samedi 27 mai 2017

EN REMONTANT LE TEMPS... 38


22 MARS 2017...

Cette page concerne l'année 38 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

OBSERVATIONS SUR L’INSTABILITÉ MENTALE DE CALIGULA.

CALIGULA ET INCITATUS SON CHEVAL
La relation entre le pouvoir et la maladie constitue un thème de réflexion fascinant. La question sous-jacente de la compétence physique et mentale des dirigeants est des plus sérieuses et concerne chaque citoyen, mais plus inquiétants encore sont les risques de dérapages et de catastrophes liés au pouvoir décisionnel de celui qui n'est plus en mesure de l'exercer rationnellement.
On touche là à l'intersection volatile de deux champs qui ne devraient jamais avoir à se rencontrer, la politique et la psychiatrie. (malheureusement cela est plus courant que l'on pourrait le croire)

Tyrannie et troubles mentaux semblent aller de paire, un fait dont l'histoire a fourni des exemples à profusion. Les sociétés modernes, mesurant les erreurs du passé, se doivent de répondre à la question suivante pour sauvegarder leur avenir : Par quels mécanismes le pouvoir peut-il rendre fou celui qui le détient ?
La vie des empereurs Romains offre une perspective privilégiée sur cette question... À la simple évocation de l'Empire Romain, qui n'a pas en tête l'image du tyran dérangé, pervers, jouisseur de jeux sanglants et d'orgies diverses, en un mot, fou ?
La lignée d'empereurs qui s'étend d'Auguste, successeur de César, à Domitien (en passant par, dans l'ordre, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespasien et Titus), a fait l'objet de chroniques dans la « Vie des Douze Césars », de Suétone.
Plus récemment, Régis Martin, professeur de lettres à l'Université de Lille, propose dans son livre « Les Douze Césars » de découvrir non seulement leur histoire, leur personnalité, leurs maladies, leur sexualité, leur mort, mais également une réflexion sur l'origine des mythes et des stéréotypes.

Tibère, qui a enfin compris la perfidie de son ami Séjan, mobilise ses dernières ressources morales et physiques pour abattre le démoniaque préfet (en 31)
Ce combat inexpiable contre celui que le vieux souverain considérait comme son alter ego sonne le glas de ses dernières illusions sur la nature humaine. Désespéré, l'empereur abandonne les hommes à leur perversité et le pouvoir à l'infâme Macron... (celui du Ier siècle, pour l'actuel attendons un peu pour statuer) Celui-ci, promu préfet du prétoire en remplacement de ce Séjan qu'il a contribué à abattre, peut sans encombre établir une tyrannie digne de son prédécesseur, aussi sanglante et aussi arbitraire.
Rome meurt de peur et de délation. Les procès pour lèse-majesté se multiplient.
Ceux qui ne périssent pas craignent pour leur vie ! L'aristocratie sénatoriale Romaine est décimée ou s'incline devant le nouveau tout-puissant Préfet du Prétoire !!!...
Il est donc fort peu probable que le jeune Caligula, dont toute la famille a été condamnée pour crime de haute trahison, ait pu sortir indemne de ce nid de frelons qu'est la Rome de Macron.
Puisqu'on semble être en pleine « histoire-fiction », une autre question, bien plus intéressante, mérite d'être posée :
Le vieux Tibère a-t-il décelé les défauts, voire la folie de son petit-neveu ?
Et si oui, pourquoi ne remet-il jamais en cause les droits de Caius-Caligula à sa succession (à égalité avec ceux de Tiberius Gemellus, son petit-fils) ?
1) Tibère est parfaitement conscient de toutes les tares de son successeur, mais, souverain cruel et misanthrope à l'extrême, il lui confie les rênes du gouvernement, en parfaite connaissance de cause :
« Ah ! ces satanés Romains m'en ont fait voir des vertes et des pas mûres ! Et bien, Après moi, le déluge ! »
C'est, naturellement, ce que Suétone laisse entendre :
« Ce vieillard très perspicace (Tibère) l'a si parfaitement percé à jour que bien souvent il prédit que Caius vit pour sa perte et que lui-même nourrit en son sein un serpent qui dévorera le peuple Romain ! ».
Suétone ne va pas rater une si belle occasion de noircir d'un seul coup la réputation de 2 Julio-Claudiens à la fois !
Tibère n'est pas précisément ce que l'on appelle « un fin connaisseur de l'âme humaine ».
Pendant son règne, il accorde toute sa confiance à (au moins) 2 individus qui ne la méritent absolument pas : Ce Pison qui, sans avoir empoisonné Germanicus, adopte néanmoins à son égard une attitude proche de la haute trahison, et, naturellement, l'infâme préfet Séjan... En ce qui concerne Caligula, le vieil empereur, sans doute un peu gâteux, se serait, lourdement trompé sur le caractère d'un de ses proches.
« Certes, se dit-il dit, Caius assiste avec une joie non dissimulée aux plus cruels supplices !
Certes il fréquente les bordels, séduit les dignes matrones et aime les danses et les chants lascifs ! Mais n'est-ce pas là le lot de toute cette jeunesse dorée Romaine ? Et puis, le temps adoucira ses mœurs ! Ça lui passera ! ».
3) En outre, toujours aux dires de Suétone, ce bougre de Caligula est doué pour la dissimulation, ce qui, naturellement, n'est pas de nature à favoriser la perspicacité du vieux Tibère ! Jamais, par exemple, il ne manifeste la moindre plainte quant au sort des autres membres de sa famille : « Il témoigne d'une telle patience, aussi bien à l'égard de Tibère que de son entourage, que l'on peut dire de lui, non sans bonnes raisons, que jamais il n'y eût meilleur esclave ni plus mauvais maître »...

Avant de monter sur le trône, le jeune Caius ne montre aucun signe de démence.
Quant à cette dissimulation que le même Suétone lui reproche elle n'est, naturellement, que la plus élémentaire des règles de survie d'un jeune garçon isolé dans un milieu hostile à l'extrême.
Dans les derniers mois du règne de Tibère, Caius Caligula, quoique le plus souvent retiré à Capri au chevet de son grand-oncle, parvient néanmoins à sortir de son isolement pour préparer son avenir en nouant quelques relations fort précieuses.
Le prince Iduméen Hérode Agrippa, petit-fils d'Hérode le Grand, est venu à Rome pour dénoncer son oncle Hérode le Tétrarque (celui qui fera décapiter Jean-Baptiste) devant le tribunal impérial.
N'obtenant pas satisfaction auprès du vieux Tibère, il fait sa cour à son héritier Caligula et devient son ami. Un soir, lors d'un banquet bien arrosé, il formule à haute voix un souhait : « Je prie chaque jour, dit-il en substance, pour que l'éclatant soleil de Caligula éclaire enfin le monde et que l'on porte à 6 pieds sous terre le vieux débris qui n'en finit pas de pourrir à Capri ! ». (Que cela est gracieux envers le grand oncle de son hôte)
On le devine, ces propos imagés ne furent pas du goût dudit vieux débris : Hérode Agrippa s'en alla visiter les geôles impériales. Régime strict, eau d'amertume et pain de tribulations !
Il demeure 6 mois en prison. Le temps que son vœu se réalise, que Tibère meure et que son ami Caligula, devenu empereur, le tire de son cul-de-basse-fosse. La reconnaissance du nouveau César envers celui qui a « prophétisé » son avènement ne se limite pas à cet élargissement...

Avec une intelligence confondante pour un jeune homme qui n'a, jusque-là, occupé aucune fonction politique (« on » y avait veillé !), Caligula parvient aussi, dans les derniers mois du règne de Tibère, à entrer dans les bonnes grâces du deuxième personnage de l'État, le tout-puissant Préfet du Prétoire Macron.
Cela dit, on ne sait trop s'il faut accorder foi au récit de Suétone qui prétend que, pour s'assurer des faveurs du Préfet, Caius séduit sa femme, lui promettant même de l'épouser s'il parvient au trône !...
On a peine à imaginer Macron, personnage réputé féroce (plus encore que le démoniaque Séjan !) dans ce rôle de cocu magnifique et complaisant.
Quoi qu'il en soit, et quelles que soient les méthodes employées, quand Tibère expire enfin (16 mars 37), Caligula accède au pouvoir suprême sans que les cohortes prétoriennes de Macron ne regimbent.
Signalons également que le récit des historiens latins (Suétone et Tacite) d'un prétendu assassinat de Tibère est peu crédible.
À les croire, Caius et Macron, réunis au chevet d'un empereur qui n'en fini pas de mourir, tentent vainement d'ôter l'anneau impérial de l'auguste doigt... Constatant alors que le moribond Tibère respire encore et résiste, les deux acolytes l'ont étranglé après l'avoir étouffé sous un coussin.
Tout cela semble peu vraisemblable.
Pourquoi, alors qu'ils ont d'ors et déjà définitivement gagné la partie, Macron et Caligula auraient-ils tout compromis par un geste inconsidéré ?
Pourquoi auraient-ils risqué de tout perdre, vie et bandeau impérial, alors que les jeux étaient faits ?

En l'absence de toute source historique fiable, il est assez difficile de comprendre ce que fut réellement le « Principat » de Caius.
Certes, les historiens antiques (Suétone en particulier) relatent, parfois même par le menu, nombre d'actes du jeune empereur… Une seule chose paraît certaine chez Caligula, c'est sa volonté de rompre définitivement avec le passé, de jeter aux oubliettes le triste règne de Tibère et d'établir le « Principat » sur de nouvelles bases.
Or, le Principat, ce régime politique qu'Auguste a substitué à la République sénatoriale, n'est rien d'autre que la réunion de pouvoirs de natures variées entre les mains d'un seul homme : Pouvoirs militaires, populaires, sénatoriaux et sacerdotaux.
En fonction des préférences politiques et de la personnalité de l'individu qui l'exerce, ce véritable méli-mélo institutionnel peut donc accoucher d'une monarchie « parlementaire » ou « de droit divin », d'une dictature militaire ou prolétarienne.

Auguste, grâce à son sens politique et son affabilité, a pu concilier harmonieusement les divers éléments de ce pouvoir composite. Son successeur Tibère, lui, n'y est pas parvenu et a tenté de gouverner l'Empire avec l'aide du Sénat de Rome. Cela a été un échec : « Les Sénateurs étaient bien trop serviles, et le Prince bien trop hautain » !
Tombée sous la coupe de « ministres » tels que Séjan et Macron, minée par la délation, la « monarchie constitutionnelle oligarchique » dont rêve le successeur d'Auguste s'est bien vite transformée en une dictature militaire arbitraire et sanglante...

Caius, lui, sera l'objet d'un culte divin ! Descendant du dieu Jules et du dieu Auguste, n'est-il pas, lui aussi, dieu vivant ? Le seul dieu vivant ?...
C'est bien cette prétention à la royauté divine qui constitue l'une des caractéristiques majeures du règne de Caligula. D'ailleurs, quand Suétone relate les « folies » du jeune césar, ne commence-t-il par celle-là qui est, selon lui, à l'origine de toutes les autres « N'ayons qu'un roi, qu'un chef auquel tout soit soumis ». Et il s'en faut de peu qu'il ne prenne aussitôt le diadème et ne convertisse l'appareil du pouvoir souverain en insignes de la royauté. Mais, comme on l'avertit qu'il a surpassé la grandeur des princes et des rois, il commence à s'attribuer la majesté divine ». (Suétone, Vie de Caligula, XXII).

Caligula tombe gravement malade en automne 37 et l'année suivante, il est complètement aliéné. Toute la suite de son irracontable règne n'est que déraison, débauche, perversion, fureurs, crimes et orgies sanglantes. Ce n'est qu'au bout de 4 ans de folie furieuse qu'un quarteron de militaires, lassés des extravagances de ce fou hystérique et malfaisant, l'assassinent, lui et sa petite famille... C'est la version « officielle » du règne de Caligula, celle que nous livre son biographe Suétone. Mais, le moins que l'on puisse dire, c'est que de nombreuses zones d'ombre subsistent ! On ne dispose d'aucun renseignement sur les causes de la folie de l'empereur.
Est-elle provoquée par la mystérieuse maladie de l'automne 37, ou résulte-t-elle d'une tare génétique ?…

L'historien Suétone évoque (Vie de Caligula, L) un « philtre que lui donne Cæsonia (son épouse) et qui n'a d'autre effet que de le rendre furieux ».
Sans que l'on ne puisse exactement déterminer si ce « philtre » est un remède ou un poison ni si le geste malheureux de Cæsonia est une « erreur médicale » ou d'une tentative de meurtre.
Certains auteurs modernes, comme Robert Ambelain, ont pourtant tranché - non sans une louable prudence, il est vrai en faveur de la thèse de l'empoisonnement : « À cette époque à Rome, règne une célèbre empoisonneuse, Locuste, qui sera exécutée en 68, sous le règne de Galba. Elle avouera, sous la torture, avoir fourni le poison qui a fait périr Britannicus...
Comme on ne lui demande pas de détails sur ses relations avec Cæsonia, il n'y a donc qu'une présomption pour qu'elle ait également fourni celui qui a rendu fou Caligula. Observons toutefois que les solanées entrent pour une part importante dans la composition des philtres de mort, car elles entraînent des troubles préalables qui peuvent faire croire à une maladie cérébrale...
Mais si le philtre est insuffisant, si le sujet, traité à temps, peut échapper à la mort, il y a malgré tout des séquelles graves, et des troubles cérébraux en résultent immanquablement. Il en est de même en cas d'ingestion de poisons à base mercurielle, lésant lentement, mais irrémédiablement le cerveau. » (R. Ambelain, la Vie secrète de Saint Paul, chap. 21).

L'attachement de Cæsonia à son époux est d'ailleurs « de notoriété publique » après l'assassinat de Caligula, ses meurtriers ne prennent pas le risque d'encourir la vengeance de sa (toute fraîche) veuve : Ils la trucident quelques instants après que son impérial époux ait rendu l'âme...
Si poison il y a, il faut plutôt chercher du côté de la sœur de Caligula, l'ambitieuse Agrippine, mère du futur empereur Néron. Elle n'est certes pas femme à reculer devant un fratricide, cette mégère qui, à ce que l'on prétend, empoisonne son mari, l'empereur Claude, et « viole » son propre fils pour garder prise sur lui.
En outre, en octobre 39, 2 ans après la fameuse maladie de Caligula, Agrippine est impliquée dans une dangereuse conspiration contre son frère l'empereur et condamnée à l'exil.

Comment Caligula, jeune homme qui manque si cruellement d'expérience politique ne soit pas grisé par les fastes du pouvoir, par l'omnipotence qui lui est subitement conférée ?
En outre, éprouvé psychologiquement, Caius, depuis sa plus tendre enfance, a vécu dans la peur et la suspicion et dans son plus jeune âge, a vu mourir son père, a été arraché à l'affection de sa mère, puis a été contraint d'assister, sans mot dire, à l'élimination de la quasi-totalité de sa famille ?

Si l'on parcourt une chronologie « objective », épurée de tout « sensationnel », du Principat de Caligula (voir par exemple celle du site Tiberius), on constate que l'activité de l'empereur Caius n'apparaît pas foncièrement désordonnée, même en tenant compte de l'inexpérience de ce jeune souverain ainsi que de la brièveté de son règne qui l'empêche probablement de mener à leur terme la plupart de ses projets.
Comme bien d'autres dirigeants de Rome, il gouverne les provinces d'une main de fer, se débarrasse d'un rival encombrant (Ti. Gemellus, le petit-fils de Tibère que celui-ci lui a donné comme collègue), il réprime des complots (celui de Lepidus et Gaetulicus, dans lequel sa sœur Agrippine est aussi impliquée) et entreprend des expéditions militaires. Rien de fondamentalement inhabituel !
En revanche, les détails fantaisistes que fournit à l'envi la biographie de Suétone fourmillent d'invraisemblances.

« La veille des jeux du cirque, il ordonne à des soldats d'imposer silence à tout le voisinage pour que rien ne trouble le repos de son cheval Incitatus. Il lui fait faire une écurie de marbre, une crèche d'ivoire, des housses de pourpre et des licous garnis de pierres précieuses. Lui donne un palais, des esclaves et un mobilier, afin que les personnes invitées en son nom soient reçues plus magnifiquement. On dit même qu'il veut le faire consul »… Pourquoi pas ? Tout se laisse écrire !…
Caligula a abusivement interprété le symbolisme du changement d'ère astrologique, les signes qui doivent manifester le passage de l'ère du Bélier à celle du Poisson. Par ses « folies » (ou prétendues telles), Caligula aurait donc poursuivi un objectif précis. Il veut annoncer l'avènement d'un nouveau dieu, d'un « Dieu poisson », à la fois Dieu d'eau, Dieu du Bien et Dieu messager...

« Mais Caligula 15 ans avant l'avènement de Néron prend au pied de la lettre les leçons des astrologues.
Du plus vieux symbole sagittaire, le Cheval, il a fait son meilleur ami, Incitatus, celui qui incite, qui envoie.
Aux Dioscures, la tête tranchée, il a prêté sa propre tête.
Amant d'Isis, il attend de la Vierge qu'elle lui donne l'enfant-dieu.
Maître de la mer, enfin, il a multiplié les ports, les digues, les phares.
Il a même suspendu, dans l'île de Bretagne, l'ardeur de ses légions pour contraindre les soldats à lui cueillir de fabuleux trophées marins : Les coquillages nacrés où s'anime l'arc-en-ciel ». (Jean-Charles Pichon, Saint Néron, e/dite histoire). (cela ressemble fort à de furieuses crises de mythomanie)
Caligula n'est probablement ni un mystique abusé ni un fou sanguinaire. C'est plutôt un jeune homme qui manque d'expérience politique et que le pouvoir absolu grise, un garçon que les aléas de sa jeunesse ont fragilisé psychologiquement mais pas au point d'être incapable de régner.
Tout le reste, ses caprices, ses débauches, ses orgies, ses crimes, bref toutes les « folies » qu'on lui attribue, ne sont vraisemblablement que des exagérations ou des inventions d'historiens partiaux et hostiles. (sauf que les dits historiens même si ils sont partiaux ont vécu sinon du temps de Caligula très près de son époque, au temps ou les anciens se souviennent de leur jeunesse et de ses aléas,)
Arrivé au pouvoir en l'an 37, les coups de folie de Gaïus César Caligula sont célèbres. De sa volonté de nommer son cheval consul, en passant par l'ordre de faire ramasser des coquillages à son armée jusqu'au désir fou de construire un pont pour atteindre la lune, Caligula a effectivement marqué son règne par quelques extravagances. Celles ci ont longtemps été vues comme des coups de folie mais elles ont aussi leur source ailleurs.... Parce que folie, il en est tout de même question mais toujours liée à la démesure d'un pouvoir qui n'a aucune opposition.
Ainsi, il est fort probable qu'il mena une véritable vie de débauche, entrecoupée d'une relation incestueuse avec sa sœur Julia Drusilla ... Il a fait tuer et torturer maints personnages dans son entourage. Instaurant le principat comme son aîné Auguste, il se prend alors pour un dieu vivant.
Oui dans tous ces faits révélés, il faut y voir sans doute aussi de la folie. Cette folie serait peut être due à un empoisonnement quotidien de sa sœur Aggripine la Jeune, future mère de Néron ?
Mais cette démence est sans doute aussi la conséquence d'un pouvoir qui ne connaît pas de limites et qui ne connaît pas d'opposition, un pouvoir dans les mains d'un homme trop jeune (il avait alors que 25 ans). 


Caligula et sa sombre légende - Sacra-Moneta
www.sacra-moneta.com › Monnaies romaines
Caligula a-t-il vraiment mérité la sombre légende qui est souvent associée à son nom ..... Pour Sénèque, comme pour Tacite ou Suétone, la folie de Caligula est ...

Caligula était-il vraiment fou? - Scribium
https://scribium.com/gilles-rannou/caligula-etait-il-vraiment-fou-npc2tf
Avec Néron, Caligula représente sans doute l'archétype de l'empereur romain fou. ... Cependant, si maladie et folie coïncident, il est possible que Caligula s'est ...
 

EN REMONTANT LE TEMPS... 39

21 MARS 2017...

Cette page concerne l'année 39 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

INSTABILITÉ DU PROCURATEUR DE PONCE PILATE.


Ponce Pilate (en latin Pontius Pilatus), né à un endroit inconnu, vers la fin du Ier siècle av. J.-C., citoyen Romain, membre de la classe équestre, qui, à partir de 26, sous le règne de l'empereur Tibère, et durant 10 à 11 ans, a occupé la charge de préfet de Judée. Il est renvoyé à Rome fin 36 ou début 37, pour une raison difficile à comprendre, par le proconsul de Syrie Lucius Vitellius afin qu'il s'explique auprès de l'empereur.

Ponce Pilate Procurateur Romain de Judée, d'Idumée et de Samarie, mais pas de Galilée, marié à Claudia Procula, a les cheveux bouclés, la démarche indolente, le sourire sceptique. C'est un caractère versatile : « Pilate n'est qu'un roseau qui plie dans le sens de l'ouragan, en essayant de le fuir. Il ne manque jamais de sincérité, car il est toujours convaincu de sa décision sur le moment même. Mais le moment d'après, par l'effet d'un ouragan contraire, il oublie ».
L'ambition le motive : « Sa petitesse, son avidité, son orgueil le poussent à régner pour avoir beaucoup d'argent et dominer un tas de sujets soumis ».
Claudia Procula, sa femme, joue de toutes les contradictions qui l'animent. Elle menace de se séparer (et avec elle la haute protection qu'elle représente) s'il ne fait pas ce qu'elle veut.
Pilate est un politique : Il se fie peu aux rapports de ses centurions. Il les juge doués pour la bataille, mais pas pour les analyses politiques. Il se fie pour cela à son épouse « qui utilise intelligence et habileté pour avoir des informations sûres. En vérité le Proconsul c'est Claudia » résume Simon le Zélote.

Après son arrivée à Rome, l'histoire perd sa trace, bien qu'il soit assez probable qu'il ait été disgracié.
Il est essentiellement connu pour avoir ordonné, selon les Évangiles, l'exécution et le crucifiement de Jésus de Nazareth, ce qui a conféré une notoriété exceptionnelle à ce simple gouverneur de province. L'absence de certitudes historiques a permis le développement de légendes à son sujet, telle celle de son exil où il se serait suicidé.
Durant le règne de Caligula (37/41). Des traditions lui font trouver la mort essentiellement à 2 endroits soit comme martyr à Rome, soit par suicide dans la vallée du Rhône.

L'Église Éthiopienne Orthodoxe le vénère comme saint et martyr avec sa femme tandis que les Églises Grecques Orthodoxes honorent seulement celle qui, selon la tradition chrétienne, est sa femme, sous le nom de Claudia Procula.
Un passage des Antiquités judaïques de Flavius Josèphe, une courte phrase de Tacite dans les Annales, ainsi que 3 mentions dans le Nouveau Testament (deuxième prologue de l'Évangile selon Luc), mention dans une lettre attribuée à l'apôtre Paul de Tarse, mais probablement écrite plus de 10 ans après sa mort, une mention dans les Actes des Apôtres, sont les textes qui permettent de savoir que le surnommé « Pilate » s'appelle en fait « Pontius ».
L'inscription retrouvée à Césarée en 1961 ne comporte quant à elle que les dernières lettres du nom, mais n'introduit toutefois aucun doute sur le nom de ce préfet.
Depuis la fin du XXe siècle, l'historiographie s'accorde pour dire que le titre officiel de Ponce Pilate, comme pour les autres titulaires de la charge jusqu'au règne de l'empereur Claude (41/54), est Praefectus, un grade militaire. Or, pendant des siècles, le titre attribué à Ponce Pilate a été celui de procurateur qui a pu sembler « inséparable de son nom » : En effet, tant les textes de Philon que les Antiquités judaïques de Josèphe qualifient Ponce Pilate d’épitropos (en grec, ἐπίτροπος), ce qui correspond au titre latin de procurator que l'on trouve dans les Annales de Tacite. Si l'authenticité de ce passage n'est plus guère discutée, son histoire pose plus de problèmes puisque selon Pline l'Ancien, celui-ci se trouve initialement dans les Histoires de Tacite et pas dans les Annales.
Toutefois, la découverte en 1961 à Césarée d'une inscription attestant de la construction d'un sanctuaire dédié à l'empereur Tibère (le Tiberieum), à l'initiative d'un [Pon]tius Pilatus dont la titulature apparaît partiellement comme [prae]fectus Iudaeae, a montré que Pilate ne porte pas ce titre de « procurateur », qui ne s'impose que plus tardivement.
Ainsi, le praefectus qui gouverne la Judée a la charge des fonctions administratives, militaires et juridiques, mais il s'occupe également de la levée des impôts ce qui fait de lui un « procurateur » (en latin, procurator) chargé des intérêts de l'empereur et il semble que ce soit la dénomination qui soit restée à partir de l'époque de Claude « correspondant à une évolution historique des gouverneurs de rang équestre »... Ponce Pilate apparaît dans l'histoire envoyé par Tibère pour succéder à Valerius Gratus, comme gouverneur de Judée. Cette tribu Sabellienne belliqueuse occupant un vaste territoire montagneux des Abruzzes a notamment pour ancêtre Caius Pontius qui s'est illustré lors des guerres Samnites.

Des auteurs comme Pierre Comestor ou Pineda ont recueilli des traditions incertaines pour faire naître Pilate à Lugdunum ou à Séville (où une tradition populaire fait de la Casa de Pilatos une copie de son prétoire romain).
Selon l'Évangile apocryphe de Nicodème, il épouse avec l'assentiment de Tibère, une noble Romaine connue sous le nom de Claudia Procula et identifiée, sans beaucoup de vraisemblance, à la petite-fille de l'empereur Auguste.
Les spéculations fantaisistes sur l'origine de cette femme que l'on suppose avoir appartenu à cette grande famille aristocratique, ont permis d'expliquer l'ascension sociale de son époux probablement issu de la bourgeoisie puisque la comparaison avec les carrières d'autres chevaliers (notables bourgeois faisant partie des equites illustriores) permet de penser qu'il a exercé une activité d'ordre militaire avant d'être nommé préfet de Judée.

Succédant à Valerius Gratus Ponce Pilate est le 5e des gouvernants Romains qui se succèdent en Judée entre 6 et 36, tous issus de l'ordre équestre. Il est néanmoins le seul parmi eux dont la notoriété a traversé les siècles, notamment à travers les attestations de son contemporain Philon d'Alexandrie mais surtout des évangiles et des écrits de l'historien Judéo-Romain Flavius Josèphe.
On peut noter que tous ces auteurs sont liés au judaïsme, car les auteurs des évangiles sont des judéo-chrétiens. Il existe également une attestation archéologique découverte en 1961 à Césarée, la ville dont ces dirigeants Romains ont fait le siège de leur administration au détriment de Jérusalem, probablement pour le luxe des palais Hérodiens et les divertissements offerts par cette cité. En qualité de Préfet, Ponce Pilate gouverne donc une province où sont stationnées des forces militaires.

Le poste qu'occupe Ponce Pilate, dans une région aux troubles et à l'insécurité permanents, est ingrat et redouté en même temps qu'il est sans prestige. Nombre de ses titulaires ne s'y maintiendront que très peu de temps mais certains, comme Pilate lui-même et son prédécesseur Valérius Gratus, restent plus de 10 ans, jouant des antagonismes ethniques et opposant les forces autochtones, même si la politique romaine s'appuie sur les institutions préexistantes et les élites locales pour les faire fonctionner.

L'officier romain chargé du gouvernement de la Judée dirige son administration ainsi que les troupes auxiliaires cantonnées dans sa juridiction qu'il peut, en cas de nécessité, voir augmentées par un appoint de troupes de la province de Syrie. Il détient l'autorité juridique suprême, même s'il reste une certaine autonomie aux autorités Juives en matière de droit civil et de droit pénal. Il est également habilité à frapper monnaie et à collecter les impôts.
« Le préfet est détenteur de l'imperium, seul il peut permettre une exécution capitale...

Au Ier siècle de l'ère commune, la Palestine se trouve dans une situation politique complexe : Depuis l'an 6 de notre ère et la déposition du souverain Hérodien Hérode Archélaüs par Auguste, la Judée est passée sous administration Romaine avec le rang de province « équestre », dépendant de l'empereur mais sous responsabilité directe du légat de Syrie. Cela signifie que l'imposition est effectuée directement, la première tâche de Quirinius et Coponius a d'ailleurs été d'effectuer un recensement des personnes et des propriétés.
En dehors de la Judée, de l'Idumée et de la Samarie, la Palestine est dirigée par des fils d'Hérode le Grand, soumis au pouvoir Romain, avec le titre de tétrarque. De manière générale, pour une région qui change régulièrement de statut, la Palestine est, depuis le Ier siècle av. J.-C. et tout au long du Ier siècle, le théâtre d'agitations et de nombreux soulèvements motivés par différents facteurs : Recherche d'amélioration des conditions sociales ou fiscales.
Sur fond d'attente eschatologique, d'ordre prophétique qui poussent certains des habitants à une certaine radicalité à l'encontre des autorités Romaines.
Les soulèvements populaires auxquels succèdent des provocations Romaines, parfois inconscientes, maintiennent ainsi un climat souvent insurrectionnel qu'il convient cependant de relativiser : Sous l'administration de Pilate et de son prédécesseur, la province paraît bénéficier d'une relative prospérité ainsi que semblent en témoigner la longueur de leurs administrations successives ainsi que le règne des tétrarques Philippe (-4 à 34) et Hérode Antipas (-4 à 39).

Bien qu'ils divergent sur d'autres points, les textes de Flavius Josèphe et de Philon d'Alexandrie s'entendent pour rapporter l'image détestable que Ponce Pilate laisse auprès des Juifs, même bien au-delà de la Judée. Ainsi, dans « Légation à Caïus », Philon d'Alexandrie raconte un épisode où les autorités Juives menacent d'envoyer une supplique à l'empereur Tibère, ce qui ne fait qu'accroître la colère de Pilate...
Car « il craint, si on envoie des députés on ne vienne à découvrir les autres méfaits de son gouvernement, ses vexations, ses rapines, ses injustices, ses outrages, les citoyens qu'il a fait périr sans jugement, enfin son insupportable cruauté » Maints commentateurs actuels soulignent que ce portrait hostile reflète une opinion préconçue qui sert rétrospectivement à justifier le remplacement des procurateurs Romains par Hérode Agrippa Ier. Si les sources néotestamentaires dressent de leur côté un portrait moins hostile du préfet, elles ne le présentent pas pour autant comme un modèle de la justice Romaine.

La majeure partie du monde chrétien ne connaît Ponce Pilate que pour le rôle qu'il a joué dans le jugement et la crucifixion de Jésus-Christ. On le représente généralement comme le principal défenseur du Galiléen dans ses dernières heures. Mais l’examen d’autres documents de la vie de Pilate complète le récit fragmentaire du Nouveau Testament. Grâce à ces autres écritures, nous découvrons que Pilate est un homme impitoyable et sanguinaire, qui a fait périr beaucoup de gens. Ponce Pilate est le deuxième procurateur de Judée nommé par Tibère. Un nouveau souverain sacrificateur, Joseph Caïphe, a été nommé. Une des premières choses que fait Pilate comme procurateur est de transférer de nuit les enseignes de Tibère à Jérusalem pour pouvoir les dresser dans la capitale.
Pour les Juifs, ces « images taillées » d'un empereur Romain qui prétend être divin, surmontant la forteresse Antonia, dominant leur temple, sont un sacrilège.
Le lendemain matin, lorsque ce spectacle scandaleux est découvert, une grande foule de Juifs se met en route pour Césarée afin d'affronter le gouverneur. Voyant leur demande refusée, ils se couchent dans les rues pendant 5 jours et 5 nuits.
Le 6e jour, Pilate réunit l'assemblée et, entourés par des soldats Romains le glaive au clair, les Juifs sont menacés de mort. À la stupéfaction de Pilate, ils tendent le cou à la lame, préférant mourir plutôt que de désobéir à leur loi sacrée.
Les Romains perdent la première manche et les enseignes sont renvoyées à Césarée

Une autre fois, Pilate réquisitionne les fonds du temple pour construire un système d'aqueduc pour Jérusalem. Les Juifs de Galilée sont particulièrement exaspérés par cet acte. Gouvernés par Hérode Antipas, pas par Ponce Pilate. Par obligation religieuse, ils envoient de l'argent au temple, mais leurs contributions sont maintenant employées au profit de la Judée, et non de la Galilée...
Pilate sait qu'il y aura du grabuge lors des prochaines grandes fêtes, quand des Juifs de diverses régions se réuniront au temple.
Comme de coutume, il fait venir une cohorte supplémentaire de soldats dans la capitale. Mais cette fois, il prend des précautions supplémentaires en envoyant un grand nombre de soldats Romains, habillés comme les gens de l’endroit, avec des bâtons et des poignards cachés sous leurs manteaux, se mêler à la foule.
Le jour de la fête, quand la Cour (externe) des Gentils est pleine de manifestants réclamant la restitution des fonds du temple, Pilate peut observer les activités depuis la forteresse Antonia donnant sur le complexe du temple.
Non seulement la foule fait obstruction au gouvernement Romain, mais beaucoup insultent le gouverneur lui-même. Pilate commande à la multitude assemblée de se disperser, mais celle-ci refuse... Les insultes continuent, plus véhémentes.
Finalement, au signal convenu au préalable par Pilate, les soldats attaquent. Dans leur ardeur, ils désobéissent aux ordres et battent des spectateurs innocents aussi bien que les fauteurs de troubles.
Beaucoup de gens sont tués par les Romains ou piétinés par la foule qui se précipite vers les portes de sortie.
La sédition est de courte durée. Certains spécialistes pensent que c’est à cet événement que fait allusion Luc 13:1-3, où il est question des « Galiléens dont Pilate a mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices ».

Il est difficile de réconcilier cette vision de Pilate avec le rôle traditionnel de défenseur que les chrétiens lui attribuent dans le cas de Jésus.
Ce qui est devenu pour nous l’un des événements les plus importants de l'histoire est passé presque inaperçu dans les documents Juifs et Romains du Ier siècle.
Pour Pilate, ce n'est probablement qu’un affrontement de plus avec les Juifs, qu'il a dû considérer comme agaçant. Et que représente la crucifixion d'un contestataire de plus pour les historiens Romains ?
Nous pouvons être sûrs que quand il voit la petite troupe des principaux sacrificateurs et des anciens lui amener Jésus pour qu’il le juge, Pilate n'a pas oublié ses affrontements précédents avec les Juifs. Jésus a déjà été faussement accusé devant les dirigeants de son peuple comme blasphémateur et le souverain sacrificateur a jugé qu’il mérite la mort.
Quand Pilate leur dit de se débrouiller, ils lui répondent : « Il ne nous est permis de mettre personne à mort » (Jean 18:31). Beaucoup ont interprété ceci à tort comme voulant dire que les Romains ont ôté aux Juifs le droit d’infliger la peine de mort. Tel n'est cependant pas le cas, car Rome ne fait que superposer sa loi aux lois des peuples qu'elle a conquis.

Il y a des indications claires de ce que les Juifs coupables de crimes méritant la peine de mort peuvent être condamnés et exécutés par les tribunaux juifs, comme toujours. D'ailleurs, quand les Juifs du Nouveau Testament utilisent le terme « pas permis », ils pensent à la loi de Moïse, pas à la loi Romaine. La loi Juive permet l’exécution par diverses méthodes (la plupart du temps la lapidation), mais pas par crucifixion. De plus, ils n’auraient pas procédé à une exécution le jour de la préparation de la Pâque et ils n’auraient pas non plus été autorisés à toucher un cadavre pour l'enterrer ce jour là.

Dans sa dixième année comme procurateur, il massacre un grand nombre de Samaritains désarmés. Vitellius, ancien consul et gouverneur de Syrie à l’époque, expédie promptement Pilate à Rome pour rendre des comptes à l'empereur. Tibère meurt avant son arrivée et Pilate disparaît rapidement de l'histoire, en dépit des traditions chrétiennes postérieures qui l'associent à la tunique de Jésus. Les 10 ans de règne de Ponce Pilate sur la Judée ne sont rapportés dans les documents historiques que pour ses méfaits...
Quand Pilate arrive à Rome, la situation politique a radicalement changé : Tibère vient de mourir et son successeur Caligula estime que le particularisme religieux juifs doit définitivement s'incliner devant la toute-puissance de Rome personnalisée par l'empereur divinisé.
Pour lui, il est hors de question de réunifier la Palestine sous le sceptre de ces « Messies » Davidiens au nationalisme ombrageux, nécessairement hostiles à Rome.
Si un roi d'Israël doit être intronisé, ce ne peut être que son ami Hérode Agrippa, un homme cultivé, théoriquement Juif mais sensible aux charmes de la civilisation Gréco-Romaine.
Contrairement à Jésus, cet Hérode, qui comprend aussi bien les avantages de la soumission à Rome que les dangers d'une aventure nationaliste, fera un parfait vassal de l'Empire, c'est-à-dire un roitelet fantoche, une marionnette aux mains de son ami Caius César !

Il va de soi que suite à cette réorientation radicale de la politique Juive de l'Empire Romain, les « Actes de Pilate » en tant que préfet de Judée se transforment en autant d'énormes gaffes ! Pilate s'est, non sans mal, emparé de Jésus, un prétendant au trône d'Israël d'autant plus dangereux qu'il est considéré comme légitime par une bonne partie de population locale, et, au lieu de l'exécuter séance tenante, il l'a laissé filer, ou pire, a favorisé sa fuite !

À cause de la maladresse insigne de Pilate, proche de la haute trahison, Hérode Agrippa, l'ami de l'empereur, a un rival de plus sur les bras, un concurrent supplémentaire soutenu, qui plus est, par une faction d'exaltés qui croient dur comme fer que leur chef n'a échappé à la mort que grâce à une intervention divine !
C'est sans doute pour cette raison, et non pour une énigmatique répression en Samarie, que Ponce Pilate est exilé à Vienne.

L'année suivante (38), Hérode Antipas, ex-tétrarque de Galilée, rejoint Pilate au bord du Rhône. On prétend que son épouse Hérodiade (celle-là même qui va exiger la tête de Saint Jean-Baptiste), jalouse de la faveur de son frère Hérode Agrippa, l'a incité à se rendre à Rome pour demander à l'empereur d'agrandir ses domaines et de lui conférer le titre royal.
Mal lui en a pris ! L'empereur a trouvé que ce prince Hérodien est décidément par trop « insatiable ». Il l'a dépossédé de sa tétrarchie de Galilée au profit de son ami Hérode Agrippa et l'envoie croupir en Gaule auprès de Ponce Pilate.
On estime généralement que ce petit cercle d'exilés (Ponce Pilate, Claudia Procula, Hérode Antipas et son épouse Hérodiade), derniers témoins non-chrétiens de « l'Affaire Jésus » disparaît (suicides, exécutions) dans le courant de l'année 39, après une énigmatique visite en Gaule du futur empereur Claude.
FLAVIUS JOSÈPHE
On dit aussi que si le mont Pilat, sur les contreforts de l'Ardèche, porte ce nom, c'est parce que l'ancien Préfet de Judée, bourrelé de remords, s'y donne la mort en se jetant dans le Giers… Mais tout cela reste vraiment très hypothétique !...

Une vieille tradition rapporte que la pyramide de Vienne a été construite sur une tombe... celle de Ponce Pilate !
Après la mort de Jésus, Ponce est exilé en Gaule par l’empereur de Rome Caligula, direction Vienne dans l’Isère. La tradition dit qu'il ne supporte pas l’exil et se suicide en se jetant dans le Rhône...
Les habitants lui dédient cette tombe monumentale avec toutes leurs économies...


Ponce Pilate - Maria Valtorta
www.maria-valtorta.org/Personnages/PoncePilate.htm
7 sept. 2014 - Ponce Pilate est le Procurateur romain de Judée, d'Idumée et de Samarie, mais pas de Galilée. Il est marié à .... En 37 c'est le nouvel empereur Caligula qui le reçoit. Il est exilé à Vienne, en Gaule ou à Lucerne (Suisse).
Termes manquants : déposé

Ponce Pilate à Vienne ?
https://fr.anecdotrip.com/anecdote/ponce-pilate-a-vienne-par-vinaigrette
Après la mort de Jésus, Ponce se fait exiler en Gaule par l'empereur de Rome Caligula, direction Vienne dans l'Isère. La tradition dit qu'il ne supporte pas l'exil ...
Termes manquants : déposé

ponce pilate: le traitre qui s'en lavait les mains - Idumea.org
www.idumea.org/etudes/Ecritures/B/Ponce_Pilate.htm
Ponce Pilate était le deuxième procurateur de Judée nommé par Tibère. ... des événements les plus importants de l'histoire est passé presque inaperçu dans ...

EN REMONTANT LE TEMPS... 40

20 MARS 2017...

Cette page concerne l'année 40 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

PETIT FILS DE CLÉOPÂTRE ET DE MARC ANTOINE : LE DERNIER PHARAON PTOLÉMÉE DE MAURÉTANIE


PTOLÉMÉE
L'histoire de « Ptolémée de Maurétanie, dernier pharaon » que proposent les 2 écrivains nous fait remonter le temps et voyager au cour d'une civilisation qui a marqué de son empreinte une époque bien révolue. « Fils de Juba II (52 av. J.-C.), lui-même fils du roi de Numidie Juba Ier, et de Cléopâtre Séléné (40 av. J.-C.), unique fille de Cléopâtre VII et de Marc Antoine.
Ptolémée possède donc un héritage à la fois Africain, Grec et Romain. Il est cousin germain de l'empereur Romain Claude et cousin issu de germain de Néron et Caligula. (malheureusement pour lui) Ptolémée et sa sœur Drusilla reçoivent une éducation romaine.

En l'an 19, son père le nomme co-monarque. 4 ans plus tard, Juba II meurt et Ptolémée monte sur le trône.

En 24, Ptolémée, avec l'assistance du gouverneur Romain, met fin à la révolte des Garamantes et du mercenaire Takfarinas. Pour cette victoire, le Sénat Romain accorde à Ptolémée un sceptre en ivoire, une tunique de triomphe, et le reconnaît comme roi, allié et ami ». Cette fulgurante ascension n'a pas l'heur de plaire à Caligula qui se sent en danger et décide de l'assassiner, en 40 après J.C. la mort violente d'un symbole de la liberté et de l'affranchissement de l'Afrique du Nord du Joug de Rome suscite la colère et le soulèvement des tribus Maures.
Elles sont écrasées dans un bain de sang. « Le souvenir du dernier roi Ptolémée, fils de Juba, s'efface peu à peu de la mémoire des hommes sur les sables des déserts et des plages de Maurétanie, parmi les tombes oubliées, dans les creux des vallées, au pied des douces collines où le printemps fait fleurir de blanches anémones, de délicates gouttes de sang, de vives renoncules, dans Volubilis, Luxus, Sala, Banassa, Tipasa, dans toutes ces villes mortes livrées aux cigognes, aux hérons garde-bœufs, aux chiendents, aux liserons, dans ce calme auréolé de gloires anciennes » écrivent les 2 auteurs.

Gauda, roi Numide dont on ne sait presque rien si ce n’est qu’il est le fils de Mastanabal, a pour petit fils Juba (fils de Hiempsal) qui règne seulement 4 années, sous le patronyme de Juba Ier.
Pour Mahfoud Kaddache, Juba Ier a résisté aux pressions Romaines et profite de la guerre civile qui oppose Pompéiens et Césariens pour sauvegarder son indépendance. César en viendra difficilement à bout, les Berbères sont de vaillants guerriers.

Sous l’Imperium d’Octave (-27 à +14), le fils de Juba I, le futur Juba II de Maurétanie, est éduqué et élevé à Rome de laquelle il reçoit une culture gréco-latine. Cette éducation, délivrée par la sœur d’Octave, le prépare à une vassalité relative au début, sous un statut assez particulier et plutôt favorable : Peu de pays incorporés peu à peu à l’Empire bénéficie, comme la Maurétanie, du statut de Royaume protégé, allié et ami du Peuple Romain... Mais M. Kaddache voit en  Juba II le type même du roi vassal. Enfin, Ptolémée, associé au royaume par son père Juba II, dès ses 25 ans, sera le dernier roi numide de Maurétanie. Il meurt sans aucun doute en Europe, assassiné par les hommes de main de Caligula, et son royaume sera finalement annexé par l’Empire en 40... En 42, toute la géographie en est changée.

Dès le début de son règne, Juba Ier met tout en œuvre pour devenir un roi puissant et déterminé. Il possède une armée forte et combative, ainsi qu’une garde rapprochée, constituée entre autre de cavaliers Ibères et Gaulois qu’il peut grassement payer étant donnée la richesse dont il dispose encore de ses prédécesseurs. Il lui a fallu d’abord soumettre de nombreuses tribus plus ou moins récalcitrantes, impressionner militairement le roi voisin, Bocchus le Maure, celui qui usurpe ses terres depuis la mort de Jugurtha, et prendre enfin parti pour Pompée dans sa lutte contre César.
S’il a, par orgueil, raison de faire ce choix, ce dernier s’avère plutôt très négatif pour la suite de l’histoire Numide.
Allié au général Romain pompéien Varus, Juba Ier se porte au secours de ce dernier quand Curion, envoyé par César, débarque au cap Bon en -49 pour assiéger Utique.
Juba porte une haine terrible contre cet agent de César qui, au Sénat de Rome, a osé  proposer l’annexion pure et simple de la Numidie.

L’orgueil a déjà perdu Jugurtha, il en sera de même avec Juba Ier. Aider Varus à Utique relève donc d'une stupide vengeance. La prise de la ville par Curion n’a pas lieu, celui-ci étant contraint au combat par Juba Ier.
C'est certainement une réconforte savoureuse pour le roi Numide auquel on apporte la tête de Curion, mort au combat avec tous ses soldats qui n'ont pu s’enfuir.
De plus, Juba refuse de soutenir le Pompéien qui, pourtant, lui propose en échange la restitution de la Province d’Africa Vetus en cas d’accord militaire. Rien n’y fit…
A la mort de César (-35), c’est Octave qui gouverne la Numidie moribonde laissée sans héritiers, en un inter-règne qui s’étend jusqu’à -25.
De nombreuses colonies Romaines voient le jour et, pendant que le jeune Juba II poursuit son éducation gréco-latine à Rome, cette dernière prépare déjà le futur royaume à lui confier.

Josiane Lahlou et Jean-Pierre Koffel. Les deux auteurs signent ensemble, un très bel ouvrage dédié à « Ptolémée de Maurétanie, dernier pharaon ». L'ouvrage fourmille de détails et de précisions historiques sur celui que les auteurs considèrent comme un libérateur et qui finit, assassiné sur l'autel de son ambition.
« Bousculades, poussières jaillissant sous les sabots des chevaux, crinières au vent, longues queues balayant l'espace lumineux, hurlements de fureur, indescriptible enchevêtrement de cordes et de colis... Un étalon se cabre, luisant de sueur, l’œil en furie. »
Nous sommes au cœur d'une action qui va crescendo jusqu'à l'acte final et qui, à l'image de ces belles tragédies romaines, se termine par un acte criminel et la mort du héros.

Contrairement à son père qui ne règne que pendant 4 années bien tourmentées, le jeune Juba II domine la scène Africaine durant presque 5O ans, de 25 avant notre ère à 23 après la naissance du Christ. Dès l’âge de 4 ans et consécutivement à la défaite de son père à Thapsus, il est recueilli à Rome -ou enlevé en captif, c’est selon- par Jules César.

A partir de -44 (mort de César aux Ides de mars), c’est à la cour d’Octave qu’il reçoit l’instruction digne d’un futur roi... Client de Rome, cela va de soi, César y pense fort, Octave-Auguste s’en sert.
La sœur du futur empereur Romain prend donc en charge l’enfant qui porte, selon la tradition Romaine, le prénom et le nom de son protecteur, le fameux dictateur : Caïus Iulius (Jules César).
Couronné par l’empereur Auguste lui-même, il devient Rex Juba, roi de toute la Maurétanie. Apparemment, Bogud et Bocchus sont morts sans laisser d’héritiers, si bien que le droit international, à l’avantage des Romains, a fait legs de l’Afrique du Nord à Rome, sans que celle-ci n’ait pour autant décidé l’annexion totale.
Du coup, les actuels Maroc et Algérie (amputée de sa partie la plus orientale) ne forment plus qu’un seul territoire allant de l’Atlantique au fleuve Constantinois Ampsaga, auquel il faut ajouter les zones Gétules qui lui sont raccordées, plus au Sud.
La région Cirtéenne (les actuelles Constantine, Skikda,  Collo et Mila) conserve longtemps encore son statut Sittien (de Sittius) très particulier (jusqu’à la fin de l’Antiquité), pendant que Rome s’attribue toutefois une marge terrestre supplémentaire, ainsi, après l’Africa Vetus, cet accroissement donne l’Africa nova, devenue indispensable à la géante Rome, car bonne productrice de blé.

MAUSOLÉE ROYAL DIT DE LA CHRÉTIENNE
Marié à Séléné-Cléopâtre, il n’a qu’un seul fils, Ptolémée. Remarquons au passage que ce dernier descend indirectement d’une dynastie de pharaons, par la grand-mère maternelle Cléopâtre VII, et de la gens Antonia (de Anton, fils d’Héraclès ou Hercule) par le grand-père maternel, Marc-Antoine. Et ce n’est pas le seul exemple où l’élite des nations de l’époque possède des généalogies anastomosées entre-elles, c’est le cas pour la Maurétanie dont le dernier roi est lié par le sang aux dynastes de Thrace, du Pont et du Bosphore, de l’Arménie mineure et à Caligula avec lequel il partage de nombreux cousins.
Bien que vassalisé il aide tant et plus le suzerain par des actions militaires de maintien de l’ordre, cependant Juba n’abandonne pas l’histoire passée de son pays, rappelant être le fils d’un résistant, Juba Ier, et surtout le descendant du grand Massinissa.
Pourtant, contrairement  à ce dernier, Juba II n’est ni rempli de vaillance, ni bouillant, ni barbu, comme l’écrit Gilbert Meynier, plutôt doux et charmant dans sa jeunesse, érudit et esthète grâce à son excellente éducation.

En 37, Caligula, cousin de Ptolémée par Marc-Antoine, succède à Tibère. On pense qu’il est pour beaucoup dans la disparition subite de Ptolémée.
Un jour de 40, Caligula le mande à Rome puis le fait venir à Lugdunum (Lyon). Certains historiens pensent, malgré l’absence de textes fiables, que Caligula fait assassiner son cousin et, de fait puisque c’est le droit (romain) international de l’époque, hérite de la Maurétanie.
L’empereur sera lui-même assassiné l’année suivante et c’est Claude le Lyonnais qui le remplacera.
Ce dernier morcellera, en 42, toute l’Afrique du Nord :  Maurétanie Tingitane à l’est du fleuve Mouloucha (le Maroc actuel), Maurétanie Césaréenne de la Mouloucha à l’Ampsaga (l’oued el Kebir qui traverse Constantine).
Africa Romana à l’Est, (la sittienne, la Numidie, la Tunisie d’aujourd’hui, la bordure Méditerranéenne Libyenne.

Le voyageur qui, venant d’Alger, se rend dans l’ancienne capitale de Juba II par la si charmante route du littoral, voit à quelques kilomètres de Tipasa s’ouvrir à sa gauche une voie de traverse.
JUBA II
En quelques lacets, elle le mène sur le dernier rebord du sahel Algérois, une ligne de crêtes qui s’interpose entre la Mitidja et la mer. Là, à près de 300 mètres d’altitude, le regard au nord plonge dans la mer et suit vers l’est les indentations du rivage jusqu’à Sidi Fredj, au sud, l’Atlas de Blida borne l’horizon, tandis qu’à l’ouest monte et s’étire la haute et puissante échine du Chenoua… Serge Lancel, L’Algérie Antique.

Les premières tentatives de pénétration dans le tombeau doivent donc se situer dans une époque assez reculée, en tout cas, elles doivent être antérieures à la conquête arabe. Puis, l’accumulation des terres s’étant effectuée, les abords de la petite entrée située en contre bas du sol se sont rapidement comblés.
Ce monument maintenant visité pose un problème historique important :
Quand et par qui a-t-il été construit ?
Cet édifice n’est pas daté.
Il n’y a aucun indice chronologique a tirer des marques qui sont gravées sur les pierres de taille et qui indiquent seulement les ateliers des tailleurs de pierre, où chacun a un signe particulier.
Certaines de ces marques de tâcherons ont une apparence de caractères latins, libyques ou grecs, mais ne sont pas pour autant des lettres alphabétiques.
Le premier et le seul texte antique que l'on possède, qui parle de ce monument, est celui d’un auteur latin, Pomponius Mela.
Son livre, intitulé De situ Orbis, a été rédigé dans les années 40 après Jésus-Crist, c’est à dire à l’époque où le royaume de Maurétanie est annexé et transformé en province Romaine.

Dans le chapitre 6, folio 38, du livre I de Pomponius Mela, on peut lire les lignes suivantes : Iol (Cherchell), sur le bord de la mer, ville jadis inconnue et illustre maintenant pour avoir été la cité royale de Juba II et parce qu’elle se nomme Caesarea.
En deçà, les bourgs de Cartenna (Ténès) et d’Arsenatia, le château de Quiza, le golfe Laturus et le fleuve Sardabale.
Au delà, le mausolée commun de la famille royale […] ensuite Icosium (Alger).
La thèse historique présentée le plus fréquemment est celle qui attribue la construction du tombeau à Juba II et à sa femme Cléopâtre Séléné, fille de la célèbre Cléopâtre, reine d’Égypte et du Triumvir Antoine...

Le double crime, consommé par ce tyran en délire, excite en Maurétanie une indignation générale.
Ajouter une légende
Ptolémée est plus faible que méchant : On a vite oublié ses vices pour ne se rappeler que les vertus de son père : D’ailleurs on n’en sent que plus vivement le joug que la prudence d’Auguste et de Tibère avait rendu si léger.
Ces dispositions à la révolte inspirent à un certain AEdémon, affranchi de Ptolémée, l’audacieux dessein de succéder à son maître.
Sous prétexte de le venger, il soulève les Maures, recrute parmi eux une armée, et ravage une partie de la province Romaine.
Mais Lucius Paulinus s’avance contre ce nouvel ennemi, le bat en plusieurs rencontres, traverse en vainqueur toute la Maurétanie et franchit la double barrière de l’Atlas... Cette marche triomphante au delà des Alpes Africaines est regardée comme un exploit extraordinaire, car aucun général n’a encore porté ses armes aussi loin.
Ce n'est pas Paulinus, mais son successeur Hasidius Géta, qui a l’honneur de terminer sous le règne du faible Claude une guerre allumée par les fureurs de Caligula, et d’ajouter un autre royaume à la vaste étendue des possessions Romaines.
L’Afrique Septentrionale est entièrement subjuguée, depuis la vallée du Nil jusqu’au Grand Océan. Pour assurer sa conquête, l’empereur partage la Maurétanie en deux grandes provinces :
La première prend son nom de Tingis, aujourd’hui Tanger, et s’appelle Mauritanie Tingitane, c’est le Maroc.
La seconde est nommée Maurétanie Césarienne, parce qu’elle a pour capitale Julia Caesarea, résidence des derniers rois Numides (aujourd’hui Cherchell).

D’après Pline l’Ancien, c’est bien davantage pour ses doctes travaux que pour son règne qu’il reste célèbre. Juba II ne dispose de son pays que pour le pacifier militairement, à la demande impérieuse de Rome.
Quand il arrive au pouvoir, colonies et légions Romaines sont installées :
Le long de la côte Méditerranéenne.
A l’intérieur des terres.
En des places stratégiques localisées parallèlement à la bordure littorale.

JUBA Ier
L’art helléniste foisonne, les grandes villes commencent à resplendir par l’ornement statuaire… Il ne reste, à Juba, que la culture pour compenser une vie moins glorieuse que celles de ses prédécesseurs et, surtout, pour refonder (mot de Strabon) Yol/Cesarea (Cherchell), sa capitale (il ne reste de cette parure monumentale qu’un bout du théâtre et quelques magnifiques statues).
Nul ne sait si Juba II parle le berbère, il connaît par contre le grec, le punique et le latin.
Écrivain à ses heures, philologue et historien assez talentueux, bien qu’il ne reste rien de ses œuvres, si ce n’est quelques citations trouvées chez les auteurs grecs et latins. Curieux de tout, il finance des expéditions scientifiques aux îles Canaries (îles Fortunées) et vers les sources du Nil.
Son grand rêve : Faire l’inventaire des choses de ce monde (chorographie) et en donner une représentation géographique plus juste (participation indirecte à l’établissement de la carte d’Agrippa ?).
Selon M. Kaddache, sous le règne de Juba II, l’agriculture se développe aussi bien que le commerce maritime tourné vers l’Europe Méridionale.
Le blé, le vin et l’huile d’olive sont échangés contre des objets manufacturés (poteries italiennes et gauloises, amulettes ibères en plomb…).

Il est possible que Juba II soit inhumé, avec sa femme Cléopâtre-Séléné, dans le mausolée royal Maurétanien (à ne pas confondre avec le Medracen, vieux de plus de 2 siècles) bâti au Ier siècle avant notre ère et nommé à tort tombeau de la chrétienne (al qubûr al rûmiyya)...
Il s’agit d’une bazina de 64m de diamètre, surélevée d’un tambour flanqué de colonnes à chapiteaux. La partie supérieure est conique (culminant à 59 m de haut) et est surmontée d’un groupe sculpté aujourd’hui disparu. Influences Égyptiennes, Puniques et Hellénistiques se côtoient harmonieusement malgré des styles fort différents. Rien, pour le moment, n’empêche d’attribuer ce monument funéraire à d’autres souverains Berbères, ce en remontant jusqu’à  Bocchus Ier.

On ne sait presque rien du règne de Ptolémée de Maurétanie (Circa 5 av. J.-C. – 40) Il perd sa mère Cléopâtre Séléné vers l’âge de 10 ans. Alors qu'il a 25 ans, en 19 Tibère a remplacé Auguste, son père Juba II l’associe au trône. Quand ce dernier meurt, en 23, Ptolémée, resté fidèle aux Romains, participe au dernier combat entre Tacfarinas le rebelle et les armées loyalistes, c’est à dire Romaines et Berbères. Il en sort vainqueur et Rome lui en est reconnaissante.
Il n’a hérité de son père ni la science, ni la culture ou l’amour de l’art.
C'est un roi passable, fainéant et jouisseur... En fait, il correspond bien avec l’ambiance délétère qui règne dans cette irrémédiable fin d’époque...

La nouvelle de cet heureux événement, qui semblait garantir à tout jamais la sécurité des établissements romains en Afrique, se répand avec rapidité dans les différentes parties de l’empire.
Dans la Maurétanie Tingis surtout reçoit de cette affluence d’étrangers une grande impulsion, les historiens citent aussi Lixos, ville alors très commerçante, située au delà du détroit, sur l’océan Atlantique, mais qui n’a point laissé d’héritiers des richesses ou son nom.



Assassinat de Ptolémée. - Algérie ancienne
https://www.algerie-ancienne.com/Salon/Galib/3Rome/2Empereurs/6assassina.htm
On vient de voir la part active qu'avait prise Ptolémée à la défaite de Tacfarinas: ... resserrer les liens qui unissaient le roi de Mauritanie aux intérêts de Rome, ...

Suétone, Caligula, Assassinat de Ptolémée de Maurétanie, v. 110 n-è ...
www.culture-islam.fr/.../suetone-caligula-assassinat-de-ptolemee-de-mauretanie-v-110...
26 Après ces détails, il est presque indifférent de raconter comment il traita ses proches et ses amis. Ptolémée, par exemple, fils du roi Juba et cousin de C.

Ptolémée de Maurétanie | Jahiliyya : ignorance ou trésor ?
https://jahiliyyah.wordpress.com/tag/ptolemee-de-mauretanie/
16 oct. 2010 - Articles traitant de Ptolémée de Maurétanie écrits par alzaz. ... longtemps puisqu'il finit assassiné par Arabion (fils de Massinissa II) ; le reste de ...