vendredi 22 janvier 2016

EN REMONTANT LE TEMPS... 490

8 JANVIER 2016...


Cette page concerne l'année 490 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES MONOPHYSITES RÈGNENT EN MAÎTRE DANS L'EMPIRE D'ORIENT.

PIERRE  MONGE
Pierre III, dit Pierre Monge (en grec μογγός, « à la voix rauque ») est patriarche d'Alexandrie, pour les monophysites, du 31 juillet au 4 septembre 477 et pour les autorités Byzantines de décembre 482 à sa mort le 29 octobre 490.

Diacre de l'Église d'Alexandrie et farouche opposant au concile de Chalcédoine, il est à partir de 457 l'un des collaborateurs du patriarche monophysite Timothée Élure.
Quand celui-ci meurt, le 31 juillet 477, le parti s'empresse d'introniser, le jour même, Pierre Monge comme son remplaçant. Mais l'empereur Zénon impose par la force (4 septembre) le rétablissement de Timothée Salophaciole, que les monophysites, profitant de l'usurpation de Basiliscus, ont renversé en 475...
Pierre Monge doit s'enfuir et entre dans la clandestinité.

Le 28 juin 482, l'empereur Zénon et le patriarche de Constantinople Acace promulguent l'Hénotique (l'« Édit d'Union ») : La réunification des Églises doit se faire par la mise entre parenthèses du concile de Chalcédoine, que chacun peut interpréter à sa guise. Le successeur de Timothée Salophaciole, Jean Talaia, ferme partisan du concile, refuse de souscrire à l'Hénotique, ce qui va d'ailleurs dans le sens de la réunification : Pierre Monge, lui, ayant accepté de signer, Jean Talaia est évincé et le chef des monophysites mit officiellement à sa place (décembre 482).

Jean Talaia se rend à Rome, où il est accueilli par le pape Félix III, celui-ci organise un concile qui dénonce l'Hénotique et excommunie aussi bien Acace de Constantinople que Pierre Monge (484).
Ce dernier interprète ouvertement l'Hénotique comme une annulation pure et simple du concile de Chalcédoine : Il convoque d'ailleurs un synode qui le condamne...
Cependant, lui et son collègue Pierre le Foulon, patriarche d'Antioche, considérés comme les chefs du parti, ayant accepté par l'Hénotique d'entrer en communion avec l'Église Byzantine, qui reste Chalcédonienne, certains monophysites extrémistes se séparent d'eux : On les appelle les Acéphales (les « sans chef »).
Pierre Monge entre également en conflit avec les milieux païens d'Alexandrie, notamment parmi les professeurs et les étudiants des écoles.
Vers 485, il dénonce l'existence, révélée par des étudiants chrétiens, d'un temple clandestin d'Isis à Canope, et exige une enquête et des persécutions.

Selon Zacharie le Rhéteur, qui raconte l'histoire dans la Vie de Sévère d'Antioche, et qui en est témoin oculaire, le préfet Entrechius est secrètement païen, et son adjoint l'est ouvertement.
C'est pour Pierre Monge l'occasion de faire autour de lui l'unité des chrétiens. Damascios, dans son Histoire philosophique, accuse le philosophe Ammonios d'Hermias d'avoir trahi des collègues païens en révélant l'endroit où ils se cachaient, et d'avoir passé un accord honteux avec Pierre Monge.

Le pape Félix est déjà instruit de tout par les lettres des abbés catholiques de Constantinople, et par un moine que Cyrille, abbé des acémètes, a chargé de porter ces lettres à Rome. Il assemble un concile où les légats Vital et Misène, sont appelés à rendre compte de leur conduite, convaincus d'une prévarication manifeste, ils sont excommuniés et déposés de l'épiscopat.
ALEXANDRIE
On confirme aussi la sentence d'excommunication et de déposition déjà prononcée par le Saint-Siège contre Pierre Monge. Quant à Acace, on se contente de blâmer sévèrement ses variations et sa condescendance pour les hérétiques. Le pape veut encore essayer de le ramener, et lui offre le pardon du passé à condition qu'il veuille reconnaître sa faute et la réparer.
Mais Acace s'obstine à ne point quitter la communion de Pierre Monge.
Il tient pour cet effet, le 28 juillet 484, un concile de 67 évêques qui souscrivent après lui à la sentence de déposition. Elle rappelle toutes les fautes dont Acace s'est rendu coupable :
Ses usurpations ambitieuses au mépris des canons de Nicée
La protection déclarée qu'il accorde aux hérétiques,
Les violences exercées contre les légats du pape,
Le refus de comparaître devant le Saint-Siège, selon les canons, pour répondre aux accusations intentées contre lui par Talaïa, puis elle se termine ainsi :
« Que votre partage soit donc avec les hérétiques dont vous embrassez les intérêts, et sachez que par la présente sentence, en vertu de notre autorité apostolique, vous êtes privé de l'honneur du sacerdoce et retranché de la communion de l’Église, sans pouvoir jamais être absous de cet anathème. On étend la même peine à tous les évêques, clercs, moines ou laïques qui continuent de communiquer avec Acace.
Du reste il est à peine nécessaire de faire remarquer que les dernières paroles de la sentence prononcée contre cet évêque signifient seulement qu'il ne pourra jamais être rétabli sur son siège.

Tutus, défenseur de l'Église Romaine, est chargé d'aller notifier cette condamnation. Il parvient jusqu'à Constantinople, malgré les gardes qui veillent à l'entrée du Bosphore. Mais il ne peut arriver auprès d'Acace, et quelques moines acémètes prennent le parti d'attacher la sentence au manteau de cet évêque pendant qu'il entre à l'église pour célébrer l'office. On arrête ces moines et on les met en prison, après les avoir maltraités si cruellement que plusieurs en meurent.
Tutus publie ensuite l'anathème prononcé contre ceux qui persévèrent dans la communion d'Acace. Il remet aussi à l'empereur et au clergé de Constantinople des lettres où le pape, en leur notifiant le jugement du Saint-Siège et les exhortant à s'y soumettre, leur fait connaître la condamnation des légats Vital et Misène, afin de lever le scandale de leur prévarication... Mais après s'être si bien acquitté de sa commission, Tutus se laisse gagner par l'argent, il communique avec le patriarche déposé, et s'engage par écrit à le tenir au courant de tout ce qui est fait à Rome. Quelques abbés de Constantinople en instruisent le pape, qui aussitôt assemble un concile où Tutus, convaincu par son propre aveu, est privé de sa charge et excommunié.
Le souverain pontife a soin d'en informer les abbés qui lui ont écrit, et les exhorte à retrancher de leur communion les moines qui se laissent séduire par les hérétiques. Il adresse en même temps une lettre synodale à tous les évêques et à tous les moines de l'Orient pour les avertir de renoncer à la communion d'Acace, de Pierre Monge et de Pierre le Foulon.

Ce dernier vient d'être rétabli sur le siège d'Antioche par les soins d'Acace, dont l'audacieuse témérité, soutenue par la protection de l'empereur, ne connaît plus de bornes.
Méprisant la condamnation prononcée contre lui par le Saint-Siège, l'évêque de Constantinople porte l'impiété jusqu'à ôter des diptyques le nom du pape, il fait déposer dans l'Orient un grand nombre d'évêques orthodoxes, et leur substitue des hérétiques dont il n'exige autre chose que de souscrire à l'hénotique de Zénon. Calendion, chassé d'Antioche, est relégué dans les déserts de l'Oasis.
On colore cette déposition de quelques prétextes politiques, mais la vraie raison est que ce patriarche demeure attaché à la communion du pape et rejette celle de Pierre Monge. Alors Pierre le Foulon, tant de fois condamné, n'a besoin pour être rétabli que de souscrire à l'hénotique.
Il chasse plusieurs évêques orthodoxes, entre autres Cyrus, métropolitain d'Hiéraple, et il met sur ce siège un Persan, nommé Xénaias, ou Philoxène, qui se rend célèbre dans la secte... On apprend bientôt que c'est un esclave fugitif qui n'est pas même baptisé, mais son zèle pour l'eutychianisme fait fermer les yeux sur tout le reste.
On regarde ce Xénaïas comme le chef ou le précurseur des iconoclastes, car il condamne les Saintes Images, et il fait disparaître en plusieurs endroits celles qui ornent les églises.
Pierre le Foulon veut étendre sa juridiction sur l'île de Chypre, mais l'évêque de Salamine lui oppose la décision du concile d'Éphèse, et comme on découvre alors près de sa ville épiscopale le corps de Saint Barnabé, on regarde ce siège comme apostolique et jouissant à ce titre du droit de primatie.
Pierre Monge, persécute également les catholiques et les acéphales, ayant tenté vainement de gagner ceux-ci en se déclarant ouvertement contre le concile de Chalcédoine, il en chasse un grand nombre de leurs monastères, et sur les plaintes qu'ils en font, l'empereur Zénon ordonne de les rétablir, et fait au patriarche intrus une défense sévère de continuer ses violences.

SAINT DANIEL LE STYLITE
Pierre le Foulon meurt en 488, on le remplace par un autre hérétique nommé Pallade, qui occupe le siège 10 ans.
Acace de Constantinople meurt l'année suivante, laissant une mémoire odieuse pour avoir sacrifié aux intérêts de son ambition toutes les lois de la religion.
Le prêtre Flavita, qui lui succède, ne peut obtenir d'être reconnu par le souverain pontife, parce qu'il a conservé dans les diptyques les noms d'Acace et de Pierre Monge, et qu'il a même envoyé à ce dernier des lettres synodales pour demander sa communion.
Il meurt subitement au commencement de 490, après 4 mois seulement d'épiscopat, et on lui donne pour successeur le prêtre Euphémius, catholique zélé et vertueux, qui se sépare aussitôt de la communion du patriarche hérétique d'Alexandrie.
Le pape Félix reçoit les lettres synodales qu'Euphémius s'empresse de lui envoyer, et il le reconnaît ainsi pour évêque légitime, mais il lui refuse sa communion parce qu'il n'a pas retranché des diptyques les noms d'Acace et de Flavita. Pierre Monge meurt la même année. Il est remplacé par un hérétique nommé Athanase, qui anathématisa comme lui le concile de Chalcédoine, et qui cependant ne réussit point par cette concession à réunir les acéphales à son parti.

L'empire change de maître l'année suivante par la mort de Zénon, dont le successeur est Anastase, qui règne 27 ans, quoiqu'il en a déjà 60 lors de son élection.
Le nouvel empereur a tous les dehors de la piété, il jeûne souvent, fait de grandes aumônes et donne beaucoup de temps à la prière... Il se rend ordinairement à l'église avant le jour et y demeure jusqu'à la fin de l'office.
Il passe néanmoins pour hérétique.
Il a un frère arien et sa mère est manichéenne. Aussi le patriarche Euphémius s'oppose fortement à son élection, et ne consent enfin à le couronner qu'après avoir exigé et obtenu de lui une confession de foi par écrit, contenant son adhésion formelle au concile de Chalcédoine, avec la promesse de ne rien innover dans la religion.


Histoire de l'Église depuis son établissement jusqu'au ...





https://books.google.fr/books?id=snC3HP7UDP8C
1842
Pierre le Foulon voulut étendre sa juridiction sur l'île de Chypre, mais l'évêque de ... qui se sépara aussitôt de la communion du patriarche hérétique d'Alexandrie. ... Pierre Monge mourut la même année 490, et fut (1) Evagr. lib. III. — Theod.

Alexandrie - http://coptica.free.fr
coptica.free.fr/alexandrie_804.htm
L'apostolat de saint Marc, l'envoyé de saint Pierre pour évangéliser l'Égypte, les .... L'autorité de l'archevêque d'Alexandrie était déjà universellement reconnue et chaque année c'est lui qui .... 27. saint Pierre III dit Pierre Monge de 477 à 490.

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