vendredi 6 mai 2016

EN REMONTANT LE TEMPS... 388


16 AVRIL 2016...

Cette page concerne l'année 388 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

UN DE NOS ANCIENS DÉFENSEURS DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE

Thémistios (en grec Θεμίστιος ; en latin : Themistius) est un rhéteur et philosophe né vers 317 en Paphlagonie (nord de l'Asie Mineure) et mort vers 388 à Constantinople, païen, célèbre pour avoir inauguré la paraphrase d'Aristote. Il ouvre une école de rhétorique et de philosophie à Constantinople vers 347, également un haut dignitaire de l'Empire Romain d'Orient, laissant 34 discours en grec, dont un (n° 25) n'est qu'un texte très bref, et deux autres (n° 23 et 33) sont incomplets, une Adresse à Valens conservée en latin qui lui est attribuée est peut-être un faux de la Renaissance.
20 discours sont des harangues officielles, les autres se rapportent à des circonstances particulières de sa vie (éloge funèbre de son père, qui est le n° 20, apologie personnelle, n° 23, etc.).

Éloquence très académique, mais qui se recommande par son élégance et l'expression de sentiments élevés. On considère en général que son chef-d'œuvre est l'Adresse à Jovien (n° 5), discours plein de noblesse, où il défend notamment la liberté de conscience.
De son œuvre philosophique, qui paraît avoir été volumineuse (Photios dit qu'il a commenté tout Aristote, et aussi Platon), il ne reste en grec pratiquement que des paraphrases de traités d'Aristote. Il indique lui-même dans son discours n° 23 qu'il a composé ces paraphrases pendant sa jeunesse et qu'elles sont publiées sans son consentement. On conserve celles des Analytiques, de la Physique, des traités De l'âme, De la mémoire, Du sommeil, Des songes, De la divination.
Cette idée de paraphrase peut paraître assez vaine, mais en fait le style d'Aristote est souvent obscur, et la reformulation dans le style plus clair de Thémistios peut avoir son utilité, d'autant plus que son interprétation est considérée comme très correcte.
On conserve d'autre part deux traités de philosophie morale en version syriaque (De l'amitié et De la vertu) dont la traduction est peut-être due à Serge de Reshaina, et un traité « Du gouvernement » en version arabe. Il y a des fragments d'un traité De l'âme dans l'anthologie de Jean Stobée.
Le plaidoyer d'un socratique contre le « Phèdre » de Platon. 26e discours de Thémistius, trad. H. Kesters, Louvain, éd. Nauwelaerts, 1959.

Les commentateurs anciens accordent plus d’importance que les commentateurs modernes au chapitre I, des Seconds Analytiques, dans lequel Aristote prétend notamment apporter la solution au paradoxe du Ménon.
Sans offrir du chapitre une analyse aussi ample que celle proposée, au VIe siècle, par Jean Philopon, Thémistius (317-388), dans sa Paraphrase des Seconds Analytiques, s’applique manifestement à en donner une explication précise et détaillée. Il utilise en effet, dans les développements qu’il consacre aux 4 grandes parties qui composent le chapitre (71a 1-11 ; 71a 11-17 ; 71a 17-30 ; 71a 30-71b 8), un ensemble varié de procédés paraphrastiques et explicatifs, dont les plus complexes tranchent avec le style généralement assez simple du reste de la Paraphrase aux Seconds Analytiques, tout en paraissant préfigurer certains des procédés mis en œuvre dans les paraphrases de maturité, comme celle du De Anima.
Il est bien entendu de la toute première utilité, pour mieux comprendre la « méthode de travail » de Thémistius ; d’analyser en détail ces procédés plus complexes, qui incluent le commentaire personnel, dépassant (à des fins philosophiques ou polémiques) le propos d’Aristote (voir par exemple 4.27-5.1), de même que la transformation quelquefois radicale du texte (voir principalement 2.26-3.5), autorisée par la confrontation implicite entre le passage soumis à l’examen et d’autres textes aristotéliciens.

Celui qui entend se consacrer efficacement à une science et à un apprentissage logique, quels qu’ils soient, doit posséder certains principes naturels, grâce auxquels il connaît préalablement quelque chose sur l’objet d’étude.
Le fait ressort cependant avec le plus d’évidence dans le cas de ceux qui enseignent quelque chose au moyen d’un argument, comme les dialecticiens ou les rhéteurs. Car les premiers usent d’une induction ou d’un syllogisme, et les seconds d’un enthymème ou d’un exemple, pour lesquels il est nécessaire de connaître préalablement soit les cas particuliers, soit les prémisses, soit les équivalents.
De sorte que, si ces faits sont vrais, tout enseignement et tout apprentissage logique viendront d’une connaissance préexistante. Et ne soyons pas embarrassés par l’exemple des choses qui sont connues par la sensation, pour lesquelles aucune connaissance préalable n’est requise, car les connaissances de cette sorte ne s’acquièrent pas au moyen d’un apprentissage et d’une méthode logiques.
En somme, tout enseignement et tout apprentissage, sans exception, viennent de certaines choses qui ont été admises et qui sont claires, choses à partir desquelles, également, ce qui est inconnu devient évident...

Le Centre De Wulf-Mansion, Recherches de Philosophie ancienne et médiévale a été récemment fondé au sein de l'Institut supérieur de Philosophie de l'Université de Louvain. En marge des collections déjà publiées par l'Institut, telles que Aristote, Traductions et Études et Philosophes médiévaux, le nouveau Centre se propose de patronner d'autres collections dont la première voit le jour avec ce volume. il s'agit d'un Corpus latinum commentariorum in Aristotelem graecorum, dont la direction est assurée par M. G. Verbeke. Comme l'écrit l'auteur dans la préface de la présente édition, « il s'agit en général (dans cette collection) de textes grecs dont la traduction a été faite par Guillaume de Mœrbeke à la demande de Saint Thomas et que celui-ci est le premier à utiliser.
La collection nouvelle est donc conçue tout à la fois comme une édition critique de commentaires sur Aristote et comme une contribution à l'étude des sources de Saint Thomas » (p. VIII).
Dans le récent ouvrage collectif consacré à Aristote et Saint Thomas d'Aquin , le P. Daniel A. Callus a établi l'état de la question en ce qui concerne les sources de Saint Thomas. Il a souligné l'importance de l'utilisation de l'œuvre de Thémistius. Le présent travail de M. G. Verbeke permet de reprendre sur de nouveaux faits et de façon approfondie cette étude du plus haut intérêt.

L'édition critique et complète du texte latin de la paraphrase de Thémistius est précédée de 4 études, dont certaines reprennent et mettent à jour des travaux antérieurs. Voici brièvement les conclusions de ces différentes études.
La première porte pour titre Thémistius et le Commentaire de Saint Thomas au De anima d'Aristote (pp. IX-XXXVIIl). Elle établit l'influence directe de Thémistius sur le Commentaire thomiste des 3 livres du De anima d'Aristote. Cette conclusion permet à l'auteur d'établir que le commentaire de Saint Thomas se rattache aux années 1268 et 1269, le premier livre étant d'origine Italienne, tandis que les deux autres ont été rédigés à Paris.
Ceci établi, on peut fixer d'importants points de repère pour la chronologie d'autres écrits de Saint Thomas et notamment concernant l'opuscule De spiri- tualibus creaturis, la question disputée De malo et la Prima pars de la Somme Théologique.

Une deuxième étude s'intitule Thémistius et le « De unitate intellectus » de Saint Thomas (pp. XXXIX-LXII). Dans son opuscule, Saint Thomas attribue à Thémistius la doctrine suivant laquelle l'intellect réceptif (possible), aussi bien que l'intellect actif (agent), sont immanents et multiples suivant les différentes personnes humaines. Une analyse précise révèle que « sous ce rapport, le Saint Docteur a eu raison de faire appel au commentateur Grec pour étayer sa doctrine. Ce qui est beaucoup moins clair, c'est le rapport exact entre les intellects actifs individuels et l'intellect actif supérieur » (p. LXII).
On a parfois reproché avec âpreté à Guillaume de Moerbeke le caractère imparfait de ses traductions.
Que l'on songe aux critiques violentes de Roger Bacon. Aussi est-ce la valeur de la traduction du Dominicain Flamand qui fait l'objet de la troisième étude (pp. LXIII-LXXXI). Après avoir étudié minutieusement la traduction de Guillaume de Moerbeke et notamment la transposition des particules, M. Verbeke conclut : « Sans doute, la traduction n'est pas parfaite, on peut dire cependant que, malgré ses imperfections, elle rend presque toujours avec fidélité et exactitude la signification du texte grec... Le traducteur ne semble pas viser à l'élégance, mais à l'exactitude » (p. LXXIX).
Un examen même sommaire montre sans peine la supériorité des traductions de Guillaume de Moerbeke par rapport à celles des humanistes de la Renaissance.



PRÊTRE PAÏEN
La quatrième étude (pp. LXXXII-XCVII) forme l'introduction à l'édition proprement dite : Les 8 manuscrits qui conservent, en tout ou en partie, le texte de la traduction de Thémistius sont comparés et, de cette confrontation, il se dégage aisément que le meilleur texte est celui que fournit la Biblioteca Cathedra de Tolède.
C'est donc en ordre principal que repose l'édition, qu'étaie deux apparats critiques : Le premier donne les variantes des différents manuscrits utilisés, le second signale les différences de notre texte latin avec l'original grec, suivant l'édition de R. Heinze. En note sont cités aussi les textes parallèles (et révélateurs ) pris dans l'œuvre de Saint Thomas.
Thémistius, un des hommes qui ont le plus honoré la philosophie et l'éloquence Grecques dans les derniers temps du paganisme florissant pendant la seconde moitié du IVe siècle.
Né dans un bourg de la Paphlagonie, et non pas à Nicomédie, comme l'a cru Fr. Patricius, il a pour père un homme de savoir et de mérite, Eugénius, dont nous avons encore l'éloge funèbre, prononcé par son fils. Sous les yeux de son père et des hommes les plus habiles de la province de Pont-Euxin, il fait des progrès si rapides dans la philosophie péripatétique et dans l'art d'écrire , qu'il compose, fort jeune encore, de précieux commentaires sur plusieurs traités d'Aristote, et que ses parents ou ses amis, étonnés de la sagacité avec laquelle il explique le plus obscur des philosophes, publient malgré lui ses premiers essais.

383 Après avoir voyagé dans l'Orient, et enseigné dans plusieurs villes célèbres, telles que Nicomédie et Antioche, il s'arrête enfin à Byzance, que son nouveau fondateur vient de proclamer la capitale du monde, et pendant 20 ans, soit comme philosophe, soit comme orateur, soit enfin comme membre du sénat, il jouit dans cette ville de l'admiration des peuples et de la faveur des princes de l'ancienne capitale.
Sous le règne de Gratien , il va passer quelques mois à Rome. Cette ancienne capitale, jalouse de le posséder, a recours à l'intervention et aux prières de l'empereur, mais il a fait de Constantinople sa véritable patrie il s'y est marié, et une femme et des enfants sont des liens qui l'attachent à cette patrie d'adoption. Des offres brillantes ne peuvent le séduire, car au nombre des vertus qui accompagnent en lui les talents, on distingue la plus noble générosité.

C'est une particularité fort remarquable dans sa vie, que la faveur dont il jouit auprès de sept empereurs, soit païens, soit chrétiens. Le premier dont il ait fixé les regards, est l'empereur Constance, fils et successeur de Constantin. Thémistius prononce devant lui son premier panégyrique ( Constance, ou De l'amour de l'humanité) quoiqu'il soit encore trop jeune pour donner à son éloquence le caractère qu'elle aura plus tard, il se fait remarquer dès-lors par le talent d'instruire les princes en paraissant les louer. Constance s'honore lui-même, en préférant ce langage à celui de ses flatteurs; il a le courage d'écouter plusieurs fois encore un panégyriste qui ose et sait dire la vérité, et, par un rescrit du mois d'août 355, il nomme Thémistius membre du sénat de Constantinople.

En tête du discours d'actions de grâces, on trouve cette lettre impériale, que Thomas regarde comme le plus beau monument de ce règne :
« La grande réputation du philosophe Thémistius, dit l'empereur, ayant fait parvenir son nom jusqu'à moi, j'ai cru qu'il était de mon devoir et du vôtre de récompenser sa vertu en l'admettant dans cet auguste conseil. C'est un honneur pour ce grand homme, mais c'est aussi un honneur pour le sénat.
Vous lui communiquerez de votre dignité, et il répandra sur vous une partie de sa gloire... Thémistius ne se contente pas d'être vertueux et savant pour lui seul, en méritant d'être appelé l'interprète des anciens sages et l'hiérophante des mystères de la philosophie, il est le bienfaiteur de notre empire. »

Sous l'empereur Julien, Thémistius obtient encore de plus grands honneurs. L'élève enthousiaste de Platon et d'Homère a cru retrouver ces grands génies dans le sophiste. Et le protecteur du paganisme doit adopter avec orgueil la gloire d'un païen (car Thémistius est païen ). Les lettres de Julien sont un témoignage de son amitié pour Thémistius, surtout cette longue épître où il lui parle avec terreur des dangers de la souveraine puissance, mais il lui donne une marque plus honorable encore de son admiration et de sa confiance, lorsqu'il le nomme, pour l'année 360, gouverneur de Constantinople... On croit que Valens et Théodose l'ont élevé à la même dignité..
Le successeur de Julien est un prince zélé pour les intérêts de la religion chrétienne. Thémistius, en continuant de parler le langage d'une philosophie religieuse et tolérante mérite de Jovien la même estime. Au mois de février 364 il lui présente les félicitations du sénat, qui est allé au devant du nouveau prince jusqu'à Dadastane, en Galatie. Ce discours est appelé consulaire, parce que Jovien venait de prendre possession du consulat...
«Tu as commencé le bonheur des hommes, lui dit-il, par de sages lois sur les croyances divines. Seul, ou presque seul, tu t'es rappelé que l'autorité d'un prince a des bornes, et qu'il est des choses qui échappent à sa puissance, à ses ordres, à ses menaces; telles sont toutes les vertus, telle est surtout la religion. Tu sais que pour être vertueux, pour être religieux sans hypocrisie, il faut une âme indépendante, une conscience libre. Gloire à ta profonde sagesse ! Est-il possible, en effet, quand tous les décrets d'un empereur ne pourraient changer le cœur de son ennemi, est-il possible qu'ils fassent un homme pieux d'un homme assez faible, assez lâche pour craindre les édits d'une puissance éphémère, pour céder aux vaines terreurs d'un moment ? Misérables jouets des caprices de nos maîtres, c'est leur pourpre, ce n'est pas Dieu que nous adorons, et nous acceptons un nouveau culte avec un nouveau règne. » ( Passage de texte dont l'actualité est troublante et qui pourrait servir aujourd'hui comme référence pour prêter serment lors de l'investiture d'un chef d'état !)

Sous le règne suivant, le philosophe a malheureusement l'occasion de rappeler ces principes de tolérance pour protéger non-seulement les païens, mais les enfants mêmes de la religion catholique contre les Ariens, dont les fureurs et les vengeances ensanglantent de nouveau l'empire, abandonné aux favoris et aux délateurs, sous un prince ignorant, cruel et soupçonneux.
Cependant Valens, appelé par son frère Valentinien au partage de l'empire, fait concevoir d'abord quelques espérances. Aussi ne faut-il point reprocher à Thémistius le panégyrique prononcé par lui dans le sénat de Constantinople, au mois de décembre 364, sur l'union entre les deux frères ( les Frères amis).
Ces éloges donnés à un prince qui commence à régner, et qui n'a pu encore se faire connaître, ressemblent moins à une flatterie qu'à une leçon.
C'est dans cet ouvrage qu'il laisse échapper de son cœur cette éloquente inspiration :
« J'ai perdu un jour, disait Titus, je n'ai fait aujourd'hui de bien à personne ». « Que dites-vous, prince ! Non, le jour où vous avez dit une parole qui doit être la leçon éternelle des rois, ne peut être un jour perdu, jamais vous n'avez été plus grand ni plus utile aux hommes. »
Tel est encore le but de l'orateur dans son exhortations au fils de Valens, jeune enfant nommé consul en 369.
Lorsque Gratien succède, en 375, à Valentinien, son père, dans l'empire d'Occident, ce jeune prince, disciple du poète Ausone, qu'il nomme consul, prie son oncle Valens de lui envoyer Thémistius, qui, vers l'an 377, parle plusieurs fois devant lui.
Cet orateur est engagé aussi, en 379, pour complimenter le grand Théodose, que Gratien vient de choisir pour empereur d'Orient, après la mort de Valens, brûlé vif par les Goths dans une chaumière où il s'est réfugié après la déroute de son armée.
Théodose est probablement le dernier prince sous lequel Thémistius a vécu. Tzetzès l'appelle le secrétaire de Théodose.
En 381, il examine devant lui cette question, qui lui est peut-être proposée par l'empereur lui-même : Quelle est la vertu la plus digne d'un souverain ? Il conclut que c'est la justice unie à la clémence. (bonne question qu'il serait bon de faire méditer à nos politiciens d'aujourd'hui )
Deux ans après, il remercie le même prince d'avoir fait la paix avec les Barbares, et d'avoir nommé consul le général Saturninus, auteur du traité de paix.
L'année suivante, élevé à la préfecture de Constantinople, honneur qu'il a déjà reçu de Julien, il remercie de nouveau Théodose. Quelques autres discours sont prononcés par l'orateur septuagénaire devant ce prince, qui, malgré son attachement sincère à la foi chrétienne, veut, au moment de partir pour l'Occident, que son fils Arcadius soit confié aux soins du plus illustre des philosophes... Tillemont (30 novembre 1637 -10 janvier 1698). a douté de ce fait, mais l'autorité de Thémistius doit lever toutes les incertitudes :
« Viens, mon fils, dit-il dans son 18e discours, prononcé à cette époque, viens sur les genoux d'un faible vieillard, recevoir les leçons que la sagesse destinées aux princes, celles qui ont instruit jadis Marc-Aurèle et Titus. A ma voix se joindront, pour te former, la voix de Platon, la voix du précepteur d'Alexandre. A l'école des sages, deviens le bienfaiteur du monde. »
Il est probable que c'est par les travaux de cette éducation que Thémistius termine sa longue et honorable carrière. On ignore l'année exacte de sa mort, mais on peut croire qu'il ne vit point au-delà du IVe siècle.
La meilleure édition des œuvres de Thémistius est celle que le P. Hardouin fait paraître en 1684, et qui est dédiée au duc de Montausier. L'abbé Mai a fait connaître, en 1816, d'après un manuscrit de la bibliothèque ambrosienne, le discours où Thémistius s'excuse d'avoir accepté la préfecture de Constantinople, il y a joint l'exorde également inédit de l’Éloge funèbre d'Eugénius, et quelques fragments destinés à remplir des lacunes dans les éditions précédentes.

Extraits de discours de thémistius : L'Agriculture.
Il est aisé de reconnaître qu'il n'y a rien de plus avantageux à l'homme que de se livrer à l'agriculture, et de vivre au milieu des occupations qu'elle présente. En effet, si on borne ses désirs au simple nécessaire, elle suffit amplement aux besoins de la vie. Aime-t-on l'abondance ?
Plutus, disent les poètes, est fils de Cérés, par-là ils nous annoncent que rien ne contribue autant à l'accroissement de notre fortune, que les avantages attachés à l'agriculture, car tous les autres arts ont besoin d'elle, ainsi que tous les états de la société : Ceux qui exercent le pouvoir, ceux qui portent le sceptre fondent sur elle leur force, leur trône, leurs goûts et leurs arts... ( tout l'inverse est la philosophie du moment actuel où plutôt que de promouvoir cet activité indispensable à bien des égard on privilégie le paraître et l'artificiel) L'agriculture fournit par le superflu de ses productions de quoi suffire à tout le reste. Ainsi le monarque le plus puissant, fût-il un descendant d'Acheménès ou d'Hercule, quel qu'il soit enfin, ne peut réussir dans ses entreprises, si des approvisionnements ne précèdent la marche de ses armées. Le peintre, le statuaire, le commerçant, le navigateur, en un mot, toutes les conditions et tous les arts ont besoin des produits de l'agriculture. Si elle fleurit, chacun voit prospérer l'industrie qui lui est propre, si ses fruits viennent à manquer, l'homme est privé de toutes les ressources de la vie.

La Philosophie.
L'extérieur de la Philosophie est grave et majestueux, sa taille haute et bien proportionnée, sa parure honnête et décente, et semblable à celle que les peintres ont coutume de donner aux vertus qui lui servent de compagnes. (là aussi nos philosophes autoproclamés font tout à l'envers ils ne sont en rien d'apparence honnête et décentes)
Ses cheveux ne sont point épars et flottants au hasard, ils ne sont pas non plus artistement frisés et noués en boucles, leur arrangement tient au juste milieu entre deux excès opposés, et annonce la modestie et l'élégance.
En effet, la Philosophie, pleine d'une beauté naturelle et au-dessus de toute expression, dédaigne et rejette tout éclat étranger. (oups ! Les nôtres ont dû oublié de lire avec attention les philosophes anciens)
LA DÉESSE NIKE
Aussi ne se peint-elle point les yeux, ne rougit-t-elle point ses joues d'une couleur empruntée, son visage a toute la fleur et tout l'incarnat de la modestie, ses regards respirent la pudeur, en inspirant le respect à ceux qui la voient. L'aspect seul de cette déesse a quelquefois suffi pour opérer, dans quelques hommes, la réforme des mœurs... Par exemple, l'Athénien Polémon vivait depuis longtemps dans la mollesse, livré aux plaisirs, aux fêtes et à la débauche, mais ayant prêté l'oreille aux sages leçons du philosophe Xénocrate, il renonce aussitôt à la débauche, aux fêtes et aux plaisirs, et n'a ensuite que du mépris pour ces honteux délassements. Le chaste amour de la philosophie prend leur place, et le désir insatiable d'apprendre est tel chez lui qu'il mérite d'être initié aux mystères de la Déesse.



Thémistios — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thémistios
Thémistios (en grec Θεμίστιος ; en latin : Themistius) est un rhéteur et philosophe né vers 317 en Paphlagonie (nord de l'Asie Mineure) et mort vers 388 à ...

Thémistius de Paphlagonie.
www.cosmovisions.com/Themistius.htm
Thémistius de Paphlagonie , homme d'État, orateur, philosophe, né en 317ap. J.- C., mort après 389, avant 395. Son père Eugénius, philosophe et ami des ...

Thémistius, Paraphrase des Seconds Analytiques, 2.5-5.4
etudesanciennes.revues.org › Numéros › XLIII
de M Achard - ‎2006
Sans offrir du chapitre une analyse aussi ample que celle proposée, au VIe siècle, par Jean Philopon1, Thémistius (317-388), dans sa Paraphrase des Seconds ...

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