jeudi 26 mars 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 785

25 MARS 2015...

Cette page concerne l'année 785 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

UNE ARDUE CONVERSION POUR VIDUKIND

WIDUKIND
Le plus grand effort de la puissance de Charlemagne se porte contre les Saxons, nation sauvage jalouse de son indépendance, et animée contre les Francs, ses voisins, d’une haine irréconciliable. Pépin le Bref les a vaincus (758), leur a imposé un tribut de 300 chevaux, et a tenté de répandre parmi eux le christianisme.

M. Mignet, dans un savant mémoire sur l'introduction de l'ancienne Germanie dans la société civilisée de l'Europe Occidentale, indique avec sa raison précise le motif impérieux qui pousse ainsi le roi des Francs vers la Germanie :
« Charlemagne, dit-il, comprend encore mieux que son père et que son aïeul combien il  importe à la sécurité de son empire de civiliser les peuples demeurés barbares sur ses limites, et de faire entrer ces peuples dans la communauté Européenne.
Aussi ne se contente-t-il pas d'envoyer au milieu d'eux des missionnaires, il s'y rend lui-même à la tête de ses armées.
L'entreprise ainsi conduite doit avoir un succès certain... « Mais ce succès est lent, à cause de la résistance prolongée et désespérée que lui opposent ces populations longtemps indomptables, toujours battues,  jamais soumises. »

La confédération Saxonne, qui a succédé aux Francs en Germanie, est partagée en 4 principales tribus, et a les mœurs, la fière valeur des anciens Germains...
Campés pour ainsi dire entre l'Elbe et la Weser, les Saxons, à mesure que les Francs ont fait un pas en Gaule, se sont eux-mêmes rapprochés de l'Occident et touchent presque au Rhin. Mettre un terme à ce perpétuel mouvement des populations Européennes, placer une barrière entre l'empire et les barbares à peine arrêtés à l'orient vers la Vistule, telle est la mission que Charlemagne se propose, et, son énergie, les efforts d'un long règne suffisent à peine pour contenir dans leurs forêts ces guerriers intrépides qui veulent chercher fortune à travers le monde...

Les Saxons, arrachés à un grossier paganisme, se convertissent au christianisme, la nationalité Germanique se fond aux autres tribus Franques par la puissante intervention de leur chef : Dès lors un invincible obstacle arrête les bouleversements de l'Occident...

Dans cette lutte Charlemagne déplie une fermeté pleine de violences, le glaive plus que la parole est employé dans les conversions qu'on obtient à diverses reprises, mais, pour vaincre tant d'opiniâtres résistances, pour subjuguer cette nationalité, nulle voie moins impitoyable ne s'ouvre à la volonté de l'empereur d'Occident, il doit vaincre, les développements de la société Européenne sont intéressés  à ses triomphes, et cette nécessité supérieure se traduit dans l'action  en cruelles mais inévitables rigueurs...
Enfin, il doit combattre un adversaire dont l'intrépidité, la vigueur, l'infatigable activité exigent  toutes les ressources de son génie... Witikind paraît en 772 à la tète des Saxons, et, jusqu'au jour où il se réconcilie avec Charlemagne en recevant l'eau du baptême, il ne quitte plus un instant le champ de bataille, ou du moins, s'il s'en éloigne par moments, c'est pour chercher des  ennemis au roi des Francs.
Celui-ci vient de renverser le glorieux symbole de l'indépendance Germanique, le monument d'Arminius ou plutôt d'Hermann, l'héroïque chef qui arrêta les légions de Varus, lorsque Witikind appelle les Saxons aux armes et les conduit contre  les bandes de Charles... Défait, il se retire, puis il reparaît en 776 avec de nouveaux  soldats.
Charlemagne l'emporte encore, il oblige les Saxons à implorer sa miséricorde et à recevoir le baptême. Witikind seul s'abstient d'y venir et, tandis que ses compagnons fléchissent devant la fortune du chef des Francs, il se rend dans le Nord vers Sigefroid. roi des Danois, et lui montre la route du Midi, le chemin de l'empire de Charlemagne. La guerre recommence les Saxons marchent de nouveau contre lui, il accourt et les oblige à fuir.

En 780 l'insurrection éclate de nouveau, plus générale, plus forte que lors des guerres précédentes : Cette fois la victoire favorise Witikind, qui, dans cette campagne. remporte une complète victoire au pied du mont Sonnenthall sur  les rives de la Weser.
Charlemagne revient en Germanie, et, pour l'emporter sur cet ennemi, il se décide à une guerre d'extermination, puis il s'établit au milieu des forêts et des marais de Germanie, s'opiniâtre à y rester malgré l'hiver, et enlève à ses ennemis leurs derniers refuges, les bois où ils se cachent après la défaite, les marais derrière lesquels ils se retranchent.
Il ne quitte cette contrée qu'après l'avoir réduite à une obéissance absolue : Les vaincus reçoivent le baptême, des sièges épiscopaux, confiés à des hommes habiles, sont fondés dans 8 villes, à Brême, Halberstadt, Hildesheim, Verden, Paderborn, Minden, Osnabruck et Munster, les terres sont distribuées au clergé, enfin des moines, des serfs, des artisans appelés de la Gaule  remplacent les populations chassées du territoire.

Les Saxons sont soumis, mais leur chef, la voix éloquente qui si souvent les a soulevés, le bras courageux qui a tant combattu pour cette cause, Witikind a une seconde fois fui dans le Nord... Charlemagne, plutôt que de s'engager dans une lutte désespérée, cherche à le rattacher à sa domination, au lieu d'armées nouvelles, il lui envoie des prélats chargés de lui porter des paroles de foi et de conciliation : Le chef saxon accueille volontiers ces messagers de paix, et bientôt, plein de confiance, il vient avec l'un des chefs Saxons, trouver Charlemagne à la ville royale d'Attigny sur Aisne.
BAPTÊME DES SAXON
Son cœur s'est enfin ouvert au christianisme, Witikind consent à se faire baptiser.
Le fier Saxon, couvert de la robe blanche des néophytes, accompagné de plusieurs guerriers qui imitent l'exemple qu'il leur donne, s'agenouille devant la croix et se relève chrétien. Charles, ses leudes, toute la cour du roi des Francs assistent à ce nouveau triomphe de l'Évangile sur la barbarie... L'encens s'élève en nuages dorés, les bannières et les étendards s'agitent, l'évêque invoque Dieu et répand l'Eau Sainte sur le front des Saxons :
l'Église, en ouvrant les portes du temple à Witikind et à ses compagnons volontairement courbés sous la bénédiction épiscopale, affermit par la religion les conquêtes de Charlemagne, elle prend possession de la Germanie comme autrefois elle se sont emparée des Francs en donnant le baptême à leur chef Clovis.
La conversion de Witikind est sincère, il pratique avec une pieuse exactitude la religion qu'il a acceptée. Nommé par Charlemagne duc de Saxe il rentre en Germanie, le chef Saxon reste fidèle à ses engagements, désormais il ne prend plus part aux mouvements qui appellent à diverses reprises l'empereur d'Occident dans la Saxe du Nord...

Isembart von Sachsen ou Wittekind ou Witukind ou Witikind ou Widukind Ier de Saxe, dit le Grand, naît vers 755, fils de Werneking de Saxe, Roi des Saxons, et de Gundelinde, Princesse de Rugie. (noblesse Westphalienne)

Widukind Ier de Saxe épouse en 773 Théodrade de Herstal, fille de Bernard de Herstal, Comte de Saint-Quentin et d'Autun. Leurs enfants sont :
  • Hasala de Saxe (née en 773), qui épouse vers 779 Brno Ier de Saxe,
  • CHÂTEAU DE WIDUKIND
    Wigbert de Ringelheim (780-827) qui épouse en 804 Odrade ou Ourada, fille du comte Waltbert,
  • Gerswinde de Saxe (vers 782-à 834),
  • Heilwige de Saxe (785-833 ou 838).

Toujours vaincus par lui, les Saxons se révoltent toujours contre le joug impérial, il faut que le chef des Francs passe tout un hiver à poursuivre les tribus Saxonnes pour les réduire complètement.
Afin d'arrêter leurs menaçantes invasions, Charles se jette lui-même au milieu des forêts Germaniques et va chercher les barbares chez eux pour en épuiser la source.
Il a rencontré des ennemis dont l'activité l'effraie, et il sent que la sûreté de l'empire dépend de ses victoires.

Seulement le christianisme est pour eux la religion de l’esclavage, et c'est par l’incendie de l’église de Daventer, bâtie sur la frontière, qu’en 772, ils déclarent la guerre à Charlemagne. Celui-ci leur répond sur-le-champ en livrant aux flammes, près de Detmold, leur grande idole d’Erminsul (Hermann-Safile, colonne d’Arminius ou d’Hermann)...

La guerre ainsi engagée ne dure pas moins de 33 ans, et Charles a jusqu’à 12 campagnes à faire contre les Saxons.

La plus glorieuse et la plus décisive de toutes est celle de l’année 785, qui amène enfin la soumission de Witikind... Ce chef intrépide est, depuis 8 ans, l’âme de la résistance nationale. Plusieurs fois il a été forcé de fuir chez les Normands, et,toujours il a reparu pour exciter à la révolte les belliqueuses tribus de la Westphalie.
Vaincu sur les bords de la rivière Hase (783), et entraîné par l’exemple de son peuple, qui vient tout entier de déposer ses armes aux pieds du vainqueur, il renonce enfin à prolonger une lutte inutile, et consent à recevoir le baptême.
C'est à la diète de Paderborn que Charlemagne reçoit la soumission des Saxons. Witikind le suit à son palais d’Attigny, où il est baptisé.

En 777, Charlemagne retourne en Saxe pour mâter la rébellion des Nordalbingiens (Transalbins : Peuple germanique du Moyen Âge établi près de l'embouchure de l'Elbe, en Germanie)..
Le retour rapide de Charlemagne les surprend et les oblige à capituler.
Widukind Ier de Saxe se sauve au Danemark car il voit que son opposition est inutile...
la même année les nobles Saxons participent à l'assemblée de Paderborn en tant que vassaux du roi. Ils acceptent de se convertir au christianisme...
Charlemagne entreprend quand même la fortification de la Westphalie et de la Thuringe afin que les églises soient à l'abri des incursions de ces vandales...

Quand Charlemagne part en Espagne en 778, Widukind Ier de Saxe revient et, faisant confiance à l'amour des Saxons pour l'indépendance, organise une guerre de vengeance. Les hordes de Saxon pillent et dévastent la région du Rhin moyen, et menacent même Fulda, de sorte que les moines doivent se sauver, emportant les restes de Saint Boniface.
Charlemagne ne peut lancer une offensive très importante contre les Saxons. Il mobilise les Francs de l'Est et les Alamans et les envoie en Westphalie.

Au printemps 778, parti de Casseneuil au confluent du Lot et de la Garonne (c'est à une dizaine de kilomètre de chez moi), Charlemagne se rend en Espagne avec une armée considérable et puissante. Les Francs passent les Pyrénées pour la première fois sans la moindre difficulté, les Basques, soumis en apparence mais alliés des Aquitains, n'étant pas assez forts pour attaquer...

Charlemagne apprend que Widukind Ier de Saxe s'approche du Rhin.
Charlemagne ne peut pas faire le siège de Saragosse. Il n'a plus qu'une hâte : Se sortir du guêpier Espagnol et repartir vers la France et vers les Saxons.
Charlemagne lève alors le siège et reprend le chemin de Pampelune avec des otages musulmans, qui sont libérés par un coup de main à l'entrée de la Navarre... Par représailles, l'armée de Charlemagne rase les remparts de Pampelune.

Charlemagne reprend le chemin du nord. Au passage des Pyrénées, les hommes et les bêtes empruntent en file indienne des cols aux pentes escarpées.
Le 15 août 778, pour se venger des destructions de Pampelune, les Basques tendent une embuscade à l'armée de Charlemagne de part et d'autre du col de Roncevaux.

En 782, Charlemagne entreprend de gérer la Saxe. Pour cela, il la divise en comtés, sous la responsabilité de nobles saxons. Pour lui, la Saxe est entièrement et totalement soumise. Widukind Ier de Saxe doit s'enfuir de nouveau au Danemark.
Une fois de plus, Widukind Ier de Saxe revient pour se joindre à un nouveau soulèvement, convainc ses partisans de piller les églises et de massacrer les Francs, au nom des dieux Germaniques. Willihad, le premier évêque de Brême, est obligé d'abandonner son travail missionnaire. Tous les Francs ou presque sont exterminés...

Charlemagne accourt en Saxe, ordonne aux chefs saxons de lui livrer les rebelles. Il pense ainsi mâter toute tentative de rébellion... Widukind Ier de Saxe n'a plus la nation entière Saxonne de son côté. En effet, un fort parti Franc a pris naissance.
Widukind Ier de Saxe doit de nouveau se sauver au Danemark. Il tente de persuader les habitants de la zone nordique de l'Elbe et les Frisons de se joindre à la révolte... Revenant en Saxe, Charlemagne extermine tous les Saxons qu'il rencontre. Rien ne lui résiste et il atteint le nord de la Saxe, le territoire des Nordalbingiens.
Seul Widukind Ier de Saxe est introuvable. On lui fait savoir qu'en cas de reddition, il ne sera pas tué... Charlemagne, ayant vu qu'il est le principal esprit de la résistance, cherche par tous les moyens à l'inciter à se soumettre paisiblement.
En 784, Widukind Ier de Saxe accepte de se rendre. Il est baptisé avec plusieurs de ses compagnons, à Attigny et Charlemagne accepte d'être son parrain.
Croyant que l'opposition Saxonne est cassée, le pape décide même d'une action de grâce. Bien qu'heureux de cette victoire du christianisme sur les païens, Charlemagne sait que les Saxons ne se laisseront pas christianiser aussi facilement que les apparences le laissent supposer. C'est pourquoi il instaure le capitulaire « de Partibus Saxonis », où il oblige les Saxons à respecter les chrétiens et à se convertir au christianisme, sous menace de mort. Il entreprend ainsi la conquête religieuse de la Saxe... Dès lors, on n'entend plus parler de Widukind Ier de Saxe.

Widukind laisse en Germanie un nom populaire autant que celui de l'héroïque Hermann : Des races royales ont fait remonter jusqu'à lui leur origine, et même, selon certaines traditions, Witikind, par un singulier retour de fortune, serait le chef de cette famille des Capétiens qui doit remplacer un jour sur le trône la dynastie Carolingienne.
Charlemagne. Après 33 années de guerre, demeure enfin maître. Mais dans cette grande lutte ses adversaires se sont servis contre lui d'une arme qui doit être fatale à sa race : Witikind réconcilié laisse, pour venger sa nationalité vaincue, les Normands, dont il a été autrefois réclamer l'alliance et qu'il a conduits vers l'empire de Charlemagne.

Widukind Ier de Saxe devient bientôt un des héros de légende :
Il apparaît comme un grand constructeur d'églises. Les temps médiévaux ont considéré Enger, près de Herford, comme le lieu de sa mort...

Humbert Ier de Savoie, dit Humbert aux Blanches Mains, en italien Umberto Ier de Savoie Biancamano, naît en Maurienne entre 970 et 980, fils d'Amédée de Provence.
Selon une légende fabriquée vers la fin du XVIe siècle pour les princes de la Maison de Savoie afin de prouver leur origine Saxonne et donc leur droit à ceindre la couronne impériale, le vrai père d'Humbert Ier de Savoie serait un certain Bérold, prince Saxon, descendant du fameux Widukind Ier de Saxe, le vaillant antagoniste, puis ami de Charlemagne qui aurait fui le Saint-Empire pour se réfugier dans le royaume de Provence après avoir été accusé d'amour impossible avec la femme de l'empereur... Une autre légende voudrait qu'il soit le fils de Gérald de Genève (né en 942).


Witiking reçoit le baptème. 785
www.vallee-du-ciron.com/Documents/Ouvrages/.../785.Witiking.htm
Année : 785 ... Il avait rencontré des ennemis dont l'activité l'effrayait, et il sentait que la ... M. Mignet, dans un savant mémoire sur l'introduction de l'ancienne …

Histoire de France: servant de texte explicatif aux ...
https://books.google.fr/books?id=AkdSAAAAcAAJ
1839
La plus glorieuse et la plus dé— cisive de toutes fiit celle de l'année 785, amena la soumission de Witikind. . Ce chef intrépide était, depuis huit ans, l'âme de la ...

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