samedi 12 juillet 2014

1039... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1039 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !
 

LE SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE AGRANDI ET CONSOLIDE PAR CONRAD II LE SALIQUE.

CONRAD II
Conrad II le Salique Roi puis Empereur Germanique (1027-1039) inaugurant la dynastie Franconienne, né vers 990, mort le 4 juin 1039, à Utrecht. 
Fils du comte Henri de Spire, qui a été écarté de son héritage, le jeune Conrad naît sans fortune et reçoit une éducation rudimentaire, mais il est bientôt déterminé à retrouver son rang. 
 
En 1016, il épouse Gisèle, duchesse de Souabe et descendante de Charlemagne, à laquelle il est lointainement apparenté. Lorsque ce mariage est contesté, l'empereur Henri II, jaloux de l'influence grandissante de Conrad, en profite pour obliger ce dernier à un exil temporaire. Les deux hommes se réconcilient par la suite.

À la mort d'Henri II en 1024, Conrad II, dont l'arrière-grand-mère est la fille d'Othon le Grand, est candidat à sa succession... Élu par les princes, il est couronné roi à Mayence le 8 septembre. Ceux de la Maison de Saxe, qui croyaient que l'Empire devait être héréditaire pour leur Maison, et les Italiens, ne sont pas contents de cette élection... On ne peut assez s’étonner du nombre prodigieux de dissertations sur les prétendus 7 électeurs institués en ce temps-là. Jamais pourtant il n’y eut de plus grande assemblée que celle où Conrad II fut élu. On fut obligé de la tenir en plein champ entre Vorms et Mayence. Les ducs de Saxe, de Bohême, de Bavière, de Carinthie, de Souabe, de Franconie, de la haute, de la basse Lorraine, (Lotharingie) un nombre prodigieux de comtes, d’évêques, d’abbés, tous donnèrent leurs voix.
 
Il faut remarquer que les magistrats des villes y assistent, mais qu’ils ne donnent point leurs suffrages. Le camp dure 6 semaines dans le champ d’élection avant de se déterminer. Enfin le choix tombe sur Conrad, surnommé le Salique, parce qu’il est né sur la rivière de la Saale. C’était un seigneur de Franconie, qu’on fait descendre d’Othon le Grand par les femmes... Il est sans doute choisi comme étant le moins dangereux de tous les prétendants... En effet, il ne possède aucunes grandes villes et n’est que le chef de puissants vassaux, chacun est aussi fort que lui...
 
Au début de l'année 1025, la mort soudaine de Boleslas Ier le Vaillant, feudataire qui venait d'ériger la Pologne en royaume, épargne à Conrad II la nécessité d'une intervention militaire.
 
En Allemagne, une rébellion fomentée par les nobles et des parents de Conrad II est rejointe par de nombreux princes de Lombardie. Si les évêques Italiens s'inclinent devant Conrad II à Constance, en juin 1025, les princes cherchent à élire Guillaume V, duc d'Aquitaine, comme anti-roi. Mais la rébellion s'effondre lorsque le roi de France lui refuse son soutien.
 
1025-1026. L’Allemagne se regarde toujours comme le centre de l’Empire, et le nom d’empereur paraît confondu avec celui de roi de Germanie. Les Italiens saisissent toutes les occasions de séparer ces deux titres... Les députés des grands fiefs d’Italie vont offrir l’Empire à Robert, roi de France. c’est offrir alors un titre fort vain, et des guerres réelles...
 
COURONNE DU SAINT EMPIRE
Robert le refuse sagement, on s’adresse à un duc de Guyenne, pair de France, il l’accepte, ayant moins à risquer. Mais le pape Jean XIX et l’archevêque de Milan font venir Conrad II le Salique en Italie, il fait auparavant élire et couronner son fils Henri roi de Germanie, c’est la coutume alors. Il est obligé d’assiéger Pavie, essuie des séditions à Ravenne... tout Empereur Allemand appelé en Italie y est toujours mal reçu... Conrad II arrive enfin à Rome où il est couronné le jour de Pâques par Jean XIX.
l'an 1027. A son retour il pacifie la Hongrie et la Pologne.
 
1028-1029-1030. Henri duc de Bavière étant mort, le roi de Hongrie Étienne, parent par sa mère, demande la Bavière, au préjudice du fils du dernier duc, preuve que les droits du sang ne sont pas encore bien établis et en effet, rien ne l’est.
 
L’empereur donne la Bavière au fils du duc Henri, le Hongrois la voulant on se bat les armes à la main... Après la mort d'Étienne de Hongrie, l’empereur a la possibilité de faire placer sur le trône de ce pays un parent d’Étienne, nommé Pierre, il a de plus le pouvoir de se faire rendre hommage et de se faire payer un tribut par ce roi Pierre, que les Hongrois irrités appellent Pierre l’Allemand... Les papes, qui croient toujours avoir érigé la Hongrie en royaume, désire eux qu’on l’appelle Pierre le Romain.
 
Ernest, duc de Souabe, qui a armé contre l’Empereur, est mis au ban de l’empire, (ban signifie d’abord bannière, ensuite édit, publication il signifie aussi depuis bannissement). C’est un des premiers exemples de cette proscription : « Nous déclarons ta femme veuve, tes enfants orphelins, et nous t’envoyons au nom du diable aux quatre coins du monde »
 
1031-1032. On commence alors à connaître des souverains de Silésie, qui ne sont sous le joug ni de la Bohême, ni de la Pologne: la Pologne se détache insensiblement de l’Empire, et ne veut plus le reconnaître.
 
1032-1033-1034. Si l’empire perd un vassal avec la Pologne, il en acquiert 100 dans le royaume de Bourgogne. Le dernier roi, Rodolphe le Fainéant, (la sœur puînée du roi de Bourgogne a épousé Conrad II),n’ayant point d’enfants, laisse en mourant ses États à Conrad II le Salique... Suisse, Grison, Provence, Franche-Comté, Savoie, Genève,Dauphiné, c’est de ce jour là que les terres au delà du Rhône sont appelées terres d’Empire... Tous les seigneurs de ces cantons, qui relevaient auparavant de Rodolphe, relèvent aujourd'hui de l’Empereur.
 
Quelques évêques se sont érigés en princes feudataires... Conrad II leur donne à tous les mêmes droits. Les Empereurs élèvent toujours les évêques pour les opposer aux seigneurs, ils s’en trouvent bien quand ces deux corps sont divisés, et mal quand ils s’unissent. Les sièges de Lyon, de Besançon, d’Embrun, de Vienne, de Lausanne, de Genève, de Bâle, de Grenoble, de Valence, de Gap, de Die, sont des fiefs impériaux. De tous les feudataires de la Bourgogne, un seul jette les fondements d’une puissance durable. C’est Humbert aux blanches mains, tige des ducs de Savoie. Il n’a que la Maurienne, l’Empereur lui donne le Chablais, le Valais, et Saint-Maurice
 
Ainsi de la Pologne jusqu’à l’Escaut, et de la Saône au Garillan, les Empereurs font partout des princes, et se regardent comme les seigneurs suzerains de presque toute l’Europe.
 
Depuis 1035 jusqu’à 1039. L’Italie encore troublée rappelle Conrad II, ce même archevêque de Milan qui a couronné l’Empereur est par cette raison-là même contre lui. Ses droits et ses prétentions en sont augmenté. Conrad le fait arrêter avec 3 autres évêques... il est ensuite obligé d’assiéger Milan, qu'il ne peut prendre, y perd une partie de son armée, et tout son crédit dans Rome... fait des lois à Bénévent et à Capoue... mais pendant ce temps les aventuriers Normands y font des conquêtes... Enfin il entre dans Milan après négociations, et s’en retourne en Allemagne selon l’usage ordinaire. Une maladie le fait mourir à Utrecht le 4 juin 1039.
 
Conrad II ce grand monarque dont le règne peut être considéré comme l'apogée de la puissance royale en Allemagne, laisse aussi une empreinte juridique, en confirmant le droit populaire traditionnel de la Saxe et en élaborant en 1037 une nouvelle constitution pour les fiefs de Lombardie.
 
A la mort du dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III (993-1032), sa principauté se retrouve au cœur d'un conflit opposant deux hauts seigneurs :
Le comte Eudes II de Blois (983-1037), et l'Empereur du Saint-Empire-Romain-Germanique Conrad II le Salique (990-1039), époux de Gisèle, fille de Gerberge et sœur de Rodolphe III. La bataille de Bar (dite également d'Honol), qui s'engage le 15 novembre 1037 au pied de la cité de Bar, met un terme définitif au différend...
 
[Dès 1016, le roi Rodolphe III de Bourgogne (993-1032), envisageant sa succession, décide, à Strasbourg, de confier son royaume à son neveu, l’empereur Henri II le Saint (1014-1024).
 
A Mayence, en 1018, Henri II refuse le sceptre et la couronne, attributs de la fonction royale, que lui propose le roi de Bourgogne. Son successeur désigné, Rodolphe III poursuit donc l’administration de son royaume satisfait de son choix. 

Mais, le 13 juillet 1024, l'Empereur meurt sans héritier, obligeant le roi de Bourgogne à choisir Conrad II le Salique (990-1039), nouvel empereur, comme son successeur.
 
Avec la mort de Rodolphe III en 1032, l’Empereur revendique immédiatement le trône Bourguignon, sous couvert d'être le plus proche parent du défunt...]
 
La succession semble cependant loin d’être réglée. En effet, le petit-fils de Rodolphe III, Eudes II, comte de Champagne, de Blois, de Chartres, de Troyes, de Meaux, de Beauvais, vicomte de Bourges et palatin du royaume de France, exige la couronne de Bourgogne... La guerre entre Conrad II le Salique et Eudes II de Blois semble donc inévitable, les deux prétendants restant sur leur position ! Chacun mobilise alors ses forces en vue d'une guerre de succession de Bourgogne qui s'annonce longue et meurtrière. Le comte Eudes de Champagne envahit donc la Bourgogne et s’empare successivement de Vienne, Neufchâtel et Morat.
 
Après la Champagne et une partie de la Bourgogne, Eudes II de Blois envisage, sereinement, la conquête de la Lorraine, terre d’Empire. Profitant de la faiblesse du roi de France, Henri 1er (1031-1060) et de l’éloignement de l’empereur Conrad II, il pénètre en Lorraine avec la ferme intention de s’emparer, en priorité, de la cité épiscopale de Toul. L'évêque Brunon d’Eguisheim (1002-1054) qui l’a défié à Déville en 1033, allait subir la fureur des guerriers Champenois.
Le comte de Champagne fait donc mettre le siège devant Toul. Face à l’incroyable résistance des défenseurs, Eudes II ordonne, de rage, l’attaque des faubourgs en pillant et en incendiant notamment les abbayes Saint-Evre et Saint-Mansuy...  

Apprenant l'arrivée prochaine de l'armée impériale à Toul, Eudes II, qui n'est pas prêt à l'affronter, préfère lever le siège et rebrousser chemin vers la Champagne.
Le danger écarté, l’évêque Brunon de Toul, qui craignant pour sa vie et celles de ses ouailles, décide de réunir le roi Henri 1er de France, l’empereur Conrad II et l’abbé Poppon de Stavelot (1020-1048) afin de définir la politique à adopter à l’égard du comte de Champagne.
 
L’empereur, excédé par les agissements répétés d'Eudes II, décide de se porter en Lorraine pour le chasser définitivement et asseoir son pouvoir. Ainsi, au cours du mois d’août 1033, Conrad II arrive en Lorraine avec son armée, qui prend ses quartiers aux portes de la cité meusienne de Saint-Mihiel. L’abbé Nanthère (1020-1044) reçoit l’empereur comme il se doit. Après 3 jours de repos, l’armée impériale se remet en route pour en découdre avec Eudes II, qui préfère mettre de la distance entre lui et Conrad II. Les terres Champenoises subissent alors la fureur des impériaux, qui pillent et incendient les moindres villages, escomptant ainsi faire plier Eudes II. Les razzias impériales ont raison de ce dernier qui, se sentant traqué et exsangue, demande la paix.
 
Pour négocier cette trêve, Eudes II s’adresse alors à Gozelon (967-1044), duc de Mosellane (région comprenant la Haute et Basse Lorraine, et à l'évêque de Metz, Thierry de Luxembourg (1006-1047). Conrad II accepte de les recevoir à l'abbaye de Saint-Mihiel. Le comte de Champagne renonce solennellement, devant témoins, à toutes ses prétentions sur le royaume de Bourgogne en promettant de réparer les dégâts commis par ses hommes lors du siège de Toul. Satisfait de sa soumission, l’empereur remercie les moines de Saint-Mihiel pour leur accueil et rentre dans ses États.
 
A peine Conrad II a-t-il franchit le Rhin, qu'Eudes II, qui ne souhaite pas en rester là, pénètre de nouveau en Lorraine. Alerté, l'empereur peste contre son cousin et décide, à Ratisbonne, de dépêcher une nouvelle armée en Champagne pour Pâques 1034, voulant ainsi soumettre le comte Gérold II de Genève (1020-1080) et l’archevêque Bouchard de Lyon (1023-1068), principaux soutiens actifs du comte de Champagne.
 
Au mois de juin 1034, Conrad II établit un plan visant à prendre en tenaille la Bourgogne.
Pendant que le gros de l'armée impériale arrive par le nord en passant le Jura.
 
Les forces conjuguées de l’archevêque de Milan, Ariberto da Intimiano (1018-1045) et du marquis de Montferrat, Guillaume III Longue-Epée (991-1042) progressent depuis le sud en franchissant les Alpes.
Conrad II enlève Neuchâtel puis se porte à Genève où le rejoint les contingents alliés Italiens. Accueillis par le comte de Savoie, Humbert aux Blanches Mains (1027-1048), le souverain du Saint-Empire-Romain-Germanique reçoit immédiatement la soumission du comte Gérold II de Genève et de l’archevêque Bouchard de Lyon, craignant la vindicte impériale.
Le 1er août 1034, Conrad II le Salique ceint solennellement la couronne de 

Bourgogne devant une large assemblée acquise à sa cause.
Un peu dépité par la tournure des événements, Eudes II de Blois, ne baisse pas pour autant les bras et entreprend de nouvelles chevauchées à travers toute la Lorraine de 1034 à 1036. Il harcèle sans relâche les Lorrains en pillant, en détruisant et en rançonnant...
 
Entre temps, en Italie, les villes Lombardes et les seigneurs Milanais se révoltent contre l'autorité impériale. Ne pouvant pas laisser la situation se dégrader, Conrad II mobilise sur le champ une armée. Milan est ainsi prise le 19 mai 1037 et son archevêque Ariberto incarcéré, ce dernier réussit à s’enfuir et, avec les évêques de Vercueil, Crémone et Plaisance, eux-aussi lassés du gouvernement de Conrad II, promettent à Eudes II de Blois de le soutenir dans sa quête de la couronne royale de Lombardie...
 
Enthousiasmé par les propositions Italiennes, qui lui laissent même entrevoir la couronne du Saint-Empire-Romain-Germanique, le comte de Champagne pille de plus belle la Lorraine, espérant pousser jusqu’à Aix-la-Chapelle où il escompte ceindre la couronne impériale. Mais Eudes II ne se doute pas un seul instant qu’il va affronter un adversaire à sa mesure, le duc Gozelon de Mosellane, fidèle vassal de l’empereur.
 
Avant d'affronter Gozelon et son armée, le comte de Champagne enlève, sans trop de difficultés, les cités de Commercy et Bar-le-Duc où il place des garnisons Champenoises. Séjournant au château de Bar, Eudes profite pleinement de la Lorraine en festoyant à grands frais... La fête s'achève le 15 novembre 1037, lorsque l'un de ses hérauts d'armes lui annonce la présence, dans la plaine, au pied du château, de l'armée conduite par le duc de Haute et Basse Lorraine, Gozelon... Faisant alors sonner le tocsin, Eudes II rameute tous ses hommes d'armes et chevaliers pour livrer la bataille qu’il entend remporter contre les fidèles de l'empereur Conrad II !
 
L’armée Lorraine est une armée de coalition constituée de troupes réunies, à la hâte, par le duc Gozelon, ne pouvant compter sur certains seigneurs Lorrains présents aux côtés de l’empereur en Italie :
 
Le duc sollicite l’aide du prince-évêque Réginard de Liège (1025-1037) qui lui répond favorablement en constituant un important contingent de combattants Liégeois.
 
Le comte Albert II de Namur (1031-1063), gendre de Gozelon (il a épousé Régelinde (1005-1068)), accompagne les Liégeois et rallie le camp Lorrain.
 
L’évêque de Metz, Thierry de Luxembourg (1006-1047) accepte également de fournir à Gozelon un corps expéditionnaire placé sous les ordres du comte 

Gérard de Bouzonville (985-1045), fils du comte Adalbert 1er de Metz (955-1038) et cousin de l’empereur Conrad II.
 
L’évêque Raimbert de Verdun (1025-1038), offre aussi son aide à Gozelon en lui envoyant un contingent dirigé par l’abbé Richard de Saint-Vanne (1004-1046).
Enfin, le duc est secondé par son fils Godefroid IV le Barbu (997-1069).
L’armée du comte Eudes II se compose de vassaux Champenois et d’Ile-de-France.
 
En dehors de son fils Thibaud (1019-1090) qui l’accompagne,
 
Le comte Manassès de Dammartin (990-1037), fils de Hilduin 1er,
 
Le comte Dudon (?-1037)
 
Le vicomte Hervé (?-1037),
 
Gilduin, vicomte de Chartres et comte de Breteuil (990-1060) et son fils Valéran (1010-1066) le suivent dans son expédition. Leur fidélité semblait sans bornes car le comte de Champagne était un grand seigneur charismatique et persuasif.
Les chroniques médiévales insistent sur le fait que les Champenois sont plus nombreux que les Lorrains et les Belges. Ainsi, au regard des pertes Champenoises, il semble qu’Eudes dispose d’environ 8 à 10 000 combattants, alors que les Lorrains, sont entre 3 et 6 000...
Mardi 15 novembre 1037, le duc Gozelon, son fils Godefroid et l’abbé de Saint-Vanne se placent au centre, à leur gauche, se positionnent les Liégeois de l’évêque Réginard et les Namurois du comte Albert II, à leur droite, les Messins du comte Gérard de Bouzonville.
 
En face, à 300 mètres environ, le comte Eudes II et Thibaut de Blois occupent le centre avec un corps de cavalerie en avant, à leur gauche, Manassès de Dammartin, Valéran et Gilduin de Breteuil dirige l'un des corps de bataille, à leur droite, les comtes Dudon et Hervé sont les chefs du second corps de bataille !
Les récits de Raoul Glaber, de Jacques de Bayon et de la Vie de Réginard, permettent d’avoir une vision globale de cet affrontement, grâce au recoupement de leur récits.
 
Ainsi, vers 9 heures, la plaine de l’Ornain retentit des cris de défiance des combattants des armées ennemies. La tension est palpable et l’envie d’en découdre bien là. Dans les deux camps, chevaliers, écuyers et hommes d’armes trépignent d’impatience... Qui allait engager le combat le premier ?
L’abbé Richard de Saint-Vanne de Verdun béni l’armée de Gozelon et propose la communion à chacun des combattants. Pour le prélat, l’issue de la bataille ne fait aucun doute et il le fait savoir, haut et fort, aux hommes du duc. Ces derniers galvanisés sont prêt à en finir avec l'arrogant comte de Champagne.
Entre 9h et 9h30, Eudes II entre le premier en scène, demande notamment à ses cavaliers de charger, lance baissée, vers le corps de bataille de l’évêque de Liège et d'Albert II de Namur...
 
Après une franche galopade et le franchissement du ruisseau Naveton, les cavaliers Champenois arrivent au contact des Liégeois et des Namurois...
Le choc est si terrible que la ligne Belge est enfoncée.
Une mêlée furieuse s’ensuit où chacun tente de sauver sa vie.
Peu à peu le sol est jonché de corps éventrés, bras,  jambes et têtes tranchées, la folie s'est emparé des combattants des deux camps....
Vers 10h30, tous les corps de bataille du comte de Champagne se portent sur l’aile gauche du duc Gozelon.
 
Furieux de la tournure des évènements (les Champenois et les Français prennent le dessus) l’évêque de Liège exhorte ses combattants à faire preuve de courage et d’abnégation pour repousser l’ennemi.

L'engagement brutal dure près d’une heure au cri des guerriers et au son des épées et lances s'entrechoquant.
Le combat tourne peu à peu à l’avantage d’Eudes II de Blois.
Les Belges submergés, commencent alors à refluer vers l’arrière, voyant ce triste spectacle, le duc de Mosellane prend immédiatement la décision de porter assistance au prélat Liégeois et au comte de Namur, alors en pleine détresse.
 
Vers 11h30 l’arrivée des Lorrains, change la donne, revigoré par la venue de Gozelon, Réginard de Liège regroupe ses combattants et épaule le duc de Mosellane pour contenir et même repousser Eudes II.
Albert II de Namur se jette sur les Champenois avec une telle fougue qu'il s’ouvre un chemin à coup d’épée, sectionnant les membres et décapitant les ennemis.
 
Les combattants s’affrontent sans retenue, sous le poids des hauberts, les chevaliers démontés et les hommes d’armes s’enlisent dans un sol détrempé par la pluie, la sueur et le sang.
 
Eudes II de Blois, plein de fougue, exhorte encore ses compatriotes à se surpasser pour reprendre le dessus sur ses « chiens » de Lorrains.

Fendant l’air, fracassant les crânes, coupant les bras et les jambes, les comtes Dudon et Hervé, Manassès de Dammartin, Gilduin et Valéran de Breteuil tentent, tant bien que mal, de reprendre le dessus...
La confusion règne dans un fracas d'armes, accompagné de cris et de râles.
 
Vers 14h l'entrée dans la bataille des combattants de Gérard de Bouzonville et des Messins, produit immédiatement son effet.
 
Les combattants Messins veulent en 
finir avec les Champenois, leur charge est si percutante que ces derniers et leurs alliés d’Ile-de-France commencent à comprendre que la fin est proche.
 
Javelots et lances volent, épées et haches tourbillonnent au-dessus de la mêlée, l’engagement est passionné, bientôt, le sol boueux imbibé de sang recueille les cadavres qui s’amoncellent au fur et à mesure que les Lorrains prennent l'avantage.
 
Peu à peu l’étau se resserre autour des fidèles du comte de Champagne.
Vers 16h, l’encerclement est effectif et la tuerie, qui s'ensuit, commence.
 
Les comtes Dudon, Hervé, et Manassès de Dammartin perdent la vie dans un dernier sursaut d’orgueil, Gilduin de Breteuil, blessé, et son fils Valéran échappent de justesse à une mort certaine, sauvés par l’abbé Richard de Saint-Vanne qui les revêt d’un habit religieux.

L’issue de la bataille ne faisant maintenant plus de doute, Eudes II de Blois et son fils Thibaud s’enfuient lâchement. 

Au moment même où le comte de Champagne se croie définitivement à l’abri, un homme d’arme, prénommé Thierry (selon le chroniqueur « contesté » Jacques de Bayon), le désarçonne et lui assène de violents coups sur tout le corps. 

Entre temps, Thibaut de Blois prend la poudre d’escampette, galopant allègrement vers la Champagne, sans se retourner ni même porter assistance à son père qui bientôt expire sous les coups répété son meurtrier. Ce dernier le dépouille du précieux reliquaire, qu'il porte sur lui, et de ses vêtements... Ainsi, le bouillonnant, tyrannique et ambitieux comte de Champagne gît désormais inanimé dans la plaine... 

Aux alentours de 17h la bataille s'achève par la victoire des alliés.
 
Alerté de la mort d'Eudes II, Lorrains et Belges partent à sa recherche? mais en raison de la tombée de la nuit, le duc Gozelon fait cesser les recherches, elles reprennent le lendemain matin.
 
En parcourant le champ de bataille, l’abbé Richard de Saint-Vanne de Verdun et l’évêque Roger de Chalons découvrent le corps dénudé et défiguré d’un homme qui ressemble à Eudes II de Blois.
 
Selon le moine-chroniqueur clunisien Raoul Glaber, l’épouse du comte Champenois, Ermengarde d'Auvergne (995-1041, fille du comte Guillaume IV), serait venue et aurait formellement identifier son époux grâce à un détail intime, une verrue entre l’anus et l’appareil génital (en latin « habebat enim verrucam inter genitalia et anus »)...
 
Le corps du défunt est ensuite remit à son épouse et à ses fils, qui, en témoignage de leur gratitude, donnent à l’abbé de Saint-Vanne de Verdun une chasuble dorée, promettant de faire de pieuses fondations.
 
D'après les Annales de l’abbaye d’Hildesheim, 6 000 Champenois ont trouvé la mort dans la plaine. Quand aux alliés, ils perdent environ 3 000 combattants.
 
La victoire du duc Gozelon et de ses alliés rassure l’empereur Conrad II, qui est enfin débarrassé d’un encombrant compétiteur.
 
La Lorraine, théâtre de chevauchés sanglantes (de 1033 à 1037) et d'une bataille gagnée avec détermination à Bar le 15 novembre 1037, retrouve la paix, sous le gouvernement du duc Gozelon, sauveur de la Bourgogne et du Saint-Empire-Romain-Germanique...


CONRAD II LE SALIQUE - Encyclopædia Universalis

www.universalis.fr/encyclopedie/conrad-ii-le-salique/

Roi, puis empereur germanique inaugurant la dynastie franconienne, né vers 990, mort le 4 juin 1039, à Utrecht. Fils du comte Henri de Spire, qui ava.

Conrad II Le Salique - BEL Benoit

benoit.bel.free.fr/BGM/pages/detailindi.php?Orig=1...
( Environ 0971 - 1039), Modifier ... 18 Avril 1025, Pâques : L'empereur Conrad II le Salique célèbre la Pâques à Augsbourg; son cousin le duc de Carinthie ...

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Guillaume Marcel - 1729 - ‎Kings and rulers
Conrad IL le Salique , fut élu Empereur après lamort de Henri IL dit le Saint, Tau 1024. ... d'Italie , revint en Allemagne, & mourut fubitement à Utrecht l'an 1039.

PATRIMOINE DE LORRAINE: LA BATAILLE DE BAR - 15 ...

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15 nov. 2011 - Mais, le 13 juillet 1024, l'empereur mourut sans héritier, obligeant le roi de Bourgogne à choisir Conrad II le Salique (990-1039), nouvel ...


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