mercredi 15 février 2017

EN REMONTANT LE TEMPS... 145

11 DÉCEMBRE 2016...

Cette page concerne l'année 145 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

CHRÉTIENTÉ ET GNOSTICISME


« La gnose (du grec gnosis = connaissance révélée) développée au IIe et IIIe siècle est une doctrine ésotérique, proposant à ses initiés une voie vers le salut par la connaissance de certaines vérités cachées sur Dieu, le monde et l'homme. Dans ces théories, l’homme est un être divin, qui par suite d'un événement tragique, est tombé sur terre d'où il peut se relever pour retourner à son état premier par la Révélation.
Dès les temps apostoliques, l’enlise s'oppose à la gnose pour les raisons suivantes : Bien que reconnaissant le Christ comme porteur de la Révélation, elle en nie la réalité historique (docétisme), elle nie la création comme œuvre de Dieu lui-même et refuse l'Ancien Testament, elle évacue l'attente chrétienne de l'accomplissement eschatologique. »

Le gnosticisme se caractérise principalement par la croyance que les hommes sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu mauvais (le démiurge).
A ses adeptes, le gnosticisme promet une connaissance secrète du royaume divin. Des étincelles ou graines de l'Être divin (éons) tombant de ce royaume transcendant dans l'univers matériel, qui est tout entier la proie du mal, et sont emprisonnées dans les corps humains. Réveillé par la connaissance, l'élément divin de l'humanité peut retourner vers ce qui est sa place normale, le royaume céleste transcendant.

La mythologie gnostique pourrait tirer son origine de spéculations de sectes juives basées en Syrie et en Palestine à la fin du Ier siècle après J.-C., qui ont elles-mêmes été influencées par des religions dualistes Perses, notamment le mazdéisme.
Fondé au IIIe siècle par le Perse Mani (ou Manès), le manichéisme est l'une des formes tardives et syncrétistes du gnosticisme.

Les gnostiques expliquent l'origine de l'univers matériel par la chute de l’esprit dans la matière. A partir du Dieu originel inconnaissable, une série de divinités inférieures est générée par émanation. La dernière de ces divinités, Sophia (Sagesse), conçoit le désir de connaître l'Être Suprême Inconnaissable. Ce désir illégitime donne le jour à un dieu mauvais et difforme, le démiurge, qui crée l'univers. Les étincelles divines qui habitent l'humanité tombent dans cet univers. Le Dieu suprême envoie un émissaire (Christ-Jésus) révéler aux parcelles divines leur vraie nature et les aider à retrouver leur unité perdue pour qu’elles puissent s’extraire du monde corrupteur...
Les gnostiques assimilent le dieu du Mal au Dieu de l'Ancien Testament qu'ils interprètent comme le récit des efforts de ce dieu pour maintenir l'humanité dans l'ignorance et le monde matériel et pour punir leurs tentatives d'appropriation de la connaissance.
C'est ainsi qu'ils comprennent l'expulsion d'Adam et Eve hors du paradis, le Déluge et la destruction de Sodome et de Gomorrhe.
Les gnostiques chrétiens refusent d'identifier le Dieu du Nouveau Testament, père de Jésus, et le Dieu de l'Ancien Testament, et ils élaborent une interprétation non orthodoxe du ministère de Jésus.
MARIE MADELEINE
Ils écrivent des évangiles apocryphes (comme l’Évangile de Thomas, l'Evangile de Marie-Madeleine, l’Évangile de Vérité, l’Évangile de Philippe, l’Évangile de Judas) pour étayer leur thèse selon laquelle Jésus ressuscité révèle à ses disciples l'interprétation juste, gnostique, de ses enseignements : le Christ, esprit divin, habite le corps de l'homme Jésus et ne meurt pas sur la croix mais retourne dans le royaume divin d'où il vient.
Les gnostiques rejettent donc les souffrances et la mort expiatrices du Christ, ainsi que la résurrection du corps. Ils rejettent aussi d'autres interprétations littérales et traditionnelles des Évangiles.

Des rites visent à faciliter l'ascension de l'élément divin de l'âme humaine vers le royaume spirituel, le plérôme (pleroma), composé d'une succession d'éons (en grec = émanations) procédant d'un être divin primordial.

Des hymnes et des formules magiques sont récités pour tenter d'obtenir une vision de Dieu, d'autres formules sont récitées au moment de la mort pour chasser les démons, de crainte qu'ils ne capturent l'esprit pendant son ascension et ne l'emprisonnent à nouveau dans un corps.

La doctrine selon laquelle le corps et le monde matériel sont mauvais amène certaines sectes à renoncer au mariage et à la procréation. D'autres gnostiques prétendent que du fait que leur âme est totalement aliénée à ce monde, peu importe ce qu'ils font... Les gnostiques rejettent généralement les commandements moraux de l'Ancien Testament qu’ils considèrent comme faisant partie de la stratégie du mauvais dieu pour prendre l'humanité au piège.
Certaines sectes gnostiques refusent tous les sacrements, tandis que d'autres observent le baptême et l'eucharistie, qu'elles interprètent comme les signes de l'éveil de la gnose.

Les borborites, borboriens, koddiens, phibioniens ou phibionites, font consister leur philosophie dans une débauche effrayante.
Basilide est un gnostique paléochrétien qui enseigne à Alexandrie au début du IIe siècle. Élève à Antioche de Ménandre, un disciple de Simon le Magicien, il écrit sa propre version des Évangiles, des commentaires sur ceux-ci en 24 volumes, l'Exegetica, et enseigne un syncrétisme reprenant entre autres l'enseignement de Saint Pierre et Saint Matthias ainsi qu'un dualisme influencé par le zoroastrisme. Ayant un grand nombre d'adeptes, les Basilidiens, persistent jusqu'au IVe siècle. Basilide a pour fils et disciple Isidore, le Gnostique.

Historiquement, on ne le connaît que par les écrits de ses détracteurs chrétiens, Agrippa Castor, Irénée, Clément d'Alexandrie et Hippolyte de Rome, aux témoignages desquels on ne sait précisément quel crédit accorder...
Pour expliquer le mal, il imagine 365 cieux habités par des intelligences de différents degrés, et prétend que notre monde a été créé par des intelligences du dernier ordre.
Il admet 2 âmes dans le même homme pour expliquer les combats de la raison et des passions, et croit à la métempsycose. Il crée le fameux Abraxas, symbole ou talisman formé des lettres qui expriment le nombre 365, le nombre le plus agréable à la Divinité.
Il a rédigé un évangile qui s'est perdu, et professe la transcendance absolue de Dieu, de qui la Pensée, puis la Parole, puis la Prudence, la Sagesse et la Force ont émané. De là sont sortis les anges et les puissances constituant le premier ciel, puis les 365 cieux qui séparent Dieu du groupe des anges les plus modestes, lesquels ont créé le monde et se sont réparti entre eux les peuples.
Yahvé, le Dieu paléo-testamentaire, est un personnage querelleur et autoritaire qui a semé le désordre et dont le peuple est constamment agressif.
Dieu intervient alors en envoyant dans le monde sa Pensée comme Christ.
À tous les niveaux, sauf le plus élevé, l’ignorance conduit chacun des êtres célestes intermédiaires à se prendre pour le Dieu Suprême. Le salut est apporté par la Connaissance (Gnôsis) révélée par le Christ et les maîtres inspirés. Avec cette gnose, le Mal est surmonté puisqu’il n’est que l’œuvre du méchant Yahvé...
La souffrance des justes est vue comme une expiation pour les péchés de chacun des croyants.

Le gnosticisme est un système de pensée dualiste qui regroupe des doctrines variées du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient qui se caractérisent généralement par l'affirmation que les êtres humains sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu mauvais ou imparfait appelé Démiurge. Le mouvement connut son apogée au cours du IIe siècle.
Le Démiurge, représenté sous la forme d'un archange, est considéré comme l'incarnation du mal ou comme un créateur bon mais imparfait. À l'opposé de cette divinité créatrice néfaste, il existe un autre être suprême plus éloigné (Dieu) incarnant le bien.
Ainsi, aux yeux des adeptes du gnosticisme, l'homme est prisonnier du temps, de son corps, de son âme inférieure et du monde, ils en concluent : « Je suis au monde, mais je ne suis pas de ce monde », de ce point de vue, le monde et l'existence dans le monde apparaîtront mauvais parce qu'ils sont mélange de deux natures et de deux mondes d'êtres contraires et inconciliables. Les adeptes du gnosticisme opposent l’Esprit et la matière et par conséquent Dieu et l’homme.
Le gnosticisme ne doit pas être confondu avec la gnose chrétienne avec laquelle il est en totale opposition. Contrairement aux adeptes du gnosticisme, les gnostiques chrétiens défendus par les pères de l'Église croient que, par la connaissance de soi, l'homme peut trouver Dieu en lui.
La matière (le corps, le monde, etc.) ne sont pas rejetés, au contraire, l'acceptation de la matière participe à la transformation intérieure du fidèle et à sa divinisation (Theosis).

D'inspiration chrétienne, le gnosticisme est qualifié d'hérésie par les Pères de l'Église de ce qui va devenir la « Grande Église » chrétienne. Irénée de Lyon, dans la deuxième moitié du IIe siècle dans sa Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur (ou Contre les hérésies) en a laissé le témoignage antique le plus important et le nom qui leur restera. Il est possible que certains de ces groupes aient revendiqué le terme de gnostique. Mais celui-ci désigne également les Pères de l'Église qui les ont combattus. La confusion est restée dans l'historiographie gnoséologique, et le mot gnostique est encore employé pour désigner les adeptes dualistes du gnosticisme.
Jusqu'au milieu du XXe siècle on ne dispose que de très peu de sources directes sur les gnostiques dualistes, celles-ci ayant été falsifiées ou détruites.
Les principaux témoignages sur les adeptes du gnosticisme viennent de leurs détracteurs. La découverte en 1945 de la bibliothèque de Nag Hammadi (avec une première traduction complète en 1977), dont l'évangile de Judas fait partie, a permis de renouveler la recherche sur le sujet.
Les sectes gnostiques dualistes disparaissent presque complètement à partir du IIIe siècle, mais leurs doctrines influenceront d'autres religions comme le manichéisme, le marcionisme et le catharisme.

En 1966 se tient à Messine un colloque au sujet de la Gnose. Parmi ses différents objectifs se trouvent la définition d'un programme pour la traduction de la bibliothèque de Nag Hammadi récemment acquise et le besoin d'arriver à un consensus sur la définition du terme Gnosticisme. C'est une réponse à la tendance dominante depuis le XVIIIe siècle d'utiliser le terme « gnostique » non pas en relation à ses origines, mais plutôt comme une catégorie interprétative pour des mouvements philosophiques et religieux contemporains.
Par exemple en 1835 le spécialiste du Nouveau Testament Ferdinand Christian Baur a construit un modèle de développement du gnosticisme culminant avec la philosophie religieuse de Hegel, ou encore plus récemment les tentatives du critique littéraire Harold Bloom d'identifier des éléments gnostiques dans la religion Américaine contemporaine, ou l'analyse de Eric Voegelin des pulsions totalitaristes à travers le filtre interprétatif du gnosticisme...

Au sujet de gnosticisme, la conférence aboutit au prudent consensus suivant :
« Dans le document de conclusion de Messine, la proposition est de désigner sous le nom de gnosticisme, par l'application simultanée des méthodes historiques et typologiques un groupe particulier de systèmes du deuxième siècle, et d'utiliser le terme « gnose » pour définir une conception de la connaissance, indépendamment des époques, décrite comme une « connaissance des mystères divins réservée à une élite ». » — C. Markschies, Gnosis: An Introduction, p. 13.
En substance, il a été décidé que le gnosticisme devient un terme spécifique historiquement, réservé aux mouvements gnostiques répandus au IIe siècle, alors que la gnose sera un terme universel pour désigner un système de connaissances réservées à une élite privilégiée... Cependant, cet effort de clarté apporte aussi une certaine confusion conceptuelle, car le terme historique gnosticisme est une invention moderne, alors que le terme gnose a une histoire : On appelait gnosticisme ce que les anciens théologiens ont appelé Gnose… Le concept de Gnose inventé à Messine est presque inutilisable dans un sens historique. Du fait de ces problèmes, les ambiguïtés sur la définition précise du gnosticisme ont persisté. Néanmoins l'utilisation de gnosticisme dans un sens historique, et de Gnose dans un sens universel, est restée courante. Mais même l'utilisation de « gnosticisme » pour désigner une catégorie de religions du IIe siècle et IIIe siècle a récemment été remis en question. En particulier dans l'ouvrage de Michael Allen Williams Repenser le gnosticisme (Rethinking Gnosticism: An Argument for the Dismantling of a Dubious Category), dans lequel l'auteur examine les termes qui définissent le gnosticisme en tant que catégorie, et en les comparant précisément avec le contenu des textes gnostiques (en particulier ceux de Nag Hamadi).
Williams affirme que les fondements conceptuels de la catégorie gnosticisme sont hérités des hérésiologues. L'accent a trop été mis sur le dualisme, sur le rejet du corps et de la matière et sur l'anticosmisme, sans que ces hypothèses aient été « testées » correctement. Ce faisant, Williams juge la catégorisation douteuse, et conclut que le terme doit être remplacé pour mieux refléter les mouvements qu'il comprend. Les remarques de Williams ont suscité le débat, mais à ce jour sa proposition de terme de remplacement « tradition biblique démiurgique » n'a pas été largement reprise.
La plupart des essais anciens, faute de pouvoir s’appuyer sur des documents originaux, héritent des erreurs d’appréciation des réfutateurs chrétiens qui combattent les gnostiques aux IVe et Ve siècles. Ces textes parfois se recopient les uns les autres, et sans tenir compte des mythologies orientales sur les vestiges desquelles le gnosticisme s'est développé.
L'une des principales sources concernant le gnosticisme est Irénée de Lyon (IIe siècle). Il décrit dans les détails les doctrines gnostiques dualistes qu'il combat, de manière à prouver qu'il n'y a que peu de choses en commun entre le dualisme et la gnose qu'il défend. À cette époque, des gnostiques grecs se font baptiser, mais tiennent à concilier leurs doctrines avec leur nouvelle religion.
L'une des principales différences entre gnose et christianisme tient à la conception du Salut. Le christianisme exotérique le propose à tous tandis que la gnose, dans son ésotérisme, le réserve aux initiés.

Les plus anciens témoignages des réfutateurs datent du Nouveau Testament qui dénonce les hérésies et les faux prophètes, dont Simon de Samarie et le diacre Nicolas.
Pour la période jusqu’au IIIe siècle, on ne possède que les récits des hérésiologues, c'est-à-dire les réfutateurs des gnostiques dualistes.
L’établissement d’une histoire précise des mouvements gnostiques est impossible à cause de ce flou, et des livres dont les titres changent d’une version à l’autre et dont les véritables auteurs restent anonymes. Très peu de monuments ou objets relatifs aux gnostiques furent retrouvés.
Sur la période du IIIe au Ve siècles, les sectes se sont étendues en Égypte, où le sable conserve des écrits en copte. C’est pourquoi on retrouve, à partir de 1800, des textes dans les nécropoles Égyptiennes.
L’Évangile de Marie, le Livre secret de Jean et la Sophia de Jésus-Christ ont été achetés en 1896 en Égypte, dans un même lot de parchemins. En décembre 1945, plus de 40 écrits perdus sont retrouvés dans une jarre à Nag Hammadi, dont en premier lieu des écrits de sectes Orientales, mais aussi des apocryphes chrétiens et des gnostiques. Cependant, cette bibliothèque n’est qu’un « instantané » de la pensée gnostique de l'époque, les textes y étant constamment remaniés et modifiés.
Bien qu'il soit inexact de le qualifier de gnostique, l'Évangile selon Jean contient pour certains quelques éléments laissant à penser à une influence ou à des croisements possibles avec le gnosticisme.
En revanche, il est fort possible qu'il utilise un style gnostique pour contredire la gnose. Par exemple, il ne condamne pas le monde matériel, il affirme que Dieu veut sauver ce monde matériel et il encourage les lecteurs à rester dans le monde même s'ils ne sont pas de ce monde.
Le Logos est avec Dieu et Il est Dieu (Ch1,v1); affirmation cohérente avec la philosophie grecque et la gnose, en revanche plus bas il affirme « et le logos se fait chair et habite parmi nous » affirmation incohérente vis a vis de la philosophie grecque et provocatrice vis a vis de la gnose du Ier siècle qui affirme que le Logos est inatteignable hors la connaissance d'une petite élite des élus illuminés. Il y a donc un dialogue dialectique dans l’évangile de Jean qui utilise une logique gnostique pour déqualifier la gnose. Probablement l’auteur prend aussi le nom de Jean pour essayer de protéger la jeune foi chrétienne d'un système de pensée qui commence et qui deviendra presque dominante dans le IIe et IIIe siècles. 

Trois hypothèses principales ont été proposées faisant remonter l'origine du gnosticisme au Ier siècle:
La première, émise notamment par Adolf von Harnack fait du gnosticisme une hellénisation du christianisme naissant.
Le gnosticisme peut aussi être un retour aux sources orientales du christianisme, ou un syncrétisme oriental.
Enfin le gnosticisme pourrait être d'origine juive, car il intègre des traditions issues du judaïsme hellénistique.
En effet, la vision des gnostiques est celle d'une dualité, développée d'une façon incroyablement variée et qui peut paraître paradoxale. Elle diffère cependant des doctrines de leur époque sous 3 formes :
La cosmogonie
L'anthropologie
L'eschatologie
Comme le dit Ioan P. Couliano  :
« Les doctrines religieuses de l'époque connaissent 3 variantes, fixant le rôle de l'homme dans l'univers (le Cosmos). »
« Ce monde a été créé pour cet homme » et cet homme a été créé pour ce monde (variantes bibliques)
« Ce monde a été créé comme cet homme » et « cet homme a été créé comme ce monde » (variantes platoniciennes).
Mais la conception des gnostiques est au contraire :
« L'homme a été créé contre le monde. »
« L'homme est supérieur à ses créateurs. »
On peut qualifier cette attitude d'« anti-cosmisme ».
Les gnostiques, à l'image des « initiés » de ce temps, voient en Jésus, non un personnage historique, né d'une vierge et capable de marcher sur les eaux mais un être mythique, et le but de tout initié chrétien est de devenir un Christ.
Force est de constater que l'on retrouve des éléments gnostiques en marge des grandes religions, mais souvent en leur sein même et il en est de même dans le christianisme naissant.

Elaine Pagels a remarqué que les similitudes entre le gnosticisme et le bouddhisme ont incité certains universitaires à s'interroger sur leurs relations mutuelles et à se demander « si le « bouddha vivant » pourrait justement dire ce que l'Évangile de Thomas attribue au Jésus vivant, pour peu que les noms soient changés ». Bien qu'intriguée, elle soutient à juste titre qu'une telle ressemblance n'est pas concluante, des traditions parallèles pouvant apparaître dans des cultures différentes sans qu'il y ait d'influence directe.
Selon les témoignages des historiens anciens, c’est dans un cadre géographique allant de la vallée du Jourdain à l’Asie Mineure que les communautés gnostiques se manifestent à l’époque des apôtres. Simon par exemple enseigne la Gnose. On retrouve la trace des Nicolaïtes à Samarie, Nicolas à Antioche. Leur réflexion sur des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, dont certains considérés aujourd’hui comme apocryphes, marqués de l’hellénisme. Parmi ces livres, le livre des Jubilés et le Livre d'Hénoch sont parmi les plus significatifs.
Vers 120, les gnostiques gagnent Alexandrie, autour de Basilide, Carpocrate et Valentin (Valentinus ou Valentinius). Valentin se rend à Rome, où sa gnose voit là ses mythes Orientaux d’une exégèse philosophique mêlée de christianisme. À Rome, des sectes fortement influencées par les éléments Orientaux continuent d’affluer. Les sectes se propagent, notamment en Espagne. On peut mesurer l'influence du gnosticisme à la force et au nombre de ses réfutations.

En Iran : Mani opère une vaste synthèse des nombreux enseignements connue sous le terme Manichéisme, et Audi, un chrétien qui se sépare de l’Église après Nicée. De l’Orient, le gnosticisme s’étend jusqu’ en Chine.
On retrouve aussi :
Les kantéens en Iran,
Les séthiens disciples de Simon le Magicien qui formèrent un groupe important,
Les barbélognostiques, les archontiques, les ophites (ou naassènes) aux pratiques hérités des mystères grecs,
Les pérates, les caïnites, ces derniers louent Caïn le fils prodigue d'Adam et Eve
Il est difficile de déterminer la manière dont resurgissent et d'où proviennent les idées gnostiques. A-t-on affaire à une filiation ininterrompue et souterraine qui relie les époques ?
On les trouve chez les grands précurseurs que sont Platon ou Pythagore, et elles ont perduré jusqu'à Hegel de nos jours.

Elles semblent procéder, comme le dit Joseph Campbell, d'une même « anatomie », c'est-à-dire de quelque chose d'inhérent à la nature humaine. Campbell croit que toutes les religions du monde, tous les rituels et les déités n'ont que les « masques » d'une seule et même vérité transcendante, laquelle est « insaisissable » (inconnaissable). Il décrit le christianisme et le bouddhisme, comme un niveau de perception au-dessus des « oppositions binaires » telles que le bien et le mal. De telles conceptions unificatrices sont parfois mal reçues.
L'idée gnostique est présente au sein du bouddhisme, du judaïsme (Kabbale) et plus tard de l'Islam avec l'ismaélisme.

Elle circule parmi les bogomiles et cathares du Moyen Âge, sans qu'on sache s'ils descendent de groupes gnostiques ayant survécu depuis l'Antiquité, ou s'il s'agit de résurgences suscitées par la transmission d’écrits gnostiques déguisés en apocryphes chrétiens.
Les survivances de la gnose la plus philosophique se décèlent dans la littérature alchimique, notamment les textes attribués à Hermès Trismégiste. Peut-on dire que la gnose, avec la légende d'Hiram, sa résurrection et sa mort, fait partie des racines de la franc-maçonnerie ?
De même, il y a intercommunication entre la littérature juive kabbalistique et certaines doctrines du gnosticisme hellénisé.

Aux confins de la Mésopotamie et de l’Iran certaines sectes survivent jusqu'au XIIe siècle. On trouve, en effet, une influence du gnosticisme chez les musulmans chiites, mais aussi dans la foi druze.
On trouve des traces de pensée gnostique chez les ranters, le Libre-Esprit et divers mouvements millénaristes.
Le dualisme n'est d'ailleurs pas une spécificité des gnostiques des premiers siècles mais se retrouve dans le zoroastrisme, bien antérieur, et dans de nombreux cultes à mystères autour du bassin Méditerranéen.
Le sens du mot « gnostique » ne revêt pas la même signification en Islam où ce terme est quasiment équivalent à mystique.
Ainsi, les soufis se désignent souvent par le terme « gnostique » au sens de « possesseur de la connaissance de Dieu », cette connaissance étant conforme aux dogmes musulmans mais dans un état plus « avancé ».
Ainsi, stricto sensu, le gnostique musulman est un musulman et non un hérétique
Comme le dit Elaine Pagels, « Ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire... à leur façon. Il n'est pas étonnant qu'ils soient les premiers à en définir les termes... Ensuite ils démontrent que leur triomphe était historiquement inévitable ou, en termes religieux, qu'ils sont guidés par le Saint-Esprit. » L'opinion courante veut que le gnosticisme soit une branche déviante de ce qui va devenir le christianisme.
L'idée dominante est que le gnosticisme est une adaptation juive des anciens Mystères païens.
La future religion d'État instituée par Constantin s'est ainsi purifiée et séparé d'éléments déviants. S'appuyant sur la foi plus que tiède de Constantin, elle ferme les temples antiques, interdisant les cultes à Mystères et détruisant ou falsifiant les textes. Ces textes ont peut-être pu donner une vision différente de l'antiquité, de la Gnose et du Gnosticisme.
Le principe féminin a un rôle important dans les éons, des figures féminines vont jouer des rôles prophétiques, les gnostiques ne semblent pas considérer la femme comme inférieure à l’homme. Mais le retour de l’élément féminin à sa contrepartie masculine reste une condition indispensable à l’accès à la perfection céleste, et Sophia est responsable de l’erreur qui a conduit la chute vers la matière. Par exemple, l'Évangile de Marie-Madeleine accorde à la figure de celle-ci une place au moins aussi importante qu'aux apôtres.


145 — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/145
Cette page concerne l'année 145 du calendrier julien. Pour l'année 145 av. J.-C., voir 145 av. ... en 145[modifier | modifier le code]. Basilide (date incertaine).

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