mardi 30 décembre 2014

EN REMONTANT LE TEMPS... 888


Cette page concerne l'année 888 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !


EUDES PREMIER ROI FRANÇAIS

L'EMPIRE VERS 880
Le 29 février 888, Eudes, comte de Paris, est élu roi par ses pairs, les Grands de Francie Occidentale. Le même jour, il est sacré à Compiègne par l'archevêque de Sens, Gautier.

Cette élection doit beaucoup à l'incapacité des rois Carolingiens à faire face aux attaques Normandes. Elle porte un coup sévère à l'empire fondé par Charlemagne de part et d'autre du Rhin et prépare l'avènement d'une dynastie proprement « Française ».
L'autorité du nouveau souverain s'étend sur les territoires occupés par les Francs et situés à l'Ouest de la Meuse, soit à peu près le nord de l'actuelle France. Notons toutefois qu'elle reste purement nominale...
André Larané.

La crise est renforcée par l'arrivée d'une seconde vague d'invasions qui s'abat sur l'Europe à partir des années 830-840. Au Sud, les souverains Carolingiens doivent faire face à la poussée musulmane (conquête de la Sicile de 827 à 902, mise à sac d'Arles en 842, attaque de Rome en 846).

A l'Est, les Hongrois (ou Magyars), venus des hauts plateaux d'Asie, s'installent en Pannonie vers 895.

Au Nord, les Vikings s'engagent dans des expéditions qui vont les mener dans toute l'Europe. Quentovic (Boulogne) est prise, pillée et brûlée en 842, Nantes en 843, Bordeaux en 844 et en 847-848, Hambourg en 845 (etc.).
Les Vikings entreprennent une colonisation et occupation des territoires (occupation de la Northumbrie en 876, l'éphémère État Normand de Rollon en 911). Seul le royaume de Francia Orientalis semble peu touché.

La seconde moitié du IXe siècle voit aussi la montée en puissance de l'aristocratie. Le système vassalique mis au point par Charlemagne se retourne contre le pouvoir royal. A la fin du IXe siècle, le roi n'a presque plus de terres fiscales : les vassaux n'ayant plus rien à attendre de leur souverain, ils s'en détournent. L'hérédité des charges s'impose à partir de 877 (capitulaire de Quierzy), le roi ne pouvant plus récupérer ses biens fiscaux à la mort du détenteur puisque le lignage familial s'y oppose. Le pouvoir local (comtes et ducs) se montre aussi bien plus efficace contre les raids (défense de Paris contre les Vikings par le duc Eudes en 885). Des châteaux sont dressés malgré l'interdiction royale (édit de Pîtres, 864). Les comtes deviennent les protecteurs des populations locales et tirent leur légitimité de la lutte contre les envahisseurs Vikings, Sarrasins ou Magyars. Les princes s'enracinent localement.
L'EMPIRE EN 888

A la fin du IXe siècle apparaissent les premières sécessions à la périphérie de l'Empire :
L'Italie du Sud est définitivement perdue après la mort de Louis II d'Italie (875)
A l'Ouest les grands d'Aquitaine sont en rébellion ouverte contre le roi carolingien depuis 878.
A l'Est, la marche au-delà de l'Elbe sort de l'Empire.

Au Sud, Boson se fait reconnaître roi de Provence en 879

Au Nord, une bonne partie de la Frise tombe sous la coupe des Danois (884).

Une nouvelle relation entre les Grands et le roi...
L'aristocratie et le principe électif.
Le texte insiste souvent sur la présence des grands ou du peuple, ce qui est la même chose, au point qu'il n'utilise que l'expression de « créer un roi ».

Si l'acclamation a toujours joué un rôle important dans la cérémonie du couronnement, l'accent est mis maintenant sur le processus de l'élection sans même faire mention de sacre, qui n’apparaît même pas du tout. Cela indique clairement la place de premier plan que l'aristocratie occupe dans les décisions du royaume.

Le principe électif, enfin, arrange beaucoup les Grands, car elle permet ainsi aux membre de l'aristocratie d’accéder au pouvoir royal.

Le texte caractérise chaque peuple des royaumes, notamment le « peuple Italien » ou « le peuple des Gaules » Même si les royaumes doivent composer avec des populations hétérogènes et que chaque régions comportent des spécificités, les membres de ce qui commence à devenir la noblesse tel qu'on l'entend sont pour la majorité tous issus de l'aristocratie Franque d'empire, les pères des rois de l'année 888 n'étant même pas nés dans les régions que leur fils gouverne, et garde en commun les mêmes ensembles de valeurs, ainsi que des pratiques sociales voisines.

L'élection des rois se fondent aussi sur un principe militaire, et on peux le voire dans les éléments utilisés par Réginon pour décrire Eudes. C'est un « homme énergique » qui « l'emporte sur les autres par […] sa prestance physique sa puissance et sa sagesse ».

Les années 887-888 apportent donc des bouleversement dans la conduite du pouvoir royal. Premièrement il n'est plus nécessaire de faire partie de la dynastie carolingienne pour espérer accéder à la fonction royale. Ensuite le principe de l'hérédité cède le pas à celui de l'élection. Enfin la charge royale devient un contrat entre le roi et l'aristocratie.

Louis II le Bègue et ses fils (877-884) :
Après Charles le Chauve, mort en 877.
Lui succèdent très brièvement son fils. Louis II le Bègue
Puis son petit-fils Louis III, qui réussit le 3 août 881 à infliger une sévère défaite aux Normands à Saucourt-en-Vimeu, près de la Somme,
Enfin Carloman, un frère cadet de Louis III...
Charles le Gros (877-888) :
Après quoi, la Francie Occidentale est réunie à la Francie Orientale (l'Allemagne actuelle) par Charles le Gros, fils de Louis le Germanique et neveu de Charles le Chauve.

Sous son règne, Paris, est une nouvelle fois attaquée par les Normands, est défendue avec brio par l'évêque Josselin et le comte de Paris, Eudes.
Ce dernier est le fils d'un soldat de fortune, Robert le Fort, qui s'est lui-même illustré dans la lutte contre les envahisseurs, sur la Loire.
Ses descendants seront longtemps qualifiés de Robertiens en son honneur (avant que cette appellation ne soit supplantée par celle de Capétiens).

En dépit des efforts d'Eudes et des autres barons du royaume, Charles le Gros choisit de traiter avec les Normands... Il leur rachète Paris pour 700 livres et leur permet qui plus est de piller la Bourgogne.

Indignés par la couardise du roi, les principaux seigneurs Allemands de Souabe et de Franconie le déposent au profit d'un cousin, le margrave Arnoul de Carinthie, en novembre 887, à la Diète de Tibur.

En Francie Occidentale (la France actuelle), les Grands sont sur le point de le déposer à leur tour quand il meurt opportunément le 13 janvier 888.

Eudes, roi de Francie (888 à 898) – L’élection d’Eudes, qui n’était pas un Carolingien, permet de constater à quel point l’aristocratie s’était affranchie de l’ancienne dynastie royale en l’espace de quelques décennies.

Le fait qu'Eudes, comme le chef de guerre Boson élu à la tête du royaume de Provence en 879, ne soit pas un descendant de Charlemagne montre à quel point la position de la haute aristocratie s'est affermie vis-à-vis de l'État Carolingien. Sans contester une certaine légitimité royale aux membres de la famille Carolingienne, les grands ne souhaitent pas rester prisonnier de celle-ci pour choisir l'homme qui, au sein du royaume, dispose des qualités les plus évidentes pour assumer la fonction royale :
« L'élection et l'acclamation par les grands sont redevenus les éléments constitutifs de l'accession au trône, tandis que le sacre perd encore de son efficacité comme fondement du pouvoir royal ».
Cependant, Eudes reste contesté, notamment du fait de l'opposition de l'archevêque de Reims, Foulques, et de celle du comte de Poitiers, tuteur du jeune Charles le Simple. Il lui faut l'appui d'Arnulf de Carinthie, roi de Francie orientale, pour obtenir le soutien de l'ensemble des grands du royaume, officialisé par un second couronnement à Reims le 13 novembre 888, à l'aide du matériel (manteau, couronne, sceptre) envoyé par Arnulf, sans doute d'Aix-la Chapelle.

Toutefois, si Eudes a été officiellement sacré roi de Francie à Reims, en novembre 888, grâce au soutien d’Arnulf, le nouveau souverain reste contesté : ainsi, de nombreux évêques restent fidèles aux Carolingiens en outre, les comtes du sud de la Loire, ne reconnaissant pas Eudes, ont élu Ranulf comme roi d’Aquitaine (ce dernier s’est emparé de Charles le Simple, âgé de neuf ans).

Un souverain contesté par Ranulf d’Aquitaine (888 à 889) : En juin 889, Eudes rassemble ses troupes, puis se dirige vers Poitiers, où réside Ranulf. Le roi des Francs, craignant une bataille difficile contre une armée ennemie supérieure en nombre, décide de négocier... Ainsi, Eudes s’engage à reconnaître Ranulf comme duc d’Aquitaine, ce dernier devant prêter hommage au roi de Francie. Par ailleurs, Ranulf doit remettre Charles le Simple entre les mains d’Eudes. Un souverain contesté par les évêques (892 à 897) : de nombreux prélats de Francie, menés par Foulques le Vénérable, archevêque de Reims, décident de sauvegarder les droits au trône de Charles le Simple.

Guerre contre les Normands : disposant d’un pouvoir qui ne s’étend que de la Loire à la Seine, Eudes parvient toutefois à poursuivre la lutte contre les Normands... Ainsi, dans les premiers jours de son règne, en juin 888, il remporte la bataille de Montfaucon, en Argonne, mettant en déroute des Vikings qui ont pillé la Champagne suite au siège de Paris.
Eudes contre Charles III le Simple
Qu'à cela ne tienne. Les barons d'Occident, comme leurs homologues d'outre-Rhin l'année précédente, se refusent à porter sur le trône l'héritier Carolingien en titre, le fils posthume de Louis le Bègue, un enfant de 8 ans, Charles.

Mais les Normands reviennent en force et Eudes se résout à faire comme ses prédécesseurs, autrement dit à acheter leur départ... Comme un malheur ne vient jamais seul, Eudes doit combattre aussi le jeune Charles qui revendique sa place au soleil.
Les Normands mettent néanmoins à sac les villes de Meaux, Troyes, Toul, Verdun, Évreux et Saint-Lô. Malgré tout, sa volonté de lutter contre les invasions Normandes demeure intermittente, dans la mesure où il se contente souvent de leur verser tribut (Danegeld) pour détourner leur violence.

Puis, en 892, il bat les Normands dans les plaines de la Limagne, près de Montpensier... A noter toutefois qu’Eudes est contraint à plusieurs reprises de payer le départ des envahisseurs, qui ont commencé à s’implanter en Normandie.

En 893, Charles III profite d'une expédition d'Eudes en Aquitaine pour se faire couronner par l'archevêque Foulques à Saint-Remi de Reims. Après plusieurs années de guerres, Eudes et son rival concluent un arrangement.
Charles III le Simple (893-922, mort en 929) :

Le Carolingien Charles III le Simple, ainsi surnommé en raison de son honnêteté, qualité alors aussi rare qu'aujourd'hui, obtient un trône avec une autorité limitée au territoire situé entre la Seine et la Meuse.

A la mort d'Eudes, le 1er janvier 898, il réunifie la Francie Occidentale, de l'Atlantique au Rhin tout en coopérant, contraint et forcé, avec le puissant comte de Paris, Robert, qui n'est autre que le frère de l'ancien roi, Eudes.


29 février 888 - Eudes, premier roi français - Herodote.net
www.herodote.net/29_fevrier_888-evenement-8880229.php
2 mai 2011 - Le 29 février 888, Eudes, comte de Paris, est élu roi par ses pairs, les Grands ... et situés à l'Ouest de la Meuse, soit à peu près le nord de l'actuelle France. ... des bandes de Normands ou Vikings commencent à remonter les fleuves ... Les barons d'Occident, comme leurs homologues d'outre-Rhin l'année ...
Dernières années des Carolingiens (888 à 987)
www.histoire-fr.com/carolingiens_decadence_4.htm
Dernières années des Carolingiens (888 à 987) ... en Argonne, mettant en déroute des Vikings qui avaient pillé la Champagne suite au siège de Paris. Puis, en .... 5° Raoul (923 à 936) – Raoul est un souverain à part dans l'histoire de France.
Eudes, héros du siège de Paris par les Vikings
www.histoire-pour-tous.fr › Histoire de France
18 sept. 2013 - Sept cents navires vikings parviennent sous les murs de la ville de Paris. ... durant plus d'une année, il va tenir tête aux assiégeants vikings. ... Il est couronné le 29 février 888, à Compiègne, par Gautier, archevêque de Sens. Le 1er juin 987, son arrière-petit-neveu Hugues Capet est sacré roi de France.

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