samedi 13 mai 2017

EN REMONTANT LE TEMPS... 46

14 Mars 2017...

Cette page concerne l'année 46 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

PLANIFICATION A LA ROMAINE DE LA THRACE.

LA THRACE.
La province Romaine de Thrace correspond de manière approximative à la Bulgarie actuelle. Dans l'imaginaire des Anciens, elle représente souvent un modèle de pays peuplé de Barbares. En réalité, comme l'explique Yann Le
Bohec, elle a subi de nombreuses influences culturelles Grecques avant que
l'annexion par Rome ne viennent modifier la nature des peuples qui y vivaient...
L'empereur Auguste (27 avant J.-C. – 14) veut protéger l'empire contre les
Germains qui vivent au-delà du Rhin et du Danube. Il annexe donc tous les territoires situés sur la rive droite du Danube et crée une province de Mésie sur son cours inférieur.

Au sud de la Mésie, se trouve un royaume qu'il juge prudent de ne pas annexer,
la Thrace. Celle-ci est alors gouvernée par le roi Kotys auquel succède Rhoimetalkès. Pour des raisons de sécurité faciles à comprendre, il lui impose
son protectorat.
En outre, il peut déléguer à un allié le soin de contrôler des peuples turbulents,
les Besses à l'ouest, les Bastarnes, des Germains, vivant au nord-est, et les
Scordisques, des Celtes de la région de la Morava.

Dès 45, l'empereur Claude décide d'annexer la Thrace. Il en fait une province
procuratorienne : C'est-à-dire gouvernée par un chevalier appelé procurateur,
désigné par le prince et responsable seulement devant lui.
Il ne dispose, pour garde d'honneur et pour force de l'ordre, que de soldats
auxiliaires... On ne connaît pas bien cette garnison, on pense qu'elle devait être composée de quelques cohortes, unités de 4 à 800 fantassins.
Le meilleur moyen de maintenir l'ordre en Thrace est sans doute d'envoyer à
l'extérieur les jeunes gens les plus turbulents... (Nous nous faisons l'inverse non seulement nous les accueillons à bras et portefeuilles ouvert en leurs faisant les honneurs de notre pays, mais en plus nous les laissons faire ce qu'ils veulent avec la bénédiction des juges,) La province fournit à l'armée
Romaine des unités de cavaliers et d'archers réputés. Le roi reçoit la citoyenneté Romaine en échange de sa passivité et prend les noms de Tiberius
Claudius Rhoimetalkès.
KOTANI
Le statut provincial sera modifié par Trajan (98-117) qui remplacera le
procurateur par un légat impérial propréteur, un sénateur ancien préteur, mais
qui dépendent toujours de l'empereur et pas du Sénat de Rome.
Ce gouverneur ne reçoit aucune légion et, comme son homologue de Gaule
Lyonnaise, n'ayant à sa disposition que peu de troupes. En réalité, la sécurité de la Thrace reste confiée à l'armée de Mésie.

Malgré la présence de ces forces militaires, la Thrace doit subir les raids de
quelques peuples Barbares. Dès l'époque de Trajan, les Roxolans causent des
troubles... Vers 170, les Costoboques traversent le Danube, ravagent les Balkans et repartent sans avoir subi beaucoup de dommages.
La question des limites de la province reste ouverte sur les détails, les
historiens étant partagés, comme il arrive souvent. Mais les grandes lignes
sont assez bien connues, point de difficultés :
Au sud et à l'est, la Thrace donne sur la mer Égée, la mer de Marmara et la mer Noire.
À l'ouest, le Nestos sert de frontière et laisse le mont Pangée des Grecs à la
province de Macédoine.
Au nord, la ligne de séparation avec la Mésie présente plus de fluctuations. Elle
laisse à l'extérieur Naissus, Sostra et Odessus, intègre Marcianopolis et
Apollonia sur le littoral.
La Thrace bénéficie d'une richesse tout à fait réelle. Sa prospérité est fondée
d'abord, comme partout, sur l'agriculture. Le blé pousse en abondance, mais ce
qui fait l'originalité de cette région, est l'élevage de chevaux dont la célébrité
dépasse les limites de la province. Autres spécificités, l'exploitation de mines d'or et la production de céramique ajoutent aux produits de la terre ceux du
sous-sol et de l'artisanat.

Dans ces conditions, l'urbanisation n'est pas le caractère dominant au début de
LES GORGES DE NESTOS.
l'histoire d'une province où abondent les bourgs ruraux. La vie urbaine n'en présente pas moins une forte originalité, et n'a cessé de se développer. Jusqu'à Trajan ou Hadrien, les cités, désignées par le nom grec de poleis, sont
regroupées en districts appelés stratégies. Par la suite, elles suivent le modèle
général de l'empire, celui de cités isolées les unes des autres. On ne connaît pas beaucoup de villes de droit Romain, ni de colonies, à l'exception d'Apros,
aujourd'hui Germeyan, de Deultum et de Coela, au nord d'Eçeabat.
Le gouverneur réside à Périnthe, qui devient donc la capitale.

Les Thraces, comme les peuples Grecs, créent un koinon, assemblée qui célèbre
le culte impérial au nom de la province, les participants se réunissent à Philippopolis.
Deux villes sont mieux connues, Philippopolis et Serdica :
Philippopolis a été fondée en 341 avant J.-C. À l'époque Romaine, elle a conservé ses institutions grecques. Administrée par une boulè et un démos et
possède une caisse municipale. C'est dans cette ville que se réunit le koinon de
Thrace. Ce dévouement au culte impérial lui vaut une distinction honorifique
sous Caracalla... Le droit de porter le titre de néocore.
Apollon et Artémis, divinités poliades, protègent tout particulièrement les habitants de Philippopolis.
Ceux de Serdica sont également dirigés par une boulé et un démos, et aussi par
des magistrats appelés sitarque pour l'approvisionnement en blé et irénarque pour la police, placés sous l'autorité d'un prôtos archôn. Cette cité stipendiaire
qui paye le stipendium le tribut, possède un forum où peuvent se réunir les
citoyens et un bouleuterion, local réservé aux membres du sénat local. Elle
est placée elle aussi sous la protection d'Apollon, mais d'un Apollon qui porte
divers surnoms Thraces.

Du point de vue culturel, les élites de la province appartiennent au monde Grec,
mais des îlots latinisé existent.
En témoigne la présence de nombreux Flavii, habitants qui ont obtenu la
citoyenneté Romaine d'un empereur Flavien, de nombreux vétérans et de plusieurs cultes très Italiens.
Dans le domaine religieux, précisément, l'apport Gréco-Romain est important,
même s'il est difficile de distinguer ce qui appartient à l'hellénisme de ce qui vient du latinisme.
Outre le culte impérial, les principales divinités honorées sont Apollon dans le
Nord-Est et Asklepios dans l'Ouest. Les Nymphes reçoivent des hommages à
peu près partout.
Un dieu régional et original est appelé le « Cavalier Thrace ». Toujours
représenté « à droite », c'est-à-dire se déplaçant vers la droite. Il peut être
gravé dans trois attitudes différentes : Marchant, au galop ou en retour de
chasse... C'est un dieu votif dans les campagnes et funéraire partout.

La province Romaine de Thrace est créée en l'an 46, par l'empereur Claude, après l'annexion des derniers royaumes Thraces.
À la suite des réformes administratives de Diocletien à la fin du IIIe siècle, la Thrace géographique est divisée en 4 petites provinces (Thrace, Haemimontus, Rhodopes et Europa) appartenant au diocèse de Thrace (Thraciae), lui-même appartenant à la préfecture d'Orient.
Sous le Duumvirat (286-293) puis la Tétrarchie (293-324), elle est placée sous l'autorité de l'Auguste chargé de l'Orient. Lors de la division définitive de l'Empire Romain, en 395, le diocèse de Thrace est inclus dans l'Empire Romain d'Orient.

Les provinces dites « sénatoriales », mais dont le nom réel est « province du peuple Romain », sont gouvernées, comme sous la République, par un sénateur ayant titre de proconsul. Il s'agit cependant d'un ancien préteur à l'exception des provinces d'Afrique proconsulaire et d'Asie gouvernées chacune par un ancien consul, en général une quinzaine d'années après son consulat : C'est alors le sommet de sa carrière. L'attribution des provinces se fait comme sous la République par un tirage au sort entre les candidats au proconsulat. La durée de fonction est en général d'un an, éventuellement prolongeable, le changement de gouverneur se faisant vers le milieu de l'année calendaire. Ces provinces du peuple Romain sont les plus anciennes, les plus riches et les plus civilisées, c'est-à-dire les plus urbanisées. Tranquilles, elles ne disposent pas de légions, exception faite de l'Afrique Romaine, possédant une légion destinée à contenir les tribus Berbères.
Cette légion reste sous les ordres du proconsul jusque sous Caligula. Affectée par la suite à la Numidie sous les ordres d'un légat de légion propréteur.
Dans la province d'Asie et dans celle d'Afrique, le proconsul se fait seconder par ses légats (à ne pas confondre avec les légats propréteurs de l'empereur), il s'agit de déléguer une partie de ses fonctions. Chacun de ces gouverneurs a à sa disposition 3 licteurs, à la fois gardes du corps et symboles de son autorité. Il se fait accompagner par ses proches qui peuvent l'aider et le conseiller, c'est la cohorte amicorum.

Durant le principat, l'empereur gouverne en théorie lui-même certaines provinces, appelées provinces impériales. C'est l'empereur qui détient l'imperium sur ces provinces. Dans ces provinces, un légat propréteur (legatus augusti pro praetore) gouverne au nom de l'empereur et par délégation de son imperium. Dans les faits et compte tenu des communications, il peut jouir d'une assez large initiative dans la limite des mandats que l'empereur lui a fixés. Dans les provinces disposant d'une légion, le légat est de rang prétorien : Il est un ancien préteur. Si la province compte plus d'une légion, le légat est un ancien consul et a sous ses ordres des légats de légions qui n'ont pas le titre de propréteur. La durée des gouvernements est en général de 3 ans au plus, et peut être interrompue à tout moment par l'empereur.

L'empereur a sous son contrôle un certain nombre de provinces plus petites, souvent peu urbanisées et potentiellement difficiles à gérer, sans toutefois nécessiter une légion complète. Ces provinces dites provinces équestres ou provinces procuratoriennes sont mises au fur et à mesure de leur annexion sous la responsabilité d'un chevalier Romain nommé directement par l'empereur et ayant le titre de préfet ou de procurateur et ne commandant que des troupes auxiliaires. Elles peuvent changer de statut avec l'évolution de l'empire, et devenir soit une province sénatoriale comme la Thrace, soit une province impériale. La durée de service est en général de 5 ans mais peut quelquefois durer plus longtemps. Le système des procurateurs-gouverneurs se met en place progressivement au début de l'empire pour se fixer sous Claude...

L'Égypte est un cas à part car possession personnelle de l'empereur et n'a pas le statut de province. Il nomme à sa tête un préfet d'Égypte, praefectus aegypti, le plus haut rang de l'ordre équestre durant le Haut Empire après le préfet du prétoire. Ce préfet d'Égypte dispose d'une légion complète dirigée par un préfet issu aussi de l'ordre équestre : Les sénateurs ne peuvent se rendre en Égypte sans autorisation de l'empereur.
À son entrée en fonction dans sa province, le gouverneur publie un édit (edictum provinciale) qui proclame les normes d'administration et d'application du droit qu'il suivra, généralement en reprenant l'édit de son prédécesseur.
Le gouverneur proconsul ou propréteur dispose de l'imperium, qui s'applique pour ses tâches militaires, politiques et judiciaires, dans les limites des droits et des pouvoirs des cités de sa province.
AU BORD DE LA MER.
Les affaires financières et fiscales lui échappent totalement selon un vieux principe administratif Romain. Dans les provinces sénatoriales, c'est un questeur qui s'occupe des finances et dans les provinces impériales, un procurateur financier.
Le gouverneur doit défendre sa province, mais ne doit pas se lancer en théorie dans des aventures militaires destinées à mener une conquête.
Il doit réprimer les révoltes et limiter le brigandage. Tout en respectant l'autonomie des cités, le gouverneur doit s'assurer du maintien de l'ordre public dans leur cadre et de leur bonne santé économique et financière.
Un certain nombre de documents nous permettent de mieux connaître l'action quotidienne des gouverneurs Romains.
Les Lettres de Pline le Jeune adressées à Trajan nous montrent Pline s'occupant des travaux décidés par les cités de sa province et contrôlant leur coût, du recrutement des soldats et des effectifs militaires, de la garde des prisons, du recrutement des esclaves publics, d'affaires judiciaires, dont le jugement des chrétiens, etc.
Le Digeste confirme ces différentes missions : Le proconsul doit inspecter les édifices publics, les faire achever ou réparer, éventuellement fournir le service de militaires. Le proconsul effectue aussi une tournée dans sa province, tenant des assises judiciaires dans les principales cités. C'est dans ce dernier cadre que les récits de martyrs chrétiens nous montrent le gouverneur interrogeant et condamnant les chrétiens, à l'instar de Pionios en Asie Mineure en 250.
CAPTURE DE THRACES.
L'Empire romain n'a pas de véritable fonction publique à l'image des administrations modernes. Le gouverneur a cependant sous ses ordres un certain nombre de personnes destinées à lui permettre d'accomplir sa tâche. Il peut tout d'abord se faire accompagner de proches, amis, clients ou affranchis, membres de sa cohors amicorum. Certains d'entre eux peuvent être spécialistes dans un domaine particulier : Ainsi, Frontin veut emmener un chevalier pour lutter contre le brigandage lors de son proconsulat - poste que celui-ci décline finalement en raison de sa mauvaise santé. Mais surtout, il existe dans la capitale provinciale un embryon d'administration qui assure la continuité des tâches administratives par delà la rotation assez rapide des gouverneurs.
Esclaves impériaux et affranchis en sont des rouages importants. Comme tout magistrat Romain, le gouverneur est assisté d'appariteurs officiels, qui sont licteurs, messagers-huissiers (viatores), héraults (praecones), auxiliaires pour les cérémonies religieuses.

Le rôle des militaires n'est pas à négliger non plus. Le gouverneur est en permanence accompagné d'une escorte militaire (singulares), mais il a aussi à ses ordres des soldats destinés à son officium, c'est-à-dire à ses bureaux, y compris dans les provinces dépourvues de légion. Ces soldats sont des principales, des sous-officiers plus ou moins lettrés et dispensés de corvées (immunes). Chaque légion fournit 10 speculatores, des secrétaires en chef (cornicularii), des greffiers-archivistes (commentarienses) et 60 beneficiarii (bénéficiaires).
ORPHEUS.
Ces derniers peuvent être nommés dans une statio, un poste de contrôle en général situé sur une route importante ou près d'une cité. De telles stationes sont bien connues dans les provinces frontières, comme à Sirmium en Pannonie. Enfin, des archives provinciales existent, rassemblées dans les bureaux du palais du gouverneur au cœur de la capitale provinciale. Elles nous sont mal connues mais peuvent être assez précises.
Depuis sa capitale et à l'aide de cette administration provinciale, il revient au gouverneur de centraliser l'information à destination de Rome et de diffuser les ordres, décisions et lois prises par l'empereur.

La Thrace, barbare, grecque et romaine - Clio
https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/.../pdf_la_thrace_barbare_grecque_et_romaine....
La Thrace, barbare, grecque et romaine. Yann Le Bohec. Professeur d'histoire romaine à l'université Paris IV-Sorbonne. La province romaine de Thrace ...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thrace_(province_romaine)
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2012). Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de ...
Histoire · ‎Voir aussi · ‎Articles connexes · ‎Notes et références

La Thrace, barbare, grecque et romaine - Clio
https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/.../pdf_la_thrace_barbare_grecque_et_romaine....
La Thrace, barbare, grecque et romaine. Yann Le Bohec. Professeur d'histoire romaine à l'université Paris IV-Sorbonne. La province romaine de Thrace ...











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