samedi 28 février 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 811

27 FEVRIER 2015...

Cette page concerne l'année 811 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

UN GRAND EMPEREUR S’ÉTEINT

CHARLEMAGNE
Les biographes de Charlemagne ont tracé son portrait. Il a le corps ample et robuste, une taille élevée mais sans excès, les yeux grands et vifs, le nez un peu fort, le visage riant.
Sa santé est vigoureuse jusqu'à ses dernières années, il souffre alors d'accès de fièvre, en arrive même à boiter. Il est sobre, a horreur de l'ivresse, s'habille simplement, à la mode Franque. L'équitation, la chasse sont ses grands plaisirs.
Il se marie fort souvent et a de nombreux enfants. Si on ajoute à cette liste Rhodaïde, née d'une concubine dont on ne sait pas le nom, on arrive à un chiffre de 18 enfants connus.
Charlemagne n'a jamais consenti à se séparer de ses filles, à les marier, mais la conduite de quelques-unes d'entre elles ont laissé à désirer. Parmi ses fils, 3 seulement, les fils d'Hildegarde, sont de naissance légitime.

En 806, par un acte dont le texte nous est parvenu, Charlemagne partage entre eux ses États. Ce partage est sans effet, par suite de la mort de Pépin et de Charles.

Au commencement de janvier 814, comme il passe l'hiver à Aix-la-Chapelle, il est atteint d'une forte fièvre, puis d'une pleurésie, et, après 7 jours de maladie, il meurt le 28 janvier.

L'empereur fait, dans l'année 811, un nouveau testament qu'Éginard rapporte avec détails et en entie,r par cet acte Charlemagne laisse les deux tiers de son mobilier et de ses trésors aux métropoles et aux pauvres, en même temps il déclare que Bernard garde pour son partage le royaume d'Italie, Louis , roi d'Aquitaine, doit régner sur tous ses autres États.
Les infirmités de la vieillesse font, de jour en jour, sentir à l'invincible Charles, que le temps qui détruit tout, va triompher de lui, il veut que Louis, son fils unique, lui succède, sur le trône impérial comme sur celui des Francs : Son génie pénétrant comprend le danger d'accroître l'influence du Saint Siège, s'il laisse au pape l'apparence d'un droit sur cette couronne.
Les Romains sont alors si méprisés que leurs suffrages ne peuvent être ni désirés ni comptés. L'empereur veut donc que son successeur ne doit son élévation qu'aux suffrages du peuple de Francie.

 LOUIS LE DÉBONNAIRE CHARLEMAGNE ET SAINT GUILHEM
Au printemps de l'année 813, il convoque l'assemblée nationale à Aix-la-Chapelle, et y fait venir le roi d'Aquitaine : Là, il le présente au clergé, aux ducs, aux comtes, aux seigneurs, au peuple, et après leur avoir rappelé,dans un discours touchant, ses travaux, ses exploits, la gloire qu'il doit à leurs efforts, à leur courage et à leur dévouement, il leur demande si, pour perpétuer cette gloire, pour assurer leur prospérité et pour consolider le trône impérial relevé par eux, ils veulent, dès ce moment, associer Louis à l'empire.

La Chronique de Moissac dit que cette proposition est accueillie avec une satisfaction générale et approuvée par des acclamations unanimes. Le dimanche suivant, l'assemblée se tient dans l'église. Louis, proclamé par les Francs empereur d'Occident, jure, en présence des grands et du peuple, de régner suivant les lois, et Charles, après lui avoir recommandé solennellement le sort de ses sujets et celui de sa famille, lui ordonne d'aller prendre à l'autel une couronne d'or qu'on y a placée et de la poser lui-même sur sa tête.
Ce fait mémorable et incontesté suffit pour réfuter les étranges assertions du cardinal Baronius et des auteurs ultramontains qui affirment que Charles a reconnu et laissé au pape le droit de disposer de l'empire...

L'affaiblissement graduel des forces du monarque lui fait éprouver un désir jusque-là inconnu à son âme active, le désir de la paix, aussi, pendant la dernière année de sa vie, il ne s'occupe que du soin de la consolider, quoiqu'alors toutes les circonstances paraissent se réunir pour favoriser son ambition.
L'empereur Nicéphore vient de périr en combattant les Bulgares, et ne laisse à son successeur qu'un sceptre brisé.
Le Nord, déchiré par des factions, est la proie des querelles de deux rivaux qui se disputent le trône de Godefroi.
Les Sarrasins et les Visigoths ont épuisé leurs forces par des guerres continuelles, et si Charlemagne avait encore conservé, à cette époque, le feu, la vigueur et la témérité de sa jeunesse, il aurait pu, sans éprouver de grands obstacles, et plus facilement que Théodose, achever alors la conquête du monde Romain.

Mais ce grand astre penche vers son couchant, bientôt il disparaît : l'Europe, replongée dans ses ténèbres, voit promptement cette puissance colossale tomber en débris, elle ne conserve de sa gloire que de faibles rayons et de grands souvenirs.

COURONNE DE CHARLEMAGNE
En vain tout se réunit pour rappeler aux hommes leur néant, et pour les avertir de la fragilité des grandeurs humaines, orgueilleux pygmées, ils oublient que le plus puissant et le plus célèbre d'entre eux n'occupe qu'un point imperceptible dans l'infini : Aussi de tous temps on les a vus croire et dire que la chute d'un grand roi, d'un héros, d'un guerrier fameux, troublant l'ordre de l'univers , est annoncée par des prodiges.

Les contemporains de Charlemagne prétendent avoir vu une foule de présages précéder sa mort :
Peu temps avant cet événement, disent-ils, on a vu des éclipses de lune et de soleil.
Charles marchant contre les Danois, une flamme, s'élançant du ciel, passe rapidement de sa droite à sa gauche, au même instant sa cuirasse se détache, son cheval tombe mort, et le javelot qu'il tient à la main est brisé.
Un soudain incendie détruit le pont de Mayence,
Les souterrains du palais impérial retentissent longtemps d'un bruit sourd, la galerie qui se trouve entre le palais et la chapelle s'écroule.
Le globe d'or qui brille au-dessus de l'église est frappé par la foudre. Un éclair fait disparaître les mots « Charles Prince » d'une inscription placée dans la même église.
Mais des indices plus certains se préparent... De funestes événements :
Charles est âgé de 71 ans, sa faiblesse augmente chaque jour, son infatigable activité, caractère distinctif de tous les hommes célèbres, lutte seule encore contre les coups de la mort qui approche.
Jusque-là, étranger au repos, on l'a vu sans cesse en mouvement pour entreprendre de longs voyages, pour livrer de fréquents combats, pour préparer des lois, pour méditer et discuter de vastes projets de réforme et d'administration :
Tantôt il trace des routes, creuse des canaux, élève des édifices, tantôt il parcourt les côtes, visite les provinces, équipe des flottes, court au-devant des requêtes, répare des injustices, et, d'une extrémité à l'autre de son vaste empire, rétablit ou maintient l'ordre par sa présence fréquente et toujours imprévue, mais, lorsque l'âge et la paix le condamnent à l'inaction, la chasse lui conserve seule quelque exercice, en offrant à son esprit une dernière et faible image de la guerre...

Ne croyant point à la médecine il n'appelle point son secours. Au commencement de janvier, comme il sort du bain, la fièvre le saisit... Pendant sa durée il ne prend aucune nourriture, son aumônier Hildebad lui administre les sacrements, le signe de la croix est son dernier mouvement et son dernier effort, il expire en prononçant ces mots :
« in marins tuas commendo spiritum meum. ... »!
Ce grand homme qui a donné son nom à son siècle et à sa race, descend dans la tombe avec la gloire de la France le 28 janvier 814, il est dans sa 72e année.

Gibbon et Voltaire, oubliant trop les mœurs du siècle où vivait ce prince, et les obstacles qu'il avait à vaincre, ont adressé à sa mémoire des reproches rigoureux, ils ont dit que sa trop grande déférence pour le clergé, la prompte mort de son frère, le sort ignoré de ses neveux, son amour trop excessif pour les femmes, sa passion pour les conquêtes et pour les conversions, la rigueur de ses édits intolérant, l'établissement de la dîme, et le massacre de plusieurs milliers de Saxons, sont autant de nuages qui ternissent sa brillante renommée.

Un autre écrivain plus juste et moins sévère, M. de Sacy, convient que, si Charlemagne eût vécu dans un siècle moins grossier, il aurait égalé Marc-Aurèle.

Ce qui est certain, c'est que son règne, à jamais célèbre, est devenu une ère nouvelle pour l'Europe moderne :
L'Église lui doit son indépendance,
L'empire d'Occident sa renaissance.
Les sciences et les arts leur réveil.
La Germanie sa civilisation.
La France son repos et sa grandeur.
Tous les trônes, toutes les familles illustres, toutes les institutions et tous les corps célèbres de l'Europe, s'efforcent avec orgueil de prouver que leur origine remonte à Charlemagne, on lui attribue même la création de la pairie et de l'université, qui ne seront cependant fondées que sous la 3e race de nos rois.
Restaurateur de l'ordre public, de la justice et de la discipline.
Réformateur du clergé, ferme appui de la religion.
Protecteur des lettres.
Soutien du pauvre et de l'opprimé contre les grands.
Défenseur des libertés nationales.
Vainqueurs des Sarrasins.
Conquérant de l'Allemagne et de l'Italie.
L'Europe le nomme « Grand ».
L'Église le met au nombre des saints.

PIÈCE DU JEU D’ÉCHEC DE L’EMPEREUR
Son génie échauffant l'imagination des chroniqueurs, des poètes, des romanciers, ils le présentent tous, et même jusqu'à nos jours, comme un météore colossal et brillant, environné de prestiges, entouré d'un cortège fabuleux d'enchanteurs, de paladins, de fées et de magiciens.
Sa mémoire reste si longtemps chérie que, plusieurs siècles après la chute de sa dynastie, le mariage d'un de nos rois avec une princesse qu'on croit descendue de lui, excite en France une joie universelle.
Mais, de tous les éloges prodigués à ce monarque, le plus honorable peut-être est celui d'un auteur contemporain, historien de Louis le Débonnaire, cet éloge, que, hors les Saxons, tous les peuples de l'empire répètent, ne contient que ce peu de mots : « L'homme juste est mort ».






https://books.google.fr/books?id=wqYBAAAAYAAJ
CHARLEMAGNE, roi de France et empereur d'Occident. ... L'empereur fit, dans l'année 811 , un nouveau Nouveau testament qu'Éginard rapporte avec détail et ...
https://books.google.fr/books?id=11ATAAAAQAAJ
ÇHARLEMAGNE , ROI DE FRANCE ET EMPEREUR d'oCCIDEXT ; BERNARD , ROI ... iNnuveau L'empereur fit, dans l'année 811, un nouveau testament * .


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