mercredi 17 décembre 2014

EN REMONTANT LE TEMPS... 891

8 DECEMBRE 2014...

Cette page concerne l'année 891 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

PREMICE DU GRAND SCHISME

Photios ou Photius Ier de Constantinople (en grec Φώτιος / Phốtios, en latin Photius), né vers 820, mort le 6 février 891 (ou 897), érudit et homme d'État Byzantin, patriarche de Constantinople de décembre 858 à novembre 867, puis du 26 octobre 877 au 29 septembre 886.

L’Église orthodoxe le compte au moins depuis la fin du Xe siècle parmi les saints et les Pères de l'Église : le Synaxaire de Constantinople mentionne sa fête à la date du 6 février. Les Latins l'ont longtemps décrit comme le principal responsable du schisme du IXe siècle.
Les travaux de l'historien et ecclésiastique catholique François Dvornik ont sur ce point rendu justice au patriarche, qui se réconcilie avec le pape Jean VIII. Son activité de savant fait également de lui une des personnalités les plus marquantes de l'époque Byzantine.

Sa date de naissance n'est pas connue : elle est antérieure à 828, et certaines estimations la font remonter jusqu'en 810, mais la majorité des recoupements pointe autour de 820. Il appartient à une famille noble de la capitale, proche du palais : Le patriarche Taraise (784-806) est son grand-oncle du côté paternel, son père Serge a la dignité de spathaire (porte-épée) sa mère s'appelle Irène. Il a 4 frères : Serge et Constantin deviennent tous deux protospathaires, et Serge épouse une sœur de l'impératrice Théodora, Taraise (destinaire de la Bibliothèque) est patrice, le plus jeune s'appelle Théodore.

Son père, défenseur du culte des images, est destitué et exilé sous le règne de Théophile, c'est sans doute « Serge le Confesseur » dont parle le codex 67 de la Bibliothèque, auteur d'une Histoire qui raconte les 8 premières années du règne de Michel II (820-828), et revient ensuite sur celui de Constantin V (741-775).
Photius est certainement instruit à Constantinople et acquiert très jeune une vaste culture :
Dans sa Vie d'Ignace (hostile à Photius), Nicétas de Paphlagonie dit qu'il connaît toutes les disciplines, grammaire et métrique, rhétorique et philosophie, médecine et presque toutes les autres sciences profanes, et qu'il l'emporte sur tous les autres savants de son temps, rivalisant même avec les anciens.
Photius ne mentionne aucun de ses maîtres : Sans doute parce qu'il se considère comme essentiellement autodidacte, et aussi parce qu'ils doivent tous être iconoclastes. Léon le Mathématicien en fait certainement partie.
Il prodigue très tôt un enseignement, comme en témoigne la Vie de Constantin le Philosophe :
« Constantin étudie Homère et la géométrie, et, avec Léon et Photius, la dialectique et les autres disciplines philosophiques ». Dans la lettre-préface de la Bibliothèque (écrite sans doute en 855), il évoque des séances de lecture et de commentaire de textes qu'il organise pour des disciples et amis (dont son frère Taraise), à partir d'anciens manuscrits découverts dans des bibliothèques de la capitale et qu'apparemment on ne lisait plus guère.
Léon le Mathématicien, lui rendant hommage dans une épigramme, et reconnaissant sa dette, l'appelle « professeur d'un vieillard »... (γεροντοδιδάσκαλος, mot emprunté à Platon). C'est dans ces années de jeunesse qu'il compose son Lexique.

Vers 850, il est nommé prôtoasèkrètis, c'est-à-dire chef de la chancellerie impériale, avec le rang nobiliaire de protospathaire. Cette promotion est liée en partie au mariage de son frère Serge avec Irène, la plus jeune sœur de l'impératrice-régente Théodora et de Bardas.

En 855, il est désigné pour participer à une ambassade auprès du calife de Bagdad, Jafar al-Mutawakkil, qui a pour but de négocier un échange de prisonniers.
L'ambassade part probablement peu avant le meurtre du premier ministre Théoctiste (20 novembre 855), l'échange a lieu en février 856, et les diplomates sont de retour en avril, le mois suivant la déchéance de Théodora, le pouvoir étant désormais exercé par Bardas.

Le patriarche Ignace, ancien moine très rigide, et proche de Théodora, entre vite en conflit avec Bardas, accusé d'immoralité, à qui il finit par refuser la communion devant toute la cour, à Sainte-Sophie, le jour de l'Épiphanie de 857. Finalement arrêté et exilé sur l'île de Térébinthe, il se fait extorquer par la force une lettre de démission (23 novembre 858). Bardas le remplace par Photius, qui est pourtant un laïc, et à qui on confère tous les grades ecclésiastiques en 6 jours, ce qui est une procédure douteuse canoniquement, mais qui a des précédents (Taraise en 784 et Nicéphore en 806, tous deux également anciens prôtoasèkrètis).

Il est consacré par Grégoire Asbestas, ancien archevêque de Syracuse excommunié pour insubordination par Ignace.
Dans une lettre à Bardas, Photius se plaint d'avoir été forcé par lui à prendre la charge de patriarche.
Dans sa lettre synodique au pape Nicolas Ier, il affirme qu'il aurait préféré rester avec ses livres et ses élèves. Cette dernière lettre atteint Rome au début de l'année 860.
Nicolas Ier répond qu'il est satisfait de la profession de foi du nouveau patriarche, mais qu'il est troublé par les circonstances de son avènement, en conséquence, il envoie deux légats, Rodoald de Porto et Zacharie d'Agnani, pour examiner les conditions du retrait du patriarche Ignace.

Les légats pontificaux accomplissent leur mission à Constantinople au début de l'année 861... Dans un synode tenu à Sainte-Sophie en mai, ils admirent la validité du remplacement d'Ignace par Photius.

Ils retournèrent à Rome accompagnés du secrétaire d'État Léon porteur de messages de Photius et de Bardas. Mais pendant ce temps les partisans d'Ignace, toujours détenu sur l'île de Térébinthe, s'organisent ; l'archimandrite Théognoste, envoyé à Rome pour y défendre sa cause, y arrive en 862. Finalement Nicolas Ier, désavouant ses légats, tranche en faveur d'Ignace et envoie une lettre à Constantinople exigeant qu'il soit rétabli, la consécration de Photius étant une intrusion illégale.

Un concile tenu au Latran en 863 confirme cette prise de position, et d'autre part les légats Rodoald et Zacharie, accusés de s'être laissé corrompre, sont dégradés et excommuniés en 864. L'empereur Michel III et Bardas répondent au pape par une fin de non-recevoir catégorique et des menaces, Photius est confirmé dans sa charge, et les conditions de détention d'Ignace durcies.
À cette querelle s'ajoute la rivalité des 2 Églises latine et grecque pour l'évangélisation des Slaves

Le 23 septembre suivant, Basile le Macédonien fait assassiner Michel III et s'empare du pouvoir. Voulant s'appuyer sur les opposants à son prédécesseur, il doit montrer rapidement sa résolution de lâcher Photius.
Le 26 octobre, fête de saint Démétrios, le patriarche critique durement en chaire les meurtres commis par Basile et lui refuse la communion... Quelques jours après, il est arrêté et enfermé au monastère de la Sképè.

L'amiral Hélias est envoyé sur l'île de Térébinthe pour délivrer Ignace et le ramener entouré des plus grands honneurs au patriarcat.
D'autre part, ne voyant pas d'avantage à poursuivre un schisme avec la papauté, d'autant plus qu'il recherche l'alliance de l'empereur Louis II pour reprendre la Sicile et Bari aux Arabes, Basile dépêche le spathaire Euthyme à Rome pour négocier avec le nouveau pape Adrien II les termes d'une réconciliation.

Un concile a lieu à Rome en mai ou juin 869 en présence de délégués Byzantins, où la personne et toutes les décisions de Photius sont condamnées et anathématisées. Les actes du synode de l'été 867 sont brûlés solennellement devant la basilique Saint-Pierre.

Un autre concile se tient à Constantinople à partir du 5 octobre suivant, en présence de légats pontificaux (les évêques Donat d'Ostie et Étienne de Nepi et le diacre Marinus). Photius est jugé, il comparaît lui-même à la cinquième session, où il refuse de répondre aux questions posées, et à la septième, en compagnie de son consécrateur excommunié Grégoire Asbestas.

Sa déposition est confirmée, et il est en outre accusé d'hérésie (de soutenir que l'être humain a 2 âmes différentes). L'ancien patriarche est condamné à la relégation dans le monastère du Sténos sur le Bosphore. Anastase le Bibliothécaire, envoyé par l'empereur Louis II, assiste à la dernière session du concile en février 870. Juste après, le khan Boris de Bulgarie, qui est présent à Constantinople, accepte de réintégrer l'obédience Byzantine.

Depuis le monastère où il est détenu, Photius maintient une correspondance très active avec le réseau de ses amis. Il fait également une cour très pressante à l'empereur Basile, allant jusqu'à lui forger une ascendance imaginaire remontant à Grégoire l'Illuminateur (car il est d'origine Arménienne) et à prétendre avoir trouvé dans ses livres une prophétie annonçant sa grande destinée.

À une date incertaine entre 873 et 876, l'ancien patriarche est autorisé à regagner Constantinople et devient précepteur des princes impériaux, Léon et Alexandre. Il se réconcilie officiellement avec le patriarche Ignace et affiche même une amitié étroite avec lui. Un accord se fait pour que Photius succède à Ignace après sa mort, ce qui a l'avantage de refermer les blessures ouvertes par le conflit.

Le 26 octobre 877, 3 jours après la mort d'Ignace, Photius est de nouveau proclamé patriarche de Constantinople. Une ambassade est envoyée à Rome pour expliquer la situation. Le nouveau pape Jean VIII se montre favorablement disposé.

Un nouveau concile se réunit à Constantinople entre novembre 879 et mars 880, en présence de 3 représentants de Jean VIII (le cardinal Pierre de Saint-Chrysogone et les évêques Paul d'Ancône et Eugène d'Ostie). Il est d'ailleurs très important puisqu'il réunit 383 évêques (contre 102 au maximum en 869/70). Cette assemblée annule les mesures disciplinaires du concile de 869 et réintègre solennellement Photius et ses partisans. Elle discute notamment de la question du Filioque soulevée par Photius (concluant dans le sens de la nécessité de s'en tenir au texte originel du Credo) et d'une délimitation des pouvoirs et des compétences du pape et du patriarche de Constantinople.

Le rattachement de la Bulgarie à l'Église Byzantine est d'autre part solennellement confirmé. C'est un succès sur toute la ligne pour Photius. Dans la suite, ce concile (Pseudosynodus Photiana) est rejeté par l'Église catholique, qui s'en tient au concile de 869, tandis que l'Église grecque, au contraire, considère que cette légitime assemblée a à juste titre annulé celle de 869.
Photius est devenu un proche de l'empereur Basile Ier, dont les relations avec son héritier Léon sont de plus en plus exécrables, jusqu'à des scènes très violentes en public, et en 882 une accusation de complot où le prince faillit être condamné à l'aveuglement, mais est seulement incarcéré.

On ne sait trop quel rôle Photius a pu jouer dans cette relation, mais en tout cas Léon paraît l'avoir détesté, bien qu'ayant été son élève, et très peu de temps après son accession au trône (29 août 886), il fait arrêter et incarcérer le patriarche en l'accusant de trahison et de complot. Il le contraint à démissionner (29 septembre) et le remplace par son propre frère Étienne, qui n'a que 19 ans.

Photius semble avoir été exilé dans un monastère éloigné de la capitale qui n'est pas vraiment identifié. On ne connaît en fait rien de certain de cette dernière partie de sa vie. Il serait mort un 6 février (jour où il apparaît dans le Synaxaire de Constantinople), soit en 891, soit en 897...

Les grandes querelles christologiques ont déjà commencé à éloigner Église d’Occident et Église d’Orient. Des facteurs politiques, comme l’invasion Normande des possessions Byzantines d’Italie, ou sociaux-culturels, comme l’aspiration de la papauté à dominer la scène politique, jouent au cours des siècles suivants un rôle au moins aussi important que les querelles théologiques comme celle du Filioque.

Ignace est donc réinstallé en novembre 867. À peu près à la même époque, le pape Nicolas Ier meurt, remplacé par Adrien II (règne 867 – † 872). Un synode se tient à Saint-Pierre de Rome en 869 qui condamne Photius et le synode de 867, ne reconnaissant les évêques qui l’ont appuyé que s’ils signent un « libellus satisfactionis » qui affirme que la Foi a été maintenue par le Saint-Siège.

Après quoi, le pape envoie des légats à un concile devant se tenir à Constantinople à l’automne. Contrairement aux attentes de Rome, non seulement les évêques se montrent hostiles au libellus, mais le concile conclut que l’accord des 5 patriarches est nécessaire pour toute décision de nature théologale (canon 21).
Les occidentaux sont à nouveau défaits lorsque la question du siège dont relève la Bulgarie est mise aux votes : Le concile décide qu’il appartient à l’empereur de trancher la question. Le pape est près d’excommunier Ignace lorsque celui-ci meurt en 877.
L’empereur choisit alors de réinstaller Photius dont il a appris à apprécier les talents. Ce dernier pour sa part veut une réconciliation avec Rome, tout comme le pape Jean VIII (pape 872 – † 882). Un nouveau concile est donc tenu à Constantinople en 879 qui annule les actes du concile de 869, affirme la parfaite orthodoxie de Rome, tout en anathématisant ceux qui ajoutent quelque chose au credo de Nicée (autre effet des difficultés linguistiques : Le grec des légats n’est peut-être pas suffisant pour savoir ce qu’ils signent). Par ailleurs l’empereur envoie un message assignant l’Église de Bulgarie à Rome (ce que refuse le tsar Bulgare). L’harmonie est ainsi retrouvé entre Rome et Constantinople de telle sorte que lorsqu’un nouveau schisme se déclare, à l’intérieur de l’Église de Constantinople cette fois, concernant le quatrième mariage de l’empereur Léon VI (règne 886 – †912), le tact du patriarche et la prudence du pape évitent tout nouveau conflit.


Photios Ier de Constantinople — Wikipédia
fr.wikipedia.org/wiki/Photios_Ier_de_Constantinople
Photios ou Photius Ier de Constantinople (en grec Φώτιος / Phốtios ; en latin ... 820, mort le 6 février 891 (ou 897), érudit et homme d'État byzantin, fut patriarche de ... Son père, défenseur du culte des images, fut destitué et exilé sous le règne de ... auteur d'une Histoire qui racontait les huit premières années du règne de ...

Photius Ier (patriarche de Constantinople, 0820 ... - Data BNF
data.bnf.fr/11919609/photius_1/
Autres formes du nom : Michel Photios (patriarche de Constantinople, 0820?-0895?) .... Photius, patriarche de Constantinople et écrivain byzantin (820-891)
Histoire de Photius, patriarche de Constantinople, auteur du ...
www.worldcat.org/...photius-patriarche-de-constantinople.../10034082
Histoire de Photius, patriarche de Constantinople, auteur du schisme des Grecs, ... Saint, Patriarch of Constantinople, -- approximately 820-approximately 891.





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