vendredi 20 novembre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS...552

8 NOVEMBRE 2015

Cette page concerne l'année 552 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LA DIASPORA TURCO-MONGOLE

Une tribu Chinois, les Hua, apparaît ultérieurement en Europe sous le nom d’Avars, la simplification grossière selon laquelle les mots Ruanruan et Avars sont synonyme s’est largement répandue. Le terme Rouran (柔然) est une transcription en Chinois de la prononciation du nom que la confédération se donne à elle-même. Certains savants pensent que la prononciation coréenne Youyone est une forme plus archaïque et donc plus proche de la prononciation d’origine.
Les termes Ruanruan et Ruru sont restés dans l’usage moderne bien qu’ils aient été autrefois péjoratifs. Ils dérivent d’ordres donnés par l’empereur Taiwu (Tuoba Tao), de la dynastie Wei du Nord, qui n’est pas d'ethnie Han, qui fait la guerre aux Ruanruan et tente d’intimider la confédération.

On connaît peu de choses de leur élite dirigeante, que le Weishu (livre des Wei) cite comme une branche des Xianbei.
Les Ruanruan soumettent les régions actuelles du Xinjiang, de la Mongolie, de l’Asie centrale et des parties de la Sibérie et de la Mandchourie à partir de la fin du IVe siècle.

Leurs interventions et invasions fréquentes affectèrent profondément les pays voisins. Bien qu’ils aient admis les Asena (ancêtres des Ouïghours) dans leur fédération, le pouvoir des Ruanruan es brisé par une alliance des Göktürks, des dynasties Chinoises des Qi du Nord et des Zhou du Nord et de tribus d’Asie centrale dans les années 560.

Les Köktürks ou Göktürks (« Turcs Bleus », c'est-à-dire célestes en turc), connus sous le nom de Tujue (突厥 tújué) en chinois, se taillent un puissant empire en 552 sous la férule de Bumin Khan, qui s'étend rapidement dans toute l'Asie centrale. Ils sont le premier peuple de langue turque à se nommer politiquement « Turcs ».
Le mot türk signifie « fort » et le nom chinois tujue provient probablement d'un pluriel türük. Selon les Chinois, les Köktürks portent le nom de famille Ashina.
TUJUE
La création de cet empire marque un pas décisif dans l'expansion des peuples Turcs vers le Turkestan occidental. Deux siècles et demi après la fin de l'empire des Köktürks (qui ont été remplacés par un autre peuple turcophone, les Ouïgours, en 745), les tribus Turques atteignent l'Anatolie.

Au début du VIIIe siècle, les Turcs ont créé une écriture dite « runique » parce qu'elle ressemble aux runes. Ils sont les premiers nomades de l'Asie centrale à avoir laissé des inscriptions.
Celles qui ont été rédigées par les Köktürks proviennent de la vallée de l'Orkhon, en Mongolie septentrionale.
Le cœur de leur empire s'y trouve.
Des inscriptions de Sibérie méridionale sont attribuables à d'autres peuples Turcs.
Celles de la vallée de l'Ienisseï, de courtes inscriptions funéraires, ont dû être rédigées par les Kirghiz...

Les Köktürks reçoivent des missionnaires bouddhistes, manichéens et nestoriens, mais restent majoritairement chamanistes. Ils ont également une religion impériale, le tengrisme, basée sur la vénération de Tängri, le Dieu-Ciel.
Le plus ancien territoire connu des Turcs Bleus est le sud de l'Altaï, en Mongolie Occidentale. Ils sont alors connus pour être les vassaux des Ruanruan, peuple qui occupe l'essentiel du territoire de l'actuelle Mongolie.
Ils travaillent pour leurs suzerains comme forgerons...

Le mythe de leurs origines se présente ainsi :
Rameau des Xiongnu, peuple voisin qui les extermine, à l'exception d'un jeune garçon.
Les soldats ne veulent pas le tuer, eu égard à son jeune âge, mais ils lui coupent les pieds et le jettent dans un marais.
DESERT DE GOBI
Là, une louve le nourrit de viande... Comme il s'unit plus tard à elle, elle devient pleine.
Le roi ennemi, ayant entendu dire qu'il vit encore, envoie ses hommes pour le tuer. La louve parvient à se réfugier dans une montagne au nord de Tourfan. Elle y trouve une immense caverne tapissée d'une herbe touffue.
La louve donne naissance à 10 garçons, qui prennent femmes au-dehors... Leurs descendants se multiplient et après plusieurs générations, ils sortent de la caverne pour s'établir au sud de l'Altaï...

De l'avis général, ce mythe est composite. Sa première partie est Indo-Européenne. Elle est à peu près identique à un mythe des Wusun attesté beaucoup plus tôt, dès le IIe siècle av. J.-C...
Les Wusun sont des nomades Indo-Européens, peut-être Iraniens, mais plus probablement Tokhariens, qui vivent au nord des Tian Shan, entre le Kazakhstan et le Kirghizistan.
Un roi bébé est sauvé d'une attaque d'un peuple ennemi grâce à un haut dignitaire. Il est ensuite nourri par une louve et des corbeaux. Ce mythe est apparenté à l'histoire de Romulus et Rémus, les fondateurs mythiques de Rome, qui ont été également nourris par une louve. Ce n'est peut-être pas aux Wusun que les Turcs ont pris cette légende, mais à des nomades Tokhariens qui vivent au nord de Tourfan, à l'endroit même où ils ont situé leur caverne...
Ce qui est sûr, c'est qu'un peuple parlant la langue appelée tokharien A ou agnéen a exercé son influence dès une haute époque sur les Turcs.
Elle est, chez eux, une langue de prestige. Des emprunts ont été effectués. Par exemple, le composé turc at kü « nom + gloire, renom » est un calque du composé agnéen ñom klyu « nom + gloire, renom », et de plus, kü provient de klyu. Le mot turc išič « pot, marmite en terre », provient par synecdoque du mot agnéen *išäč « argile ».
Plus tard, l'agnéen a été utilisé pour la propagation du bouddhisme chez les Turcs. Ceux-ci commandent des textes en agnéen et y laissent parfois leurs noms ou leurs titres.

Le mythe de la caverne d'où émerge tout un peuple, en revanche, est purement turc. Les Turcs doivent également avoir un loup ancêtre, comme les Mongols. Cet ancêtre a dû changer de sexe, c'est-à-dire devenir une louve, pour que ce mythe puisse être combiné avec le mythe Indo-Européen.

En 552, Bumin bat le dernier khan des Ruanruan, que les Chinois appellent A-na-kuei.
Les Ruanruan (en sinogramme 柔然, hanyu pinyin Ruǎnruǎn, Jouan-jouan, littéralement « insectes grouillants »), une confédération de tribus nomades des frontières septentrionales de la Chine de la fin du IVe siècle jusqu’à la fin du VIe siècle. Il s'installe en Mongolie Centrale mais meurt un an après.

CARTE DES LANGUES TURC
Les Köktürks conçoivent un puissant empire dès 552 sous la férule de Bumin Khan, qui s'étend rapidement dans toute l'Asie Centrale. Il étend son Khaganat à l’est en battant et repoussant les Huns Blancs. Ils sont le premier peuple de langue Turque à se nommer politiquement Turcs.
Chang'le, femme de ce Khagan, est la fille de Wen Di, empereur de la dynastie Wei de l'Ouest (534-551), et de l’impératrice répudiée en 540 Yifu.
Sa mère est une descendante des rois des Tuyuhun, une puissante tribu d’Asie Orientale. Sa remplaçante, Yujiulü Anagui, est une princesse ruanruan et par jalousie l’impératrice se suicide... Chang'le a donc, elle aussi, des raisons de vouloir la guerre avec les Ruanruans.
Bumin meurt quelques mois après la fondation de son empire, en 553 ou au début de l'année 554. En 584, les Turcs se divisent en deux royaumes, les Turcs de l’Est et ceux de l’Ouest, quand Tardu, fils de son frère Istämi se proclame Khagan des Köktürks. En un siècle, les Köktürks constituent deux immenses empires en Asie centrale.
Les fils de Bumin se succèdent comme Khagans :
  • Kara Khan, 2e Khagan des Köktürks
  • Mugan, 3e Khagan
  • Taspar Khan, 4e Khagan

Leur descendance conquièrent une partie des steppes et de l’Asie Centrale pendant des siècles et ils sont les ancêtres de bien des monarques occidentaux du fait du mariage de Constantin V empereur Byzantin (741 -775) avec Tzitzak, fille du Khagan Khazar Bihar.
La dynastie des Wei occidentaux (Xi Wei 西魏) règne sur le Nord-Ouest de la Chine de 534 à 557 au cours de la période des Dynasties du Nord et du Sud. Précédée par la dynastie des Wei septentrionaux (Bei Wei) avant l’éclatement de la Chine du Nord, elle est suivie par la dynastie des Zhou septentrionaux (Bei Zhou), qui réunifie la Chine du Nord en 577.
Comme les Wei orientaux, les Wei occidentaux appartiennent à l'ethnie des Tabghatch, une peuplade Turque sinisée, qui choisirent Chang'an pour capitale. Mêlant les traditions de la steppe à celles des Chinois leur État réussit à développer une importante puissance militaire.
En 553, ils s'emparent du Sichuan actuel.
En 557, les Wei occidentaux adoptent le nom de Zhou septentrionaux.

Son fils Mugan (553-572, appelé Muhan par les Chinois) lui succède en confiant l'aile occidentale de l'empire à Istämi (ou Ishtami) († 576), un frère de Bumin...

Pendant un siècle et demi les Köktürks sont un peu plus libres, mais sujets néanmoins du roi des Ruanruans. Ils travaillent le fer pour ces Ruanruans.
C’est au milieu de son peuple, que naît Bumin. Il devient le Khan de l’une de leurs tribus à la mort de son père, en 542. Il accueille des réfugiés de Sogdiane sur son territoire, car ils sont persécutés par le Shah Anushirvan Khosrau. Il entre en relation avec le royaume chinois de Wei de l’Ouest. On conserve la trace d'une mission diplomatique menée par un émissaire sogdien, An Nopantuo, qui scelle une alliance entre Bumin et les Wei, en concluant un mariage entre Bumin lui-même et la princesse, Wei Chang'le. Après avoir amorcé des relations formelles avec la Chine, il tire profit de sa nouvelle crédibilité pour unir les tribus turques et vient à bout des tribus Tielis, révoltées contre leurs maîtres Ruanruans. Il les bat à la frontière chinoise de la Dzoungarie en 546. Burmin demande en échange la main d'une princesse ruanruan, mais on ne lui accorde pas, bien que leurs rois aient admis les Asena dans leur fédération.

Ce dernier s'allie avec les Sassanides Perses pour combattre les Huns Blancs : il donne sa fille en mariage à l'empereur Perse Khosro Ier Anushirvan.
Après avoir éliminé les Huns Blancs, vers 563, les deux alliés se partagent ce qui deviendra ensuite le Turkestan Russe, notamment le territoire des Sogdiens, mais ils ne tardent pas à se brouiller.
Pour prendre les Perses en tenaille, Istämi envoie en 567 un Sogdien en ambassade à Byzance.
L'année suivante, le Byzantin Zémarque (Zemarchus) arrive chez Istämi. Malgré les guerres qu'ils mènent ensemble, jusqu'en 630, les Turcs et les Byzantins ne peuvent venir à bout des Perses.

L'autorité de Taspar (572-581), le frère cadet et successeur de Mugan, qui règne en Mongolie avec le titre de qaghan, est reconnue par les Turcs Occidentaux.
Ce souverain se convertit au bouddhisme, comme son frère Nivar (581-587, également appelé Ishbara d'après Paul Pelliot). Le yabghu Tardu, fils d'Istämi, rompt avec Nivar et prend le titre de qaghan.
Il est encouragé par les Chinois, qui désirent briser l'empire Turc.
Il y a désormais deux États :
Les Turcs Orientaux en Mongolie, dirigé par Nivar
Les Turcs Occidentaux dans les Tian Shan et au Kazakhstan Oriental, dirigé par Tardu.

Un fils de Mugan, connu sous le nom d'Apa qaghan et que les textes Chinois appellent Daluobian, se met à convoiter le trône, ses intérêts rejoignant ceux de Tardu, qui désire aussi abattre Nivar afin de refaire l'unité de l'empire... Pour empêcher cela, les Chinois apportent leur soutien à Nivar.
Apa qaghan se retourne alors contre Tardu et parvient à prendre sa place. Tardu demande l'asile aux Chinois 585.

À Nivar, succède deux empereurs appelés Chuluohu (587-588) et Yongyulü (588-599) par les Chinois.
Le premier capture Apa qaghan, mais les Turcs Occidentaux restent séparés de leurs frères Orientaux. Ils élisent en 587 un qaghan que les Chinois appellent Nili et dont on ne sait presque rien...

Tardu réapparut en 594, lors d'un conflit avec Yongyulü. Il reprend le contrôle des Turcs Occidentaux.

En 598, il envoie à Constantinople une lettre où il se déclare qaghan suprême, « grand chef des sept races et maître des sept climats ».
Il s'attaque aux Chinois, vaincu en 603, à la suite de la révolte d'une tribu, il doit se réfugier dans l'actuelle province Chinoise du Qinghai, au nord-est du Tibet. On n'entend plus jamais parler de lui...

Comme tous les empires « nomades », celui des Turcs Bleus est une confédération de tribus. Son noyau est constitué par 12 tribus dirigées par la tribu dynastique que les Chinois appelaient Ashina.
Les Ouigours sont constitués en 10 tribus dirigées par la tribu dynastique des Yaghlakar, ils vivent au nord de la Mongolie, originellement le long de la rivière Selenge, tandis que les Turcs Bleus Occupaient la partie centrale de ce territoire.
Ils deviennent sujets des Turcs Bleus durant le premier empire.
À l'ouest des Turcs Bleus, au Kazakhstan, se trouvent les Toghuz-Oghuz, c'est-à-dire les « Neuf (tribus) oghouzes ». Ils forment une population plus nombreuse que les Turcs Bleus eux-mêmes, mais qui est moins unie.
Deux autres confédérations Turques, celles des Qarluq et des Basmil, ont également joué un rôle dans l'empire Turc.
Le chef d'une tribu s'appelle l'irkin.
Les groupes de tribus sont dirigés par des elteber.
À la tête du pouvoir impérial, se trouve le qaghan et ses proches parents, les shad.
Le qaghan est entouré de conseillers, qui portent des titres tels que tarkhan, tudun ou chor.
Ils se partagent des fonctions militaires, administratives ou diplomatiques.
Il y a aussi des fonctionnaires de rang inférieur, parmi lesquels les textes Chinois distinguent 28 classes.
Toutes ces charges se transmettent de manière héréditaire.

La société Turque est divisée en 2 classes : Une aristocratie héréditaire, constituée par les beg, et le peuple (igil qara bodun). Tout homme devient un guerrier, et, après une initiation consistant en un exploit accompli lors d'une bataille ou d'une chasse, il reçoit alors son er aty, c'est-à-dire son nom d'homme ou de héros... Son idéal est de mourir au combat. (cela n'a pas tellement changé, et les musulmans grands copieurs devant l'éternel ont repris leur mauvaises habitudes) Sa situation varie cependant beaucoup selon qu'il appartient à l'aristocratie ou au peuple.

L'économie Turque repose sur l'élevage, la chasse et la guerre.
Les razzias, effectuées en principe à partir de la pleine Lune, sont un moyen d'acquérir du bétail, surtout des chevaux, qui constitue la principale richesse. Les beg s'approvisionnent également en objets précieux et en esclaves.
Si l'on est pauvre, c'est parce que l'on ne s'est pas assez bien battu. (il y a se battre et se battre)

Les gens du peuple dépourvus de bétail sont placés dans des quartiers d'hiver ou des établissements sédentaires (balïq), où ils pratiquent un peu d'agriculture. Ils cultivent surtout du millet, qui est entreposé dans des fortins (qurgan). S'ils veulent rester nomades, ils doivent compter sur l'aide de relations riches.
Les er dépourvus de moyens deviennent dépendant des beg, en tant que gardes du corps ou que serviteurs.

On dispose de quelques représentations de guerrier Turcs, visibles par exemple au musée d'histoire d'Oulan-Bator. Les hommes partagent leurs chevelures en de nombreuses tresses qui descendent sur leur dos. Cette coiffure existe encore chez les Ouïgours, mais plutôt chez les femmes. Ils portent des bottes, des pantalons et des vestes longues semblables à celles des autres peuples, y compris sédentaires, de l'Asie centrale de cette époque. Une épée est accrochée à leur ceinture.

Pour faire des contrats, les Turcs font des entailles sur des plaquettes de bois, paient les impôts en donnant des animaux domestiques, on les compte en entaillant un bâton, puis on y mettant un cachet de cire avec un fer de lance...
On connaît les coutumes Turques essentiellement grâce à des textes Chinois rassemblés dans des annales dynastiques.
Les annales des Wei du Nord ont l'intérêt d'avoir été rédigées vers 550, avant même la fondation de l'empire Turc. Nombre de ces textes ont été traduits en 1864 par Stanislas Julien («Documents historiques sur les Tou-kioue (Turcs) extraits du Pien-i-tien», Journal Asiatique).

Les mariages s'effectuent sans complication : Si un homme tombe amoureux d'une jeune fille, il envoie quelqu'un auprès de ses parents pour demander sa main et, généralement, sa demande est acceptée. Une femme noble ne peut pas se lier avec un homme de condition inférieure.

La justice est rendue de la manière suivante. Les gens qui se sont rendus coupables d'homicide, de viol d'une femme mariée ou de révolte sont condamnés à mort, (tient là il y avait encore une morale ce qui n'existe plus chez leur descendants)
En revanche, celui qui a violé une jeune fille est puni de la façon suivante :
Il doit payer une forte amende et épouser immédiatement sa victime (même et surtout si la pauvre fille vomit dès que son bourreau approche).
Un individu qui a causé une simple blessure, par exemple dans une bagarre, paie une amende proportionnée au dommage occasionné.
Les coupables de vol doivent payer 10 fois la valeur des animaux ou des objets volés. (là c'est une coutume qui pourrait avoir quelques effets pour tout les voyous qui pensent que le bien des autres leur appartient)
Les hommes aimaient jouer aux osselets, occupation qui existe toujours chez les nomades de l'Asie centrale. Les femmes préféraient jouer à la balle...

On appelle Turcs ou peuples Turcs les divers peuples dont la langue fait partie de la famille des langues turques. On estime à 150-200 millions le nombre de personnes appartenant à ce groupe en 2013.
Il s’agit vraisemblablement des descendants de grandes tribus originaires d'Asie centrale.
La plus ancienne mention du terme « Turk » qui nous soit parvenue nous provient des Göktürks du VIe siècle. Une lettre de l’Empereur de Chine au khan köktürk Isbara l’identifie comme le « grand khan Turc » en 585. Les stèles d'Orkhon, dans l'actuelle Mongolie, font usage du terme « Turuk » pour désigner les ancêtres des peuples Turcs.
Il se peut que certaines sources antérieures fassent référence à des peuples Turcs, comme une tablette du XXIe siècle av. J.-C. retrouvée sur le site de Mari en Syrie (qui parle d'un peuple appelé « Turukku », en migration vers les régions de Tiguranim et Hirbazanim (on ne sait pas à quoi correspondent ces noms sumériens), ou un texte Chinois datant de 1328 av. J.-C. (en parlant d'un peuple voisin appelé « Tu-Kiu »), ou encore le nom d'un des petits-fils de Noé, « Turk », dans les textes de l'Avesta...

On ne peut affirmer qu'il existe un lien entre ces termes, en apparence proches morphologiquement, et les peuples Turcs proprement dits ; cependant nombre de personnes pensent avoir trouvé là des sources attestant de l'ancienneté tant du terme que des peuplades elles-mêmes.
Aujourd'hui, en Turquie moderne, l'explication populaire de la racine du mot « turc » déclare que le terme signifie « fort » ou « puissant ».
En Français, l'usage courant du terme « turc » peut prêter à confusion, dans la mesure où seul le contexte permet de faire la distinction entre ses deux sens possibles, d'une part le peuple Turc, c'est-à-dire les citoyens de la Turquie actuelle, et d'autre part les peuples Turcs au sens large, et parfois désignés par le terme « Turcique ». D'autres langues telles que l'anglais utilisent deux termes séparés, respectivement « Turkish » et « Turkic ». De même, en turc moderne, on utilise le mot « Türk » en parlant des habitants de la Turquie, tandis que le mot « Türkî » se rapporte aux peuples et cultures turcs au sens large.

La quasi-totalité du domaine scientifique pense que les peuples Turcs sont originaires d'Asie centrale et de Siberie (anciennement Turkestan). Une petite minorité, comprenant les idéologistes panturques, envisagent une origine plus à l'ouest, suivie d'une migration vers l'Asie centrale durant la préhistoire.
Au premier millénaire de notre ère, les Turco-Mongols vivent probablement en chasseurs-cueilleurs en Sibérie orientale, sur le cours supérieur du fleuve Amour.
Les Mongols, les Toungouses et les Turcs ne faisant qu'un. Tandis que les Toungouses restent, les Mongols et les Turcs s'établissent dans les régions steppiques voire désertiques au Nord de la Chine, où ils deviennent donc nomades.
Pendant toute l'Antiquité, les Turco-Mongols vivent en guerriers nomades, faisant régulièrement des raids en Chine, et établissant de temps en temps des empires éphémères, dirigés par des hommes de guerre forts mais s'effondrant dès la mort de ceux-ci.
Les hommes se divisent alors en multiples tribus, ce qui les rend beaucoup plus vulnérables. À l'instar des Romains, les Chinois se servent parfois d'une de ces tribus pour s'en protéger d'une autre.
Les Turcs comme les Mongols ont conquis de nombreuses terres en occident. Certains peuples de ces deux cultures se retrouvent en Europe (Huns, ), où à l'Ouest de l'Asie, d'autres sont restés attachés à leur terres comme les Kazakhs et Kirghizes (Turcs) ou certains Mongols.
De manière progressive, les Mongols retournent dans leurs terres natales ou se fondent soit aux Turcs avec qui ils partagent la même origine et langue, soit aux Iraniens de par la proximité du territoire Perse. Une bonne part des Mongols se convertissent au bouddhisme réformé au XVe

KÖKTÜRK
Des comparaisons entre le Sumérien et les langues Turques modernes peuvent sembler indiquer l'existence d'un vocabulaire commun. De là découle la thèse que les Sumériens sont la plus ancienne peuplade Turque attestée et qu'ils sont originaires de l'est de la mer Caspienne mais ont cependant établi leur civilisation en Mésopotamie. Cette thèse est cependant largement critiquée par une grande partie des historiens et des linguistes spécialisés, dans la mesure où la majorité des linguistes considèrent le sumérien comme un isolat linguistique et est assimilable à un produit de l'idéologie panturque.

Outre les controverses érudites, on ne sait précisément la date de l'émergence Turque de son berceau géographique.
La Turquie a d'ailleurs des programmes de restauration des monuments Turcs existant en Mongolie.
Parmi les peuples Turcs postérieurs, on notera les Karlouks (VIIIe siècle), les Ouïghours, les Kirghizes, les Oghouzes et les Turkmènes. C'est pendant la formation de leurs États que ces peuples sont entrés en contact avec le monde musulman et ont progressivement adopté l'islam.
Il subsiste cependant des populations Turques appartenant à d'autres religions, notamment le christianisme, le judaïsme (cf. Khazars), le bouddhisme, et le zoroastrisme.

À partir du Xe siècle, les soldats Turcs des califes Abbassides s'imposent en dirigeants du Moyen-Orient musulman, à l'exception de la Syrie et de l'Égypte. Les Turcs Oghouzes et d'autres tribus s'emparent du contrôle de diverses régions sous l'égide de la dynastie seldjoukide, s'appropriant plus tard les territoires Abbassides et Byzantins.
Simultanément, les Kirghizes et Ouïghours se battent entre eux et contre le puissant empire de Chine.
Enfin les Kirghizes s'installent définitivement dans la région aujourd'hui appelée Kirghizistan. Les Tatars s'installent quant à eux dans le bassin de la Volga, évinçant du pouvoir local les Bulgares de la Volga.
Cette même région s'appelle aujourd'hui Tatarstan et est une République autonome de la Fédération de Russie, ses grandes villes, notamment Kazan, sont dotées d'une ou plusieurs mosquées, les Tatars étant traditionnellement musulmans.

À la suite de la grande invasion Mongole du XIIIe siècle, l'empire Seljoukide est sur le déclin et c'est sur cette base qu'émerge l'Empire Ottoman, sans doute le plus connu des empires Turcs, pour la richesse de son histoire et sa durée dans le temps, occupant finalement des régions allant des Balkans à l'Irak et du sud de la Russie à l'Afrique du Nord.
Simultanément, d'autres groupes Turcs fondent des états de moindre envergure, comme les Safavides d'Iran et l'Empire Moghol au nord de l'Inde.

Des guerres successives contre la Russie et l'Autriche-Hongrie, ainsi que la montée du nationalisme dans les Balkans seront les causes principales du déclin de l'Empire Ottoman, sa chute définitive survient à l'issue de la Première Guerre mondiale et donne naissance à l'état actuel de Turquie...

Quoi qu'il en soit, les ressemblances entre les diverses langues turques contemporaines semblent indiquer que l'éclatement initial du noyau géographique originel Turc est un phénomène relativement récent, sauf en ce qui concerne les Tchouvaches et les Iakoutes.
Actuellement, l'ethnie Turque la plus dense réside en Turquie.
Les autres groupes Turcs importants se trouvent en Azerbaïdjan, à Chypre, en Iran, au Kazakhstan, au Kirghizstan, en Russie, au Turkménistan et en Ouzbékistan. On en trouve aussi en Crimée, au Xinjiang (appelé le Turkestan Chinois), au nord de l'Irak, en Afghanistan, en Moldavie, en Gagaouzie, en Allemagne, en Pologne, en Ukraine, en Roumanie, en Grèce, en Bulgarie et en ex-Yougoslavie, les 4 derniers faisant partie des Balkans. En revanche, il est difficile de séparer précisément les différentes ethnies Turques. En voici une liste non exhaustive, entre parenthèses, leur situation géographique :

  • Hazaras (Afghanistan, Turquie, Tadjikistan, Iran et Pakistan)
  • Azéris (Azerbaïdjan et Iran)
  • Bachkirs (1 370 000 en Russie)
  • Balkars (Russie, Caucase du Nord)
  • Gagaouzes (Moldavie et Ukraine)
  • Iakoutes (300 000 en République de Iakoutie, Sibérie)
  • Kachkaïs (Iran)
  • Karakalpaks (Ouzbékistan, République autonome de Karakalpakie, au sud de la mer d'Aral)
  • Karapapaks (Caucase, Turquie orientale)
  • Karatchaïs (Russie, Caucase du Nord)
  • Kazakhs (Kazakhstan, Ouzbékistan, Xinjiang (Chine), ouest de la Mongolie)
  • Khorasanis (Iran)
  • Kirghizes (Kirghizstan)
  • Koumyks (Caucase, Daghestan)
  • Nogaïs (Caucase, Daghestan)
  • Ouïgours (Turkestan oriental Xinjiang (Chine))
  • Ouzbeks (Ouzbékistan)
  • Qizilbash (Turquie, Iran)
  • Tatars (6 320 000 en Russie en 1979)
  • Tatars de Crimée
  • Tchouvaches (1 750 000 en Russie en 1979)
  • Touvains (Touva, au sud de la Sibérie, à la frontière avec la Mongolie)
  • Turkmènes (Turkménistan, Irak, Syrie, Afghanistan, Iran)
  • Turcs Osmanli (Turquie, Chypre du Nord, Europe, Grèce, Bulgarie, Macédoine)

Certains classent les ethnies ci-dessus en 6 branches : Oghouzes, Kiptchaks, Kourlouks, Sibériens, Tchouvaches et Iakoutes.
Un des principaux obstacles que l'on rencontre lorsqu'on essaie de classer les divers dialectes, langues, peuplades et groupes ethniques Turcs est l'effet qu'a eu l'Union Soviétique et la politique stalinienne sur les nationalités.
Les modifications de frontières existantes et les déportations massives ont eu des impacts considérables sur des régions traditionnellement diversifiées au niveau ethnique. De ce fait, le classement ci-dessus n'est en aucune manière considéré comme vérité absolue, tant au niveau global que dans le détail.
À cela s'ajoutent des éléments relativement nouveaux dus à l'évolution de la situation géopolitique des pays de l'ex-bloc communiste à la suite de la chute de ce dernier, comme l'émergence d'un esprit nationaliste dans les républiques d'Asie Centrale.

L'anthropologue racialiste, Adolphe Bloch propose en 1915 de catégoriser les peuples Turcs en 2 deux types (le type blanc et le type jaune) apparentés et exclut l'idée d'un métissage.
Les Turcs primitifs seraient asiatiques qui ensuite a évolué pour acquérir d'autres caractères anthropologiques [...] en passant de la vie nomade à la vie sédentaire.
Il s'agit d'une transposition d'une théorie définie en 1901 selon laquelle une race de couleur peut se transformer en race blanche sans l'intermédiaire d'aucun mélange, cette transformation passant par la sédentarisation et par un développement « civilisationnel ». ???
Cette transition d'un type noir ou jaune vers un type blanc a été également envisagée chez les populations khazares et chez les Huns.
Pour Adolphe Bloch, les Turcs noirs sont les Kara-kirghizes et les Turcs blancs sont les Osmanlis.

Leur principale divinité était le Ciel-Dieu, appelé Tängri par les Turcs et Tängär par les Mongols. Il a pour compagne une déesse de la fécondité appelée Umai, commune aux Turcs et aux Mongols. Ces deux peuples utilisent le terme Turc de khan (ou khagan) pour désigner leurs rois.
Ils ont un mode de vie nomade, utilisant la yourte comme habitation. Ces similitudes témoignent d'une période de coexistence des Turcs et des Mongols, durant laquelle les deux peuples se sont mutuellement influencés.

Durant leur expansion vers l'ouest, les Turcs se sont mêlés à des Indo-Européens, qui habitent l'Asie Centrale et les bords de la mer Noire. C'est la raison pour laquelle il est difficile de définir une ethnie Turque. Par exemple, en arrivant dans le bassin du Tarim, les Ouïgours se sont métissés avec les anciens habitants de cette région, les Tokhariens.
Dans l'ensemble, les peuples Turcs sont musulmans sunnites. Cependant, de nombreuses personnes en Turquie Orientale sont alevis, et la majorité des peuples Turcs d'Iran et d'Azerbaïdjan (Turcs, Azerbaïdjanais) sont musulmans chiites...

On les trouve principalement dans les régions et républiques autonomes de Russie voisines du massif de l'Altaï, en Khakassie et à Touva, à la frontière Mongole.
Enfin, on trouve quelques groupes Turcs bouddhistes, juifs, zoroastriens et baha'is.
Certains discours nationalistes font référence au « monde Touranien », c'est-à-dire une grande région ou même un grand empire englobant tous les peuples Turcs.
Selon cette idée l'empire ira du Turkestan à l'est jusqu'aux Balkans à l'ouest et de la Crimée au nord jusqu'au Proche-Orient au sud. Bien sûr les Russes, les Chinois, les Iraniens et les Arabes sont hostiles à cette idéologie panturquiste et voient d'un mauvais œil un rapprochement entre les différents peuples Turcs.
D'un autre côté, la plupart des musulmans considèrent les peuples Turcs comme partie intégrante d'un « monde musulman » élargi, englobant l'Indonésie, le Pakistan, les pays arabes, les musulmans des Balkans, du Caucase etc., et formant un ensemble intégré.



Köktürks — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Köktürks
Le mot türk signifie « fort » et le nom chinois tujue provient probablement d'un pluriel türük. ... En 552, Bumin battit le dernier khan des Ruanruan, que les Chinois ... L'année suivante, le Byzantin Zémarque (Zemarchus) arriva chez Istämi.

Bumin — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bumin
Le mot türk signifie fort, et le nom chinois tujue provient probablement d'un pluriel türük. ... Les Köktürks conçoivent un puissant empire dès 552 sous la férule de ... mois après la fondation de son empire, en 553 ou au début de l'année 554.

ChroSink - Le site de Jean Dif - Free
jean.dif.free.fr/Images/RSoie/Textes/ChroSink.html
Quelques années plus tard, ils envoient le général Wan Dugui à Koutcha. ... 552: les Tujue, ou Turcs bleus*, fondent un empire en détruisant les Avars ..... pour la construction d'une salle de bain et d'une salle d'ablution à la mosquée Idkha de ...

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