mardi 22 mars 2016

EN REMONTAN T LE TEMPS... 422

14 MARS 2016...

Cette page concerne l'année 422 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

RECUPERATIONS DES ŒUVRES BYZANTINES A BUT DISSUASIF.


MAXIMUS
Le colosse de Barletta, improprement dit Eraclio est une grande statue de bronze (5 m de haut), repêchée au début du XIIIe siècle après le naufrage d'un bateau Vénitien qui la rapporte de Constantinople.
Elle est restaurée avec notamment l'ajout d'une croix, et placée devant la Basilique du Saint-Sépulcre. Celle-ci représente un empereur Romain de l'Antiquité tardive, dont l'identification a suscité de nombreuses hypothèses : Valentinien Ier ou Honorius sont les plus en faveur.

C'est une statue de bronze haute de plus de 5 m (Pi. I), dressée devant l'un des côtés de l'église du Saint-Sépulcre à Barletta, petit port sur l'Adriatique, à 65 km au nord de Bari et à l'est de Cannes. Elle a été repêchée au large de cette côte des Pouilles, après le naufrage d'un bateau Vénitien qui, au cours du XIIIe siècle l'amène de Constantinople à Venise, peut-être pour orner à Ravenne un arc de triomphe à la gloire de l'empereur Honorius, fondateur de la dernière capitale de l'Empire Romain d'Occident. Au XIIIe siècle effectivement, Venise, affrontée à la République de Gênes en Mer Adriatique, tourne son expansion vers le littoral des bouches du Pô, tant vers Ravenne que vers Padoue, et il est possible que le doge Dandolo, lors de la prise de Constantinople en 1204, ait fait enlever cette statue colossale, comme il a fait enlever les chevaux en bronze de l'Hippodrome pour orner le porche de la basilique Saint-Marc, de même que des lions en bronze sont enlevés, au Pirée, pour garder les portes de l'Arsenal de Venise.
Vers la fin du XIIIe siècle, tout le littoral adriatique devient tributaire des doges Vénitiens qui se disent « Seigneurs d'un quart et demi de l'Empire Romain ».
À Barletta, cette statue impériale est d'abord placée dans l'église du Saint-Sépulcre, refaite précisément au XIIIe siècle, et elle est citée pour la première fois en 1309 par Charles II d'Anjou. Ensuite la statue, très abîmée, est réparée probablement en 1431 par le sculpteur Fabio Aliano, qui restaure les jambes, l'avant- bras gauche et une grande partie du bras droit ainsi que la main.

L'identification de l'empereur représenté par le Colosse de Barletta suscite et continue de susciter diverses hypothèses qui le situent dans une période allant du milieu du IVe au milieu du VIe siècle,
H. Koch, est le premier à en donner dès 1912 une analyse détaillée, il en fait un Valentinien Ier (364-375) à cause tant du portrait physique et moral brossé par Ammien Marcellin, XXX, 9, 5, que de certaines effigies monétaires, où cependant le nez est plus long que celui du Colosse.
THEODOSE Ier
En 1973, Pasquale Testini reprend attentivement l'examen de la coiffure, du diadème et du visage d'homme âgé à la barbe nettement indiquée de l'empereur de Barletta, qu'il propose d'identifier à Honorius vers la fin de son règne (395-423). Or cette identification me paraît être la plus plausible, d'autant mieux qu'aux arguments de P. Testini on peut en ajouter d'autres, tirés tant des monnaies et des diptyques consulaires que de textes sur la situation politique à Ravenne et à Constantinople pendant la décennie 415-425.
ARCADIUS

Il faut en effet s'attarder sur la croix mise dans la main droite du Colosse de Barletta par le restaurateur du XVe siècle. Celle-ci, trop courte pour compléter le geste conventionnel de l'empereur qui l'élève au-dessus de sa tête, est plutôt une croix dominant une longue lance de vainqueur.
En 406 Honorius, tant sur le diptyque d'Aoste qu'au revers des solidi émis à Ravenne la même année, tient de la même façon un labarum, mais, au revers du solidus ravennate de 421, où il est couronné par la main de Dieu, c'est avec une longue lance terminée par une croix monogrammatique, qu'il transperce la bête gisant à ses pieds, bien qu'au droit d'un solidus également ravennate de 422 réapparaisse le chrisme du labarum constantinien, inscrit dans le bouclier que tient l'empereur lequel a toute fois un visage aussi jeune qu'en 406. Mais, comme nous le verrons, la longue lance terminée par une croix latine simple, apparaît dès la fin de 425 au revers d'un solidus frappé à Rome par le jeune empereur d'Occident Valentinien III Ainsi est-ce entre 421 et 425 qu'on adopte sur les monnaies d'or la représentation de l'empereur tenant une longue lance en forme de croix. Or, on ne connaît pas au IVe siècle des statues impériales où l'empereur tient une longue lance cruciforme.

COLOSSE DE BARLETTA
Si le signum crucis apparaît entre 394 et 422 sur des séries de solidi orientaux et occidentaux, c'est d'ailleurs de 2 manières différentes, marquant sans doute deux étapes. La première étape correspond à l'apparition, discrète, d'une petite croix, tantôt latine, tantôt chrismée, posée sur la poitrine de l'empereur au droit de deux ou trois séries de solidi qui ont été, comme l'a montré J. Lafaurie, « vraisemblablement frappés à Thessalonique entre 393/395 et 402/408 ». Ces monnaies d'or d'entre 393 et 408, antérieures à la mort d'Arcadius, le 1er mai 408.

Concluons que si le Colosse de Barletta représente Honorius, ce n'est point pour ce motif que les habitants d'un petit port du littoral des Pouilles le font, au XVe siècle, restaurer et placer devant l'un des côtés de l'église du Saint-Sépulcre, près du Castello dominant la mer.
Sans doute est-ce plutôt parce que cet empereur cuirassé, robuste et au visage résolu, brandissant, telle une massue, la croix que le restaurateur a mise dans sa main droite, semble ainsi menacer l'ennemi, en l'occurrence les nouveaux barbares agresseurs que sont les Turcs du Grand Sultan de Constantinople, les Infidèles, dont les navires commencent d'apparaître en Mer Adriatique. De fait, c'est seulement la victoire navale des États chrétiens à Lépante, en 1571, à laquelle participe tout ce qui reste de flotte Venitienne, qui arrête l'expansion Turque dirigée vers les côtes Italiennes.
Et, sans doute est-ce encore l'attitude menaçante du Colosse de Barletta restauré qui, au XIX-XXe siècle, le fait identifier à d'énergiques empereurs qui ont vaincu des Barbares, à Valentinien Ier, à Marcien ou à Justinien, plutôt qu'à l'apathique Honorius qui a laissé les Wisigoths de 410 prendre Rome.

UN MISSORIUM
Le missorium de Théodose Ier est un grand plat d'argent d'apparat conservé à la Real Academia de la Historia, à Madrid. Le missorium provient d'un trésor d'argenterie, qui comprend également 2 coupes, découvertes en 1847 à Almendralejo, près de Mérida dans la province Espagnole de Badajoz. Probablement réalisé à Constantinople pour célébrer les decennalia (le 10e anniversaire du règne) de l'empereur Théodose Ier, il le représente en train de remettre un codicille à un haut fonctionnaire, flanqué de ses deux coempereurs, Valentinien II et Arcadius. C'est un des plus bel exemple d'argenterie des largesses impériales (largitio), c'est-à-dire de la catégorie de ces objets de luxe réalisés en vue des célébrations impériales (accession au trône, anniversaire de règne principalement) et offerts en ces occasions par l'empereur aux plus grands dignitaires de l'empire : Il s'agit principalement de plats, d'assiettes, de coupes et de bols en argent... Les vestiges de cette argenterie de prestige sont extrêmement réduits : Seules 19 pièces ont survécu de cette production importante (à en juger par les sources) toutes datées du IVe siècle et émises par 6 empereurs différents.
Dans cette série, le missorium de Théodose se distingue à la fois parce qu'il est le plus récent et parce qu'il porte le décor le plus élaboré : Les deux seuls autres exemples bien conservés un tant soit peu comparables sont le plat de Kertch, conservé au musée de l'Ermitage et représentant Constance II en cavalier, et celui de Valentinien Ier (ou Valentinien II, l'identification est incertaine) à Genève.
Il faut y ajouter le fragment du trésor de Groß Bodungen qui porte probablement le motif le plus proche de celui du missorium de Théodose, mais qui est trop endommagé pour permettre une identification ou une datation précise...

Le plat de Madrid est en argent et présente des traces de dorure sur les lettres. Sa taille est exceptionnelle par rapport aux plats d'argent contemporains cités : Il mesure 74 cm de diamètre pour une épaisseur qui varie entre 4 et 8 mm. Il repose sur un anneau, d'un diamètre de 26 cm pour une épaisseur de 3 cm, qui a été soudé au dos. Cet anneau possède une inscription grecque précisant le poids officiel de l'objet (« 50 livres de métal ») 50 livres romaines correspondent à un poids officiel de 16,13 kg d'argent, alors que le plat n'en fait en réalité que 15,35 kg : La différence pourrait être due au fait que le plat a été pesé et marqué avant d'être décoré.
La décoration, à la fois ciselée et réalisée au repoussé, a alors enlevé un peu de métal.
Le motif principal du décor est la représentation de l'empereur régnant et de deux empereurs corégents. Une inscription court le long du bord qui permet de l'identifier avec certitude :
D(ominus) N(oster) THEODOSIVS PERPET(uus) AVG(ustus) OB DIEM FELICISSIMVM X. « Notre Seigneur Théodose Perpétuel Auguste pour ce jour très heureux du dixième (anniversaire de son règne). »

L'inscription indique que le plat a été réalisé à l'occasion des decennalia d'un empereur nommé Théodose. La présence de deux corégents permet d'exclure immédiatement que ce Théodose soit Théodose II, qui n'a qu'un seul corégent, son oncle Honorius, lors du 10e anniversaire de son règne, célébré en 412 : Il s'agit donc des decennalia de Théodose Ier, le 19 janvier 388, qui sont célébrées alors que l'empereur réside à Thessalonique, il y demeure en effet de septembre 387 à avril 388.
On en a souvent conclu que le missorium est l'œuvre d'un atelier Thessalonicien, mais il est tout aussi probable, étant donné le délai de réalisation, qu'il est commandé et fabriqué à Constantinople, avant le départ de la cour pour Thessalonique.

Lors de sa découverte, le missorium est plié en deux par le milieu, confirmation qu'il a été enfoui pour la valeur brute de son poids en argent sans considération pour sa qualité artistique ou sa valeur historique. (pratique courante comme le montre le cas d'un autre missorium, celui du trésor de Groß Bodungen, qui n'est parvenu qu'à l'état de fragments).
Le plat ayant été plié vers l'intérieur, le décor a ainsi été paradoxalement mieux conservé que si l'objet avait été enfoui tel quel. Le découvreur, pour déplier le plat, l'a découpé au ciseau le long du pli, endommageant ainsi une partie du décor, dont la tête de l'empereur de gauche, et celle du dignitaire devant l'empereur central.

Les têtes impériales sont ceintes de diadèmes, de larges bandeaux à deux rangs de perles, interrompus au-dessus du front par la monture circulaire perlée d'une pierre précieuse ronde... Il s'agit depuis que Constantin Ier l'a adopté, de l'attribut impérial par excellence, qu'on retrouve sur tous les portraits impériaux, monétaires (voir par exemple le solidus de Valentinien II plus bas), ou sculptés (comme le buste d'Arcadius ou celui de Théodose II). De surcroît les têtes des trois empereurs sont nimbées, comme c'est souvent également le cas à cette époque sur les portraits monétaires, mais également sur les diptyques impériaux ou consulaires (par exemple l'empereur Honorius sur le diptyque de Probus en 406) : Le nimbe est un attribut hérité du haut empire indiquant la divinité, et n'est pas l'apanage de l'iconographie chrétienne.

Alors que l'identification de la figure impériale principale à l'empereur Théodose Ier ne pose pas de difficulté, celle des deux coempereurs est davantage débattue : Les premiers commentateurs ont en effet volontiers considéré que le trio représenté correspond à la famille impériale, Théodose étant flanqué de ses 2 fils et successeurs, Arcadius, l'aîné à gauche, et Honorius, le cadet, à droite. Cette identification ignore toutefois le fait que les 3 empereurs représentés sont ceints du diadème, signe qu'ils portent le titre d’Augustus : or Honorius, qui est âgé de 4 ans seulement en 388, ne reçoit ce titre qu'en 393, et ne peut être représenté couronné du diadème avant cette date, où il n'est que césar. Sur le bas-relief de l'obélisque de Théodose, où il figure au sein de la famille impériale, vers 390-392, il ne porte ainsi pas non plus de diadème, contrairement à son frère Arcadius, de sept ans son aîné, et auguste depuis 383...

Par conséquent, le troisième auguste représenté ne peut guère être que Valentinien II, auguste depuis 375 : âgé de 17 ans en 387, empereur régnant sur la partie occidentale de l'Empire, et représenté comme tel sur la base de l'obélisque de Théodose aussi bien que sur le missorium.
C'est donc lui qu'il faut reconnaître dans l'empereur trônant à gauche de Théodose, le long sceptre qu'il tient dans la main droite le distinguant d'Arcadius, membre junior de cette trilogie impériale, successeur désigné de son père, mais qui est encore trop jeune (11 ans) pour régner.
La hiérarchie entre les augustes est soulignée de surcroît par la taille proportionnelle à leur rang donnée aux trois figures sur le missorium : Théodose est le plus imposant, et Arcadius le moins grand, tout en étant représenté comme un adulte et non comme l'enfant qu'il est encore, avec une taille supérieure à celle des soldats et du fonctionnaire.
Là encore, les principes sont les mêmes que sur la base de l'obélisque.

Une autre hypothèse d'identification, radicalement différente, a été avancée, qui remet en cause jusqu'à l'attribution du missorium au règne de Théodose Ier et le renvoie, sur des critères stylistiques, à celui de son petit-fils, Théodose II : Pour réconcilier cette datation avec la représentation de trois augustes, il est alors nécessaire de supposer qu'il s'agit de Théodose II, Honorius et Valentinien III : le plat aurait été réalisé en 421 sur les ordres de Constance III et de sa femme Galla Placidia comme un outil de propagande pour promouvoir la reconnaissance de leur fils Valentinien III comme auguste et héritier d'Honorius par Théodose II, ce que refuse ce dernier. La tentative pour imposer Valentinien III est de courte durée puisque Constance III meurt la même année. Cette hypothèse tortueuse complique inutilement l'interprétation et doit être rejetée, en faveur de celle du trio impérial de 387.

Beaucoup plus délicate, en revanche, est la question de l'identité du personnage qui se tient debout devant Théodose et reçoit de lui le codicille de sa nomination. La présence même de cette figure, qui rompt la symétrie du décor, est un problème, tant elle peut paraître incongrue dans une scène qui vise avant tout à représenter les empereurs en majesté, dans le contexte, explicité par l'inscription, de la célébration des decennalia... Aucun témoignage ne permet d'affirmer que les empereurs associent à l'anniversaire de leur règne l'investiture de hauts fonctionnaires, et aucune autre pièce d'argenterie produite pour les largesses impériales ne comporte ce motif. Il est clair qu'il s'agit d'un personnage du plus haut rang, car eux seuls sont investis directement par l'empereur.

Comparé au missorium de Constance II ou à celui de Valentinien Ier/II, qui portent chacun une évocation beaucoup plus simple et classique de l'empereur triomphant, le programme iconographique du missorium de Théodose se distingue par sa riche polysémie, mais aussi par l'absence de toute référence chrétienne. Sur l'assiette de Kerch, le chrisme figuré sur le bouclier du fantassin derrière Constance II est une allusion directe au nouveau contexte chrétien du triomphe impérial, introduit par la conversion de son père, Constantin Ier. On retrouve ce type de bouclier sur les reliefs de la colonne d'Arcadius et sur la mosaïque de Justinien à San Vitale. Quelques décennies plus tard, sur le plat de Genève, l'empereur tient dans la main gauche le labarum constantinien et c'est son nimbe qui porte le chrisme, marque supplémentaire de la christianisation du pouvoir impérial.
À bien des égards, tout en étant exemplaire des images de propagande impériale produites à cette époque, le missorium reste ainsi une œuvre unique, dont l'interprétation détaillée demeure hautement conjecturale. Il ne s'agit en tout cas pas d'un plat utilitaire, contrairement à ce qui a parfois été soutenu, mais bien d'une véritable icône impériale privée que son propriétaire devait fièrement exhiber dans sa demeure. Ce don exceptionnel préserve et accroît ainsi la loyauté et la révérence du haut fonctionnaire qui le reçoit
envers l'empereur.

422 — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/422
Cette page concerne l'année 422 du calendrier julien. Sommaire. [masquer]. 1 Événements; 2 Naissances en 422; 3 Décès en 422; 4 Notes et références ...
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Missorium de Théodose — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Missorium_de_Théodose
Probablement réalisé à Constantinople pour célébrer les decennalia (le dixième ... à un haut fonctionnaire, flanqué de ses deux coempereurs, Valentinien II et Arcadius. ..... III fut de courte durée puisque Constance III mourut la même année.
Termes manquants : 422
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Les Jeux et les spectacles
www.ub.edu/grat/grat109.pdf
années après, Théodose Je" mourut et la pourpre fut attribuée à ses fils,. Arcadius, âgé de 18 ... Valentinien à Constantinople, en 423)... Enfin, Honorius ..... périodique, célébrés chaque 5, 10, 15, 20 ou 30 ans (quinquennalia, decennalia, ... (422) pendant les tricennalia d'Honorius”. Réformes ..... C. T/1., II, 8, 22. 73. C. Th.
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