dimanche 27 septembre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 600


22 SEPTEMBRE 2015...

Cette page concerne l'année 600 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

MAHABALIPURAM LE GRAND PORT INDIEN DU MOYEN-ÂGE

Mahabalipuram ou Mamallapuram « la ville de Mahabali ») est une ville Indienne dans le district de Kanchipuram (Tamil Nadu). Elle est située à 50 km au sud de Chennai (Madras) sur la côte de Coromandel, elle sert de port à Madras au Moyen-Âge.
Il s'y trouve un site archéologique et des temples de première importance en Inde du sud.

Le port de Mahäbalipuram était connu déjà au temps de la Grèce antique. Au VIIe siècle, du temps du règne de la dynastie Pallava, Mahabalipuram est un port important sans doute en communication avec le Srivijaya en Indonésie et le Royaume du Champa sur la péninsule Indochinoise.
Cependant, si aucune installation portuaire n'a été retrouvée à ce jour, le tsunami, conséquence du tremblement de terre du 26 décembre 2004, a mis au jour des structures qui peuvent être reliées à cette activité.

La Descente du Gange est un bas-relief datant du VIIe siècle, probablement le plus grand au monde. Les sculptures qui couvrent la totalité de la surface de 2 énormes rochers, soit 27 mètres de long sur 9 mètres de haut, dépeignent le cours du Gange depuis les Cieux et l'Himalaya tel que décrit dans le Panchatantra... Selon le Ramayana, le roi d'Ayodhya Bhagiratha, de la lignée d'Iksvaku, lui-même ancêtre de Rama, se livre à une très dure ascèse durant
1 000 ans afin d'accomplir les rites funéraires et purifier les cendres de ses 60 000 mille ancêtres. À force de courage, il obtient de Brahma la descente sur terre de la Ganga. Cependant le flot impétueux du fleuve a anéanti toute vie, tant sa force est grande, à force de nouvelles austérités, le roi a obtenu de Shiva la faveur de recueillir le Gange dans sa Jata (chignon d'ascète) pendant encore 100 ans. Au terme de ces années, son cours a été ralenti et Shiva peut le laisser couler librement. Cependant, alors que le Gange dévale son lit, il asperge l'autel de l'ascète Jahnu, qui, contrarié, l'avale. Bhagiratha le prie de l'excuser, et l'ascète permet au Gange de sortir par son oreille afin de terminer son œuvre de purification, d'où le nom de Jahnavi, fille de Jahnu, que l'on donne parfois à la Ganga...

La fissure centrale représentant le cours du Gange est peuplée de créatures aquatiques tels des nâgas et naginis. De part et d'autre de cette représentation du fleuve, se trouve l'image de Shiva. Au-dessus de celle-ci, on trouve les ruines d'un réservoir, ce qui laisse penser qu'autrefois de l'eau s'écoulait pour matérialiser le Gange à l'occasion de rituel et d'offrandes. Hormis les nombreuses représentations divines, le bas-relief dépeint la vie de village en Inde au VIIe siècle, notamment des scènes de la vie quotidienne.
Dans la partie supérieure, à droite de la fissure, le donateur et mécène, le roi Pallava Mahendravarman (580–630) est représenté en compagnie de ses trois épouses.
Dans le bas, à droite de la fissure, on reconnaît un chat yogi en posture de méditation, des souris insouciantes dansant autour de lui. La scène figure un dicton de la sagesse populaire Indienne qui conseille de se méfier des faux sâdhus. De part et d'autre de ce relief sont figurés de grands éléphants dont l'interprétation reste incertaine : Ils figurent peut être les piliers du monde, placés dans le monde souterrain : C'est là que les ancêtres de Bhagiratha ont été réduits en cendres par Brahma. Celui-ci, sous la forme du sage Kapila, a dérobé le cheval de l'ashvameda pour faire mourir les fils de Sagara, les
60 000 ancêtres de Bhagiratha. Ces événements ont pour but de préparer cette descente du Gange.

Le Temple du Rivage est un temple construit de 700 à 728 par le roi Pallava Râjasimha Nârasimhavarman II au bord de la côte du golfe du Bengale. C'est un des premiers temples construits par opposition aux temples creusés dans des grottes ou excavés dans des falaises.
D'après la tradition, c'est le seul temple restant de l'ensemble mythique des 7
pagodes de Mahabalipuram. Le temple, qui a souffert depuis douze siècles de sa situation sur le rivage, est maintenant protégé de l'érosion éolienne par une haie et de celle des vagues par des blocs de rocher mis en place par le gouvernement d'Indira Gandhi, blocs qui lui ont permis de résister à la vague du tsunami du 26 décembre 2004. Cependant, cette vague qui a déplacé de grandes quantités de sable sera peut-être à l'origine de futures découvertes concernant le site.

Les cinq Ratha (Pancha Ratha) — Yudhishthira (ou Dharmaraja), Bhima, Arjuna, Draupadi et Nakula-Sahadeva — sont des monuments monolithiques de tailles et de formes différentes excavés d'une petite colline, descendant en pente douce vers le sud du village.
Le terme ratha est incorrectement utilisé ici car il signifie « chariot » (voir Puri), comme ceux utilisés dans les processions. Les Ratha de Mahâbalipuram n'ont pas de roue, contrairement au temple de Surya de Konarak qui est en forme de chariot avec des roues, tiré par des chevaux sculptés.
Le Dharmaraja a été dégagé à partir de la partie la plus haute de la colline, puis suivent par ordre décroissant de taille, le Bhima, l'Arjuna et le Draupadi.
Le Sahadeva a été excavé d'une roche un peu plus grande placée à l'ouest de Draupadi. Juste devant le Draupadi, deux autres roches plus petites ont été sculptées en forme d'éléphant et de lion, le véhicule de Durga. Derrière le Draupadi et l'Arjuna, qui se tiennent sur une plate-forme commune, se trouve un Nandin, un bœuf, véhicule de Shiva.
Ces Ratha représentent les formes de temples en service à l'époque de leur excavation et qui sont faits de matériaux périssables.
Draupadi, en forme de hutte avec toit de chaume, dédié à Durga, Il s'agit d'un temple dédié à Durga au plan simple, carré, à une cella. Sa toiture évoquant les toits de chaume rappelle sans doute des chapelles de villages construites en matériaux périssables et qui n'ont pas survécu. Ce modèle reste sans lendemain dans la pierre, mais sans doute toujours important dans l’architecture populaire.

Il y a quatre autres ratha ailleurs dans Mahabalipuram. Un grand nombre de temples, souvent excavés, sont aussi éparpillés sur le territoire du village. Enfin, on trouve également dans le village un énorme rocher vaguement sphérique appelé la boule de beurre de Krishna. Le site de Mahabalipuram est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1985. Mahâballipuram accueille l'un des plus importants festivals de danse Indienne à la fin de chaque année.
Cette ville, sous la dynastie des Pallava au VIIe siècle, possède un port très actif par lequel la civilisation Indienne s'exporte vers l'extrême orient, de Ceylan à Java. Le site est constitué par des temples, une immense fresque en bas-relief et des grottes sculptées de hauts reliefs traitant des mythes de l'hindouisme. Tous sont des chef d’œuvres de l'art Pallava. Le monument le plus visité et le plus justement célèbre est une fresque grandiose taillée en bas-relief dans une paroi rocheuse que l'on désigne sous le nom de la Descente du Gange. On lui donne également le nom de « la pénitence d'Arjuna ». Elle illustre la légende de la Descente du Gange sur Terre, par le canal de la chevelure du dieu Shiva, et la retraite du dieu Shiva sur l'Himalaya.
S'y déploient toutes sortes d'êtres célestes comme les Kinnara, les Gandharva, les Apsara, des Sages barbus vénérables, un ascète qui prie Shiva, mains jointes en prières au-dessus de la tête, le Nâga et la Naginî qui, eux aussi mains jointes devant le corps, émergent d'une longue fissure dans le rocher, le chat qui imite l'ermite pendant que des souris s'amusent autour de lui, les deux gros éléphants avec des petits entre leurs pattes qui regardent vers cette scène, un autre Sage priant le Dieu Vishnu qui se tient sous un dais, etc.

Juste à côté, le mandapa des 5 Pandava ne présente aucun relief sculpté. Seules les colonnes d'entrée sont décorées.
Un peu plus loin, le mandapa dit d'Arjuna figure parmi les plus beaux. On y voit le Dieu Krishna soulevant d'une seule main le Mont Govardhana pour que les villageois puissent se protéger de l'orage déclenché par le Dieu Indra, irrité par l'indifférence des villageois à son égard.
Sur la même scène, un peu à l'écart, se tient Balarama, frère de Krishna. Le fond de la grotte est orné d'un superbe et charmant bas-relief d'une vache léchant son veau pendant que son bouvier la trait. D'autres scènes illustrent cette vaste fresque : Un homme avec un bébé sur l'épaule, une servante portant des pots à lait et du foin sur la tête...

Un autre endroit très visité est un ensemble de Ratha. Les ratha sont d'énormes chars de procession en bois, tractés dans les rues des villes par des centaines de pénitents lors de certaines cérémonies religieuses, pour offrir à la vénération de la foule, les statues de bronze somptueusement parées des divinités qui y sont installées.
Ici, sous ce nom, on désigne des temples monolithiques. Mais l'originalité tient à ce qu'il ne s'agit pas de temples construits, mais de monuments monolithiques creusés en forme de bâtiments à même le rocher. A l'époque de leur réalisation (VIIe siècle), on ne sait pas encore construire de bâtiments de pierre. Aussi leurs formes, jusque dans les détails, reproduisent-il les modalités architecturales des bâtiments de bois. Mais l'on estime que les demeures des dieux ou plutôt, en l'espèce, des héros divinisés, se doivent d'être à l'épreuve du temps...
Les 5 Ratha sont groupés dans une enceinte mais ils restent bien visibles de la route qui passe juste à côté. (pour les allergiques au prix du billet). On leur a attribué les noms de Draupadi, Arjuna, Bhîma, Yudhishthira et Nakula, noms des frères Pândava (et de leur épouse commune), héros dont l'histoire est contée dans l'épopée célébrissime du Mahâbhârata .
 Le Ratha de Draupadi, consacré à Durgâ, possède un toit d'une forme semblable à celui d'une hutte de chaume, un lion se tient devant, signalant la dédicace à la déesse.
 Le Ratha voisin, dit d'Arjuna, se signale par une architecture déjà plus complexe, des Dvârapâla habillent les murs. Consacré à Indra, un éléphant est donc placé devant.
 Derrière cet éléphant, se dresse le Ratha de Nakula.
 Puis l'on arrive au plus vaste de ces monuments, le Ratha de Bhima. Entre le Ratha de Bhima et celui d'Arjuna, se tient un Nandi, sur l'arrière.
 Le dernier des Ratha est celui de Yudishtara, c'est aussi celui dont la composition est la plus complexe. On y distingue 3 niveaux dont la coupole sommitale de forme octogonale.
Un autre monument universellement connu de Mahabalipuram est le Temple du Rivage. Comme son nom l'indique il a été bâti en bordure de mer dont il n'est séparé que de quelques dizaines de mètres, plantés d'arbres de protection contre les embruns corrosifs du large. Une digue de rochers a été aussi aménagée pour assurer une protection physique du temple contre les fortes marées et l'érosion marine de la côte. Dans l'enceinte soigneusement close par des barbelés, on traverse une belle pelouse bien entretenue pour se rendre au temple.
Le monument est très élégant, mais décidément les siècles et les intempéries marines ont accompli leur travail. Pendant plus de 12 siècles, il a défié les vagues de l'océan, les effets de l'érosion marine et le vent. Dans des cellules à l'est et à l'ouest sont gravés des Somaskanda. Dans un renfoncement intérieur, un beau Vishnu allongé est protégé.

Les touristes pressés se limitent trop souvent à la visite de la Descente du Gange, du temple du Rivage et des 5 Ratha. C'est grand dommage car Mahabalipuram réserve d'autres surprises qui, de surcroît, sont gratuites. On peut ainsi faire un petit circuit à pied en partant de la Descente du Gange et en se rendant vers la droite de quelques dizaines de mètres.
 On voit là le Ratha de Ganesh, d'époque Pallava (VIIe-VIIIe siècle). C'est le seul des Ratha à avoir une activité religieuse, une statue du célèbre dieu à tête d'éléphant, aimé de tous les Indiens, y reçoit des offrandes. A l'origine consacré à Shiva, ce petit temple monolithique est de type shala, c'est à dire comme un hall s'ouvrant par un portique, avec une toiture en forme de carène de navire couronnée par plusieurs stupi, ornements en forme de vase.
 On aperçoit un peu plus loin un gros rocher de granite de forme arrondie, qui semble en équilibre instable: C'est la boule de Krishnâ (par référence à une légende dans laquelle Krishnâ tout petit enfant a dérobé une boule de beurre qu'il tient dans sa menotte, alors qu'il est à 4 pattes). On revient vers le Ratha de Ganesh pour prendre un large sentier bien marqué qui permet de monter aisément sur la colline.

Chemin faisant, on rencontre divers monuments, presque tous des grottes artificielles :
 Le mandapa de Varâha est riche en belles sculptures : Tout d'abord, une représentation de Varâha, puis Gajalakshmi, Déesse de la prospérité, ondoyée par 2 éléphants qui l'encadrent, une autre sculpture illustre la légende de Vâmana, avatar de Vishnu, parcourant de sa jambe haut levée, les trois mondes sur lesquels régnait l'orgueilleux roi Bali

 Un temple dont il ne reste que quelques murs et des jambages du portail d'entrée, c'est le Rayar Gopuram
 Puis vient le vaste mandapa de Ramanuja sans grand intérêt

 Le mandapa de Mahîshâsuramardinî est l'un des plus beaux. Les différents bas-reliefs ciselés dans le rocher présentent des scènes mythologiques célèbres : La déesse Durgâ , sous sa forme de Mahîshâsuramardinî, met à mort le terrible démon à tête de buffle Mahishâsura (ce qui donne son nom à cette grotte), dans une scène impressionnante de dynamisme et de réalisme. Sur le côté opposé, en contraste total, Vishnu Narayana, couché et profondément endormi sur le serpent d'Eternité Ananta (= Shesha), respire la quiétude profonde malgré la présence des 2 démons Madhu et Kaithaba qui mijotent un mauvais coup. Mais des guerriers sont là qui vont intervenir.

 Le temple d'Ishwara est placé sur le point culminant de la colline. Une rampe y donne accès. Les reliefs sur les murs du temple sont usés par les intempéries. On distingue cependant, côté nord un Râvana secouant le Mont Kailash, cependant que du côté sud, on reconnaît un Dakshinâmûrti. Des lions dressés marquent les angles de ce bâtiment et des Dvârapâla sur des pilastres surmontent de petits Gana qui courent sur la base. Deux petits Ganesh sont visibles sur la corniche supérieure, côté ouest. De là, on jouit d'une belle vue sur 360°.

A quelques km au nord de Mahabalipuram, en bordure de mer,on peut visiter la grotte du Tigre, creusée dans un rocher de belle taille. Le lieu s'appelle Saluvankuppam. Il est préférable de le voir dans la matinée pour bénéficier de la meilleure lumière pour les photos.
La grotte est consacrée autrefois à la Déesse Durgâ, mais il n'en reste aucune trace. C'est un monument d'époque Pallava.
Dans la même enceinte, un peu plus loin au nord, un autre gros rocher a été excavé pour former une petite cellule dont l'entrée est gardée par deux Dvârapâla. Face à cette cellule ont été placés un Lingam et un Nandi. Dans la cella, un Lingam récent indique qu'il s'agit d'un temple de Shiva. Sur le mur du fond, a été gravée une représentation d'Ûmâmaheshvar . L'accès est libre.

Voyages en Inde, Tamil Nadu, Mahabalipuram
ganapati.free.fr/voyage/tamilnadu/mahab.html
Mahabalipuram fut, sous la dynastie des Pallava dynastie célèbre du sud de l'Inde au 7 ème siècle, un port très actif par lequel la civilisation indienne s'exporta ... Guide de voyage Mahabalipuram - Le Guide Vert Michelin
voyage.michelin.fr/web/destination/Inde-Mahabalipuram
Mahabalipuram : préparez votre séjour Mahabalipuram avec Le Guide Vert Michelin. Infos pratiques, sites touristiques incontournables, hôtels et restaurants Mahabalipuram. ... Ajouter : Partager : Suivez-nous : Historique.

EN REMONTANT LE TEMPS... 601

21 SEPTEMBRE 2015...

Cette page concerne l'année 601 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LA MISSION GRÉGORIENNE ET SES DIFFICULTÉS AVEC LES BRETONS D'ANGLIA


On ignore les raisons qui ont poussé Grégoire le Grand à choisir un simple moine comme Augustin pour diriger la mission. Dans une lettre à Æthelberht, il loue ses connaissances bibliques, ce qui implique un certain degré d'éducation...
Augustin doit également être un administrateur compétent : En tant que prieur de l'abbaye Saint-André, c'est lui qui s'occupe des affaires courantes, puisque son abbé n'est autre que le pape Grégoire lui-même.

Augustin est accompagné d'une quarantaine de compagnons, dont plusieurs moines. Peu après leur départ de Rome, les missionnaires s'arrêtent, effrayés par l'ampleur de la tâche qui leur est imposée. Ils renvoient Augustin auprès du pape, pour lui demander de leur permettre de rentrer. Grégoire refuse et renvoie Augustin auprès de ses compagnons avec des lettres les exhortant à poursuivre.
La mission Grégorienne arrive au Kent en 597. Æthelberht leur permet de s'installer dans sa capitale de Canterbury et d'y prêcher, avant de se convertir lui-même au christianisme. On ignore la date exacte de son baptême, mais il a vraisemblablement eu lieu en 597. En effet, l'année suivante, Grégoire écrit au patriarche d'Alexandrie pour se féliciter des succès d'Augustin, qui a converti 10 000 païens, mais une conversion aussi massive (même si le chiffre peut être exagéré) n'aurait pu avoir lieu sans celle du roi.
Néanmoins, lorsque Grégoire écrit au patriarche Euloge d'Alexandrie en juin 598, il mentionne les nombreuses conversions effectuées par Augustin, mais ne parle pas du baptême du roi. Celui-ci s'est de toute façon produit avant 601. Cette conversion vient également réduire l'influence Franque sur le sud de l'Angleterre.

Augustin établit son siège épiscopal à Canterbury. On ne sait pas exactement quand et où il a été sacré évêque... D'après Bède, c'est l'archevêque d'Arles qui l'a sacré après la conversion d'Æthelberht. Pourtant, les lettres de Grégoire lui donnent le titre d'évêque avant même son arrivée en Angleterre.

Ayant étudié les différentes possibilités, l'historien R. A. Markus estime que le sacre d'Augustin s'est bien produit avant sa traversée de la Manche, mais que les sources ne permettent pas d'en préciser le lieu. Augustin fonde l'abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul peu après son arrivée, sur des terres données par le roi. Bien qu'elle soit souvent considérée comme la première abbaye Bénédictine hors d'Italie, rien ne permet d'affirmer qu'elle a suivi la règle de Saint Benoît dès sa fondation.

Augustin renvoie Laurent à Rome assez rapidement, afin d'informer le pape de ses premières conversions et de lui demander conseils sur divers points de doctrine et d'administration de l'Église.
La lettre d'Augustin et la réponse de Grégoire ont été préservées par Bède, qui les inclut dans le chapitre 27 de son Historia ecclesiastica gentis Anglorum (ce chapitre est communément appelé Libellus responsionum).
Grégoire envoie de nouveaux missionnaires en Angleterre en 601. Ils amènent avec eux des vases sacrés, des reliques, des livres (dont peut-être l'évangéliaire de Saint Augustin) et un pallium pour Augustin.
Symbole de l'autorité métropolitaine, ce pallium confère à Augustin le statut d'archevêque, directement lié au Saint-Siège. Il est accompagné d'une lettre dans laquelle Grégoire demande à Augustin d'ordonner 12 évêques suffragants dès que possible, et d'envoyer un évêque à York.
Le pape envisage de diviser l'île entre deux sièges métropolitains, l'un à York et l'autre à Londres, chacun d'eux ayant autorité sur 12 évêques suffragants. En accord avec les projets de Grégoire, Augustin a dû transférer son siège de Cantorbéry à Londres, mais ce déplacement n'a jamais eu lieu... vraisemblablement parce que la ville ne Londres ne relève pas d'Æthelberht : elle appartient au royaume d'Essex, sur lequel règne son neveu Sæberht.

Augustin sacre son successeur Laurent avant de mourir, probablement pour que la passation de pouvoir se fasse sans heurt. À sa mort, le 26 mai 604, les efforts de la mission Grégorienne n'ont guère dépassé les frontières du Kent. Cependant, les travaux d'Augustin marquent l'arrivée d'une démarche plus active dans la christianisation des îles Britanniques, là où les chrétiens Irlandais et Gallois ne se sont pas efforcés de convertir les envahisseurs Saxons. C'est par conséquent lui et ses successeurs qui permettent l'implantation définitive de cette religion en Grande-Bretagne. Son exemple inspire par la suite les missionnaires Anglo-Saxons qui retournent sur le continent à partir de la fin du VIIe siècle pour convertir les peuples encore païens de l'empire franc.

Le corps d'Augustin est tout d'abord inhumé dans le portique de l'abbaye qu'il a fondée à Cantorbéry et qui prend par la suite son nom. Son culte est promu avec vigueur après la conquête Normande de l'Angleterre : le 13 septembre 1091, ses restes sont déplacés dans une nouvelle tombe, située dans une chapelle axiale de l'abbaye Le roi Henri Ier accorde à l'abbaye une foire de 6 jours du 8 au 13 septembre.
Le moine Goscelin rédige une hagiographie d'Augustin vers 1090. Son œuvre n'apporte guère de nouvelles informations biographiques, mais inclut quantité de miracles et discours imaginaires. Les chroniqueurs médiévaux continuent à broder sur ce thème dans les siècles qui suivent : Guillaume de Malmesbury attribue à Augustin la fondation de l'abbaye de Cerne, une chronique probablement rédigée par John Brompton inclut de fausses lettres d'Augustin, et divers auteurs l'utilisent comme personnage dans leurs romans.

Durant la réforme anglaise du XVIe siècle, la tombe d'Augustin est détruite et ses reliques perdues. Un nouveau lieu de culte est rétabli à Ramsgate en mars 2012. À quelques kilomètres de là, dans le hameau d'Ebbsfleet, se dresse la croix de Saint Augustin, érigée en 1884 à l'endroit supposé du débarquement d'Augustin.
Augustin est le Saint Patron de l'Ordinariat personnel de Notre-Dame de la Croix du Sud...

Enfin, et après toutes ces lettres, Grégoire adresse une réponse très longue et très détaillée aux 11 questions que lui a posées Augustin sur les principales difficultés qu'il rencontre ou qu'il prévoie dans sa mission. Il faudrait citer en entier cette réponse, monument admirable de lumière, de raison conciliante, de douceur, de sagesse, de modération et de prudence, destiné à devenir, comme on l'a dit très justement, la règle et le code des missions chrétiennes.

Interrogé sur les peines à infliger aux voleurs sacrilèges, et sur la disposition de la loi Romaine, qui impose au voleur la restitution du double ou quadruple, Grégoire prescrit de tenir compte, dans le châtiment, de l'indigence ou de la richesse du larron, mais toujours avec une charité paternelle, et une modération qui retienne l'âme dans les limites de la raison.
Quand à la restitution,
« à Dieu ne plaise », dit-il, « que l’Église veuille gagner à ce qu'elle a perdu, et cherche à tirer profit de la folie des hommes ! »

A peine a-t-il écrit au roi Ethelbert, la lettre où il l'exhorte à détruire les temples du vieux culte national, qu'il se ravise, et au bout de quelques jours il dépêche une instruction toute différente au chef de la nouvelle mission, à ce Mellitus qu'il qualifie d'abbé et qu'il a chargé de porter sa lettre au roi. Il espère le rejoindre en route.
« Depuis le départ de toute la compagnie qui est avec vous », lui écrit-il, « je suis fort inquiet, car je n'ai rien appris des succès de votre voyage. Mais quand le Dieu tout-puissant vous aura conduit auprès de notre révérendissime frère Augustin, dites-lui que, après avoir longtemps roulé dans mon esprit l'affaire des Anglais, j'ai reconnu qu'il ne faut pas du tout abattre les temples des idoles, mais seulement les idoles qui y sont. Après avoir arrosé ces temples d'eau bénite, qu'on y place des autels et des reliques,
car si ces temples sont bien bâtis, il faut les faire passer du culte des démons au service du vrai Dieu, afin que cette nation, voyant que l'on ne détruit pas ses temples, se convertisse plus aisément, et vienne adorer le vrai Dieu dans les lieux qui lui sont connus ».

C'est le cas de parler ici des divergences qui existent entre Rome et l'antique église Bretonne, voisine des Anglais, ou entre Rome et les Chrétientés d'Irlande, de Calédonie. La dissidence capitale porte sur la date de la célébration de la fête de Pâques… La dissidence capitale porte sur la date de la célébration de la fête de Pâques. Dès les premiers siècles, des discussions prolongées sont élevées sur le jour où il convient de célébrer la plus grande fête de l’Église. Le concile de Nicée a fixé l'époque des solennités pascales au dimanche après le 14e jour de la lune de l'équinoxe du printemps, et cette date, sanctionnée par l’Église Romaine, a été portée dans toutes les églises de la Bretagne avec la foi chrétienne, comme par Saint Patrice en Irlande, et par Saint Colomban en Calédonie. Mais l'église d'Alexandrie s'est aperçue d'une erreur astronomique qui provient de l'emploi par les chrétiens de l'ancien cycle judaïque... Elle a introduit un comput plus exact, adopté dans tout l'Orient, et dont il résulte dès le pontificat de Saint Léon le Grand (440-461) une différence d'un mois entier entre le jour de Pâques à Rome et le jour de Pâques à Alexandrie...

Enfin, vers le milieu du VIe siècle, en 532, on se met d'accord : Rome adopte la supputation de Denys-le-Petit, qui ne permet plus de se tromper sur le jour fixé par le concile de Nicée, et l'uniformité de date se trouve rétablie dans l’Église.

Mais l'invasion Saxonne a intercepté les communications habituelles entre Rome et les églises Bretonnes. Celles-ci conservent l'ancien usage Romain, et c'est précisément l'attachement à cet usage Romain qui lui sert d'argument contre les calculs plus exacts que leur apportent Augustin et ses moines Italiens, mais qu'ils repoussent comme des nouveautés suspectes, comme une dérogation aux traditions de leurs pères. C'est comme on voit pour rester fid
èles aux enseignements primitifs de Rome, qu'ils résistent aux nouveaux missionnaires Romains.
S'il y a eu le moindre dissentiment dogmatique ou moral entre les Bretons et l’Église Romaine, jamais Augustin n'a commis l'insigne folie de solliciter l'assistance du clergé Celtique pour la conversion des païens Saxons. Cela aurait semer la confusion et la discorde dans la nouvelle Église qu'il s'agit de constituer par le concours énergique du christianisme indigène avec les envoyés de Rome.

Rien de plus pénible que de rencontrer dans l'histoire des luttes interminables et passionnées pour des causes ou des questions qui au bout de quelque temps n'intéressent plus personne, et que personne ne comprend plus. Mais ce n'est pas seulement l'antiquité chrétienne, ce sont tous les siècles qui offrent de pareils spectacles. Et à ceux qui se scandaliseraient de l'excessive importance que les âmes les plus pieuses de leur temps ont attachées à de pareilles minuties, il suffit de rappeler l'obstination acharnée qu'ont mise de grands peuples, tels que les Anglais et les Russes, à repousser la réforme du calendrier Grégorien, les uns pendant près de 2 siècles, les autres jusqu'au sein de l'uniformité du monde contemporain... Comment se figurer que, pour cette mesquine et misérable différence, les deux Églises soient restées pendant 2 siècles sur le pied de guerre l'une vis-à-vis de l'autre ? Puisque les Celtes des îles Britanniques tiennent de Rome même leur ancien usage, pourquoi ne pas la suivre dans son calcul perfectionné, comme dans tout le reste de l'Occident ? Pourquoi vouloir absolument se réjouir quand les Romains jeûnaient, et jeûner quand ils chantent l' Alléluia ?... N'y a-t-il pas une cause plus sérieuse, plus profonde à la dissidence dont la controverse pascale ne couvre que la surface ? … De toutes les causes, la plus naturelle et la plus excusable, c'était l'instinct de conservation nationale, exaspéré par la haine de l'ennemi triomphant et se traduisant par la méfiance de l'étranger, qui semblait le complice de l'ennemi.
Augustin sent bien qu'il a besoin des chrétiens Celtiques pour mener à bien la grande œuvre que la Papauté lui a confiée. Formé à l'école conciliante et modérée de Saint Grégoire le Grand, imbu de ses récentes instructions, il est loin de se montrer exclusif, quant aux personnes ou aux usages locaux, et, pour achever la conversion des Saxons, il réclame sincèrement le concours du clergé nombreux et puissant, qui depuis plus d'un siècle est l'âme de la résistance contre les païens et qui peuple ces grands cloîtres de la Cambrie, où n'a point encore pénétré l'épée des conquérants.

Mais les Bretons lui opposent une résistance jalouse et obstinée. Ils ne veulent point se joindre à lui pour évangéliser leurs ennemis, ils n'ont aucune envie de leur ouvrir les portes du ciel.
Augustin réussit cependant à obtenir que les principaux évêques et docteurs du pays de Galles tiennent une conférence publique avec lui. On convient de se rencontrer sur les confins du Wessex, près des bords de la Saverne qui sépare les Saxons des Bretons. L'entrevue, comme celle d'Augustin avec Ethelbert après son débarquement, a lieu en plein air et sous un chêne qui gardera longtemps le nom de chêne d'Augustin...
Il commence, non par réclamer la suprématie personnelle que le Pape lui a concédée, mais par exhorter les chrétiens Celtiques à vivre dans la paix catholique avec lui et à unir leurs efforts aux siens pour évangéliser les païens, c'est-à-dire les Saxons. Mais ni ses prières, ni ses exhortations, ni ses reproches, ni la parole de ses collaborateurs monastiques, jointe à la sienne, rien ne réussit à fléchir les Bretons qui s'obstinent à invoquer leurs traditions contre les règles nouvelles. Après une contestation aussi longue que laborieuses, Augustin dit enfin :
« Prions Dieu, qui fait habiter ensemble les unanimes, de nous montrer par des signes célestes quelles traditions on doit suivre. Qu'on amène un malade, et celui dont les prières l'auront guéri sera celui dont la foi devra être suivie ».

Les Bretons consentent à contre-cœur, on amène un Anglo-Saxon aveugle, que les évêques Bretons ne peuvent guérir. Alors Augustin s'agenouille et prie Dieu d'éclairer la conscience de beaucoup de fidèles en rendant la vue à cet homme. Aussitôt l'aveugle recouvre la vue. Les Bretons sont d'abord touchés, ils reconnaissent qu'Augustin marche dans la voie de la justice et de la vérité, mais ils déclarent qu'ils ne peuvent renoncer à leurs vieilles coutumes sans le consentement du peuple, et demandent une seconde assemblée où leurs députés seraient plus nombreux. Cette seconde conférence a bientôt lieu… Or, il est facile de voir laquelle des 3 conditions Augustin a le plus à cœur, par la prédiction menaçante qu'il oppose au refus des moines Bretons.
« Puisque vous ne voulez pas faire la paix avec des frères, vous aurez la guerre avec des ennemis, puisque vous ne voulez pas montrer aux Anglais la voie de la vie, vous recevrez de leurs mains le châtiment de la mort ».

Cette prophétie n'est que trop cruellement accomplie quelques années plus tard. Le roi des Angles du Nord, Ethelfrid, encore païen, vient envahir la région de la Cambrie, où est situé le grand monastère de Bangor. Au moment où le combat s'engage entre sa nombreuse armée et celle des Gallois, il voit au loin, dans un site élevé, une troupe d'hommes sans armes et tous à genoux...

« Qu'est-ce que ces gens-là ? » demanda-t-il.
– On lui dit que ce sont les moines du grand monastère de Bangor qui, après 3 jours de jeûne, viennent prier pour leurs frères pendant le combat.

« S'ils prient leur Dieu pour mes ennemis », dit le roi, « ils combattent contre nous quoique sans armes ».
– Aussitôt il fait diriger contre eux la première attaque : Le prince Gallois, qui aurait dû les défendre, s'enfuit honteusement, et 1 200 moines sont massacrés sur-le-champ...

Une calomnie déjà ancienne et réchauffée de nos jours, a prétendu qu'Augustin a provoqué cette invasion, et désigné le monastère de Bangor aux païens de la Northumbrie. Or, le vénérable Bède affirme qu'il est déjà depuis longtemps dans le ciel...
C'est bien assez que Bède lui-même, beaucoup plus Saxon que chrétien toutes les fois qu'il s'agit des Bretons, applaudisse plus d'un siècle après ce massacre, et y voie une juste vengeance du ciel contre ce qu'il appelle la milice infâme des perfides, c'est-à-dire contre d'héroïques chrétiens morts pour la défense de leurs foyers et de leurs autels, sous le couteau des païens Anglo-Saxons, par les ordres du chef qui, du témoignage de Bède lui-même, extermine le plus d'indigènes.
Condamné par l'obstination des Bretons à se priver de leur concours, Augustin n'en continue pas moins ce que son biographe appelle la chasse aux hommes, en évangélisant les Saxons. Et cependant, même chez eux, il trouve parfois une opposition qui se manifeste par l'injure et la dérision, surtout lorsqu'il franchit les limites du royaume d'Ethelbert.
Ainsi, en parcourant cette région du pays des Saxons de l'Ouest, qui s'appelle aujourd'hui le Dorsetshire, ses compagnons et lui tombent au milieu d'une population maritime qui les accable d'avanies et d'outrages. Ces sauvages païens ne refusent pas seulement de les entendre, ils ne reculent pas même devant les voies de fait pour les éloigner, puis en les chassant de leur territoire, avec une grossièreté vraiment tudesque, ils attachent aux robes noires des pauvres moines Italiens, en signe d'opprobre, des queues de poissons provenant de la pêche dont ils vivent. Augustin n'est pas homme à se laisser décourager pour si peu. D'ailleurs il rencontre en d'autres lieux des foules plus attentives et plus reconnaissantes.
Aussi persévère-t-il pendant 7 années entières, et jusqu'à sa mort, dans ces courses apostoliques, voyageant en véritable missionnaire après comme avant sa consécration archiépiscopale, toujours à pied et sans bagage, et entremêlant à ses prédications infatigables des bienfaits et des prodiges, tantôt en faisant jaillir du sol des sources inconnues, tantôt en guérissant par son attouchement des malades incurables ou moribonds.

Saint Grégoire le Grand meurt dès les premiers mois de l'an 605, et deux mois après, Augustin suit son mentor et son ami dans la tombe.
Le missionnaire Romain est enterré, selon la coutume de Rome, sur le bord de la voie publique, près du grand chemin Romain qui conduit de Cantorbéry à la mer, dans l'église inachevée du célèbre monastère qui va prendre et garder son nom.

La figure de Saint Augustin de Cantorbéry pâlit naturellement à côté de celle de Saint Grégoire le Grand, sa renommée est comme absorbée dans le foyer lumineux d'où rayonne la gloire du Pontife. En outre, les historiens Anglais et Allemands de nos jours se sont complu à faire ressortir l'infériorité de celui que Grégoire a choisi pour lieutenant et pour ami. Ils ont rabaissé à l'envi son caractère et ses services, l'accusant tour à tour de hauteur et de faiblesse, d'irrésolution et d'obstination, de mollesse et de vanité, s'attachant surtout à relever et à grossir les apparences d'hésitation et de préoccupation personnelle qu'ils rencontrent dans sa vie...

La grande fonction de saint Augustin a été de baptiser. Aussi-le représente-t-on conférant le Baptême au roi Ethelbert, le plus illustre de ses néophytes ; faisant sourdre une fontaine un jour que l'eau vient à lui manquer pour administrer le sacrement de la régénération : On la montre encore dans le Dorsetshire, et longtemps elle fut réputée miraculeuse, on peut encore le caractériser au moyen de la croix à longue hampe qui s'attribue aux légats du Saint-Siège.
Laurent ( Laurence, Lawrence ou Laurentius), mort le 2 février 619, est un moine chrétien devenu le 2e archevêque de Cantorbéry. Il est membre de la mission Grégorienne, envoyée en Angleterre pour convertir les Anglo-Saxons au christianisme, et est consacré archevêque par son prédécesseur Augustin alors que celui-ci est encore en vie, afin d'assurer la continuité de l'office. Il essaie, sans succès, de résoudre les conflits opposant les missionnaires aux évêques Anglo-Saxons en correspondant avec ces derniers sur les sujets de discorde. Laurent fait face à une crise qui suit la mort du roi Æthelberht de Kent, lorsque le successeur du roi abandonne temporairement le christianisme. Après sa mort en 619, Laurent est vénéré comme un saint.
CATHÉDRALE DE CANTERBURY
Avant son voyage pour l'Angleterre, Laurent est moine à Rome, Il arrive à Thanet, dans le Kent, avec Augustin en 597 bien que d'autres sources font de lui un membre du 2e groupe de missionnaires arrivé en 601. Selon Bède le Vénérable, Augustin envoie Laurent en Italie afin d'informer le pape Grégoire Ier de la réussite de la mission. Il part, accompagné de Pierre, un autre missionnaire, quelque temps après juillet 598 et revient en juin 601 avec Mellitus et le second groupe de missionnaires, mais aucun document ne prouve que Pierre les accompagne. À son retour, il apporte la réponse de Grégoire aux questions d'Augustin, lettre consignée par Bède et connue sous le nom de Libellus responsionum.
Grégoire fait également parvenir une lettre à Berthe, reine de Kent, dans laquelle il rend hommage à son rôle dans la conversion de son mari, dont il dit avoir reçu les détails par Laurent le prêtre.

Laurent succède à Augustin à la tête de l'archevêché de Canterbury vers 604 et le dirige jusqu'à sa mort, le 2 février 619, Augustin craint que si quelqu'un ne prend pas immédiatement sa place après sa mort, cela handicape les efforts missionnaires en Grande-Bretagne. Il consacre ainsi Laurent avant sa mort, bien que cela soit interdit par le droit canon. Laurent ne reçoit jamais de pallium de Rome et doit donc être considéré comme non-canonique par la papauté. Bède tient à comparer la consécration de Laurent par Augustin à celle de Clément par Saint Pierre à l'évêché de Rome du vivant de Pierre. Le théologien J. Robert Wright estime que Bède, par ce moyen, critique les pratiques de l'Église en son temps...
En 610, Laurent reçoit des lettres du pape Boniface IV, lui étant adressées en tant qu'archevêque et successeur d'Augustin, en réponse à l'envoi de Mellitus à Rome plus tôt en 610 afin de solliciter des conseils de la papauté.
Alors qu'il est à Rome, Mellitus assiste à un synode, et rapporte les décrets synodaux avec lui en Angleterre.

En 613, Laurent consacre l'église du monastère bâti par Augustin à Canterbury, et la dédie aux Saints Pierre et Paul, elle est plus tard consacrée à Saint Augustin de Cantorbéry.

À la mort d'Æthelberht en 616, son fils Eadbald abandonne le christianisme, ce qui favorise un retour en force du paganisme et force beaucoup de missionnaires Grégoriens, dont Mellitus, alors évêque de Londres, et Juste, évêque de Rochester, à fuir en Gaule. Laurent cependant reste en Grande-Bretagne et réussit à reconvertir Eadbald au christianisme.

Le roi Rædwald d'Est-Anglie, roi le plus puissant dans le sud de l'Angleterre après le décès d'Æthelberht, pose quelques difficultés à l'extension de la mission hors des frontières du Kent. Rædwald est converti avant la mort d'Æthelberht, peut être sous la pression de ce dernier, mais son royaume ne l'est pas et il semble s'être converti uniquement dans le but de placer un autel chrétien dans son temple païen.
Il est ainsi impossible pour Mellitus de regagner Londres, bien que Justus puisse reprendre ses fonctions à Rochester.

Laurent meurt le 2 février 619, enterré à l'abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Canterbury, plus tard renommée abbaye Saint-Augustin, il est dès lors considéré comme un saint, fêté le 3 février. Son sanctuaire est dans la chapelle axiale de l'église de l'abbaye, à côté de celui de son prédécesseur Augustin. Sa fête apparaît dans le missel de Stowe (IXe siècle) avec celles de ses successeurs Mellitus et Juste.
En 1091, ses reliques sont déplacées, ou translatées, dans la nouvelle église Saint-Augustin. Vers la même époque, Goscelin rédige son hagiographie, qui s'appuie en grande partie sur les informations fournies par Bède. La date de sa translation, le 13 septembre, est également célébrée.
L'archiépiscopat de Laurent est principalement marqué par l'impossible entente avec l'Église Celtique, ainsi que pour la reconversion d'Eadbald après la mort de son père. Mellitus, évêque de Londres, lui succède à la tête de l'archevêché.
Mellitus (mort le 24 avril 624) est un membre de la mission Grégorienne envoyée en Angleterre pour convertir les Anglo-Saxons, le premier évêque de Londres et le 3e archevêque de Canterbury.
En 619, il est consacré archevêque de Canterbury. C'est alors qu'il a miraculeusement sauvé la cathédrale et une grande partie de la ville de Canterbury d'un incendie. Il meurt en 624, il est dès lors vénéré comme un saint.
Mellitus dirige le groupe de nouveaux missionnaires, apportant en Angleterre livres et objets nécessaires au culte et au ministère de l'Église.

Il meurt le 24 avril 624, il est inhumé le jour même à l'abbaye Saint-Augustin de Cantorbéry. Il est alors vénéré comme un saint.
Juste de Cantorbéry ou Justus of Canterbu ry (mort un 10 novembre entre 627 et 631), est le 4e archevêque de Cantorbéry, en Angleterre. Missionnaire envoyé pour convertir les Anglo-Saxons, il devient le premier évêque de Rochester en 604, mais forcé de fuir en Gaule en 616 après la mort du roi Æthelberht de Kent. Il est réintégré dans son diocèse l'année suivante et devient archevêque de Cantorbéry en 624. À la fin de son office, il supervise l'envoi de missionnaires en Northumbrie.

Juste Italien de naissance, membre de la mission Grégorienne arrive en Angleterre avec le second groupe de missionnaires, envoyé sur demande d'Augustin de Cantorbéry en 601, bien qu'il ait été, d'après certaines sources, membre du premier groupe de missionnaires, arrivé en Angleterre en 597...

En 604, Augustin consacre Juste évêque d'une province incluant la cité de Rochester, dans le Kent. Le clergé de sa cathédrale semble avoir été composé de membres du clergé séculier plutôt que de moines, Juste lui-même n'est pas moine, contrairement à la majorité de ses compagnons de mission. Il existe une charte d'Æthelbert de Kent qui témoigne du don de terres à Juste à Rochester, mais son authenticité est douteuse.
Alors qu'il est évêque, Juste cosigne avec Mellitus, une lettre écrite par l'archevêque Laurent de Cantorbéry destinée aux évêques Irlandais, exhortant cette Église à adopter la méthode Romaine pour calculer la date de Pâques. En 614, Juste participe au concile de Paris organisé par Clotaire II. Le retour en force du paganisme qui suit la mort d'Æthelberht, en 616, le force à fuir en Gaule avec Mellitus. Toutefois, Juste peut se réinstaller dans son évêché dès 617. Mellitus, quant à lui, retourne également en Angleterre, mais l'ambiance païenne dominante l'empêche de regagner Londres.
Il consacre alors son successeur Romain à l'évêché de Rochester. Dans une lettre reproduite par Bède le Vénérable dans son Histoire ecclésiastique du peuple Anglais, Boniface félicite Juste pour la conversion du roi « Aduluald » (probablement Eadbald de Kent).

Honorius de Cantorbéry (mort le 30 septembre 653), est un membre de la mission Grégorienne, dont le but est d'évangéliser les Anglo-Saxons. Il devient plus tard le 5e archevêque de Cantorbéry. Durant son archiépiscopat, il consacre le premier natif Anglo-Saxon, Ithamar, évêque de Rochester, et encourage les efforts missionnaires de Félix en Est-Anglie.
À sa mort en 653, il est selon certaines sources le dernier des missionnaires Grégoriens. Romain de naissance, il se peut qu'il ait été un de ceux initialement choisis par le pape Grégoire le Grand pour une mission en Angleterre, bien qu'il soit plus probable qu'il soit membre du second groupe de missionnaires, envoyé en 601. On ne sait pas si son nom lui a été donné à la naissance ou s'il l'a choisi lorsqu'il devient archevêque.

Augustin de Cantorbéry — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_de_Cantorbéry
Augustin de Cantorbéry, né probablement au premier tiers du VI siècle à Rome .... En effet, l'année suivante, Grégoire écrit au patriarche d'Alexandrie pour se féliciter des ... Grégoire envoie de nouveaux missionnaires en Angleterre en 601.

AUGUSTIN DE CANTERBURY - Encyclopædia Universalis
www.universalis.fr/encyclopedie/augustin-de-canterbury/
AUGUSTIN DE CANTERBURY saint (mort en 604) ... Les moines reviennent en 601, porteurs du pallium envoyé par Grégoire à Augustin, et accompagnés de ...

L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des ...
https://books.google.fr/books?id=o_pcAAAAcAAJ
1770
ce Concile avec celui de Marano, tenu l'année précédente. ... 601 ou environ. ... S. Augustin de Cantorbery y exhorta 7 Evêques Bretons , avec leurs Docteurs ...

jeudi 24 septembre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 602


20 septembre 2015...

Cette page concerne l'année 602 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

L'EMPEREUR MAURICE VAINCU SON ESPRIT DE RIGUEUR FINANCIÈRE

2 février : Emeutes de la faim à Constantinople.
Été : L'armée Byzantine commandée par le stratège Pierre arrive sur le Danube. Pierre combat les Sklavènes du Bas-Danube, tandis le khagan des Avars installé à Constantiola, sur la rive droite du fleuve tient les Portes de fer.
Automne : Maurice ordonne aux troupes de Thrace de passer l'hiver sur la rive gauche du Danube, mais celles-ci se révoltent.
Mi-novembre : Maurice Ier apprend la rébellion militaire. L'armée veut proclamer empereur Théodose, fils de Maurice, ou le César Germanus.
Phocas, proclamé par ses soldats, marche sur la capitale.
22 novembre : révolte du peuple à Constantinople.
23 novembre : Maurice s'enfuit. Début du règne de Phocas (Phokas), empereur byzantin (fin en 610).
27 novembre : Maurice Ier, empereur Romain d'Orient de 582 à 602, est mis à mort par Phocas avec ses 5 fils à Chalcédoine.

Maurice (latin : Flavius Mauricius Tiberius Augustus, grec : Φλάβιος Μαυρίκιος Τιβέριος Αὔγουστος) (539 - 27 novembre 602) est empereur Romain de 582 à 602. Son règne est marqué par le rétablissement des finances de l'empire et l'annexion de l'Arménie au détriment de l'empire Perse, mais aussi par la progression des envahisseurs Slaves dans les Balkans et jusqu'en Grèce Continentale. Son prédécesseur Tibère II Constantin lui dit, mourant : « Fais en sorte que ton règne soit ma plus belle épitaphe ».

Le règne de Maurice est troublé par des guerres incessantes sur toutes les frontières, malgré ses très bonnes dispositions à gouverner, il ne peut que provisoirement prévenir la désintégration du grand empire de Justinien.
Juste après son accession au trône le 14 août 582, il réussit à interférer dans les guerres de succession Perses et occupe l'Arménie. Il aide à placer sur le trône Perse le plus grand de ses rois, Chosroès II, qui va être le farouche adversaire du futur Basileus Héraclius.
Cette guerre est suivie d'une rupture entre les Byzantins et leurs alliés les Arabes Ghassanides : Maurice fait déporter en Sicile leur roi Al-Mundhir III ibn al-Harith, décision peut-être liée au fait qu'Al-Mundhir est le protecteur des monophysites...

Pendant la même période, ses provinces des Balkans sont ravagées par les Slaves : Elles ne peuvent jamais vraiment s'en remettre. Les Slaves pénètrent jusqu'au Péloponnèse et de nombreuses campagnes brillantes, quoique coûteuses, doivent être dirigées contre eux.

A l'Ouest, Maurice organise les possessions Byzantines, menacées en Afrique et en Italie, en exarchats dirigés par des gouverneurs militaires. Il conclut une alliance avec le roi Franc Childebert II et le pousse à attaquer les Lombards qui menacent les possessions Byzantines en Italie. Il entretient des rapports difficiles avec le pape Grégoire Ier, qui lui reproche son césaropapisme et est partisan d'une politique de conciliation avec les Lombards...

Maurice succède à Tibère II Constantin qui en 4 années de règne a diminué les impôts de 25 % et par prodigalité a mis l'empire dans une situation économique difficile.
Maurice se montre, lui, parcimonieux à l'excès. Pour des raisons économiques, contrairement à la coutume, ordonne à ses armées d'hiverner en territoire hostile au delà du Danube. Celles-ci, épuisées par des mois de combat, refusent et choisissent comme représentant Phocas, un centurion qui aspire au pouvoir suprême (23 novembre 602).
Maurice s'enfuit en Chalcédoine et envoie son fils aîné Théodose demander de l'aide chez le roi Sassanide Chosroes II qui lui doit son trône. Rattrapé par les hommes de Phocas, proclamé Auguste et roi de Rome, il assiste à l'assassinat de ses 5 derniers fils puis est exécuté (27 novembre 602). Les corps sont jetés dans le Bosphore... Ses sujets, irrités par son austérité, son absence de faste et son dégoût pour les jeux, acclament le nouvel empereur, mais il ne leur faut que quelques semaines pour regretter un grand empereur qui s'est sacrifié pour eux.

Maurice laisse un empire incomparablement renforcé. Sa mort et l'extinction de sa dynastie provoque l'invasion Perse et la mutinerie d'une partie de l'armée contre le tyrannique Phocas.
Maurice est connu pour être l'auteur de l'un des plus grands classiques de la pensée militaire, le Strategikon, qui offre la première théorie sophistiquée de l'utilisation des armes combinées jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Certains historiens pensent toutefois que le Strategikon est l'œuvre de son frère ou de l'un des généraux de sa cour.

Maurice a épousé Constantina la fille de son prédécesseur Tibère II Constantin, petite-fille d'Anicia, épouse de Magnus, fils de Probus et Anastasia, fille d'Anastase Ier Dikoros et Aspidia. De l'union de Maurice et Constantina sont issus :
Théodose (4 août 583 - 27 novembre 602) associé au trône le 26 mars 590 épouse la fille du patrice Germain.
Tibère décapité le 27 novembre 602.
Pierre décapité le 27 novembre 602.
Paul décapité le 27 novembre 602.
Justin décapité le 27 novembre 602.
Justinien décapité le 27 novembre 602.
Et cinq filles dont :
Anastasie (décédée vers 605).
Théoctiste (décédée vers 605).
Cléopâtre (décédée vers 605)
Marie (Miriam) épouse supposée de Khosroés II empereur Sassanide, selon les Chroniques de Michel le Syrien...

Les têtes de Maurice et de ses fils sont présentées à Phocas qui les fait exposer à l'Heddomon. Quelques jours après le corps de Maurice est déposé à Saint-Mamas ainsi que ceux de son épouse et de ses enfants et l'on grave sur leur tombeau une longue inscription... Les premiers récits légendaires sur la vie de l’empereur Maurice sont constatés au IXe siècle dans l’œuvre de l’historien Byzantin Théophane le Confesseur.
Selon sa chronique (Chronographia), la mort de la famille impériale est décidée par une intervention divine, le Christ a demandé a l’empereur de choisir entre un long règne sur son empire ou la mort et l’acceptation dans le royaume céleste.
Maurice préfère le deuxième choix. La même légende est rapportée par une courte hagiographie Syriaque sur la vie de l’empereur, sanctifiée plus tard par l’église orthodoxe grecque. Selon les auteurs Syriaques, l’empereur demande dans ses prières de recevoir un châtiment dans ce monde et une « récompense parfaite » dans le royaume des cieux. Le choix est proposé ici par un ange :
« (L'ange) le voit tandis qu'il sert l'office et lui dit «Tu as fatigué Dieu par ta prière depuis longtemps. Tu demandes à Dieu et tu requiers de souffrir ici (bas) la punition du péché à cause duquel tu ne serais pas digne du degré parfait, et de ne pas être privé à cause de lui du bien parfait. Je puis te témoigner que tu as tel péché qui te prive du degré supérieur, tu a cependant part avec les saints. Si tu veux conserver ton royaume et la vie de tes enfants pendant longtemps, cesse d'adresser cette demande, et, à la résurrection, ta récompense sera celle des justes.
Si tu veux la récompense la plus élevée et être puni ici-bas, voici quelle sera ta punition : « Tu seras privé de ton royaume, tes enfants seront massacrés sous tes yeux et, à la fin, tes ennemis te brûleront. Choisis donc ce que tu veux. »

Selon une autre légende du même texte...
Maurice a aussi empêché une nourrice de substituer un de ses fils par son propre fils, et sauver au moins un des héritiers de l’empire. Cette matière légendaire n’a de cesse de s'amplifier dans les Balkans.
Maurice est en fait le dernier empereur d’une dynastie illyrienne dont l’origine est dans le centre des Balkans, dans la ville de Justiniana Prima, et les peuples de la région se sont identifiés avec sa famille. Des auteurs Roumains ont remarqué des parallèles entre les récits légendaires sur la mort du prince Constantin II Brâncoveanu, et  les récits sur la mort de la famille impériale Byzantine. Juste avant l’exécution, la nourrice tzigane du fils cadet de Brancovan, remplace le jeune prince par son propre fils pour sauver au moins un héritier de la famille princière, mais le souverain Roumain refuse. La proposition de l’ange à l’empereur pour choisir entre la vie en ce monde et la vie dans le royaume des cieux et aussi le motif de la mort des 9 princes sont récurrents dans la tradition épique des montagnards Albanais Monténégrins et Bosniaques. Le personnage central du Cycle des Kreshnik Albanais, Gjeto Muji (Muji l’enfant trouvée), sa femme Ajkuna, ou Kuna, selon les chansons, reflètent pour les folkloristes Albanais, les noms et l’histoire de  l’empereur Maurice et sa femme Aelia Constantina. Les 9 Tibère sont remémorées dans les chansons Albanaise comme les 9 Dibran.
De même dans l’épopée Monténégrine le prince légendaire Nahod Momir (Momir l’enfant trouvée) et sa sœur Grozdana se réfèrent a l’empereur et sa sœur Gordia. L’épithète épique « l’enfant trouvée » reflète l’épisode de l’adoption de Maurice par l’empereur Tibère, et par la dynastie impériale de Justin.  Dans l’épopée Bosniaque l’empereur est appelé Mouio Tcarevitch (Mouio le fils de l’empereur).

En 584, le magister militum Jean Mystacon est remplacé par Philippicus qui est le beau-frère de l'empereur Maurice. Il recrute des troupes et fortifie Monocarton et à l'automne, il ravage les plaines de Bessarabie près de Nisibe écrit Theophilacte.
Flavius Mauricius Tiberius devient empereur à 43 ans. Sa famille est originaire de Rome mais installée à Arabissus en Cappadoce. Les caisses de l'état sont vides suite aux « cadeaux » de son prédécesseur. Les Francs Childebert II et sa mère Brunehilde sont contactés pour une descente en Italie contre les Lombards avec un défraiement de 50 000 sols d'or, financé par l'empire. Childebert revient en 585, il a fait la paix à prix d'argent avec les Lombards.
Mais l'essentiel des forces Romaines est mobilisé contre les Perses.

En 585, les opérations lancées en Arzazène par Philipicus continuent. Au printemps 586, les Perses souhaitent reprendre les pourparlers de paix. Mais une nouvelle tentative d'invasion de l'armée Perse commandée par Kardarigan, dans le nord de la Mésopotamie est arrêtée par Philippicus qui a bien anticipé. Son armée déployée à Solachon, contrôle les diverses voies de pénétration et en particulier la rivière Arzamon.
Kardarigan attaque au centre l'armée Romaine qui tient tandis que Philippicus fait agir les ailes contre les flancs Perses. L'armée Sassanide s'effondre et fuit. Les Perses perdent beaucoup d'hommes dans le désert en raison de la soif et de l'eau empoisonnée.
Le général Kardarigan s'est mis sur une hauteur avec une fraction de son armée et il tient plusieurs jours contre les attaques Romaines. Cette bataille n'est toujours pas décisive même si elle améliore la situation Romaine en Mésopotamie. En été, c'est une nouvelle campagne de Philippicus contre les Perses en Arzazène, le siège de Chlomaron n'aboutit pas. En automne, le général Romain Heraclius l'Ancien ravage les territoires Perses au delà du Tigre écrit Theophylacte.
En 587, les Romains assiègent les forteresses Perses.

En avril 588, le général Sassanide Vahram Chubin est vainqueur des Köktürks et de leurs vassaux Hephtalites.
Les Perses s'emparent de Balkh. Le général Romain Priscus, nommé magister militum pour l'Orient remplaçant de Philippicus, arrive à Monocarton, mais le 20 avril 588 éclate une mutinerie des troupes Romaines d’Orient, qui, impayées, se débandent et pratiquent le brigandage et la maraude.

En mai-juin, Priscus rentre à Constantinople et Philippicus est de nouveau nommé commandant des troupes d'Orient. La mutinerie continue et les soldats élisent Germanus comme leur chef et en été écrit Theophylacte, Germanus défend Constantina attaquée par les Perses.
Et en automne, Germanus remporte une victoire sur les Perses près de Martyropolis.

Les Slaves en partie avec les Avars, en partie pour échapper à leur domination, ravagent Athènes et Corinthe et approchent du Long Mur en 584 puis assiègent Thessalonique en 586.
Une seconde ambassade Romaine du sénateur Elpidius se rend auprès de Bayan, la paix est conclue avec les Avars selon Theophylacte. En été, les Avars de Bayan sont battus et chassés par Comentiolus près de la rivière Erginia après s'être avancés jusqu'au Long Mur de Thrace.

En hiver 587-588, les Romains persuadent les Antes d'attaquer les Slaves sur leurs terres, au nord du Danube nous confie Theophylacte. Un nouveau soulèvement des Maures en Afrique, menace Carthage.
Le patrice Gennadius, le futur exarque, réussit à « acheter la paix ». Une ambassade de Childebert II et sa mère Brunehilde est envoyée à Constantinople pour préparer la guerre contre les Lombards au début de l'année 588 mais l'armée Franque envoyée en Italie est vaincue et la paix sera conclue en 589.

En été 588, l'empereur songe à prendre le commandement de l'armée des Balkans mais il se ravise et c'est le général Priscus qui est envoyé.
Les Avars prennent Anchialos et assiègent Priscus dans Tzouroulon. En automne, les Avars se retirent à Sirmium à la nouvelle d'une attaque Turque et ayant reçu de l'argent de l'empereur Maurice.
L'invasion Slave dans les Balkans se poursuit nous confirme Theophylacte. En Italie, au printemps, Authari monte une expédition dans le Samnium et en Calabre jusqu'à Reggio. Les Lombards font de Bénévent la capitale d’un puissant duché, l'exarque de Ravenne reprend le port de Classis.

En 589, le général Perse Vahram Chubin bat de nouveau les Köktürks près de Hérat. Le 10 avril 589, c'est la fin de la mutinerie des troupes d’Orient après le règlement de leurs arriérés de solde. Philippicus est accepté comme général. Au printemps, Martyropolis est reprise par les Perses grâce à la trahison de Sittas écrit Theophylacte qui nous précise que l'empereur Maurice planifie l'invasion de l'Albanie (actuel Azerbaïdjan) par les tribus du Caucase, dirigée par le prince Ibérien Gouaram.
En été, Philipicus assiège Martyropolis, mais il est repoussé par des renforts Perses.

Il a déjà réduit deux fois les soldes des militaires et même réduit la part du butin qu'il leur est attribuée. (Une mutinerie a déjà eu lieu sur le front Perse en 588 pendant l'année entière).

Le 6 février 590, le roi de Perse Hormizd IV est aveuglé et déposé par les Nobles révoltés qui placent sur le trône son fils Kosroes II Abharvez, il est couronné le 15 février.
Mais le 20 février, le général Vahram Chubin, se révolte contre Khosroes II et marche sur Ctésiphon, qu'il prend le 28 février. Khosroes II est vaincu, il se réfugie en territoire Romain.
Le 9 mars, Vahram Chubin est couronné sous le nom de Vahram VI.
Khosroes II obtient le soutien de Maurice en dépit de l'opposition du Sénat. En février 591, Khosroes II, prépare une contre-offensive à Constantina.

Au printemps, Maurice nomme le général Narsès, magister militum pour l'Orient en remplacement de Comentiolus.
Narsès avance sur Mardès, forteresse près de Dara aux côtés de Khosroes II. Les Arabes des environs se rallient à Khosroes qui envoie les clefs de Dara à l'empereur Maurice lequel confirme officiellement qu'il adopte Khosroes. Narsès avance à 150 kilomètres de Mossoul où il reçoit des renforts d'Arménie.
Le général Perse Mabad prend Ctésiphon et proclame Khosroes roi. Il massacre les partisans de Vahram, dont les Juifs de la ville. En juin, Narsès est victorieux face à Vahram Chubin entre dans Arbèle (Erbil) et Kirkouk. Vahram s'enfuit au Khorassan chez les Turcs qui plus tard le mettent à mort.

A l'automne 591, un traité de paix est signé entre les empires Romain et Perse. En retour de son aide, Maurice reçoit d'importantes concessions territoriales (l’Arménie jusqu’au lac de Van et Tiflis, Dara et Martyropolis) et Khosroes se montre tolérant envers les chrétiens.
Après le traité de paix avec les Perses, l'empereur peut transférer des troupes vers l'ouest pour lutter contre les Avars et les Slaves.

Priscus devient en automne 592, le commandant de l'armée pour la Thrace et il profite de la venue de troupes transférées depuis l'Orient pour attaquer les Slaves et les Avars et Singidunum est reprise aux Avars. L'année suivante, il remporte des succès contre les Slaves. Mais en dépit des ordres de Maurice, Priscus à l'automne, revient en Thrace pour hiverner, les Slaves en profitent pour ravager Aquis, Sculpi et Zaldapa (dans la Dobroudja) selon Theophylacte.

En 592, 593 c'est au tour de l'armée d'Europe, les levées en Arménie sont particulièrement mécontentes et indisciplinées.

En 594, c'est Pierre, le frère de l'empereur qui commande sa première campagne dans les Balkans et en Palestine, un nouveau soulèvement des Samaritains éclate contre l'empire. Priscus doit secourir Singidunum assiégé par les Avars en 595 écrit Théophylacte.
En été, ceux-ci attaquent la Dalmatie et aussi la Thuringe. Mais les Avars reprennent l'offensive sur le Danube et en Thrace. Ils sont avec les Slaves en train d'assiéger Thessalonique dès le 22 septembre.
Le général Priscus est assiégé par les Avars pendant l'hiver à Tomis et ils menacent Constantinople mais se retirent devant la crainte de la peste.

Au printemps 598, les assiégeants se retirent et le traité prévoit la frontière fixée au Danube en contrepartie d'une hausse du tribut.
En Italie, l'empereur conclut par l'intermédiaire du pape, un traité avec le roi des Lombards lui concédant l'Italie du Nord et restituant Pérouse à l'exarque de Ravenne Callinicus et laissant libre les communications entre Ravenne et Rome.

Au printemps 599, l'exarque Callinicus est félicité par le pape pour ses victoire sur les Slaves. En automne, la paix est rompue entre les Avars et l'empire, les généraux romains, Priscus et Comentiolus traversent le Danube et sont vainqueurs des Avars alliés aux slaves en Pannonie écrit Theophylacte.

L'empereur donne l'ordre de rendre les prisonniers avars. Une paix est signée avec les Avars qui fixe la frontière entre les deux états sur le Danube en 600. L'année suivante, les opérations militaires sont suspendues entre l'empire et les Avars.
Et en 599 ou 600, on dit que 12 000 prisonniers Romains n'ont pas été « rachetés » aux Avars et exécutés !

A l'automne 601, les hostilités reprennent et l'empereur nomme son frère (inexpérimenté), Pierre, stratège des armées du Danube. Il pénètre en Dardanie en automne et là, découvre que le général Apsich de l'armée Avare, campe près des Portes de Fer. Les deux officiers se rencontrent et négocient sans arriver à un accord. Les Avars se replient à Constantiola et Pierre fait hiverner son armée en Thrace.
En été, l'armée commandée par Pierre arrive sur le Danube et elle combat les Slaves du Bas Danube pendant que Bayan, le khagan des Avars, à Constantiola, garde les Portes de fer.

602, l'année sanglante : Theophylacte nous précise qu'en début février des émeutes de la faim éclatent à Constantinople.
Le mécontentement contre l'empereur Maurice est général. Dès 601 des manifestations populaires s'en prenant à l'empereur lui-même ont éclaté à Constantinople et ont été réprimées par les soldats des dèmes. Et même l'armée est mécontente de la sévérité et la parcimonie de l'empereur.
En automne, l'empereur donne l'ordre aux troupes de Thrace d'hiverner sur la rive gauche du Danube, en territoire conquis.
Les uns « votent » pour son fils aîné le César Théodose, d'autres pour son beau-père Germanos. Et l'armée se met en marche vers Constantinople. Lorsque l'empereur apprend cette nouvelle, il est très inquiet car il n'a que très peu de troupes disponibles. Il est contraint de faire appel aux milices des dèmes pour assurer la défense du mur Théodosien.
Mais surtout il est méfiant, il croit voir des complots partout. Il pense que Théodose et Germanos ne sont pas insensibles aux offres des mutins.
Il fait rouer de coup son fils, il se réfugie dans Sainte Sophie... Maurice donne l'ordre de l'arrêter, c'est la faute...
Le peuple de Constantinople se soulève pour défendre Germanos. Les miliciens des dèmes quittent le mur Théodosien pour se joindre aux manifestants. L'émeute s'étend, le palais du préfet du prétoire est incendié, et selon Théophylace, le peuple couvre d'insultes et de chansons injurieuses, le nom de l'empereur...
Maurice (empereur byzantin) — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_(empereur_byzantin)
Maurice. Empereur romain. Image illustrative de l'article Maurice (empereur byzantin) ... Φλάβιος Μαυρίκιος Τιβέριος Αὔγουστος) (539 - 27 novembre 602 ) est empereur romain de 582 à 602. ... Maurice succède à Tibère II Constantin qui en quatre années de règne avait diminué les impôts de 25 % et .... Empire d'Orient
Le siecle de Justinien : l'empire byzantin au VIeme siecle
miltiade.pagesperso-orange.fr/siecle-de-Justinien.htm
Le règne de Maurice ( 582 - 602) ... Au Vème siècle, l'Empire romain d'Orient* a su faire face aux barbares qui ... Solidus représentant l'empereur Justin 1er en 518 ... La même année Justinien contracte une alliance avec les Hérules du roi Grete ... Le souverain sassanide Khavad Ier envoie une armée de 30 000 cavaliers, ...