lundi 24 août 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 639

15 AOÛT 2015

Cette page concerne l'année 639 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LE BON ROI DAGOBERT

DAGOBERT Ier
19 janvier : Mort de Dagobert Ier, roi des Francs. Clovis II, âgé de 5 ans (fin en 657) est reconnu par les grands roi de Neustrie et de Bourgogne à Malay-en-Sénonais tandis que son frère Sigebert (9 ans) règne en Austrasie et en Aquitaine. Le trésor de Dagobert est partagé à Compiègne.
Pépin de Landen (v.580 -† 640) redevient maire du palais d'Austrasie.
Aega, puis Erchinoald (642), maires de Neustrie.

Roi des Francs de la dynastie Mérovingienne, fils de Clotaire II (584-629), un arrière-petit-fils de Clovis, règne sur l'Austrasie de 622 à 632 puis roi des Francs de 629 à 639. Durant cette période, il a sa résidence le plus souvent autour de Paris, notamment à Clichy (actuel département des Hauts-de-Seine). Sous son règne, la royauté Mérovingienne jette un dernier éclat avant que la réalité du pouvoir ne passe aux maires du palais...

Le règne de Dagobert se déroule environ 130 ans après celui de Clovis et 120 ans avant l'avènement du Carolingien Pépin le Bref. Dagobert prend la succession de son père Clotaire II, ce dernier a unifié les terres Franques alors réparties entre les petits fils de Clovis.
Dagobert règne donc sur un royaume unifié. Cependant, il doit compter avec la noblesse Austrasienne, qui a su monnayer son aide auprès de Clotaire II contre Brunehaut.

Cependant, sous la pression des nobles Austrasiens, il doit dès 623 confier le royaume d'Austrasie à son fils Dagobert, qui lui succède comme roi des Francs en 629. Sous le règne de Dagobert, le royaume Franc couvre l'ancienne Gaule ainsi que des dépendances en Germanie, notamment la Bavière. Il est ici au contact de peuples encore païens : Les Frisons, les Saxons et les Alamans en Germanie, les Avars en Pannonie (actuelle Hongrie).
Au nord, l'actuelle Angleterre est divisée entre différents royaumes Anglo-Saxons (Kent, Mercie, etc...).
Au sud-est, l'Italie est aux mains des Lombards (royaume des Lombards, duchés de Spolète et de Bénévent), dont beaucoup sont encore ariens ou païens, et de l'Empire Byzantin (Exarchat de Ravenne, dont dépend Rome, siège de la papauté, Sicile et Italie du sud). Au sud, l'Espagne est aux mains des Wisigoths (royaume de Tolède, dont est originaire la reine Brunehilde). La grande puissance de l'époque est l'Empire Byzantin qui contrôle, en plus des provinces Italiennes, le sud des Balkans, le Moyen-Orient et l'Afrique du nord.

Le règne de Dagobert (632 - 639) est l'une des apogées de la civilisation Mérovingienne. Dagobert est d'ailleurs avec Clovis et Charlemagne l'un des monarques que l'histoire a retenu dans la galerie des rois du haut Moyen-Âge. Les moines de Saint Denis ont beaucoup écrit à son sujet, mais l'ont transformé en héros de légende en signe de remerciement pour les dons et faveurs qu'il a accordés à l'église (à l'inverse, la révolution en fera un « bouffon »). Parmi les rois Mérovingiens, Clotaire II (584-629) réussit à mettre un peu d'ordre chez les Francs, mais c'est surtout la figure de son fils Dagobert Ier, qui se détache : Son règne a duré de 629 à 639. Le roi rend la justice aux pauvres comme aux riches, sans frais, sons considération personnelle, dormant peu, mangeant sobrement, attentif à faire en sorte que tous se retire de sa présence pleins de joie et d'admiration... Sans doute est-ce pour cette raison qu'il a plu au peuple et que le souvenir du « bon roi Dagobert » a traversé, si heureusement, les siècles.
Sa vie a été célébrée par les moines de l'abbaye de Saint-Denis, qu'il a protégée, et où il a choisi de se faire enterrer, ce que les rois de France font après lui.

DAGOBERT
Sa légende naît, près de Saint-Eloi, l'habile orfèvre, rappelle l'importance des trésors pour ces princes descendants de pillards, leur goût pour les objets d'or ornés de pierres précieuses et le souci d'en parer les églises. Dagobert Ier a réussi à contrôler le maire du palais d'Austrasie, Pépin, auquel il a été confié dans sa jeunesse... Mais après la mort de Dagobert, le royaume, ayant connu bien des secousses, le petits-fils de ce Pépin, Pépin de Herstal, réussit à reconstituer l'unité du royaume Franc, tout en conservant un roi Mérovingien aux pouvoirs bien limités.

Né vers l'an 600 à Épinay, Dagobert est le fils de Clotaire II et de Bertrude... Afin de satisfaire le particularisme de l'aristocratie Austrasienne, que domine le maire du palais Pépin de Landen et Arnould l'évêque de Metz, son père l'a envoyé en Austrasie comme roi dès 623.
Mais Clotaire II conserve une partie de l'Aquitaine, la région située à l'ouest des Ardennes et des Vosges.
En 626, Clotaire II fait venir Dagobert à Clichy et le contraint d'épouser Gomatrude, sœur de Sichilde, 3e épouse de Clotaire II. 3 jours après les noces, Dagobert réclame les territoires que son père a gardés.
Une assemblée de 12 dignitaires, règle le litige et restitue au fils ce qu'il revendique à l'exception de l'Aquitaine Austrasienne et de la Provence que Clotaire II continue de gouverner.

En 629, à la mort de son père, Clotaire II, selon la coutume Mérovingienne, Dagobert doit hériter de l'Austrasie et de la Burgondie, tandis que son demi-frère, Caribert, doit gouverner la Neustrie...
Dagobert est déjà roi d'Austrasie , il se fait élire roi de Bourgogne et de Neustrie, mais dans ce dernier royaume rencontre des difficultés en la personne de Brodulf, oncle de Caribert, qui tente au nom de celui-ci de s'emparer du royaume... Dagobert fera exécuter quelques temps plus tard le comte Brodulf.

Contrairement aux précédents rois Mérovingiens qui auraient éliminé Caribert, Dagobert, lui, l'épargne et le nomme roi en Aquitaine et en Languedoc avec mission de contenir les Basques. Dagobert parcourt ses 3 royaumes, il les contrôle et s'en approprie les trésors.

En 632, Caribert ( son frère) meurt, Dagobert Ier fait alors assassiner son très jeune fils, Chilpéric, et devient ainsi le roi unique des Francs, comme avant lui, Clovis, son arrière-grand-père, et Clotaire II son père.
Caribert étant mort, les Basques reprennent l'offensive dans la vallée de la Sioule. L'armée d'un duc Franc, Alembert, est tué en traversant un défilé dans les Pyrénées aux environs de Mauléon...

CLOVIS II
Dagobert réside en Neustrie et fait de la région parisienne le centre de son royaume , comme son père l'a fait avant lui. Ses domaines favoris sont Creil, Clichy, Épinay et Reuilly où il répudie la reine Gomatrude et l'expédie à Romilly, pour épouser Nanthilde, dont il a un fils, Clovis II. Dagobert a d'autres épouses, Vulfégonde puis Berthilde et Raintrude (ou Ragnetrude), mère de Sigebert III, et pas mal de concubines !
Il doit cependant composer à son tour avec les exigences de l'aristocratie et donner pour roi aux Austrasiens son fils Sigebert (fils de Raintrude), alors en bas âge (634). En réalité, ce sont Chunibert, évêque de Cologne, et Adalgisel, maire du palais, qui gouvernent le royaume d'Austrasie en son nom. Afin d'éviter que son premier fils ne s'approprie un jour la totallité du royaume, Dagobert attribue de son vivant à son second fils, Clovis II, la Bourgogne et la Neustrie..

En 637, il soumet militairement les Gascons en les poursuivant au-delà des Pyrénées, ce qu'aucun de ses prédécesseurs ne sont parvenu à faire avant lui. En automne, des ambassadeurs Basques viennent, au palais de Clichy, prêter serment de fidélité, Dagobert leur accorde son pardon et les oblige à reconnaître sa suprématie.

L'Armorique est divisée en 3 parties :
Le pays de Vannes.
La Cornouaille
La Domnonée.
Ces 3 régions sont peuplées de Celtes émigrés de Grande-Bretagne. Judicaël est le premier prince Breton à régner sur la Domnonée en Armorique du nord. Ses bandes prennent possession des cités de Rennes et Nantes qui sont soumises aux Francs.
Dagobert lui envoie, en ambassade, son trésorier Éloi pour négocier la paix. Judicaël accepte de restituer les cités et de se rendre auprès de Dagobert à Clichy pour faire serment que lui et son royaume seront toujours sous la domination de Dagobert et de ses successeurs... Les Bretons aussi reconnaissent la suprématie de Dagobert.

Dagobert est le plus brillant des souverains de la dynastie Mérovingienne : Diplomate, il écarte les menaces en évitant les guerres.
Perspicace, il s'appuie sur l'église et sur le peuple pour tenir tête aux grands aristocrates.
SAINT AMAND ET DAGOBERT
Afin de neutraliser Pépin de Landen, il le garde auprès de lui en Neustrie et désigne Aega comme maire du palais de Neustrie. En plus de Pépin, Dagobert est conseillé par des évêques de qualité, comme Saint Eloi (qui est à cette époque trésorier du royaume), Saint Ouen, Saint Omer ou Arnoul de Metz. Sous leur impulsion, il multiplie les fondations religieuses et charitables : C'est lui qui fonde en 625 l'abbaye de Saint Denis. Les jours de fête, Dagobert trône sur un siège en or forgé par saint Éloi.

Le 19 janvier 639 le « bon roi Dagobert », encore très jeune, souffre de « flux de ventre » il est emporté, quelques temps plus tard par une crise de dysenterie, inhumé à l'abbaye de Saint-Denis qui devient alors le tombeau des rois... Après Dagobert la dynastie va connaître un déclin rapide. A sa mort, l'unité du royaume sous l'autorité d'un monarque Mérovingien est définitivement de l'histoire ancienne...

Le territoire est à nouveau partagé entre ses deux fils :
Sigebert III qui a 9 ans et hérite de l'Austrasie et de l'Aquitaine,
Clovis II qui n'a que 4 ans et hérite de la Neustrie et de la Bourgogne. C'est à partir de cette période que la décadence de la dynastie Mérovingienne commence et que le pouvoir effectif passe entre les mains des Maires du Palais (sortes de 1er Ministres), issus de riches familles aristocratiques.

Les dix années de son règne, Dagobert a joui d'un pouvoir absolu, et la postérité en a gardé le souvenir, embelli par la comparaison avec ses médiocres successeurs. Il est l'un des très rares rois Mérovingiens qui parvient à la royauté à l'âge d'homme et peut régner sans partage...

Il fait connaître son autorité par les Saxons, les Gascons et les Bretons, intervient dans les affaires intérieures du royaume Wisigoth d'Espagne et tente de s'opposer, avec les Saxons, les Thuringiens, les Alamans et les Lombards, à la poussée de la nouvelles puissance Slave. Son prestige atteint l'Orient, où l'empereur de Byzance reçoit ses ambassadeurs. Contrairement au climat froid et humide de la fin du VIe siècle qui avait généré des famines et favorisé de nombreuses épidémies (peste et dysenterie), le début du VIIe siècle connaît un temps plus clément permettant un accroissement de la production céréalière corroborée par une accélération du défrichement. Ce qui est d'autant plus favorable au règne de Dagobert.
Le prestige personnel de Dagobert, qui lui assure la soumission absolue de son royaume, est tel, hors de ce royaume, qu'aucun roi des Francs ne l'égale plus avant l'avènement de Pépin le Bref.

Dagobert, qui fait de Paris sa nouvelle capitale, contribue à la création d'un régime modéré avec équilibre des pouvoirs, en rendant périodique une session de tribunaux avec des jurys populaires, où il impose la présence d'un évêque ou d'un clerc, qui peut demander la reconsidération des sentences et interjeter appel.
Pour lutter contre les manipulations monétaires, sur les conseils de l'ancien orfèvre Éloi (le « bon Saint Éloi » de la chanson), il centralise en son palais de Clichy la frappe des monnaies. Entouré de conseillers compétents, tels Éloi et Ouen, qui seront tous les deux canonisés, ou encore le trésorier Didier, il tient une cour fastueuse selon les canons de l'époque.

En 631, le roi signe un traité de paix perpétuel avec l'empereur d'Orient Héraclius.

En 632, la mort de Charibert lui permet de réunifier sous son autorité tout le Regnum francorum, Bourgogne et Aquitaine comprises. La même année, le roi mène une expédition outre-Pyrénées pour détrôner le roi Wisigoth Svintila et mettre un fidèle à sa place.

En 634, quand le roi de Bretagne, Judicaël se retire pour laisser le pouvoir à son fils Alain II, Éloi s'installe dans le palais des gouverneurs de Vannes pour mieux surveiller le nouveau roi. Brest devient alors un centre de construction navale et Le Mans un nœud d'échanges entre la Bretagne et la Neustrie. C'est aussi à cette époque que se développent les manufactures de toiles de Vitré et de Locronan, et les salines de Guérande et de Bourgneuf-en-Retz...

En 637, Dagobert met à la raison les Gascons révoltés. Il a plus de difficultés avec les Slaves qui occupent la Bohème. Mais le roi compromet l’œuvre de sa vie en donnant à l'Austrasie un nouveau roi en la personne de son fils aîné Sigebert III, à la demande des nobles locaux et notamment de ses conseillers Pépin et Arnould. Peu avant de mourir, il promet aussi à son fils Clovis II la Bourgogne et l'Aquitaine...

Sitôt après sa mort, à Saint-Denis, Pépin de Landen et Arnould, influents conseillers du roi, quittent Paris pour Metz.
A la tête de l'Austrasie, Dagobert a placé son fils Sigebert III comme roi. Il n'a que 10 ans et les deux compères profitent de la jeunesse du nouveau roi d'Austrasie pour gouverner à sa place le royaume.

Clovis II, l'autre fils de Dagobert, est de son côté reconnu roi de Neustrie et de Bourgogne. Lui seul conserve le titre de « roi des Francs ». Le Regnum Francorum Mérovingien est à nouveau divisé et, plus gravement, ses souverains perdent le pouvoir effectif au profit de leur maire du palais. Cela leur vaut la réputation de « rois fainéants ».

Il faut savoir que chez les Mérovingiens, le sport national est l’assassinat. Ils ont très souvent recours au crime pour réunifier leur royaume... Par un curieux hasard Caribert meurt assassiné en 631 et Dagobert 1er s’empresse d’annexer les terres de son frère. Sans être un homme pieux, Dagobert s’appuie pleinement sur le clergé pour gouverner comme son ancêtre Clovis, il a parfaitement compris que les moines et les prêtres représentent la seule force cohérente du Royaume, en dehors des armes. De plus, ce VIIe siècle commençant est une époque de foi profonde qui voit la fondation de multiples abbayes et de plus modestes églises. Le peuple est particulièrement attaché à la religion, le meilleur moyen de le conserver, dans le devoir d’obéissance au Roi, est encore de lui montrer un pouvoir temporel allié du spirituel, Dagobert est aussi un mécène, protecteur des arts, amoureux du beau, c’est lui qui, sur les conseils d’Éloi, et pour ne pas être en reste devant la magnificence des leudes, qui dotent richement des communautés monastiques, décide de combler de dons la basilique de Saint-Denis, et ce à un point tel qu’il sera, par la suite, considéré à tort comme le fondateur de l’abbaye.

Malheureusement, les choses vont se gâter dès 632, des héritiers non directs de Chilpéric, sans doute des bâtards, qui se sont enfuis à l’approche des troupes du Roi, ont fait alliance avec les Gascons, ou Vascons, peuples farouches qui contrôlent tout le pays au sud de la Garonne, à la tête de redoutables guerriers, ils reprennent, une sanglante campagne, sur la presque totalité du royaume d’ Aquitaine, ne laissant à Dagobert qu’une marche de sûreté au sud de la Loire.

DAGOBERT SE RÉFUGIE A SAINT DENIS
Dagobert est regretté, malgré ses débauches et son goût pour le luxe, qui l’engage à multiplier les impôts. Il porte ce goût si loin, qu’il s’est fait faire un trône d’or massif, dont la matière provient du commerce extérieur qui prend de l'essor sous son règne. (Et oui un pays qui exporte est un pays qui se porte bien, surtout lorsqu'il est aussi capable d'importer peu et bien). Parmi les cruautés dont son règne est souillé, le meurtre des Bulgares est la plus remarquable. Ces peuples, fuyant devant les Huns, sont d’abord accueillis par Dagobert, qui, craignant ensuite qu’ils ne se rendent maîtres du pays qu’il leur a cédé, les fait égorger dans une même nuit, au nombre de 10 000 familles...

À l'âge de neuf ans, il est atteint d'une entérite colique, sa mère Bertrude l'envoie, avec son demi-frère Caribert, dans la villa royale de Reuilly, à l'est de Paris.
Il y est instruit par des clercs qui lui enseignent le latin et l'histoire.
À dix ans, il apprend à monter à cheval, pratique du sport et le maniement des armes.
Il pratique également comme passe-temps certaines activités manuelles comme l'ébénisterie et la menuiserie.

En 615, il rejoint la cour du roi son père, avec qui il entretient des relations dictées par la raison d'État, pour y suivre l'instruction de l'École du palais, où il enrichit ses connaissances politiques et administratives.

En 618, quelques mois après le décès de Bertrude, l'épouse de Clotaire, ce dernier, père de Dagobert se remarie avec Sichilde, alors gouvernante de Caribert. Dagobert la voit comme une intrigante cherchant à favoriser Caribert tout en la soupçonnant d'avoir été la maîtresse de son père...
Avec son frère Brodulf (ou Brunulf), elle tente de faire obtenir un héritage égal entre les deux fils de Clotaire, alors que Caribert est mis à l'écart de la succession royale pour cause d'incapacité à régner.

En 621, aux 15 ans de Caribert, Sichilde obtient de Clotaire un don de petits domaines disparates et éloignés les uns des autres, formant des comtés gérés par des intendants royaux, à chacun de ses deux fils. L'âge de la majorité est donné aux deux princes, supprimant leur gouvernance. En guise de remplacement, un maire du palais est désigné pour chacun d'eux, bien que ne régnant sur aucun royaume. Harmaire échoit à Caribert, quant à Dagobert, il lui est permis de choisir : Il propose le duc Ega, qui, en plus d'avoir bonne réputation, participe à sa formation à l'école du palais, ce dernier accepte et la proposition est approuvée par le roi. Brodulf et Sichilde font en sorte d'éloigner le plus possible Dagobert de la cour, afin que le roi porte plus d'attention à Caribert, en incitant Clotaire à envoyer Dagobert un peu partout à travers la Gaule : en Austrasie, Burgondie et Neustrie. Ceci permet à Dagobert de connaître les régions du royaume avec leurs particularités, de rencontrer des gens de toutes conditions et de visiter toutes sortes de lieux, de lier des relations et d'être perçu comme délégué de la couronne.
En 622, il siège au conseil du royaume, où il participe aux décisions gouvernementales en étant consulté par son père et ses ministres. Il recommande la prolifération des immunistes, octroyant un diplôme royal d'immunité aux propriétaires de domaine, refusant l'accès au domaine à toute personne extérieure autre que le roi afin de limiter le pouvoir des Grands du royaume qui usurpent le pouvoir du roi pour exercer une juridiction à ses dépens et accaparer des pouvoirs judiciaires ainsi que des biens, taxes, capitations, récoltes... Il promeut également des recommandations pour assurer une meilleure hiérarchisation seigneuriale : Un seigneur reçoit l'hommage d'un guerrier ou d'un chef qui prête serment de fidélité et offre ses services en échange d'avantages et de la protection du seigneur.

Dans le but d'augmenter la production agricole des paysans libres, le concept d'origine romaine des précaires est répandu : Un propriétaire terrien accorde l'exploitation d'un terrain à un paysan libre pour un certain nombre d'années qui peut faire ce que bon lui semble de la récolte, en échange le paysan doit aménager et entretenir la terre. À l'expiration du délai d'exploitation, le propriétaire bénéficie des aménagements et constructions réalisées. (quel joli tour de passe passe, le paysan c'est crevé et il n'a rien à lui)

Pour fidéliser les vassaux à la monarchie, des bénéfices peuvent être accordés : L'usufruit d'un domaine, pour une durée déterminée d'au moins cinq ans et à vie la plupart du temps, est attribué à un favori du roi en échange de services rendus.
En 623, l'évêque de Metz, Arnoul, demande à être visité par le roi, mais celui-ci préfère envoyer Dagobert... Arnoul rend compte que les Austrasiens sont jaloux des Neustriens qui bénéficient de la présence du monarque et s'estiment lésés.

Ils souhaitent la présence du roi en leur contrée ce que Clotaire refuse. Mais cédant aux revendications autonomistes des nobles d'Austrasie, il nomme Dagobert vice-roi de ce territoire (amputé néanmoins des régions à l'ouest des Ardennes et des Vosges, les vallées de la Haute-Meuse, de la Haute-Marne, de l'Aisne, de la Champagne. Les villes de Verdun, Toul, Châlons et Reims, également exclues, sont déclarées « cités royales » et ne dépendent que du roi en tant qu'associé à la couronne avec délégation d'autorité.
Cette décision, approuvée par Brodulf qui y voit là une occasion d'éloigner Dagobert ainsi que Harmaire maire du palais d'Austrasie, que Brodulf suggère de mettre aux commandes des troupes afin d'apaiser les troubles causés outre-Rhin par le duc Saxon Aighina. C'est alternativement à Metz et à Trèves qu'il réside alors.

Il se consacre à l'amélioration du système judiciaire afin d'étendre les compétences du roi par la mise en place de réformes.
Le wergeld (« prix de l’homme ») pour qu'une même catégorie sociale soit pratiquement équilibré, quelle que soit la naissance des hommes, les conditions de l'état civil, de la famille, des successions s'uniformisent.
En conformité avec l'édit de 614, il impose que durant les jugements, un évêque ou un clerc intervienne pendant les débats ou délibérations pour réduire les injustices.
Le comte du palais ou le clerc peuvent demander la reconsidération des sentences et interjeter appel.
Il pousse à la périodisation régulière des sessions, au maintien des jurys populaires, à la désignation de conseillers-auditeurs compétents au mandat de longue durée : Le référendaire spécialise les juristes auxquels le roi fait appel. Il laisse le chancelier-référendaire promouvoir à la chancellerie des magistrats pour des missions juridiques ou d'inspections.
Les accusés, défendeurs et demandeurs peuvent s'appuyer sur des témoins, des garants ou cautions.
Les problèmes concernant les veuves, orphelins et déshérités sont soumis aux clercs, qui ont mission de représentant et conseiller.
Les conseillers-auditeurs non convoqués à une session peuvent assister ou représenter en justice des plaideurs. La taille des pagus (unité administrative principale des états du royaume), où les comtes exercent la juridiction du roi, sont de tailles variables, empêchant ainsi le comte d'y assurer la représentation du roi à chacune des audiences des différents centres judiciaires.

Les comtés sont donc partagés en vicairies où à leurs têtes sont nommés des vicaires,
DAGOBERT A LA CHASSE
qui président les tribunaux locaux, sous autorité du comte. Les affaires importantes sont directement présidées par les comtes. Les comtes et les vicaires doivent désigner juristes et clercs de leur entourage pour les assister. Les comtes eux-mêmes font appel à des vicaires pour les affaires courantes et pour les remplacer lors de leurs déplacements.
Chrodoald, un aristocrate Bavarois de la famille des Agilolfing propriétaire d'un domaine à l'ouest de Trèves, exerce un trafic de marchandises avec les duchés alliés de l'Est et étend son influence au détriment de celle du roi, pour constituer un État indépendant... Il refuse également de payer l'impôt à Pépin de Landen, dont il a acheté certains officiers, et ne se soumet guère au ban. Arnoul souhaite sa mise à l'arrêt et un jugement par le tribunal royal.

En matière fiscale, il ordonne la restauration du cadastre, le versement annuel d'une redevance par les Grands.
Les levées exceptionnelles sont supprimées et le droit de gîte et d'hospitalité, qui permet au roi et son escorte de bénéficier d'un hébergement et de subsistance, n'est plus accablant et des dédommagements sont accordés aux cités d'accueil.
Les zones de stationnement et les relais des armées doivent être dédommagées par les provinces ou le pays dans son ensemble.
Il encourage les comtes à rendre une justice moins intéressée en accroissant les inspections, les modifications de sentences.
Il accorde des faveurs aux magistrats intègres.
Il dote les comtes de bénéfices personnels qu'ils tentent de rendre héréditaires.
Face à l'augmentation des biens ecclésiastiques, Cunibert et Clodulf en informent le roi qui promeut de nouvelles lois : En cas de fraude électorale pour la nomination d'un évêque, ainsi que pour les désignations abusives de diacres et de prêtres, un appel peut être fait au roi.
Il en est de même en cas de manquement d'un évêque pour l'assistance aux déshérités.
L'enseignement leur revenant de fait, il leur est imparti d'ouvrir des écoles et de veiller à la bonne formation des clercs instructeurs, sous peine de voir leurs privilèges remis en cause.
Les biens de l'Église ont pour objectifs l'amélioration des conditions des paysans et l'augmentation de leurs rendements.
Les affranchis, esclaves, veuves et orphelins passent sous la juridiction des évêques tout comme les contrats de mariages et testaments.

« Le bon roi Dagobert
Avait sa culotte à l'envers
Le grand saint Éloi lui dit
O mon roi, votre majesté
Est mal culottée
C'est vrai lui dit le roi
je vais la remettre à l'endroit

Le bon roi Dagobert
Chassait dans la plaine d'Anvers
Le grand saint Éloi lui dit
O mon roi, votre majesté
Est bien essoufflée
C'est vrai lui dit le roi
Un lapin courait après moi

Le bon roi Dagobert
Voulait s'embarquer sur la mer
Le grand saint Éloi lui dit
O mon roi Votre majesté
Se fera noyer
C'est vrai, lui dit le roi
On pourra crier : Le roi boit !

Le bon roi Dagobert
Mangeait en glouton du dessert
Le grand saint Éloi lui dit
O mon roi vous êtes gourmand
Ne mangez pas tant
C'est vrai lui dit le roi
Je ne le suis pas tant que toi

Le bon roi Dagobert
Avait un grand sabre de fer
Le grand saint Éloi lui dit
O mon roi, votre majesté
Pourrait se blesser
C'est vrai lui dit le roi
Qu'on me donne un sabre de bois

Le bon roi Dagobert
Faisait des vers tout de travers
Le grand saint Éloi lui dit
O mon roi, laissez aux oisons
Faire des chansons
C'est vrai lui dit le roi
C'est toi qui les feras pour moi

Le bon roi Dagobert
Craignait fort d'aller en enfer
Le bon saint Éloi lui dit
O mon roi, je crois bien, ma foi
Qu' vous irez tout droit
C'est vrai lui dit le roi
Ne peux-tu pas prier pour moi ?

Quand Dagobert mourut
Le diable aussitôt accourut
Le grand saint Éloi lui dit
O mon roi, Satan va passer
Faut vous confesser
Hélas, lui dit le roi
Ne pourrais-tu pas mourir pour moi ?

D'autres couplets :
Le bon roi Dagobert
Fut mettre son bel habit vert.
Le grand saint Eloi
Lui dit « O mon roi
Votre habit paré
Au coude est percé »
« C'est vrai lui dit le roi,
Le tien est bon, prête-le moi ».

Le bon roi Dagobert
Avait des bas rongés de vers
Le grand saint Eloi
Lui dit « O mon roi
Vos deux bas cadets
Font voir vos mollets »
« C'est vrai lui dit le roi,
Les tiens sont neufs, donne-les moi ».

Le bon roi Dagobert
Faisait peu sa barbe en hiver.
Le grand saint Eloi
Lui dit « O mon roi
Il faut du savon
Pour votre menton »
« C'est vrai lui dit le roi,
As-tu deux sous ? Prête-les moi ».

Le bon roi Dagobert
Avait sa perruqu' de travers.
Le grand saint Eloi
Lui dit « O mon roi
Que le perruquier
Vous a mal coiffé »
« C'est vrai lui dit le roi,
Je prends ta tignasse pour moi ».

Le bon roi Dagobert
Portait manteau court en hiver.
Le grand saint Eloi
Lui dit « O mon roi
Votre Majesté
Est bien écourtée »
« C'est vrai lui dit le roi,
Fais-le rallonger de deux doigts ».


Le bon roi Dagobert
Allait à la chasse au pivert.
Le grand saint Eloi
Lui dit « mon roi
La chasse aux coucous
Vaudrait mieux pour vous ! »
« Eh bien ! lui dit le roi,
Je vais tirer, prends garde à toi ! ».

Le bon roi Dagobert
Voulait conquérir l'univers.
Le grand saint Eloi
Lui dit « O mon roi
Voyager si loin
Donne du tintouin »
« C'est vrai lui dit le roi,
Il vaudrait mieux rester chez soi ».

Cette chanson, qui date de 1750, évoque le roi des Francs Dagobert 1er (602-638-639) et son ministre Eloi- La musique serait celle d'un ancien air de chasse nommé « Fanfare du grand cerf ». (Merci à pheno nordnet.fr Pierre Heno)
LE TRÔNE DE DAGOBERT
la chanson «  bon roi Dagobert » devient populaire à l'époque de la révolution française de 1789, certainement pour se moquer du roi Louis XVI réputé pour son étourderie.

Dagobert Ier — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dagobert_Ier
Dagobert Ier , né vers 602/605, mort le 19 janvier 638 ou 639, est un roi des ... La date de 630 est importante pour l'avenir de ces régions : c'est l'année de la ...

Dagobert 1er (603 - 639) - Le dernier des grands ...
www.herodote.net/Dagobert_1er_603_639_-synthese-625.php
19 janv. 2015 - Dagobert 1er, le dernier des grands Mérovingiens - Le plus brillant des ... La même année, le roi mène une expédition outre-Pyrénées pour ...

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