mardi 29 mars 2016

EN RREMONTANT LE TEMPS... 414


21 MARS 2016...

Cette page concerne l'année 414 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LE PHILOSOPHE SYNESIOS.

SYNESIOS DE CYRENE
Synésios de Cyrène, en grec ancien Συνέσιος, v. 370 - v. 414, est un évêque de Ptolémaïs (Cyrénaïque), épistolier, philosophe Grec néoplatonicien, de l'école néoplatonicienne d'Alexandrie.
Né vers 370 à Cyrène dans la Pentapole (AU nord de la Libye actuelle) de riches parents Grecs qui prétendent être descendants des rois de Sparte. Il est éduqué à Alexandrie avec son frère Euoptios et y suit notamment les enseignements d'Hypatie. Il lui reste attaché jusqu'à la fin de sa vie, entretenant une correspondance assidue avec elle.
Il adopte à ce moment la philosophie néoplatonicienne. Par ailleurs, il est l'ami de Théophile, patriarche d'Alexandrie et soutient la candidature du neveu de ce dernier, Cyrille d'Alexandrie, au patriarcat.
Il retourne dans la Pentapole y assurant plusieurs fonctions officielles dont des fonctions militaires.

En 399, envoyé en ambassade auprès du nouvel empereur de Constantinople, Arcadius, chargé d'obtenir une diminution des charges pour la Pentapole. Son séjour dans la capitale de l'Empire et aux alentours dure 3 ou 4 ans.
À son retour, avec la bénédiction du patriarche Théophile, il épouse une chrétienne d'Alexandrie dont il a 4 enfants, qui tous mourront avant lui...
De retour en Libye, il est pressenti pour le siège épiscopal de Ptolémaïs alors que n'étant encore que catéchumène (ce qui est aussi le cas d'Ambroise de Milan). Malgré ses scrupules, il finit par accepter, sans toutefois renier ses convictions néoplatoniciennes, ni son mode de vie. Ses écrits témoignent de l'évolution de sa pensée.
La date de sa mort reste inconnue, elle est généralement estimée aux alentours de 414 parce qu'il ne semble pas avoir été au courant de la mort d'Hypatie, survenue en 415...

Synésios a beaucoup écrit durant sa vie. Nous conservons de lui :
Catastasis : description de la fin de la Cyrénaïque Romaine Correspondance (157 lettres) (Epistolae, éd. par A. Garzya, Rome, 1979), trad. A. Garzya et D. Roques, Les Belles Lettres, coll. des Universités de France, CXLVII-484 p. Dion (Dio), in Synesii Cyrenensis opuscula, Rome, 1944) : Il discute de l'interdépendance de la religion, la philosophie et la culture de l'Éloge de la calvitie (Calvitii encomium, in Synesii Cyrenensis opuscula, édité par N. Terzaghi, Rome, 1944) : C'est un exercice de rhétorique Hymnes (10 hymnes) et fragments d'homélies (Hymni, éd. par N. Terzaghi, Rome, 1939) ; trad. Ch. Lacombrade, Les Belles Lettres, coll. des Universités de France, 1978, XLIX-201 p. Opuscules, Les Belles Lettres, 4 t.
De la Providence (De providentia) ou Aegyptii, in Synesii Cyrenensis opuscula, Rome, 1944.
De la royauté (De regno)
Des songes (Περὶ Ἐνυπνίων) : Synésios considère les songes comme le plus utile et le plus commode de tous les modes de divination ; selon lui, tous les songes sont vrais, à condition d'apprendre à les déchiffrer avec une éducation personnelle

Il est possible que Synésios de Cyrène et Synésios l'Alchimiste soient une seule et même personne.
L’ÉCOLE D'ALEXANDRIE.
Le Synésios alchimiste fait partie des commentateurs alchimistes, avec Olympiodore l'Alchimiste (peut-être identique à Olympiodore le Jeune, scolarque de l'école néoplatonicienne d'Alexandrie en 541), Étienne d'Alexandrie (actif vers 620).
On trouve son livre De l'œuvre des philosophes dans W. Salmon, Bibliothèque des philosophes chimistes, 1672, t. II ; son Dialogue sur Démocrite dans le Catalogue des Anciens Alchimistes Grecs (CAG), t. II p. 56-69.
Certains historiens situent Synésios l'Alchimiste vers 380.

Parmi les nombreux problèmes de chronologie que pose la correspondance de Synésios, l'un surtout a retenu l'attention et excité la sagacité des érudits qui se sont attachés à mieux comprendre la vie et l'évolution spirituelle du Cyrénéen : celui que pose la lettre. Adressée à son frère Euoptios, elle relate, avec humour et force détails, les péripéties d'un voyage maritime qui conduit Synésios d'Alexandrie à Cyrène. De ce voyage on ignore la date et les motifs, mais diverses indications calendaires permettent néanmoins de formuler des hypothèses, qu'on a souvent voulu transformer en certitudes, au gré des chronologies que l'on croyait discerner dans la Correspondance.
Or, on ne dispose, pour dater les quelque 160 lettres de Synésios, réparties sur une quinzaine d'années, que de 2 ou 3 indications historiquement indubitables :
La durée du voyage de Synésios à Constantinople
La date du commencement des raids libyques
Celle de la Cataslase I.
On mesure donc l'intérêt que peut éventuellement offrir un indice chronologique supplémentaire : Il permet une meilleure répartition des lettres et une meilleure connaissance de l'œuvre et de l'homme.
La nécessité d'une telle recherche n'a pas échappé aux éditeurs ou traducteurs de Synésios et aux historiens du Bas-Empire.
Le Père Pétau, dans son édition de 1612, reprend les notes et assigne à ce voyage la date de septembre 410.
Au siècle suivant, Le Nain de Tillemont, contestant les calculs de Pétau. opte pour la fin août, mais hésite sur l'année : 396, 402 ou 413. Dans ses Éludes sur la vie et les œuvres de Synésios, puis dans ses Œuvres de Synésios, H. Druon à son tour réfute son prédécesseur et propose la date de mai 397...

En 1894, 0. Seeck, puis, en 1913, Grützmacher, se décident pour janvier 404.
Hermelin, reprenant la question quelques années plus tard, corrige les supputations de ses précurseurs, mais conclut à une impossibilité de datation. Tout en adoptant ses remarques, Ghr. Lacombrade fixe assez arbitrairement à la lettre 4 la date de 402, mais se refuse à s'engager dans la discussion.
Enfin, tout récemment, J. Vogt a proposé d'attribuer à la lettre la date de mai 401.
Faut-il alors refuser, comme Lapatz de s'engager dans cette « mêlée d'érudits » et se résigner à l'ignorance, voisine, en l’occurrence, de la paresse et de la facilité ?
On voudrait ici reprendre la question en tenant compte des observations pertinentes de I. Hermelin et en tentant d'intégrer la lettre 4 dans l'ensemble de la Correspondance et, plus particulièrement, dans la série des lettres que Synésios a adressées à Pylémène, l'un de ses amis de Constantinople.
Le problème, on le verra, n'est pas insoluble, pourvu qu'on tienne compte de toutes les données on espère du moins clore ici une polémique vieille de plus de trois siècles et montrer que le retour de Synésios doit être daté du mois d'octobre 407...

Au début de la lettre 4, Synésios expose à son frère Euoptios, évidemment resté à Alexandrie, que ce voyage de retour a fort mal commencé :
« Ayant levé l'ancre du Bendideion au petit matin, nous avons difficilement, peu après midi, doublé la « Fourmi » de Pharos »...
« Alors il nous est encore possible de rester en vie : Maintenant nous nous livrons à un concert de lamentations sur des rivages déserts, lançant des regards pour voir Alexandrie, autant que possible, et notre mère Cyrène... Nous avions l'une, nous l'avons quittée, l'autre, nous ne pouvons la trouver, alors que nous avons vu et vécu des scènes inattendues même en songe ».
Entre ce départ difficultueux et l'arrivée dans un pays désolé de Marmarique. plusieurs jours se sont écoulés au cours desquels le navire, l'équipage et ses passagers ont connu des fortunes diverses.
Le jour du départ, le navire passe le cap où est édifié le temple de Poséidon, fait voile droit sur Taphosiris, puis, pour éviter les écueils, gagne la haute mer en empruntant une route maritime qui n'est pas celle de la Libye.
Le vent du nord, qui s'est levé, rend la mer moins étale et le bateau donne de la gîte. Les passagers, inquiets, protestent et critiquent le capitaine juif Amarante, sommé de s'expliquer. « Et nous, nous acceptions ses explications, tant qu'il fait jour et qu'il n'y a pas encore de danger... Mais commence la nuit avec l'incessant accroissement de la houle ».
Or on est au jour « que les Juifs appellent la Parascève », c'est-à-dire vendredi. « Ils comptent la nuit avec le jour qui la suit, durant lequel il est interdit à quiconque de pratiquer une activité manuelle, au contraire, ils l'honorent particulièrement en s'interdisant toute activité.
Le pilote abandonne donc le gouvernail aussitôt que, le soleil a quitté la terre ».

Dans cette nuit du vendredi au samedi, alors que la tempête redouble, le navire vogue au gré des flots. A bord, la panique gagne, on crie, on jure, on se lamente, on se prépare à mourir... De surcroît, on craint d'être drossé à la côte durant la nuit.
Par bonheur, « le jour devance cette crainte et nous voyons le soleil avec peut-être plus de plaisir que jamais. Le vent s'apaise à mesure que l'air devient plus chaud. La disparition de l'humidité nous permet de nous servir des cordages et de manœuvrer la voile. Nous ne pouvions y substituer une autre voile de rechange : elle a été mise en gage. Nous la remontons comme les plis d'une tunique. Et, avant que 4 heures se soient écoulées, nous abordons, après nous être attendu à la mort, au fin fond d'un désert absolu... Dans le voisinage, ni cité, ni culture, les cultures, on les a laissées derrière à 130 stades environ. Quant au navire, il mouille sur une seule ancre. La seconde a été vendue... Et, pour la troisième, Amarante n'en a pas acquis... ».
« Nous restons là deux jours » «jusqu'à ce que la mer ait perdu de sa force... Puis nous levons l'ancre dès le point du jour et nous naviguons avec le vent en poupe toute la journée et la journée suivante... Elle arrive déjà à son terme quand le vent nous quitte : Nous en sommes contrariés. Mais nous allons bientôt regretter la bonace ».
« C'était le 13 du mois finissant : Si grand est le danger qui nous menace, puisque concourent au même effet la conjonction synodique des astres et les fameux coups du sort en qui jamais personne, dit-on, n'a confiance au cours d'une navigation, et alors qu'il nous faut trouver un port, que nous ne nous sommes pas aperçus que nous avions regagné à toute vitesse la haute mer... Celle-ci commence à s'agiter sous l'effet des vents du Nord, il pleut beaucoup la nuit de la conjonction synodique.
Ensuite les vents se déchaînent et la mer devient houleuse. »
Dans le navire, on essaie de lutter contre le vent. La vergue se brise et manque tuer des passagers. La voile n'est plus maniable. Cela sauve le navire, qui n'aurait pu autrement résister à la violence du vent...
« Nous apaisons de la sorte, contre toute attente, le désir insatiable du souffle violent nous sommes emportés ainsi un jour et une nuit de suite.
Nous sommes déjà au deuxième chant du coq quand nous donnons, à notre insu, sur une petite pointe rocheuse qui forme comme une mince presqu'île. »...
Dans la liesse générale apparaît « vers le point du jour » un homme vêtu en paysan qui indique au capitaine Amarante les écueils et conduit le navire dans
« un petit port charmant », situé à 50 stades au plus et qu'on appelle Azarion. Comme les vivres viennent à manquer, les passagers se mettent à pêcher : C'est à cette occupation qu'ils s'adonnent lorsque Synésios, 6 jours après son arrivée à Azarion, rédige à l'intention de son frère la narration circonstanciée de ce voyage mouvementé.
Ce sont là toutes les indications chronologiques fournies par Synésios. Le voyage a commencé un vendredi, dans la nuit du vendredi au samedi, le navire, que son capitaine ne dirige plus, se laisse conduire par les flots et les vents. Au lever du soleil, donc le samedi matin, on fait le point, on répare et, on accoste. Après deux jours consécutifs d'arrêt, soit le lundi matin ou le mardi matin, au lever du soleil, on repart. 2 jours durant, soit, donc, lundi-mardi ou mardi-mercredi, le navire a le vent en poupe. Au soir de cette seconde journée, soit mardi ou mercredi soir, qui tombe « le 13 du mois finissant ». le vent tombe... Mais dans la nuit suivante a lieu une conjonction synodale, c'est-à-dire la Nouvelle Lune, accompagnée de mouvements de houle et de pluies.
Le lendemain et la nuit suivante le navire est de nouveau livré aux éléments. Enfin le jour suivant on touche terre à Azarion.
Le jour où Synésios écrit sa lettre : « le septième » après l'arrivée à Azarion est donc soit un mercredi, soit un jeudi.
Parti un vendredi, le navire se trouve par conséquent, presque 2 semaines plus tard, encore dans le désert de Marmarique, à distance encore considérable de Cyrène. On mesure la longueur extraordinaire de ce voyage lorsqu'on apprend, par Synésios lui-même, qu'il faut « 5 jours, par vent normal mais toujours arrière », pour aller de Phycous, le port de Cyrène à l'époque de Synésios, à Alexandrie.

Ing. Hermelin a suggéré une autre interprétation, non plus météorologique, mais astrologique. Elle relève l'expression du nombre 13 qui figure dans la date donnée par Synésios (« le 13 du mois finissant ») et estime que, conformément à une tradition déjà en vigueur chez les Grecs et qui fait du 13 un nombre maléfique, désigne les méfaits du sort particulièrement redoutables le 13 du mois.

L’Hymne de Synésius de Cyrène « Souviens-Toi, ô Christ, du malheureux coupable qui composa ces hymnes » :

« Souviens-Toi, ô Christ, fils du Dieu qui règne dans le ciel, souviens-Toi de ton serviteur, du malheureux coupable qui composa ces hymnes !
Et accorde-moi d'être libéré de ces passions qui nourrissent la mort, et qui sont implantées dans mon âme impure. Donne-moi de voir, ô Sauveur Jésus, ta divine Gloire !
A partir du moment où Elle m'apparaîtra, j'entonnerai un chant au Médecin des âmes, au Médecin des corps, en m'adressant aussi au Père suprême et à l'Esprit-Saint. Amen. »



Synésios de Cyrène — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Synésios_de_Cyrène
Synésios de Cyrène, en grec ancien Συνέσιος, v. 370 - v. 414, est un évêque de Ptolémaïs (Cyrénaïque), épistolier, philosophe grec néoplatonicien, de l'école ...
Termes manquants : année

La lettre 4 de Synésios de Cyrène - Persée
www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_1977_num_90_430_4158
de D Roques - ‎1977 - ‎Cité 2 fois - ‎Autres articles
La lettre 4 de Synésios de Cyrène (retour d'Alexandrie) a été diversement ... cent-soixante lettres de Synésios, réparties sur une quinzaine d'années, que de ..... 21 août 396 ; du 1er juillet 398 ; du 14 août 402 ; du 30 août 406 ; du 4 juin 414.

Hymne de Synésius de Cyrène - Site-Catholique.fr
site-catholique.fr/index.php?post/Hymne-de-Synesius-de-Cyrene-au...
Voici l'Hymne « Souviens-Toi, ô Christ, du malheureux coupable qui composa ces hymnes » de Synésius de Cyrène (370-414), Philosophe neo-platonicien et ...
Termes manquants : année

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