dimanche 22 mars 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 789

 21 MARS 2015...

Cette page concerne l'année 789 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

DES CULTES PAÏENS A LA RELIGION CATHOLIQUE.

LE SCEAU DE CHARLEMAGNE
De terribles bouleversements sont en train de changer notre société.
Le visage qu'elle avait, nous ne le reverrons jamais plus. Ni nos enfants, ni leurs enfants.
Certains croiront au hasard des choses, d'autres, croiront à la malversation,
mais la plupart diront que c'était notre faute, notre plus grande faute.
Par ce grand dieu qui trône dans nos salons, par cette voix et ces images,
qui nous dicte que penser, ils nous enseignent comment et quand avoir peur,
ils nous montrent qui sont les bons et les méchants. Déjà les coupables se font pointer du bout du doigt, et la hargne nous emplit devant ces individus, d'aussi mauvaise foi.
Bientôt, devant la douleur de nos enfants, nous réclamerons vengeance et sang, comme bien d'autres le firent bien avant. Nous les clouerons au pilori et nous danserons et chanterons autour de leur bûcher. Et quand nous retomberons sur nos pieds, essayant de retrouver notre dignité, nous comprendrons que notre société est disparue et que le visage qu'elle avait, nous ne le reverrons jamais plus. Ni nos enfants, ni leurs enfants.
Cette fois encore, si nous ne pouvons réfléchir par nous mêmes, nous sommes condamnés à croire ce qu'on nous enseigne.
« Pierre De Châtillon 4 mai 2009
www.incapabledesetaire.com »

Depuis l'époque Romaine, la philosophie des peuples anciens a subsisté dans nos sociétés jusqu'au tournant du XXe siècle, avant de finir par s'effacer devant
le nouveau maître, « la science ». Ce n'est pas là un résultat raisonné, mais une action concertée des puissants, qui vise à produire 2 sciences.

Une d’entre elle, continuerait de prendre appui sur le savoir des anciens à travers sa traduction dans le langage scientifique moderne. Ainsi la géométrie des formes au cœur du savoir utilisées par les anciens, ne serait plus qu'une traduction dans un nouveau langage mathématique appelé algèbre, inventée il y a 3 siècles, spécialement élaborée pour éluder le vulgaire et assurer une position dominante aux exégètes choisis de la monarchie...
L'autre science, serait éternellement le raisonnement le plus court entre deux
éléments, laissant sciemment à l'écart, toute question susceptible de troubler ce raisonnement. Ce raisonnent est le résultat, établissant de fait comme ridicule toute déviation du raisonnement et reléguant le scientifique populaire, au rang d'un commentateur technique de la science.

Un système établi depuis 200 ans, mais caractérisé depuis 1960, on apprend aux élèves les réalités mathématiques, plutôt que de les fourvoyer dans les postulats d'Euclide devenus insuffisants et de réserver comme on le faisait jadis aux seuls étudiants des Facultés, l'enseignement du vrai savoir... Ce ne serait pas la peine d'avoir de l'autorité, si l'on n'en faisait pas quelquefois usage et si l'on s'abaissait à discuter avec tout le monde...

L'église ne réfute pas les sectaires, elle les brûle ! Les académies n'ont brûlé
personne, elles n'ont condamné à mort, que des fait déclarés menaçants pour l'orthodoxie.
Elles leur ont refusé la terre et l'eau, c’est-à-dire le droit, de libre et loyale
discussion. Dorénavant, le vulgaire est éduqué dans le cadre strict du rouage qu'il a à occuper dans la glèbe de l'empire des puissants, et possédera, par
l'intermédiaire de l'éducation populaire, une opinion à la prétention éduquée sur tous les sujets, tout en admirant aveuglément les nouveaux dieux du savoir qui ne sont en réalité que des profiteurs d'un génie invisible, ayant appartenu à une autre époque.
Le vulgaire aussi sera de l'opinion que ces vieilles histoires ne sont que balivernes ridicules !... Comment des hommes épars sur la planète ayant 1 000, 2 000, 3 000 ans de moins d'évolution que nous, vivant dans des huttes, (n'est-ce pas là ce qu'on nous a enseigné), auraient pu en savoir plus que nous sur quelque sujet que ce soit ?!

Comment croire qu'un savoir quelconque ait pu passer inaperçu entre les mains des gens de génie qui conduisent notre science moderne, si développée ?!

Alors, un des prêtres, qui était très vieux, lui dit:
Ah ! Solon, Solon, vous autres les Grecs, vous êtes toujours des enfants, et
il n'y a pas de vieillards en Grèce.
Que veux-tu dire par là ? demande Solon.
Vous êtes tous jeunes d'esprit, répondit le prêtre, car vous n'avez dans
l'esprit aucune opinion ancienne fondée sur une vieille tradition et aucune
science blanchie par le temps...

Le génie de notre science ne s'est manifesté que depuis les 3 derniers siècles et celui de notre histoire, depuis les 2 derniers millénaires. Auparavant, c'était le vide incommensurable. Il n'y a que 2 méthodes de présenter le savoir en ce
monde :
Celle de l'ancienne scolastique, qui affirmait certaines vérités, a priori,
auxquelles les faits sont tenus de se conformer, et celle de la science moderne
depuis Bacon, qui part de l'observation des faits et ne construit la théorie qu'après les avoir constatés...
La science de la petite cause :
L'électricité ne provient pas d'une centrale électrique mystérieuse, elle n'est que l'action de mon doigt sur l'interrupteur permettant d'allumer !
Les préceptes de l'éducation moderne concernant le savoir des Anciens sont
simples : Où sont les livres ? Où sont les preuves ?

Les voici les livres !
330 av. J.-C. Début de l'empire Perse Achéménide
330 av. J.-C. Incendie de la bibliothèque de Persépolis par les troupes d'Alexandre le Grand.
240 av. J.-C. Destruction de tous les livres de science et d'histoire par
l'empereur Chinois Tsin Che Hoang.
75 av. J.-C. Destruction des livres Sibyllins des prêtres d’Apollon dans
l'incendie du Capitole.
48 av. J.-C. Premier incendie de la bibliothèque d'Alexandrie par Jules
César.
30 av. J.-C. Début de l'empire Romain
1 apr. J.-C. Destruction des 2 000 volumes d'Oracle par Auguste.

Début de l'histoire des premiers chrétiens
54. Saint Paul à Éphèse brûle en autodafé tous les livres qui traitent de choses curieuses.
Début de l'empire catholique
296. Dioclétien brûle les bibliothèques chrétiennes avec leurs documents
Égyptiennes et Grecs.
300. Les empereurs chrétiens d'occidents brûlent et détruisent les merveilles
du monde antique, dont le temple de Diane à Éphèse et les archives païennes.
389. Théodose brûle les Livres de la Sybille.
490. Deuxième incendie de la bibliothèque d'Alexandrie par les chrétiens.
405. Stilicon détruit les copies des Livres Sibyllins.
410. Ataric pille les bibliothèques de Rome.
600. Les moines Irlandais font brûler 10 000 manuscrits runiques en écorce
de bouleau contenant les traditions annales de la civilisation Celtique.
641.Troisième incendie de la bibliothèque d'Alexandrie par le Calife Omar.
728. Léon l'Isaurien brûle 300 000 manuscrits à Byzance lors de la guerre
des images.
789. Charlemagne interdit le culte des arbres, des pierres, des fontaines, et
prescrit la destruction de tout objet pouvant se rapporter au culte païen.
1221. Gengis Khan brûle les livres de l'antique Djouldjoul, la Thèbes de l'orient.
1200. Destruction des livres des cathares par les catholiques.
XIIe et XIVe siècle. L'inquisition brûle les manuscrits hérétiques et leurs propriétaires avec.
1500. Destruction de la quasi totalité des livres sacrés des Mexicains par
l'évêque Diego de Landa et les conquistadores chrétiens.
1500. Les livres de Garcilaso de La Vega sont brûlés par l'Inquisition.
1566. Le vice-roi du Pérou Francisco Tolédo, détruit une quantité immense
d'étoffes incas et de tablettes peintes ou figure l'histoire ancienne de l'Amérique.
1700. Destruction d'un colombier de papyrus recouvert de caractère magique
par le Père Sicard dans le port d'Ouardan.
1709. L'Inquisition brûle les documents scientifiques de Gusmâo à Lisbonne.
1900 . Mise sous séquestre des tables astronomiques brahmaniques de
Tirvalour par les autorités parisiennes.
1926. Ruine de l'un des plus riches gisements archéologiques du globe : Glozel.
1937 . Mise sous séquestre de la bibliothèque préhistorique de Lussac-les-Châteaux.

Pendant tout son règne Charlemagne lutte contre les vestiges du paganisme pour asseoir la civilisation chrétienne... Pour briser les mœurs guerrières des peuplades qui lui sont soumises, Charlemagne doit avant tout pourvoir à ce que l’anarchie ne domine plus dans le domaine religieux et empêcher les vestiges des cultes Romain, Druidique et Scandinave de contrarier les développements du christianisme et de la civilisation qu’il porte.
Dès le début de son règne en 768, le futur empereur d’Occident indique aux évêques, qu’il transforme en missionnaires, les superstitions qu’ils doivent plus particulièrement combattre, et prononce des peines contre les coupables adorant les arbres, les fontaines ou les pierres...

En 769, peu après son avènement au trône, Charlemagne publie un capitulaire dont le deuxième article est ainsi conçu :

LA FONTAINE DE BARONTON
« Que les prêtres ne versent « le sang ni des chrétiens ni celui des païens. »

Il renouvelle ensuite l’article du capitulaire de Lestines tenu en 743, qui prohibe « sacra Jovis et Mercurii », désignant en fait les divinités Thor et Odin. Il y ajoute une disposition pleine de sagesse, savoir que chaque évêque fera une fois l’an la visite de son diocèse, afin d’instruire le peuple et de se livrer à la recherche et à la destruction de ce qu’il appelle « spurcitiae gentilium » (impureté des païens).

L’esprit de la législation religieuse de Charlemagne se trouve tout entier dans cette première loi : Il transforme chaque évêque en missionnaire, et lui impose l’obligation de balayer hors de son diocèse tout ce qu’il reste de paganisme. L’empereur comprenant que c’est par la prédication et par les travaux apostoliques que l’on peut parvenir à réformer les mœurs publiques, cherche à multiplier le nombre des missionnaires et non à augmenter le zèle de ceux qui existent, car, nous devons le reconnaître, les missionnaires du VIIIe siècle ne sont nullement inférieurs à ceux du siècle précédent...
Saint Boniface (Winefried) qui, secondé par Saint Burchard, commence vers l’année 732 sa célèbre mission en Allemagne avant d’expier par une mort cruelle les succès qu’il a obtenus. Celui-ci déclare en effet principalement la guerre aux débris de l’ancienne religion Germanique, mais ces superstitions ressemblent beaucoup à celles qui proviennent du culte des Romains, et les unes comme les autres doivent être combattues par les mêmes moyens.

Dans les commencements de sa mission, Boniface, effrayé de la grandeur de sa tâche, et incertain sur la direction qu’il doit donner à ses efforts, consulte Daniel, évêque de Winchester, prélat renommé pour sa sagesse, et qui lui-même a guerroyé avec succès contre l’idolâtrie en Grande-Bretagne... Daniel trace pour Boniface un plan de conduite qui révèle dans son auteur une grande sagacité, et qui nous fournit de précieux renseignements sur les pensées des défenseurs obstinés de toutes les superstitions païennes.

Voici les instructions données par Daniel :
1° Il ne faut pas entreprendre de démontrer aux païens que les généalogies de leurs dieux sont fausses. On doit au contraire admettre tout ce qu’ils disent sur ce point, mais conclure de ce que ces dieux sont nés de mariages entre hommes et femmes, qu’ils ont eu un commencement, qu’ils ne sont pas éternels.

2° Demander aux païens si le monde a eu un commencement qui commandait aux hommes avant la naissance des dieux, et si le premier dieu a été engendré, quand et par qui ?

3° Les dieux engendrent-ils encore ?
4° Quel est le plus puissant d’entre eux ?
5° Quel est leur nombre ?

6° En quoi les sacrifices peuvent-ils contribuer au bonheur des dieux ?

Quand on a conduit les païens à reconnaître la fausseté de leurs croyances sur la Divinité, poursuit l’évêque, alors on imprime à la discussion une direction plus élevée et l’on met en parallèle la pureté des dogmes chrétiens avec l’incohérence, la folie et l’immoralité des fables du paganisme.
Il faut enfin faire comprendre aux païens que leur nombre est très petit et qu’il va toujours en diminuant, ce qui prouve que les jours de leur religion sont comptés.
Il est évident qu’en argumentant de cette manière contre les païens, on doit, si la bonne foi exerce sur eux quelque empire, les amener à une complète abjuration de leurs erreurs.

En outre, Saint Wilebrord et Saint Swibert changent, en Frise, 42 temples païens en églises. Charlemagne n’a donc qu’à rendre générale dans tous les diocèses cette guerre contre les superstitions païennes et c’est ce qu’il fait.

Dans le capitulaire d’Aix-la-Chapelle, publié en 789, il prescrit de poursuivre les enchanteurs et les sorciers.
« Quant aux arbres, ajoute-t-il, aux pierres, et aux fontaines où certains insensés attachent des lumières et font d’autres actes de ce genre, nous voulons que partout où cet usage absurde et exécrable à Dieu sera trouvé en vigueur, il soit aboli. »

En 794, il ordonne de couper les arbres et les « luci » ou bois sacrés, dernier asile de l’esprit païen.
Il existe un recueil de lois publiées par Charlemagne et par son fils Louis le Débonnaire à diverses époques de leur règne. Ce recueil intitulé : « Capitula Regum » et « Episcoporum maximeque Nobilium omnium Francorum ad reprimendas neophytorum quasi fidelium adinventiones », ouvrage du moine Angésise.

Voici les dispositions de ce code qui sont applicables aux païens :
« Si dans une paroisse les infidèles allument des flambeaux (faculas), adorent les arbres, les fontaines ou les pierres, le prêtre, s’il néglige de combattre ces habitudes, sera déclaré sacrilège.
Le seigneur du lieu ou les auteurs de ces actes seront privés de la communion, si après un avertissement ils n’ont pas voulu s’amender. »
Il est recommandé aux évêques de déraciner les usages superstitieux pratiqués dans les enterrements.

Parlons maintenant des peines prononcées contre les coupables. Les païens ne pourront intenter une accusation, donner un bien en emphytéose (« bail emphytéotique » est une convention de bail fait pour une durée de plus de dix- huit ans portant sur une terre rurale) à un chrétien ou en tenir un de lui. Cette clause pénale n’a aucun rapport avec le délit qu’elle prétend réprimer, mais il faut remarquer qu’elle est prononcée accidentellement : Le législateur énumère les classes de personnes qui, à raison de leur indignité, ne doivent pas jouir du droit commun d’intenter une action, il nomme les repris de justice, les esclaves, les histrions, les hérétiques, les juifs, et il leur adjoint les païens, moins dans l’espoir de réprimer par cette peine leurs superstitions, que pour tracer sur leur front une marque de réprobation : C’est ainsi que dans une autre loi il place sur la même ligne les incestueux et les païens : Séparer entièrement ces derniers de la société, telle est son intention...

FONTAINE DE KERGOAT
Quant à l’interdiction de donner ou de tenir un bien en emphytéose, elle a pour but de prévenir l’établissement de rapports trop intimes entre les chrétiens et les païens, mais elle est plutôt prononcée contre les mahométans que contre les derniers partisans du culte des Romains.
Les sacrifices et les festins sur les tombeaux ont encore lieu. Les chrétiens qui prennent part à ces festins ou mangent des viandes provenant d’immolations, doivent se purifier de cette souillure par le jeûne ou l’imposition des mains plusieurs fois répétée, « afin que s’abstenant ab idolothytis (des choses sacrifiées aux idoles), ils puissent participer aux sacrements du Christ. »
Charlemagne poursuit par ailleurs avec une grande rigueur toutes les pratiques de l’art divinatoire, qu’il appelle un héritage détestable du paganisme, le nombre de professions créées par cet art n’ayant en effet pas diminué depuis le règne de Valentinien Ier (364 à 375), puisque le futur empereur d’Occident désigne dans ses lois les « Magi, Arioli, Venefici, Divini, Incantatores, Somniorum conjectores ». Mais Charlemagne n’obtient sur ce point pas de meilleurs résultats que ses prédécesseurs.

Ces dispositions législatives sont les seules sur lesquelles il importe de fixer notre attention. Ni dans les lois, ni dans les canons, ni dans les documents historiques de cette époque on ne trouve la preuve de l’existence d’une véritable cérémonie du culte Romain. Sans doute les dispositions légales, qui dans le recueil d’Angésise proscrivent les sacrifices et les festins sacrés, peuvent avoir en vue les sacrifices et les « epula sacra » des partisans de ce culte, mais on n’a aucun motif d’assurer que telle ait été en effet l’intention du législateur.
Nulle part nous ne trouvons la preuve de l’invocation d’une divinité Gréco-Romaine, nulle part nous ne voyons les adorateurs d’une ou de plusieurs de ces divinités clairement indiqués, les noms même de Jupiter et de Mercure, quelle que soit l’incertitude qui existe sur les dieux que ces noms désignent, n’étant plus prononcés par la loi, on doit en conclure que le souvenir du culte des Romains s’efface de la mémoire des prêtres chrétiens. Le moment est donc venu de déclarer le paganisme romain complètement mort...

Notons cependant une exception apparente à cette assertion si formelle que nous ne lisons plus nulle part le témoignage de l’invocation d’une divinité Gréco-Romaine. Il est certain que sous le règne des premiers successeurs de Charlemagne et même que jusqu’au XIVe siècle, Diane est l’objet d’une espèce de culte. Quelle était cette Diane ? Quel était ce culte ? voilà ce qu’il faut examiner.
Dans un capitulaire de Louis le Débonnaire de l’an 867, nous lisons : « Il ne faut pas oublier que quelques femmes scélérates retournant vers Satan et séduites par les illusions et les fantômes des démons, croient et disent que montées sur des animaux et en société de Diane déesse des païens et d’une innombrable multitude de femmes, elles parcourent pendant le silence d’une nuit tranquille des espaces immenses, qu’elles obéissent à Diane comme à leur maîtresse, et que pendant certaines nuits elles sont appelées pour la servir... Plût au ciel que ces misérables périssent seules dans leur perfidie, et qu’elles surentraînent pas à leur suite un grand nombre de personnes dans la mort de l’infidélité ! car une multitude innombrable trompée par cette fausse croyance et lui accordant une foi trop grande, dévie de la foi véritable pour revenir à l’erreur des païens. »

On a dit que cette loi n’est que la reproduction d’un décret du pape Damase inséré par Gratien dans sa collection et cité par Saint Augustin dans son traité « De l’esprit et de l’âme » mais les critiques ont sans peine reconnu que le décret de Damase et le traité d’Augustin appartenaient à des époques postérieures à celles où vivent ces deux personnages... Il n’y a donc aucune raison pour ne pas regarder le capitulaire de Louis Ier le Débonnaire comme un document original, et destiné à combattre une croyance superstitieuse qui, semble-t-il, a été importée dans les Gaules par les Francs.

En effet, on n’aperçoit dans la mythologie Greco-Romaine rien qui ressemble à ces courses nocturnes et mystérieuses d’une multitude innombrable de femmes entourant et servant un être supérieur soit Diane, soit tout autre, et au contraire une superstition analogue existe dans la religion du Nord.

Nous ne parlons pas ici des chasses aériennes et nocturnes d’Odin escorté par les Ases, mais des courses de ces femmes que l’on désigne sous le nom de Troll dont l’acception est si étendue. Les peuples du Nord donnent ce nom à toutes les formes que le mauvais Génie peut revêtir, et particulièrement aux sorcières, aux femmes qui par des moyens magiques se procurent l’appui des démons, qui courent dans l’air pendant la nuit, ou qui, pour nuire aux hommes, prennent la forme d’animaux. Trollkona est la protectrice et la compagne de ces sorcières. C’est elle qui un jour se présente à Hédin prince Norvégien, montée sur un loup qu’elle conduit avec des serpents au lieu de guides, et qui lui promet de l’accompagner. Ces croyances sont populaires dans toutes les régions où domine le culte d’Odin, et quand l’idolâtrie régnait encore en Islande, Geirrida était publiquement accusée comme sorcière noctivaga...

Les Francs apportent dans les Gaules l’idée de ces courses aériennes et nocturnes, et celles des comices et des festins célébrés par les démons et les sorcières sur les montagnes, car, répétons-le, rien de semblable ne se trouve ni dans la religion druidique ni dans la religion romaine. Ces idées fructifient dans cette contrée, parce que depuis un temps ancien le druidisme avait attribué aux femmes inspirées une série de pouvoirs surnaturels.
Les prêtres chrétiens, conformément à un usage que nous connaissons, entendant parler de Trollkona, c’est-à-dire d’une déesse qui habite les forêts et les parcoure montée sur un loup, ne croient pas pouvoir lui donner un nom plus convenable que celui de Diane.

Le culte des eaux est l'un des plus vieux cultes du monde. Chez les Grecs et les Romains, comme chez les Gaulois et les Germains, on vénère les sources et les eaux dormantes qu'habitaient des génies tutélaires ou des nymphes.
En France, à la veille de la Révolution, quantité de fontaines sont encore l'objet de pèlerinages. La source sacrée des temps païens est devenue pour les chrétiens une Source Sainte. A la divinité païenne a succédé un saint.

A quelle époque et de quelle manière se fait ce grand changement ? On ne s'en est pas beaucoup inquiété jusqu'ici, l'opinion commune étant que les saints ont succédé aux dieux du paganisme comme la croix aux statues de Jupiter ou de Mercure. Le monothéisme des chrétiens a composé dès le IVe siècle avec le panthéon des païens pour attirer plus facilement à lui le peuple des campagnes.

Je prendrai comme point de départ de mes remarques deux passages des œuvres de Grégoire de Tours :
Au second chapitre du livre écrit à la gloire des confesseurs, l'historien de la Gaule évoque un sombre lac des montagnes du Gévaudan qui est, une fois l'an, le théâtre de scènes étranges.... On y fait des libations et on jette au fond des eaux du linge, des pièces de vêtements et quantité d'objets. On festoie pendant 3 jours, puis une pluie diluvienne, accompagnée de grêle et d'éclairs, clôture la fête en obligeant les paysans à rentrer chez eux.
Or une inspiration divine donne à l'évêque de Mende le moyen de mettre un terme à ces survivances du paganisme.

Le prélat fait construire dans la région, mais assez loin des rives du lac, une église dédiée à Saint Hilaire qui finit par détourner vers elle les pèlerins et leurs présents, et les tempêtes maléfiques cessent. Il faut noter qu'à cette époque, au VIe siècle, on ne doute pas de la réalité des prodiges accomplie par les anciens dieux.
Leur présence est encore assez redoutable pour que l'on veille à ne point placer un sanctuaire chrétien sur les rives mêmes du lac. On le construit à bonne distance et le vocable de Saint Hilaire n'est pas donné au lac...

Au contraire, dans son livre sur les miracles de Saint Julien, aux chapitres 3, 25 et 40, Grégoire parle sans aucune crainte de la fontaine de Brioude qui est illustrée non par les anciens dieux mais par un héros chrétien. Saint Julien a été décapité près de cette fontaine qui est à 1.800 mètres de Brioude. Le bourreau a jeté la tête du martyr dans la fontaine et, depuis lors, celle-ci accomplit des miracles... Grégoire dit que l'eau de cette fontaine l'a guéri lui-même de violentes douleurs de tête et il approuve l’évêque de Limoges de n'avoir pas craint de consacrer un autel en y enfermant une fiole remplie de l'eau miraculeuse parce que celle-ci a le même pouvoir que de véritables reliques... Elle a touché le saint et celui-ci lui a conféré toute sa puissance.
DIANE
En France, on compte sur les doigts de la main les sources qui ont le privilège, comme à Brioude, de receler le corps d'un martyr et qui sont ainsi christianisées dès les premiers siècles. Or, on peut estimer à plus de 6 000 les sources et les fontaines qui, dans toute la France, ont fait pendant longtemps l'objet de pratiques superstitieuses et qui n'ont été vouées à Dieu et aux saints que plus tard.

On le sait grâce aux enquêtes dont ces sources ont été l'objet depuis un siècle dans la plupart de nos provinces. Ces patientes recherches apprennent d'abord que bon nombre de fontaines sacrées n'ont jamais été christianisées. Elles ont gardé jusqu'à nous leurs noms païens.
En Seine-et-Marne, ainsi que l'indique le Dictionnaire topographique de ce département, on trouve une « Mare au Diable », comme dans le Berry de George Sand, et quantité de sources aux toponymes caractéristiques, 2 « Fontaines aux Fées », 2 « Fontaines aux Dames », 3 « Fontaines aux Malades », 1 « Fontaine des Miracles » et 1 « Fontaines des Fièvres ».
Dans la même région, le vocable de saint Martin appliqué à des eaux vives ou dormantes se rencontre 17 fois, mais une trentaine d'autres vocables se rapportent à des saints et à des saintes ayant vécu au VIIe siècle ou aux siècles suivants.

La mutation des sources sacrées en sources saintes n'est donc opérée que plus tard. Comme l'a noté il y a près de 15 ans M. Roger Lecotté dans ses intéressantes Recherches sur les cultes populaires dans l'actuel diocèse de Meaux, le vocable de la fontaine christianisée a été souvent emprunté à la paroisse ou au prieuré le plus proche. De même, ce n'est pas avant le début du Moyen-Âge qu'apparaissent en Bourgogne et en Aquitaine les lanternes des morts, transposition géniale des feux de carrefour de l'antiquité païenne en image de la foi des chrétiens dans l'immortalité de l'âme. Ces merveilleuses transformations de la piété populaire ne sont pas dues au peuple, comme l'ont cru les folkloristes du siècle dernier, mais à des clercs et, surtout, aux religieux des prieurés que les grandes abbayes Bénédictines ont fondé en si grand nombre dans toutes les régions de France à partir du XIe siècle.

Un texte édité par Mabillon (Ada Sandorum Ordinis Sancti Benedicti, saec. vi, Pars 2, p. 175 et suiv.), les Miracula Sancti Theobaldi, montre comment on sanctifiait une source à la fin du XIe siècle, comment aussi on prépare un puits sacré pour l'organisation de futurs pèlerinages et de futures guérisons.
L'ermite Saint Thibault, originaire de Provins, meurt en Italie, à Vicence, en 1066. Il est canonisé par le pape dès l'année 1073. Arnould, son frère, qui est abbé de Saint-Pierre de Lagny, fait venir dans son monastère, vers 1078, les restes du bienheureux... Un mendiant du voisinage a alors un songe. Saint Thibault réclame un sanctuaire en son honneur dans la forêt de Lagny. Au lieu indiqué par le saint, le mendiant trace sur le sol l'emplacement de la future église et il commence de creuser au centre le puits « qui permettra aux infirmes, dit le texte, de trouver là un remède à leurs maux ».

L'abbé de Lagny a d'abord accueilli avec scepticisme les révélations du mendiant. Il est obligé de se rendre à l'évidence quand il voit le puits s'emplir d'une eau bouillonnante. Il n'en agit pas moins avec une grande prudence. Il « sanctifia » l'eau en y plongeant un os du bras de Saint Thibault ainsi que les reliques d'un grand nombre d'autres saints. Cette piété entendue reçoit tout de suite sa récompense.
Une femme d'un village voisin, Torcy, aveugle depuis 7 ans, recouvre la vue en se baignant le visage dans l'eau du puits de Saint Thibault.
Des découvertes récentes dans la basilique de Saint-Denis et à la cathédrale de Rouen ont rappelé que des puits de cette sorte existèrent dans les cryptes de beaucoup d'églises, depuis Chartres et Tournus jusqu'à Saint-Gilles-du-Gard, mais on a généralement ignoré de nos jours leur véritable nature...

Le culte de l'arbre a une très ancienne origine et se retrouve chez de nombreuses populations primitives et dans les civilisations du monde entier.
Aussi ancien que le culte des pierres et des eaux, le culte des arbres est pratiqué par nos ancêtres, et cela nous est confirmé par le poète latin Lucrèce qui vit près d'un siècle avant l’ère chrétienne et qui écrit « Nos premiers aïeux habitaient les bois, les anfractuosités des montagnes et les forêts pour se soustraire au fouet des vents et de la pluie.... en ces temps ou la force de la végétation ne laisse à l'homme qu'une existence chétive et misérable.... les hommes vénèrent son aspect lugubre, son silence, la majesté de ses arbres, leur longue vie....à cette adoration se mêlent des sentiments de crainte, d'utilité et par suite de recueillement, de piété. »
Camille Julian dit « Les Ligures imitent leurs ancêtres, ils vénèrent les arbres les plus puissants de leur pays... les hêtres et les chênes... et peut être le hêtre fut-il l'objet d'un culte plus intense ».

Les Perses vénérent le dattier et l'olivier, ils couvrent les platanes de clous, de loques et d'ex-voto, ils allument des cierges et brûlent de l'encens au pied des cyprès.

Les Hindous adorent le Palmier, leurs textes font mentions d'Arbres sacrés, Arbres des démons, Arbres de Dieu, Arbres de Bouddha, Arbres de la
connaissance...

En Grèce, la vénération des arbres est liée au culte des Dieux et des Héros : l'Olivier de Minerve, le Laurier d'Apollon, la Myrte de Vénus, le Pin de Bacchus, le Frêne de Mars, et le Chêne de Zeus. Les sanctuaires primitifs d'Israël sont établis autour d'une pierre divine, d'une source ou d'un arbre sacré.

Les Ligures et les Celtes vénèrent principalement les chênes et les hêtres.
Pour les peuplades Scandinaves le chêne personnifie le Dieu Thor, ce culte est adopté par les Romains, qui identifient les dieux Gaulois avec leurs propres dieux, et comme le dit Maurice Crampon
« Odin-Wodan devient Mercure, Freya devient Vénus, et Thor le dieu de la Trinité païenne devient Jupiter et le chêne sacré de Thor devient le chêne sacré de Jupiter »

Quand l'Empire Romain se convertit au christianisme, au IV siècle, tous les arbres sont sacrés et divers conciles, ceux d'Arles, d'Orléans, de Tours, de Nantes entre autres condamnent « ceux qui adoreront les arbres, les fontaines et les pierres. Ils se rendront coupables devant Dieu... Les pasteurs devront chasser de l'église quiconque ira porter des vœux aux pierres, aux arbres, aux fontaines... » ailleurs il est dit « Défense d'observer les superstitions païennes sous peine de 15 sols d'amende » 30 articles sont consacrés aux sacrifices dans les bois, sur les pierres, et aux fontaines.

En 598, le Pape Saint Grégoire écrit à la reine Brunehaut : … « Empêchez le culte des arbres et des idoles, de même que les sacrifices d’animaux. N’est-il pas affreux d’entendre dire que plusieurs Chrétiens vont aux églises sans renoncer au culte des démons… »

Cependant comme le dira Saint Augustin « Il en est des bois sacrés, comme des gentils, on n'extermine pas ces derniers, on les convertit, on les change... De même on ne coupe pas les bois sacrés, on les consacre à Jésus-Christ »
Alors nous dit Crampon, l'impulsion était donnée « L’œuvre de christianisation commencée sporadiquement par les premiers apôtres, au temps de la Rome païenne, est désormais consacrée officiellement par les princes de l’Église, elle va être continuée avec ardeur par les pasteurs zélés. Ils substituent aux arbres et aux pierres sacrées des croix et de petites chapelles, ils placent des reliques dans les troncs vénérés, ils accrochent des niches de la Vierge sur les écorces effritées par le temps, ils entaillent des croix sur les plus gros végétaux »

Ces dévotions peu banales, sont assez répandues en Picardie, Hainault et Wallonie, Angleterre, Pays de Galles, Irlande, comme aussi en d’autres régions, mêlant le culte chrétien avec les adorations païennes qui l’ont précédé.

Au bord de la route dans la forêt, en roulant un peu vite on voit une décharge sauvage. Non ce n’est pas une décharge sauvage, mais un « Arbre à Loques » c’est à dire un sanctuaire un peu particulier, l’oratoire et l’arbre à loques de Saint-Claude.
ARBRES A LOQUES
Au XVe siècle, une épidémie de peste s’est arrêtée à ce lieu précis où existe un oratoire dédié à Saint-Claude. La ferveur populaire y a vu un signe et cet endroit est devenu sacré, ainsi que l’arbre tout proche. On pense qu’en fait l’arbre était présent bien avant l’oratoire et que celui-ci a été construit afin de détourner les dévots de la survivance des cultes Celtes des arbres.

L’oratoire est détruit à la Révolution, puis l’arbre est tronçonné et brûlé par des vandales en 1992, reste le moignon et les nouvelles pousses, suffisants pour continuer à attirer les superstitieux, un nouvel oratoire à été construit récemment, abritant une statue de Saint-Claude, deux statues de la Vierge, des Ex-votos, etc...
Saint-Claude est réputé guérir les maladies de la peau comme les furoncles et les bubons, et aussi la claudication donc les boiteux, les claudiquant, localement les "gleudiquants", d’où Saint Gleude !


Persée : Sources sacrées et sources saintes
www.persee.fr/web/revues/.../crai_0065-0536_1967_num_111_4_1217...
de J Hubert - ‎1967 - ‎Cité 4 fois - ‎Autres articles
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Charlemagne lutte contre les - La France pittoresque
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19 nov. 2012 - Culte romain, druidique - Histoire de France et Patrimoine ... par saint Burchard, commença vers l'année 732 sa célèbre mission en ... Dans le capitulaire d'Aix-la-Chapelle, publié en 789, il prescrit de poursuivre les enchanteurs et les sorciers. « Quant aux arbres, ajoute-t-il, aux pierres, et aux fontaines où ...

Arbres sacrés christianisés | www.les-oratoires.asso.fr
www.les-oratoires.asso.fr/arbres-sacres-niches-darbres
Le culte de l'arbre a une très ancienne origine et se retrouve chez de nombreuses ... Aussi ancien que le culte des pierres et des eaux, le culte des arbres était ..... elle porte la date de 1456, année de la réhabilitation de Jehanne d'Arc. Elle ...









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