mercredi 20 janvier 2016

EN REMONTANT LE TEMPS... 494

4 JANVIER 2016...

Cette page concerne l'année 494 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES LUPERCALES !

Les Lupercales sont, dans la Rome antique, des fêtes annuelles célébrées par les luperques du 13 au 15 février, (à la fin de l’année romaine, qui commence le 1er mars.) près d'une grotte nommée le Lupercal (située au pied du mont Palatin, le ministre Italien de la Culture a annoncé en novembre 2007 la découverte par les archéologues chargés des fouilles du Palatin de cette grotte qui abritait les cérémonies des lupercales), en l'honneur de Faunus, dieu des troupeaux qui les défend contre les loups, d'où le qualificatif de Lupercus qui lui est attribué.

Les luperques, prêtres de Faunus, sacrifient un bouc à leur dieu dans la grotte du Lupercal où, selon la légende, la louve a allaité Romulus et Rémus, après avoir découvert les deux jumeaux sous un figuier sauvage (le Ficus Ruminalis) situé devant l'entrée de celle-ci, et, avant qu'ils ne soient recueillis et élevés par le berger Faustulus et son épouse Acca Larentia, une prostituée surnommée lupa (en latin la « louve ») par les autres bergers de la région.
Il est à noter que le terme de « figuier sauvage » ne s'applique qu'au figuier commun mâle, appelé aussi « caprifiguier » (caprificus c'est-à-dire « figuier de bouc »).
Deux jeunes hommes, vêtus uniquement d'un pagne en peau de bouc, assistent à la cérémonie.
Le prêtre sacrificateur leur touche le front de son couteau. Le sang ainsi répandu est essuyé par un flocon de laine trempé dans du lait. À ce moment là, les jeunes gens doivent rire aux éclats, puis courir dans toute la ville de Rome.
Ils sont armés de lanières, taillées dans la peau du bouc sacrifié, avec lesquelles ils fouettent les femmes rencontrées sur leur passage et qui souhaitent avoir un enfant dans l’année, afin de les rendre fécondes...

La fête des Lupercales est aussi une fête de passage : Le sacrifice dans la grotte est symbolique de la mort, le rire aux éclats, qui survient après la purification, symbolise le retour du souffle vital, et donc la résurrection. Le bouc est lui un symbole de fécondité.
Certains considèrent qu’avec les Liberalia et les Mamuralia, qui ont lieu du 15 février au 15 mars, elles font partie d’un cycle de rites initiatiques marquant la fin de l’enfance pour les Romains.

En 494, le pape Gélase Ier interdit cette fête païenne. Il choisit Saint Valentin comme Saint Patron des fiancés et des amoureux, et décrète que cette date (le 14 février, jour de sa fête) lui serait consacrée.

LES LUPERCALES PAR CAMASEI
Des Lupercales A La Saint-Valentin : Ah, la Saint-Valentin ! Fête commerciale, destinée à vendre du chocolat et des fleurs aux pauvres malheureux qui s'imaginent avoir besoin de cela pour célébrer leur amour ! Il n'empêche que, de l'avis général, voilà encore une de nos fêtes qui provient directement de l'antiquité Romaine. Alors, avec ou sans cœur en chocolat, on ne peut pas laisser passer ça.

Notre Saint-Valentin est en effet issue des Lupercales (Lupercalia), fête annuelle célébrée à Rome entre le 13 et le 15 Février (15 jours avant les calendes de Mars). A Rome, cette période est l'occasion de rituels d'expiation des fautes commises envers les Dieux et de purification (februum - d'où le mot « Février » : on nettoie les maisons de fond en comble et on asperge le sol de sel et de blé.

Les historiens divergent quant à l'identité du Dieu que l'on célèbre lors des Lupercales. La plupart pensent qu'il s'agit en toute logique du dieu Lupercus, que l'on assimile aussi au dieu Faunus (équivalent du Dieu Grec Pan.)
Lupercus est le dieu de la fertilité, des bergers, et le protecteur des troupeaux. Mais d'autres avancent qu'il peut s'agir de Mars, Junon, Lycaeus, Bacchus ou Februus.
Mais puisque ce sont les lupercales, restons-en à Lupercus ! Étymologiquement, le mot se rapporte au latin lupus (« loup »). Traditionnellement, on considère que les lupercales ont été instituées par Romulus et Remus, lors de la fondation de Rome (753 avant J.C.), en hommage à la louve dont la légende rapporte qu'elle les a recueillis et nourris alors qu'ils étaient encore enfants... En réalité, cette fête est vraisemblablement bien antérieure - peut-être une transposition d'une cérémonie grecque en l'honneur de Pan Lycéen (du Grec Lykaion, « loup »). Il est donc probable que le nom en soit directement dérivé, ou bien qu'il fasse référence à la sauvagerie du loup, animal redouté par les bergers. Tout cela, on le voit, demeure assez confus...

Une des particularités de cette fête tient à ce que, contrairement aux autres célébrations, elle n'est rattachée à aucun temple. Il faut dire que les Romains eux-mêmes ne sont pas certains du Dieu qu'ils sont supposés honorer : Tout comme nos historiens, les auteurs latins hésitent entre Faunus, Lupercus ou Inuus ! Peu importe, car cela n'a jamais empêché de célébrer cette grande fête populaire. Son épicentre est la grotte du Lupercal sur le Palatin.

PAN ET VENUS PAR ADOLPHE ALEXANDRE LESREL
Les rites étaient dirigés par les luperques, institués soit par le Roi Evandre, soit par Romulus et Remus. Ils étaient divisés en deux collèges sacerdotaux - les Quinctiliani et Fabiani, d'après les gens Quinctilia et Fabia, vieilles familles patriciennes romaines auxquelles appartenaient leurs membres.
En 44 avant J.C., un troisième collège, les Julii, fut créé en l'honneur de Jules César, avec Marc Antoine à sa tête. A l'origine chasse gardée des patriciens, ce furent le plus souvent des chevaliers qui remplirent la fonction à l'époque impériale.

La fête en elle-même comporte 3 temps forts : les sacrifices, la course des luperques et un grand banquet. 

Tout débute donc avec le sacrifice, peut-être par le dialis flamen, « peut-être », car les sources sont contradictoires : Bien qu'il soit cité comme officiant, les mêmes textes disent qu'il n'a pas le droit d'être en contact avec les boucs et les chiens... Allez comprendre !
Bref, on immole deux boucs et un chien dans la grotte du Lupercal.

On découpe ensuite des lanières dans la peau des boucs sacrifiés, et les luperques courent à travers Rome, totalement nus, en riant et en éclusant du vin...
Cicéron s'en indigne d'ailleurs à propos de Marc Antoine :
« Vous-mêmes, après les Lupercales, vous n'avez pu croire qu'Antoine soit consul. En effet, le jour où, sous les yeux du peuple Romain, nu, dégouttant d'huile, abruti par l'ivresse, il harangua la multitude, et voulut poser le diadème sur la tête de son collègue, ce jour-là, il a renoncé non-seulement au consulat, mais à la liberté. » (Cicéron, « Les Philippiques », III - 5.)

On ignore pourquoi les luperques sont nus, mais Plutarque émet une suggestion dans sa « Vie De Romulus » :
« Caïus Acilius raconte qu’avant la fondation de Rome, Romulus et Remus égarent un jour quelques troupeaux : Qu’après avoir fait leur prière au dieu Faune, ils se dépouillent de leurs habits pour pouvoir courir après ces bêtes sans être incommodés par la chaleur, et que c’est pour cela que les luperques courent tout nus. »
Après avoir fait le tour du Mont Palatin, ils parcourent la ville en fouettant de leurs lanières tous ceux qu'ils rencontrent, et les femmes en particulier...
« On célébrait la fête des Lupercales, qui, selon plusieurs écrivains, est anciennement une fête de bergers, et a beaucoup de rapport avec la fête des Lyciens en Arcadie.
Ce jour-là, beaucoup de jeunes gens des premières maisons de Rome, et même des magistrats, courent nus par la ville, armés de bandes de cuir qui ont tout leur poil, et dont ils frappent, en s'amusant, toutes les personnes qu'ils rencontrent. De nombreuses femmes, même les plus distinguées par leur naissance, vont au-devant d'eux, et tendent la main à leurs coups, comme les enfants dans les écoles, elles sont persuadées que c'est un moyen sûr pour les femmes grosses d'accoucher heureusement et, pour celles qui sont stériles, d'avoir des enfants. » (Plutarque, "Vie De César", LXI.) 
LES LUPERQUES PAR DOMENICO BECCAFUMI
Avant le banquet qui se tient pour clore les festivités, on organise une sorte de loterie amoureuse, placée sous les auspices de Junon : Les jeunes filles inscrivent leur nom sur une tablette qu'elles déposent dans une jarre, et chaque jeune garçon tire au sort le nom de celle qui l'accompagne tout au long du repas.

La dimension sexuelle de la fête des lupercales est flagrante. Outre les luperques entièrement nus, les femmes mariées elles-mêmes se dénudent partiellement pour être flagellées. Auguste y met cependant le holà : Il exclut du collège des officiants les jeunes hommes imberbes, considérés comme trop séduisants et, pour que la cérémonie devienne un peu plus décente, il fait garder aux luperques les pagnes en peau de bouc.
Au cours du IIe siècle, enfin, les vénérables matrones restent habillées, et tendent simplement leurs mains aux fouets....

Dans les premières années du christianisme, l'empereur romain Claude II est confronté à un problème : Plusieurs de ses soldats sont des hommes mariés, et ils refusent d'abandonner leur doux foyer pour partir régler leur compte aux barbares.
Claude II prend donc des mesures, et il interdit formellement de marier les militaires.
Or, un prêtre ne l'entend pas de cette oreille, et il estime qu'il est légitime que les soldats puissent se marier si cela leur chante. Partisan du mariage même pour les légionnaires, il célèbre donc des mariages chrétiens en secret. Cela ne plaisant pas à l'empereur le prêtre est arrêté et emprisonné, avant d'être décapité à la veille des lupercales de 270. Il s'appelle Valentin...

Les lupercales sont si populaires qu'elles survivent à l'implantation et au développement du christianisme, bien que les dignitaires chrétiens - on s'en doute ! - n’apprécient guère cet étalage de nudité, ces flagellations obscènes et ces sacrifices païens. Ceux-ci ont beau être interdits en 341, cela n'y change rien : On célèbre toujours les lupercales, et plusieurs Papes s'y cassent les dents. Cela dit, les lupercales n'ont plus rien de commun avec la fête originelle et, en lieu et place des nobles luperques nus, ce sont désormais toute la racaille (habillée, elle !) qui en profite pour mettre la pagaille dans les rues... C'est finalement le Pape Gélase (494 - 496) qui rédige une longue diatribe contre les lupercales et décide de leur interdiction pure et simple. Toutefois, la fête est célébrée à Constantinople jusqu'au Xe siècle.

Certains auteurs affirment que Gélase remplace les lupercales par la « Fête de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie », fixée au 15 Février, d'autres prétendent qu'il y a substitué la célébration du martyr de ce Saint Valentin dont nous avons déjà parlé, Saint Patron des fiancés et des amoureux, le 14 Février. Rien ne permet de privilégier l'une ou l'autre de ces hypothèses. Toutefois, le lien entre les lupercales et la fécondité, la coutume appareillant les convives lors du banquet et surtout le martyr de Saint-Valentin permettent d'envisager un rapprochement entre les Lupercales et notre fête des amoureux.

Les origines des lupercales semblent être multiples, et il en va de même pour leur signification. Pour commencer, d'où peut bien venir cette idée étrange de fouetter les femmes avec des lanières découpées dans la peau d'un bouc ?! Une légende étiologique semble apporter la réponse : Après le rapt des Sabines, il s'avère que celles-ci sont stériles. Ce qui pose un sacré problème, puisque c'est précisément pour assurer leur descendance que les Romains les ont enlevées ! C'est alors qu'une voix s'élève dans le bois sacré : « Qu'un bouc pénètre les femmes Italiennes ! » Consternation des Sabines (du moins, on imagine !!), mais heureusement pour elles, un devin a su interpréter l'ordre divin et a fait découper dans la peau d'un bouc des lanières dont on fouette les jeunes femmes - qui ont eu beaucoup d'enfants !

Donc, si la fête des lupercales est une fête de purification, c’est aussi une fête de la fertilité. Le rire des luperques qui succède au sacrifice est en lui-même le symbole de l'affranchissement des contraintes sociales, d'un retour à la sauvagerie de la nature, sensée raviver la fécondité. Ce qui explique que l'on rattache le plus souvent la fête à Lupercus ou Faunus, maîtres des forces naturelles sous leur forme la plus spontanée. Faunus est représenté avec des cornes, la partie inférieure de son corps est celle d'un bouc.
« Quant au chien qu’on sacrifie, si cette fête est réellement un jour d’expiation, il est immolé sans doute comme une victime propre à purifier. Les Grecs eux-mêmes se servent de ces animaux pour de semblables sacrifices. Si au contraire c’est un sacrifice de reconnaissance envers la louve qui nourrit et sauve Romulus, ce n’est pas sans raison qu’on immole un chien, l’ennemi naturel des loups, peut-être aussi veut-on le punir de ce qu’il trouble les luperques dans leurs courses. » (Plutarque, « Vie De Romulus », XXVII.)
Ainsi, puisque la flagellation est supposée assurer la fertilité, elle représente sans doute l'acte de pénétration... Une pénétration symbolique, un symbole de fertilité.

Si les lupercales sont un des temps forts des célébrations religieuses dans la Rome antique, elles sont aussi restées dans les mémoires suite à un événement politique, survenu en 45 avant J.C. :
Le 15 Février de cette année-là, Antoine qui participe aux Lupercales en profite pour tendre à Jules César une couronne de lauriers, l'invitant ainsi à accepter le titre de Roi.
Les huées de la foule forcent César à repousser ladite couronne à deux reprises... Le peuple Romain, décidément, ne veut pas d'un nouveau Roi.
« César assiste à cette fête, assis dans la tribune sur un siège d'or, et vêtu d'une robe de triomphateur. 
Antoine, en sa qualité de consul, est un de ceux qui figurent dans cette course sacrée. Quand il arrive sur la place publique, et que la foule s'est ouverte pour lui donner passage, il s'approche de César et lui présente un diadème enlacé d'une branche de laurier.
Cette tentative n'excite, qu'un battement de mains faible et sourd, qui a l'air de venir de gens apostés, César repousse la main d'Antoine, et à l'instant tout le peuple applaudit, Antoine lui présente une seconde fois le diadème, et très peu de personnes battent des mains, César le repousse encore, et la place retentit d'applaudissements universels.
Convaincu, par cette double épreuve, des dispositions du peuple, il se lève, et donne ordre qu'on porte ce diadème au Capitole.
Quelques jours après, on voit ses statues couronnées d'un bandeau royal : Deux tribuns du peuple, Flavius et Marcellus, vont sur les lieux, et arrachent ces diadèmes. » (Plutarque, « Vie De César », LXI.)

On ne saura jamais si l'initiative vient d'Antoine lui-même, ou si toute cette mise en scène a été orchestrée par César - et l'on peut se demander comment il aurait réagi si le public n'avait pas manifesté sa désapprobation... Cet événement est cependant l'un des éléments qui conduisent aux Ides de Mars. Tu parles d'une Saint-Valentin ! Comme quoi, on a raison de dire que les histoires d'amour finissent mal...



La Toge Et Le Glaive: Des Lupercales A La Saint-Valentin.
latogeetleglaive.blogspot.com/2013/.../des-lupercales-la-saint-valentin.ht...
10 févr. 2013 - Donc à l'origine à la fin de l'année, puisque avant l'instauration du .... Ce fut finalement le Pape Gélase (494 - 496) qui tapa du poing sur la ...

Lupercales — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lupercales
La fête des Lupercales est une fête de purification, en fin d'année. C'est aussi une fête de ... En 494, le pape Gélase I interdit cette fête païenne. Il choisit saint ... en effet issue des Lupercales (Lupercalia), fête annuelle célébrée à Rome entre le 13 et le 15 Février (15 jours avant les calendes de Mars).

la fête des Lupercales - YogaNova
www.yoganova.fr/les-biens-etranges-origines-de-la-saint-valentin-la-fete...
14 févr. 2015 - Donc à l'origine à la fin de l'année, puisque avant l'instauration du .... Ce fut finalement le Pape Gélase (494 – 496) qui tapa du poing sur la ...





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