samedi 4 février 2017

EN REMONTANT LE TEMPS... 155

1er DECEMBRE 2016...

Cette page concerne l'année 155 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES ANALYSES BIENVEILLANTES DU PAPE PIE Ier.

PAPE PIE Ier
Pie Ier est, selon la tradition catholique, le 10e évêque de Rome siégeant sous le règne d’Antonin le Pieux, entre 140–142 environ et 155. Ses origines sont obscures, sans doute est-il Frioulan (le Liber Pontificalis rapporte sa naissance à Aquilée) ou Illyrien, certaines sources font de lui le frère d’Hermas, l’auteur du Pasteur.

Son pontificat est marqué par le développement des idées gnostiques, propagées déjà sous le pontificat précédent par Cerdon et Valentin d'Égypte. Ceux-ci reçoivent un renfort de poids avec Marcion du Pont, qui remet en cause l’unicité de Dieu, l’Ancien Testament ainsi que la double nature humaine et divine du Christ.
Pie Ier dénonce ces positions hérétiques lors d’un synode à Rome. Le marcionisme est dénoncé comme hérésie et Marcion est exclu de l’Église vers 144.
Quant à la lutte contre les idées défendues par les gnostiques, elle reçoit sur le plan intellectuel et philosophique le renfort d’un vrai dialecticien en la personne de Justin de Naplouse qui vient au secours de l'évêque de Rome, moins à l’aise que son prédécesseur Hygin dans ce genre de controverses.
La tradition lui attribue la construction de la basilique Sainte-Pudentienne de Rome en l’honneur de sa sœur qui porte ce nom, hypothèse discutée...

Bien qu’il ne soit pas prouvé qu’il soit mort pour sa foi chrétienne, on le vénère comme un Saint-Martyr et fêté le 11 juillet. Sa dépouille mortelle se trouve ensevelie non loin de celle de l’apôtre Pierre sur la colline du Vatican

A l’exemple de Saint Hygin, il condamne les partisans de Cerdon, soutenus par un nouvel hérétique Marcion.
« Marcion, dit Fleury, suivant la doctrine de son maître Cerdon, établit deux principes, l’un bon, l’autre mauvais. Il prétend s’appuyer sur ces paroles de l’Évangile : L’arbre qui fait de mauvais fruits n’est pas bon, et l’arbre qui fait de bons fruits n’est pas mauvais. Il se sert aussi de la parabole qui conseille de ne pas coudre de drap neuf avec le vieux, et ne pas mettre le vin nouveau dans de vieilles outres »
.
« (...) Il rejette l’Ancien Testament comme ayant été donné par le mauvais principe, et il compose un livre nommé les Antithèses, ou contrariétés de la loi et de l’Évangile. Les sectateurs de cet insensé s’abstiennent de la chair des animaux, et n’usent que d’eau dans le sacrifice, poussant la haine de la chair, jusqu’à s’exposer d’eux-mêmes à la mort, sous prétexte de martyre...
Cette hérésie a un grand nombre de sectateurs : Elle s’étend loin, et dure plusieurs siècles. » La condamnation prononcée par Pie Ier vient fortifier le succès de l’excommunication lancée par Saint Hygin.

Pie Ier doit aussi combattre l’hérésie de Valentin, dont on ne sait pas bien l’origine... Citons Fleury :
« D’abord Valentin a prêché la foi catholique en Égypte, son lieu de naissance, et ensuite à Rome même. C'est en l’île de Chypre qu’il se pervertit, ayant de l’esprit et de l’éloquence, ce qui lui a fait espérer l’épiscopat : Mais un autre a la préférence, et, de dépit il se met à combattre la doctrine de l’Église. Il a étudié les livres des Grecs, et particulièrement la philosophie platonicienne. Ainsi, mêlant la doctrine des idées, et les mystères des nombres, avec la théologie d’Hésiode et l’Évangile de Saint Jean, le seul qu’il reçoit, il bâtit un système de religion approchant de celui de Basilide et des gnostiques, dont ses disciples prennent aussi le nom, titre général de tous ceux qui se prétendent plus éclairés que le commun ».

« La maladie de tous ces hérétiques, poursuit Fleury, est de trouver trop simple la doctrine de l’Église catholique, et de vouloir relever plus haut le Dieu qu’ils reconnaissent pour souverain. Ils confondent les idées corporelles avec les idées spirituelles, prennent en un sens réel et grossier les termes métaphoriques, font, de tous les noms, des personnes à qui ils attribuent l’un ou l’autre sexe, et leur donnent les corps comme humains, quoiqu’ils les supposent plus spirituels que les anges eux-mêmes, ils prétendent prouver toutes leurs visions par des explications forcées des Saintes Écritures ».

« Valentin, raffinant sur ceux qui l’ont précédé, déduit une longue généalogie de plusieurs Eones ou Aiones, car il les nomme ainsi, abusant d’un nom qui se trouve souvent dans l’Écriture, et ne signifie que les siècles, mais il en fait des personnes.
Le premier et le plus parfait est dans une profondeur invisible et inexplicable, et il le nomme Proon, préexistant. Il y a encore plusieurs autres noms, mais plus ordinairement on parlait de Bythos, c’est-à-dire profondeur. Demeuré plusieurs siècles inconnu, en silence et en repos, ayant avec lui seulement Ennoïa, (la pensée), que Valentin nomme aussi Charis, grâce, ou Sigé, (silence) ».

Fleury continue de détailler les diverses absurdités d’un tel système, et il ajoute :
« Telle est la fable entière de la théologie des Valentiniens, je l’ai rapportée un peu au long, parce que plusieurs hérésies fameuses en ont, depuis, conservé et renouvelé les principales parties : Puis j’ai cru bon de montrer jusqu’où les plus beaux esprits se sont égarés, quand ils ont suivi leurs pensées dans l’explication de l’Écriture, méprisant la règle infaillible de la tradition apostolique et de l’autorité de l’Église.
Au reste, il n’est pas facile de réfuter les Valentiniens, parce qu’il n’est presque pas possible de pénétrer le secret de leur doctrine. Un profond silence la dissimule aux profanes, c’est-à-dire à tous ceux qui ne sont pas de cette secte. Si quelqu’un veut y entrer, il y a bien des portes à passer, et bien des rideaux à tirer, avant d’arriver à ce sanctuaire... Valentin vient à Rome du temps du pape Hygin, et y demeure sous Pie Ier et sous Anicet, et jusqu’au temps d’Éleuthère, son successeur. »

C’est à propos du règne de Saint Pie Ier qu’il convient de parler de Saint Justin, qui rend tant de services à l’Église en défendant les chrétiens persécutés. Nous laissons parler Fleury :
« Saint Justin compose une apologie pour les chrétiens l’an de Jésus-Christ 150, et y met hardiment ce titre : A l’empereur Titus Élien Adrien Antonin, pieux, auguste, César, et à son fils Vérissime, philosophe, et à Lucius, philosophe, fils de César selon la nature, et de l’empereur par adoption, amateurs de la science, et au sénat sacré, et à tout le peuple Romain. Justin, fils de Priscus Bacchius, natif de Flavia ou Naples de Palestine, l’un de ces persécutés, présente cette requête ».

« La raison nous enseigne que ceux qui sont véritablement pieux et philosophes n’estiment et n’aiment que la vérité, sans s’arrêter aux opinions des anciens, si elles sont mauvaises. On vous nomme partout pieux et philosophes, on dit que vous gardez la justice et que vous aimez la doctrine.
L’effet montre ce qu'il en est. Car nous ne prétendons pas vous flatter par cet écrit, mais vous demander justice suivant la plus exacte raison, et vous prier de n’écouter ni les préjugés, ni la complaisance pour les superstitions, ni la passion, ni les faux bruits semés depuis longtemps, pour rendre des jugements qui vous nuiraient. Pour nous, nous sommes persuadés que personne ne peut nous faire de mal tant que l’on ne pourra nous convaincre d’être des malfaiteurs, vous pouvez nous faire mourir, mais vous ne pouvez nous nuire, et, afin que l’on ne croie pas que ce discours soit téméraire, nous prions que l’on instruise exactement des crimes que l’on nous objecte. S’ils sont prouvés, qu’on nous punisse comme ils méritent et même plus rigoureusement ! »

« Si on ne trouve en nous rien à reprendre, la droite raison ne veut pas que vous maltraitiez des innocents, à cause d’un faux bruit, ou plutôt que vous vous fassiez tort à vous-même, en punissant par passion et non par justice. La forme légitime des jugements est que les sujets rendent un compte fidèle de leur vie et de leurs discours, et que les princes jugent, non par violence et par tyrannie, mais suivant la piété et la sagesse. C’est donc à nous d'exposer, à la vue de tout le monde, notre vie et notre doctrine, de peur que nous n’ayons sujet de nous imputer les crimes que l’on commet contre nous par ignorance, c’est à vous à nous montrer que vous êtes de bons juges : Car, si, après cette instruction, vous n’agissez pas justement, vous n’aurez pas d’excuse devant Dieu. »

Selon Fleury, Saint Justin, dans cette première apologie, explique la doctrine des chrétiens, disant qu’ils adorent, premièrement le Dieu éternel, auteur de tout, puis en second lieu son fils Jésus-Christ, qui a été crucifié sous Ponce-Pilate, et au troisième rang, ils honorent l’Esprit prophétique.

Saint Justin continue. Jésus-Christ est la souveraine raison qui change entièrement ses sectateurs. Les discours de Jésus-Christ sont la parole de Dieu, courts et précis. Ils nous ont persuadés. Les chrétiens sont les seuls que l’on persécute, tandis que l’on souffre toutes les autres religions. (Cela n'a pas tellement changé ! ) Quelques-uns adorent des arbres et des fleurs, des rats, des chats, des crocodiles, et la plupart des bêtes encore tous n’adorent pas les mêmes choses, le culte est différent suivant les dieux, en sorte qu’ils sont tous impies, les uns à l’égard des autres.

« Cependant le seul reproche que vous nous faites, c’est que nous n’adorons pas les mêmes dieux que vous, et que nous n’offrons aux morts ni libations, ni couronnes, ni sacrifices. Cependant, vous savez bien que les autres ne conviennent pas de ce qu’ils doivent tenir pour dieux, ou pour bêtes, ou pour victimes », écrit Fleury.

Toujours selon Fleury, il se plaint de ce que l’on n’a pas attaqué les imposteurs qui, depuis l’ Ascension de Jésus-Christ, ont voulu passer pour dieux comme : Simon le Samaritain, du bourg de Gitton, qui, du temps de l’empereur Claude, ayant fait plusieurs opérations magiques, a été reconnu pour dieu à Rome. Ménandre, disciple de Simon, a séduit beaucoup de monde à Antioche.
Marcion enseigne encore à présent qu’il faut reconnaître un autre dieu plus grand que le Créateur.
Saint Justin explique ensuite tout ce qui se passe dans les assemblées des chrétiens, et finit par mettre sous les yeux des princes la copie de la lettre d’Adrien à Minutius Fundanus.

On attribue à Saint Pie Ier un décret ordonnant de célébrer, le dimanche, après le 14 de la lune de mars, la fête de Pâques, mais cette célébration a déjà été ordonnée par les apôtres. Bientôt la glorieuse mémoire de Victor, successeur de Pie Ier à la fin de ce siècle, viendra nous rappeler l’importance de la mesure qu’il croit ainsi devoir prendre et le retentissement qu’elle a dans l’Église entière.
Le même pontife veut que les hérétiques qui, de l’hérésie des Juifs, se convertissent à la foi catholique, soient reçus et baptisés.
Sur les instances de Sainte Praxède, fille du sénateur Saint Pudens, il érige dans le palais de cette chrétienne, dans le même palais où a logé Saint Pierre, le titre de pasteur, et il y fonde une église connue encore aujourd’hui sous le nom de Sainte Vierge Pudentiane, sœur de sainte Praxède.

En 5 ordinations, Saint Pie Ier crée 12 évêques, 18 prêtres, 11, et, suivant d’autres, 21 diacres.
Jamais Pie Ier ne donne à l’Église des lois de discipline générale et, si on attribue 4 lettres à ce pape, elles sont regardées aujourd’hui comme apocryphes.
La véritable histoire ecclésiastique, d’ailleurs, nous enseigne que non seulement Pie Ier, le seul Saint de son nom, n’exerce aucune autorité sur la discipline particulière des autres églises, mais encore, qu’il se regarde comme sans pouvoir pour lever les censures imposées aux sujets d’un autre évêque, et, quoiqu’ils ne puissent pas s’accorder, la charité n’en n'est point altérée.
Il célèbre souvent les Saints Mystères et y baptise beaucoup de convertis à la foi, qu’il inscrit au nombre des fidèles. Pendant qu’il remplit l’office de bon pasteur, il répand son sang pour ses brebis et pour le Christ, Pasteur suprême. Il reçoit la couronne du martyre le 5 des ides de juillet 155 ...

Un saint Pape du second siècle, le premier de cette série de Pontifes que le nom de Pie a illustrés jusqu’à nos jours, projette sur nous sa douce et sereine lumière. Malgré la situation toujours précaire de la société chrétienne, en face d’édits de persécution que les meilleurs des princes païens n’abrogeront jamais, il met à profit la paix relative qui vaut à l’Église la modération personnelle d’Antonin le Pieux, pour affermir les assises de l'édifice mystérieux élevé par le Pasteur céleste à la gloire du Seigneur Dieu.

L’ancienne Légende de Saint Pie Ier, modifiée récemment, rappelle le décret attribué dans le Corps du droit à notre Pontife, touchant celui dont la négligence a laissé tomber quelque chose du Sang du Seigneur. Ces prescriptions traduisent bien le respect profond que le Saint Pape veut voir témoigner au Mystère de l’autel :
Si la pénitence, y est ordonnée, elle sera de 40 jours, si l’effusion du Sang Précieux a lieu jusqu’à terre où que ce soit qu’il tombe, on devra le recueillir avec les lèvres, s’il se peut brûler la poussière et déposer la cendre en un lieu non profane.
Glorieux Pontife, nous nous souvenons de ces paroles écrites sous vos yeux, et qu’on dirait le commentaire du décret porté sous votre nom au sujet des Mystères sacrés :
« C’est qu’en effet, » proclamait dès le milieu du second siècle à la face du monde Justin le Philosophe, « nous ne recevons pas comme un pain commun, comme un breuvage commun, cet aliment nommé chez nous Eucharistie, mais de même que, fait chair par la parole de Dieu, Jésus-Christ notre Sauveur a eu et chair et sang pour notre salut, de même, il nous a été appris que l’aliment fait Eucharistie par la prière formée de sa propre parole est la chair et le sang de ce Jésus incarné ».
A cette doctrine, aux mesures qu’elle justifie si amplement, d’autres témoins autorisés font écho, sur la fin du même siècle, en des termes qu’on croit eux aussi empruntés à la lettre même des prescriptions qui vous sont attribuées : « Nous souffrons anxieusement, si quoi que ce soit du calice ou du pain même qui est nôtre vient à tomber à terre, » dit Tertullien, et Origène en appelle aux habitués des Mystères divins pour dire « quels soins, quelle vénération, entourent les dons sacrés, de peur que ne s’en échappe la moindre parcelle, ce qui, survenu par négligence, a été regardé comme un crime ». Et maintenant l’hérésie, pauvre de science comme de foi, prétend de nos jours que l’Église a dévié des antiques traditions, en exagérant ses hommages au Sacrement divin ! Faites en effet, ô Pie, que nous revenions aux dispositions de nos pères : Non dans leur foi, qui est toujours la nôtre, mais dans la vénération et l’amour qu’ils puisent en cette foi pour le calice enivrant, trésor de la terre.
Puisse l’Agneau réunir dans la célébration d’une même Pâque, selon vos volontés, tous ceux qu’honore le nom de chrétiens !
Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Le nom de ce Pontife est en relation avec la fondation du Titulus de Pudentiana, ou du Pastor, que les Pudens, jadis hôtes charitables de l’apôtre Pierre en ce lieu (à la prière de Pie et de son frère), ont définitivement destiné au culte chrétien. Malheureusement, les documents qui se rapportent à cette fondation sont apocryphes, néanmoins la tradition monumentale demeure : Elle rapporte l’érection du titre à la première moitié du IIe siècle.

On en a confirmation dans le fragment connu sous le nom de Muratori, à propos de l’auteur de l’opuscule relatif à la pénitence, intitulé : Ποιμήν, Pastor : Pastorem vero nuperrime temporibus nostris in urbe Roma Hermas conscripsit, sedente in cathedra urbis Romæ Ecclesiæ Pio episcopo fratre eius. L’auteur de cette instruction apocalyptique, que l’on a pu à bon droit appeler un vaste examen de conscience de l’Église Romaine à la fin de la première moitié du IIe siècle, n’est autre que celle Hermas, ou Pastor, frère du pape Pie Ier, lequel a donné son nom au nouveau titre de Pudentiana.


Pape Pie Ier (140-155). Histoire, magazine et patrimoine
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