avec les Grecs par le Prince Igor.
Cependant l'idée d'un culte monothéiste qui donnerait une cohésion à un état pluri-ethnique et pluri-déiste, fait son chemin.
Depuis l'exemple des Bulgares, convertis à l'islam, les motifs politiques semblent avoir prévalus dans le choix d'une religion.  Relativement méfiant vis à vis des trois religions monothéistes (juive, chrétienne et islamique) Vladimir Ier est pourtant très impressionné par les rapports fournis par ses ambassadeurs auprès de Constantinople.

Les idoles de bois des anciens dieux sont jetés solennellement dans le fleuve Dniepr. «  la chronique des temps anciens » raconte comment cette cérémonie fut organisée :
BAPTÊME DE VLADIMIR
Vladimir « fait envoyer dire à travers toute la ville :
« Si quelqu'un, riche ou pauvre, indigent ou esclave, ne se trouve pas demain sur le bord du fleuve, je le considérerai comme mon ennemi ». Entendant cela, le peuple s'y rend avec joie, se réjouissant et disant:
« Si cela n'était pas bon, le Prince et les Boyards ne l'auraient pas accepté ». Le lendemain, Vladimir sort avec les prêtres amenés par Anne Porphyrogénète et ceux de Cherson pour se rendre sur le Dniepr où se rassemble une foule innombrable. »
Pour la célébration du nouveau culte, le Grand Duc fait bâtir une première église en bois en l'honneur de Saint Basile dont il a pris le nom lors de son baptême.
Peu après, une second église est érigée, en pierre cette fois, où il  fait disposer :
« Tout ce qu'il a pris à Cherson : icônes, vases et crucifix, et y affecte pour la célébration du culte, des prêtres de Cherson ».

PEROUN
C'est dans ces circonstances, mal connues dans leur détail, que se placent le baptême de Vladimir (987-988), la reconnaissance du christianisme byzantin comme religion officielle de l'État (989-990) et la mise en place de structures ecclésiastiques (dont l'étude détaillée soulève beaucoup de questions). Il est avéré que le prince néophyte a consenti à l'Église une « dîme », prélevée sur le trésor princier, et de nombreux privilèges, dans le domaine judiciaire notamment...

En 992, Le patriarche de Kiev Léonce divise l'Église Russe en plusieurs diocèses : Kiev, Novgorod, Tchernigov, Vladimir, Polotsk, Turov, Rostov et Belgorod.
Le diocèse de Tchernigov est créé peu après lorsque la ville devient la résidence de Mstislav, frère de Iaroslav...

Outre des églises, Vladimir Ier fait construire autour de Kiev d'autres villes, des citées fortifiées destinées à former un rempart contre les invasions,  en « recrutant » parmi les peuples Slaves et Finnois dispersés dans la plaine Russe. Le territoire s'étend alors du Lac Ladoga au nord  jusqu'au Dniepr au sud et de l'embouchure de la Kliazma à l'est au Bourg Occidental à l'ouest. Vladimir enverra ses fils régner  dans les différentes régions de la Rus' sans jamais les laisser trop longtemps à la même place afin d'éviter de créer des liens trop fort entre les princes et les populations...
En 1007 Vladimir accueille chaleureusement Bruno de Querfurt (futur saint Boniface), qui passe par Kiev pour aller visiter les Petchenègues.

En 1015 Vladimir Ier envoie son fils Boris combattre les Petchenègues et part en campagne contre Iaroslav... Malade, il meurt à Berestovo, près de Kiev, le 15 juillet. Sviatopolk s’empare du pouvoir avec l’aide de son beau-frère Boleslas Ier de Pologne, qui reçoit en échange le sud-ouest du pays... A sa mort Vladimir laisse une Russie Kiévienne en cours d'alphabétisation, sûre de ses frontières et ayant établi de solides relations commerciales et politiques avec l'Empire Byzantin.

Dans la Chronique de Nestor, on lit de Vladimir qu'il « se laissa aller à l'amour des femmes... car il est débauché comme Salomon ». L'évêque Allemand Thietmar le décrit comme « fornicator immensus et crudelis », tandis que les chroniqueurs font référence à plusieurs centaines de concubines gardées dans son palais de Vychgorod. De ses différentes épouses, il eut au moins 11 fils.

Puis, tout chargé de saintes reliques et d'ornements d'Église, accompagné de tout un clergé, il est rentré à Kiev, a procédé à l'évangélisation rapide de son peuple et l'a fait immerger en masse dans les eaux du Dniepr, pendant que les prêtres Grecs, debout avec Vladimir sur le rivage, lisaient sur eux les prières rituelles... exaltant la religion Grecque au-dessus de toutes les autres et, en particulier, faire disparaître toute trace d'intervention Latine et Romaine dans la conversion du peuple Russe et sa première organisation religieuse. Ces trois documents ignorent complètement les données légendaires que nous venons de résumer et sont en contradiction avec elles, tandis qu'ils s'accordent avec certains renseignements fournis par les historiens arabes et par les sagas Scandinaves... Ils nous apprennent tout d'abord que Vladimir a embrassé le christianisme de son propre chef et par inspiration d'en haut, après avoir mûrement réfléchi par lui-même, qu'il est instruit et baptisé en Russie et non à Chersonese, par des prêtres Varègues, et non par des prêtres Grecs, qu'il à vécut encore 28 ans après son baptême : ce qui reporte cet événement à l'année 987 au lieu de l'année 989 de la légende, et de l'année 988, date officielle en Russie... Ils nous disent aussi que Vladimir s'empare de Chersonese, la troisième année après son baptême, c'est-à-dire en 989, plus précisément avant le 27 juillet 989.

Des sagas Islandaises on peut déduire avec certitude que Saint Olaf Tryggvison, roi de Norvège, après avoir reçu lui-même le baptême, eut quelque influence sur la conversion du prince Russe, sans qu'on puisse autrement en préciser la nature. De ces mêmes récits, combinés avec les données des documents Russes et des historiens arabes, (les chroniqueurs Byzantins sont complètement muets, et pour cause, sur toute cette histoire de la conversion de Vladimir) on arrive à ordonner ainsi la suite des événements :
L'année même de la conversion de Vladimir, en 987, Saint Olaf, qui est allé à Constantinople, en revient accompagné d'un évêque Grec nommé Paul, et s'arrête à Kiev... Là il trouve son ami Vladimir dans le plus grand embarras : celui-ci ne sait comment se débarrasser de ses mercenaires Varègues, qu'ils ne peut plus payer. Olaf lui suggère que les empereurs Byzantins les prendront sans doute à leur service, car ils se trouvent dans une situation fort critique....
Aussitôt, une ambassade Byzantine part pour Kiev avec mission de négocier une alliance avec le prince Russe. Un traité est conclu alors entre les deux partis aux clauses suivantes : Vladimir exige la main d'Anne, sœur des deux basileis régnants, et s'engage, en retour, à fournir un contingent de 6 000 Varègues pour dompter la rébellion de Bardas Phocas... L'accord, une fois arrêté, Vladimir Ier part pour Constantinople à la tête de ses Varègues, qui infligent à Bardas Phocas la sévère défaite de Chrysopolis (été de 988).

Mais, avant de livrer bataille, le prince Russe exige que soit célébré son mariage avec Anne Porphyrogénète. Celle-ci, sur les instances de ses frères, les empereurs, doit consentir à cette union bien à contrecœur. Mais il y va du salut de l'empire, et elle se résigne... On stipule que la princesse se rendra à Kiev avec la magnificence due à son rang, après que la révolte de Bardas aura été domptée.

La victoire de Chrysopolis n'a pas suffi à abattre le rebelle, qui peut reconstituer son armée et se préparer à une nouvelle bataille... Celle-ci a lieu le 13 avril 989, à Abydos... Vladimir Ier y prend une part active avec ses troupes. Elle se termine par la défaite complète de Bardas Phocas, qui tombe en pleine lutte foudroyé par une attaque d'apoplexie...

Une fois débarrassés du péril, les basileis oublient leur promesse de laisser partir Anne pour Kiev, ou refuse d'observer quelque autre clause du pacte... On ne peut expliquer autrement la rupture qui survient bientôt entre les empereurs et Vladimir Ier... Pour couper court aux interminables délais si habituels à la politique Byzantine, celui-ci se résout à frapper un grand coup...

Ne pouvant évidemment tenter de s'emparer de Constantinople avec la petite armée dont il dispose, il tombe à l'improviste sur Chersonese, métropole des possessions Byzantines en Crimée. Aidé sans doute par la trahison dont des récits légendaires ont conservé le véridique souvenir, il s'est emparé de la ville dès avant le 27 juillet 989.

En même temps, les Bulgares viennent d'enlever aux Byzantins la place forte de Verria, et la veuve de Bardas Phocas attise de nouveau la révolte en Asie Mineure en mettant Bardas Scléros à la tête des rebelles... Les basileis aux abois se voient alors contraints de traiter avec Vladimir, dont ils connaissent la principale condition. La princesse Anne doit prendre le chemin de Chersonese...
et rejoindre son mari... Celui-ci, s'engage non seulement à restituer Chersonese à l'empire, mais aussi à proclamer officiellement le christianisme en Russie et à y détruire les restes du paganisme.

Il est heureux de laisser, moyennant compensation pécuniaire, une bonne partie de ses Varègues au service de Byzance. Ainsi se termine à l'avantage de Vladimir Ier cette expédition à Constantinople et en Crimée. Le prince Russe rentre à Kiev avec son épouse richement pourvu de dons sacrés et profanes...
Parmi la dot :
Entre autres reliques, on lui donne le chef du Saint pape Clément, qui est vénéré en Russie avant l'invasion des Mongols
Des prêtres Byzantins accompagnent la princesse Anne pour lui assurer le service liturgique selon le rite Byzantin.
Rentré à Kiev, Vladimir Ier s'occupe d'accélérer la conversion de ses sujets au christianisme...

C'est sans doute Anne la Porphyrogénéte qui a l'initiative de cette construction et c'est dans ces sanctuaires qu'elle peut suivre les offices liturgiques suivant le rite Byzantin.

Est-ce également le rite Byzantin qui est alors adopté dans l'Église Russe? Il y a de graves raisons d'en douter... Nous avons dit qu'au moment de la conversion de Vladimir Ier, un grand nombre de Varégues sont chrétiens et que lui-même a été instruit et baptisé par des prêtres Varégues. Or, ces Varégues sont de rite Latin. Encore au début du XIIIe siècle, en Russie la foi Varègue est synonyme de foi Latine...
On parle tout d'abord d'une ambassade envoyée par le Pape au prince Russe, en 990, alors qu'il séjourne encore à Chersonese.
En 991, c'est à Kiev que les légats de Jean XV apportent à Vladimir Ier, selon l'expression de la Chronique de Nicon, les marques d'amour et d'honneur, et que Vladimir, de son côté, les reçoit avec amour et honneur et envoie aussitôt des ambassadeurs au Pape. Or, c'est précisément en cette année 991 que les chroniques font mention d'évêques Russes dans l'entourage de Vladimir Ier...

Elles en parlent de nouveau en 996, à l'occasion de la consécration de l'église des dîmes... D'où viennent ces évêques ? Par qui ont-ils été consacrés? De quel rite sont-ils? Les chroniques interpolées les font consacrer et envoyer par le Bienheureux Photius...

Au Xe siècle, la péninsule de Crimée entretient des relations avec l’entité politique connus sous le nom de Rus’ ou Rous’ de Kiev. La Chersonèse, comme on l’appelle dans la géographie antique et médiévale, est le lieu de rencontre entre les Rhôs (ou Rous’) Scandinaves, les Khazars et les Grecs de l’Empire Byzantin. Les traités Byzantino-Russes interdisent aux Rhôs de s’en emparer (911-971).

En 988 ou 989 le prince Vladimir Ier de Kiev conquiert la ville la rend à Byzance la ville sera ensuite conquise par l'Empire de Trébizonde...



www.russie.net › Orthodoxie2006
15 août 2006 - En 989, le grand-prince Vladimir impose le 'baptême de la Russie', par lequel il donne à son peuple une religion nationale orthodoxe, qui va ...
books.google.fr/books?id=csIWAAAAQAAJ
( 989 ) Vers le même temps , ils adoptèrent la manière de compter les années qui ... l'Europe septentrionale, dans la Chersonèse cimbrique, dans le Danemarck.
www.histoire.presse.fr/.../crimee-memoire-russe-20-03-2014-87830?...0
20 mars 2014 - La Chersonèse, comme on l'appelle dans la géographie antique et médiévale, est le ... et de la conversion de ses états au christianisme orthodoxe (988-989). ... Mais le souvenir le plus fort est celui du siège de Sébastopol, ...
www.persee.fr/web/.../rebyz_1146-9447_1937_num_36_187_2905
de M Jugie - ‎1937 - ‎Cité 6 fois - ‎Autres articles
deuxièmement, qu'il fut instruit et baptisé en Russie et non à Chersonese; par ... au lieu de l'année 989 de la légende, et de l'année 988, date officiellement .... du Saint-Siège, conformément à l'accord qui avait dû être arrêté à Chersonese, ...





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire