dimanche 15 novembre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 559

2 NOVEMBRE 2015


Cette page concerne l'année 559 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

L’AVANCÉE BRISÉE DE ZABERGAN LE HUN KOUTRIGOUR

C'est sous O-na-hoeï et Ngan-lo-tchin que les Turks Tou-kioue s'emparent du pays des Jou-jouen et font un grand massacre des habitants (552 à 554). Les Tou-kioue deviennent ainsi maîtres de tout le Nord de l'Asie, le centre de la Kashgarie. Après cette victoire sur les Jou-jouen, ils franchissent l'Yaxarte et, d'accord avec Chosroès Anouchirvân, roi de Perse, mettent fin également à l'empire des Huns Ephthalites dans la Transoxiane (557).

Les Jou-jouen s'enfuient sous la conduite de princes nommés War et Khouni, qui ont le titre de khagan, c'est de là que vient la désignation de Warkhouni ou Warkhonites, sous lequel ils restent connus des Ouïgours, des Sabirs, des Turks. Mais quand ils pénétrant en Europe, et prennent le nom d'Avars (Abares) qui a été, paraît-il (ce point d'histoire est obscur) celui d'une autre nation de Tartarie qui a laissé un souvenir de terreur et de domination. Nous retrouverons plus loin ces Avars, ceux que Simocatta (VII, 7) appelle de faux Avars, Pseudônymoi. 

En l'année 515, une invasion considérable de barbares, venus de l'autre côté du Caucase
Les Byzantins ne se défendent pas, mais les Arméniens résistent et le marzban Mejej, prince de la famille des Grousinians, inflige à ces barbares une série de défaites et les culbute de l'autre côté du Caucase, sauvant ainsi l'Arménie et les provinces Persanes de la Caspienne.
Les auteurs Arméniens désignent ces nouveaux envahisseurs sous le nom de Huns, mais Théophane, Malala et autres nous apprennent que ce sont des Huns Sabires, déjà connus du temps de Priscus qui les cite comme ayant été chassés par les Avars des steppes du Don et de la Volga, et Jordanès les appelle Saviri.

En 550, les Sabires interviennent dans la guerre entre Justinien et Khosroès et construisent des machines de guerre.

En 551, ils figurent encore, mais ils disparaissent, en 558, devant les invasions des Avares avec lesquels ils finissent par se mélanger. Les Sabires sont des Ouïgours et par suite des Turks. Jordanès nous dit en parlant d'une certaine famille de Huns, qu'ils sont appelés les uns Saviri, les autres Cutziagiri. Ces derniers sont les mêmes que les Koutrigoures...
Les Avars, une population Turque que les Byzantins rangent parmi les Huns. Ils habitent d'abord les steppes situées au Nord du Caucase, de là, poussés en avant par d'autres populations Turco-Mongoles, ils se répandent sur les bords du Don et de la Volga. Cette émigration a lieu en 558.
Deux ans plus tard, les Avars ont déjà éprouvé l'attraction de ce sol Romain, sur lequel se précipitent tour à tour toutes les populations Asiatiques...

En 558, après avoir combattu 6 années les Huns Outigoures de Sandilkh, Zabergan décide de punir l'empereur Byzantin Justinien qui a soutenu ses ennemi Justinien qui paye des subsides aux Huns Koutrigoures « pour prouver sa bienveillance » à leur chef ( ses origine sont obscures et sont nom est d'origine iranienne) décide un jour de ne plus continuer et de reporter ces dons sur le chef des Huns Outrigoures, Sandilkh, dont l'alliance lui semble plus utile... Les deux peuples se font la guerre depuis des années et Zabergan est fort mécontent de se voir remplacé par son rival.
En 558, une trêve intervient entre les deux belligérants. Zabergan décide de venger l'affront et de prouver sa puissance à Justinien. Connaissant la faiblesse de l'armée Romaine et les richesses qu'on peut trouver dans l'empire, il est animé d'un ardent désir de pillage.
À la tête d'une horde hétéroclite constituée notamment de Koutrigoures, En mars 559, les Koutrigouress, soutenus par quelques Bulgares et Sclavènes franchissent le Danube gelé et traversent sans obstacle la Scythie et la Mésie et atteignent la Thrace.

Le mot Zabergan parait signifier « le Khan Zaber ». Radlof l'explique par l'ouïgour Tchak-bergan, « don du Temps », et le mot Sandikhl ou Sandilkh par le turc santillik, « doué de plusieurs langues ». Les Outrigoures sont alliés et protégés des Romains qui les exite à faire la guerre à leurs compatriotes, mais Sandikl trouve, suivant les expressions de Menander, qu'il n'est ni juste ni digne d'attaquer des hommes de la même nation, parlant la même langue, ayant la même vie. Zabergan, apprenant les intentions de Justinien et mû aussi par le désir du pillage, quitte les bords du Pont-Euxin, franchit le Danube avec une nombreuse cavalerie, pille la Mésie et la Thrace, et vient camper aux portes de Constantinople.
LES ÉTENDARDS KOUTRIGOURS

Zabergan divise son armée en trois groupes, le premier groupe est arrêté devant le défilé des Thermopyles par un corps de 2 000 soldats réguliers entretenus par les recettes municipales depuis qu'en 540 des hordes Bulgares ont forcé le passage défendu par la milice paysanne...

Le 2e groupe ne peut franchir le mur qui barre l'isthme, le commandant Romain, Germanus, fils de Dorothée, repousse tous les assauts.
Les Koutrigoures improvisent et construisent rapidement une flottille de radeaux en roseau, à l'embouchure de la Maritza et tentent de tourner le mur... Germanus qui possède 20 galères à 2 poupes, bat les Koutrigoures sur mer aussi. Dégoûtés, ils se retirent.

Zabergan, plus chanceux, s'avance vers la capitale à la tête de 7 000 cavaliers, rencontre une armée impériale qu'il bat et dont les 2 généraux sont faits prisonniers. L'un d'eux est le neveu du Patrice Solomon, Sergius, un incapable cupide. Les Koutrigoures pillant, brûlant et abusant de la gent féminine avec entrain, s'approchent de Constantinople. Ils découvrent vite les brèches du Grand Mur consécutives au tremblement de terre du 23 décembre 557 qui ne sont pas réparées. Ils se répandent dans l'enceinte et rencontrent des troupes inexpérimentées, peu nombreuses telles les milices des Verts et des Bleus.

Zabergan bouscule ces troupes improvisées qui se replient vers Constantinople et il va camper près du bourg de Méliantiade à 30 kilomètres environ de la capitale. L'empereur n'a presque rien à leur opposer ! La valeur militaire des troupes de la garde de l'empereur a très nettement baissé en raison du commerce fructueux des dignités honorifiques y compris les fonctions de parade où il fallait autrefois avoir fait ses preuves avant d'y être admis. En outre, Justinien ne porte pas le même soin aux Balkans qu'à la Perse, l'Afrique ou l'Italie.
En 559, il réussit à franchir le mur d'Anastase, en mauvais état, et à pénétrer avec ses troupes dans la campagne de Constantinople où il dresse son camp, à une vingtaine de kilomètres des murailles de la cité impériale. Son apparition inattendue jette Constantinople dans un trouble extrême et de nombreux habitants désertent leurs maisons pour aller s'entasser sur les places et dans les églises. Une troupe composée de volontaires et de gardes du palais, partie pour reconnaître l'ennemi, est décimée.
Encouragé par ce premier succès, Zabergan sort de son camp et vient parader avec ses cavaliers devant la Porte d'Or, au grand désespoir de la ville qui ne peut plus recevoir de secours que par mer...
« c'est pour les Romains un triste et décourageant spectacle que ces bandes de cavaliers hideux courant la campagne, fouillant les villas pour en tirer des femmes ou du butin et transformant en écuries les portiques de marbre et de cèdre ».

L'arrivée dans Constantinople du général Bélisaire redonne espoir aux habitants et à l'empereur Justinien qui lui confie la défense de la ville. Bélisaire décide alors d'aller à la rencontre du chef Hun et d'installer à quelques kilomètres du campement des Barbares sa petite armée, bientôt renforcée par des paysans volontaires.
Zabergan veut mener une attaque surprise avec une petite troupe de 2 000 cavaliers mais tombe dans une embuscade dans la forêt qui sépare les deux camps :

La population de Constantinople est très consciente du péril, l'affolement est extrême et les reconnaissances de l'ennemi jusqu'à Sycae (actuellement Galata) ou à la Porte d'Or provoquent la ruée du peuple dans les sanctuaires et le départ d'une partie des habitants de l'autre côté du Bosphore. Justinien en est très conscient aussi et il prend des décisions. D'abord il fait enlever tous les vases précieux, les tapisseries dans les églises hors de Constantinople jusqu'au Pont Euxin. Ces richesses sont gardées en partie dans la capitale et en partie sur la rive Asiatique.

Ensuite, il fait prendre les armes à tous les hommes capables de les porter. Mais pour la galvaniser cette armée peu redoutable, il faut un chef... Justinien se trouve forcé de rappeler Bélisaire qui depuis son retour d'Italie n'a pas eu de grands commandements militaires.
Bélisaire répond présent ce qui ranime l'espoir dans la population. Des citadins et des paysans réfugiés accourent pour servir sous ses ordres. La principale force dont dispose le général réside dans les 300 anciens bucellaires qui ont répondu au premier appel.

Bélisaire rassemble tous les chevaux qu'il peut trouver dans Constantinople, il quitte la capitale et s'établit à Cettocome à quelques kilomètres du mur Théodosien. Il y a là de nombreux paysans, il leur fait creuser un fossé autour du camp. Puis il envoie des éclaireurs repérer l'ennemi et découvrir ses intentions.
Enfin, il fait allumer un grand nombre de feux sur toute la plaine pour abuser les Koutrigoures sur la force réelle des impériaux.
Cela lui donne le temps nécessaire pour fortifier le moral de ses troupes qui ne se souviennent que des succès « miraculeux » de Bélisaire.

Mais Zabergan, renseigné par ses coureurs sur les forces réelles des Romains, décide d'attaquer avec 2 000 cavaliers ce qu'il juge amplement suffisant. Bélisaire, informé par ses espions, décide de tendre une embuscade aux Koutrigoures qui ne peuvent venir à lui qu'en traversant une forêt. Bélisaire choisit 200 cavaliers armés de boucliers et de javelots et les poste de chaque côté de la forêt, avec ordre de tirer puis de charger au signal convenu...
Ainsi attaqués de flanc, les Koutrigoures ne pourront se déployer et tirer avantage de leur supériorité numérique Bélisaire se met avec ses 300 bucellaires, au centre du dispositif pour soutenir le choc.
Les paysans qui sont en grand nombre reçoivent l'ordre de se tenir derrière les soldats, de crier le moment venu en faisant cliqueter leurs armes et en traînant des branches d'arbres pour faire croire à la présence d'une armée nombreuse.

Ces procédés simplistes réussirent tout à fait. Attaqués par surprise, de flanc et de face, aveuglés par la poussière, affolés par les clameurs, les Koutrigoures persuadés d'être face à une armée considérable, fuient en grand désordre sans même comme ils en ont l'habitude, protéger leur retraite en tirant des flèches.
Les Romains n'ont que quelques blessés tandis que 400 Huns périssent dans cet engagement. Les cavaliers Koutrigoures rejoignent en désordre le camp de Méliantiade et se tailladant les joues en signe de désespoir.
Craignant un nouvel assaut des Romains, ils lèvent le camp et vont se fixer au pied du mont Rhodope. Ils ne sont pas attaqués et peuvent tranquillement ravager la Thrace pendant 4 mois jusqu'au traité de paix. Pourquoi ?

Zabergan perd 400 hommes mais peut s'échapper avec le reste de ses troupes et rejoindre son campement. Il s'éloigne de Constantinople tout en pillant la Thrace et attend le retour des 2 autres divisions de son armée auxquelles il a envoyé l'ordre de se rallier.
Elles n'ont pas été plus heureuses que la sienne :
La division de Grèce est arrêtée aux Thermopyles
Celle de la Chersonèse a également échoué.
Dépité, Zabergan reprend le chemin du Danube, traînant derrière lui une armée de captifs composée d'habitants des villes, de femmes, d'enfants et de vieillards qu'il a enlevés lors de son expédition pour négocier plus tard leur libération en échange d'une rançon... Il fait annoncer partout que les prisonniers qui ne seront pas rachetés par leurs familles seront mis à mort. L'empereur Justinien les rachète sur les deniers publics et on l'en blâme.

Bélisaire retrouve toute sa popularité passée par cette victoire soudaine. L'empereur, méfiant, est gêné par les louanges qui s'expriment après la peur. Les courtisans, le danger éloigné, redoutent le retour en grâce de Bélisaire. Ils l'accusent de vouloir mourir sur le trône. Justinien est sensible à ces arguments qui reprennent les accusations portées autrefois par Théodora. Il préfère payer les Koutrigoures que les exterminer et rappelle Bélisaire dont il est jaloux et une fois de plus le général obéit...
Alors qu'il franchit le Danube, Zabergan est attaqué par Sandilkh, poussé par l'empereur Justinien à attaquer le chef Koutrigoure.
La guerre entre Outigoures et Koutrigoures recommence. L'historien Byzantin Agathias dit à propos de ce conflit : « Le feu de la guerre s'allume tellement entre ces deux peuples, qu'ils ne cessent plus de s'incommoder, tantôt par de légères escarmouches, tantôt par de véritables batailles, jusqu'à ce que leurs forces en soient ruinées et que leur nom en soient tout à fait éteint ».
Zabergan meurt probablement lors de cette guerre et les survivants des deux tribus Hunniques intègrent d'autres peuples de cavaliers nomades, parmi lesquels, les Avars de Bayan


559 — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/559
Cette page concerne l'année 559 du calendrier julien. ... Mars : le khan bulgare Zabergan divise ses troupes en trois groupes qui atteignent les Thermopyles, ...

Les Huns.
www.cosmovisions.com/ChronoHuns.htm
Les mêmes Huns reviennent quelques années après, ravagent de nouveau l'Arménie, .... se trouve peu à peu occupé par les Bulgares, peuple turk venu de la Volga, sans doute .... Le mot Zabergan parait signifier « le Khan Zaber ». ... cavalerie, pilla la Mésie et la Thrace, et vint camper aux portes de Constantinople (559).

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