jeudi 5 juin 2014

1075... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1075 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

ADAM DE BRÊME SANS DOUTE INSTIGATEUR DE LA CHANSON DE ROLAND.

UPSALA
La Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum (« Histoire des archevêques de Hambourg ») est une chronique de l'archevêché de Hambourg-Brême, depuis la création de l'évêché de Brême en 788 jusqu'à la mort de l'archevêque Adalbert en 1072. Rédigée par le clerc Adam de Brême, qui l’achève vers 1075, elle constitue un témoignage de première importance concernant l'histoire et les mœurs de la Scandinavie médiévale.... Il se compose de 4 volumes au sujet de l'histoire de l'archevêché de Hambourg-Brême, et des îles du nord. Adam de Brême a basé ses travaux sur les écrits de Einhard et Cassiodorus et les ouvrages des premiers historiens, ( il disposait de la bibliothèque de l'église de Brême). Après une première en 1075/1076, il a continué à mettre à jour son œuvre jusqu'à sa mort en 1080. De la vie d'Adam de Brême, on ne connaît que des bribes éparses figurant dans son œuvre...
Adam de Brême, chroniqueur et géographe du XIe siècle, natif de la haute Saxe, vient à Brême vers l'année 1067, il est nommé successivement chanoine, puis directeur de l'école de la ville. C'est au cours de ces fonctions qu'il rédige son oeuvre, dans laquelle il traite de l'origine et de la propagation de la religion chrétienne dans les pays septentrionaux de l'Europe, et particulièrement dans les diocèses de Brême et d'Hambourg, depuis le règne de Charlemagne jusqu'à l'empereur Henri IV ce grand ouvrage se termine par un petit traité sur la situation géographique du Danemark et des autres pays l'avoisinant, il y parle successivement de la nature du pays, de la religion et des mœurs des habitants...
PHOTOS DU LA SÉRIE LES VIKINGS
Les deux premiers volumes couvrent une période débutant avec la création de l'évêché de Brême en 788 et s'achèvent lorsqu'Adalbert devient en 1043 archevêque. Ces volumes décrivent les pays Slaves et Scandinaves marqués par une intense activité missionnaire, dominés par les figures de Willehad, Anschaire et Rimbert.
Le troisième volume évoque le déclin de l'archevêché, provoqué par l'orgueil et l'ambition d'Adalbert.
Le livre quatrième ou Description des îles du Nord est une présentation de la géographie, de l'histoire et des mœurs de la Scandinavie.
Dans son ouvrage, Adam de Brême évoque l'histoire de la Saxe et celle de ses voisins Slaves et surtout Scandinaves, dans la mesure, où, c'est à cet archevêché qu'est confiée la charge de christianiser le Nord... Il est donc question, non seulement des vicissitudes de cette entreprise, mais aussi de l'histoire des royaumes Scandinaves, que ce soit des rapports qu'ils entretenus entre eux ou de leurs relations avec leurs voisins (leur implantation en Angleterre est par exemple fréquemment évoquée), des voyages de navigateurs Scandinaves (il est notamment question de l'Islande du Groenland et du Vinland) ou encore du paganisme Nordique... Adam de Brême est l'auteur d'une célèbre description du temple d'Upsala et de la conversion au christianisme...
Bon connaisseur des auteurs classiques comme des docteurs de l'Église, Adam de Brême s'est appuyé sur les œuvres d'historiens (Orose, Éginhard), sur les vies de saints (Vitae Bonifatii, Willehadi, Anskarii, Rimberti...), les annales, les archives de l'archevêché de Brême (documents officiels pontificaux ou impériaux, correspondances diverses, livres de comptes), ainsi que sur des témoignages oraux, en particulier celui du roi de Danemark Sven Estridsen.
Même si elle n'est connue que par des manuscrits Allemands ou Danois, la « Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum » a exercé une influence sur toute l'historiographie Scandinave médiévale. L'œuvre d'Adam a en particulier servi de source et de modèle à l'auteur de l'Historia Norwegiae.
Cependant les récits d'Adam de Brême sont toutefois à manier avec précaution... Ses sources sont peu nombreuses concernant la période la plus ancienne. Surtout, son œuvre participe de la prétention de l'archevêché de Brême-Hambourg à exercer l'autorité ecclésiastique sur l'ensemble de la Scandinavie, et les faits sont parfois biaisés pour servir cet objectif...
C'est ainsi que les rois refusant l'autorité du siège de Hambourg-Brême sont présentés sous un jour peu favorable (Sveinn TjuqusKegg ou Olav tryggvason, par exemple).
Le premier livre transcrit l'histoire d'avant l'église de Hambourg-Brême (788) et de la mission chrétienne dans le nord. C'est une source importante de connaissances des pays du Nord jusqu'au XIIIe siècle.
Le deuxième livre continue l'histoire, et traite de l'histoire Allemande entre 940 et 1045.
TEMPLE DE UPSALA
Le troisième livre traite des contrats de l'archevêque Adalbert cet ouvrage est considéré comme une étape importante dans l'écriture biographique médiévale...
Le quatrième livre, « Insularum Aquilonis de Descriptio », terminé vers 1075, apporte des précisions sur la géographie, les peuples et les coutumes de la Scandinavie. La Scandinavie récemment explorée, les futurs missionnaires ont sans doute été inspirés par ses descriptions précises. C'est également le premier Européen qui mentionne le Vinland, une terre qui sera plus tard connue sous le nom d'Amérique du Nord...
À cinq reprises, l’auteur de la Chanson de Roland évoque l’existence d’anciennes narrations relatant les exploits guerriers de Charlemagne et de ses compagnons. « De nombreuses gestes », fait-il dire à Baligant, célèbrent la gloire du roi Charles. Nul ne saurait dire à quels écrits l’auteur pense ici plus particulièrement, ni dans quelle mesure il s’en est servi pour son propre récit. Les 4 autres mentions, un peu plus précises, revêtent toutes la forme d’une citation de source. Au cours de la première phase de la bataille contre les Sarrasins, l’archevêque Turpin se dit fier de la bravoure des guerriers Francs. « Aucun roi au monde n’en a de meilleurs ! » s’exclame-t-il, avant d’ajouter : « Il est écrit dans la Gesta Francorum que les hommes de notre empereur sont des preux ». Plus loin, après avoir montré l’ardeur du même Turpin au combat, l’auteur invoque encore l’autorité de « la Geste » à l’appui d’une estimation du nombre d’ennemis tués par les Francs, selon cette source, précise-t-il, les chartes et les documents donnent le chiffre de plus de 4 000 morts. Après un nouvel hommage à la vaillance de Turpin, autour duquel sont tombés pas moins de 400 Sarrasins, l’auteur précise que ses hauts faits sont rapportés dans « la Geste » et par Saint Gilles en personne, qui en fut le témoin sur le champ de bataille... il en compose le texte au monastère de Laon. Plus loin, on apprend que les « Gesta Francorum » atteste la présence de 30 corps de bataille dans l’armée de l’émir Baligant. La cinquième et dernière référence se trouve dans le récit des préparatifs du plaid au cours duquel va se tenir le procès de Ganelon : « Il est écrit en l’ancienne Geste que Charles convoque des vassaux de nombreuses terres ».
Parmi les nombreux écrits de toute nature célébrant la mémoire de Charlemagne, l’auteur semble donc accorder une importance particulière à une source latine intitulée les Gesta Francorum. On y trouve un certain nombre d’informations sur le déroulement de la bataille de Roncevaux, sur les effectifs engagés et sur le nombre de morts. Désignée, à 3 reprises, comme « la Geste », cette source est supposée bien connue de l’auditeur comme du lecteur. Elle est qualifiée d’« ancienne », ce qui, compte tenu de la date du manuscrit d’Oxford, renvoie à une œuvre largement antérieure à la première moitié du XIIe siècle. A priori, on peut penser à l’une ou l’autre rédaction des Annales royales Carolingiennes, ou encore au « Chronicon de Réginon de Prüm ». Or, les éléments censés provenir des « Gesta Francorum » ne se retrouvent nulle part dans ces textes historiques, le personnage de Turpin, sous les traits du prélat-guerrier de l’épopée de Roncevaux, leur est de surcroît inconnue... Cela semble à première vue justifier les réserves des nombreux commentateurs qui considèrent ces références comme un simple artifice littéraire, utilisé dans le seul but de donner un certain crédit historique à la narration. Cependant, il est peu probable que la source latine à laquelle l’auteur se réfère ainsi à 4 reprises ait été complètement inventée. À cet égard, l’allusion à un récit composé au monastère de Laon (v. 2097) fournit un élément d’identification particulièrement intrigant. Cet indice ne saurait être négligé, même si, dans les deux vers précédents, l’amalgame entre les « Gesta Francorum » et la légende hagiographique de la lettre de Saint Gilles introduit une certaine confusion dans ce passage...
À supposer que la source en question ne soit pas fictive, il serait logique qu’elle ait connu une certaine diffusion et qu’elle n’ait donc pas été utilisée dans la seule Chanson de Roland. C’est sur la base de cette hypothèse de travail que l'enquête sera menée.
LA SCANDINAVIE
Il convient d’observer en premier lieu que le « Roland d’Oxford » n’est pas la seule narration du XIe siècle à faire référence à une Geste des Francs non identifiée.
Dans son Histoire des archevêques de Hambourg, achevée en 1075 ou 1076, Adam de Brême rapporte ainsi un épisode des incursions Normandes en France :
« Il y avait aussi, en ce temps là, parmi les Danois et les Normands, d’autres rois, qui exerçaient la piraterie en Gaule. Les plus célèbres de ces chefs barbares ont été Horich, Ordwig, Gottfried, Rudolf et Ingvar. Le plus cruel d’entre eux a été Ingvar, fils de Ragnar Lodbrock. Il fit partout mourir les Chrétiens sous la torture. C’est ce qui est écrit dans la Geste des Francs (Scriptum in Gestis Francorum) ». Cette dernière mention, dont il faut noter la similitude avec le vers 1443 de la Chanson de Roland est écrit en la Gesta Francorum),elle se présente, là encore, comme une référence bibliographique, et nul ne songerait cette fois-ci à la considérer comme un simple motif littéraire. En historien scrupuleux, Adam de Brême ne manque d’ailleurs jamais une occasion de mentionner ses sources... On ne sait toutefois pas à quoi correspondent les Gesta Francorum citées à l’appui de ce passage, Ragnar Lodbrock et ses fils n’apparaissant dans aucune source annalistique Franque.
Or, il se peut que l’histoire de ces mêmes chefs Vikings ait été connue de l’auteur de la Chanson de Roland... Au plus fort de la bataille de Roncevaux, on voit Roland affronter le roi Marsile en combat singulier, d’un grand coup d’épée, il lui tranche la main droite. Marsile s’enfuit, suivi par tous ses hommes. Une séquence narrative très comparable se retrouve dans une des versions les plus anciennes de l’histoire des fils de Ragnar Lodbrock. Elle nous est connue à travers un fragment d’annales Irlandaises, écrit vers le milieu du XIe siècle à la cour des rois d’Osraige.
Un autre récit résultant d’une similitude se trouve dans un autre passage de la Chanson de Roland...
TABLEAU REPRÉSENTANT UPSALA
Parmi les chefs païens qui se battent au côté du roi Marsile, l’auteur mentionne la présence d’un certain Valdabron qui, précise-t-il, a été le propre précepteur de Marsile (Celoi levat le rei Marsiliun). Ce chef de guerre est à la tête d’une flotte de 400 navires, il a d’innombrables marins sous ses ordres, et s’est particulièrement distingué en prenant la ville de Jérusalem par traîtrise, avant de violer le Temple de Salomon et d’y tuer le Patriarche devant les fonts baptismaux... Pour un familier de l’historiographie normande du XIe siècle et plus particulièrement des Gesta de Dudon de Saint-Quentin et de Guillaume de Jumièges, il est aisé de reconnaître dans ce récit une transposition de l’histoire d’Hasting... Ce chef Normand de sinistre réputation est le précepteur de Björn, l’un des trois fils de Ragnar Lodbrock (…Bier…cum eius pedagogo Hastingo…). Après avoir réuni une immense flotte de guerre et recruté partout des volontaires, il part piller les côtes Franques. Puis, rêvant de conquérir la couronne impériale pour Björn, il décide de poursuivre vers la Méditerranée et de prendre Rome. Mais une tempête rejette la flotte devant le port de Luni, non loin de Gênes... Par ruse, Hasting parvient à convaincre les autorités locales qu’il est venu en paix. Se prétendant très faible et sur le point de mourir, il obtient de l’évêque de se faire baptiser dans la cathédrale. Puis il se fait passer pour mort et les siens le ramènent dans l’église, étendu sur une civière. Alors que la cérémonie des funérailles est sur le point de s’achever, Hasting se redresse, dégaine son épée et tue l’évêque, donnant ainsi le signal du massacre des Chrétiens....
C’est sans doute un autre épisode de l’histoire d’Hasting qui, moyennant une simple inversion des rôles, fourni le modèle de la première scène de la Chanson de Roland... L’occupation de la quasi-totalité de l’Espagne par les Francs représentant une sérieuse menace pour les Païens, le roi Marsile décide de réunir le ban et l’arrière-ban. Il interpelle ainsi ses ducs et ses comtes (Il en apelet e ses dux e ses cuntes) :
« Sachez, seigneurs, quel malheur nous accable ! L’empereur de la douce France, Charles, en ce pays est venu nous détruire. Je n’ai pas d’armée qui lui livre bataille, je n’ai pas de gens pour briser les siens. Conseillez-moi en sages vassaux, gardez-moi de mort et de honte. »...
Sur le conseil de Blancandrin, un sage, les Païens décident de payer un tribut à Charlemagne et de lui envoyer des messagers pour engager des pourparlers de paix. Cette séquence narrative trouve son parallèle exact dans le chapitre 8 du livre Ier de Dudon, relatant les événements qui suivent le retour d’Hasting en France après l’expédition de Luni. Face à une situation devenue très critique, car il ne dispose d’aucune armée pour lutter contre les envahisseurs (cum…audaciae paganorum hostiliter resisteret non haberet…), le roi des Francs réunit sa cour au grand complet. S’adressant à ses ducs, à ses évêques et à ses comtes, il leur tient le discours suivant (ducibus accersitis, cum episcopis comitibusque… pronuntiando sic retulit) : « O seigneurs et maîtres, qui êtes venus ici à mon pressant appel, conseillez-moi sur la conduite à tenir pour sauver le royaume ! » Personnellement, le roi estime que ce serait une folie de prendre les armes. Se rangeant à ce sage avis, les Francs décident de négocier une paix avec Hasting. Ils lui envoient des messagers et ils lui versent un tribut.
Les trois passages examinés apportent déjà une première série d’informations. Ils montrent tout d’abord que la réécriture joue un rôle sans doute non négligeable dans la genèse de la Chanson de Roland...
En l’occurrence, il semble bien que l’auteur du Roland d’Oxford se soit inspiré à trois reprises d’un seul et même texte, relatif aux expéditions des fils de Ragnar Lodbrock et de leur associé Hasting. Comment a-t-il eu connaissance de cette histoire ? Sachant que Dudon nous livre la relation la plus complète de l’épisode de Luni mais qu’il ne parle ni des fils de Ragnar, ni du rôle de précepteur d’Hasting, sachant d’autre part que les Annales Irlandaises sont l’unique témoin pour l’épisode de la main coupée et qu’il n’est question que d’un seul fils de Ragnar dans les Gesta de Guillaume de Jumièges, la réponse a priori la plus logique est de considérer que le récit de la Chanson de Roland ne dépend directement d’aucun de ces trois textes, mais d’une source commune, aujourd’hui disparue....
FIGURINE SCANDINAVE
Le témoignage d’Adam de Brême au sujet d’une Geste des Francs relatant les sinistres exploits du clan de Ragnar Lodbrock est d’autant plus digne d’attention que les traces de la même histoire se retrouvent dans plusieurs narrations des XIe et XIIe siècles. Dans le « Draco Normannicus », par exemple, Étienne de Rouen présente Hingar et Huba, les assassins du roi Edmond, comme des fils de Lodbrock. Il est généralement admis que l’auteur tient en l’occurrence ses informations de la Passion de Saint Edmond et des Gesta de Guillaume de Jumièges. Or, après vérification, il s’avère qu’aucun des deux textes ne mentionne ce lien de filiation. Parmi les personnages légendaires de la Chronique du Pseudo-Turpin se trouve un géant du nom de Ferracutus, doué d’une force herculéenne et ne craignant aucun arme de jet.
Quoi qu’il en soit, un rapprochement semble s’imposer avec le surnom de Costa-ferrea, littéralement « Côte-de-fer », que Guillaume de Jumièges attribue à Björn, fils de Ragnar Lodbrock. Selon cet auteur, Björn doit ce surnom à une invulnérabilité quasi surnaturelle, acquise à sa naissance grâce aux philtres magiques absorbés par sa mère.
Lorsque dans la Chanson de Roland est évoqué, la traversée de la Méditerranée par la grande flotte de guerre de l’émir Baligant et sa remontée du cours de l’Ebre jusqu’à Saragosse, les mots semblent sortir tout droit du récit d’une expédition Normande du IXe siècle. Quand, contre toute vraisemblance, l’auteur de la Chanson de Roland nous montre la flotte Sarrasine partant d’Alexandrie, effectuant une traversée de nuit et arrivant dès l’aube en vue des côtes Espagnoles, il est donc légitime de se demander s’il ne s’agit pas là d’une simple réécriture, restée un peu trop près de son modèle...
Le stratagème auquel a recours Marsile pour obtenir le départ de Charlemagne n’est pas sans rappeler les accords que, les autorités Franques sont amenées à conclure avec les Vikings. La forte somme d’argent que le roi païen propose à l’empereur en échange de sa promesse de rentrer dans son palais d’Aix s’apparente aux tributs que les rois Carolingiens se voient contraints de verser à plusieurs reprises aux chefs Scandinaves pour qu’ils acceptent de regagner leur patrie. En revanche, lorsque Marsile ajoute à ces présents la promesse de rejoindre Charles un peu plus tard à Aix pour y recevoir le baptême, la formule s’apparente plutôt à celle des traités du type de Saint-Clair-sur-Epte, fixant les conditions d’une installation durable des Normands en territoire Franc.
L’hypothèse d’un texte procédant de la réécriture de quelque récit de bataille permettrait de résoudre toutes ces difficultés, d’autant que l’on trouve une séquence similaire dans la « chronique » déjà citée du Pseudo-Turpin. À l’aube d’une bataille décisive contre les Sarrasins, un grand nombre de guerriers Francs constatent que les lances qu’ils ont plantées devant leurs tentes ont fleuri. Ils comprennent alors que Dieu les a désignés pour mourir en martyrs de la foi sous les coups des Païens. De fait, tous ceux qui ont reçu ce signe vont périr, par vagues successives, le roi Charles a eu une vision prémonitoire et il a passé la nuit entière à prier pour ses hommes. Le jour venu, l’archevêque Turpin s’est adressé aux guerriers et il les a exhortés à se préparer par la confession, afin qu’ils méritent de se présenter devant Dieu avec une lance « fleurie et victorieuse » à la main, puis il a donné à chacun la communion ; chacun est reparti le cœur plein d’allégresse.
Un retour à la Chanson de Roland fait retrouver, dans le récit de la bataille contre les Sarrasins, plusieurs éléments de la même histoire : le sermon de l’archevêque à la veille de la bataille, son discours exhortant les Francs à se préparer à mourir en martyrs, la confession et la bénédiction des guerriers, leur joie de savoir qu’une place leur est promise au paradis. Le motif narratif des lances fleuries est absent...
À la lumière des exemples précédents, il semble qu’une des clés de la Chanson de Roland réside dans une étude comparative des réécritures et notamment des récits d'Adam de Brême.

Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum - Fafnir

www.fafnir.fr/wiki/index.php5?title=Gesta_Hammaburgensis...
30 avr. 2013 - Rédigée par le clerc Adam de Brême, qui l'acheva vers 1075, elle constitue un témoignage de première importance de l'histoire et des mœurs ...

Qwika - Adam of Bremen

wikipedia.qwika.com › Françaisen.wikipedia.org
Adam de Brême (aussi : Adam Bremensis) était un du plus important ... La première édition a été remplie dans 1075/1076, duquel il a continué à réviser et ...

50. Une source perdue de la Chanson de Roland ...

ceredi.labos.univ-rouen.fr › ... › La Fabrique de la Normandie
de CL SELLÉS - ‎2013 - ‎Autres articles
Dans son Histoire des archevêques de Hambourg, achevée en 1075 ou 1076, .... Plusieurs passages des Histoires de Raoul Glaber, du cartulaire-chronique de .... Vexé, ce dernier se ressaisit et il met sa confiance dans une petite troupe ..... C'est également à l'histoire de ce duc que se rattache l'anecdote qui semble avoir ...



mercredi 4 juin 2014

1076... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1076 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

L'ASSASSINAT DE GODEFROID III DE BASSE-LORRAINE SONNE LE GLAS DE LA LOTHARINGIE

CHÂTEAU DE BOUILLON
Godefroid III, duc de Basse-Lorraine, (997-1076) fils de Godefroid II le Barbu de Verdun duc de Haute et basse Lorraine. Il succède à son père et épouse, en 1069, Mathilde de Toscane, fille de Boniface III marquis de Toscane, et de Béatrice de Bar, laquelle veuve, s’est remariée avec Godefroid II le Barbu, cependant Mathilde n’éprouve que mépris pour son époux, ils vivent d’ailleurs très peu de temps ensemble. La même année, elle donne naissance à une fille, Béatrice, sans doute morte dans ses premières années. En 1076, Béatrice de Bar et Godefroid III meurent, faisant de Mathilde l’unique héritière des possessions d'Italie et de Lorraine.
Godefroid III le Bossu combat le duc de Saxe en 1075 pour le compte de l’empereur Romain Germanique. En 1076, il soutient l’évêque d’Utrecht attaqué par son vassal Thierry V, comte de Hollande, et par Robert le Frison, comte de Flandre... on l'assassine alors qu’il s’apprête à livrer combat au bord de l’Escaut. Robert est définitivement reconnu par tous comme comte de Flandre, défenseur des libertés Flamandes. Quant à Godefroid III le Bossu, assassiné par des envoyés du comte de Flandre le 20 février 1076. Sans postérité mâle et malgré l’opposition de Mathilde, il désigne pour lui succéder son neveu Godefroid de Bouillon... sa disparition brutale, à Utrecht, pose dès le 26 février 1076, le problème de sa succession : le défunt n'a pas eu de fils...
Qui le remplacera à la tête de la Basse-Lotharingie?
Quel sera le bénéficiaire de ses alleux (domaines) ?
Le duc règle lui-même la seconde question avant de mourir : il teste en faveur de son jeune neveu Godefroid, second fils de sa sœur Ide et du comte de Boulogne Eustache II).
L'héritage comprend : le comté de Verdun, relevant de l'évêque de cette ville, un fief de 17 villages, situé entre la Chiers et la forêt de Bouillon, dépendant de l'archevêque de Reims et, enfin, le territoire de Bouillon... Le comté de Hainaut retourne sous la suzeraineté directe de l'évêque de Liège Henri Ier de Verdun, en vertu des conventions qui ont été faites en 1071... Quant à la marche d'Anvers, fief impérial, elle est attribuée par le roi d'Allemagne Henri IV au jeune Godefroid, le 27 mars, à Utrecht... Seul, le duché de Basse-Lotharingie reste vacant. En fait, le monarque Allemand le rattache directement à la couronne, lui donnant pour titulaire son propre fils Conrad, un enfant de deux ans.
GODEFROID III LE BOSSU
Le duc est relativement jeune lorsqu'il est assassiné et ne doit guère avoir songé à assurer sa succession. C'est ainsi qu'il ne prend ses dispositions qu'à l'article de la mort. Godefroid III le Bossu, duc de la Basse-Lotharingie, teste en faveur de Godefroid, connu dans l'histoire sous le nom de Godefroid de Bouillon. Mathilde, marquise de Toscane , veuve de Godefroid le Bossu , revendique les domaines dont le testament de ce prince l'a exclut en faveur de Godefroid de Bouillon, prétendant qu'ils lui appartiennent, comme descendante, par sa mère Béatrix, de la maison de Bar, laquelle avait possédé dans le duché de Bouillon de grands biens, dont sa mère avait eu la propriété pour son bénéfice. La marquise, qui se voit dans l'impossibilité d'envoyer d'Italie, où elle réside, une armée dans les Ardennes, prend le parti d'intéresser à sa cause le comte de Namur, qui s'y prête avec d'autant plus d'empressement, qu'il réclame pour son compte, (sur Bouillon même), les droits que lui a apportés Ide, sa femme. La marquise, pour les appuyer d'autant mieux, lui transmet ceux qu'elle revendique, et le détermine, par ce moyen, à se réunir aux ennemis de Godefroid de Bouillon, dont les deux plus redoutables sont Manassès, archevêque de Reims, et Thierry, évêque de Verdun. L'astucieuse Mathilde de Toscane engage le pape Grégoire VII, avec lequel elle entretient un commerce étroit, à écrire à l'archevêque de Reims, à qui appartient le haut domaine de Bouillon, pour l'engager à exclure le duc Godefroid de toutes les terres dépendantes de l'église de Reims, et d'y recevoir le comte Albert de Namur. L'évêque de Verdun seconde efficacement les vues de Mathilde : il cède à Albert la possession de Verdun , et il l'aide de sont mieux. Albert, qui a plus consulté ses intérêts qu'il n'a calculé ses forces, vient, avec l'évêque de Verdun, former le siège de Bouillon. Godefroid, n'a que 17 ans, il défend sa forteresse avec tant de vigueur, qu'après un siège très long et très meurtrier, le comte et l'évêque sont, à leur honte, forcés de renoncer à leur entreprise, et Albert de Namur n'achète la paix qu'en renonçant formellement à ses prétentions sur Bouillon et sur Verdun. Cependant, si le roi d
MATHILDE DE TOSCANE
'Allemagne ne promet rien à Godefroid le Bossu, sa décision semble toutefois étonner Sigebert de Gembloux, partisan de Henri IV, il dit, en effet :
« En 1089, le duché de Lotharingie est enfin donné à Godefroid de Bouillon, fils de la sœur de Godefroid le Bossu ».
Pourquoi ne pas l'avoir fait en 1076,Vanderkindere et la plupart des historiens modernes répondent à ces questions, en disant que Henri IV « se défiait » sans doute d'un jeune homme en quelque sorte étranger a son « Empire »... Godefroid est le second fils du comte de Boulogne Eustache II, un prince Franc. Or, en 1071, ce dernier a favorisé de tout son pouvoir l'avènement, en Flandre, de Robert le Frison, ennemi de l'Empire...
D'autres historiens admettent que la conduite de Henri IV est dictée par la politique de ses prédécesseurs. Celle-ci visait à confier la direction des duchés à des proches parents.
En 1076, il est vrai, le roi Henri IV de Germanie, favorisé par les événements, a toute latitude d'exécuter ce programme : vainqueur des Saxons, qu'il vient de soumettre, et du pape Grégoire VII, destitué par l'épiscopat Allemand, il est momentanément plus puissant que jamais.
CHÂTEAU DE BOUILLON
Si Henri IV prit la décision que nous connaissons, c'est qu'il ne put faire autrement : n'ayant pas à sa disposition de chef national assez sûr, il préféra rattacher momentanément la Basse- Lotharingie à la couronne.
Bien plus, son oncle disparu, Godefroid est placé sous la protection de l'ami du défunt duc, le prince-évêque de Liège Henri de Verdun. Le fait que Henri IV nomme, à côté de son fils, un vice-duc, devant assumer la réalité du pouvoir, démontre clairement que le roi est pris au dépourvu.
En vertu de sa parenté avec Godefroid le Bossu, le comte de Namur à bientôt l'idée de frustrer le jeune Godefroid des alleux que son oncle lui a laissés.... Soutenu dans ses prétentions par la marquise de Toscane Mathilde, veuve du duc défunt... Albert III envenime les choses lorsqu'il veut enlever au jeune Godefroid le seul territoire qui lui reste, celui de Bouillon... Les deux antagonistes ont une entrevue dans l'abbaye de Saint-Hubert, c'est Henri évêque de Liège, qui ménage cet accommodement dans une conférence où les deux prétendants ne peuvent, semble-t-il, se mettre d'accord, car la guerre éclate bientôt.
Godefroid occupe militairement la forteresse de Bouillon. Albert III l'y assiège avec l'aide des troupes de l'évêque de Verdun, mais Godefroid de Bouillon, venu avec des renforts, le force à lever le siège... ils n'en conservent pas moins l'un et l'autre dans le cœur une défiance et une inimitié secrètes, qui à la fin éclatent au point que dans un rapport de Guillaume de Tyr, ils se provoquent en duel. Godefroid en sort victorieux, mais le comte de Namur n'en conçoit que plus de ressentiment, et il forme le dessein de fortifier le château de Mirwart, qui appartenait à Richilde, comtesse de Hainaut, pour arrêter, de ce côté, les entreprises de Godefroid de Bouillon. Richilde, qui a entre-temps reconnu la suzeraineté de l’évêque de Liège sur le Hainaut, est définitivement vaincue après l’invasion de cette province par Robert le Frison lors de la bataille de Brocqueroie, près de Mons). L'évêque de Liège, qui favorise celui-ci, rompt tous les projets d'Albert de Namur en achetant ce château avec toute la seigneurie et les terres de Bras et de Grupont. Cette seigneurie porte le titre de comté dans le cantatoire de Saint Hubert. L'évêque Henri ajoute de nouveaux ouvrages au château de Mirwart, que les évêques de Liège possèdent jusqu'en 1294...

Godefroid III d'Ardenne dit le Bossu - Bienvenu sur mon site ...

www.ljallamion.fr › Histoire du 11ème siècle
22 janv. 2012 - Godefroid III d'Ardenne dit le Bossu (mort en 1076) Duc de Basse Lotharingie de 1069 à 1076 Fils de Godefroid II le Barbu, duc de Haute (...)

Persée : Godefroid de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie

www.persee.fr/web/revues/.../rbph_0035-0818_1948_num_26_4_1806
de H Dorchy - ‎1948 - ‎Cité 4 fois - ‎Autres articles
En 1076, Godefroid, le neveu du duc défunt, n'était encore qu'un adolescent, insuffisamment ... l'un, le comté de Verdun, l'autre, le fief ardennais des dix-sept villages. ... Ide, ALBERT III, duc de Basse- épouse d'Eustache II, comte de Namur ...

Mathilde de Toscane, comtesse combattante | L'Histoire par ...

histoireparlesfemmes.wordpress.com/.../mathilde-de-toscane-comtesse-co...
22 janv. 2013 - Plus jeune enfant de Béatrice de Bar et de Boniface III, marquis de Toscane, ... Henri III, tandis que Mathilde est promise à son fils, Godefroid III d'Ardenne. ... En 1076, Béatrice de Bar et Godefroid III meurent, faisant de ...






1077...EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1077 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

DUEL D'INFLUENCE ENTRE LE SPIRITUEL ET LE TEMPOREL

CANOSSA AU NORD DES APENNINS
Petite ville Italienne Canossa, proche de Reggio d’Emilia, n’aurait jamais pensé entrer dans l’Histoire... Dans toutes les langues, elle désigne depuis près de 10 siècles une reddition sans condition, une capitulation humiliante.
Qu’est-ce qui se cache derrière la petite ville Italienne de Canossa ?
D’où vient et que signifie l’expression historique « aller à Canossa » « prendre le chemin de Canossa » ?
Est-elle encore utilisée de nos jours et dans quel contexte ?
A toutes ces questions, l’historien Jean-Claude Bologne, qui anime la rubrique « Allusions historiques » sur Canal Académie, donne la réponse :
L'expression « aller à Canossa » signifie que l'on se soumet aux injonctions de l'adversaire.
L’allusion historique, depuis, se réfère à ces deux événements séparés par huit siècles, ce qui est plutôt rare dans la vie d’une allusion. Récemment, le président d’une petite formation de droite qui s’apprête à rejoindre la majorité présidentielle confie par exemple au Figaro (13 août 2009) qu’il ne prend pas le chemin de Canossa, puisqu’il compte bien faire aboutir les dossiers qui lui tiennent à cœur (...)
Dorénavant, l’expression « aller à Canossa » s’inscrit dans la langue allemande. Mais c’est Bismarck qui la remet au goût du jour à la fin du XIXe siècle. En lutte contre les nombreux ennemis de, Bismarck et de son IIe Reich (1871/1918) (en mémoire du Saint Empire Romain Germanique), décide de s’en prendre aux catholiques en lançant le « Kulturkampf » ou « combat pour la civilisation ». Piqué au vif, le pape Pie IX, provoque un coup d’éclat en refusant d’accréditer Gustave-Adolphe de Hohenlohe en tant qu’ambassadeur d’Allemagne au Saint-Siège. Peu impressionné, Bismarck fait allusion à l’ancien conflit entre le pouvoir Allemand et le pape en proclamant alors le 14 mai 1872, devant le Reichstag, que cette fois, les Allemands n’iront pas à Canossa, « Nach Canossa gehen wir nicht ! ». En français, il n’y pas d’équivalent. On dit : « faire acte de contrition », ou plus familièrement « se mettre à plat ventre » ou carrément plus vulgairement encore « baisser son froc »...
Le chancelier rappelle de la sorte une fameuse querelle entre le pape et l'empereur d'Allemagne qui se dénoue le 28 janvier 1077 par une humiliation feinte de ce dernier... (André Larané.)
La Querelle des Investitures
En 1075 le pape Grégoire VII (Saint Grégoire) publie 27 propositions sous l'intitulé « Dictatus papae » (l'« Édit du pape »), par lesquelles il affirme :
Que les évêques doivent être nommés par lui et non plus par l'empereur.
Que le pape lui-même doit être élu par un conclave des cardinaux et non plus par les nobles Romains...
Ces propositions participent d'un vaste mouvement de réforme amorcé par la papauté peu après l'An Mil, en vue d'imposer son autorité, jusque-là très symbolique, sur la chrétienté...
L'empereur Henri IV s'oppose à ces réformes qui rompent avec la traditionnelle soumission du clergé envers le pouvoir laïc et placent le souverain pontife au-dessus de l'empereur... Il prononce la déposition du pape mais celui-ci réplique en l’excommuniant, (le privant des sacrements, et, autorisant ses vassaux à rompre leur serment d'obéissance)...
Des seigneurs Allemands en profitent pour récupérer des biens et des avantages qui leur ont été confisqués et élisent même un roi concurrent...
PAPE GRÉGOIRE VII
Peu à peu abandonné de tous, Henri IV craint que le pape ne vienne en Allemagne au secours des dissidents... Il prend les devants, et, se rend lui-même en Italie auprès de son ennemi, qui est alors en visite chez la comtesse Mathilde de Toscane, dans son château de Canossa... Pieds nus dans la neige, il attend pendant 3 jours que le pape veuille bien le recevoir pour le relever de l'excommunication... Le pape n'a d'autre choix que de pardonner au pénitent... L'humiliation feinte de Canossa débouche ainsi sur la victoire de l'empereur... Henri IV réunit un concile à sa dévotion... Fait nommer un nouveau pape plus conciliant... Grégoire VII doit s'enfuir chez les Normands qui occupent l'Italie du sud... Ceux-ci sous prétexte de le réinstaller sur la chaire de Saint Pierre, en profitent pour occuper Rome et la piller... Le grand pape réformateur meurt à Salerne, abandonné de tous, le 25 mai 1085.
Après lui, la papauté doit encore lutter pendant plusieurs décennies avant de gagner définitivement la « Querelle des Investitures » avec le Concordat de Worms de 1122... Le pape s'affirme dès lors comme le chef incontesté de l'Église, du moins en Europe occidentale, l'autre partie de l'Europe préférant l'autorité du patriarche de Constantinople...
Épisode célèbre de la lutte entre le pape Grégoire VII et l'empereur Henri IV. Depuis le milieu du XIe siècle, les papes tentent de réformer l'Église pour la débarrasser de la simonie et du nicolaïsme et la soustraire à l'emprise laïque. Ils rompent ainsi avec la tradition Constantinienne, reprise par les Carolingiens et les Ottoniens, de collaboration étroite des deux pouvoirs... Or, les empereurs Germaniques tiennent à la nomination des évêques, l'un des fondements de leur pouvoir en Germanie et en Italie. D'où l'exaltation théorique par le pape de sa propre puissance, en particulier dans les 27 propositions du « Dictatus papae de 1075 ». La « lutte du sacerdoce et de l'empire » n'est qu'une conséquence politique de la réforme.
A partir de février 1076 jusqu'à l'entrevue de Canossa (27 janvier 1077), le pape a eu plus d'une fois l'occasion de manifester sa pensée sur Henri IV, on y sent toujours percer le secret espoir que le pécheur viendra à résipiscence... Après la condamnation du roi, Grégoire VII s'évertue à préciser sa position devant la conscience chrétienne, qui est son principal appui...
Dès la première bulle, datée de février 1076, son point de vue purement religieux s'affirme :
« Quoique depuis la fondation de l’Église et la propagation de la foi du Christ, il n'existe aucun précédent d'un tel scandale, c'est cependant un devoir pour tous les fidèles de gémir en face d'un tel mépris de l'autorité, non pas seulement apostolique mais divine... Si vous croyez que les clés du royaume des cieux ont été données au bienheureux Pierre par Notre Seigneur Dieu Jésus-Christ, si vous désirer être introduit dans les joies de la vie éternelle, réfléchissez combien vous devez avoir à cœur l'injure qui vient de lui être faite... Aussi je vous demande de solliciter instamment la divine miséricorde pour qu'elle incline vers la pénitence les cœurs des impies ou qu'elle réduise à néant leurs desseins sacrilèges. »
En avril 1076, il écrit au chevalier Guifred de Milan :
« On nous a bien des fois interrogé sur les conditions de la paix à conclure avec le roi d'Allemagne. Nous répondons que nous voulons avoir la paix avec Henri IV, si lui-même s'applique à la faire avec Dieu et si, en se conformant à nos fréquents avertissements, il revient sur des mesures qu'il a prises, à la fois au péril de la Sainte Église et pour sa propre perte. »
Le 25 juillet 1076, dans une lettre à tous les chrétiens d'Allemagne, le Pontife exprime un désir plus intense de voir le pécheur se repentir, mais il n'hésite pas à montrer les conséquences de l'excommunication royale...
« Quant aux évêques et aux laïques qui, se laissant entraîner par la crainte ou la faveur humaine, ont continué à communiquer avec le roi et à lui fournir leur concours, livrant ainsi au démon leurs âmes et la sienne, s'ils ne donnent pas des marques de repentir, s'ils ne font pas une pénitence suffisante, n'ayez avec eux ni rapport, ni amitié... Ceux-là, en effet, sont, les meurtriers de leurs âmes et de l'âme du roi, ils ne rougissent pas de jeter la confusion sur leur patrie ni sur la religion chrétienne »
Le 3 septembre 1076, Grégoire VII envisage les deux issues possibles de la crise et manifeste qu'il n'entend pas la résoudre seul.
« Si vous examinez attentivement, écrit-il à tous les fidèles d'Allemagne, les lettres par lesquelles Henri IV, prétendu roi, a été excommunié dans un saint synode par le jugement du Saint Esprit, vous verrez clairement ce qui doit être fait à son égard. Elles vous feront comprendre en effet, pourquoi il a été lié par l'anathème et déposé de la dignité royale, et pourquoi le peuple qui lui est soumis a été relevé de son serment, c'est un indice qu'au moment même de la déchéance incontestée du roi, le pape ne semble pas attacher grande importance à ces sortes de désignations et se conforme facilement aux habitudes courantes »...
LES RUINES DE CANOSSA
Le pape s'applique ensuite à montrer qu'il n'est mu, dans toute cette affaire ni par l'orgueil du siècle, ni par une vaine ambition, mais par le seul amour de l’Église, et le seul souci de la discipline...
Il en vient ensuite à examiner les différentes manières de sortir de l'impasse actuelle :
« Que Henri IV ne pense plus que l’Église lui soit soumise comme une servante.
Qu'il la regarde comme une souveraine.
Que, enflé par l'esprit d'orgueil, il ne maintienne pas de vieilles coutumes (l'investiture laïque) inventées contre la liberté de la Sainte Église, mais qu'il observe la doctrine des Saints Pères que la puissance divine leur a enseignée pour opérer notre salut. S'il nous donne des garanties suffisantes a cet égard et à l'égard des autres choses que nous sommes en droit de lui demander, nous voulons que vos messagers nous mettent aussitôt au courant de tout, pour que nous puissions avec le secours de Dieu, délibérer ensemble sur ce qu'il convient de faire. Surtout, nous défendons expressément de la part de Saint Pierre que nul de vous ne se permette de l'absoudre de l'excommunication avant que, nous ayant transmis les renseignements indiqués plus haut, et que vous n'ayez reçu la réponse ainsi que le consentement explicite du Siège apostolique. Nous nous défions des différentes manières de voir que diverses personnes peuvent envisager. Nous redoutons les effets d'une crainte ou d'une faveur purement humaines... »
On voit par là que les réflexions du Pontife l'ont amené à préciser sa pensée, en face d'une crise qui se prolonge. Quelques faits importants s'en dégagent, pour la levée de l'excommunication, rien ne doit être fait sans son ordre ou sans sa permission, elle ressort de sa compétence exclusive... et lui appartient, d'ailleurs, de droit... Puisque c'est lui qui a porté la sentence, aucune autorité subalterne ne peut s'imiscer pour lever la censure.
C'est aux Allemands qu'il appartient d'élire un nouveau roi. Il se réserve seulement le droit de le confirmer : « Ut autem vestram electionem , si valde oportet ut fiât, apostolica auctorite fîrmemus ».
La condamnation de février, 8 mois auparavant, a produit ses effets, le vide se fait autour du roi déchu, l'ancienne coalition des ducs s'est reconstituée. Rodolphe de Souabe, Welf de Bavière, Berthold de Carinthie, auxquels se sont joints beaucoup d'autres seigneurs laïques et ecclésiastiques, se sont réunis, pour tirer les conséquences des sanctions pontificales... Le pape s'est fait représenter à cette assemblée par deux légats: Sicard, patriarche d'Aquilee, et Altmann, évêque de Passau.
Après des débats mouvementés qui durent 10 jours, on se met d'accord, pour convoquer Henri IV à une diète solennelle à Augsbourg, présidée par le souverain Pontife, à la date du 2 février 1077... Suivent une série de conditions imposées à Henri IV, en attendant l'heure du verdict.
« Si le roi manque à quelqu'une de ces conditions... ils n'attendront pas plus longtemps le jugement du Pontife romain pour examiner ce que demande le salut de la république.»
Ainsi donc, au cours de cette diète, où les ennemis d'Henri IV sont pressés d'en finir avec lui, les légats ont réussi à faire prévaloir la pensée grégorienne : le pape ne portera son jugement final sur la vacance du trône qu'après les délibérations d'une assemblée réunie à cet effet.
En décembre, Grégoire VII se prononce en faveur de l'archevêque élu de Milan contre les prétentions d'un concurrent nommé par l'empereur.
Mais Henri IV, victorieux en Germanie, fait déposer le pape par les évêques Allemands réunis à Worms (24 janvier 1076), puis par les évêques Lombards réunis à Plaisance. Dans la ligne du « Dictatus papae », Grégoire VII répond en déposant Henri IV. (février 1076), ce qui provoque des remous en Germanie :
L'hiver 1076-1077 a été l'un des plus froids et des plus longs dans la mémoire des hommes, le Rhin est gelé de Novembre à Avril.
Quelques jours avant Noël, Henri IV entreprend un voyage à travers les Alpes en tant que pénitent, cherchant l'absolution du pape, il est accompagné de son épouse, une princesse jeune, belle, vertueuse et aimable épousée le 13 Juillet 1066, de son fils Conrad (né Août, 1071) et d'un serviteur, Néanmoins préfèrant vivre avec ses maîtresses... 3 ans après le mariage, il demande le divorce, que lui accorde l'archevêque de Mayence Siegfried... Le pape outré refuse son consentement... L'empereur reste marié. Pour ce voyage vers le pape son épouse et son fils l'accompagnent... Le couple royal passe donc à travers la Bourgogne sous la protection du comte Guillaume et de la mère de son épouse, puis traverse le Mont Cenis... La reine et son enfant descendent les pistes glacées en traîneaux de peau de bœuf... Lorsqu'enfin Henri IV et sa suite atteignent les plaines de la Lombardie, il se précipite à la rencontre du successeur de Pierre, pouvant seul lui donner l'absolution.
Après avoir laissé femme et enfant à Reggio, et, accompagné de quelques amis, il grimpe la colline escarpée de Canossa, (cette forteresse aujourd'hui en ruines), construction imprenable de la comtesse Mathilde de Toscane, au sud de Reggio, sur le versant nord des Apennins, entouré de trois murs, elle comprend un château, une chapelle et un couvent c'est là que Grégoire VII s'est arrêté...
Grégoire VII lui-même raconte la suite, dans une lettre datée du 28 janvier, 3 jours après l’événement :
HENRI IV A CANOSSA
« il vint, en faible compagnie, au château de Canossa, où je résidais, et là, assis devant la porte pendant 3 jours, dépouillé de ses attributs royaux, misérablement, déchaussé et vêtu de laine, il ne se releva pas avant d’avoir imploré en pleurant le secours et la consolation de la miséricorde apostolique ». C'est ainsi que commence un conflit d’un demi-siècle...

Le 13 mars, cependant, Henri IV est déposé par les princes Allemands qui élisent pour roi Rodolphe de Souabe...

Henri IV vainc Rodolphe en 1078 et 1080.
Grégoire VII dépose Henri IV de nouveau le 7 mars 1080 : Canossa n'a servi pratiquement à rien. L'événement montre, cependant, le changement des rapports entre pape et empereur, qui se manifeste à partir du pontificat de Grégoire VII...
Grégoire VII au concile romain de mars 1080, relate en un vigoureux raccourci les faits qui se sont déroulés au cours des 4 dernières années et, à propos de l'entrevue de Canossa, s'exprime en ces termes : « Le voyant si humilié et après avoir reçu de lui beaucoup de promesses de changement de vie, je l'ai réintégré dans la communion, mais je ne l'ai pas rétabli dans la royauté, d'où je l'avais déposé au synode de Rome [1076) et je n'ai pas obligé ceux qui lui ont prêté ou qui lui prêteront serment à lui garder une fidélité dont je les ai relevés dans ce même synode ».
Une opération d'une telle envergure ne peut guère, se faire par voie de sous-entendu. La sentence de 1076 a fort bien spécifié les diverses condamnations qui frappent le roi de Germanie. Voici la partie essentielle de cette sentence :
« De la part du Dieu tout puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, j'interdis au fils de l'empereur Henri. . . le gouvernement de tout le royaume des Teutons et de l'Italie, je relève tous les chrétiens du serment de fidélité qu'ils lui ont prêté ou qu'ils lui prêteront, je défends que toute personne lui obéisse comme à un roi ... Je le lie en ton nom (Saint Pierre) du lien de l'anathème. »
Il y a donc 3 sanctions, liées entre elles, qui se sont abattues sur le « roi ».
Dans ses fameux (Dictatus papae), où il précise l'étendue de ses pouvoirs, sous la proposition XII, il déclare :
« il est permis au pape de déposer l'empereur, sans y adjoindre la moindre condition et sans en faire la conséquence de l'excommunication ». D'autre part, il a, lancé l'anathème contre Robert Guiscard, sans le déposer de son pouvoir... Il conçoit donc l'excommunication et la déposition comme susceptibles d'être disjointes. Que, dans la sentence de 1080, il ait d'abord excommunié le roi, qu'il l'ait déposé ensuite, cela paraît en effet plus logique et manifeste un progrès de sa pensée, et, constatons qu'au moment de la première condamnation d'Henri IV, il paraît avoir appliqué purement et simplement la doctrine des Dictatus papœ en procédant d'abord à la déposition du roi, ensuite à son excommunication... Grégoire VII n'a jamais été embarrassé pour exprimer sa pensée et tous ceux qui ont pratiqué assidûment l'étude de son registre savent avec quelle souplesse il varie ses formules et avec quelle force il manifeste ses volontés... De plus, il faut se garder d'oublier que, dans la pensée de Grégoire VII, l'absolution de Canossa est provisoire...
MATHILDE DE TOSCANE
Depuis l'assemblée de Tribur (octobre 1076), 3 mois avant Canossa, une résolution commune a été adoptée par les légats du pape et la coalition des princes opposés à Henri IV, elle stipule que le roi déchu serait convoqué à une diète solennelle à Augsbourg, présidée par le souverain Pontife, en date du 2 février 1077. Henri IV serait admis à un débat contradictoire, à la suite duquel le pape prononcerait son acquittement ou sa condamnation définitive... Grégoire VII est précisément en route vers Augsbourg, quand se produit l'incident de Canossa... Or, non seulement, il n'a pas renoncé à prononcer ce verdict suprême, mais dans les « garanties » exigées de son royal pénitent avant de l'accueillir « dans le sein de l’Église », figurent d'abord l'acceptation anticipée du jugement pontifical, quel qu'il soit, et ensuite la promesse de ne pas mettre obstacle à l'arrivée de l'auguste voyageur. En voici le texte :
« Moi, Henri roi, sachant que les archevêques, évêques, ducs, comtes, princes de Germanie et d'autres qui les suivent, murmurent contre moi, dans le délai fixé par le seigneur pape Grégoire, je ferai justice selon sa sentence ou accommodement conformément à son avis, sauf empêchement pour moi ou pour lui, et, l'obstacle levé, je serai prêt à remplir ma promesse... De plus, si le pape Grégoire veut aller au delà des monts ou en d'autres contrées, il sera de ma part ou de la part de ceux que je puis contraindre à l'abri de tout péril de mort, mutilation ou captivité, tant sa personne que son escorte, ses envoyés, ou visiteurs aussi bien pendant l'itinéraire, à l'aller et au retour, que pendant le séjour. Il n'éprouvera de mon aveu aucune entrave contraire à son honneur et si on lui fait obstacle, je m'emploierai avec bonne foi et selon mon pouvoir à lui prêter main forte »
Sous la forme un peu alambiquée de cette promesse, on perçoit les deux garanties essentielles :
Soumission préalable à la sentence du pape et promesse d'écarter toute entrave aux déplacements du Pontife, or l'absolution de Canossa est du 27 janvier et la diète d'Augsbourg doit avoir lieu, 6 jours après, le 2 février.
Henri IV arrive au pied du château, le 21 janvier 1077, par un froid glacial sévère et un sol couvert de neige. Il a eu un entretien avec Mathilde et Hugo, abbé de Cluny, son parrain, et a déclaré sa volonté de soumettre au pape s'il a été libéré de l'interdit.
Il frappe en vain pendant 3 jours, du 25 au 28 Janvier, dans le froid, à l'entrée de la passerelle qui perpétue encore dans son nom. « Porta di Penitenza, » la mémoire de cet événement.
Le vieux pape sévère, dur comme un roc et aussi froid que la neige, refuse l'admission, malgré les vives instances de Mathilde et Hugo de Cluny, jusqu'à ce qu'il soit convaincu de l'humiliation complète du pénitent... Hugo de Cluny, étant moine, ne peut pas jurer, mais il engage sa parole devant Dieu qui voit tout. Hugo de Cluny, les évêques, les nobles et la comtesse Mathilde et Adelheid signent l'accord écrit, qui existe toujours...
Après ces préliminaires, la porte intérieure s'ouvre. Le roi, dans la fleur de l'âge, héritier de plusieurs monarques couronnés, fier et noble, se jette aux pieds du pape aux cheveux gris, homme de basse origine et de petite stature, qui par sa parole a désarmé un empire... L'empereur fond en larmes, et s'écrie « Épargnez-moi, mon père, épargnez-moi ! » La société est ému aux larmes, même le pape de fer montre des signes de tendre compassion... Il entend la confession d'Henri IV, le relève, lui donne l'absolution et sa bénédiction apostolique, le conduit à la chapelle, et scelle la réconciliation par la célébration du sacrifice de la messe...
Certains chroniqueurs ajoutent l'incident suivant, qui a souvent été répété, mais est très improbable. Grégoire VII, avant la Sainte Cène, appelle Dieu de le frapper de mort s'il est coupable des crimes reprochés, et, après avoir avalé la moitié de l'Ostie consacrée offre l'autre moitié au roi lui demandant de se soumettre à la même terrible épreuve... mais le roi refuse.
Après la messe, le pape reçoit le roi courtoisement à dîner puis le renvoie avec quelques mises en garde, des conseils paternels, et sa bénédiction apostolique.
Henri IV a admis par son humiliation que le pape a le droit de déposer un roi héritier de la couronne impériale, de délier les sujets du serment d'allégeance... Le chef de l’État reconnaît la suprématie temporelle de l'Église.
On comprend que le pape n'ait pas cru devoir imposer à Henri IV des promesses plus détaillées. L'étonnement des historiens qui trouvent les garanties du Jusjurandum un peu minces (étonnement qui se justifie quand on examine les faits longtemps après leur apparition) devient sans objet quand on se place au moment même où ces exigences furent formulées et acceptées...
Henri IV, ne prend pas l'engagement explicite de comparaître devant l'assemblée d'Augsbourg.
HENRI IV DE GERMANIE
Il ne promet pas davantage de renvoyer ses mauvais conseillers ni de reconnaître à l'avenir le pouvoir du Saint-Siège dans sa plénitude, à plus forte raison de l'investiture laïque et de l'affaire de Milan, il n'est fait aucune mention... Le pape fait parvenir aux princes Allemands une lettre sitôt après la rencontre de Canossa, celle-ci relate les événements récents mais n’annule pas, la rencontre de Augbourg...
8 janvier 1077 - L'empereur d'Allemagne à Canossa ...
www.herodote.net/28_janvier_1077-evenement-10770128.php
12 févr. 2011 - 28 janvier 1077 : l'empereur d'Allemagne se rend à Canossa - Excommunié par le pape en refus de son ingérence dans les investitures ...

CANOSSA - Encyclopædia Universalis

www.universalis.fr/encyclopedie/canossa/
CANOSSA (1077). Épisode célèbre de la lutte entre le pape Grégoire VII et l'empereur Henri IV. Depuis le milieu du xi e siècle, les papes tentent de réformer ...

l'expression : aller à Canossa | Karambolage | Europe | fr ...

www.arte.tv › AccueilEuropeKarambolage
10 sept. 2009 - Connaissez-vous l'expression "aller à Canossa" ? ... cette expression, il faut remonter au 11ème siécle, et plus exactemenent en l'an 1077.

A propos de l'absolution de Canossa (27 janvier 1077)

www.persee.fr/web/.../ephe_0000-0002_1948_num_61_57_17657
de HX Arquillière - ‎1948
(27 JANVIER 1077) hl. Le drame lointain de Canossa n'a pas cessé de susciter des controverses. La plus récente est celle que M. FJiche présente ainsi …

Aller à Canossa - Canal Académie

www.canalacademie.com/ida4887-Aller-a-Canossa.html
En 1077, Canossa appartenait à la comtesse Mathilde, alliée du pape dans la querelle des Investitures qui l'opposait alors aux empereurs germaniques.

LE TERRE DI MATILDE DI CANOSSA

www.matildedicanossa.it/ita/matilde.htmTraduire cette page
Matilde di Canossa nella Pieve di Guastalla o Chiesa di San Pietro ... Qui, dopo un lungo negoziato, il 26 gennaio 1077, Enrico, in veste di pellegrino, ottiene il ...