samedi 29 avril 2017

EN REMONTANT LE TEMPS... 59

1er MARS 2017...

Cette page concerne l'année 59 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

AGRIPPINE MORTE PAR PERFIDIE

AGRIPPINE
La Naumachie se trouve derrière les Thermes, bassin creusé de main d’homme, où d’énormes tuyaux, qu’on voit encore, amenaient l'eau des fleuves.
Ce bassin, maintenant à sec, était rempli d’eau, et l’on y figurait des batailles navales. On sait que dans ces fêtes un ou deux milliers d’hommes s’égorgeaient quelquefois pour divertir la populace Romaine.

Autour de la Naumachie s’élèvent des terrasses destinées aux spectateurs : Ces terrasses sont appuyées par des portiques qui servent de chantiers ou d’abris aux galères.
Un temple imité de celui de Sérapis en Égypte orne cette scène. La moitié du grand dôme de ce temple est tombée.
À la vue de ces piliers sombres, de ces cintres concentriques, de ces espèces d’entonnoirs d'où mugissait l’oracle, on sent que l'on n’habite plus l’Italie ou la Grèce, que le génie d’un autre peuple a présidé à ce monument.
Un vieux sanctuaire offre sur ses murs verdâtres et humides quelques traces de pinceau. On ne sais quelle plainte ni quelle prière errait dans l’édifice abandonné.
Gagnant de là le temple de Pluton et de Proserpine, vulgairement appelé l’Entrée de l’Enfer, aujourd'hui demeure d’un vigneron, interdit à la visite...
Au-dessous de l’Entrée de l’Enfer s’étend un vallon appelé le Vallon du Palais : on pourrait le prendre pour l’Élysée. En avançant vers le midi, et suivant un mur qui soutient les terrasses attenantes au temple de Pluton, on aperçoit les dernières ruines de la villa, situées à plus d’une lieue de distance...


Voulant à toute fin rester au pouvoir Agrippine se prend d'une envie désastreuse de côtoyer de trop près et trop amoureusement son empereur de fils... Néron évite donc de se trouver seul avec sa mère, et, quand elle part pour ses jardins et pour ses campagnes de Tusculum et d'Antium, il la loue de songer au repos.
TENTATIVE DE NAUFRAGE SUR AGRIPPINE.

Néron commence à se fatiguer de sa mère, qui épie et critique avec aigreur ses paroles et ses actions. Il essaie d'abord de la rendre odieuse, en disant qu'il abdiquera l'empire et se retirera à Rhodes.
Bientôt il lui ôte tous les honneurs et toute la puissance, lui enlève sa garde et ses Germains, enfin il la bannit de sa présence et de son palais.
Il a recours à tous les moyens pour la tourmenter.
A Rome, des affidés de Néron lui intentent des procès, à la campagne ils l'accablent de railleries et d'injures, en passant près de sa retraite par terre ou par mer.
Cependant, effrayé de ses menaces et de sa violence, Néron se résout de la perdre.
Trois fois il essaie de l'empoisonner; mais il s'aperçoit qu'elle s'est munie d'antidotes. Il fait disposer un plafond qui, à l'aide d'un mécanisme, doit s'écrouler sur elle pendant son sommeil.

N'hésitant plus que sur les moyens, le poison, le fer, ou tout autre...
Le poison lui plaît d'abord, mais, si on lui donne à la table du prince, une fin trop semblable à celle de Britannicus cela ne pourrait être rejetée sur le hasard. Tenter la foi des serviteurs d'Agrippine paraît difficile, parce que l'habitude du crime lui a appris à se défier des traîtres, enfin, par l'usage des antidotes, elle assurerai sa vie contre l'empoisonnement.

Le fer a d'autres dangers : Une mort sanglante ne peut être secrète, et Néron craint que l'exécuteur choisi pour ce grand forfait ne méconnaisse ses ordres.

ASSASSINAT D'AGRIPPINE
Anicetus offre son « industrie », cet affranchi, qui commande la flotte de Misène, est aux côté de Néron depuis son enfance, et haït Agrippine autant qu'il en était haï.
Il démontre que l'on peut disposer un vaisseau de telle manière, qu'une partie détachée artificiellement en pleine mer la submerge à l'improviste. Rien de plus fertile en hasards que la mer... Quand Agrippine aura péri dans un naufrage, quel homme assez injuste imputera au crime le tort des vents et des flots ?
Le prince donnera d'ailleurs à sa mémoire un temple, des autels, tous les honneurs où peuvent apparaître la tendresse d'un fils.

Cette invention apprécié par Néron, et les circonstances la favorisant, l'idée en est vite approuvée.
L'empereur célèbre à Baïes les fêtes de Minerve, il y attire sa mère, à force de répéter qu'il faut souffrir l'humeur de ses parents, et apaiser les ressentiments de son cœur : Discours calculés pour autoriser des bruits de réconciliation, qui sont reçus d'Agrippine avec cette tendresse des mères pour leurs enfants fussent-ils criminels.
Agrippine vient d'Antium, Néron vient au-devant d'elle le long du rivage, lui donne la main, l'embrasse et la conduit à Baules, c'est le nom d'une maison de plaisance, située sur une pointe et baignée par la mer, entre le promontoire de Misène et le lac de Baïes.
NÉRON S'ASSURE DE LA MORT DE SA MÈRE
Un vaisseau plus orné que les autres attend la mère du prince, comme une distinction offerte par son fils car elle monte ordinairement une trirème, et se sert des rameurs de la flotte : Enfin, un repas où on l'a invitée donne le moyen d'envelopper le crime dans les ombres de la nuit... C'est une opinion assez accréditée que le secret trahi, Agrippine, avertie du complot et ne sait si elle doit y croire, se rend en litière à Baïes.
Là, les caresses de son fils dissipent ses craintes, il la comble de prévenances, la place, au-dessus de lui à table. Des entretiens variés, où Néron affectant tour à tour la familiarité du jeune âge et toute la gravité d'une confidence auguste, prolongent le festin.

Alors il imagine un navire pouvant se disloquer, destiné à la submerger ou à l'écraser par la chute du plafond. Là, il ordonne aux commandants des galères de briser, comme par un choc fortuit, le bâtiment Liburnien qui l'a amenée, tandis que, de son côté, elle prolonge le festin. Lorsqu'elle veut s'en retourner à Baules, il lui offre, au lieu de sa galère avariée, celle qu'il a fait préparer.
Il la reconduit, couvrant de baisers ses yeux et son sein. soit qu'il veuille mettre le comble à sa dissimulation, soit que la vue d'une mère qui va périr attendrit en ce dernier instant cette âme dénaturée.

Une nuit brillante d'étoiles, et dont la paix s'unit au calme de la mer, semble préparée par les dieux pour mettre le crime dans toute son évidence. Le navire n'a pas encore fait beaucoup de chemin. Avec Agrippine sont deux personnes de sa cour, Crepereius Gallus et Acerronia.
Le premier se tient debout près du gouvernail, Acerronia, appuyée sur le pied du lit où repose sa maîtresse, exalte, avec joie, le repentir du fils et le crédit recouvré par la mère. Tout à coup, à un signal donné, le plafond de la chambre s'écroule sous une charge énorme de plomb.
Crepereius écrasé reste sans vie. Agrippine et Acerronia sont défendues par les côtés du lit qui s’élèvent au-dessus d'elles, et qui se trouvent assez forts pour résister au poids. Cependant le vaisseau tarde à s'ouvrir, parce que, dans le désordre général, ceux qui ne sont pas du complot embarrassent les autres. Venant à l'esprit des rameurs de peser tous du même côté, et de submerger ainsi le navire.
Mais, dans ce dessein formé subitement, le concert n'est point assez prompt, et une partie, en faisant contrepoids, ménage aux naufragés une chute plus douce. Acerronia a l'imprudence de s'écrier «  Je suis Agrippine, qu'on sauve la mère du prince » et elle est tuée à coups de crocs, de rames, et des autres instruments qui tombent sous la main. Agrippine, qui garde le silence, est moins remarquée, et ne reçoit qu'une blessure à l'épaule. Après avoir nagé quelque temps, elle rencontre des barques qui la conduisent dans le lac Lucrin, d'où elle se fait porter à sa maison de campagne.

Là, rapprochant toutes les circonstances, et la lettre perfide, et tant d'honneurs prodigués pour une telle fin, et ce naufrage près du port, ce vaisseau qui, sans être battu par les vents ni poussé contre un écueil, s'est rompu par le haut comme un édifice qui s'écroule, songeant en même temps au meurtre d'Acerronia, et jetant les yeux sur sa propre blessure, elle comprend que sa vie est menacée. Elle envoie l'affranchi Agermus annoncer à son fils « que la bonté des dieux et la fortune de l'empereur l'ont sauvée d'un grand péril, qu'elle le prie, tout effrayé qu'il puisse être du danger de sa mère, de différer sa visite car elle a en ce moment besoin de repos. »
NÉRON ET AGRIPPINE
Cependant, avec une sécurité affectée, elle fait panser sa blessure et prend soin de son corps. Elle ordonne qu'on recherche le testament d'Acerronia, et qu'on mette le scellé sur ses biens : en cela seulement elle ne dissimule pas.

Il passe le reste de la nuit dans une grande inquiétude, attendant le résultat de son entreprise. Lorsqu'il apprend que le piège n'a pas fonctionné et qu'Agrippine s'est échappée à la nage, il ne sait que faire.
Malgré les félicitations des soldats, du sénat et du peuple, il ne peut ni alors, ni plus tard, échapper aux remords de sa conscience.
Souvent il avoue qu'il est poursuivi par le spectre de sa mère, par les fouets et les torches ardentes des Furies. Il fait faire un sacrifice aux mages pour évoquer et fléchir son ombre.
Dans son voyage en Grèce, il n'ose pas assister aux mystères d'Éleusis, parce que la voix du héraut en écarte les impies et les hommes souillés de crimes... À ce parricide, Néron joint le meurtre de sa tante. Il lui rend visite pendant une maladie d'entrailles qui la retient au lit.
Selon l'usage des personnes âgées, elle lui passe la main sur la barbe, et dit en le caressant : « Quand j'aurai vu tomber cette barbe, j'aurai assez vécu. »... Néron se tourne vers ceux qui l'accompagnent, et dit comme en plaisantant qu'il va se la faire abattre sur-le-champ; puis il ordonne aux médecins de purger violemment la malade... Elle n'est pas encore morte qu'il s'empare de ses biens, et, pour n'en rien perdre, il supprime son testament.


Néron monnaie romaine - detection 77
www.detection77.com/pages/la-vie-des-12-cesars/neron.html
Sa première magistrature fut celle de préfet de Rome pendant les fêtes latines. ... Il donna aussi une naumachie où des monstres marins nageaient dans de l'eau .... ou qu'il passait devant le golfe de Baïes, on disposait le long du rivage des ...

Voyage en Italie - Bibliothèque numérique romande
https://ebooks-bnr.com/ebooks/html/chateaubriand_voyage_en_italie.htm
... ville, où j'ai été si bien accueilli l'année dernière, et encore mieux cette année. ...... La Naumachie se trouve derrière les Thermes, bassin creusé de main








lundi 24 avril 2017

EN REMONTANT LE TEMPS... 60

28 FÉVRIER 2017...

Cette page concerne l'année 60 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

SAINT PAUL DE TARSE.

PAUL DE TARSE
Paul de Tarse ou Saint Paul, portant aussi le nom juif de Saul qui se prononce « Shaoul » ([ʃaul]) (né probablement à Tarse en Cilicie au début du Ier siècle et mort vers 67 - 68 à Rome), est un apôtre de Jésus-Christ, tout en ne faisant pas partie des « Douze ». Citoyen Romain de naissance et juif Pharisien.

Le Nouveau Testament le présente comme un persécuteur des disciples de Jésus jusqu'à sa rencontre mystique avec le Christ, vers 32-36, mais la réalité de ces persécutions fait débat dans l'historiographie moderne, tout comme l'emploi du terme de « conversion » à son propos.

Au cours des années 40, Paul fonde plusieurs Églises dans le territoire de la Turquie actuelle, et effectue un 2e voyage missionnaire en Asie Mineure et en Grèce.
Dans les années 50 et 60, tout en poursuivant sa mission itinérante, il adresse un certain nombre de lettres à ces nouvelles Églises.
Ces lettres, dites « épîtres Pauliniennes », sont les documents les plus anciens du Christianisme. Toutes ont été écrites avant les Évangiles. Elles représentent l'un des fondements de la théologie Chrétienne, en particulier dans le domaine de la christologie, mais aussi, d'un point de vue historique, une source majeure sur les origines du Christianisme.

La biographie de Paul repose uniquement sur 2 types de sources : « ses 13 lettres (dont 7 sont admises comme authentiques par la presque totalité des commentateurs), et les Actes des Apôtres de Luc, dont la 2e partie est presque tout entière un récit de la vie missionnaire de Paul jusqu'à son arrivée à Rome ».

Cependant, il arrive que certaines données des Actes ne se concilient pas avec les informations puisées dans les lettres. Les historiens considèrent celles-ci comme la source la plus fiable :
« On sait mieux aujourd'hui que Luc, aussi bien dans son premier que dans son deuxième livre [des Actes], est d'abord un théologien du Fils de Dieu et de son Église, et que ses relations avec les « faits historiques » ne sont pas aussi naïves qu'on le croit. »
LA CONVERSION DE PAUL

Selon les écrits de Paul lui-même, on peut savoir qu'il est issu d'une famille Juive et qu'il peut tracer son ascendance généalogique à la tribu de Benjamin, comme on peut lire dans les passages suivants :
« moi, circoncis le 8e jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu né d'Hébreux [...]p 1, »
« Je dis donc : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! Car moi aussi je suis Israélite, de la postérité d'Abraham, de la tribu de Benjamin p 2. » et
« Sont-ils Hébreux ? Moi aussi.
Sont-ils Israélites ? Moi aussi.
Sont-ils de la postérité d'Abraham ? Moi aussi p 3. »

De plus, selon Luc, il provient de Tarse en Cilicie, une région située dans la partie méridionale de l'actuelle Turquie, comme on peut le lire dans les passages suivants :
« Je suis Juif, reprend Paul, de Tarse en Cilicie, citoyen d'une ville qui n'est pas sans importance. [...]p 4 »
Selon Saint Jérôme, il est plutôt né à Giscala en Galilée et sa famille est déportée à Tarse alors qu'il est encore un enfant.
La date de naissance de Paul est inconnue, mais il est possible de déterminer qu'il est probablement venu au monde juste avant ou juste après le début du Ier siècle.

Paul est instruit dès son jeune âge à Jérusalem pour y apprendre la loi par Gamaliel. Il le mentionne lui-même en disant :
« Je suis juif, né à Tarse en Cilicie, mais j'ai été élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui
Paul fait preuve d'un zèle profond pour sa religion, le judaïsme enseigné selon la tradition des Pharisiens, devenant un persécuteur des premiers disciples de Jésus-Christ... Selon les Actes des Apôtres, il participe à la lapidation de Saint Étienne p 6.
La conversion de Paul a eu lieu entre 31 et 36. Selon les Actes des Apôtres, celle-ci s'est produite au cours d'un voyage pour se rendre à Damas lorsque celui-ci rencontre Jésus-Christ ressuscité. En effet, celles-ci rapportent que « [Paul] tombe à terre, et il entend une voix qui lui dit :
Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?
SAINT PAUL EN PRISON

Il répondit :
Qui es-tu, Seigneur ?

Et le Seigneur dit :
Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons p 7. »

Paul sort de cette rencontre profondément bouleversé et définitivement persuadé que celui qu'il persécutait est le seigneur donné par Dieu pour le salut de son peuple.
Selon les Actes des Apôtres, suite à ce bouleversement, il perd la vue pendant trois jours p 8.
À la suite de ces 3 jours, il est baptisé au nom du Christ par Ananie de Damas lorsque ce dernier « [...] impose [ses] mains à Saul, en disant :
Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t'est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m'a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint Esprit p 9. » Immédiatement après cela, « [...] il recouvre la vue, se lève, et il est baptisé p 10. »

Sa fonction d'apôtre est confirmée par les 3 « colonnes » qui dirigent le mouvement (Jacques le juste, Saint Pierre et Saint Jean) (Galates 2, 7:9)
Au contraire, voyant que l'Évangile m'a été confié pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis, car celui qui a fait de Pierre l'apôtre des circoncis a aussi fait de moi l'apôtre des païens, et ayant reconnu la grâce qui m'a été accordée, Jacques, Céphas et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, me donnent, à moi et à Barnabas, la main d'association, afin que nous allions, nous vers les païens, et eux vers les circoncis.
Ils nous recommandent seulement de nous souvenir des pauvres, ce que j'ai bien eu soin de faire », il se présente alors lui-même lors de ses voyages comme un apôtre désigné directement par le Christ, et comme le bénéficiaire de la dernière apparition de Jésus (1 Co 15,8).

C'est l'apôtre qui favorise activement, sans en être cependant l'initiateur, l'« ouverture vers les gentils » de l'Église naissante. À cette époque, l'enseignement du messie s'adresse principalement aux Juifs que l'on cherche à convertir. Pour les premiers chrétiens, Juifs d'origine, cet enseignement ne remet pas en question la loi de Moïse.
STATUE DE SAINT PAUL A DAMAS
Ainsi, les incirconcis demeurent des personnes peu fréquentables, auxquelles le message du Christ ne semble pas destiné. Paul, à la suite de Barnabé, va prêcher chez eux. Selon Luc, au Concile de Jérusalem, il réussit à convaincre les autres chefs des premières communautés Chrétiennes que l'on peut être baptisé sans avoir été au préalable circoncis (Ac 21, 18), développant ainsi l'adresse universelle du message chrétien.
Les tensions persistent avec le courant mené par Jacques (Ga 2, 11s).
Paul, grand voyageur, a fondé et soutenu des Églises dans tout l'Est du bassin Méditerranéen, plus particulièrement en Asie Mineure. Quand il ne leur rend pas visite personnellement, il communique avec eux par lettres (épîtres).
Son engagement auprès des gentils et ses convictions religieuses lui attirent l'inimitié de certains Juifs. Arrêté à Jérusalem il manque d'être lapidé... Arrêté par les Romains, il argue de sa citoyenneté Romaine, affirmant Civis romanus sum (« je suis citoyen romain ») pour être jugé non par le Sanhédrin mais par le gouverneur, qui le fait emprisonner durant 2 ans à Césarée.
Puis, à sa propre demande, il est conduit à Rome pour comparaître devant l'empereur. Une tempête le détourne vers Malte, où il reste quelques mois. Il s'installe ensuite à Rome, d'abord en liberté surveillée puis complètement libre.
Il y meurt décapité (en tant que citoyen Romain), probablement en 67, à la suite de l'incendie de Rome (64), et après un procès probable sous le règne de Néron :
« On raconte que, sous son règne, Paul a la tête coupée à Rome même […] » (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, XXV, 5)

Premier voyage (estimé de 45 à 49)
C'est un voyage aller-retour qu'il effectue en compagnie de Barnabé et de Jean Marc (cousin de Barnabé). Il visite Chypre (Paphos), la Pamphylie (Pergé) et prêche autour d'Antioche de Pisidie. Paul et Barnabé cherchent à convertir des Juifs, prêchent dans les synagogues, sont souvent mal reçus et obligés de partir précipitamment, à cause de leur annonce du salut et de la résurrection en Jésus (Actes 13:15-41) mais pas forcément mal reçus (Actes 13:42-49).
Sur le chemin du retour, ils ne repassent pas par Chypre et se rendent directement de Pergé à Antioche.

La réunion de Jérusalem et le conflit d'Antioche que l'on date généralement autour de l’année 50 et dont l'ordre de déroulement lui-même fait l’objet de débats sont les 2 premiers épisodes attestés d'un profond différend qui s'est développé à l'intérieur même du mouvement des disciples de Jésus.
Il va opposer, de manière parfois très vive et durant plus d'une décennie, Paul représentant les chrétiens d'origine Grecque, avec Pierre et Jacques représentant les chrétiens d'origine Judéenne.

De manière plus générale, ces événements avec d'autres péripéties conservées dans certaines lettres de Paul p 12 ont eu une incidence considérable sur les rapports entre les 2 tendances principales : Les « pauliniens », d'une part, qui soulignent la valeur de la croyance dans le Messie et les « jacobiens » et « pétriniens », d'autre part, qui maximalisent la portée de l'observance de la Torah : En d'autres termes, est-ce que le salut s'obtient par la croyance au Messie ou par l’observance de la Torah ? Les premiers sont à l’origine du courant rétrospectivement appelé « pagano-christianisme » et les second à celui nommé « judéo-christianisme ».
Paul rapporte de façon assez détaillée, mais naturellement de son point de vue, ce conflit et la réunion de Jérusalem dans une lettre écrite aux communautés de Galatie, probablement la communauté d'Éphèse, dans les années 54-55, alors que le « document paulinien » qui a servi à rédiger la partie relative à cet épisode dans les Actes des Apôtres date d'une 30e d'années après les faits.

La réunion de Jérusalem n'a pas réglé le problème de la coexistence de chrétiens de divers courants et origines culturels, notamment au moment des banquets cérémoniels, le partage eucharistique. C'est à la même époque que prend place un épisode de tension entre Paul et Pierre, connu sous le nom de « conflit » ou « rupture » d'Antioche, au terme duquel Paul quitte Antioche, dans ce qui s'apparente à un exil d'une communauté qu'il a contribué à fonder.

Il y est demandé aux destinataires d'observer un compromis défini par Jacques. Cette lettre contient probablement les quatre clauses que la tradition chrétienne appelle « décret apostolique », et dont voici l'une des versions.
« L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d'autres charges que celles-ci, qui sont indispensables : Vous abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et des unions illégitimes. Vous ferez bien de vous en garder. Adieu p 14. »

Paul effectue le 2e voyage en compagnie de Silas.
Son premier objectif est de rencontrer à nouveau les communautés qui se sont créées en Cilicie et Pisidie.
À Lystre, il rencontre Timothée qui continue le voyage avec eux. Ils parcourent la Phrygie, la Galatie, la Mysie.
À Troie, ils s'embarquent pour la Macédoine. Paul séjourne quelque temps à Athènes puis à Corinthe où il rencontre le proconsul Gallion.
Il retourne ensuite à Antioche en passant par Éphèse et Césarée.
C'est un voyage de consolidation : Paul retourne voir les communautés qui se sont créées en Galatie, Phrygie, à Éphèse, en Macédoine jusqu'à Corinthe.
Puis il retourne à Troie en passant par la Macédoine.
De là, il embarque et finit son trajet par bateau jusqu'à Tyr, Césarée et Jérusalem où il est arrêté...

Dans les Actes des Apôtres p 15, il est rapporté que lors de son dernier séjour à Jérusalem en 58, Paul a été accueilli très froidement par Jacques le Juste, le « frère du Seigneur » et chef de la communauté des nazôréens, ainsi que par les anciens. Ceux-ci lui font savoir que, selon des rumeurs, il a enseigné aux juifs de la diaspora l'« apostasie » vis-à-vis de « Moïse », c'est-à-dire le refus de la circoncision de leurs enfants et l'abandon des règles alimentaires juives... Une « rumeur » peut-être confirmée par 2 passages de ses épîtres, telles qu'elles figurent dans le Nouveau testament. Jacques et les anciens suggèrent à Paul un expédient qui doit montrer aux fidèles son attachement à la Loi, il doit entamer son vœu de naziréat et payer les frais pour quatre autres hommes qui ont fait le même vœu. Puis, ils lui citent les clauses du « décret apostolique » émis pour les chrétiens d'origine païenne, que Paul n'a pas remplies.

Un mouvement de contestation houleux, soulevé par des Juifs d'Asie entraîne l'arrestation de Paul alors qu'il se trouve dans le Temple p 16,31. Paul est accusé d'avoir fait pénétrer un « païen », Trophime d'Éphèse, dans la partie du Temple où ceux-ci sont interdits sous peine de mort.
« Apparemment, Jacques et les anciens ne font rien pour lui venir en aide, ni pour lui éviter son transfert à Césarée » puis plus tard à Rome.
Selon Simon Claude Mimouni, cet incident montre un certain durcissement du groupe de Jacques le Juste en matière d'observance, probablement lié à la crise provoquée par les Zélotes, qui aboutira en 66 « à une révolte armée des Juifs contre les Romains ».

Paul comparait devant le procurateur Antonius Félix, alors que le grand-prêtre Ananie, soutient l'accusation contre lui.
L'orateur Tertullus l'accuse alors d'être un chef de la « secte » des Nazôréens et de « susciter des séditions chez tous les Juifs de la terre habitée p 17. »
Toutefois Felix ne statue pas sur son cas et le maintient en prison à Césarée. Pour décider du sort de Paul, Porcius Festus le successeur de Felix, organise en 60 une autre comparution devant lui, en y associant Agrippa II et sa sœur Bérénice.
Selon le récit des Actes des Apôtres cité par Schwentzel, Bérénice « fait son entrée en grande pompe dans la salle d'audience où elle siège aux côtés d'Agrippa II, lors de la comparution de Paul à Césarée.
Après le procès, elle participe à la délibération entre le roi et le gouverneur Porcius Festus p 18, (procurateur de Judée de 60 à 62). »
Ayant fait « appel à César » en tant que citoyen Romain, Paul est renvoyé à Rome pour y être jugé

Pendant le voyage de Césarée à Rome, l'action d'évangélisation de Paul, dont les gardiens semblent complaisants se poursuit (Actes 28, 30-31). C'est au cours de ce voyage qu'il fait naufrage à Malte « où les habitants lui témoignent une humanité peu ordinaire » (Actes 28:1-2). Après il débarque à Pouzzoles où il est reçu par une petite communauté chrétienne (Actes 28:13-14).
Arrivant à Rome vers 60. On a permis à Paul de vivre dans une maison privée sous la garde d’un soldat, avec l'assistance de l'esclave Onésime (Phil 8-19).

D’après une ancienne tradition, l’Apôtre vit dans une maison louée près du méandre du Tibre, sur sa rive gauche, à la hauteur de l’Île Tibérine, zone très peuplée où il y a de nombreux Juifs. Des fouilles archéologiques ont permis d’identifier qu’ils sont tanneurs, pour la plupart. Ce logement se situe à l'emplacement de l’église San Paolo alla Regola, la seule se trouvant à l’intérieur du Mur d'Aurélien qui soit dédiée à l’apôtre. La présence d’un silo spacieux, évoqué dans des documents du IIe siècle décrivant la demeure de Paul, explique que, dès son arrivée dans la ville, l'apôtre ait pu convoquer chez lui un grand nombre de Juifs qui vivent à Rome pour leur annoncer le royaume de Dieu.

La fin de sa vie reste obscure : Les Actes des Apôtres se terminent brusquement sur l'indication qu'il est resté 2 ans à Rome en liberté surveillée. Ainsi ni le martyre de Jacques le Juste (62), ni celui des deux héros des Actes  Pierre et Paul ne sont racontés.
Par contre, plusieurs sources évoquent sa mission à Éphèse vers 65 et une 2e arrestation le conduisant à nouveau à Rome...

Selon Eusèbe de Césarée, « après avoir plaidé sa cause, l'apôtre repart de Rome, de nouveau, dit-on, pour le ministère de la prédication p 20 » : Marie-Françoise Baslez estime « vraisemblable » la mission en Espagne, que Clément de Rome évoque dans son épître à la fin du Ier siècle.
« Les Actes de Pierre, biographie romancée composée vers 180, affirment la réalité du voyage en Espagne et l’interprètent comme une nouvelle étape dans l'évangélisation du monde païen. » Selon les Actes de Pierre, « pour accomplir cette tâche ses fidèles de Rome lui donne un an p 21,41. »

Durant 2 années, Éphèse constitue la base de la mission de Paul en direction des « Juifs et des Grecs » de la province Romaine d'Asie. C'est à cette communauté que l'épître aux Éphésiens dont l'authenticité est discutée, est adressée par Paul.
Paul est arrêté dans la province d'Asie. Cette fois encore, l'accusation de subversion motive son arrestation

Traditionnellement, la mort de Paul est associée à la répression collective des chrétiens de Rome, accusés d'avoir incendié la ville en 64. Il n'existe cependant aucune source qui établisse un lien entre cette répression et la condamnation de Paul. En outre, la lettre de Clément de Rome (5,7 et 6,1) « distingue clairement le martyre de l'apôtre et la persécution de 64 ». Les plus anciennes indications chronologiques au sujet de sa mort datent du IVe siècle et font référence aux années 67-68.
Pour M.-F. Baslez « les Actes du martyre de Paul, tel que le souvenir s'en conserve dans la province Romaine d'Asie jusqu'au IIe siècle, situe l'événement dans le même contexte que la lettre aux Philippiens et que la 2e lettre à Timothée. » Paul a donc continué ses activités missionnaires après avoir été relâché, avant d’être de nouveau arrêté et ramené à Rome pour y être jugé.
Après sa condamnation, Paul est conduit à la sortie de Rome, sur la Via Ostiense, pour y être décapité.
Outre Luc et Tite, il a été entouré par des convertis issus de la maison impériale. La tradition orale des chrétiens de Rome indique qu'il se tourne vers l'Orient pour prier longuement. « Il termine sa prière en hébreu pour être en communion avec les Patriarches. Puis il tend son cou, sans plus prononcer un mot

Selon Michel Trimaille encore, la citoyenneté Romaine de Paul peut être mise en doute : En effet, même si elle « n'impose pas d'obligations inconciliables avec la foi Juive », elle implique malgré tout « la reconnaissance d'institutions, y compris culturelles et religieuses, difficilement acceptable pour un Pharisien strict. On peut considérer que Luc [qui présente Paul comme citoyen Romain dans les Actes des Apôtres] a vu là une simple manière de situer son héros au sommet de la hiérarchie sociale ».
Paul connait l'araméen et l'hébreu. Sa langue maternelle est le grec de la koinè, et c'est dans la traduction des Septante qu'il lit la Bible. Il ajoute à son nom hébraïque, Saül, le cognomen romain de Paulus. Les études récentes ont fait apparaître une maîtrise de la diatribe grecque, ce qui suppose une éducation sérieuse à Tarse. De famille apparemment aisée, puisqu'elle possède le droit de cité romain, ce qui ne l'a pas empêché, selon une pratique assez courante à l'époque dans les familles Juives, et en particulier parmi les rabbins, d'apprendre un métier manuel : Les Actes apprennent qu'il fabrique des tentes, c'est-à-dire qu'il est probablement tisserand ou sellier.
Doutant que le Sanhédrin de Jérusalem ait pu disposer du pouvoir d'extrader des Juifs de Damas, Alfred Loisy a jugé invraisemblable cet aspect de la mission répressive de Paul contre les chrétiens de Damas... Flavius Josèphe nous apprend qu'un tel pouvoir d'extradition a été accordé par les Romains à Hérode le Grand, mais c'est insuffisant pour conclure.




Saint Paul de Tarse - Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_de_Tarse
Cet article ou une de ses sections doit être ... Paul de Tarse ou saint Paul, portant aussi le nom juif de Saul qui se ..

Saint Paul - Nominis - Eglise catholique en France
nominis.cef.fr/contenus/saint/2116/Saint-Paul.html
29 juin 2008 - Saint Pierre et saint Paul : On ne peut les séparer. Ils sont les deux piliers de l'Église et jamais la Tradition ne les a fêtés l'un sans l'autre.














EN REMONTANT LE TEMPS... 61

27 FÉVRIER 2017...

Cette page concerne l'année 61 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

TENTATIVE DE REVANCHE D'UNE REINE DE CARACTÈRE

BOADICEE
Les sources mentionnant Boadicée sont fort peu nombreuses. Nous la connaissons uniquement par Tacite, brièvement dans Agricola, et plus longuement dans les Annales, puis Dion Cassius dans son Histoire Romaine. Suétone, qui ne consacre que quelques mots à la rébellion Bretonne dans sa vie de Néron, ne mentionne pas son nom. On ne peut pas exclure qu'au VIe siècle, le moine Breton Gildas fasse allusion à elle, sans toutefois mentionner de nom, dans son « De Excidio Britanniae ».

Qui est donc cette Boudica ? On sait qu’elle est née autour de l’année 30 d’une famille royale et qu’elle a été mariée à Prasutagos, le roi des Iceni, un peuple Celte dans la région du Norfolk en Angleterre.
Les Iceni sont l’un de cette douzaine de peuples qui accueillent les Romains les bras ouverts et concluent avec eux des traités de coopération. C’est une politique motivée par le soutien Romain dans les conflits locaux et par les possibilités de commerce. Selon les descriptions Romaines, Boudica est grande et costaude, avec des cheveux roux jusqu’à la taille et une voix forte, une apparence impressionnante.

Nous savons, grâce au proverbe, que Rome ne s'est pas faite en un jour. Elle ne s'est pas faite non plus sans affrontement, sans guerre et sans révolte, et l'Empire a été confronté à de nombreux ennemis.
Certains noms sont connus de tous, à l'instar d'Hannibal ou d'Attila, quand d'autres sont plus confidentiels.
De tous ceux qui se sont dressés contre la puissance Romaine, il est un personnage pour lequel on peu avoir une tendresse particulière et, une profonde admiration : Il s'agit de Boudicca, la Reine des Icènes.
Cette femme a fait trembler les légions Romaines, mis la Bretagne à feu et à sang, incendiant Londinium (Londres) et massacrant ses ennemis, entraînant tout un peuple derrière elle.
Chef de guerre mais avant tout épouse, mère et femme bafouée, en quête de vengeance, elle est sans nul doute l'une des figures les plus impressionnantes de l'Histoire Romaine.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, signalons que cette héroïne est connue sous plusieurs noms. On la rencontre par exemple sous celui de Voadicia, Bunduca, ou encore Boadicée - cette dernière appellation ayant été popularisée au XVIIIe siècle par le poète William Cowper. Cependant, c'est bien celui de Boudicca (ou Boudica) qu'emploie Tacite, et qui est le plus communément employé.
Selon les linguistes, il dérive du proto-celtique « Boudika », signifiant « Victorieuse ». Ces précisions apportées, voyons maintenant qui est Boudicca.

LE MASSACRE DES DRUIDES
Quand Prasutagos meurt en 59 ou 60 après un long règne, il laisse un testament qui lègue la moitié de ses considérables possessions à l’empereur Néron, sans doute pour que celui-ci accepte que Boudica accède au pouvoir... Dans la tradition des Celtes, les femmes peuvent occuper des postes de pouvoir, tandis que les Romains vivent dans une société patriarcale où les femmes sont considérées comme la propriété d’un homme (leur père ou mari). Mais c’est sans compter avec la cupidité des Romains.
L’administration romaine réagit immédiatement et saisit la totalité du trésor royal. Il s’agit clairement d’un acte symbolique qui vise à remettre les femmes à leur place et à souligner la subordination d’un peuple. Ce traitement brutal déclenche une révolte qui va coûter la vie à des dizaines de milliers de Celtes et de Romains. Dans une attaque surprise, tandis qu’une grande partie de l’armée Romaine est engagée de l’autre côté de la province pour détruire l’île Mona, centre druidique de résistance, Boudica rase la colonia de Camulodunum (Colchester). Une partie de ses troupes défait une partie de la IXe légion sous Petilius Cerialis, et Catus Decianus, le procurator responsable pour le traitement brutal des Iceni, fuit l’île Britannique

L'historien Grec Dion Cassius est le seul à avoir dressé un portrait de Boadicée : « Grande, terrible à voir et dotée d'une voix puissante. Des cheveux roux flamboyants lui tombent jusqu'aux genoux, portant un torque d'or décoré, une tunique multicolore et un épais manteau retenu par une broche. Armée d'une longue lance elle inspire la terreur à ceux qui l'aperçoivent. ».
L'INCENDIE DE LONDRES.
Il est impossible de dire si cette description correspond à la réalité. Les éléments biographiques sont particulièrement maigres. Les versions de Tacite et de Dion Cassius divergent sur plusieurs points.

Pour Tacite, Boadicée est la reine des Iceni.
Dion Cassius dit simplement qu'elle est de race royale.

Selon Tacite elle est la mère de 2 filles.
Dion Cassius n'en souffle mot.

Les deux auteurs divergent également sur la cause de sa mort :
Par le poison s'il faut en croire Tacite.
De maladie selon Dion Cassius.

S'il faut en croire Dion, elle agit non seulement en chef de guerre mais également en prêtresse, pratiquant la divination au moyen d'un lièvre et invoquant une divinité nommée Andraste (ou Andate), connue par ce seul texte.

Vers l'an 60, pensant s'attirer les bonnes grâces de l'empereur Néron, le roi Prasutagus légue son royaume client à l'Empire, tout en faisant de ses filles ses cohéritières, selon Tacite. Ce calcul se révèle vain : Son royaume est incorporé à la province, selon Tacite, sa veuve Boadicée, qui a probablement protesté, est battue de verges, tandis que ses 2 filles sont violées. Les autres griefs ne manquent pas. Le territoire des Iceni est considéré comme un pays conquis par les administrateurs Romains.
Ni Dion Cassius ni Tacite, bien que lui-même soit Romain, ne dissimulent leur rapacité : Le procurateur Catus Decianus réclame aux nobles Icéniens des sommes qui leur ont été données par le précédent empereur, Claude.

Au même moment, le philosophe Sénèque, qui leur a prêté dix millions de drachmes, en réclame le remboursement immédiat. Les Iceni en veulent particulièrement aux vétérans de l'armée Romaine qui s'établissent dans des colonies sur leur territoire et traitent les autochtones en esclaves.
Pour venger les humiliations et les atrocités infligées à sa famille et son peuple, Boadicée prend les armes contre les Romains.
Tacite rapporte comment, debout  sur un char, elle harangue les soldats en leur disant qu’ « elle ne vient pas, fière de ses nobles aïeux, réclamer son royaume et ses richesses, elle vient, comme une simple femme, venger sa liberté ravie, son corps déchiré de verges, l'honneur de ses filles indignement flétri »
et conclue que « femme, c'est là sa résolution : Les hommes peuvent choisir la vie et l'esclavage. »... Constituant une armée, elle cherche des alliés chez ses voisins, les Trinovantes (dans l'actuel Suffolk), et d'autres tribus.
Les circonstances sont favorables, car le gouverneur Romain, Suetonius Paulinus, à la tête des XIVe et XXe légions, mène une expédition dans l'île de Mona (l'actuelle Anglesey), au nord du pays de Galles et se trouve trop loin pour intervenir. Boadicée a réuni une armée de 120 000 hommes.

Les Bretons s'en prennent d'abord à la nouvelle colonie de Camulodunum, dont le sanctuaire consacré à l'empereur Claude constitue une source d'irritation. Comme la ville ne dispose pas d'enceinte, elle est une proie facile.
Les habitants demandent des secours au procurateur Catus Decianus, qui ne leur envoie que 200 hommes mal armés.
Lors de l'attaque de la ville, seuls ceux qui se sont retranchés dans le temple de Claude résistent 2 jours.
Petilius Cerialis, à la tête de la IXe légion, se porte à la rencontre de l'armée Bretonne, mais ses troupes sont anéanties dans une embuscade.
LES CAMPAGNES DE BOADICEE
Devant la tournure des événements, le procurateur Catus Decianus s'enfuit en Gaule.

Suetonius Paulinus, revenu de Bretagne, se refuse à livrer immédiatement bataille et, malgré les lamentations des habitants, abandonne la ville de Londinium (Londres) à son sort.
Tous ceux qui n'ont pas quitté la ville, sont massacrés.
Le municipe de Verulamium subit le même sort : Les fouilles archéologiques ont permis de dégager sur les trois sites la même couche épaisse de cendres rougeâtres.
Le nombre de victimes parmi les Romains et leurs alliés est estimé à 70 000 selon Tacite, 80 000 selon Dion Cassius.
Celui-ci n'est pas avare de détails effrayants à propos du sort des Romains qui ont le malheur de tomber entre les mains des révoltés : Les femmes ont les seins coupés et sont empalées.

Le gouverneur Suetonius, ayant réuni les XIVe et XXe légions, affronte les troupes de Boadicée. Tacite ne fournit aucune indication sur le lieu précis de la bataille, qui a lieu à proximité de la chaussée Romaine connue sous le nom de Watling Street, sans doute une plaine à Mancetter dans le Warwickshire. Tacite dit cependant que Suetonius livre combat à l'endroit de son choix.

L'armée de Boadicée, bien qu'elle soit largement supérieure en nombre, subit des pertes effroyables : Quelque 80 000 hommes, alors que les Romains n'en perdent que 400.

Les sources fournissent deux versions sur la mort de Boadicée : Dans la première, Tacite raconte qu'en voyant la partie perdue, elle avale du poison pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi.

BOADICEE SUR SON CHAR
Dans l'autre, fournie par Dion Cassius, elle meurt de maladie avant de pouvoir reprendre le combat.

En Angleterre, la redécouverte de Tacite à la Renaissance entraîne un intérêt pour Boadicée. Elle est condamnée par les historiens de l'époque.

Polydore Vergil dans son Anglica Historia en 1534 ou encore Raphael Holinshed dans l'History of England en 1587, qui adoptant un point de vue Romain, la jugent sauvage et estiment que, par son comportement, elle sort du rôle attribué à une femme.

Le poète Edmund Spenser, par contre, la présente dans The Faerie Queene comme un modèle de courage et de patriotisme.

Le poète John Milton partage le point de vue des historiens mais le présente sous un angle particulier : Les Romains ont vu en elle l'occasion de diffamer les Bretons, des barbares « comme si en Bretagne les femmes étaient des hommes, et les hommes des femmes ».

En 1782, William Cowper lui consacre un des poèmes les plus populaires, Boadicea, an Ode.

À l'époque victorienne, le mythe nationaliste prend forme : Le sexe de Boadicée n'est plus un enjeu et elle devient le symbole du courage Anglais. Pour les historiens Britanniques, Boadicée est considérée comme la Vercingétorix Bretonne.
La révolte de Boadicée est encore de nos jours un symbole de courage et de résistance des populations Bretonnes contre l'envahisseur Romain.

Deux statues, dénuées de toute vraisemblance historique, ont également contribué à donner forme au mythe.
BOADICEE
La 1ère, due à Thomas Thornycroft (1885), érigée à Londres, près du quai de Westminster, la représente conduisant un char de combat, brandissant une épée, et accompagnée de ses 2 filles. Son char, dont les roues sont équipées de faux, évoque un char de combat Perse plutôt qu'un char Breton.
Ce détail a souvent été repris par la suite.

Une 2e statue due à James Havard Thomas (1916), placée dans le City Hall de Cardiff au pays de Galles, la représente en drapé grec, entourant ses filles de ses bras protecteurs.

On ne sait pas grand-chose avec certitude de cette femme guerrière, si ce n’est du point de vue de ses ennemis, les Romains. Même son nom est incertain, et nous nous référons ici au nom attribué par les historiographes Romains qui sont ses contemporains.
Son peuple, les Celtes, ne laissant pas de traces écrites, nous sommes obligées de nous fier au récit de Tacite, historien Romain, qui rédige en 98 La Vita Iulii Agricolae, une biographie de son beau-père ayant participé aux événements qui ont fait sortir Boudica du silence de l’histoire.
Ce type de publication est forcément biaisé, d’un côté parce que les Romains ne connaissent que leur perspective sur les événements, de l’autre côté parce qu’il faut dépeindre les Celtes ennemis comme des adversaires ni trop impressionnants, ni trop faibles, pour bien mettre en évidence le courage et la puissance des troupes Romaines.

Selon la légende elle se serait enfuie pour se donner la mort avec ses 2 filles, afin d’échapper à la vengeance Romaine.
BOADICEE
Comme les écrits de Tacite et de Dion Cassius, les 2 historiographes ayant relaté ces événements, sont perdus pendant des siècles, c’est seulement au XVIe siècle que l’histoire de Boudica réapparaît.

Depuis, de nombreux poèmes, peintures et pièces de théâtre célèbrent son courage patriotique mais la montrent comme femme faible et victime de son destin.
Elle figure dans des films (le premier à son nom est muet et sort en 1928), des jeux vidéos et même dans un épisode de Xéna la Guerrière.
Après avoir été utilisée comme écran de projection pour le patriotisme et l’impérialisme Britanniques, Boudica est redécouverte par le mouvement de femmes Ainsi débute en 1909 The Pageant of Great Women au Scala Theatre à Londres, un défilé représentant des femmes célèbres (artistes, scientifiques, saintes, reines...) pour soutenir la cause des suffragettes.
Boudica mène le groupe des guerrières célèbres, et c’est elle qui chasse le seul acteur homme dans la pièce qui joue le rôle... du préjugé.
Quelques décennies plus tard, c’est dans The Dinner Party de Judith Chicago, œuvre d’art en forme d’une table de banquet, que Boudica est honorée en recevant l’une des 39 places à table.

Ce peuple Celtique occupe une portion de l'East Anglia, (Norfolk et Suffolk) au sud-est de la Grande-Bretagne. Principalement constituée de paysans et d'artisans, la tribu est relativement isolée, entre la mer d'un côté et les forêts de l'autre.
Les femmes jouissent d'une situation enviable : Elles possèdent par exemple leurs propres terres, sont libres de choisir leur conjoint et peuvent demander le divorce. Par ailleurs, elles occupent souvent des postes de premier plan dans la société, y compris dans la classe dirigeante.
La situation géographique du territoire a permis aux Icènes de rester en retrait lors de la conquête de l'île par l'Empereur Claude, en 43.
Cependant, l'implantation de multiples colonies Romaines en Bretagne rend cette position délicate, et leur chef décide de faire allégeance à Rome, devenant un Roi-client. C'est à ce prix que les Icènes, certes soumis à l'Empire, sont parvenus à préserver une liberté et une autonomie relatives.
Le compromis fonctionne un temps, jusqu'à la nomination d'un nouveau gouverneur, Publius Ostorius Scapula, en 47. Celui-ci doit faire face aux multiples rebellions d'autres peuples Celtes et, se défiant des tribus pourtant soumises, il ordonne de les désarmer.
Cette fois, les Icènes se révoltent, mais ils sont vaincus par Ostorius. C'est à ce moment que Prasutagus devient Roi, soit que son prédécesseur Antedios ait été tué dans les combats, soit qu'il ait été évincé par les Romains. Boudicca devient donc Reine des Icènes.

Pour couronner le tout, le nouveau gouverneur a lancé une attaque d'une grande violence au Pays de Galles contre l'île de Mona, important sanctuaire druidique : Le site est incendié et les druides, suspectés de fomenter les révoltes et soulever les autochtones, sont massacrés.
Le fait est d'importance car Suetonius et son armée, préoccupés par les combats au nord-ouest, ne prendront pas immédiatement la mesure de la révolte que va déclencher Boudicca...

En dépit des lamentations et des supplications de ses habitants, il se résigne à sacrifier la ville, dans l'espoir de sauver la province. Suetonius ordonne l'évacuation de la ville, qui est abandonnée à Boudicca et à ses hommes. A son tour, Londinium est incendiée, et tous ceux qui n'ont pas fui sont tués. Verlulamium (Saint Albans), municipe Romain, connaît le même sort.
Entre 70 000 et 80 000 personnes ont trouvé le mort au cours de ces trois batailles, et Dion Cassius ne se prive pas de décrire la cruauté et la barbarie des Celtes : 
« Mais leur action la plus affreuse , la plus inhumaine, est de pendre nues les femmes de la plus haute naissance et de la plus grande distinction, de leur couper les mamelles et de les leur coudre sur la bouche, afin de les leur voir manger, après quoi, ils les empalent.
Ces horreurs se commettent au milieu de leurs sacrifices, de leurs festins et de leurs orgies, dans leurs temples et principalement dans le bois consacré à Adrastée : C'est le nom qu'ils donnent à la Victoire , et ils lui rendent un culte tout particulier. » (Dion Cassius, Ibid.)
A se demander si le culte païen ne l'horrifie pas encore davantage que le sort réservé à ces nobles dames...  De quoi terrifier le lecteur, et stigmatiser par la même occasion les tribus Barbares, véritables bêtes sauvages et cruelles, face à des Romains civilisés, y compris dans les tueries.
Pendant que Boudicca éradique allègrement Londinium de la carte, Suetonius rassemble ses hommes et regroupe une armée composée de la Legio XIV Gemina, d'une partie de la Legio XX Valeria Vitrix et de tous les auxiliaires disponibles.
Les Romains sont en nette infériorité numérique, puisque Boudicca entraîne derrière elle environ 230 000 guerriers (20 fois plus que de légionnaires !) Pour autant, la situation n'est pas aussi désespérée qu'il y parait. D'abord, les Celtes sont principalement munis d'armes rudimentaires et de lances, tandis que les Romains possèdent des glaives, plus propices au corps-à-corps. Ensuite, ils n'ont pas reçu la formation des soldats Romains, rompus au combat et soumis à une stricte discipline. Enfin, Boudica semble avoir eu des difficultés à contenir ses troupes et à maintenir l'ordre.

La bataille s'engage, digne d'une BD d'Astérix - « On en vient aux mains, les Barbares avec de grands cris et des chants de menace, les Romains en silence et en bon ordre » (Dion Cassius), et comme prévu, elle tourne à l'avantage des Romains : Après avoir lancé les javelots, l'infanterie lance une attaque frontale, soutenue par les cavaliers armés de lances. Les glaives font un carnage en combat rapproché, tandis que les Celtes sont incapables de riposter avec leurs longues épées.
Pire : Ceux qui tentent de fuir sont piégés par les charrettes où les attendent leurs épouses, et qui leur font maintenant barrage ! Les hommes, les femmes, jusqu'aux bêtes de somme... Tous sont transpercés, massacrés, exterminés, et des masses de cadavres s'entassent dans la plaine. Tacite avance les chiffres de 80 000 morts côté Celte, contre 400 côté Romain...
Refusant l'humiliation d'une capture et de l'exhibition qui ne manquera pas de suivre, lors d'un triomphe à Rome, Boudicca se serait suicidée en ingérant du poison, c'est du moins ce que rapporte Tacite.
Mais Dion Cassius prétend qu'elle se serait échappée, et qu'elle serait morte de maladie peu après... Dommage collatéral du conflit, Poenius Postumus (le commandant qui s'est enfuit avant la bataille), déshonoré par sa lâcheté, se suicide également, en se transperçant de son épée.



Boadicée — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Boadicée
Boadicée (ou Boadicea /boʊdɨˈsiːə/ en anglais, Boudicca, Boudica en latin, Βουδουικα, Βουνδουικα, ou Βοδουικα en grec), vers 30 apr. J.-C. - 61, est une reine du peuple britto-romain des Iceni présent dans la ...
Date de naissance‎: ‎vers 30 apr. J.-C
Lieu de décès‎: ‎Grande-Bretagne
Date de décès‎: ‎61
Enfants‎: ‎deux filles (Isolda et Sorya)

La Toge Et Le Glaive: La Révolte de Boudicca, Reine des Icènes.
latogeetleglaive.blogspot.com/2012/10/la-revolte-de-boudicca-reine-des-icenes.html
27 févr. 2013 - La Révolte de Boudicca, Reine des Icènes. Nous savons, grâce au proverbe, que Rome ne s'est pas faite en un jour. Elle ne s'est pas faite non ...

Boudica, reine et résistante - Garance ASBL
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Boudica, reine et résistante. On ne sait pas grand-chose av