vendredi 4 juillet 2014

1046... EN REMONTAN LE TEMPS




Cette page concerne l'année 1046 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

DOULOUREUSE MISSION DE CHRISTIANISATION CHEZ LES PAÏENS

MONUMENT DE SAINT GÉRARD A BUDAPEST
Religieux vénitien, évangélisateur et martyr né à Venise, Vénétie – † Budapest, Hongrie, 1046 Gérard Sagrado (Gérard de Hongrie, Gerhardus ou Gellért), moine à San Giorgio Maggiore. Il décide de se rendre en pèlerinage à Jérusalem lorsque, traversant la Hongrie, il décide de s’y fixer...
Nommé premier évêque de Csanad par Saint Étienne Ier, lequel roi de Hongrie meurt en 1038...
Au cours d’une révolte contre le christianisme, Gérard Sagrado subit le martyre. On l'inhume dans l’église de l’île lagunaire de Murano... Sa statue en hommage à l'évêque Gellért s'élève à l'endroit de son supplice qui a été baptisé de son nom pour l’honorer. Le mont Gellért n’est pas seulement un haut lieu de la légende chrétienne.
Cet évêque à aussi une place honorable, dans les légendes Germaniques. Les premières racontent que les païens Hongrois ont enfermé l’évêque Suisse Gerhardus (Gellért) dans un tonneau hérissé de clous et l’ont fait rouler du sommet jusque dans le fleuve.
D'origine Vénitienne, le moine bénédictin Gérard se voit confier l'éducation du prince Émeric à la cour de Saint Étienne, roi de Hongrie, il devient évêque de Csanád et instaure le Culte Marial et la liturgie dans son diocèse. aimant se retirer dans la solitude de la forêt pour prier et méditer.

Commençant dès son enfance à aimer tendrement Notre-Seigneur Jésus-Christ et à pratiquer les maximes de l’Évangile, tout jeune, il entre en religion, renonçant aux inclinations du vieil Adam... durant la stricte pratique exactement tous les exercices de la vie monastique il lui vient l'envie de visiter le Sépulcre du Sauveur, à Jérusalem... Il quitte donc son pays et sa parenté, et prend le chemin de l'Orient mais, en passant par la Hongrie, il rencontre le roi Saint Étienne (997-1038), celui-ci le prie de rester dans son royaume et de l'aider par la pureté de ses mœurs et l'excellence de sa doctrine, à christianiser son pays.

Gérard Sagrado se retire dans un lieu appelé le Béel (diocèse de Vesprin), où il bâtit un petit ermitage pour y vivre séparé du commerce des créatures. Restant là durant 7 ans dans le jeûne et les oraisons, sans autre compagnie que celle d'un religieux nommé Maur.

Saint Étienne triomphe de l'impiété de ces peuples, encore idolâtres, il adoucit leurs mœurs cruelles et barbares, et prépare les cœurs de la plupart à recevoir la religion chrétienne. Quand il se voit en paix, il fait sortir Gérard Sagrado de sa solitude et le place « malgré lui » sur le siège épiscopal de la ville de Chonad ou Chzonad, a 8 lieues de Temeswar, afin qu'il forme les nouveaux fidèles, selon les règles de l’Évangile.
L'évêque s'acquiert une grande réputation par ses prédications et par sa belle conduite, les Pannoniens lui portent un amour extraordinaire et le regardent comme un nouvel Abraham (le père dans la foi). A mesure que les idolâtres se convertissent il fait bâtir des églises dans les villes et les bourgs. La principale est celle qu'il dédie à Saint Georges, il y dresse un autel sous le vocable de la Mère de Dieu et veut qu'on y brûle jour et nuit de l'encens... pour entretenir cette pieuse cérémonie, deux vieillards sont préposés pour y veiller incessamment...
Tous les samedis de l'année il fait célébrer un office à 9 leçons, contenant les éloges magnifiques de cette Reine des anges. Les autres jours, après l'office du matin et du soir, il vient avec ses clercs faire sa prière dans cette Sainte Chapelle. Sa dévotion est si grande envers cette auguste Vierge, qu'il ne peut rien refuser de ce qu'on lui demande en son nom... il fond en larmes lorsqu'il entend parler d'Elle, et il appelle ses « chers enfants » ceux qui croient sincèrement voir en Elle la Mère de Dieu... Il conseille au roi de mettre la Hongrie sous sa protection, la fait appeler par tout le royaume Notre-Dame, afin que tous se regardent comme ses sujets. Saint Étienne appelle dès lors son royaume la « Famille de Marie ».
SAINT GÉRARD ÉVANGÉLISATEUR
Aimant se mortifier on le voit aller de nuit dans la forêt y faire des fagots pour les rapporter ensuite sur ses épaules...

Il effectue le travail de ses domestiques.

Porte ordinairement le cilice et des vêtements faits de poils de chèvre.
Embrasse tendrement les lépreux et les laisse quelquefois coucher dans son lit.

En voyage, juché sur un chariot, il lit et étudie durant le chemin...

Un jour, un de ses serviteurs ayant fait une faute notable, il se laisse emporter à la colère contre lui, comme il arrive quelquefois aux plus grands serviteurs de Dieu, et le condamne à être fouetté et attaché quelque temps à un pieu... Ses subordonnés qui connaissent sa clémence et sa douceur, font semblant de lui obéir, et, ayant mis le sang d'un animal sur le dos, les épaules et les bras de ce pauvre criminel, ils l'attachent sur le passage de l'évêque. Ce pitoyable objet touche si sensiblement le saint pasteur, qu'il descend de son chariot, accourt vers le patient, et lui baisant tantôt les bras, tantôt les mains, tantôt les pieds ou les liens, le conjure de lui pardonner la sévérité qu'il a exercée envers lui, enfin, il le fait délier et ne lui témoigne plus que de l'amour et de la tendresse.

Sa dignité et ses fonctions pastorales ne l'empêchent point de mener une vie presque solitaire, se faisant bâtir, dans les bois, près des villes où il va prêcher, de petites cellules, où il se retire pour se remplir des lumières célestes avant que d'en faire la distribution. Il y passe les nuits en oraison, et montre une joie extraordinaire lorsqu'il voit des personnes servir Dieu avec allégresse...

Un jour, ayant trouvé dans son hôtellerie une servante qui chante en tournant avec force un moulin, il s'écrie qu'elle est bienheureuse et lui fait donner une grosse somme d'argent.
Après la mort de Saint Étienne (1038), qui lui avait confié l'éducation et l'instruction de son fils Saint Émeric (Imre pour les Hongrois), de l'âge de 14 ans jusqu'à 23 ans, saint Gérard accusa de grands revers.

Les Hongrois prennent pour roi Pierre le Germanique, neveu de Saint Étienne, mais, au bout de quelques années, ne pouvant plus endurer sa cruauté et les excès de sa vie déréglée, ils le déposent et le chassent du royaume (1041), mettant ensuite à sa place un seigneur appelé Samuel, et surnommé Aba, qui n'est pas meilleur que lui. 

Le clergé et le peuple consentent à son élection mais Gérard Sagrado, sachant combien se seigneur est dangereux, s'y oppose et refuse absolument de le couronner. Il n'appréhende ni sa puissance ni sa cruauté... Soutenant que le roi étant vivant, il ne doit pas montera sur son trône.

Son zèle le porte même à le reprendre de ses injustices en public, de ses abus d'autorité, ( celui-ci ayant déjà fait empaler plusieurs officiers de son conseil).

Enfin, il lui prédit que son règne ne serait pas de longue durée, et qu'après 2 ans il irait rendre compte au jugement de Dieu... Sa prédiction s'accomplit car Samuel étant devenu plus insolent et plus insupportable que son prédécesseur, les Hongrois se révoltent et le font honteusement mourir par la main d'un bourreau (1044).

Pierre, qui a été chassé, est rétabli dans ses États et reprend en main les rênes du gouvernement, mais pas pour longtemps.

Deux ans après, ses nouveaux crimes le font rejeter une seconde foi... André Ier, fils de Ladislas le Chauve, cousin-germain de Saint Étienne, est élu roi (1046), à condition qu'il rétablisse l'idolâtrie, abolisse la religion chrétienne, en extermine les prêtres et les évêques, en démolissant les églises et ruinant tout ce que Saint Étienne a si sagement établi.

Ce prince, lâche et ambitieux, qui préfère un royaume aux devoirs de sa conscience, accède à toutes les exigences de ses sujets, nourrissant néanmoins le dessein de rétablir toutes choses lorsqu'il sera en possession de ses États.

Gérard Sagrédo, apprenant cela croit qu'il est de son devoir de lui montrer ses erreurs, et de lui faire rétracter les promesses accordées. Il se met en route pour le trouver à l'Albe Royale (aujourd'hui Stuhlweissembourg), avec 3 autres évêques transportés du même zèle que lui.

Chemin faisant, il a une vision où il croit voir Notre-Seigneur présentant le calice de son sang... Reconnaissant par là que l'honneur du martyr leur est préparé ainsi qu'à ses 3 compagnons après avoir dit tous ensemble la messe au bourg de Gyod, dans l'église de Sainte-Sabine martyre, ils continuent leur voyage et arrivent au bord du Danube, là où se trouve le duc Vatha, le plus méchant apostat et le plus grand ennemi de Jésus-Christ...

Le duc Vatha les ayant rencontrés, il commande à ses gens de les assommer à coups de pierres. Saint Gérard fait le signe de la croix sur ces pierres, et instantanément elle demeurent suspendues en l'air, ce miracle, ne touchant nullement le despote, il fait descendre avec rudesse Gérard Sagrado de son chariot, et traîner avec beaucoup d'indignité sur le surplomb du rocher donnant sur le Danube, là il le fait précipiter dans le ravin. Cette cruauté est suffisante pour le tuer, mais ces apostats, voyant qu'il a encore quelques souffles de vie employées à l'exemple de Jésus-Christ et de Saint Étienne, à prier pour ses meurtriers, l’achèvent à coups de javelines (24 septembre 1047). Bezterd de Neitra et Buld d'Erlau, deux des évêques qui l'accompagnaient ainsi qu'un grand nombre d'ecclésiastiques et de laïques sont martyrisés avec lui.

Les gouttes de son sang demeureront 7 ans imprimées sur le rocher où il s'est blessé la tête en tombant, sans que ni les pluies du ciel, ni les inondations du fleuve n'efface la trace, marque permanente de l'injustice et de la cruauté des idolâtres, et une invocation muette de la vengeance de Dieu contre les auteurs du meurtre...
Le roi, qui n'a pas consenti à ces atrocités promulgue de nombreux édits pour le rétablissement du Christianisme dans toutes ses terres, fait lever le corps du Saint et ordonne qu'il soit enterré à l'église de Saint-Georges, dans la chapelle de la Sainte-Vierge, qu'il avait fait bâtir.


Cette chapelle se trouve près du lieu où Gérard Sagrado a rendu le dernier soupir. On y transpose aussi la pierre arrosée et teinte de son sang, que l'on fait entrer dans la structure de l'autel pour mémoire éternelle de son martyre. Plus tard ses reliques sont transférées dans la cathédrale de Chonad.
RELIQUAIRE
Sous le règne de Saint Ladislas, elles sont enfermées dans une châsse, les Vénitiens les ayant obtenues du roi de Hongrie, après bien des sollicitations, les font transporter solennellement dans leur ville et les déposent dans l'église Notre-Dame de Murano.
Sa canonisation pour une vie particulièrement pieuse et chrétienne par le pape Saint Grégoire VII aura lieu en 1084... Saint Gérard, (Saint Gellert) jouit encore d'une très grande popularité chez les Hongrois. Sur la colline qui porte son Saint nom et qui domine Budapest, un magnifique mémorial veille toujours sur la ville et par là sur le pays, orné d'une statue monumentale du Saint bénissant la Hongrie. On ne compte pas les statues et autres lieux de dévotion à Saint Gellert (Estergom, Shekesvehervar, Temeswar, etc.) Baronius en fait mention dans ses Annales, le présentant comme le Premier Martyr de Hongrie, depuis que Saint Étienne, roi, l'a rendue chrétienne...

Voici 3 Odes à Saint Gérard de Hongrie :


SAINT GÉRARD PROFESSEUR
1) De la sainte Vierge Marie, reine des anges,
Quel chrétien dignement chantera les louanges ?
Dans le peuple de Dieu, les vrais dévots sont rares.
Au Ciel tous la chérissent, et parmi eux Gérard.

Saint Gérard fut comme la Vierge immaculée
Tout rempli de grâces et de vertus immenses.
Il prit l’habit de religion dès son enfance,
Ne voulant devant nul sacrifice reculer.

Par amour pour Jésus, il fit un jour le vœu
D’aller en pèlerin démuni visiter
La terre où le Fils daigna se manifester.
En chemin, une voix lui dit : « Là, je te veux ».

Gérard était alors arrivé dans les terres
Du Saint roi Étienne, qui régnait en Hongrie.
Le roi fut édifié de la vie si austère
Menée dans un désert par l’ascète amaigri.

Il voulut qu’à son fils Émeric, le saint moine
Enseignât l’Évangile et les vertus idoines.
La maison de Hongrie est bénie d’un tel choix :
En odeur de sainteté meurt le fils du roi (1).

Le roi éleva au rang d’évêque Gérard
Pour prêcher aux païens non loin de Temesvar.
On vit lors la nation idolâtre jadis

Vénérer la Sainte Vierge, adorer son Fils.

Gérard toujours louait, dans ses prédications,
Les gloires de Marie, qu’il nommait « Notre-Dame ».
Il l’aima d’autant plus dans les tribulations
Qu’il eut à subir quand Étienne eut rendu l’âme.

(1) Le prince Émeric meurt le 4 novembre de l’année 1032. Le pape Saint Grégoire VII le canonisa avec Saint Étienne, son père, en 1083.




2) Hélas ! Étienne eut de bien tristes successeurs !
Après Pierre on élut Aba, cruel seigneur.
La Hongrie dévastée par mille mercenaires
Est en proie à des fléaux tels ceux de l'enfer !

Aba vint à Chonad de Gérard requérir
Qu'il posât sur son chef le diadème des rois :
« Il n'est pas grand seigneur, c'est un oiseau de proie,
Dit Gérard, ses forfaits offensent Notre Sire ! »

D'indignes prélats l'imposteur couronnèrent
Puis tous vers la maison du saint se dirigèrent
Mille artifices furent par eux employés;
Aucun d'eux néanmoins ne put le faire ployer.

« Aba, méchant seigneur, le sang par vous versé
Crie vengeance vers Dieu et Lui dit « C'est assez ! »
Vous serez tôt frappé par une mort soudaine
Si ne vous repentez en cette quarantaine.

Hélas! Combien l'orgueil aveugle l'ambitieux !
Oui, vous serez devant le tribunal de Dieu
Dans trois ans convoqué. Mais quels malheurs encore
Frapperont la Hongrie, et ce jusqu'à ma mort ! »


C'est l'Esprit du Seigneur qui l'avait inspiré
En moins de mille jours on vit le peuple armé
Déposer le tyran, et Pierre acclamer,
Et Aba sous la main du bourreau expirer.


3) Versatile est ce peuple : il veut la liberté,
Mais c'est pour embrasser de honteuses passions !
Il voudrait un roi qui donne la permission
D'adorer les idoles: « Élisons Léventé ! »

Léventé avec André et Béla, ses frères
Souscrit au pacte honteux que lui présentèrent
Des gens sans foi ni loi, plus soucieux de plaisir
Et qui ne craignaient pas de Notre Seigneur l'ire.
Occire les chrétiens, abattre leurs églises,
Sacrifier aux démons, n'en faire qu'à sa guise :
Tel était le programme qui leur fut un soir
Présenté par Vatha, idolâtre notoire.


Dans la noble cité d'Albe sont retranchés
Les fidèles du roi, de la loi, de la Foi.
Leur moral est atteint, est tout près de flancher
Seuls Gérard et les siens portent sans peur la croix.

Ils étaient trois évêques qui sans peur suivirent
Gérard quand ce dernier voulut à Dieu s'offrir
Ils s'appelaient Buldi, Benetha et Bystrik
Leur projet: combattre pour un Roi pacifique.


Ode à Saint Gérard Sagredo - Portail

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21 nov. 2012 - 5 messages - ‎2 auteurs
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St. Gerard, Bishop of Chonad, Martyr - Bartleby.com

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A.D. 1046. ST. GERARD, the apostle of a large district in Hungary, was a Venetian, and born about the beginning of the eleventh century. He renounced early ...










2 commentaires:

  1. Une belle page d'un grand homme mais ô combien la cruauté était omniprésente, et dire que de nos jours nous nous targuons d'être civilisés alors que la cruauté règne encore et toujours !
    J'aime beaucoup la statue de saint Gérard et l'enfant, il émane beaucoup de douceur et de bienveillance. Merci chère Chantal.

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  2. Merci ma douce amie, ce XIe siècle est absolument passionnant il oscille entre sainteté et cruauté, il est le creuset de nations et de conquêtes qui font l'Europe d'aujourd'hui, alors évidemment il n'a pas manqué de larmes et de sang mais aussi de belle histoires et de miracles.

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