mercredi 11 mai 2016

EN REMONTANT LE TEMPS... 380


24 AVRIL 2016...

Cette page concerne l'année 380 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES WISIGOTHS S'INSTALLENT NON SANS PEINE EN DACIE.

Fritigern (en gotique Frithugairns), mort vers 380, est un chef Wisigoth, roi des Wisigoths à la fin des années 370, à l'époque de l'installation de ce peuple dans l'Empire Romain et de la bataille d'Andrinople (378).
Depuis 332, les Thervingues, branche occidentale du peuple Goth, sont installés dans l'ancienne province Romaine de Dacie, au nord du Danube, avec un traité de fédération conclu avec l'empereur Constantin.

À partir des années 340, les Thervingues sont évangélisés par l'évêque des Goths Wulfila, qui promeut l'hérésie arienne.

Vers 370, le roi des Thervingues paraît être Athanaric, qui reste attaché à la religion païenne et persécute les convertis.
On connait peu de choses sur le duc Fritigern, c'est un noble Goth converti à l'arianisme. Il entre dans l'histoire vers 370 aux côtés d'Athanaric. A la même
époque, un parti des Goths, opposants à Athanaric, se forme sous la direction de Fritigern. Il est soutenu par l'empereur d'Orient Valens, qui envoie des troupes pour le soutenir. Pour le remercier de son soutien, Fritigern se convertit à la religion de l'empereur, l'Arianisme ainsi que nombre de ces soldats.

En 376, les Thervingues sont menacés par les Huns, qui ont déjà soumis les Ostrogoths dans les années précédentes, sachant que les Huns n'ont pas les moyens de traverser massivement le Danube, les Thervingues de Fritigern demandent à Valens l'autorisation de traverser le fleuve et de s'établir en territoire Romain.
En revanche, Athanaric préfère se réfugier dans les Carpathes avec le reste du peuple.
Valens accepte de laisser entrer Fritigern et ses partisans. Durant l'automne 376, ils traversent le Danube et sont établis dans la province de Mésie. En retour, Fritigern doit fournir des mercenaires pour l'armée Romaine.

Cependant les chefs Romains Lupicinus et Maximus les maltraitent, ils sont frappés par une famine et les Romains en profitent en leur vendant de la viande à prix fort, obligeant les Goths à vendre leurs enfants comme esclaves...

En 377, un incident se produit à Marcianopolis les Romains interdisent l'accès du marché aux Goths qui s'agitent... A ce moment-là, Lupicinus reçoit à sa table Fritigern et Alavivus.
Face à la nouvelle d'un début de révolte gothique, il fait massacrer leurs gardes du corps et s’apprête à les tuer... Fritigern le convainc de le laisser en vie car lui seul peut apaiser la colère de ses compagnons, et échappe à la mort mais on ne sait pas s'il essaie de calmer les goths.
En tous les cas, il dirige la révolte qui se déclenche, ses troupes battent celles de Lupicinus.
Fritigern et ses guerriers entrent dans la province voisine de Thrace qu'ils commencent à ravager. Ils sont rejoints par des esclaves Goths, nombreux dans la région, les ouvriers des mines qui subissent une forte fiscalité, ceux des arsenaux d’État, et les affranchis. Mais d'autres Goths installés depuis longtemps dans la région les rejoignent aussi, ainsi que des Greuthungues qui ont profité des troubles pour traverser le Danube et d'autres bandes barbares taïfales, Alains ou Huns.
ATTHANARIC ET SON PEUPLE SE RETIRANT DE CONSTANTINOPLE

Cette armée de Barbares d'origines diverses, ces Wisigoths ne semblent pas être un seul et même peuple mais plutôt un regroupement de bandes ayant un objectif commun.
Une bataille a lieu « ad salices » (lieu qui porte à discussion) qui permet aux Romains de contenir cette troupe disparate en Mésie et Scythie.
Fritigern s'allie avec les chefs des Greuthungues Alatheus et Safrax et leur puissante cavalerie, ils traversent alors les Balkans et se répandent dans toute la Thrace sans rencontrer de grande opposition.
Valens réunit une armée, la rencontre avec les Wisigoths a lieu le 9 août 378 près de la ville d'Andrinople.

L'empereur Valens marche sur la Thrace, à la tête d'une armée importante (quelque 15 000 à 20 000 hommes selon les estimations les plus crédibles) réunissant toutes les troupes encore disponibles en Orient. Son neveu Gratien doit l'appuyer par le Nord, mais il doit d'abord faire campagne contre les Alamans de l'autre côté du Rhin, ce qui retarde son arrivée. Fritigern envoie des lettres secrètes à l'Empereur Valens pour tenter d'éviter l'affrontement, attendant le retour de la cavalerie Greuthungue sur le champ de bataille.
La première lettre propose la paix contre une installation des Goths en Thrace en jouissant du bétail et des récoltes de la province avec le statut de fédéré, la seconde propose aux Romains de faire une démonstration de force pour impressionner les Goths.
Néanmoins, Valens décide d'attaquer au matin du 9 août 378 à Andrinople. Les informations dont il dispose font état d'une troupe Gothe de seulement 10 000 hommes.
Pourtant, quand Valens arrive sur les lieux, il se heurte à une armée plus importante, retranchée derrière un redoutable cercle de chariots.
Une négociation est engagée par un groupe de Goths pour trouver une solution pacifique, mais elle est refusée car ce ne sont pas des personnages de haut rang.
Fritigern ne semble pas à l'origine de cette ambassade, cependant les Romains décident d'envoyer le comte Richomer comme otage pour tenter une nouvelle discussion, interrompue par deux unités Romaines indisciplinées qui donnent inopinément l'assaut, entraînant le reste des troupes.
Les Goths résistent si bien qu'ils obligent les Romains à reformer leurs rangs. Ils se lancent à nouveau à l'assaut du cercle de chariots fortifié. C'est à ce moment que la cavalerie Greuthungue, revenant du ravitaillement, entre dans la bataille, tandis que Fritigern tente une sortie.
Les Romains sont pris en étau. Une attaque de leur aile gauche se brise sur la cavalerie. C'est alors la débandade dans la cavalerie et la réserve tactique de l'armée Romaine. Les deux tiers des légionnaires, l'empereur Valens et la quasi-totalité des généraux et officiers de l'état major trouvent la mort dans cette bataille... Les unités les plus combatives de l'armée Romaine d'Orient sont décimées. À la suite de leur victoire éclatante, les Goths élisent Fritigern roi des Wisigoths et deviennent la principale puissance dans les Balkans.

La bataille d'Andrinople est importante parce que les Romains sont gravement battus, l'empereur et un grand nombre d'officiers de haut rang étant tués. C'est un revers grave, mais pas décisif, Valens est remplacé par Théodose, qui poursuit la guerre contre Fritigern en s'alliant avec Modares, chef Goth nicéen qu'il nomme commandant de l'armée de Thrace... Les deux années suivantes Fritigern continue sa guerre contre les Romains avec plus ou moins de réussite, gagnant ainsi la reconnaissance de la plupart des Wisigoths de l'empire. La guerre prend fin en 382 par un nouveau traité de fédération qui installe de nouveau les Wisigoths en Mésie.

La date de la mort de Fritigern n'est pas clairement établie, elle se produit probablement avant le traité de 382.
Athanaric réapparaît vers cette époque, probablement après la mort de Fritigern, et s'installe à Constantinople où il meurt un peu plus tard.
Pavan (Massimiliano), La politica gotica di Teodosio nella pubblicita del suo tempo, in-8°, 81 pages, Rome, 1964.
En 380, Fritigern descend la vallée du Vardar avec sa troupe et se dirige sur la Grèce et la Thessalie. Toute la région est dévastée sans que Théodose, privé de forces suffisantes, fasse la moindre opposition pendant 2 ans. Il finit par conclure avec les envahisseurs un traité d'alliance qui leur accorde le droit de s'installer entre le Danube et les Balkans comme nation indépendante associée à l'empire, soumise à ses chefs naturels et exempte d'impôts, les hommes servent comme fédérés sous leurs propres chefs, quant aux Romains, peu nombreux, restés dans le pays, ils continuaient à obéir aux lois Romaines.
Au début de 381, on loue sa tendance à l'inertie, approuvant qu'il appelle les Barbares qu'il n'a pu vaincre.
Lorsque Athanaric, adversaire de Fritigern, est reçu avec honneur à Constantinople, il vante l'empereur qui a su apprivoiser les Barbares en leur faisant admirer la civilisation Romaine (Orat. XV).

Après le traité de 382, il se félicite de la paix; elle est tout à l'honneur de l'empereur qui a su la conclure sans avoir besoin d'employer la force : « Valait-il mieux remplir la Thrace de cadavres que de paysans ? » II compare cet acte à celui de Jovien abandonnant une partie du territoire Romain à la mort de Julien (Orat. XVI).
A cette date, il a félicité Jovien de cet abandon (Orat. V).
Au printemps de 384, il exalte Théodose pour avoir associé la philosophie au pouvoir, il met au premier plan le culte de la philosophie et de la vertu (Orat. XVII).
Themistius revient à la même idée dans d'autres discours. Ses théories sont celles d'un intellectuel nourri dans l'amour de l'antiquité et devenu panégyriste officiel. Elles sont si vivement combattues qu'il croit bon d'identifier sa cause avec celle de l'empereur (Orat. XXXIV).
Le rhéteur Libanius se montre tout d'abord opposé à toute démission de l'empire.

En 379, il exhorte Théodose à venger la mort de Julien et critique la conduite de Jovien (Orat. XXIV).
Mais plus tard, en 391 ou 392, il rappelle les mérites de la politique de Théodose vis-à-vis des Goths (Orat. XLVII).
Il a donc très probablement partagé l'enthousiasme de Thémistius...
Ammien Marcellin accuse justement les généraux Lupicinus et Maxime d'avoir « étendu l'incendie » en 376 en affamant les Goths réfugiés. Il reconnaît que la paix était devenue nécessaire au moment où elle est conclue, mais il veut que l'empire rétablisse ses frontières. S'il approuve le traité de 382, c'est surtout parce que c'est une concession de l'empire aux demandes réitérées des Barbares et donc une preuve de sa magnanimité.

M. Pavan expose longuement les idées émises par les différents auteurs et fait la critique de certains textes qui paraissent volontairement obscurs. Il tient aussi compte des réticences que l'on observe dans les discours officiels.
En résumé, il semble que l'opinion publique se rend bien compte des graves difficultés que rencontre l'empire et de la nécessité de traiter avec les Goths pour obtenir enfin la paix qui met fin aux dévastations. Après le désastre de 378, l'armée est réduite à de faibles contingents étrangers sur lesquels on ne peut guère compter pour redresser la situation. Cela ne suffit pas cependant à excuser la faiblesse de Théodose.
R. Janin.

La destruction de la Dacie
HABITAT WISIGOTH EN DACIE
L’histoire universelle de l’Antiquité et l’histoire de la Dacie telle que nous venons de la retracer nous renseignent amplement sur les attaques que les Carps, les Goths et les Gépides lancent, entre 238 et 270, contre les provinces Romaines situées au nord et au sud du Bas-Danube.
A la suite de ces attaques, la situation de la Dacia Superior ne tarde pas à devenir critique. A de rares exceptions près, les garnisons stationnant sur la frontière Romaine de Transylvanie y restent jusqu’à la fin du règne commun de Philippe Ier et Philippe II (249), mais on y en trouve encore quelques-unes pendant le règne de Decius (249-251).

Le limes Romain en Transylvanie a été mis sur pied par une grande puissance expansionniste dans la plénitude de sa force et sûre d’elle-même.
L’Empire néglige de bloquer les défilés et les cols (à l’exception du col de Vöröstorony) et se contente de les surveiller depuis une chaîne de postes impropres à la défense, le massif de Lápos, au nord, les monts Kelemen et Görgény et le Hargita à l’est, les monts de Fogaras et de Brassó et les monts de Bereck au sud sont un no man’s land.
La Dacie Transylvaine est comme un immense théâtre antique dont Rome cède les entrées et les tribunes à un public de Barbares et ne se réserve que la scène.
Les camps (plus tard, les places fortes des troupes auxiliaires) se constituent dans les plaines situées entre les montagnes et, en raison des difficultés de transport, le long ou dans la proximité des cours d’eau, sur des collines basses, sur les versants des vallées qui permettent une bonne surveillance des plateaux situés à l’intérieur des montagnes et des cols... Autrement dit, Rome se contente d’user de cet immense anneau de défense naturel qui (contrairement à une vieille opinion qui trouve quelque crédit même auprès de certains historiens modernes) n'a jamais constitué, une ceinture de protection valable pour la Dacie Transylvaine.

Les bâtiments des forteresses militaires qui s’élèvent à l’intérieur des murs de pierre ayant, par endroit, survécu jusqu’à l’époque moderne, tombent rapidement en ruines, à l’emplacement de la résidence du commandant de la légion de Potaissa, il y a, déjà au tournant du IVe et du Ve siècles, la tombe d’un Barbare de l’Est.
Les foyers, villas, métairies des anciens représentants de la « Romanisation » disparaissent au point qu’en certains endroits, ainsi par exemple à Palatka, les Goths du IVe siècle n’hésitent pas à y enterrer leurs morts.
La seule possibilité de survivre, pour une population présumée « romanisée », a été de se défendre en se retirant dans des forteresses et des sites fortifiés construits à la hâte dans les montagnes, c’est ce que doit faire une partie de la population vivant à l’intérieur de l’Empire, dans les Balkans aussi bien qu’au cœur de la Pannonie, sur les collines d’Eifel-Hunsrück, entre le Rhin et la Moselle et, plus à l’ouest, dans les Ardennes.
Les conditions naturelles en sont données en Dacie Transylvaine également et elles sont même plus favorables qu’ailleurs.
Néanmoins on ne trouve, en Transylvanie, aucune trace d’un site, refuge ou cachette datant du Bas-Empire.
L’ « autodéfense », si souvent alléguée, n’a en réalité pas de bases concrètes.
Aucune source écrite de l’époque du Bas-Empire ou du Moyen Âge ne fait mention d’une population Romaine « survivante » en Dacie Transylvaine. Les noms des villes, agglomérations, places-fortes Romaines de jadis se sont tous perdus et aucune langue, aucune source ne les a transmis au Moyen Âge. Ce qui s’est conservé, ce sont des noms dont l’origine linguistique est inconnue et qui, pour les Romains eux-mêmes, constituent un héritage préhistorique, tels que les appellations de quelques rivières, comme Temes, Maros, Körös, Szamos et Olt. C’est l’époque pré-romaine qui a légué à la postérité les noms des rivières Ampelus-Ompoly et Tierna-Cserna et, en ce qui concerne le nom de rivière Aranyos, qui est venu de l’iranien dans le hongrois, les mines d’or (aureus/arany) fournissent une explication évidente au nom Hongrois, tout comme à sa variante slave (Zalatna, qui provient de zlato = or)...

Assaillie par l’armée de l’empereur Valens, en 364 et 369, l’armée Gothe du roi Athanaric se retire derrière les Serrorum montes (les Carpates du Sud-Est) puis, en 376, elle fuit devant les Huns en Caucalanda.
L’occupation de la Dacie Transylvaine par les Goths est, selon le témoignage des sources romaines contemporaines, un fait acquis qui ne demande pas à être prouvé. La littérature géographique des Ve et VIe siècles, lorsqu’elle traite de l’histoire des IIIe et IVe siècles, appelle uniformément la Dacie : Gothia. Ainsi Orose, au IVe siècle : « Dacia ubi est Gothia »... La Dacie est là où est maintenant la Gothia.

L’archéologie a pu identifier les Wisigoths pour la première fois vers 1906, à partir des matériaux retrouvés au cimetière de Marosszentanna. Le spécialiste qui joue un rôle décisif dans ce travail, Béla Pósta, professeur d’archéologie à Kolozsvár, a pu personnellement visiter, au cours de ses voyages d’étude en Russie, les cimetières alors découverts (mais encore non publiés) dans la province de Kiev (Tcherniakhov, Romachki), et reconnaître le premier leur surprenante parenté avec le cimetière de Transylvanie, ainsi que l’arrière-plan historique où cette parenté trouve son origine.
Grâce aux travaux d’István Kovács, son élève, ses conclusions ont été généralement diffusées et reconnues, de sorte que la dénomination collective de la culture Gothe-Germanique Orientale des IIIe et IVe siècles est aujourd’hui : Civilisation de Tcherniakhov-Marosszentanna/Sîntana de Mureş.
Tout comme les Germains dans leur ensemble, les Goths de la haute époque impériale incinèrent leurs morts. Ce rite, qui caractérise leur ethnie et leur origine, survit jusqu’aux IIIe et IVe siècles. Toutefois, sous l’influence de la civilisation méditerranéenne et du christianisme, la coutume de l’enterrement des morts se répand de plus en plus et l’incinération se fait rare.

A partir de l’époque des grandes campagnes et des conquêtes, le pouvoir effectif passe entre les mains des chefs militaires et de leur escorte. Le terme de reiks (basiliskos, regulus), titre du chef militaire est, à partir des IIIe et IVe siècles, souvent attesté dans les noms composés (Geberic, Aoric, Ariaric, Munderic, etc.), et notamment dans celui d’Athanaric, le chef Wisigoth le plus prestigieux du siècle.
Le titre iudex attribué à Athanaricus signifie, déjà en bas latin, gouverneur (lieutenant, chef suprême) et, vu son rôle, son activité et l’autorité dont il jouit, il ne peut faire aucun doute que son épithète iudex potentissimus – le juge le plus puissant – est l’équivalent du thiudans goth. Les reiks s’appuient sur la couche des maistans (optimates-megistanes), c’est-à-dire des seigneurs des domaines et manoirs (gards), dont ils sont eux-mêmes issus. Le pouvoir de cette couche s’appuie sur une suite plus ou moins nombreuse, composée de guerriers professionnels. Au IVe siècle, la société des Wisigoths libres (freis) était déjà fortement articulée. A côté des pauvres, on trouve une couche nombreuse de serviteurs et d’esclaves.

Jusqu’à ces derniers temps, l’historiographie a porté un jugement tout aussi sévère sur le christianisme des Goths d’avant 376 que les Romains qui sont surtout frappés par l'aspect de leurs prêtres et prêtresses aux costumes bizarres, par les sanctuaires des clans remplis d’insignes religieux barbares, par leurs grossières idoles transportées en char ainsi que par la voiture sacrée tirée par des cerfs. Les tentatives de christianisation sont, récemment encore, considérées comme des actions isolées ayant touché – et encore seulement de façon transitoire – les seuls prisonniers romains entraînés par des Goths, ou l’ancienne population romaine assujettie et, à la rigueur, les couches inférieures de la population Gothe. L’archéologie se montre encore plus sévère: pour admettre l’évangélisation des Goths, elle recherche des preuves matérielles du christianisme dans les sépultures gothes alors qu’on sait qu’avant 376, des preuves de ce genre {f-79.} sont rarissimes même dans les provinces limitrophes de l’Empire. On les cherche en vain certes, mais il faut tout de même noter que, dans de nombreux cimetières Wisigoths postérieurs au milieu du IVe siècle (par ex. à Marosszentanna), les aliments et boissons déposés dans la tombe deviennent rares ou disparaissent complètement tandis que les tombes orientées vers l’est et les mains jointes des morts sont de plus en plus fréquemment attestées. Or, ce sont là les critères rituels du christianisme du IVe siècle également pratiqués dans les provinces Romaines.
Entre 369 et 372, c’est par la persécution des chrétiens qu’Athanaric cherche à écarter la responsabilité et à détourner l’attention de l’échec militaire des « puissants » ayant essuyé, en 367 et 369, des défaites de la part des Romains. Une communauté chrétienne constituée de quelques prisonniers de guerre et de quelques paysans Goths n’aurait certainement par mérité une campagne de plusieurs années qui dote l’Église catholique et l’arianisme d’un grand nombre de martyrs de nom Goth.

ATHANARIC
En fait, les différentes missions chrétiennes (catholiques, sectaires, ariennes) avaient déjà afflué à la suite de la paix imposée aux Goths après la victoire romaine de 332, sur le territoire occupé par les Goths. Selon le témoignage de la Bible de Vulfila, ce sont les Ariens qui édifient l’Église chrétienne de langue gothe avec le plus de succès. Au moment de la première persécution (347-348), on compte déjà un nombre considérable de Goths christianisés et, à partir de cette époque, l’histoire du christianisme Goth peut être suivie de façon continue jusqu’au martyre de Saba (372) ou jusqu’en 378, année où le chef christianisé Fritigern envoie un chrétien en mission auprès de l’empereur Valens.
Les nouvelles recherches internationales approfondies ont abandonné l’idée ancienne que les Goths n’adoptent le christianisme arien qu’après 382 et seulement sur le territoire de l’Empire, et reconnaissent qu’en 376, la majorité des Goths qui pénètrent dans l’Empire sont membres de l’Église chrétienne d’Arius.
Compte tenu de ce qui vient d’être dit, les quelques lampes à huile paléochrétiennes mises au jour sur le territoire de la Transylvanie, ainsi que le donarium (tablette votive) découvert en 1775 à Berethalom, portant l’inscription « Zenovivs » et muni d’un pendentif en forme de chrisme, ne peut être considéré comme la preuve d’une quelconque présence « romaine » en Transylvanie. Le donarium de Berethalom est en réalité fabriqué quelque part en Illyrie à l’intention d’un aristocrate, pour faire ultérieurement partie, avec les vases de bronze qui l’accompagnent, de l’équipement d’un prêtre envoyé en mission. Le sermon chrétien s’adresse à tous et sa pratique n’est nullement attachée, au IVe siècle, à une population Romaine ou romanisée.

Après que les Huns aient écrasé l’empire Ostrogoth d’Ermanaric, ils se sont tournés contre les Wisigoths. Athanaric a cru pouvoir rencontrer l’ennemi en se cantonnant dans une position retranchée au bord du Dniestr et songe même à s’assurer contre toute attaque inattendue par une avant-garde. Les Huns réussirent cependant, grâce à une brillante tactique nomade, à passer dans le dos de l’avant-garde, à franchir le fleuve dans l’obscurité et, à l’aube, ils lancent une attaque inattendue contre l’armée d’Athanaric qui ne peut leur résister.

Le résultat est connu : La majorité des Wisigoths conduits par Fritigern et Alavivus demande asile (receptio) à l’empereur Valens, maître de la {f-80.} partie est de l’Empire (automne 376), tandis qu’Athanaric et sa suite se replient vers la Transylvanie, la Caucalandensis locus.
A la fin de 380, Athanaric se voit toutefois contraint de se réfugier avec les siens sur le territoire de l’Empire d’Orient. C’est ainsi que se termine, en Transylvanie et sur l’ensemble du territoire de la Gothie, le règne des Wisigoths.
La catastrophe et le départ des Goths sont attestés par de nombreux trésors enfouis sous la terre, parmi lesquels deux grandes garnitures d’or, des barres d’or romaines marquées de sceaux d’État de 367-375 (à Kraszna), et de 376-380 (à Földvár).

Les Goths n'ont su que faire du mode de vie Romaine, pas plus d’ailleurs que les Alamans qui, à la même époque, viennent occuper les agri decumates et la Rhétie Occidentale, entre le Rhin, le Neckar et le Danube. L’étendue de cette terre, comprise entre les riches provinces Rhénanes et Danubiennes, ne sont pas moindre que celle de la Dacie transylvaine effectivement occupée par les Romains. Après la conquête Alamane, les forteresses et les agglomérations abandonnées sont envahies par la forêt, à la suite de quoi les Germains, qui cherchent uniquement des terres cultivables et des pâturages, ne conservent pas leurs noms antiques. Le peu qui reste de la population « Romaine » antérieure se fond dans la masse des conquérants. Ce parallèle laisse supposer avec une grande vraisemblance le sort de la Dacie Romaine.



Qwika - Fritigern
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Fritigern. Fritigern (mort ), de Visigoths (369-380), était un de l'en avant ... La crise a continué dans 378, et dessus de cette année, Fritigern a vengé la défaite de ...

hommes de la forêt». Les Goths en Transylvanie (271-380) - MEK
mek.oszk.hu/02100/02114/html/24.html
Dès les années 160 à 170, ce système s'avéra impropre à répondre à sa fonction et, .... la domination des Goths, 4 – monnaies et trésors goths enfouis entre 376-380, ..... Le résultat est connu: la majorité des Wisigoths conduits par Fritigern et ...

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