lundi 15 décembre 2014

EN REMONTANT LE TEMPS... 896

3 DECEMBRE 2014...

Cette page concerne l'année 896 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

ALFRED LE GRAND ROI D'ANGLETERRE

Au commencement était la guerre « De la fureur des hommes du Nord, protège-nous Seigneur » : mythe et réalité des raids Vikings en Europe occidentale du Haut Moyen Age

Alfred, parfois écrit Ælfred (né entre 846 et 849 et mort le 26 octobre 899), est roi du Wessex de 871 à sa mort, et roi de tous les Anglo-Saxons à partir de 878, sans jamais contrôler la totalité du territoire Anglais.
4e fils du roi Æthelwulf et très probablement de la première épouse de ce dernier, Osburga, il succède à son frère Æthelred en tant que roi du Wessex et de Mercie en 871.

Alfred est célèbre pour avoir organisé la défense du royaume contre les Danois, et obtenu en conséquence l'épithète « le Grand » : Il est le seul monarque Anglais à être connu comme tel.
Des détails de sa vie nous sont connus grâce aux travaux d’un ecclésiastique Gallois de l’époque, Asser, évêque de Sherborne. En homme instruit, Alfred soutient l'éducation et améliore le système judiciaire du royaume.
Il est considéré comme saint par l'Église catholique romaine et fêté localement le 12 décembre... Alfred est né à Wantage, dans l'Oxfordshire (comté historique du Berkshire), entre 846 et 849. ce fut un enfant particulièrement beau et prometteur, et des anecdotes de son enfance sont restées dans les annales.

En 853, il est envoyé à Rome pour y être confirmé par le pape Léon IV, qui l'a également « oint en tant que roi ». Des ouvrages postérieurs décrivent cet événement comme un couronnement anticipé, en préparation de sa succession au trône du Wessex. Cependant, cela ne peut être prédit en 853, car Alfred a 3 frères aînés. Il est plus raisonnable de considérer cet événement comme une investiture dans les insignes consulaires ou dans certains titres royaux, comme celui du sous-royaume du Kent.

Cette histoire est probablement apocryphe, bien qu'Alfred ait effectivement pris part en 854-855 avec son père à un pèlerinage à Rome, séjournant quelque temps à la cour de Charles le Chauve, roi des Francs.

En 858, Æthelwulf meurt... Pendant les courts règnes de ses deux frères les plus âgés, Æthelbald et Æthelberht, on ignore tout de la vie d'Alfred.

Avec l'accession au trône de son 3e frère, Æthelred. En 866, commence la vie publique d'Alfred : Il travaille à délivrer l'Angleterre des Danois. Lors de ce règne, Asser donne à Alfred son titre unique de secundarius, qui semble indiquer une position proche de celle exprimée par le terme Celte tanist, successeur officiel et reconnu, en étroite liaison avec le prince régnant.

Cet arrangement est probablement pris par le Witenagemot, pour prévenir le danger d'une succession houleuse en cas de mort d'Ethelred au combat. Cependant, l'arrangement consistant à couronner un successeur en tant que second roi est répandu chez les peuples Germaniques, comme les Scandinaves ou les Francs, avec qui les Anglo-Saxons ont des relations suivies.

En 868 Alfred épouse Ealhswith, fille d'Æthelred Mucil, l’ealdorman des Gaini, un peuple vivant dans le Lincolnshire près de Gainsborough. Cette petite-fille d'un ancien roi de Mercie lui donne 5 ou 6 enfants, dont une fille, Æthelflæd, qui deviendra dame de ce pays. La même année, Alfred, combattant aux côtés de son frère Æthelred, tente sans succès de libérer la Mercie de la pression des Danois. Pendant presque 2 ans, le versement d'un tribut aux Danois permet au Wessex d'être épargné. Mais fin 870 un conflit éclate, et l'année suivante est à juste titre appelée « l'année des batailles d'Alfred ».
L'Angleterre en 871
Neuf batailles sont menées avec divers résultats. Le lieu et la date de 2 d'entre elles sont perdus.
Une embuscade couronnée de succès, à Englesfield dans le Berkshire (31 décembre 870)... Suivie d’une défaite cuisante à la bataille de Reading (4 janvier 871)... 4 jours plus tard, par la brillante victoire d’Ashdown, près de Compton Beauchamp, dans la région de Shrivenham.

Le 22 janvier 871, les Anglais sont à nouveau vaincus à Basing

Le 22 mars 871 à Marton, dans le Wiltshire... Les deux batailles non identifiées ont pu se produire dans l'intervalle.
En avril, Æthelred trouve la mort, et la charge de poursuivre les combats revient alors entièrement à Alfred...

Pendant que ce dernier assiste à l’enterrement et aux autres cérémonies officielles entourant la mort de son frère, les Danois remportent en son absence une victoire contre les Anglais, en un lieu non précisé.

Sa présence, néanmoins, ne suffit pas à empêcher une nouvelle défaite en mai, à Wilton. Une trêve est convenue entre les 2 camps...

Pendant les 5 années suivantes, les Danois partent guerroyer dans d’autres parties de l’Angleterre, et Alfred se contente de poster plusieurs garnisons aux frontières du royaume.

En 876, le nouveau chef des Danois, Guthrum l'Ancien, rompt finalement la trêve en lançant une attaque contre Wareham, dont il s’assure le contrôle. Depuis cette ville, et sous prétexte de venir parlementer, les Danois entament au début de 877 une forte poussée vers l’ouest qui se solde par la prise d’Exeter... Alfred les assiège dans cette ville et, une flotte de renfort Danois ayant été dispersée par une tempête, les Danois doivent se soumettre et se replier en Mercie.

Dès le mois de janvier 878, les guerriers Danois organisent une contre-attaque contre le bourg fortifié de Chippenham, où Alfred passe justement l’hiver, « et la plupart des gens sont réduits, à l’exception du Roi Alfred, qui peut s’échapper avec quelques autres par les bois et les marécages, après Pâques il édifie un fort à Athelney, et depuis ce fort il continue à combattre l’ennemi » (Chronique Anglo-Saxonne).

Depuis le concile de Tours (567), la période de 12 jours entre Noël et l'Épiphanie est sacrée. C'est probablement l'origine de la trêve de Noël. Alfred, très attaché aux nouvelles valeurs chrétiennes, refuse, dit-on de livrer bataille pendant les « douze ». Il doit ainsi abandonner la place forte de Chippenham.
Une légende raconte comment, alors qu’il s’enfuit à travers les marécages d’Athelney près de North Petherton dans le Somerset, une paysanne ignorant son identité lui confie la surveillance de quelques gâteaux qu’elle a mis sur le feu. Préoccupé par le sort de son royaume, Alfred laisse les gâteaux brûler et se fait réprimander au retour de la femme.

Lorsqu’elle réalise à qui elle s’adresse, la paysanne se confond en excuses, mais Alfred persiste à se déclarer fautif...
La représentation d’Alfred, lors de sa retraite à Athelney, en fugitif abandonné de tous, provient de cette légende des gâteaux.
En réalité, il organise déjà sa future victoire.

Une autre légende le dépeint d’ailleurs sous le déguisement d’un harpiste, s’introduisant dans le camp de Guthrum pour dérober ses plans de bataille...

Dès le mois de mai, ses préparatifs achevés, il effectue sa sortie du fort d’Athelney, rejoint sur la route par d’autres troupes levées dans le Somerset, le Wiltshire et le Hampshire. Les Danois, de leur côté, sortent de Chippenham, et les 2 armées se confrontent lors de la bataille d'Ethandun ou Edington. Alfred y remporte une victoire décisive, et obtient la soumission des Danois.

Le roi Guthrum et 29 autres participants conviennent d’une entrevue entre les 2 camps, un compromis durable coupant l’Angleterre en 2 est trouvé : Le sud-ouest pour les Anglo-Saxons et le nord-est, baptisé Danelaw, sous la domination des Danois.

Respectant l’accord (dit par les historiens traité de Wedmore, bien qu’aucun document écrit n’ait subsisté), les Danois évacuent dès l’année suivante le Wessex et l’ouest de la Mercie.

Le 2e conflit (884-886) et la Paix d’Alfred et de Guthrum
Bien que le nord-est de l’Angleterre, y compris Londres, reste encore sous le contrôle des Danois, l’événement marque un retournement des rapports de force. Les quelques années suivantes sont pacifiques, les Danois étant tenus occupés sur le continent Européen. Un débarquement des Anglais dans le Kent, en 884 ou 885, bien qu’infructueux, pousse les Danois à la révolte.

Alfred parvient à réprimer l’insurrection et s’empare de Londres en 885 ou 886. Le traité dénommé « Paix d’Alfred et de Guthrum » (souvent confondu avec le traité de Wedmore) est alors signé, consacrant l’expansion territoriale des Anglais et la prise de Londres.

Une fois de plus suivent quelques années de trêve...
À l’automne 892/893, un dernier conflit survient. Les Danois, dont les implantations en Europe deviennent de plus en plus précaires, se replient en 2 grandes vagues sur l’Angleterre : Les réfugiés de la première vague, plus nombreux, s’installent à Appledore, et ceux de la deuxième vague, menés par Haesten, à Milton dans le Kent.
Le fait que les nouveaux envahisseurs amènent femmes et enfants montre qu’il ne s’agit pas d’un simple raid de pillage, mais d’une tentative concertée, avec les Danois déjà sur place, de conquérir l’ensemble de l’Angleterre.

Alfred, en 893 ou 894, positionne ses troupes de façon à pouvoir observer les deux populations. Tandis qu’il entame des négociations avec Haesten, les Danois d’Appledore entrent en guerre et poussent leurs forces vers le nord-ouest. Le fils aîné d’Alfred, Édouard (futur Édouard l'Ancien), les bat lors d’une bataille à Farnham. Subissant défaites après défaites, ils vont trouver refuge sur l’île de Thorney dans l’Hertfordshire, puis dans l’Essex, puis rejoignent les forces menées par Haesten, à Shoebury.
Alfred, en route vers Thorney pour apporter des renforts à son fils, apprend que d’autres Danois mettent le siège à Exeter : A l’issue d’une marche forcée vers l’ouest, il y met fin à temps.
Au même moment, les troupes menées par Haesten remontent la vallée de la Tamise, peut-être avec l’idée de porter secours à leurs compatriotes.
Mais ils sont interceptés par une grande armée sous commandement des Ealdormen de Mercie, Wiltshire et Somerset, qui les repousse vers le nord-ouest, avant finalement de les cerner à Buttington, non loin de l’embouchure de la Wye.
Les Danois tentent d’enfoncer les lignes Anglaises, au prix de lourdes pertes : Les rares qui parviennent à passer retournent se barricader à Shoebury. Après avoir rassemblé des renforts, ils entament une rapide traversée de l’Angleterre pour aller occuper les ruines romaines de Chester.

En plein hiver, les Anglais renoncent à un siège, et se contentent de détruire tous les moyens de subsistance dans les environs.

Au début de 894, la faim pousse les Danois à se retirer une fois de plus en Essex.
Dès la fin de l’année, néanmoins, ils descendent la Tamise en bateau et établissent un camp fortifié à environ trente kilomètres en amont de Londres.

Une attaque frontale de la part des Anglais échoue, mais plus tard dans l’année Alfred découvre un moyen d’obstruer le fleuve afin de bloquer toute sortie aux embarcations ennemies.
Réalisant qu’ils sont cernés, les Danois fuient vers le nord-ouest et passent l’hiver à Bridgnorth. L’année suivante (896 ou 897), ils renoncent à lutter. Quelques-uns se retirent en Northumbrie, d’autres dans l’est de l’Angleterre.

Ceux qui n’ont aucun lien antérieur avec l’île retournent sur le continent. La longue campagne est terminée.
L’issue du conflit témoigne de la confiance qu’inspire la personnalité d’Alfred, son talent à commander les hommes, et prouve également l’efficacité de ses réformes militaires. Ces dernières ont consisté :
  • à diviser en deux la milice nationale (le fyrd), afin que l’une puisse remplacer l’autre à intervalles fixes et que la continuité des opérations militaires soit garantie.
  • à édifier des bourgs fortifiés et établir des garnisons en plusieurs points stratégiques.
  • à imposer à tout propriétaire de cinq arpents de terres les obligations militaires d’un vassal envers son suzerain, s’assurant ainsi le soutien de combattants nombreux et bien équipés.

La Chronique Anglo-Saxonne, partisane, attribue à Alfred la construction d'un nouveau type de vaisseau, plus rapide, plus durable, et aussi plus réactif que les autres, mais ces nouveaux vaisseaux ne sont pas un grand succès, d'après les rumeurs selon lesquelles ils s'échouent pendant les combats et coulent durant les tempêtes... Cependant, la Royal Navy et l'United States Navy proclament Alfred fondateur de leurs traditions.

Le niveau d'organisation requis pour mobiliser son importante armée en deux relais, dans lequel l'un nourrit l'autre, doit avoir été considérable.
La complexité atteinte par l'administration d'Alfred en 892 est démontrée par une charte raisonnablement fiable dont la liste de témoins inclut un thesaurius, cellararius et pincerna, respectivement trésorier, gardien de nourriture et boucher.

Malgré l'irritation d'Alfred en 893 quand une division, qui avait « terminé son relais », abandonne le siège d'une armée Danoise alors qu'Alfred arrive pour les relever, ce système paraît avoir fonctionné relativement bien dans l'ensemble.

Une des faiblesses des défenses avant le roi Alfred reste que, en l'absence d'une armée régulière, les forteresses sont largement laissées inoccupées, créant la possibilité pour une force Viking de s'assurer rapidement une position stratégique forte. Le roi Alfred améliore significativement l'état de plusieurs forteresses du Wessex, ainsi que le démontrent des fouilles systématiques de 4 bourgs West-Saxons (Wareham, Cricklade, Lydford et Wallingford) :
« A chaque fois, les remparts que les archéologues ont daté de l'ère alfrédienne constituent la première défense de l'endroit ». Les spécialistes estiment donc que de ce genre de défenses n'est pas une construction des Danois, simples occupants occasionnels. Leur démonstration s'appuie sur les copies existantes du formidable manuscrit administratif connu sous le nom de Burghal Hidage, daté moins de 20 ans après la mort du roi Alfred, il pourrait même dater du règne du roi encore vivant, puisqu'il reflète indubitablement la politique administrative du souverain.
Ce témoignage atteste des positions de 4 forteresses, entre autres, qui ont été habité en permanence par une garnison. En comparant les plans de ville de Wallingford et Wareham avec ceux de Winchester, on peut voir « Qu'ils sont réalisés d'après un même plan. Ces témoignages soutiennent l'idée que ces nouveaux bourgs sont considérés comme des centres d'habitation aussi bien que comme des comptoirs commerciaux et qu'ils peuvent servir de refuge en cas de menace imminente.
Le code de taxation Burghal Hidage définit les obligations pour l'entretien et la défense de ces bourgs.
Les populations sont ainsi attirées dans ces villes où elles sont à l'abri des Vikings, et où elles peuvent être taxées par le roi.
On attribue ainsi à Alfred le Grand une certaine réorganisation de la société, spécialement dans les régions dévastées par les raids danois. Même si le roi Alfred n'est pas l'auteur du Burghal Hidage, il est indéniable que pour les parties de la Mercie reprises par le roi aux Vikings, c'est alors que le système des shires (comtés), du hundreds (centième) et de la dîme est introduit.
Ceci est peut-être à l'origine de la légende qui veut qu'Alfred ait inventé ce système de division administrative et de taxation.

Concernant les finances, le sujet reste obscur et la description par Asser de la manière dont Alfred le Grand tire ses revenus n'est au mieux qu'un idéal. Cependant, le soin apporté, à la justice semble conforté autant par la légende que par les historiens et il semble donc bien mériter son surnom de « protecteur des pauvres ».

De l'action du Witenagemot, sorte de cour des pairs, au cours de son règne on ne connaît pas grand-chose. Les circonstances ainsi que le caractère du roi peuvent bien avoir donné plus de pouvoir à ce dernier.

Les lois promulguées sous sa gouvernance le sont probablement à la fin de son règne, lorsque la pression des Danois s'est relâchée.

Asser parle des excellentes relations qu'Alfred le Grand a entretenues avec des puissances étrangères, mais peu d'informations sûres nous sont parvenues. Il correspond certainement avec Élie III, le patriarche de Jérusalem et envoie probablement une mission en Inde.
L'envoi de donations au pape à Rome est assez fréquent.
L'intérêt d'Alfred pour les pays étrangers est également démontré par les ajouts qu'il a faits à sa traduction d'Orose.

Autour de 890, Wulfstan de Hedeby entreprend un voyage depuis Hedeby dans le Jutland par la Mer Baltique jusque Truso, ville commerçante de Prusse. Wulfstan relate ce voyage à Alfred le Grand.

Ses relations avec les princes Celtes de la partie sud de l'île sont mieux connues. Assez tôt au cours de son règne, les princes Gallois du sud se soumettent à Alfred, à cause de la pression subie de la part de la Galle du Nord et de la Mercie.
Plus tard, la Galle du Nord suit cet exemple, tandis que la Mercie collabore à la campagne de 893 (ou 894). Les donations d'Alfred aux monastères d' Irlande ou du continent sont notées par Asser et paraissent indiscutables. La visite de 3 pèlerins « Scots » (entre autres, Irlandais) en 891 est sans conteste authentique. Le récit apocryphe du voyage que le roi Alfred a accompli étant enfant en Irlande afin d'être guéri par Sainte Modwenna démontre l'intérêt porté à cette île.

L'histoire de l'Église au temps d'Alfred le Grand est encore plus obscure. Les invasions Danoises pèsent lourd sur elle, et les monastères sont des cibles privilégiées des attaques.
Bien que le roi Alfred ait fondé 2 ou 3 monastères et fait venir des moines étrangers, il n'y a pas alors de renaissance générale du monachisme.
Alfred le Grand lui-même apporte un éloquent témoignage sur la ruine de l'enseignement et de l'éducation apportée par les Danois et de la quasi-extinction de la connaissance du latin, y compris parmi le clergé, dans sa traduction en vieil Anglais de la lettre pastorale du pape Grégoire Ier.
En remède à ces maux, il établit une école de cour sur le modèle de celle de Charlemagne. Pour cela, il fait venir des savants d'Europe, comme l'évêque de Reims Hincmar, l'abbé Grimbald, Jean Scot Érigène et de Galles du Sud comme Asser.
Il reprend lui-même le chemin de l'école, apprend le latin à 40 ans et réalise une série de traductions en langue saxonne pour l'instruction du clergé et du peuple, traductions qui nous sont pour la plupart parvenues. Cet effort est mené à la fin de son règne, probablement durant les 4 dernières années sur lesquelles les chroniques sont généralement silencieuses.

Si l'on excepte le Handboc ou Encheiridion qui est perdu et qui semble n'avoir été qu'une compilation de citations, la première œuvre traduite est Dialogues de Grégoire, un livre très populaire au Moyen Âge.
Sa traduction est menée par un grand ami du roi Alfred, Werferth, évêque de Worcester, le roi ne fournissant qu'une préface.
La traduction suivante est celle du « Pastoral » de Grégoire le Grand, spécialement destinée au clergé de paroisse. Alfred le Grand y reste très proche de l'original.
Il y ajoute toutefois une préface qui est un des documents les plus intéressants de son règne où on le voit se préoccupant avec ardeur des moyens de répandre l'instruction parmi son peuple.
Les deux œuvres suivantes relèvent du domaine de l'histoire : Histoires d'Orose et l'Histoire ecclésiastique du peuple Anglais de Bède le Vénérable.
La préférence doit être donnée à la traduction d'Orose, même si ce point a été fort débattu.
Alfred en modifie tellement le texte, par de nombreux ajouts et retraits, qu'il produit pratiquement une nouvelle œuvre.
Alfred le Grand fait également traduire en y participant les Sept livres contre les païens d’Orose, dont il compléte, pour le nord de l’Europe, l’approche géographique grâce à des récits de voyage de navigateurs. Pour la traduction de Bède, par contre, il reste très près du texte, aucune addition n'est faite, même si quelques passages sont négligés.
Ces dernières années, la paternité du roi Alfred sur la traduction de Bède a été mise en doute. Mais les sceptiques n'ont pas encore réussi à étayer complètement leurs assertions.

Sa traduction la plus intéressante est celle du « Consolation de la philosophie de Boèce », le manuel de philosophie le plus populaire au Moyen Âge... il prend cependant de grandes libertés avec l'original, et bien que G. Schepss démontre que de nombreuses additions ne sont pas l'œuvre du roi lui-même mais proviennent de gloses et de commentaires qu'il utilise, de nombreux passages montrent le génie d'Alfred le grand. C'est dans cette traduction que l'on retrouve la phrase régulièrement citée :
« Ma volonté est de vivre dignement toute ma vie et de laisser à ceux qui viendraient après moi le souvenir de mes bonnes réalisations ». L'œuvre nous est parvenue par deux manuscrits seulement. Dans l'un d'eux, les poèmes qui émaillent le texte sont rendus en prose, dans l'autre (les Mètres de Boèce), en vers.
Malgré des grandes controverses à ce sujet, ces vers sont probablement l'œuvre du roi Alfred, l'authenticité de l'ensemble de l'œuvre n'a jamais été mise en doute.

Alfred le Grand donne à sa dernière œuvre le nom de Blostman, qui vient de Blooms ou Anthologie.
La première partie est basée principalement sur les Soliloques de Saint Augustin d'Hippone, le reste provient de nombreuses sources et contient beaucoup d'éléments caractéristiques.

Les derniers mots peuvent être une épitaphe tout à fait convenable pour le plus noble des rois Anglais :
« Therefore he seems to me a very foolish man, and truly wretched, who will not increase his understanding while he is in the world, and ever wish and long to reach that endless life where all shall be made clear ». (« Il m'apparaît donc comme un fou, un homme bien malheureux, celui qui ne cherche pas à comprendre le monde d'ici-bas, et qui ne désire pas atteindre cette vie éternelle où tout deviendra clair. »).

Le roi Alfred meurt le 26 octobre 899, bien que l'année exacte reste incertaine — mais pas 900 ou 901. La raison de sa mort reste inconnue.


Alfred le Grand — Wikipédia
fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_le_Grand
Alfred le Grand à la bataille de Ashdown, 871 par Morris Meredith Williams (1913). La même année, Alfred, combattant aux côtés de son frère Æthelred, tente sans succès de libérer la .... L'année suivante (896 ou 897), ils renoncent à lutter.
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Au commencement était la guerre…10/« De la fureur des ...
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4 févr. 2012 - Seule la résistance d'Alfred le Grand du Wessex reporte l'attention sur la ... en Angleterre en 892 mais leur armée se disperse dès 896. ... Il faudra attendre les années 980 pour voir une reprise des raids à grande échelle.









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