mardi 3 juin 2014

1078... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1078 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LA TOUR DE LONDRES SENTINELLE MOYENÂGEUSE DE LA VILLE

LA TOUR DE LONDRES
Construite en 1078 par Guillaume le Conquérant durant la conquête Normande de l’Angleterre, la Tour de Londres est résidence royale pendant des siècles, et prison dès 1100. Son architecture évolue sous les règnes de Richard I, d’Henri III et d’Édouard Ier pour atteindre sa version définitive à la fin du XIIIe siècle. Le site est composé d’une tour principale, la Tour Blanche, entourée de bâtiments (où sont gardés les fameux Joyaux de la Couronne) et de deux rangées de rempart... En plus de son rôle principal, elle sert aussi d’armurerie, de ménagerie et de trésorerie (la monnaie britannique y était frappée). Elle est le berceau de grands événements historiques, comme la mise à mort de reines (Anne de Boleyn et Jeanne Grey) ou l’emprisonnement de grands personnages (Élisabeth Ière et Guy Fawkes).
Quand on visite Londres aujourd’hui, on a du mal à croire, en regardant les immeubles ultra modernes de la City, que cette ville à été fondée par les Romains vers l’an 50, sous le nom de Londinium. Il existe pourtant un endroit où l’Histoire est présente, un endroit emblématique au cœur de la capitale du Royaume-Uni : la Tour de Londres.
La célèbre Tour de Londres est aujourd’hui un musée, où sont gardés les joyaux de la couronne, que des milliers de touristes viennent regarder. Le contraste entre ce vieux château-fort impeccablement conservé et restauré et les gratte-ciels modernes est saisissant, les époques se mélangent ici en un seul quartier. L’édifice est toutefois assez grand pour réussir à nous faire oublier ce coté moderne de la ville, et nous transporter quelques siècles en arrière, en plein Moyen-âge, pour peu que l’on se donne la peine de faire un petit effort d’imagination...
En sortant du métro « Tower Hill », situé sur la colline éponyme, on oublie facilement que c’ est à cet endroit que les exécutions des peines capitales ont eu lieu, mais la Tour de Londres, située de l’autre coté de la route, permet de se souvenir que cet endroit est occupé depuis des temps immémoriaux. En effet, c’est à « Tower Hill » que les archéologues on retrouvé des traces d’occupation humaine datant de l’âge de bronze, c’est également ici que le premier village romain de Londinium est construit, puis détruit et incendié par la reine Boadicée au premier siècle de notre ère...
La ville de Londres a construit, à « Tower Hill », juste à coté du métro, un point de vue sur la Tour de Londres, pour ceux qui veulent apprécier le panorama. Au sol, un gigantesque cadran solaire, où sont retracées les grandes dates de l’histoire de la ville, depuis l’édification du vénérable monument, en l’an 1078. L’endroit est clairement stratégique, et personne ne s’étonne qu’il soit occupé depuis des millénaires. De la Tour de Londres,on a un bon panorama sur les alentours, avec la Tamise sur l’un des cotés, ce qui permet d’en contrôler le trafic. On peut rêvasser un peu à regarder cet ancien château-fort qui nous semble flambant neuf, tant les Anglais mettent du cœur à conserver ce lieu. C’est à la Tour de Londres que l’identité nationale de l’Angleterre s’est forgée, à commencer par cette première conquête du pays par le Duc de Normandie, Guillaume le Conquérant au XIe siècle.



Pendant la Renaissance, la Tour de Londres connaît l’abandon des élites dirigeantes, comme un peu partout en Europe. Les rois et reines ne veulent plus habiter dans ces austères demeures, aux fonctions essentiellement défensives, ne laissant que très peu de place pour le confort... Avec les Tudor, la Tour de Londres, délaissée, sert désormais principalement d’arsenal militaire et de prison, et gagne petit à petit une sinistre réputation de lieu de tortures... Cette réputation est exagérée, même si la Tour de Londres en joue encore aujourd’hui. Le personnage historique Guy Fawkes est sans doute l'un des plus célèbres torturés de la Tour de Londres.
On se souvient aussi de l’exécution de 3 reines d’Angleterre au XVIe siècle, dont deux à « Tower Green », qui marquent à jamais l’endroit, suscitant contes et légendes : on raconte que leurs fantômes hantent encore les lieux. On peut ainsi croiser Anne Boleyn, Catherine Howard ou Jane Grey… entre autres fantômes de malheureux exécutés...
Heureusement, la forteresse n’a pas que de simples fonctions répressives : c’est également l’endroit où l’on frappe monnaie, depuis les débuts de la monarchie Normande, jusqu’au déménagement du XIXe siècle. Il existe aujourd’hui encore une petite unité de production, vouée à la création de pièces de monnaie commémoratives pour le monde entier... Pour les férus de numismatique, toute une salle est consacrée aux pièces de monnaie produites à la Tour de Londres.
L’ancienne forteresse, devenue simple musée, est désormais un lieu où l’on découvre le Moyen-âge, de façon pédagogique. On le comprend vite, le premier public des animations présentes sur le site, ce sont les enfants. On aura le plaisir de voir des armures médiévales, des armes à feu de la Renaissance, des canons, et bon nombre d’animations ludiques ou de décorations destinées aux enfants. La chambre du roi Édouard Ier a été reconstituée à l’identique dans une des nombreuses tours de la forteresse, la Tour Saint Thomas.
La Tour de Londres, symbole de la puissance de la monarchie depuis l’établissement de Guillaume le Conquérant, possède encore une fonction majeure : garder les joyaux de la couronne britannique, depuis le XIIIe siècle et le roi Henri III. Le public peut voir ces fabuleux joyaux depuis 1669. Les joyaux ont fait l’objet de nombreuses tentatives de vol. Pour pouvoir admirer ces magnifiques pièces d’orfèvrerie, il faut passer sur un tapis roulant, qui défile devant les joyaux sous cage. Il est donc impossible de regarder dans le détail les couronnes, les sceptres et autres « regalia » du Royaume-Uni... Une deuxième salle d’exposition existe, avec des joyaux « mineurs », où il est possible d’observer dans le détail. Tout ceci se comprend parfaitement, et il est difficile de blâmer les responsables de la Tour de Londres. Le succès de l’exposition permanente des joyaux de la couronne est immense, chaque année ce sont des centaines de milliers de personnes qui viennent les voir.
Les chiffres sont éloquents : les joyaux de la couronne, ce sont avant tout 23 578 pierres précieuses ! La « Imperial State Crown » (Couronne impériale d’apparat) à elle seule présente 2 868 diamants, 273 perles, 17 saphirs, 11 émeraudes et 5 rubis. C’est ici aussi que l’on peut admirer le plus gros diamant taillé du monde, le « First Star of Africa », issu du Cullinan, le plus gros diamant jamais découvert. Il est monté sur le sceptre impérial. Ces symboles monarchiques sont encore utilisés par les souverains anglais lors des couronnements...
UN DES FAMEUX CORBEAU
La Tour de Londres, officiellement nommée « Her Majesty’s Royal Palace and Fortress the Tower of London » n’abrite plus de souverain Anglais depuis Jacques Ier, il y a 500 ans, mais reste un lieu majeur de l’histoire Anglaise et Européenne. C’est un lieu où les Anglais viennent à la rencontre de leur Histoire, où les traditions semblent immuables depuis des siècles. Les gentils « guides touristiques » habillés de curieuse façon, sont en fait les gardiens de ces traditions : ce sont les « Yeomen Warders », plus connus sous le nom de Beefeaters. Ils sont les gardes de la Tour de Londres depuis 1485 et sont encore aujourd’hui recrutés parmi les vétérans de l’armée Britannique. L’un d’entre eux, le Ravenmaster, « maître des corbeaux », est chargé de nourrir les corbeaux de la Tour de Londres : en effet, une légende veut que si les corbeaux partent de l’ancienne résidence royale, la monarchie Britannique et la Tour de Londres sont condamnées à disparaître.
Tout d’abord un joli plan de la Tour avec les 6 emplacements des histoires contées.
1) Les corbeaux :
Si les 6 volatiles meurent la monarchie s'écroule... Imaginez s'il sont choyés avec des biscuits imbibés de sang, des lapins entiers ; rien que ça ! Mais ce poste de protecteur n'est pas garanti à vie, le moindre faux pas et c'est le renvoi.
Georges est licencié en 1986 et placé dans un zoo. Une « rupture de contrat » a même été rédigée où l’on peut lire (texte en anglais, sorry pour les non-anglophones) :
« On Saturday 13th September 1986,
Raven George, enlisted 1975, was posted to the Welsh Mountain Zoo . Conduct unsatisfactory, service therefore no longer required. »
«  Le 13 septembre 1986 :
Georges le corbeau inscrit en 1975 a été expédié, au zoo de la la Welsh Mountain pour conduite insatisfaisante... son service n'est plus nécessaire. »
Donc, comme vous l’avez compris, ces oiseaux ont des noms ! Si vous visitez la Tour vous aurez peut-être la chance de rencontrer Gwyllum, Hardey, Thor, Odin, Hugine, Cedric et Munin (6 corbeaux officiels + 1 remplaçant)...
2) Les beefeaters :
Pourquoi les gardiens de la Tour de Londres portent-ils ce surnom )... ils sont les seuls à avoir droit à une ration de bœuf à la table du roi. C'est après 22 ans ans de service dans l'armée qu'on peut devenir l'un d'eux .
3) La porte des traites :
A l'origine porte de secours réalisée sous Édouard Ier, son nom vient des accusés qui avant de franchir cette porte pour accéder à leur geôle, passaient devant le London Bridge où étaient exposés les têtes des traitres.
4) Le fantôme d'Arbelle Stuart :
Geoffrey Field , gouverneur de la Tour de Londres de 1994 à 2006, donne l'alerte car son épouse fut projetée hors de sa chambre ! On pense aussitôt à Lady Arbella Stuart assassinée dans cette même pièce en 1615...Aucune femme ne peu depuis cette événement y séjourner seule.
LES PRINCES ÉDOUARD ET RICHARD
5) La Tour sanglante :
La Tour de Londres fut le témoin de sombres meurtres... par exemple ceux des princes Édouard et Richard étouffés dans leur sommeil à la demande de leur oncle Richard III, alors qu'ils n'avait que 12 et 10 ans... Hélas, ils ne furent pas les seuls...
6) La cérémonie des Clefs :
Tout les soirs à 21h30 précises le gardien des clefs de la Reine accompagné de la garde royale ferme les portes de la Tour de Londres en respectant scrupuleusement les mêmes gestes et les mêms dialogues vieux de 700 ans... la Cérémonie des clefs : le gardien des clefs (qui n’est autre que le chef des Beefeaters) doit quitter la Tour pour fermer les portes, muni d’une lanterne et entouré de 4 gardes. C’est à son retour, quelques minutes plus tard, qu’un garde posté à l’entrée de la Tour lui pose les fameuses questions (toujours en anglais, c’est comme ça) :
LA CÉRÉMONIE DES CLEFS
Garde : Who comes there ?
Chef des Beefeaters : The keys.
G : Whose keys ?
C : Queen Elizabeth’s keys. (le nom change selon le monarque)
G : Pass Queen Elizabeth’s Keys. All’s well.
C : God preserve Queen Elizabeth.
G : Amen !
Bon, voici une dernière histoire immonde « from London » : les latrines étaient avant de simples fosses qu’il fallait vider une fois qu’elles étaient pleines. Richard the Raker, un des hommes chargés de ces vidanges, glissa et tomba dans le trou ! et s'y noya dans une piscine d’excréments...
L'UNESCO attribue en 1988 au monument le titre de Patrimoine Mondial de l’Humanité. et accueille des millions de visiteurs chaque année.

Tour de Londres — Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/Tour_de_Londres
La tour de Londres (en anglais Tower of London) est une forteresse ... fut construite par Guillaume le Conquérant en 1078 et fut considérée comme un symbole ...

Tour de Londres : Chateau et prison effroyable [East end]

www.vanupied.com/londres/...londres/tour-londres-tower-london.html
La Tour de Londres (Tower of London) se trouve sur la Tamise à proximité de la ... Dès 1078, La Tour Blanche fut construite en pierre blanche de Caen par le ...



La Tour de Londres, le château-fort anglais - Voyager ...


voyager-comme-ulysse.com/tour-de-londres/
La célèbre Tour de Londres est aujourd'hui un musée, où sont gardés les ... la Tour Blanche », fut construite du vivant de Guillaume le conquérant, en 1078.






dimanche 1 juin 2014

1079... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1079 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES MIRACLES DE SAINT STANISLAS ET SA TERRIBLE MORT.

CHRONIQUE DE LA VIE DE SAINT STANISLAS
Saint Stanislas, (en Polonais : Stanisław Szczepanowski ou Stanisław ze Czestochowa) noble Polonais, c'est le fils de Wielislaw, du clan Turzyna. Wielislaw, possesseur de Szczepanow et Raba près de l'ancienne capitale Polonaise de Cracovie. L'épouse de Wielislaw Bogna, est du clan Nowina (du même clan noble Polonais actuel Grand Maître de l'Ordre de Saint Stanislas).
« Sois et glorifie Dieu » s'exclame son père à sa naissance, d'où l'origine de son nom. Celui qui le porte a glorifié Dieu toute sa vie. Après ses études à Cracovie et à Gniezno, il part durant 7 années pour les compléter chez les bénédictins de Saint-Germain-des Prés à Paris. Il noue ainsi des liens particuliers entre l’Église de Pologne et l’Église de France. C'est à Paris qu'il découvre la réforme de Cluny qui naît à peine. De retour en Pologne, il devient le prédicateur infatigable de cette réforme. A 36 ans, il est élu évêque de Cracovie. Il aime ses prêtres et, chaque année, il tient à rendre visite à chacun d'eux. Soucieux de la foi de l’Église de Pologne, alors à peine centenaire, il n'hésite pas à rappeler à l'ordre le roi Boleslas II le Cruel ou le Farouche, débauché sans vergogne. L'évêque l'excommunie et lui interdit l'entrée dans les églises tant qu'il ne se sera pas repenti. Cela lui vaudra le martyre. Le roi en personne l'égorge au pied de l'autel alors qu'il célèbre la messe. Ainsi glorifie-t-il Dieu une dernière fois. Canonisé en 1253, il est le patron de la Pologne.

Lettre du Saint pape Jean-Paul II, à l 'archidiocèse de Cracovie et à l’Église de Pologne, à l'occasion du 750 anniversaire de la canonisation de Saint Stanislas...
[« Mémoire de Saint Stanislas, évêque de Cracovie et martyr :
Au milieu des troubles de son temps, il est un défenseur sans relâche de la civilisation et des mœurs chrétiennes, il gouverne son Église en bon pasteur, vient en aide aux pauvres, visite chaque année son clergé, enfin, en 1079, il est assassiné, alors qu’il célébrait les saints mystères, par le roi Boleslas II, à qui il avait reproché sa conduite scandaleuse.
Si je dis au pécheur : « Tu périras ! Et si tu n'ouvres pas la bouche pour l'avertir et le faire revenir de son égarement, le pécheur périra à cause de son péché, mais je te redemanderai son sang à toi-même. Si, au contraire, tu as averti le pécheur pour le faire revenir de son égarements et s'il n'a pas voulu t'écouter, alors il sera seul cause de sa perte et ton âme sera sauvée »."
Ézéchiel. »
]
BOLESLAS II LE CRUEL
Le XIe siècle, en perpétuels luttes pour le Sacerdoce contre la barbarie, envoie aujourd'hui un nouveau martyr à Jésus ressuscité. C'est Stanislas, que la noble Pologne place aux premiers rangs de ses défenseurs. Un prince chrétien dont il reprend les vices l'a immolé sur l'autel, le sang du courageux Pontife s'est mêlé à celui du Rédempteur dans un même Sacrifice. Quelle invincible force dans ces agneaux que Jésus a envoyés au milieu des loups (Matth. X, 16.) ! Tout à coup le lion se révèle en eux, comme il s'est montré dans notre divin Ressuscité. Pas de siècle qui n'ait eu ses martyrs, les uns pour la foi, les autres pour l'unité de l’Église, d'autres pour sa liberté, d'autres pour la justice, d'autres pour la charité, d'autres pour le maintien de la sainteté des mœurs, comme le grand Stanislas.
Quoi qu'il advienne, on peut être assuré que l'Esprit de force ne fera pas défaut aux athlètes de la vérité. Le martyre est un des caractères de l’Église, et il ne lui a manqué à aucune époque. Les Apôtres qui entourent en ce moment Jésus ressuscité ont bu tour à tour le calice après lui...
Saint Stanislas naît le 26 juillet 1030, de parents âgés, mariés depuis 30 ans et encore sans postérité. Ses parents sont de haute condition, ce qui ne les empêche pas d'avoir une aussi haute réputation de piété. Dieu, qui prend cet enfant en considération, lui inspire dès son jeune âge de grandes vertus, surtout la charité pour les pauvres, et une mortification qui le porte à jeûner souvent et à coucher sur la terre nue, même par les plus grands froids... Après de brillantes études, il n'aspire qu'au cloître, à la mort de ses parents, il vend leurs vastes propriétés et en donne le prix aux pauvres. L'archevêque qui l'ordonne prêtre le fait chanoine de Cracovie. Faisant recours au Pape pour lui faire accepter le siège de Cracovie, devenu vacant. Il est sacré en 1072, Ses vertus ne font que grandir avec sa dignité et ses obligations, il se revêt d'un cilice, qu'il porte jusqu'à sa mort... il se fait remettre une liste exacte de tous les pauvres de la ville et donne l'ordre à ses gens de ne jamais rien refuser à personne...
La plus belle partie de la vie de Stanislas est celle où il est en butte à la persécution du roi de Pologne, Boleslas II, ce prince tient une conduite publiquement scandaleuse.
SAINT STANISLAS
À ce moment de l'histoire, la Pologne est gouverné par le roi Boleslas II, le Cruel (1058-1079). C'est l'époque des guerres d'Investiture entre le roi et l'empereur Romain Germanique Henri IV (1056 - 1105) et le pape Grégoire VII (1073-1083). Boleslaw II prend parti pour le pape et Wratislaw de Bohême, Boleslaw II est couronné en 1075 par Saint Bogumil, dirigeant avec succès, en temps de guerre, (il prend 2 fois Kiev), permet la restauration de son demi-frère, Iziaslav Ier, sur le trône de Russie... Cependant Gall souligne : il est parfois généreux en récompenses, mais négligeant, féroce fier et extrêmement cruel dans les batailles.
Seul l'évêque ose comparaître devant ce monstre d'iniquité, et d'une voix douce et ferme, condamner sa conduite et l'exhorter à la pénitence. Au début, Boleslas II le Cruel, paraît rentrer en lui-même, mais ses résolutions ne tiennent pas et il reprend sa conduite scandaleuse... Un des pires épisodes de sa conduite arrive lorsqu'il fait enlever Christine, l'épouse du seigneur Miécislas, réputée tant pour sa beauté que pour sa piété, toute la noblesse Polonaise en est scandalisée et elle encourage le primat de Pologne, archevêque de Gnesne, et la plupart des évêques à intervenir hautement auprès de ce roi tyrannique. Ces grand prélats préfèrent se taire... La noblesse se venge de ces piteux personnages en publiant partout qu'ils ont des âmes de mercenaires, plus attachées à leurs privilèges et à leur fortune qu'à la cause de Dieu.
Saint Stanislas se résout alors à parler pour la seconde fois à Boleslas II. Escorté de plusieurs grands seigneurs et de quelques ecclésiastiques, il reproche au roi sa conduite impie et l'avertit qu'il encoure les censures de l’Église s'il ne règle pas sa conduite et ne répare pas ses fautes. Le roi dit à Stanislas :
« 
Quand on sait parler si peu convenablement à un roi, on doit être porcher et non évêque. »
Stanislas lui répond sans se troubler :

« N'établissez aucune comparaison entre la dignité royale et la dignité épiscopale, car en ce cas je vous dirai que la première est à la seconde ce que la lune est au soleil, ou le plomb à l'or. »
Pour se venger, et comme l'évêque Stanislas est irréprochable, Boleslas II a recours à la calomnie pour se venger... Le pontife avait acheté et payé pour son évêché, devant témoins, une terre dont le vendeur est mort peu après. Le roi, ayant appris qu'il n'y a pas d'acte écrit et signé, gagne les témoins par promesses et par menaces, et accuse Stanislas d'avoir usurpé ce terrain. L'évêque lui dit :
« 
Au bout de 3 jours, je vous amènerai comme témoin le vendeur lui-même, bien qu'il soit mort depuis 3 ans. »Le jour venu, le saint se rend au tombeau du défunt, en présence d'un nombreux cortège, il fait ouvrir la tombe, où on ne trouve que des ossements. Stanislas, devant cette tombe ouverte, se met en prière, puis touche de la main le cadavre :
« Pierre, dit-il, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, viens rendre témoignage à la vérité outragée. »
STANISLAS PRÊCHANT
A ces mots, Pierre se lève, prend la main de l'évêque devant le peuple épouvanté, et l'accompagne au tribunal du roi. Le ressuscité convainc de calomnie le roi et les témoins, et de nouveau accompagne l'évêque jusqu'au tombeau, qu'on referme sur son corps, redevenu cadavre...

Une fois encore, Boleslas II est impressionné par ce fabuleux miracle au point qu'il semble s’amender de ses vices pendant quelques temps. Il retombe pourtant dans ses excès à la faveur d'une expédition victorieuse contre les Russes lors de laquelle il se rend maître de leur capitale, Kiev.
Stanislas résout alors de tout faire pour faire cesser les débordements permanents du roi. Après l'avoir plusieurs fois admonesté, il finit par l'excommunier et par lui interdire d'assister à l'office divin... Comme Boleslas II continue de s'y rendre, il déclare que l'office serait suspendu si le roi s'y présente et qu'il ne reprendrait qu'une fois son départ ou sa conversion serait dûment constatée.
Au début Avril de 1079, le conflit entre le roi et l'évêque touche à sa fin... L'évêque approché par les amis du roi du clan Jastrzebiec viennent à lui pour son jugement, qui a lieu sur la colline de Skalka au-dessus de l'église Saint-Michel. L'évêque Stanislas condamné à la peine connu alors comme « truncatio membrorum », (ablation des mains, des jambes, du nez, des oreilles, aveugler le supplicier mais pas décapiter), la sentence exécutée avec une telle violence par le roi et ses amis cause la mort de l'évêque le 11 Avril 1079.
L'action relatée :
L'évêque Stanislas part discrètement dire l'office divin dans l'église Saint-Michel. Le roi le fait suivre par ses complices en leur enjoignant d'entrer dans l'église et de l'assassiner. Par 3 fois, une lumière intense apparaît à l'autel et épouvante les soldats au moment où il s'apprêtent à exécuter les ordres, c'est le 8 mai 1079... Boleslas II vient alors lui-même exécuter le prélat. Non content d'avoir commis ce crime atroce, le roi déchire de ses mains les lèvres et le nez du martyr, le fait traîner dans l'église et disperser son corps dans des champs alentours afin qu'il serve de pâture aux animaux... Dieu envoie alors 4 aigles qui gardent les précieuses reliques de l'évêque Stanislas pendant 2 jours.
LE MARTYR DE SAINT STANISLAS
De pieux ecclésiastiques vinrent pendant la nuit retirer le saint corps duquel émanait une brillante lumière et qui exhalait des parfums d'une suavité miraculeuse.

Le pape, Grégoire VII, ne peut laisser impuni ce crime monstrueux. Il jette l'interdit sur le royaume, anathématise Boleslas II, le déchoit de sa royauté... Dans les 2 mois qui suivent le jeune frère Wladyslaw Herman roi de Mazovie soutenu par l'invasion des Tchèques propage la révolte... Poursuivit par la vindicte de son peuple, la plupart des Polonais, horrifiés par l'acte du roi, l'abandonnent, en Juillet 1079, Boleslaw II le Cruel » perd son trône... réfugié en Hongrie, le roi de Hongrie Saint Ladislas vient en personne l'accueillir à la frontière, Boleslaw II toujours plein de morgue le traite en vassal ne descendant même pas de cheval.
Là, enfin, son âme est profondément touchée par le repentir et il rentre sincèrement en lui-même, se décidant à entreprendre le pèlerinage de Rome pour implorer l'absolution du souverain pontife.
Il part avec un habit très simple et un seul serviteur. Bientôt, dissimulant sa condition, il fait une halte en Carinthie et demande l'aumône aux Bénédictins du couvent d'Ossiach. Éclairé par Dieu, il résout d'y passer le restant de ses jours, entre dans un silence perpétuel et ne s'occupe que de tâches très humbles. Comme il est maladroit, il endure longtemps les rudesses de bien des moines.
« 
C'est ainsi qu'il est devant Dieu plus grand dans la cuisine qu'il n'a été sur le trône. »
Dit un chroniqueur contemporain.
Il vit ainsi 7 ans et quelques heures ; avant de rejoindre le divin Juge, il rompt le silence, fait venir l'abbé du monastère, et lui fait une confession générale pleine de profond repentir, lui remettant en gage l'anneau royal qu'il a toujours conservé dissimulé... Les moines ont remarqué que Boleslas II prie des heures entières une image de la Très Sainte Vierge Marie, c'est elle qui lui obtient la grâce de sa conversion et celle de faire une bonne mort. Le corps de Boleslas II est toujours enterré dans le monastère d'Ossiach (Osyak Slovénie). Boleslaw est mort à l'âge de 41 ans solitaire, sa tombe, n'est marquée que par une dalle de pierre représentant son dernier compagnon fidèle... Son cheval.
Comme Boleslaw a quitté le pays, Wratislaw marche de Bohême à Cracovie en Juillet 1079. Là, il épouse Svatava (la soeur de Boleslaw II), reconnu roi de Pologne à Cracovie. Wladyslaw Herman, le frère cadet de Boleslaw II qui a déjà perdu la Mazovie, perd également la Grande-Pologne, accepte la division du pays avec Wratislav. Wladyslaw Herman est gros, indolent et pas du tout belliqueux.
L'évêque de Cracovie a été enterré à la porte de l'église Saint-Michel. 10 ans plus tard, on le transfère dans l'église de la forteresse de Cracovie puis dans la cathédrale de cette ville. Stanislas a été Canonisé par Innocent IV (1253) et mis au calendrier de l'Église universelle, par Clément VIII.
La plupart des informations sur la vie de Saint Stanislas sont venue du chroniqueur Polonais Gall, qui est probablement d'origine Italienne, contemporain du saint évêque. Gall écrit sa chronique à la cour de Wladyslaw Herman (1079 – 1102).
LE TOMBEAU EN ARGENT DE SAINT STANISLAS
Le premier pèlerinage, depuis La cathédrale du Wawel, où repose sa dépouille, jusqu’à l'église Na Skałce, lieu de sa mort, a eu lieu le 8 mai 1254, et depuis la procession se fait le premier dimanche après le 8 mai. De nos jours, à l’occasion de cette cérémonie (à laquelle participent les représentants du clergé, des universités, de la municipalité, des confréries, les délégations en costumes traditionnels des régions de Petite Pologne et les fidèles de Cracovie et des environs) se succèdent sur des autels portatifs : les reliques des saints et bienheureux de l’archidiocèse de Cracovie : Saint-Stanislas, Saint-frère Albert, Sainte-sœur Faustine, Saint-Hyacinthe, Saint-Florian.
Les homélies, pendant la messe en l’église Na Skałce, ont été prononcées entre autres par les cardinaux Karol Wojtyła et Stefan Wyszyński. Ajoutons que le départ de la procession du Wawel est marqué par le son du bourdon Sigismond, qui n’est utilisé que dans les moments les plus significatifs de la vie de la Pologne et de Cracovie.

11 April SAINT STANISLAS Bishop and Martyr (1030-1079)

www.etverbum.com/.../11-april-saint-stanislas-bishop...Traduire cette page
10 avr. 2013 - Stanislas was born in answer to prayer when his parents were advanced in age. Out of gratitude they educated him for the Church, and from a ...

Le livre d'or de Cracovie

books.google.fr/books?isbn=8386447729
Grzegorz Rudziński - 1998 - ‎Kraków (Poland)
Les tapisseries et le mausolée de saint Stanislas vus depuis le chœur de la ... Saint Stanislas de Szczepanowo fut évêque de Cracovie de 1030 environ à 1079, ...

St. Stanislaus | Saint of the Day | AmericanCatholic.org

www.americancatholic.org/features/saints/saint.aspx?...Traduire cette page
(1030-1079). Size: A A. Listen to Audio. Anyone who reads the history of Eastern Europe cannot help but chance on the name of Stanislaus, the saintly but tragic ...
Vous avez consulté cette page le 01/06/14.

Stanislas de Szczepanów — Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/Stanislas_de_Szczepanów
Pour les articles homonymes, voir Saint Stanislas. ... et mort (assassiné) le 11 avril ou le 8 mai 1079 à Cracovie, est un évêque de Cracovie au XIe siècle.








1080... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1080 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !
Charlot, fils de l'empereur.
LA LÉGENDE D'OGIER LE DANOIS...
OGIER LE DANOIS
Certains morceaux de littérature semblent relater la légende de cet ancien guerrier dont la renommée, après avoir longtemps parcouru toutes les contrées de l'Europe, conserve encore une sorte de reflet dans les publications populaires de Montbéliard et dans une des figures des jeux de cartes...

Dans la vie d'Ogier, un fait important raconté par la plupart des annalistes domine tous les autres : c'est à lui que le héros doit sans doute d'occuper c rang dans les anciennes épopées Franques. Le jour même de la mort de Carlo- man, fils de Pépin le Bref, (4 décembre 771) dans le palais de Samoucy près de Laon, sa veuve, la reine Girberte, peu confiante dans le désintéressement de Charlemagne, part secrètement de Samoucy avec ses deux jeunes fils et sous l'escorte d'un guerrier dont le nom est diversement latinisé : « Alde- garius » « Audegarius », « Autharius », « Otgarius marchio », « Oggerus »... Tous les auteurs s'accordent à nous le représenter comme l'un des fidèles vassaux ou preux (proceres) de Carloman.
Les illustres fugitifs prennent le chemin de l'Italie. Dans le même temps, le vieux Hunauld, souverain dépossédé de l'Aquitaine promettant d'achever pieusement ses jours auprès du tombeau de Saint Pierre, sort de Rome à cheval et vient à la cour de Didier ou Desier, roi des Lombards rejoindre Ogier, et, les enfants de Carloman... Didier accueille à Pavie tous ces ennemis du roi des Francs, et la protection dont il semble vouloir les couvrir devient l'origine de la guerre Lombarde qui permet à Charlemagne de coiffer la couronne de fer.
Anastase le bibliothécaire suivi par Sigebert a surtout exposé les faits avec précision et clarté, Éginhard en a révélé les causes :
« Carloman, » dit Sigebert, « frère du roi Charles meurt, sa part de royaume est réunie à celle de Charles... Sa femme, avec « ses fils et le Franc Autharius, se réfugie chez Didier, roi d'Italie. « Hunauld, duc d'Aquitaine, se rend à Rome comme pour y demeurer, mais en se réfugiant chez les Lombards, il devient apostat et fait bientôt une méchante fin, (écrasé sous des pierres) »
D'après Éginhard : « Entre les deux frères, l'union est souvent compromise, un grand nombre des « preux » de Carloman cherchant à les brouiller, quelques-uns même ne reculant pas devant la perspective d'une guerre déclarée... Cependant la suite des événements fait penser qu'il y a plus de fondement dans les soupçons que de réalité dans le danger... Carloman meurt, sa femme et ses deux fils accompagnés de plusieurs hommes entre les plus renommés fidèles de Carloman, se réfugient en Italie, « ainsi, méprisant l'autorité du frère de son mari, cette princesse, « sans aucun motif réel , se met sous la tutelle du roi des Lombards. »
Il est permis de contester la bonne foi d'Éginhard dans les dernières lignes de ce passage... Carloman se défie depuis longtemps de l'ambition de son frère, admettons que ses craintes soient mal fondées, mais l'empressement de Charlemagne à se rendre à Samoucy, puis à Corbeni, pour y recevoir le serment des vassaux de Carloman, ainsi que le silence absolu qu'il garde sur les droits incontestables de ses neveux, enfin, la guerre immédiate commençons, en Italie non par le duc Hunauld ou par le roi Didier, mais par lui, récent usurpateur des États de son frère, tout paraît justifier le parti violent pris par la reine dès son veuvage. D'ailleurs Carloman, sur son lit de mort, a prié Girberte de s'occuper avant tout de la sûreté de leurs enfants, du moins ce fait important nous semble-t-il assez bien établi par une charte jusqu'à présent peu remarquée, mais qui doit jeter une nouvelle lumière sur le personnage d'Ogier.
Par cette charte, Carloman, le roi des Francs, désirant paraître convenablement devant le juge suprême, cède, pour le repos de son âme et de celle de son père, à l'abbaye de Saint-Denis, les fermes de Faverolles et de Noron, dans les pays de Madrie et de Chartres, telles qu'elles ont été possédées par son vassal Ogier... « Villas.... nuncupantes Faberolas, qui ponitur in pago Madria-cense, et Noronte in pago Carnotino — , sicut a vasso nostro Audegario possessas fuerunt. »
Le principal intérêt de cette charte vient de la date à laquelle elle remonte : « Data in mense « decembri , anno quarto regni nostri ; actum Salmunciago palatio publico. » Justement dans cette année, dans ce mois et le quatrième jour de ce mois, Carloman expire dans le palais de Samoucy... Il a donc chargé le vassal Ogier de protéger la fuite de la reine, car enfin, si le duc ou marquis Ogier n'avait pas reconnu avant la mort du roi la nécessité de quitter la France, Carloman ne l'aurait pas dessaisi des bénéfices dont il venait de récompenser ses mérites. On suppose qu'Ogier n'aurait pas montré pour les princes déshérités un pareil dévouement, le lendemain du jour où leur père, lui aurait ôté ses biens et safortune...
Ogier, avant son départ pour Pavie, est donc certainement vassal de Carloman. Mais ce n'est pas dans la charte de Samoucy qu'on le cite pour la première fois ! Suivant les Annales Loiseliennes, année 760, le duc d'Aquitaine Waffarius (nommé par les compilateurs modernes Waiffre ou Waïfer, et par les chroniques de Saint-Denis Gaiffier) se voit contraint d'accepter les conditions imposées par Pépin le Bref, et de livrer pour garants de ses promesses Adalgarius et Allerius. Les Annales d'Èginhard ajoutent que ces deux personnages sont,très importants... « Duos de primoribus gentis, Adalgarium et Itherium(i). »
(Il est inutile de rappeler que le nom latinisé Adalgarius est Augier de l'ancienne langue vulgaire, de même qu'Adalaïs est pour Aalis ou Aelis, Adelar- dus pour Aalart ou Alart, Adelbertus pour Aubert, Leodegarius pour Légier, etc...) mais on ne manquera pas de nous faire une objection sur l'identité que nous prétendons établir entre Adalgarius otage de Gaiffier, et Audegarius vassal de Carloman. Cette charte apprend que c'était le fils de Hatton, qu'il fut longtemps en possession du duché d'Aquitaine, qu'il eut pour fils Wandregisile, et ce Wandregisile des descendants en ligne directe, dont tous les rameaux ne sont pas encore tranchés... D'ailleurs, il en coûte peu d'avouer que l'otage Adalgarius n'est désigné dans aucun texte historique comme le fils de Hatton, personnage lui-même fort problématique... Rétorquons qu'il n'eut jamais, comme Adalgarius d'Alaon, l'honneur d'être duc d'Aquitaine et que ses enfants, s'il en eut jamais, durent achever leur carrière dans les austérités du cloître de Saint-Faron.
La qualité d'otage, donnée par les historiens à Adalgarius, s'accorde parfaitement avec les traditions qui servent de base aux Chansons de geste d'Ogier. Ce héros de tant de poèmes est constamment représenté comme otage à la cour du roi des Francs et, sans ce point de ressemblance entre l'histoire de Gaiffier ďAquitaine et celle de la soumission de Geoffroi, roi de Danemark, qui lui est postérieure de trente années, il est difficile de dénouer les fils qui, dans les romans d'Ogier, lient à de frappants souvenirs historiques, plusieurs circonstances inexactes et mensongères... Il existe plusieurs témoignages précieux de l'origine méridionale du protecteur des enfants de Carloman. Par exemple, sur la fin de sa vie, Ogier, retiré dans l'abbaye de Saint-Faron, donne à cette maison un vaste terrain dans la ville Piémontaise de Verceil. Il a donc, longtemps après la fin de la domination Lombarde, conservé des possessions dans ces contrées. Certes, le moyen le plus naturel d'expliquer cette donation est d'admettre que le patrimoine d'Ogier est situé vers l'extrémité méridionale de la France, ou sur les Marches du Montferrat.
La destinée de ces deux otages, Itherius et Adalgarius, offre de grandes analogies. Le duc Gaiffier ayant repris les armes dès l'année suivante (761 ), leur vie seraient en danger, si de nouvelles trêves et de nouveaux traités ne les avaient pas déchargés bientôt d'une aussi redoutable responsabilité... Itherius parait être resté à la cour des Francs dès l'année 766, il souscrit les diplômes de Pépin, en qualité de notaire ou même de chancelier, cette dignité lui est conservée par Charlemagne, et, rapprochement curieux , avant de se rendre moine à Saint-Martin de Tours, comme Ogier à Saint-Faron de Meaux , Itherius est, en 769, chargé d'une mission du roi des Francs, dans le duché de Bénévent, en faveur des intérêts apostoliques.
Ogier, de son côté, remplit en Italie plusieurs missions délicates, même avant d'être l'otage de Gaiffier. Dès l'année 752, Pépin voulant attirer dans ses États le pape Étienne III, a envoie vers lui l'évêque de Metz, Rogang (le Chrodegangus des latinistes), et a chargé le duc Ogier de protéger le voyage du souverain pontife. Ogier, dont le chemin est sans doute moins long, n'attend pas l'évêque Rogang... il prend les devants, rencontre le pape sur les bords du Téssin, l'accompagne dans Pavie, le protège contre les défiances du roi Lombard et l'escorte jusqu'au monastère de Saint-Maurice de Chablais, non loin du lac de Genève. C'est là qu’Étienne est rejoint par l'un des fils de Pépin et par une foule de prélats et de vassaux, heureux et fiers de l'accompagner.
En 759, un an avant la révolte de Gaiffier, Ogier se trouve chargé de ménager un accord entre le pape Paul Ier et le nouveau roi des Lombards, Didier ou Desier (comme écrivent les anciennes poésies et les Chroniques de Saint Denis). Dans cette circonstance, il protège la marche de l'évêque de Rouen, Eemedius ou Remy, que Pépin envoie à Pavie. Ainsi, tous les témoignages s'accordent à présenter Ogier comme un personnage chargé de plus d'un rôle honorable dans les démêlés des premiers Carolingiens avec les souverains d'Aquitaine et d'Italie.
SAINT MICHEL RETENANT LA MAIN D'OGIER
Pépin, qui a éprouvé son mérite et son dévouement, peut donc sans répugnance l'accepter comme garant de la fidélité de Gaiffier. Mais plus tard, Ogier s'étant attaché de cœur aux intérêts de Carloman, Éginhard l'accuse d'avoir nourri les défiances de ce prince contre Charlemagne. Enfin, Ogier par se joindre aux mécontents d'Aquitaine et de Lombardie, pour défendre le droit des deux orphelins, fils de Carloman.
La guerre de Lombardie, qui dure plus de deux ans, place encore à plusieurs reprises le nom d'Ogier sous la plume des annalistes... On le voit essayer, avec l'appui chancelant du roi Didier, d'arrêter Charlemagne dans les gorges du Montferrat, les Lombards ayant pris la fuite, il court lui-même à la défense de Pavie, puis va s'enfermer dans Vérone avec le fils de Didier.
Charlemagne instruit de ce mouvement, se transporte lui-même devant cette place, la plus forte de la Lombardie, il y conduit un certain nombre de ses guerriers les plus braves, « cum aliquantis fortissimis Francis » et c'est alors, suivant le témoignage d'Anastase et de Sigebert, qu'Ogier, la reine Girberte et ses enfants implorent la clémence du vainqueur.
Charles les ramène sous les murs de Pavie, dont il poursuit et interrompt le siège à diverses reprises, enfin il s'en rend maître, et ne laisse plus à Didier et aux enfants de Carloman que le choix du monastère dans lequel ils terminent leurs jours.Tels sont les faits incontestables de la vie politique d'Ogier
A quelque distance de ces traces bien marquées, nous placerons le récit des historiens et des faiseurs de légendes des deux siècles suivants. Le pieux auteur de la « Conversio Otgerii militis », quoique peut-être un peu moins ancien, est sans doute bien autrement respectable que le célèbre moine de Saint-Gall auquel nous devons les « Gesta Caroli Magni », ce dernier écrit en 885... On sait qu'il accorde une aveugle confiance aux traditions populaires, malheureusement, au moment où il écrit, les poésies vulgaires ont déjà décomposé la personne historique de Charlemagne.
En célébrant tour à tour chacun de ses fameux compagnons, elles ont insensiblement dépouillé celui-là de toute la gloire dont elles recouvrent la renommée de ceux-ci. Le berceau des Chansons de geste touche à la tombe des héros qui les ont inspirées... On trouve dans les écrits du moine de Saint- Gall plusieurs passages aussi concluants, on doit se contenter de rappeler ce qu'il dit en particulier de notre héros : L'un des premiers barons, nommé Ogger, ayant encouru le ressentiment du très redoutable empereur, s'est retiré près du roi Lombard, quand Didier et lui entendent parler de l'approche du terrible Charles, ils montent au sommet d'une tour très-élevée, d'où l'on peut reconnaître de fort loin ceux qui s'avancent. A la vue des bagages semblant pouvoir suffire à l'armée d'un Darius ou d'un Jules César, Didier dit à Ogger :
« Charles est-il dans cette armée ? »
« Pas encore » , répondit Ogger.
A la vue des innombrables troupes rassemblées de toutes les parties de l'empire Charles, dit le roi Lombard, se pavane sans doute au milieu de ces grandes « masses »
« Pas encore, pas encore », répond Ogger.
« Que ferons-nous donc, s'écrie Didier, s'il en vient de nouveau ? »
« Vous le verrez, dit Ogger »
Pour ce qui est de nous, j'ignore
« ce qu'il en adviendra. »
Alors parut un corps de jeunes varlets, toujours prêts a marcher avant le signal.
« Voilà Charlemagne, sans doute ? demande Didier plus effrayé ». « Pas encore », répond Ogger.
Puis approchent les évêques, les abbés, les chapelains et les autres clercs... à leur aspect Didier dit :
« Descendons, cachons-nous sous terre pour éviter le visage irrité d'un aussi cruel ennemi, »
Mais Ogger qui n'ignore pas la puissance et l'appareil de l'incomparable Charles et qui, dans des temps meilleurs, a eu mille occasions d'en éprouver les effets, s'écrie :
« Roi Didier ! quand tu verras la campagne hérissée d'une moisson de fer, quand le Téssin et le Pô vomiront les flots noirs d'un océan de fer autour des murs de la ville, alors tu pourras espérer de voir bientôt Charlemagne. »
Le moine de Saint-Gall ne s'arrête pas là, mais nous n'avons plus intérêt à le suivre et nous passons des souvenirs de la vie politique d'Ogier à ceux de sa vie religieuse...
Il existe plusieurs manuscrits de l'opuscule intitulé : « Conversio Оthgerii ou Othgarii militis ». Mabillon a inséré dans ses « Acta sanctor. ordinis S. Вenedicti du IXe siècle (IVe de l'ordre de Saint-Benoît). », L'illustre critique fait précéder le texte d'une dissertation, de laquelle nous traduirons littéralement plusieurs passages...
Trois choses, dit-il, prouvent la sincérité de ces actes qu'on a, de nos jours, voulu contester :
1° l'ancienneté des manuscrits,
2° l'épitaphe d'Ogier et de Benoît, faite par Fulcoie Foulques de Beauvais , vers le milieu du XIe siècle.
3° l'ancien monument d'Ogier et de Benoît, que l'on voit encore aujourd'hui dans le monastère de Saint-Faron, monument sur lequel on a représenté les circonstances principales de la conversion d'Ogier et de Benoît.
Pour ce qui est des manuscrits ajoute Mabillon, il en existe 2 : l'un dans l'abbaye de Saint-Faron, écrit vers le milieu du Xe siècle, l'autre dans l'abbaye de Crespy, moins ancien de 100 ans. Au temps de cette seconde copie , Fulcoie de Beauvais, sous-diacre de Meaux, écrit, à la prière de l'abbé Geoffroi, des vers sur la vie de Saint-Faron et sur Ogier.
Ces poèmes sont, avant la mort de Fulcoie , ajoutés au manuscrit ancien de Saint-Faron, l'histoire de la conversion d'Ogier est donc répandue avant le temps des vers de Fulcoie, et cette conversion est connue, non-seulement dans le diocèse de Meaux, mais aussi chez les Belges, comme le prouve un troisième manuscrit de Gembloux, estimé de plus 500 ans, et dans lequel la légende d'Ogier et Benoît est reproduite dans les mêmes termes que dans le code de Saint-Faron.
Mabillon prouve ensuite que Fulcoie achève toutes ses œuvres poétiques avant l'année 1080, et que s'il s'avise de joindre à ses épitaphes de pieux personnages, celles d'Ogier et de Benoît, c'est par un sentiment de respect pour le souvenir conservé de leur mort pieuse et édifiante. En comparant ces fragments entre eux, on croit avoir sous les yeux les premiers essais de rédaction de l'ancien auteur. Mais, quoi qu'il en soit, la transcription de ces fragments et de la « Conversio Othgerii » est de la même date, et cette date appartient soit à la fin du Xe siècle, soit à la première partie du XIe.
Une circonstance précieuse n'a pas échappé à Mabillon ; Fulcoie, vers 1070, met en vers la prose déjà ancienne d'une vie de Saint-Faron, et cette première vie en prose est pour ainsi dire inséparable de la Conversio Othgerii, puisque, dès le début, l'auteur annonce qu'après la vie de Saint-Faron, il est convenable de mentionner la fin pieuse d'Ogier et de Benoît. Les 2 ouvrages sont donc bien antérieurs au XIe siècle, et Mabillon, qui en a une épreuve du Xe siècle sous les yeux, croyait pouvoir en faire remonter la composition au temps de la construction du tombeau d'Ogier et de Benoît.
LÉGENDE D'OGIER LE DANOIS
Aujourd'hui le tombeau d'Ogier n'existe plus... L'existence d'un Ogier à la fin du XIe siècle ne peut ébranler en rien la foi due à des monuments des enfants de Carloman, adversaire de Charlemagne dans là guerre de Pavie et du moine reclus à Saint-Faron, Or, c'est là ce que les jongleurs ont répété dans leurs ouvrages, et tout cela n'a rien de commun avec un Ogier de Carmentray , contemporain du roi Robert. La seule chose dont il est permis de douter, c'est l'existence réelle de cet Ogier du XIe siècle.
Le tombeau d'Ogier nous remet en mémoire la grande épée et l'épieu que l'on garde religieusement à Saint-Faron , et qu'une tradition immémoriale désigne pour les armes de ce fameux guerrier. Les passages historiques, diplomatiques et archéologiques réunis, ont mis à l'abri de toute incertitude l'existence et la célébrité du paladin de Charlemagne. Ces passages attestent qu'Ogier, originaire des Marches de France et d'Italie, a été plusieurs fois chargé de missions en Italie par le roi Pépin :
Il a protégé le voyage du pape Étienne en France.
Il s'est présenté et a été otage de Gaiffier.
Il suit le parti de Carloman et lutte fortement pour la défense des droits de ses enfants de celui-ci.
Il tente vainement de résister à Charlemagne dans les gorges du Montferrat et dans les plaines de Lombardie.
Il termine pieusement ses jours à Meaux dans l'abbaye de Saint-Faron.
Tous ces faits, retentissent dans les poèmes romanesques d'Ogier le Danois.



Ogier le Danois, poème en 12 chants composé par Raimbert de Paris, et qui fait partie du cycle Carolingien.
Beaudouin, fils d'Ogier, est tué après une partie d'échecs par « Charlot », fils de l'empereur Charlemagne.
Ogier jure de tuer lui-même le meurtrier.
Il se retire chez Didier, roi des Lombards, trahi par ce prince, il s'enferme dans le Château de Castelfort sur le Rhône, où il soutient un siège de 7 ans. 
OGIER LE DANOIS
Seul, sans nourriture, il s'échappe de la place, et traverse le camp de l'empereur, mais est fait prisonnier par Turpin pendant son sommeil.
Bientôt Charles, attaqué par les païens, est réduit à implorer l'aide d'Ogier, Celui-ci exige qu'on lui livre d'abord « Charlot ».
Le fils de l'empereur est sauvé par l'intervention de Saint Michel, au moment où Ogier va lui trancher la tête.
Le Danois bat tous les ennemis de Charles, ensuite il épouse la fille d'Angart (Edgard), roi d'Angleterre, et reçoit de l'empereur le comté de Hainaut et le duché de Brabant.



Persée : Recherches sur Ogier le Danois.

www.persee.fr/web/revues/.../bec_0373-6237_1842_num_3_1_451661
de P Paris - ‎1842
Base historique de la Légende d'Ogier le Danois. ..... prouve ensuite avec la même force que Fulcoie acheva toutes ses œuvres poétiques avant l'année 1080, …

Ogier le Danois.

www.cosmovisions.com/textOgier.htm
Ogier le Danois, poème en douze chants composé par Raimbert de Paris, et qui fait partie du cycle carolingien . Beaudouin, fils d'Ogier, est tué après une partie ...
Termes manquants : 1080

Ogier de Danemarche — Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/Ogier_de_Danemarche
Ogier de Danemarche (ou Hogier, ou Ogier le Danois) — en danois Holger Danske, Ogier the Dane en anglais — est un chevalier danois légendaire qui ...
Vous avez consulté cette page le 31/05/14.

La chevalerie Ogier de Danemarche - Internet Archive

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