mardi 19 janvier 2016

EN REMONTANT LE TEMPS... 496

3 JANVIER 2016...

Cette page concerne l'année 496 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LA BATAILLE DITE DE TOLBIAC.

La bataille de Tolbiac a eu lieu à Zülpich, anciennement appelée Tolbiac, une ville de l'ancienne Gaule située près de Cologne. On appelle victoire de Tolbiac, la victoire emportée par Clovis, roi des Francs, sur les Alamans, sur un point non déterminé du cours moyen du Rhin.
Les historiens, à la suite de Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs, la placent traditionnellement en 496, mais des révisions récentes situeraient cette bataille en 506...

En remerciement pour cette victoire, Clovis, qui a épousé une chrétienne catholique du nom de Clotilde, se convertit à la foi de Nicée avec ses soldats.

Les Francs sont divisés en deux peuples voisins et alliés, les Francs saliens dont le roi est Clovis et les Francs ripuaires dont la capitale est Cologne et qui ont Sigebert le Boiteux pour roi.
Sigebert a pour voisins les Alamans, une confédération de peuples Germaniques, dont la vaillance équivaut celle des Francs. Les Alamans et les Francs ripuaires ont souvent des incidents de frontière et multiplient les pillages et les raids punitifs, mais il semble qu'en l'année 496, ils subissent une vraie invasion et Sigebert appelle Clovis à l'aide.
Clovis répond favorablement à son allié et lève une armée. Il est généralement admis que Sigebert défend Tolbiac et que son armée subit de grosses pertes. Il y aurait donc eu deux batailles de Tolbiac !...

On sait peu de choses sur la bataille, à part que les Francs ripuaires ne sont probablement d'aucune aide à la suite de la première bataille. Il est fort probable que les guerriers de Clovis sont moins nombreux que les Alamans.
En tout cas est-il dit de Clovis qu'il voit ses guerriers se faire massacrer et sent la bataille lui échapper des mains. Ému jusqu'aux larmes, il suit le conseil d'Aurélien et invoque alors le Dieu unique de sa femme Clotilde, ce Dieu qu'elle lui prêche depuis leur mariage en 493, en demandant son secours.

Grégoire de Tours transmet sa prière complète dans le chapitre II de l'Histoire des Francs : « O Jésus-Christ, que Clotilde affirme Fils du Dieu Vivant, toi qui donnes du secours à ceux qui sont en danger, et accordes la victoire à ceux qui espèrent en toi, je sollicite avec dévotion la gloire de ton assistance  : Si tu m’accordes la victoire sur ces ennemis, et si j'expérimente la vertu miraculeuse que le peuple voué à ton nom déclare avoir prouvé qu'elle vient de toi, je croirai en toi, et me ferai baptiser en ton nom. J'ai en effet invoqué mes dieux, et, comme j'en fais l'expérience, ils se sont abstenus de m'aider, ce qui me fait croire qu’ils ne sont doués d'aucunes puissances. Eux qui ne viennent pas au secours de ceux qui les servent. C'est toi que j’invoque maintenant, je désire croire en toi, pourvu que je sois arraché à mes adversaires ».
À ces mots, les Alamans se mettent à fuir, à reculer car leur chef vient d'être tué d'un coup de hache (francisque). Les Francs soumettent ou massacrent les Alamans.

Les Alamans abandonnent le cours supérieur du Rhin aux Francs ripuaires et cette absence de profit pour Clovis, qui a tout laissé à son allié, lui permet d'avoir l'aide de Sigebert lors de la conquête de la partie « Française » du royaume Wisigoth.
Une autre conséquence est la conversion de Clovis à la religion catholique après une longue réflexion (généralement les historiens estiment sa conversion à l'année 498 ou 499), ce qui permet de mettre tous les chrétiens des pays voisins de son côté ainsi que le clergé qui peut être influent. De plus, cela permet à Clovis de christianiser ces nouveaux territoires en luttant contre l'arianisme, considéré comme une hérésie par le clergé, puis par Clovis lui-même.

En 496 Clovis est contraint à une campagne contre les Alamans, qui jouxtent la frontière Est des nouveaux territoires saliens. Ceux ci ne cessent d'agresser les Francs Rhénans du royaume de Cologne. C'est une excellente occasion pour Clovis d'élargir son royaume à l'Est jusqu'au Rhin, il vient donc au secours de Sigebert le Boiteux ( Franc Rhénan ) roi de Cologne ( qui doit ce surnom suite à une blessure qu'il reçoit des Alamans). La bataille qui s'en suit dans la région de Tolbiac ( aujourd'hui Zülpich au sud ouest de Cologne ) dégénère en un violent massacre et son armée de saliens est sur le point d'être complètement exterminée.

Le grand mouvement des invasions qui change si souvent la face de l'Europe, et dont le passage d'Attila est un des plus funestes épisodes s'est arrêté, et les peuples longtemps errants commencent à former des établissements stables.
Les tribus Franques qui se sont fixées au nord de la Somme ont, sous la conduite de Clovis, étendu leur domination jusqu'à la Loire. Dirigées par un prince jeune, actif, audacieux, elles ont défait une armée Romaine, mais, malgré ces succès, malgré les insignes consulaires que l'empereur d'Orient envoie au chef des Francs, il y a loin de cette réunion confuse de soldats sous les drapeaux de Clovis à l'unité qui fait les nations.

Les guerres, ou plutôt les violentes incursions inspirées par le besoin du pillage, forment les seules ressources des Francs, leurs mœurs et leur religion composée de croyances superstitieuses sont également barbares. Vainement le christianisme a déjà fondé d'illustres églises dans les Gaules, mais les Francs persistent dans une aveugle idolâtrie.

Les Alamans qui occupent la rive droite du Rhin, jaloux de l'accroissement de la puissance des Francs et des richesses qu'ils ont acquises par leurs victoires, leur déclarent la guerre et s'apprêtent à franchir le Rhin.
En présence de cette invasion Clovis réunit ses soldats, et, fier des succès qui ont étendu son empire au delà de la Seine, il se prépare à repousser l'agression étrangère... Les deux armées se rencontrent à quelques lieues de Cologne, la lutte est terrible entre ces barbares également courageux, également impitoyables. Le combat dure depuis plusieurs heures, sans qu'un mouvement décisif ne fasse présager qui l'emportera, quand les soldats de Clovis, frappés d'une soudaine terreur, reculent tout d'un coup en désordre sans que la voix de leur chef puissent les arrêter.
Vainement Clovis leur montre l'ennemi, fait appel à leur courage tant de fois éprouvé, ils fuient... Dans ce moment suprême Clovis, après avoir jeté un regard de détresse autour de lui et inutilement invoqué ses idoles impuissantes, lève les yeux au ciel et s'écrie : « Dieu de Clotilde, j'invoque avec dévotion la gloire de ton secours. Si tu m'accordes la victoire sur mes ennemis, je vivrai en toi et me ferai baptiser en ton nom. »
Puis il se jette avec une invincible ardeur au plus fort de la mêlée, et soit que le danger de leur chef leur ait rendu toute leur audace, soit qu'une volonté supérieure aux efforts humains ait ranimé leur âme, les soldats de Clovis reforment leurs rangs s'élancent sur les traces du fils de Childéric, et bientôt les Alamans, culbutés de toutes parts, implorent la générosité de leur ennemi victorieux.

Avant de renoncer pour toujours au culte de ses idoles, Clovis, qui craint que ses soldats ne voient avec méfiance son changement, les réunit afin de leur faire connaître sa résolution... Mais, loin  de s'y opposer, ceux-ci, frappés sans doute encore du souvenir de Tolbiac, lui répondent :
« Pieux roi, nous rejetons les dieux mortels, et nous sommes prêts à obéir au Dieu immortel que prêche Saint Remi. »

Le jour de cette grande régénération arrivé, tout prend dans Reims un aspect de fête : Des toiles peintes ombragent les rues, les églises sont garnies de riches tentures et ornées de voiles blancs, on dispose le baptistère, des nuages de parfums s'élèvent sous les voûtes sacrées, des cierges odoriférants brillent de toutes parts, et le temple, dit Grégoire de Tours, l'historien de cette époque, se remplit d'une ardeur divine qui ravit les assistants d'une pieuse et céleste joie : Les barbares émerveillés se croient transportés au milieu des pompes du paradis.

Enfin Clovis s'avance le premier s'incline devant Saint Remi lui demande le baptême, et confesse un Dieu tout-puissant...

Et Rome, a dit M. de Châteaubriand dans ses Études Historiques, Rome, reconnue des barbares eux-mêmes comme la source de la domination, paraît recommencer son existence et continuer la ville éternelle.
Cette cérémonie, qui donne à l'Église son Fils Aîné, est entourée de merveilleuses traditions qui attestent tout l'intérêt que le clergé des Gaules prend à la conversion de Clovis.

Dès lors le chef des Francs est pour ainsi dire couvert de sa protection, et, dans plusieurs circonstances, il paraît recevoir, comme à Tolbiac, un appui mystérieux du Dieu qu'il vient de reconnaître.
Ainsi, lorsqu'il va combattre les Wisigoths dont la foi est entachée d'arianisme, on raconte qu'une biche lui indique un gué pour traverser la Vienne... Une colonne de feu s'élève ajoutent les chroniques, sur la tour de la cathédrale de Poitiers, pour éclairer sa marche durant la nuit.

Saint Avitus évêque de Vienne, n'hésite pas alors à lui dire : « Quand tu combats, c'est à nous qu'est la victoire. »
L'Église trace autour du chef converti comme. un cercle de sainteté, et l'évêque de Rome, félicitant avec effusion le nouveau Constantin, lui écrit :
« Le Seigneur a pourvu aux besoins de l'Église en lui donnant pour défenseur un prince armé du casque du salut, sois à jamais pour elle une couronne de fer, et elle te donnera la victoire sur tes ennemis. »

De son côté, Clovis ne méconnaît pas cette bienveillance, il accorde au clergé de nombreux privilèges, il reconnaît aux églises, et même aux demeures ecclésiastiques, le droit d'asile, enfin, il fait des concessions de terrain considérables et de riches donations au clergé des Gaules.
Pendant ses expéditions, il oblige ses soldats à respecter les terres qui dépendent des évêchés et des abbayes.

Près de Tours même, il frappe de son épée un soldat qui enlève du pain sur le territoire de cette ville consacrée par le tombeau de Saint Martin : Où est, dit-il, l'espoir de la victoire, si nous offensons Saint Martin...

Le royaume Franc est chrétien, et désormais il possède le principe énergique qui doit tant contribuer à sa grandeur et aux progrès de sa civilisation. Ce n'est pas, il faut l'ajouter, que tout d'abord la religion qu'ils ont adoptée ait changé les mœurs des Francs, ils sont chrétiens, mais ils sont encore barbares...
Après son baptême, Clovis n'est guère moins implacable dans ses vengeances, ni moins dissimulé dans sa politique, ses soldats ne sont pas moins cruels dans les combats, mais lentement les préceptes de la foi nouvelle pénètrent dans les âmes,  modifient les esprits, et amènent après bien des siècles, dans les pensées et dans les habitudes, cette complète révolution qui a produit la société moderne.

C'est cette version que défend le chroniqueur Grégoire de Tours, auteur au siècle suivant d'une Histoire des Francs. Cette péripétie lui a peut-être été inspirée par le souvenir de l'empereur Constantin au pont Milvius.

Dans son livre consacré à Clotaire Ier (Clotaire Ier fils de Clovis- Ed. Pygmalion), Ivan Gobry affirme que la bataille dite de Tolbiac (aujourd'hui Zülpich), n'a eu lieu ni à Tolbiac, ni en 496.
Si l'on consulte les ouvrages traitant de ce sujet, ou si l'on tape celui-ci sur un moteur de recherche, la bataille de Tolbiac sera presque exclusivement décrite comme ayant eu lieu en 496, et que c'est durant celle-ci que Clovis, voyant la défaite face aux Alamans se dessiner, invoque le Christ.
Mr. Gobry indique qu'une bataille a bien eu lieu à Tolbiac, mais que celle-ci oppose Sigebert, roi des Francs ripuaires, à une troupe d'envahisseurs Alamans.
 
Et justement, si l'on recherche des documents (peu nombreux, ou très incomplets) faisant référence à Sigebert, on trouve qu'effectivement, celui-ci livre bataille à Tolbiac :
En 496, les Alamans envahissent le royaume de Cologne. Le roi, Sigebert fait alors appel à Clovis, dont il est parent, qui vient à son secours. Les deux hommes livrent le combat à Tolbiac, défont et repoussent les Alamans. Sigebert est blessé au genou au cours de la bataille, blessure qui lui vaut le qualificatif de « boiteux » Il est clair que cette bataille n'est pas celle évoquée précédemment.

Alors, Clovis livra t-il deux fois bataille à Tolbiac ?
Où bien est-ce Ivan Gobry qui a raison quand il dit qu'en réalité la miraculeuse victoire des Francs sur les Alamans se déroule « en un lieu non identifié entre Strasbourg et Worms » ?
 
Deuxième point : La bataille est présentée comme s'étant déroulée en 496. Mais certains historiens la situe en 506 en raison d'une lettre de Théodoric, roi des Ostrogoths, datant de cette année et dans laquelle il félicite Clovis de sa grande victoire sur les Alamans. 

Pour Ivan Gobry, les événements se déroulent en 495 , car Grégoire de Tours cite cette bataille comme s'étant déroulée « la quinzième année du règne de Clovis ». Or, Grégoire ne dit pas « quinze ans après » mais, à la manière romaine « la quinzième année », donc 14 ans après !
Si le lieu réel de la bataille n'a pas vraiment d'importance, la date de celle-ci a une influence sur celle du baptême de Clovis. En attendant de nouvelles découvertes écrites ou archéologiques, nous resterons un peu dans le doute, et nous nous contenteront de retenir que dans l'« affaire de la bataille de Tolbiac », le fait marquant, c'est l'intervention divine qui entraîne la conversion de Clovis, son baptême, qui fait du roi barbare, le vrai souverain de ses sujets, et de son royaume, la fille aînée de l'Église.
 
Le nom de Tolbiac a été attribué à une rue importante du XIIIe arrondissement de Paris et, par extension, aux quartiers ou bâtiments environnants : « faculté de Tolbiac » (qui est en fait une partie de l'université de Paris I - Panthéon-Sorbonne), secteur Tolbiac de la zone Paris Rive Gauche, passerelle Bercy-Tolbiac (passerelle Simone-de-Beauvoir).

Bataille de Tolbiac (496) — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Tolbiac_(496)
Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Tolbiac (496). ... mais il semble qu'en l'année 496, ils subirent une vraie invasion et Sigebert appela ...

Bataille de Tolbiac : Baptème de Clovis.
www.vallQuinze ans après son accession au trône, Clovis, roi des Francs saliens, reçoit un appel à l'aide de son homologue, le roi des Francs rhénans. Celui-ci est menacé par les Alamans, une tribu germanique à laquelle nous avons emprunté le nom de l'Allemagne. Le jeune roi accourt à son secours. Il veut prendre à revers les Alamans qui assiègent son allié dans la place forte de Tolbiac (en allemand, Zülpich), près de Cologne. ee-du-ciron.com/Documents/Ouvrages/.../496.Tolbiac.htm
Année : 496. Bataille de Tolbiac. ... Les deux armées se rencontrèrent à quelques lieues de Cologne, dans la plaine de Tolbiac, aujourd'hui nommée Zulpich : la ...
  Dans son livre consacré à Clotaire Ier (Clotaire Ier fils de Clovis- Ed. Pygmalion), Ivan Gobry affirme que la bataille dite de Tolbiac (aujourd'hui Zülpich), n'a eu lieu ni à Tolbiac, ni en 496.
10 novembre 496 - Bataille de Tolbiac - Herodote.net
www.herodote.net/almanach-ID-3281.php
Quinze ans après son accession au trône, Clovis, roi des Francs saliens, reçoit un appel à l'aide de son homologue, le roi des Francs rhénans. Celui-ci est ...





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