mardi 19 janvier 2016

EN REMONTANT LE TEMPS... 497


2 JANVIER 2016...

Cette page concerne l'année 497 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

L'EMPEREUR ANASTASIUS VAINC LES ISAURIENS

L’Isaurie est une région historique d’Asie Mineure, située sur les monts Taurus dans l’actuelle Turquie, entre la Phrygie (au nord), la Cilicie (au sud), la Lycaonie (à l’est) et la Pisidie (à l’ouest).
Elle tire son nom d’un ancien peuple d’origine Anatolienne et de ses implantations jumelles : Nea et Palaia-Isaura.
Pline l'Ancien cite comme villes à l’intérieur de l’Isaurie : Isaura, Clibanos, Lalasis. Les Isauriens sont un peuple Indo-Européen qui a d’abord vécu sous domination Hittite : Assyriens et Égyptiens les connaissaient sous le nom de Ussa.

Aux tribus Anatoliennes de cette région, se sont mêlées des populations Iraniennes et Phrygiennes (de langue thraco-illyrienne).
Après la chute de l’empire Hittite, les Isauriens accueillent des Cimmériens au VIe siècle av. J.-C. et se mêlent à eux. Ensemble ils tiennent en échec l’Empire Lydien, gouverné par Crésus, puis s’allient aux Perses, et l’Isaurie est intégrée à leur empire par Cyrus le Grand (546 av. J.-C.)... Elle forme une satrapie (province Perse tenue par un gouverneur : Satrape) jusqu’aux conquêtes d’Alexandre le Grand.
Quand la capitale Isaura (plus exactement Palaia Isaura : L'ancienne Isaure, au pied du mont Taurus), est assiégée par Perdiccas, gouverneur de Macédoine au IVe siècle av. J.-C., les Isauriens brûlent la ville plutôt que de la rendre.
Région rebelle à l’autorité Grecque d’Alexandre le Grand, des Séleucides et du royaume de Pergame, l’Isaurie est conquise en 76 av. J.-C. par le consul Romain Publius Servilius Vatia, alors surnommé Isauricus, mais Valerius Maximus la décrit comme « une région sauvage habitée par des bandes de brigands » et Pline l'Ancien cite aussi « les pillards sauvages des monts Taurus » : L'Isaurie reste globalement insoumise et n'est définitivement incorporée à l’Empire Romain qu'en 279-280, sous Probus. Hellénisée et christianisée au IVe siècle, l’Isaurie devient une province Romaine du diocèse d'Asie. À la période Byzantine elle est frontalière avec le monde musulman et fournit à l’Armée Byzantine ses meilleurs guerriers, elle est aussi le berceau des empereurs Zénon et Léon III dit l’Isaurien.

Malgré leur résistance, l’Isaurie est conquise en 1071 par le Sultanat seldjoukide de Roum (« des Romains » en Turc, c'est-à-dire « des Byzantins ») puis, à l'époque des beylicats, échoit au sultanat des Karamanides, puis, après 1390, à celui des Ottomans.
L’Isaurie est l'une des premières régions d'installation des Turcs en Anatolie, et la population autochtone, très clairsemée par les guerres Turco-Byzantines et par les pillages répétés, devient elle aussi Turque et musulmane pour ne plus payer le haraç : Impôt sur les non-musulmans, et pour ne plus subir le devchirmé : Enlèvement des garçons pour le corps des janissaires).

Dès le XIVe siècle, l’Isaurie est entièrement Turque. C'est aujourd'hui une région agricole partagée entre les provinces Turques de Konya, Aksaray et Niğde.

Anastase voit enfin cette année finir à son avantage la guerre contre les Isauriens « après qu'elle ait duré 6 ans. « Longin frère de Zénon et Athénodore sont tués avec tous ceux qui les supportent ayant été pris dans une ville où Jean le Scythe les tenait assiégés.
Ce Général fait couper la tête aux deux Chefs, les envoie à Constantinople avec quelques prisonniers. Il semble qu'Athénodore au moins ait été pris vif... Anastase lors des jeux du Cirque, fait passer comme en triomphe les têtes et les prisonniers. Les têtes sont ensuite portées au faubourg de Syques, et exposées sur des piques à la vue de tout le monde, où ceux de Constantinople vont les voir avec plaisir à cause des maux que Zénon et les Isauriens leur ont faits.
Mais ce plaisir est un sujet d'affliction pour ceux qui ont dans l'âme des pensées chrétiennes.
La tête d'Athénodore est ensuite portée à Tarse, où on l'a laissé sécher sur une pique devant la porte. Cette même année une éclipse de soleil a lieu le 18 d'Avril...

Citation :
Priscien Élogz de l'empereur Anastase. Poème.

Reçois avec indulgence ce chant Romain, reçois un hommage que je rends d’ordinaire au roi du ciel pour prix du bienfait de la vie et de la douce lumière du jour : Car, tu le sais, les vers fléchissent ce Dieu puissant, dont tu suis si bien les préceptes, dans la droiture de ton âme, ô le plus juste des princes, ce Dieu qui t’a donné l’empire, à qui seul tu dois tous les succès que ta as remportés pendant la guerre et pendant la paix. Pardonne donc à mon audace si je viens chanter vos louanges, qui ne finissent qu’au ciel, et qui s’étendent par l’univers entier.
Il ne faut pas s’étonner que de tels princes soient issus de la grande famille de ce Pompée, que Rome plaça elle-même à sa tête, et dont personne ne pourrait dignement compter les triomphes, si nombreux, que Titan les contemple en quittant comme en regagnant les mers, et qu’il les admire encore arrêté dans l’Olympe, au milieu de son cours.
Et pourtant, à ton illustre descendant tu le cèdes, ô Pompée, car ces peuples que, partout vainqueur dans l’univers, tu laisses indomptés sur les hautes collines du Taurus, il a su les dompter en déracinant les derniers germes de la guerre. Placés naguère au faîte du bonheur, et croyant que la prospérité n’a pas de bornes, ils fondent sur terre d’impies monuments de douleur, ils désolent les familles par le rapt et la fureur du viol, tous leur semblent égaux pour les pires outrages, les dignités ni l’âge n’en peuvent défendre personne, les lois, le plus ferme appui des empires, sont renversées, la violence règne seule au monde. Alors ces pervers recueillent joyeux le prix de leurs crimes :

Des jugements, arrachés par la contrainte, condamnent les justes, car le bon droit, sans puissance, ne conserve qu’un nom stérile, il ne reste plus dans l’empire qu’une vaine ombre d’équité.
L’humble pauvreté même ne peut profiter à personne, la pauvreté, qui toujours est une sauvegarde au temps des rois ravisseurs, on la punit de ne pouvoir satisfaire à ces rapacités de chaque jour : Elle se voit avec effroi exposée à de plus graves périls que l’opulence, riche de ses larges trésors et de ses lourds métaux car le corps qui n’a pas une dépouille à leur laisser, ils le torturent dans les fers, ils le torturent durement sous le bâton.

De ces calamités enfin le roi du ciel délivre l’univers, en lui donnant pour maître, je puis mieux dire, en lui donnant pour père, Anastasius, animé d’une piété si fervente et dont la vie nous offre le tableau de toutes les vertus : justice, sagesse, chasteté, bravoure, piété, clémence, fermeté, modération, bonté, candeur... Bref, pour dire en un mot ce que je sens au fond du cœur, il possède toutes les qualités qu’on vante chez les anciens. Il surpasse en piété Antoninus, en sagesse Marcus, en bonté le clément Nerva.
L’âme bienveillante de Titus a répandu moins de bienfaits, et la gloire du magnanime Trajan cède à la sienne.
En effet, qui dompte tant de tyrans à la fois dans une seule guerre ? La fortune ennemie les a amenés des rocs de l’Isaurie.
Avec une douceur pleine de calme, notre maître leur commande de sortir des murs de la ville, sans vouloir autrement les punir, bien que leur supplice soit une expiation qu’ils doivent au monde. Mais le père suprême, dont le bras soutient l’univers, et dont la balance égale pèse et récompense les œuvres du juste, n'a pas permis à ces sujets forcenés de s’éloigner impunément.

Il leur inspire des mouvements de rage, les entraîne dans une lutte impie, et les pousse, en les aveuglant, à s’emparer des citadelles de Rome, pour qu’une vengeance méritée les extermine et leur arrache la vie.
En effet, brûlant de nous rapporter encore la désolation et la misère, ils menacent de plus terribles maux l’empire du Latium. Mais l’armée toujours heureuse du prince invincible, ses généraux puissants par leur fidélité et par leur courage, après les avoir battus et mis en fuite, les affligent des plus cruels désastres, et, avec eux, les chefs qui dirigent les étendards maudits de la révolte.

Le lion, qui domine en roi dans les profondeurs des forêts de la Libye, si un noble courroux ne l’irrite, ne lève point les armes et ne fouette point ses flancs pour aiguillonner sa vigueur : Mais si les cris des chasseurs le réveillent, si leur troupe l’environne, il pousse des rugissements horribles, il ouvre sa large gueule, il lance des regards rouges de feu et de sang : Il se précipite dans la mêlée, renverse les armes et les combattants, et nulle puissance ne peut résister à ses assauts.
Son élan heurte et brise les uns, sa griffe moissonne les autres, ceux-ci tombent déchirés sous ses dents acharnées, ceux-là, tués par la peur, périssent sans blessures.
Tel Auguste frappe d’un bras vigoureux ses cruels ennemis, et terrasse, en variant leur chute, ces forcenés en délire. Que la Grèce ne nous vante plus son Bellérophon, qui vainquit les Solymes pour les laisser encore recommencer la guerre.
D’un seul coup notre maître les dompte si bien de ses armes heureuses, que la rébellion leur est désormais impossible. C’est là un avantage que Servilius, le meilleur des chefs, qui a mérité jadis, pour ses exploits glorieux contre ces peuples, le nom d’Isauricus, ne peut assurer lui-même aux Latins.
Ni l’or, ni la force ou le nombre des armes, ni les châteaux élevés sur des rocs escarpés, ni les cités munies de murailles si solides que nul vainqueur n’a pu les prendre encore, rien ne les sauve du trépas qu’ils méritent et de la colère du prince.
Trompés dans leurs vaines espérances, ils occupent toutes les places fortes, ne trouvant jamais de retraite assez sûre, et, brandissant leurs javelots du haut des rochers où ils se sont étroitement renfermés, ils prolongent leurs destinées : Mais la faim qu’ils endurent, pire que la mort la plus cruelle, fait plus de ravages parmi ces vaincus, et ces cœurs, avides du monde entier, périssent anéantis par la famine.

Qui pourrait taire les coups frappés par la foudre en faveur d’un prince équitable ? Ceux que n’ont pu réduire la puissance de Mars ni tant de chefs rassemblés autour de leurs remparts, le bras enflammé du père suprême les renverse, et Dieu signale sa présence pour combattre ces pervers.
O piété incomparable, digne de vivre à jamais dans la mémoire des âges ! Pour elle, les vents unis aux nuages livrent bataille, les éclairs, de leurs feux rapides, se font une arme de guerre, et les tonnerres frappent avec fracas les montagnes ébranlées.
Rappelerai-je ces tempêtes soulevées sur les mers, et les flottes ennemies brisées sur les rivages de la Lycie, alors que l’onde fait l’œuvre du soldat Romain, et que l’Océan lutte pour donner la victoire à l’empereur ?
Ainsi tous les éléments conspirèrent pour sauver la vertu !
Qui dira les batailles et les massacres tant de fois renouvelés, les tours au faîte sublime abattues au niveau du sol, et, quand ces cohortes domptées tombent de toute part, les fleuves décolorés roulant des flots de sang, et leurs embouchures presque comblées par les monceaux de corps entraînés sous les vagues ?
Alors la mer vaincue se rougit d’une écume sanglante, et les poissons rassasiés ne peuvent dévorer tous les cadavres, Ainsi, ceux qui espéraient emmener nos mères captives, s’enrichir des dépouilles de la ville et du sacré palais, ceux qui voulaient, les infâmes ! régner encore sur nous, sont privés à la fois de la lumière du ciel et des sépultures de la terre.
Les autres abandonnent les villes et les toits de leur patrie. Ils ont perdu leurs enfants, ils pleurent ces têtes si chères, ils renversent les murs que la flamme a épargnés et c’est à peine s’ils ont compris, après tant de malheurs, qu’ils doivent cette juste expiation au maître du ciel et du tonnerre, par eux méprisé depuis des milliers d’années, c’est à peine s’ils reconnaissent dans ces calamités le Dieu vengeur, et s’ils savent qu’ils sont eux-mêmes la cause de leur ruine.

Cependant la clémence d’Auguste est au-dessus de tous les outrages. Il relève de leur abaissement ces superbes qu’il a domptés dans les batailles : A ces ennemis de la paix il accorde le bienfait de la paix, heureux d’assurer l’existence et la sécurité de sa noblesse, et de garantir à chacun le libre usage de la vie dans son empire.
Personne n’a plus à redouter ces pièges cruels et ces langues envenimées qui perdent tant de citoyens par des accusations mensongères. L’État, qui s’est délabré dans ces jours désastreux, se rétablit pourtant, grâce à la merveilleuse sagesse du maître, qui sait raffermir ce royaume, remis si faible entre ses mains !

Mille sujets divers se présentent en foule, et dans mon esprit trop étroit se partagent et divisent mes pensées. Telle la prêtresse de Delphes, qui, pleine du dieu qui l’inspire, voit tout ensemble le passé, le présent et l’avenir, et ne peut, malgré ses désirs, les révéler à la lumière, ainsi, prince, quand j’embrasse d’un coup d’œil tes actions sans nombre, et ces bienfaits qui te sont dû dans les diverses parties du monde, ma parole ne peut, exprimer les sentiments de mon cœur : C’est pour cela que je n’effleure que les traits saillants de ton éloge.

Maintenant des siècles d’allégresse sont assurés au genre humain, à ces peuples appauvris naguère par des édits cruels qui forcent tant d’infortunés à fuir la patrie de leurs ancêtres : Le père et le maître de l’univers abolit pour toujours ces édits, et délivre le monde de ces lourds impôts d’or et d’argent, il veut mériter à jamais les sublimes récompenses du ciel, il méprise les richesses, et fait ainsi à lui seul le bonheur de tous.
En effet, des malheureux qui peuvent à peine gagner leur pain et leur vie s’en vont eu pleurant porter une offrande au trésor public, une offrande qu’on leur arrache malgré leurs tristes gémissements et leurs larmes : Car la violence trouve un prétexte à ces exactions, à ces calamités que déjà plusieurs poètes ont décrites, quand leur muse Grecque ou Romaine chante vos louanges.

Et le souverain de l’Olympe, sur cette place même où il t’a remis le sceptre, où le premier il ceint lui-même ton front du diadème, t’a vu lui offrir en sacrifice des monceaux de livres, cruels instruments du fisc, témoignages écrits des douleurs publiques : il a accepté ces offrandes sanctifiées à jamais par des flammes secourables, qui, mieux que tous les autels, savent attirer ses regards propices.
Le soleil, de ses rayons d’or, se plaît à caresser ces feux et ces brasiers dont la fumée voile la clarté du jour, mais que tu allumes avec la brillante sérénité d’une âme pure. Ce lieu vous présente aussi de justes trophées, et offre à vos yeux des tyrans enchaînés et vaincus, poussés devant vos pieds au milieu du cirque. Ainsi jadis Paul Emile, ce héros, a traîné du haut de son char, aux yeux du peuple latin, le roi Persée jusqu’à la citadelle Tarpéienne, et a apaisé Jupiter qui règne aux temples du Capitole. Mais toi, c’est le Tout-Puissant, qui, de la citadelle des bienheureux, t’a vu apaiser sa divinité qui règne aux temples célestes.
Jouis, ô prince, de l’heureuse destinée que t’assure le trône. C’est à toi que le Dieu créateur de toutes choses a confié le soin de renouveler la face du monde, il veut que la justice encore descende d’en haut, il a prêté une oreille facile aux prières des peuples, car tu as relevé de fond en comble leurs villes abattues, tu leur as rendu leurs ports, et leurs remparts, et leurs traînées d’eau suspendues dans les airs. Les matelots aujourd’hui ramènent sans crainte leurs voiles au port, eux qui jadis avaient à courir des dangers pires que les hasards des mers, alors surtout que leurs nefs occupent déjà les rivages de leur patrie, car les vaisseaux fatigués sont menacés de sombrer au sein de la rade elle-même, dont les barrières renversées ne peuvent plus briser les assauts des vagues.

Aujourd’hui que tu les préserves de ces dangers, ils adressent du fond du cœur des prières à Dieu pour ta piété, qui veille ainsi sur toutes choses. Ta compassion décharge le laboureur d’une dépense onéreuse, car toutes les curies ont renoncé à leurs usages pervers, l’injustice n’a plus la liberté, comme naguère, de mépriser les lois, les courriers ont horreur de porter des ordres tyranniques, et, par amour du lucre, on ne mêle plus le sacré au profane.
Tu veux toi-même, image du juge céleste, siéger en juge, tu rends toi-même aux peuples tes réponses sacrées, et tu ne repousses d’autres requêtes, que les requêtes injustes.
Tu ne reçois point l’or que les magistrats ont coutume de donner, il n’est plus permis de supplanter par fraude un ami, et tu enseignes par ton exemple à dédaigner de honteux profits.
De jeunes recrues emplissent aujourd’hui de soldats vigoureux les rangs de ton armée, et ce n’est plus à prix d’argent, mais à force de vrai courage, que nos enseignes achèvent la victoire.
Que dirai-je encore? Tu dispenses aux cités les trésors de Cérès, tu leur donnes la vie, mais tu leur défends le luxe, car tu prévois l’avenir. Le besoin ne force plus les peuples à se tourner vers le ciel, si la pluie manque, les vivres pour cela ne leur font point faute : Ta paternelle prudence est souvent là pour nous sauver. C’est ainsi que pendant 7 ans Joseph a sauvé l’Égypte, lui que sa glorieuse pudicité plaça dans le ciel, lui dont la sagesse a su fléchir les colères de Dieu, et expliquer au roi de Memphis les merveilles de ses rêves. Car Joseph avait le premier construit des greniers sur les plages du Nil : il a défendu le luxe aux cités et prévu l’avenir, et il a pu ainsi vaincre la famine par sa divine sollicitude.

Grâce à toi, disparaissent tout à fait de la ville ces séditions qui dépouillent l’innocent à l’heure où le soleil est rentré sous terre : Car, au sein des remparts, des forcenés en délire, aiguillonnés par l’ivresse et le fracas des applaudissements... Frappent du glaive leurs concitoyens, et jouissent de ces dépouilles pacifiques arrachées pendant la nuit. C’est toi qui prohibes ces infâmes spectacles, la perte des âmes, tu ne veux plus qu’on prenne plaisir à voir couler le sang, ni qu’on risque sa vie pour nourrir son corps, tu ne souffres plus que des membres humains soient déchirés sous les dents, sous ces dents meurtrières dont s’arme la rage des bêtes féroces.
Supérieur à tous par un esprit nouveau de bienveillance, tu trouves dans ton cœur exempt d’avarice des ressources suffisantes pour répandre partout l’aisance : La qualité de tes dons l’emporte sur leur nombre, tu relèves les humbles, tu dispenses tes bienfaits dans l’ombre, car tu ne veux être vu que de l’œil du très  Haut, et jamais la vanité n’a corrompu ton âme. Ce n’est point ta nouvelle fortune qui te donne ces sentiments de bonté, et quiconque a pu t’offenser avant que tu ne prisses le sceptre à la demande du peuple entier, goûte aujourd’hui, malgré la souillure de sa faute qui ne flétrit que lui seul, des jours sereins que lui accorde la clémence du maître, et s’étonne de recevoir des récompenses au lieu du châtiment qu’il attend.

Mais ce qui met le comble à toutes tes louanges, ô prince, c’est cette sagesse de vues qui te fait élire de fidèles gardiens de ton palais, afin d’accroître encore la puissance impériale, qui te fait accueillir avec bonté tous les citoyens que t’envoie la vieille Rome : Tu met en œuvre toutes les ressources pour les secourir, tu prend plaisir à leur faire monter les brillants degrés des honneurs, pour épargner à leur patrie le sentiment de sa ruine et de ses douleurs : Aussi, ils te doivent leur bonheur et leur salut, et nuit et jour ils forment des vœux pour toi.
Enfin, les hommes qui brillent par l’éloquence, ô le plus grand des princes, ceux qui s’élèvent par la puissance du savoir et le labeur de la poésie, ceux dont la sagesse ajoute tant de force aux lois romaines, tu les associes dans ta justice au gouvernement de l’empire : Seul tu donnes aux savants la digne récompense de leurs travaux, tu les enrichis de tes présents, tu les nourris de tes bienfaits.
C’est pour cela que le souverain maître des régions éthérées éloigne de vos forteresses les attaques de ces ennemis qu’une injuste fureur entraîne à rompre les traités. Sur les larges rives de l’Euphrate au vaste cours, ils se ruent furtivement et à l’improviste comme des pirates, mais Dieu tourne leurs efforts contre eux-mêmes, et, grâce à tes habiles manœuvres, ils essuient des pertes bien méritées. Tel sera le sort de tous ceux dont les armes portent atteinte à la puissance et à la paix de votre empire, afin que le soleil, soit qu’il s’élève de l’océan, soit qu’il plonge ses coursiers dans l’onde, voie partout fleurir le nom d’Anastasius, car, à toi seul toujours obéira, je l’espère, l’une et l’autre Rome, avec l’aide du père suprême, qui voit tout, et que tu fléchis par ces œuvres d’une piété solide répandues dans tout l’univers, par ces temples resplendissants que tu construis et reconstruis sans cesse au Seigneur, ne trouvant de profit véritable que dans un légitime emploi de l’or.

Aussi naguère, empereur, nous avons vu tous avec quelle tendresse veille sur tes jours la providence du roi des cieux, dont la bonté présente t'as sauvé du péril.
En effet, quand ce navire neuf s'est élancé par-dessus ta tête de tout le poids de sa lourde masse entraînée par les vents, par ses voiles maudites, et a livré aux chances des hasards une vie si précieuse, une vie au salut de laquelle sont attachées les destinées des lois du Latium et de tout l’empire, Dieu lui-même est apparu pour t’arracher du sein des flots, montrant ainsi pour toi, dans la grandeur du péril, toute la grandeur de sa sollicitude : Car ce n’est jamais autrement qu’il aime à manifester sa faveur suprême. Il y a de saints livres où la mémoire des hommes pieux se conserve à jamais : On y trouve mille histoires semblables de vénérables personnages dont la vertu brille tout le reste de leur vie, parce que la main du Seigneur les a arrachés du danger, et leur piété ne resplendit dans tout son éclat que lorsqu’elle a été ainsi affermie et consacrée par ce salut inespéré qu’ils ont reçu du dieu de l’Olympe.

Ce témoignage d’une protection divine vous a été donné par le roi tout-puissant qui créa le monde et dont le regard s’étend sur la nature entière, parce que tu lui as voué un culte en ton âme, et que tu l’adores à toute heure, entouré de ces dignes rejetons de ta noble race qui font ta gloire. Comment ne pas parler, en effet, de Paulus, de la clémence de son cœur, et de cette candeur, rare et puissant mérite qui le rattache à toi non moins que les liens sacrés d’une vénérable origine, car son âme pure pratique les vertus modestes ?
Ma bouche pourra-t-elle chanter ces trésors d’amour dont tu combles les fils de ton frère, et que tu leur partages également avec la tendresse, non d’un oncle seulement, mais d’un père ? Nourrissons dignes de toi, dignes du génie et du sang de leur famille !
Rappellerai-je la bravoure et les exploits de votre Hypatius, qui a chassé les hordes Scythiques des rives de l’Ister, et qui a fait voir aux Parthes la force de son bras, leur apprenant à trembler devant elle ?
Pourrais-je dire toutes les louanges que mérite ton auguste épouse, qui est pour nous la source et la cause de tant de biens, quand elle fortifie de l’appui d’un si puissant prince l’empire de son père, et qu’elle a confié à un tel homme la tutelle du monde et la sienne même ? Jamais les mauvais désirs des sens n’ont su la vaincre, le bruit de sa piété s’est répandu chez tous les peuples, et elle a fait plus que son sexe ne lui permet de faire, quand sa prévoyance rendit un si profitable service à l’univers Romain.
Puisse le Dieu qui veille au ciel, sur la terre et sur les mers, conserver à jamais de tels bienfaits aux royaumes d’Ausonie et puissent les monstres barbares, domptés, plier sous le joug, et s’accomplir enfin les vœux du peuple et du sénat sacré !

(C'est cet empereur qui a interdit les combats de fauves et abolit le chrysargyre)


Qui comprend depuis Théodose II. jusqu'à Anastase
https://books.google.fr/books?id=gS1RAAAAYAAJ
Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont - 1738 - ‎Rome
Lan de Jésus- Christ 497. ... Mafc> ' Anastase vit enfin cette année finir à son avantage la guerre Evag. ... Longin frère de p. i66. b. ' Zénon & Athénodore furent tués avec tous ceux qui les suL-
Procope de Césarée - retour à l'entrée du site
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19 déc. 2004 - Il a si bien décrit les années du règne de Justin 1er, où Justinien devint de bonne heure maître des affaires de l'empire, ..... Dénonciation de Pierre et de Jean Pagan contre Bélisaire et Budzès. ..... Notes 73, 247 et 266. 497. Naissance de Théodora. Chronol. ad h. .... Invasion des Huns en Scythie et Mésie.
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