vendredi 22 mai 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 729

19 Mai 2015...

Cette page concerne l'année 729 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !


LE FOSSE SE CREUSE ENTRE BYZANCE ET ROME SOUS LES YEUX PLEIN DE CONVOITISE DE LUITPRAND

Liutprand est le fils d'Ansprand, duc d'Asti devenu roi des Lombards. Il lui succède sur le trône royal en juin 712, demeurant roi jusqu'à sa mort. également orthographié Liudprand, italien Liutprando (mort en 744), Lombard roi de l'Italie dont le règne long et prospère est une période d'expansion et de consolidation pour les Lombards. Peu après son avènement, un membre de sa famille, Rotharit, complote contre lui et projette de le faire assassiner. Liutprand l'apprend et, faisant semblant de rien, fait venir chez lui le comploteur qui est massacré par la garde royale. Il fait par la suite éliminer les 4 fils de Rotharit.

Durant ce long règne de 32 ans, Liutprand tente vainement d'unifier la péninsule Italienne sous la domination Lombarde, entrant régulièrement en conflit avec la Papauté et avec les Byzantins de l'Exarchat de Ravenne. Selon Paul Diacre, auteur d'une Histoire des Lombards, il mène de nombreuses guerres contre les « Romains » (c.-à-d. les Byzantins), qui sont toujours victorieuses sauf une fois à Rimini où son armée est défaite en son absence.
Entre 727 et 729, profitant des tensions entre Byzance et la Papauté, Liutprand décide d'attaquer Ravenne et Rome, s'empare de Classe et de Bologne ainsi que de plusieurs autres villes et forteresses pendant que les Lombards de Spolète dirigés par leur duc Thrasamund s'emparent de Narni et de la forteresse de Sutri, située dans le duché de Rome. À la sollicitation du pape Grégoire II accompagnée de grands présents, Liutprand en fait sortir les Lombards après l'avoir pillé... Puis fait une donation aux apôtres Saint Pierre et Saint Paul c'est-à-dire à l'Église Romaine : C'est la donation de Sutri.
Liutprand doit également à plusieurs reprises soumettre les duchés Lombards semi-indépendants de Spolète et de Bénévent, et tente d'expulser définitivement les Byzantins d'Italie en assiégeant notamment Ravenne en 734, sans succès. Dans le nord-est de son royaume, il doit également lutter contre les Slaves (peut-être les Carinthiens), qui lancent régulièrement des raids dans le Frioul...

Entretenant de bonnes relations avec les Avars, les Bavarois et les Francs, il répond en 739 à l'appel à l'aide de ces derniers pour combattre les musulmans qui ravagent la Provence et ont pillé Arles.
Quelques années plus tôt, Liutprand a obtenu l'alliance de Charles Martel qui lui a envoyé son fils Pépin afin que le souverain Lombard devienne en quelque sorte son père d'adoption en lui coupant les cheveux selon la coutume. À une date inconnue il épouse Gontrude (Guntruda), fille du duc Thibert (ou Teutbert) de Bavière, chez qui il a vécu dans sa jeunesse lors de son exil en Bavière, et il en a une seule fille.
Très pieux, Liutprand poursuit et interdit avec rigueur les derniers débris du paganisme, les magiciens, les sorciers, les sacrifices (animaux) au pied des arbres et les prières au bord des sources. Ayant su que les Sarrasins ont ravagé la Sardaigne et souillé les lieux où l'on conserve les os de Saint Appien (Appianus), Liutprand envoie des hommes dans l'île pour acheter à haut prix ces reliques, et il les place honorablement dans la ville de Pavie, capitale Lombarde.
En 735, il associe au pouvoir Hildeprand, son petit-fils et meurt au printemps 744 de mort naturelle. Sa dépouille est inhumé à Pavie dans la basilique du bienheureux Hadrien (martyr).
Selon Paul Diacre, Liutprand règne 31 ans et 7 mois. C'est un homme d'une profonde sagesse, de conseil avisé, extrêmement pieux et chérissant la paix... D'une terrible puissance guerrière, clément pour les coupables, chaste, pudique, capable de longues veillées de prière, généreux en aumônes, ignorant les lettres sans doute mais faisant jeu égal avec les philosophes, nourricier de son peuple, il enrichit les lois.
Liutprand complète l'Édit de Rothari, tente de limiter la vengeance privée et les faides, et fait interdire la mise à mort de la femme adultère.
Il est considéré comme le plus grand des rois Lombards et sous son règne, Papia (Pavie), devient un grand centre de culture

Il utilise à son avantage la controverse iconoclaste (727), une rébellion dans l’Italie Byzantine provoquée par la condamnation de l'empereur Léon III du culte des Images.
Le pape Grégoire II a demandé le soutien des ducs lombards de Spolète et de Bénévent, tandis que Liutprand contracte une alliance avec l'exarque ( gouverneur byzantin) de Ravenne. Le pape a quitté la ville pour une confrontation personnelle avec Liutprand, un catholique pieux, qui a ensuite été forcé de céder.

Selon l’Historia Langobardorum, écrite en 780 par Paulus Diaconus Warnefrid, le pays d’origine des Lombards est en Scandinavie, d’où ils sont passés en , en Pannonie et enfin en Italie (568). Ticinum-Papia, une importante forteresse qui contrôle les routes dans la plaine du fleuve Pô, est occupée en 572 et devient ensuite la capitale de leur royaume, organisé en duchés, dont les Ducs habitent les villes principales. C'est la première tentative d’un royaume national en Italie, après la chute de l’Empire Romain, contre l’hégémonie Byzantine.

Les rois les plus marquants des Lombards sont : Agilulfe et sa femme Theudelinda (après 590), qui se convertissent de l’Arianisme au Christianisme « orthodoxe » (catholique) et demandent au moine Irlandais Colomban de fonder un monastère à Bobbio, Rothari (636 652), auteur de arques de Ravenne d'un côté, et les rois Lombards de l' autre. Les ducs de Bénévent jouent un grand rôle dans toutes ces vicissitudes. Mais nous approchons du moment où une grande querelle religieuse va produire en Italie un bouleversement général, et amener à la fin un changement total dans les destinées de cette belle partie de l'Europe.
Liutprand règne sur les Lombards...
Léon l'Isaurien est monté sur le trône de Constantinople.
Grégoire II occupe le siège pontifical de Rome.
Ce dernier influe déjà considérablement sur les affaires politiques du temps, et quoiqu'il ne possède pas le titre de souverain temporel, il est néanmoins regardé comme tel dans la ville de Rome. D'ailleurs, l'opinion exerce tant d'empire, que le pape est devenu une véritable puissance. Il s'était établi une espèce d'équilibre entre les 3 états qui partagent alors l'Italie.

Les empereurs ne sont pas assez forts pour renverser la puissance des Lombards, ni les Lombards assez puissants pour détruire celle des empereurs. Les uns et les autres cherchent à se ménager l'appui du pape, parce que son autorité entraîne la volonté des peuples.
Le premier signal de discorde et le premier élément de la destruction de cet équilibre vient de Constantinople. Léon l'Isaurien, croyant qu'en proscrivant les images, il purgera le christianisme de l'idolâtrie que leur culte, suivant sa manière de voir, y a introduite, ordonne qu' elles soient abattues dans toutes les églises, et enlevées de tous les lieux publics. Il n'est plus question ici de quelques abstractions théologiques, auxquelles le peuple, n'y entendant rien, prend peu d'intérêt : Il s'agit, au contraire, d'une chose qui tombe sous les yeux de tout le monde. Il est aisé de s'imaginer quelle impression doit produire sur le peuple une loi qui va renverser, fouler aux pieds, brûler par les mains les plus viles, des images, des statues que ses pères ont élevées avec autant de zèle que de magnificence dans les églises, dans les places, sur les portes des villes, pour y être l'objet de la vénération publique.

Les peuples d'Occident, surtout en Italie, loin de se soumettre aux volontés de l'empereur, se soulèvent. Les princes qui ne dépendent pas de l'empire, les rois Lombards, et les ducs de Bénévent, conçoivent tant d'horreur pour cet attentat, qu'ils s'appliquent avec le plus grand soin à en préserver leurs états. L'aversion n'est pas moins forte parmi les peuples soumis à l'empire Grec... Rome et tout son duché conservent leurs images, le duché de Naples, ainsi que toutes les villes dépendantes de l'empire d'Orient en usent de même.

A Ravenne, où l'exarque veut faire exécuter les ordres de l'empereur, il y a un soulèvement. Liutprand, prince habile et ambitieux, se doutant des effets que l'imprudence de l'empereur va produire, profite de l'occasion et s'empare de la ville...
Ainsi, par une seule erreur du gouvernement, le siège de la puissance impériale en Italie devient la proie de son plus mortel ennemi.
Le pape s'est opposé de toutes ses forces et avec indignation à l'entreprise de Léon l'Isaurien. Mais d'un autre côté, il craint l'ambition et l'agrandissement de Liutprand.
Il résout, en conséquence, tout en condamnant l'hérésie des iconoclastes , de venir à l' appui des intérêts temporels de l'empereur, pour ne pas se trouver tout-à-fait à la discrétion du roi des Lombards.

Boniface II met une espèce d'amour-propre, indépendamment des considérations politiques, à balancer, par l'ascendant d'une opinion spirituelle, le pouvoir des 2 puissances rivales, que l'Italie ne tombe pas tout entière
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sous la dépendance de l'une ou de l'autre.
Il croit que leur division et leur présence sur le territoire de la péninsule sont la plus forte garantie de sa liberté. Il n'oublie pas non plus qu'il a plus à craindre de Liutprand, maître de plus de la moitié de l'Italie, et entourant de tous côtés, par la possession de la Toscane et du duché de Bénévent, l'état de Rome, que de Léon l'Isaurien, prince éloigné, et dont les possessions se trouvent dispersées depuis Ravenne jusques à Naples.
Le roi des Lombards, d'ailleurs d'un caractère très entreprenant, se voit à la tête d'une nation puissante.

Le vieux et débile empire d'Orient ne peut se comparer à cette force naissante : D'après ces réflexions, il engage les Vénitiens à se porter au secours de Ravenne, tombée entre les mains des Lombards. Venise s'est accrue rapidement. Les révolutions et les invasions étrangères, entraînant toujours à leur suite les proscriptions, se sont succèdées sans interruption.

Le nombre des réfugiés s'est augmenté chaque jour sur les îles hospitalières qui ont donné asile aux Italiens fuyant devant les dévastations d'Attila.
C'est un cas inverse de celui de Rome.
Le droit d'asile n'attire guère dans la ville de Romulus que des brigands, tandis que les murs de Venise accueillent la fleur des populations Italiennes. Les brigands ne fuient point Attila, ils se joignent, au contraire, à lui, mais les pères de familles, mais les propriétaires honnêtes, qui ne veulent pas tremper leurs mains dans la ruine de leur patrie, vont chercher un asile dans un lieu inaccessible aux fureurs du tyran.
Il n'est donc pas étonnant que 150 ans après sa fondation Venise soit déjà devenue une puissance recherchée pour des liaisons politiques par les souverains qui ont des intérêts à démêler en Italie.
Les exhortations du pape ne restent pas sans effet. Les Vénitiens envoient des flottes au secours des troupes impériales au moment où elles cherchent à ressaisir sur les Lombards leur ancienne capitale.
Ces secours arrivent si à propos, que les impériaux entrent dans Ravenne...
Grégoire II croit que l'empereur lui tiendra compte d'une démarche qui a eu de si heureux résultats pour lui. Il espère que Léon l'Isaurien en sera venu à des sentiments de modération envers ceux qui suivent une opinion différente de la sienne, et répugnent à renoncer à un culte sanctionné par le chef suprême de l’Église, et pour lequel ils ont eu jusqu'alors, tant de vénération... Mais l'empereur, aveuglé par la passion, met de l'entêtement dans ses opérations contre les adorateurs des Images, quoiqu'en d'autres circonstances il ne manque ni de sagesse ni de prudence.
Il ne consent pas à révoquer ses ordres, persévère au contraire de plus en plus dans ses rigueurs, et tente même, quoique inutilement, de s'emparer de la personne du pontife, soit par la ruse, soit par la force... Il sait que Grégoire n'est pas homme à se laisser intimider, et qu'il le contrera traversé dans tous ses projets contre des rites qui ont reçu la sanction de l'église de Rome. Effectivement, le pape ne cesse de représenter dans les termes les plus énergiques à l'empereur, que jamais il ne consentira aux innovations qu'il prétend faire, et déclare très explicitement qu'il a défendu de tout son pouvoir ce qu'il croit appartenir à la doctrine orthodoxe. On voit ici l'extrême différence qui existe entre les religions païenne et chrétienne.

Les prêtres de la première n'ont aucune croyance religieuse positive, leurs croyances ne sont autres que celles de l'état, l'état et la religion ne sont qu'une seule et même chose, ou, pour mieux dire, la religion n'est qu'une branche, une émanation de l'état... Il suit de là que les magistrats et les prêtres païens ne se trouvent jamais en contradiction, encore moins en opposition entre eux. Mais les prêtres de la religion chrétienne ont une croyance positive, et indépendante des maximes et de la politique de l'état, cette croyance est partagée par les peuples. Il s'ensuit que, dans les pays chrétiens, religion et état sont deux choses tout-à-fait distinctes, il peut y arriver que l'une se trouve en contradiction et en opposition avec l'autre.

Le devoir peut se mêler dans ces débats, c'est dans les cas d'empiétement d'une de ces puissances sur le domaine de l'autre. Le caprice, l'ambition, l'erreur, peuvent aussi y prendre part, et donner lieu à des dissensions nullement fondées en droit. La religion chrétienne est une affaire fort importante et fort délicate pour les gouvernements. Le divin fondateur de cette religion a senti ces difficultés, c'est pourquoi il règle cette matière d'une manière claire, précise et péremptoire.
Mais, s'il établit des règles saintes, il ne peut faire des saints de tous les hommes. Les passions restent, les abus s'ensuivent, le désordre naît dans la société.

Pour appliquer ces maximes au cas dont il s'agit, il est évident que l' empereur fait invasion sur le domaine de l'Église, comme le pape l'a faite sur celui de l'état, en se mêlant des affaires temporelles du temps.
Le pape était sûr des dispositions des peuples dans cette grande querelle : Il ne doute pas non plus des intentions favorables des rois Lombards, car tout ce qui contribue à l'abaissement de l'empire entrant dans leur politique est vu d'un bon œil de leur part... Liutprand n'est pas un petit esprit capable de garder rancune au pontife de l'avoir contrarié dans ses projets sur Ravenne. Il sait surmonter ses passions pour le bien de l'état... En conséquence, Grégoire II, fort de l'assentiment des rois et des peuples, voyant que l'on ne garde plus de mesure, et qu'on attaque ouvertement la religion de même que sa personne, résolut de faire usage de son autorité pontificale, et d'employer les armes spirituelles de son ministère pour empêcher que ledit empereur soit reçu en Italie. Il commence par excommunier l'exarque et ses complices, il adresse ensuite des lettres apostoliques aux Vénitiens, à Liutprand, aux ducs des Lombards, et à toutes les ville de l'empire, il les exhorte à demeurer fermes et inébranlables dans la foi catholique, et à s'opposer de toutes leurs forces à l'exécution de l'édit de l'empereur...
Ces lettres font tant d'impression sur les esprits, que les peuples d'Italie, quoique de partis différents, et souvent en guerre les uns contre les autres, comme les Vénitiens, les Romains et les Lombards, se réunissent en un seul corps animé d'un même esprit qui les fait travailler de concert à la défense de la religion catholique et de la personne du pape.
Tous protestent qu'ils sont résolus de conserver leur religion au péril de leur vie, qu'ils ne craignent pas d'exposer pour une cause si glorieuse.

Mais comme il est difficile, dans la chaleur d'un premier mouvement, de garder, même pour le bien, une juste modération, ils ne demeurent pas dans les bornes d'une légitime défense, les Romains et ceux de la Pentapole, qu'on nomme aujourd'hui Marche d'Ancône, prennent les armes et se joignent aux Vénitiens, qui les premiers ont mis des troupes sur pied.
Non contents d'abattre les portraits et les statues de Léon l'isaurien, ils ne veulent plus le reconnaître pour empereur, et se choisissent de leur propre autorité des magistrats pour en être gouvernés pendant l'interrègne.
Ils portent enfin la révolte aux derniers excès, résolvent de créer un nouvel empereur, et d'aller avec une puissante armée à Constantinople le placer sur le trône de Léon l'Isaurien. Mais le pape ne trouve pas ce projet convenable, le rejette, et s'y oppose de manière à ce qu'il n'est aucun effet.
Dans cette agitation, il se forme partout 2 partis.
A Ravenne, l'exarque a gagné beaucoup de gens par de basses complaisances, en flattant leur avance ou leur vanité par des promesses de récompenses de toute espèce. Le parti contraire, qui soutient le pape, est cependant le plus fort et le plus nombreux. On en vient aux mains : Le parti catholique ayant eu la supériorité, fait un grand carnage des iconoclastes, dont le chef, c'est-à-dire l'exarque lui même, tué dans le tumulte.

C'est ainsi que les empereurs d'Orient perdent plusieurs villes de l'exarchat, comme aussi les autres villes de la Marche qui se soumettent à Liutprand. Ce prince habile, qui n'est entré dans cette guerre que pour profiter de l'occasion de s'agrandir aux dépens du pape et des Grecs, ne manque pas de tirer de cette révolte l'avantage qu'il en peut espérer.
Il fait donc comprendre à ces peuples, d'un côté, qu'ils ne pourront jamais conserver leur religion sous un empereur hérétique et persécuteur des orthodoxes, de l'autre, qu'ils n'ont pas assez de forces pour résister à un prince si puissant. Toutes ces villes, déterminées par leurs craintes et par leur zèle pour la religion, se mettent elles-mêmes dans les mains des Lombards... Le roi acquiert ainsi par une habile politique ce qui a échappé jusqu'alors à la puissance de ses armes.

Au milieu de ces agitations, le duché de Naples et les parties de la grande Grèce qui dépendent de l'empereur, demeurent fidèles à leur souverain.
A la vérité, les motifs de religion, les exhortations, les attaques même à main armée des ducs de Bénévent qui font partie du royaume des Lombards, y ont produit quelque tumulte, mais la majorité l'emporte : La domination Grecque n'y est pas détruite.

L'empereur, étonné d'une révolution si générale, ne se désiste pas de son entreprise, renouvelle ses ordres pour la suppression des Images, et se livre à des emportements contre le pape, qu'il regarde comme le principal auteur de la révolte... Il résout même de le faire périr, et envoie pour cet effet en Italie un eunuque nommé Eutychius, homme capable de toute sorte de scélératesse. Le pontife court les plus grands dangers.
D'un autre côté, si le roi Liutprand et les Lombards paraissent disposés à se défendre contre Léon l'Isaurien,
Grégoire II n'ignore pas que ces mêmes Lombards sont bien moins occupés du dessein de lui rendre service et de veiller à sa conservation, que de profiter des occasions favorables pour étendre leur domination. Le pape n'ose et ne peut se confier à eux... Les événements démontrent la légitimité de ce soupçon. Les Romains partagent les inquiétudes du pape. C'est dans ces circonstances qu'ils prennent enfin la résolution de se soustraire à la domination de l'empereur Léon l'Isaurien, et de se réunir sous l'obéissance du pape, auquel ils jurent qu'ils le défendent contre tous les efforts de l'empereur Byzantin et de Liutprand.

Telle est l'origine et le premier fondement sur lequel les papes parviennent à établir la souveraineté temporelle dont ils jouissent... Ces récits sont plus que suspects, puisqu'ils ne se trouvent consignés que dans les histoires des Grecs, intéressés à dénigrer la mémoire de Grégoire II

Eutychius a réussi, par des moyens de corruption et avec l'appui du parti iconoclaste, à faire revenir Ravenne dans l'empire. Mais il a comprit que toute l'Italie ne tardera pas à secouer le joug de l'empereur Grec, et que jamais il ne réussira à soumettre le pape et à vaincre l'obstination des Romains aussi longtemps que le roi Liutprand sera disposé à les protéger et à les secourir, faisant compromis et complots dans cette idée, il met tout en oeuvre pour engager ce prince à changer de sentiment, et pour le porter à s'unir avec lui.

Dans ce même temps, Thrasimond, duc de Spolete, s'est révolté. Liutprand le poursuit et désire ardemment le punir de sa félonie.
D'un autre côté, informé de la ferme résolution que les Romains ont prise de se soumettre au pape, il sent qu'il est inutile d'employer contre eux la force ouverte pour se rendre maître du duché de Rome.

Bientôt il conclut un traité avec l'exarque Eutychius. Ne tenant plus aucun compte de l'engagement signé avec les Romains, il accepte sans hésiter les offres que lui fait celui-ci :
Il accepte le secours de l'armée d'Eutychius et la joint à la sienne pour réprimer la félonie du duc de Spolete... Le rebelle vaincu est réduit à la nécessité de se jeter aux pieds de Liutprand pour lui demander son pardon... Puis les deux armées, après la soumission du duc de Spolete, marchent droit à Rome, et campent dans les prairies de Néron, situées entre le Tibre et l'église de Saint-Pierre, vis-à-vis du château Saint-Ange.

Bien que le pape ait fait fortifier Rome avec soin, il juge qu'il lui est impossible de la défendre contre 2 ennemis puissants qui ont juré sa perte... Prennant une résolution courageuse, il sort de Rome, accompagné du clergé et de quelques barons Romains, et va se présenter devant le roi.
Liutprand, surpris d'une démarche à laquelle il ne s'attend pas, ne peut se refuser aux mouvements d'une générosité qui lui est naturelle, il reçoit le pape avec tout le respect que lui inspire la sainteté de sa vie, et l'auguste caractère dont il est revêtu. Alors Grégoire II, prenant cet air de majesté que la seule vraie vertu, soutenue par un rang éminent, peut donner, commence à parler au roi avec autant de véhémence et d'éloquence que d'affabilité. Il lui fait connaître combien, en manquant à sa parole, il porte de préjudice à la religion pour laquelle il est si zélé, et jusqu'où pourraient s'étendre les maux qui affligent son propre royaume, s'il néglige de protéger et de défendre l'Église : il le conjure enfin de se désister de son entreprise, et de ne pas tourner ses armes contre Rome.

Liulprand se jette à ses pieds, et, reconnaissant ses torts, promet qu'à l'avenir il ne souffrira que l'on fasse aucun mal aux Romains, bien moins encore, que l'on viole en la personne du pape le respect dû à l’Église, dont il est le père et le chef, il supplie le pape de le conduire à l’Église de Saint-Pierre, et là, en présence de tous les chefs de son armée, s'étant fait désarmer, il remet sur le tombeau de Saint Pierre son épée, son bouclier, le manteau royal, sa couronne d'or, et une croix d'argent.
Le pape croit que les événements récents ramènent l'empereur à des sentiments plus pacifiques, mais il n'en est rien. Léon donne un nouvel édit, par lequel il enjoint aux habitants de Constantinople, et spécialement à ceux qui sont chargés des églises, de remettre au pouvoir de ses officiers les Images, afin que d'un seul coup il puisse en purger cette ville en les faisant brûler toutes ensembles, il va même plus loin, et confisque tous les patrimoines que l'église de Rome possède en Sicile, en Calabre, et dans les autres provinces de l'empire.
Ces exécutions violentes ne laissent plus aucune espérance de retour, on voit clairement que l'empereur est entraîné par une passion aveugle et une haine irréconciliable contre l'église de Rome.

C'est ici qu'une résolution extraordinaire va produire des événements également extraordinaires :
Menacé dans son existence et dans sa vie, n'espérant ni amitié durable, ni secours suffisants de la part des puissances d'Italie, le pape résout de s'adresser aux Francs, restés constamment attachés à la foi catholique.
Depuis plus de 15 ans, Charles Martel gouverne ce royaume, le roi étant incapable de commander par lui-même, son autorité tout entière est passée dans les mains de ce grand homme, qui possède la première dignité du royaume par la charge de maire du palais.

Liutprand — Wikipédia
fr.wikipedia.org/wiki/Liutprand
Entre 727 et 729, profitant des tensions entre Byzance et la Papauté, ... apôtres saint Pierre et saint Paul c'est-à-dire à l'Église romaine : c'est la donation de Sutri. ... Quelques années plus tôt, Liutprand avait obtenu l'alliance de Charles Martel .

Bagnaia et Viterbo
www.nccportodicivitavecchia.it/fr/articolo_dettaglio.asp?nID=23...
Les travaux de complètement et de agrandissement sont dus au cardinal Peretti-Montalto dans les années successives. ... San Lorenzo, rappelé dans la donation de Sutri entre les possessions que Liutprando avait promis à l'église en 729.

Liutprand - Encyclopaedia Britannica
www.britannica.com/EBchecked/topic/.../Liutprand
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Liutprand, also spelled Liudprand, Italian Liutprando (died 744), Lombard king of Italy whose long and prosperous reign was a period of expansion and ...

Histoire des peuples d'Italie
https://books.google.fr/books?id=0lwvAAAAYAAJ
Carlo Botta - 1825 - ‎Italy
V histoire des peuples d' Italie depuis Rotharis jusqu'à, Liutprand, renfermant l'espace de 76 ans, n'offre guère d' intérêt. — L' empereur Léon proscrit les ...

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