mardi 27 mai 2014

1085... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1085 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

UN AUTRE VIKING « CONDOTTIÈRE » AUSSI ENTREPRENANT QUE GUILLAUME LE CONQUÉRANT.


Alors que Guillaume prépare l’invasion de l’Angleterre, un autre Normand conquiert Italie du Sud et la Sicile...
Le presbytère de Hauteville-la-Guichard, village de 400 âmes dans le Coutançais, est devenu musée. Il raconte la fabuleuse histoire de la famille Tancrède, seigneur de Hauteville au XIe siècle. Ce seigneur a eu douze garçons. Le domaine étant trop petit, 11 des douze fils partent à l’aventure en Italie du Sud... Parmi eux, Robert ce grand gaillard blond est le premier fils de Fressende, seconde épouse de Tancrède.
Parti pour l’Italie du Sud vers 1047 avec « cinq cavaliers et trente hommes de pied », Robert mène d’abord une vie de brigand en Calabre, théâtre de ses premiers exploits. Cela lui vaut le surnom de Guiscard, le rusé. « Il a plus de finesse que Cicéron et que l’habile Ulysse. Ses yeux d’un bleu très clair semblent lancer des éclairs », rapportent les chroniqueurs de l’époque. En 1053, la bataille de Civitate oppose les soldats du pape Léon IX aux Normands. La victoire de ces derniers, excellents cavaliers au combat, donne des ailes à Robert Guiscard. Avec son jeune frère, il s’empare de Bari en 1071, de Palerme l’année suivante, Robert par la mer, Roger par la terre. Roger II, le neveu de Guiscard, fera de la Sicile le royaume des Normands. Leur palais abrite aujourd’hui l’assemblée régionale de Sicile. Sous l’influence des Tancrède, l’île connaît alors un véritable âge d’or. Mais Guiscard en veut toujours plus. Parti à la conquête de l’Empire Byzantin, il ne réalisera pas son rêve Oriental. Une épidémie l’emporte sur l’île de Céphalonie, île Grecque de la mer Ionienne. Si loin de sa Normandie natale. À Coutances, les statues des Tancrède rappellent que la cathédrale a été restau
ROBERT GUISCARD
rée au XIe siècle avec le butin des Normands d’Italie...

À partir de 1035 arrivent 6 frères, en provenance du domaine d'Hauteville (Manche), et de modeste noblesse. Leur père Tancrède de Hauteville les a, dit-on, pourvu d'un écu et d'une lance et leur a dit « maintenant, débrouillez-vous ». Leur nom Italien est Altavilla...
Ils se débrouillent bien , en effet, car après peu d'années :
Guillaume « bras de fer » devient en Apulie seigneur de Melfi et d'Ascoli Piceno.
Drogon (Drogo, Dreu, Dreux) de Venosa, Basilicate, près de Melfi, entre Naples et Bari.
Ulfredo seigneur de Mottola et Castellaneta.
Le destin le plus grand est celui des derniers frères : Robert et Roger (Ruggero) dont les capacités sont tout autant militaires que politiques...

Robert Guiscard (1015-1085) (du latin Viscardus et vieux français Viscart), arrive en Sicile retrouvant son père, Tancrède dont il est le sixième fils, c'est le plus remarquable des aventuriers Normands qui ont conquis le Sud de l'Italie et de la Sicile, comte (1057-1059) puis duc (1059-1085) des Pouilles et de la Calabre après la mort de son frère Ulfredo. Normand, mercenaire, au service des Grecs ou des Lombards.
Selon l'historien Byzantin Anne Comnène, laisse aussi une description physique de Robert Guiscard :
Robert a un caractère tyrannique, l'esprit rusé, courageux dans l'action, très habile dans l'attaque, obstiné dans la réalisation, car il ne recule devant aucun obstacle. Sa taille est élevée, le teint vermeil, ses cheveux clairs, ses épaules sont larges, ses yeux plein d'étincelles... avec ce fort physique et son caractère bien trempé, il est naturellement indomptable, et insubordonné. »
Les Terres sont rares dans les Pouilles à l'époque et Robert ne peut s'attendre à une donation de Drogo (son frère), Ulfredo un autre de ses frères vient de recevoir le comté de Lavello... Robert rejoint le prince Pandulf IV de Capoue dans ses guerres incessantes contre le prince Guaimar IV de Salerne (1048).
L'année suivante, cependant, Robert Guiscard abandonne Pandulf, qui a renié sa promesse de lui donner un château et la main d'une de ses filles... selon Amatus du Mont-Cassin. Robert est retourné chez son frère Drogo lui demandant un nouveau fief. Cette fois, Drogo, qui vient de terminer la campagne de Calabre, donne a Robert le commandement de la forteresse de Scribla.
C'est une impasse, et Robert est détourné vers le château de San Marco Argentano, plus tard il sera le premier château Normand de Sicile : « San Marco d'Alunzio », sur le site de l'ancienne Aluntium... C'est aussi à cette époque que Robert Guiscard épouse Alberada de Buonalbergo, la tante du seigneur Girard de Buonalbergo.
ITALIE EN L'AN MIL
Les Lombards se retournant contre leurs anciens alliés se tournent vers le pape Léon IX déterminé à expulser les flibustiers Normands. L'armée ainsi formée est renversé à la bataille de Civitate sul Fortore par les Normands, unis sous Ulfredo, qui commande l'armée contre les Souabes. Le comte Richard d'Aversa, qui commande l'aile droite réussi à mettre les Lombards en fuite les pourchasse avant de revenir aider son beau-frère Robert Guiscard à mettre en déroute les Souabes... De son côté Robert Guiscard commande l'aile gauche, ses troupes étant en réserve... jusqu'à ce que, voyant les forces d' Ulfredo menacées par celles du pape, il rejoint la mêlée, se distinguant personnellement, à 3 reprises, selon Guillaume des Pouilles...
En 1057, Robert Guiscard, Ulfredo et son demi-frère aîné Geoffrey, en compagnie de Roger, leur plus jeune frère, font la conquête des Pouilles et de la Calabre, tandis que Richard conquiert la principauté de Capoue...
La papauté, enregistrant l’inévitable rupture avec l'empereur du Saint Empire Germanique lors de la Guerre des Investitures, décide de reconnaître les Normands en les prenant comme alliés... Le 23 Août 1059, à Melfi,le pape Nicolas II a investi Robert Guiscard dans les Pouilles, la Calabre et de la Sicile, tandis que Richard obtient Capoue. Robert Guiscard, « seigneur par la grâce de Dieu et du Saint-Père, duc des Pouilles, de Calabre et de Sicile », décide de tenir un loyer annuel au Saint-Siège et de maintenir sa cause.
Dans les 20 années suivantes, il effectue une incroyable série de conquêtes... Il envahit la Sicile avec Roger, les frères capturent Messine (1061), Bari 1071, Palerme (1072), et les Grecs sont enfin chassés du sud de l'Italie.
En 1073 Robert Guiscard assiège et réduit à la soumission de tous les rebelles les uns derrière les autres, la grande république commerçante d'Amalfi se rend sans combattre, Dans le même temps, Guiscard ayant voulu, à l'occasion du mariage de sa fille augmenter l'impôt féodal, ses vassaux se révoltent (1078), une fois cette révolte matée il est plus puissant que jamais...
En Décembre 1076, le territoire de Salerne tombe et le prince Lombard Gisulf dont il a épousé la sœur Sichelgaite est expulsé. Les attaques Normandes sur le Bénévent, un fief du pape, alarment Grégoire VII, mais pressé par l'empereur Henri IV, il se tourne à nouveau vers les Normands, et à Ceprano (Juin 1080) réinvestit Robert Guiscard, lui donnant le sud des Abruzzes, en se réservant Salerno.
La dernière entreprise de Robert Guiscard est l'attaque de l'empire Grec, un terrain de ralliement pour ses vassaux rebelles. Ayant maintenant atteint l'apogée de sa puissance, Guiscard conçoit l'ambition d'entreprendre la conquête de l'empire Byzantin, dont la civilisation exerce sur lui un attrait puissant... Il a 64 ans ! Et compte s'emparer du trône du basileus prennant la cause de Michel VII, qui a été déposé en 1078.
ROBERT GUISCARD
Comme l'empereur Byzantin se dit héritier de l’Italie Byzantine, il se fait, pour son sacre représenter dans leur costumes d’apparat inaugurant ainsi une coutume, que presque tous les souverains Normands et Français du royaume des Deux-Siciles ont cherché à suivre.
En mai 1081, Robert et son fils Bohémond partent pour Otrante, conquièrent, l'île de Corfou, et débarquent a Durazzo , possessions qui leur assurent l'accès à la Via Egnatia, conduisant par la Macédoine à Constantinople. Mais l'empereur Alexis Comnène a formé une alliance avec Venise, dont la flotte remporte une grande victoire sur celle des Normands (Juillet), Robert Guiscard, ayant brûlé ses navires afin d'inspirer courage à ses troupes, met l'armée impériale en déroute (18 Octobre).... Malgré cette victoire, les Normands, incapables de mener le siège, ne peuvent entrer dans la place... ils sont cependant maîtres de la route de Constantinople, et avancent jusqu'à Castoria.
En 1081, ils naviguent avec 16.000 hommes vers l'Empire Byzantin En février 1082, ils occupent Corfou et Durazzo, en battant l'empereur Alexis (bataille de Dyrrachium,)...
En juin 1083 rappelé à l'aide par Grégoire VII, assiégé dans le château saint-Ange par Henri IV, il marche vers le nord avec 36.000 hommes, et entre dans Rome, force Henri IV à faire retraite, après une émeute des citoyens et 3 jours de sac de la ville (mai 1084), Robert Guiscard escorte le pape à Rome... Son fils Bohémond, pour un temps maître de Thessalie, a perdu les conquêtes Grecques. Robert Guiscard, de retour pour les restaurer, occupe Corfou et Céphalonie, mais il meurt de la fièvre le 15 Juillet 1085, dans sa 70e année.
TOMBEAU DE ROBERT GUISCARD
De tous les aventuriers qui fondent les principautés Normandes d'Italie méridionale, Robert Guiscard est certainement le plus remarquable à tous égards. Aussi actif que Drogon et Ulfredo, il leur est infiniment supérieur comme politique. Rien de plus habile à coup sûr que sa conduite envers le Saint-Siège, et le pape Grégoire trouve en lui un adversaire redoutable et digne de lui. Ces qualités sont chez Robert Guiscard alliées à des défauts non moins extrêmes, il est habile, mais fourbe et rusé, entreprenant et brave, mais cruel et impitoyable. C'est, en un mot, un digne émule de Guillaume le Bâtard, peut-être même, si on tient compte des faibles ressources dont il dispose, faut-il estimer le vainqueur des Grecs, des Lombards et des Sarrasins supérieur au conquérant de l'Angleterre.

Robert Guiscard — Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Guiscard
Robert de Hauteville dit Robert Guiscard - « l'Avisé » - (Italien : Roberto d'Altavilla, Roberto il Guiscardo ; Latin : Robertus de Altavilla, Robertus cognomento ...

Robert Guiscard

www.cosmovisions.com/Guiscard.htm
Guiscard ou Wiscard (Robert), né vers 1015, mort le 16 juillet 1085, fils de Tancrède de Hauteville, seigneur normand. Les frères aînés de Robert, Guillaume ...
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Robert Guiscard - Normands Illustres

illustres-normands.crbn.fr/index.php/robert-guiscard
La victoire de ces derniers, excellents cavaliers au combat, donne des ailes à Robert Guiscard. Avec son jeune frère, il s'empare de Bari en 1071, de Palerme ...



lundi 26 mai 2014

1086... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1086 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

UN ROI TRAHIT, MARTYRISE, SANCTIFIE PAR L’ÉGLISE
 


Parmi les Saints Rois que le XIe siècle donne en si grand nombre à l’Église et à la société Européenne : Canut IV (knut), sur le trône de Danemark, se distingue entre les autres par l'auréole du martyre... Propagateur zélé de la foi du Christ, législateur habile, guerrier intrépide, pieux et aumônier, il eut tous les genres de gloire d'un prince chrétien. Son zèle pour l’Église, dont les droits alors sont les mêmes que ceux des peuples, est le prétexte de sa mort violente... il expire, dans une sédition, victime immolée pour sa nation.
LE ROI KNUT
Les annales du Danemark, au XIe siècle, sont peu familières à la plupart des habitants de la terre, mais l'honneur qu'a eu cette contrée de posséder un Roi martyr est connu dans toute l'étendue de l’Église, et l’Église habite le monde entier. On connaît son histoire à travers les récits du moine Anglais Aelnoth.
Knut, roi de Danemark et successeur de Harald le Fainéant, fils naturel de Suenon II, dont le grand-oncle nommé aussi Knut, a régné en Angleterre... Suénon, qui n'avait pas d'enfant légitimes, prit un soin particulier de l'éducation du jeune Knut qui allie de belles qualités d'âme à celles du corps. Suénon le met sous la conduite de maîtres habiles qui remarquent bientôt une profonde piété parmi ses autres qualités. Dès qu'il est en âge de commander les armées, il le fait avec supériorité et assurance. Ses premiers coups d'essais sont de purger les mers des pirates qui désolent les côtes de Danemark et de soumettre les peuples qui s'adonnent à ces forfaits.

A la mort de Suénon en 1074, plusieurs Danois veulent placer le jeune prince sur le trône (le trône en Danemark a presque toujours été électif jusqu'en 1660), mais, par crainte de son esprit guerrier, ils lui préfèrent l'un de ses frères Harald VII (dit le Fainéant) qui règne jusqu'en 1080. (Suénon II eut 13 fils naturels).

Knut s'est retiré en Norvège auprès du roi Halstan qui l'a reçu avec de vives démonstrations d'estime. Ce roi engage Knut à prendre les armes contre son jeune frère, mais le prince s'y refuse toujours avec constance. Il cherche toujours, depuis la Norvège, à se rendre utile à sa patrie, cette attitude résolue et sans faiblesse lui gagne le cœur des Danois qui l'élisent à la mort d'Harald VII.

Le début de son règne est marqué par de très retentissants succès militaires sur les Sembes, les Estons et les Curètes qui ravagent régulièrement ses États et que la mollesse honteuse d'Harald n'a pas su arrêtés. Il fait porter avec détermination les lumières de la foi à tous les peuples qui ne la connaissent pas encore, en particulier en Courlande, en Samogitie et en Livonie. Les succès ne l'enorgueillissent pas... Il s'unit avec Adélaïde, fille de Robert comte de Flandres. De cette union naît Charles, surnommé plus tard dans sa maturité Le Bon. (puis Saint Charles, après avoir été lui aussi assassiné dans son église)...
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Venant à connaître les abus qui se sont développés dans son royaume il les corrige avec une extrême sévérité et en prenant toujours le parti du faible contre le puissant. Il édicte des lois très sévères (et les fait appliquer) pour réduire toutes sortes de crimes auxquels s'adonnent ses peuples, enclins il est vrai à une extrême violence. L'Angleterre étant passée sous le contrôle de Guillaume le Conquérant en 1066, Knut n'en fait pas moins valoir ses droits sur l'île. Hélas, toutes les opérations qu'il monte échouent par défaut d'allié. Une dernière opération échoue par la faute de son frère Olas, duc de Schleswig, qui tergiversant et retardant la mise en route des renforts, provoque la désertion quasi-complète des troupes. Mais les choses se gâtent, c'est une ruineuse défaite et Knut lève tant d'impôts sur la noblesse et le clergé, que ceux-ci se révoltent, au plan intérieur, le roi veut instaurer la dîme ecclésiastique. Il décrète qu'en cas de désertion, les Danois
paieront soit la dîme soit une forte taxe. Par détestation de la dîme, les Danois préfèrent s’acquitter de fortes taxes... Knut en est mortifié et exige dans le recouvrement de la taxe une grande fermeté en espérant ainsi que ses sujets reviennent sur leur choix. Le recouvrement de la taxe donne lieu bientôt à une mutinerie importante, emmenée par deux gouverneurs de la province de Wensyssel. Le roi Knut IV se sent trahi. Le peuple se révolte, des bâtiments royaux sont brûlés et des officiers royaux tués dans le Nord du Jutland. Le roi, instruit de l'approche des révoltés, engage la reine et ses enfants à se retirer auprès de son beau-père et va avec un corps de troupes important dans l'île de Fionie et plus exactement dans la ville d'Odense, capitale de l'île.

Bientôt, les mutins ne voulant pas affronter un prince dont ils connaissent les qualités de commandement et la valeur de ses troupes, lui envoient une ambassade qui fait serment que tout les révoltés cesseront le combat et qu'ils rentreront dans les résolutions du roi... Knut veut croire ces promesses, malgré les avertissements de son frère Benoît qui a éventé la fourberie de cette ambassade. Quelques temps plus tard, alors que le roi a relâché sa vigilance et que ses troupes sont éparses, il apprend que l'armée des mutins marche vers Odense pour l'y surprendre... Selon la coutume, il va à l'église Saint-Alban pour entendre la messe, communier et faire ses dévotions pour se préparer au combat. Surpris pendant qu'il entend la messe dans l'île d'Odensee, Pendant que son frère Benoît fait des prodiges aux portes de l'église pour en défendre l'accès,
CATHÉDRALE  D'ODENSE
une pierre vient atteindre le roi au front, comme les révoltés ne peuvent entrer dans l'église, défendue par Benoît, frère du roi, assisté par Saint Michel, le chef des forcenés demande à rencontrer le roi afin de négocier des conditions de paix. Knut ordonne de le laisser entrer... Le traître, Egwind Blancon, se baisse profondément devant le roi, se relève brutalement et poignarde Le roi. L'assassin monte sur l'autel pour s'enfuir par la fenêtre du chœur mais Palmar, un des principaux officiers du roi, le tranche en deux de sorte que la moitié du corps d'Egwind tombe dehors et l'autre reste dans l'église... Ce spectacle ranime la fureur des mutins qui massacrent le reste de la troupe après une résistance héroïque. Le roi knut est achevé d'un jet de javelot, il communie, pardonne à ses ennemis qui envahissent l'église et massacrent ceux qui s'y trouvent dans une horrible boucherie, alors qu'il recommande son âme à Dieu à l'autel, Benoît est tué ainsi que 17 autres vaillants soldats. Dieu venge la mort de son serviteur en affligeant le Danemark d'une famine de 8 années désolant le règne suivant (celui d'Olas II, le même qui a fait échouer l'opération en Angleterre à l'origine de l'établissement de la dîme ecclésiastique). A l'issue de ce règne funeste, Eric III, prince religieux, déplace les restes du roi Knut pour les mettre dans un lieu plus digne et envoie une ambassade à Rome afin de représenter au Souverain Pontife la sainteté du roi... Le Pape Pascal II le canonise comme un martyr et le Danemark en a fait son patron. La chasse des reliques de saint Canut (Knut) est magnifiquement ornée et on y lit l'inscription suivante :
« L'an de Jésus-Christ 1086, dans la ville d'Odense, le glorieux roi Canut, trahi, comme Jésus-Christ, à cause de son zèle pour la religion, et de son amour pour la justice, par Blancon [Edwig], l'un de ceux qui mangeaient à sa table, après s'être confessé, et avoir participé au sacrifice du corps du Seigneur, eut le côté percé, et tomba contre terre devant l'autel, les bras étendu en croix. Il mourut pour la gloire de Jésus-Christ, et reposa en lui le vendredi 7 juin, dans la basilique de Saint-Alban, martyr, dont quelques temps auparavant il avait
MARTYR DU ROI KNUT ET DE SES COMPAGNONS
apporté des reliques d'Angleterre au Danemark. »

L’actuelle cathédrale d’Odense date du XIIIe siècle. Elle est bâtie sur les fondations d’une précédente église en bois qui est construite en 1095 mais brûle en 1247 lors d’une guerre civile. Ses fondations sont encore visibles dans le sous-sol de la cathédrale. Elle a été agrandie aux XIVe et XVe siècle et consacrée le 30 avril 1499.
C’est une cathédrale en briques rouges d’architecture gothique, l’une des plus belles et la plus vaste du Danemark. Construite selon le plan de la croix latine avec 3 nefs, elle fait 62 mètres de longueur et 22 mètres de largeur. Les murs intérieurs sont blanchis à la chaux.
Le retable en bois doré est somptueux, il date de 1521. C’est un triptyque de 5 mètres de hauteur, richement décoré, réalisé sur panneaux de bois par le sculpteur Allemand Claude Berg. Il a fallu 10 ans pour y sculpter 300 figures remarquablement expressives et recouvertes de feuilles d’or de 23 carats. Commande faite par la reine Christine de Saxe pour l’église d’Odense.
RETABLE SUR BOIS
En 1807, cette église est détruite et le retable transporté dans la cathédrale d’Odense. Il a survécu à la Réforme et sa ferveur iconoclaste pour son lien avec les enterrements royaux. Les reliques du roi Knut et de son frère Benoît sont conservées dans une crypte de la cathédrale. Il y a également une nécropole royale où sont inhumés 8 souverains Danois. La cathédrale porte le nom du roi Knut IV, considéré par les historiens comme le dernier roi des Vikings. Il demeurera le premier Saint catholique Danois

Saint Knud le Saint - Nominis - Eglise catholique en France

nominis.cef.fr/contenus/saint/459/Saint-Knud-le-Saint.html
Roi du Danemark, martyr (✝ 1086). ou Canut. Roi de Danemark et successeur de Harald le Fainéant, il connut d'abord un règne heureux. Mais les choses se ...

19 janvier. Saint Canut, roi de Danemark, martyr. 1086. : Vie ...

hodiemecum.hautetfort.com/.../19-janvier-saint-canut-iv-roi-de-danemar...
18 janv. 2008 - Saint Canut IV (ou Knut), roi de Danemark, martyr. 1086. Pape : Saint Victor III. Roi d'Ecosse : Malcolm III. Roi d'Angleterre : Guillaume...

Saint CANUT (KNUT ou KNUD) IV - iconographie chrétienne

har22201.blogspot.com/2013/01/saint-canut-knut-ou-knud-iv.html
19 janv. 2013 - Saint CANUT (KNUT ou KNUD) IV. Saint Canut IV. Roi et Martyr. († 1086). Saint Canut, roi de Danemark, alliait toutes les qualités de l'âme à ...









samedi 24 mai 2014

1087... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1087 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

VIE ET MORT MOUVEMENTÉES DE GUILLAUME LE CONQUÉRANT.


GUILLAUME LE CONQUÉRANT
Le dernier homme de l’histoire qui soit parvenu à envahir l’Angleterre, Guillaume le Conquérant, s’éteint à Rouen des suites d’une blessure accidentelle. Décrit comme obèse, le roi s'est blessé à cheval en rentrant de la bataille de Mantes qui l’oppose à Philippe Ier pour le contrôle du Vexin. La petite histoire raconte que le rapatriement et l’enterrement de Guillaume Le Conquérant à l’Abbaye-aux-Hommes de Caen ont été bien difficiles. Un homme se serait opposé au convoi faute de reconnaître la légitimité du roi d'Angleterre tandis qu’un incendie à Caen perturbe le cortège. Enfin, au sein de l’Église Saint-Étienne de Caen où se trouve toujours son tombeau, le peu d’hommes venu lui rendre hommage a dû fuir après que le corps se soit éventré lors de sa mise en terre… Son héritage politique est également mis à mal puisque l'Angleterre et la Normandie sont provisoirement séparées...
La vie et l'action politique de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie (1035-1087) et roi d'Angleterre (1066-1087), conditionnent toute l'histoire de ce pays doté d'institutions assez souples pour évoluer en plusieurs siècles vers une monarchie constitutionnelle. Vassal du roi de France, Guillaume se transforme en conquérant d'une île, puis en souverain qui réussit le paradoxe de construire une monarchie à peu près absolue sous le régime féodal.



Guillaume le Conquérant naît à Falaise en 1027 ou 1028. Fils naturel du duc Robert le Magnifique (ou le Diable) et d'Arlette de Falaise, fille du tanneur Foubert, il est reconnu comme héritier du duché par les grands, à la demande de son père qui part en pèlerinage à Jérusalem.
En 1035, à l'annonce de la mort de Robert le Magnifique, une régence est établie : Guillaume le Bâtard est confié à Alain de Bretagne, au sénéchal Osbern, à Gilbert d'Eu et à un certain Théroulde.
CHÂTEAU DE FALAISE
Sa minorité est marquée par les meurtres successifs de ses tuteurs et par l'esprit de sédition qui ne tarde pas à se manifester parmi les seigneurs Normands. Henri Ier, roi de France, n'est pas étranger à ces troubles... il en arrive même à la guerre ouverte et fait ravager l'Hiesmois, (Bayeux) au cœur du duché.
Le jeune duc manque de perdre la place de Falaise dont le châtelain s'est révolté, l'anarchie est totale, et c'est seulement en 1040 que Guillaume le Bâtard peut tenter de la réprimer... Sa condition de bâtard lui est défavorable, et ses ennemis ne manquent pas de l'exploiter.
En 1047, Gui de Brionne fomente une révolte des seigneurs du Cotentin et du Bessin, Guillaume le Bâtard échappe de justesse à ses ennemis et demande assistance au roi de France, son seigneur... Celui-ci l'aide à vaincre les rebelles au Val-ès-Dunes, près de Caen. Cette victoire est le premier tournant du règne, Guillaume Le Bâtard reprend solidement en main le duché, il force son cousin, Gui de Brionne, à s'exiler, et se montre assez sévère à l'égard de certains barons gravement compromis,
A l’occasion d’un concile à Caen en 1047, il impose la paix et la trêve de Dieu.
Les difficultés ne sont pas écartées puisque le duc doit compter avec l’hostilité d’une partie de sa parentèle, les Richardides...
Autour de 1050, il parvient à en éliminer plusieurs :
Le comte de Mortain Guillaume Werlenc est banni.
Guillaume d'Arques s’exile après l’échec de sa révolte contre le duc en 1054.
L’archevêque de Rouen Mauger, fils de Richard II de Normandie, doit abandonner son siège métropolitain.
Guillaume Le bâtard confisque les fiefs du comte d’Arques, rétablit l’ordre par une habile politique de distribution des terres et contrôle plus fermement les agents du pouvoir que sont les vicomtes. Le pouvoir du jeune duc s’appuie enfin sur un groupe de fidèles parmi lesquels figurent ses demi-frères :
Odon de Conteville, évêque de Bayeux, Robert, comte de Mortain, un groupe de barons (Guillaume Fitz Osbern, Roger II de Montgommery, Guillaume Ier de Warenne, Roger de Beaumont...) et quelques ecclésiastiques (Lanfranc etc).... Ils sont nommés à des fonctions importantes ou installés dans des territoires stratégiques...
 GUILLAUME Ier ET HENRI Ier
Guillaume 1er, duc de Normandie, descend de Rollon, un rude chef Viking qui s’est établi au siècle précédent à l’embouchure de la Seine.
Le duc Robert, Viking mal dégrossi, a de nombreuses concubines et encore plus d'enfants mais ses préférés sont Arlette et Guillaume.
Guillaume n'a encore que huit ans et ses partisans doivent défendre ses droits les armes à la main.
En 1051, il vient en Angleterre visiter son cousin le roi Édouard le Confesseur, entouré de longue date de conseillers Normands, celui-ci lui promet, dit-on, sa succession... Une telle promesse, (a-t-elle été réellement faite), est sans valeur, puisqu'elle doit être ratifiée par une élection. D'autres préoccupations vont d'ailleurs assaillir Guillaume le Bâtard. De nouveau son duché est en pleine révolte. Il lui faut 6 années de rudes combats et 2 grandes victoires à Mortemer et à Varaville pour réduire les mécontents.
Mais en 1060, après avoir soumis le Maine et la Bretagne, il devient un des plus puissants princes de France, et emploie les loisirs de la paix à favoriser l'agriculture et l'enseignement, c'est à cette époque que l'abbaye du Bec brille du plus vif éclat, son activité est tournée vers l'implantation d'un régime féodal strict... Cet homme austère, taciturne, réfléchi et opiniâtre, qui n'aime que la politique, la guerre et la chasse, s'occupe alors des affaires Anglaises, et donc il décide de conquérir ce royaume.
Le Bâtard réunit une flotte et une armée puissantes (sans doute 650 nefs et 7 000 hommes) à Saint-Valéry-sur-Somme, traverse la Manche, débarque le 29 septembre 1066 sur la plage de Pevensey et, en une seule bataille, le 14 octobre 1066, à Hastings, tue Harrold et bat les Saxons, qui font soumission...
Il est reconnu comme roi légitime et couronné, le 25 décembre 1066, à Westminster.
Il réorganise alors la société Anglaise sur le modèle Normand,et organise l'Église, à la tête de laquelle il place son ami Lanfranc comme archevêque de Canterbury.
Guillaume le Bâtard a épousé Mathilde, fille de Baudouin V, comte de Flandre (1053 décédée en 1083), c'est sa parente à un degré prohibé par l’Église... Le mariage est dénoncé à Rome, le pape Léon IX refuse de le reconnaître... ce couple royal à la vie exemplaire a fondé des abbayes comme l’abbaye aux Hommes, l’abbaye aux Dames de Caen, et l’abbaye de Battle... Guillaume consulte, sur la validité de son union, le prieur du Bec, le fameux Lanfranc qui donne raison au pape. Le duc furieux le bannit de ses États et vient surveiller son départ : Lanfranc, monté sur un cheval boiteux et usé, ne se hâte pas assez, brutalement apostrophé, il a la hardiesse de répondre : 
« Donne-moi un meilleur cheval et je partirai plus vite ! » 
STATUE DE GUILLAUME LE CONQUÉRANT
Guillaume ne peut s'empêcher de rire et depuis cette aventure Lanfranc devient son conseiller, dépositaire de ses secrets et écouté avec attention. En 1059, le moine plaide auprès du Saint-siège et gagne la cause du duc... Bien mieux, il rapporte de Rome l'assurance que le pape encourage les prétentions de Guillaume Le Bâtard sur l'Angleterre.
Il témoigne d'une indomptable énergie, d'un courage à toute épreuve et de réelles qualités d'homme d’État : sa largeur de vues, sa patience, sa taille gigantesque, sa force prodigieuse lui valent des partisans passionnés... Il guerroie avec succès contre ses voisins d'Anjou et de Bretagne... 
Au siège d' Alençon, les habitants s'étant permis de railler l'humilité de sa naissance en criant du haut de leurs murs « La peau ! la peau ! » et en battant des cuirs, il fait sur le champ couper les pieds et les mains de ses prisonniers et ordonne à ses frondeurs de lancer dans la ville les membres mutilés... Cette féroce vengeance le fait redouter. Le roi Édouard le Confesseur n'a pas d'enfants, il aime les Normands et la Normandie et a la possibilité de désigner son parent à l'élection du grand conseil national...
Le duc de Normandie intrigue en Angleterre, gagne à son parti de puissants seigneurs... Harold le fils de Godwin est son adversaire le plus redoutable, il jouit comme son père d'une immense popularité auprès des Anglo-Saxons...
Quand son oncle, le roi d’Angleterre Édouard le Confesseur, meurt sans héritier direct le 5 janvier 1066, Guillaume le Bâtard revendique pour lui-même la couronne. Celle-ci lui est contestée par un seigneur Anglais, Harold...

En 1066 Guillaume ayant débarqué en Angleterre avec ses troupes, il écrase les troupes de son rival, qui est tué dans la bataille .

À Bayeux, en Normandie, la célèbre « tapisserie de la reine Mathilde », du nom de l'épouse de Guillaume, raconte l'histoire de cette Conquête sur 70 mètres de long. C'est la première bande dessinée connue...

Devenu roi d’Angleterre, Guillaume modernise l’administration du pays et offre les seigneuries à ses compagnons d’armes, des Normands parlant Français, et partage entre ses vassaux les seigneuries Anglaises, éliminant de la sorte la noblesse issue des précédents envahisseurs, les Angles et les Saxons... Pour cette raison, les langues Anglaise et Française modernes comportent beaucoup de mots communs. Comme tous les rois Anglais, l’actuelle reine Elizabeth II descend de Guillaume de Normandie, le Bâtard, aussi surnommé Guillaume le Conquérant. Son épouse Mathilde de Flandre est à son tour couronnée 2 ans plus tard.
Sa politique est très autoritaire et la hiérarchie féodale qu’il développe est très stricte. Il garde une grande partie des terres qu’il a conquises sur la noblesse Anglo-Saxonne, le reste étant distribué à ses soldats... Il établit le Domesday Book, liste détaillée des terres et des biens.
Ce document montre que les Saxons ont été à peu près complètement dépossédés, l’enquête menée dans tout le royaume à la fin du règne montre que, parmi les vassaux directs du roi, la grande majorité sont des Normands ou des Français, un nombre infime de grands propriétaires Saxons ont pu conserver leurs terres.
Le Domesday Book montre aussi que la population est désormais composée de deux éléments bien séparés:
Les nobles, presque tous Normands ou Français, et le peuple Saxon qui leur est soumis et qui voit le statut de ses hommes libres se dégrader de plus en plus jusqu’à une semi-servitude.
C’est lui qui instaure les shérifs pour exécuter ses ordres dans chaque comtés. Guillaume le Conquérant pousse le souci de l’organisation féodale jusqu’à obliger ses sujets à lui prêter serment de fidélité.
Après avoir assuré le maintien de l'ordre par une promenade militaire dans les provinces envahies, Guillaume revient en Normandie (1067). Il laisse l'Angleterre à la garde de son frère Eudes, évêque de Bayeux, et de son ministre William Fitz Osbern. Pendant qu'il triomphe sur le continent, distribuant aux monastères l'or et les objets précieux, Eudes, par ses exactions et ses tyrannies, compromet son œuvre.
Les habitants du Kent se soulèvent et appellent à leur secours Eustache, comte de Boulogne, qui essaie de s'emparer de Douvres sans succès.
Guillaume Le Conquérant repasse en hâte la Manche en décembre. Il marche sur la ville d'Exeter demeurée le centre de la résistance Anglo-Saxonne, s'en empare et se dirige sur York où se sont rassemblés nombre de mécontents autour des comtes Eadwin et Morkere... York est pris et reçoit une garnison de 3 000 hommes. Il faut noter que ces deux expéditions se sont faites à l'aide de contingents Anglais.
Bientôt éclate une immense révolte (1068). En même temps que le roi du Danemark envoie une flotte, Tout le Sud-Ouest prend part au mouvement (Devon, Somerset, Dorset).
LE SIEUR HARO RÉCLAMANT SON HÉRITAGE
Guillaume Le Conquérant pénètre dans York et voulant détruire par un terrible exemple tout germe de rébellion ultérieure, fait saccager le pays, brûle les villes et villages, massacre les habitants, détruit les cultures, si bien qu'une terrible famine se déclare qui fait périr plus de 100 000 personnes. Cette épouvantable vengeance accomplie, Guillaume songe à réduire Chester, Mais il faut traverser les hauteurs qui coupent en deux l'Angleterre du Nord au Sud par des chemins à peine frayés... L'armée épuisée par la conquête du Northumberland, sans provisions, forcée de manger ses chevaux, éclate en murmures et fait mine de se révolter. Elle est domptée par l'incroyable énergie de son chef qui supporte les privations et travaille à l'ouverture des chemins comme le dernier de ses soldats... Guillaume peut entrer en vainqueur à Chester. Tout le pays Anglo-Saxon est conquis.
Guillaume Le Conquérant revient en Normandie et fait campagne dans le comté du Maine qu'il soumet à sa suzeraineté (1073)... La suppression des grands comtés, premier facteur de l'unité nationale de l'Angleterre, a mécontenté les grands seigneurs, Roger, fils de William Fitz Osbern, et le Breton Ralph de Guader, comte de Norfolk, essaient, en 1075, de restaurer ces comtés à leur profit... Cette rébellion est rapidement comprimée, Roger est jeté en prison et Ralph doit repasser la mer, les barons intrigants trouvent un nouveau chef, Eudes, évêque de Bayeux et frère de Guillaume le conquérant... Guillaume le Conquérant l'arrête de sa main au milieu de sa cour et le fait emprisonner.
En 1083, une grande expédition méditée par le roi Knut du Danemark réunit sur les côtes Anglaises une armée... Le péril écarté, les frontières fortement protégées du côté de l’Écosse par la construction d'une forteresse à Newcastle-sur-Tyne, de même du côté du pays de Galles par l'établissement de 3 grands barons sur les marches, c'est le sens du célèbre Serment de Salisbury par lequel, en 1086, les principaux nobles ont dû se lier envers lui par serment... Paradoxalement, le roi d’Angleterre est donc beaucoup plus puissant que ne l’est son suzerain, le roi de France.
Guillaume le Conquérant est attiré en 1087 en Normandie par une révolte suscitée par son fils Robert Courteheuse... appuyé ouvertement par le roi de France. Il veut d'abord négocier, étant fort malade et obligé même de garder le lit à Rouen sur le conseil de ses médecins qui tentent de réduire par la diète son embonpoint excessif. Philippe Ier ne peut se retenir de le railler. 
« Sur ma foi, dit-il, le roi d'Angleterre est long à faire ses couches ! » 
Le propos est rapporté à Guillaume Le Conquérant qui, furieux, jure par la splendeur de Dieu d'aller faire ses relevailles dans le pays de Philippe Ier et d'y apporter des milliers de lances en guise de cierges... Il tient parole, pénètre en juillet dans le Vexin, et en représailles foule les moissons, arrache les vignes, coupe les arbres fruitiers, incendie les villes et les villages, le combat est violent, barbare. Mantes est, anéantie, Il galope dans la grande rue de Mantes, lorsque son cheval s'abat dans les décombres... c'est alors que le duc est pris d'un fort malaise et qu'on le ramène à Rouen en litière. Seul le De obïtu Willelmi... donne quelques détails intéressants sur l'aspect clinique de sa maladie, détails utilisés par les divers commentateurs de la mort du duc, le Conquérant grièvement blessé est soigné au couvent de Saint-Gervais. Il occupe ses dernières heures à distribuer ses trésors aux pauvres et aux églises.
Le 9 septembre, alors que la cloche sonne prime, il meurt dévotement les mains jointes en murmurant une prière...
Il se passe alors une scène incroyable. Nobles et prêtres s'enfuient, laissant le cadavre presque nu sur le plancher, les officiers pillent le mobilier, la vaisselle, les vêtements et les bijoux et gagnent la campagne.
Les fils de Guillaume le Conquérant l'abandonnent également :
Guillaume le Roux n'attend même pas qu'il rende le dernier soupir pour s'embarquer pour l'Angleterre.
Henri Beauclerc met en sûreté l'or que son père lui a légué.
Les habitants de Rouen, (rapporte Orderic Vital), courent çà et là dans la ville, comme ivres, s'attendant à voir paraître à leurs portes une multitude d'ennemis.
Tous sont conscients de la force immense de Guillaume et craignent d'avoir tout perdu avec leur protecteur. Personne ne songe aux funérailles du roi. Enfin un gentilhomme Normand nommé Herlwin en prend l'initiative. A ses frais, il fait transporter le corps vers l'abbaye Saint-Étienne de Caen où il est enfin inhumé.
C'est une physionomie singulière et attachante que celle de Guillaume le Conquérant, elle est faite de contrastes :
Une taille gigantesque.
Une voix de tonnerre.
Une force colossale.
Une bravoure désespérée.
Des colères furieuses.
D'épouvantables vengeances.
Tous les attributs et les instincts de la brute.
Le tempérament froid d'un politique.
Un profond mépris des humains.
Les plus rares qualités de général, de stratégiste et de diplomate, le sens du gouvernement, tous les dons et toutes les aptitudes des grands hommes d’État modernes, alliées à une piété sincère, à une tendresse et à une douceur qui étonnent chez lui, dans ses relations avec sa femme et ses enfants.
« Aucun chevalier sous le ciel n'est le pair de Guillaume. » 
LA TOUR BLANCHE DE LONDRES
Quand Guillaume Le Conquérant agonisant, partage ses États comme un patrimoine, ainsi que le faisait 2 siècles plus tôt les Souverains Carolingiens... la Normandie, considérée comme son bien propre, doit devenir l’héritage de son fils aîné, Robert Courte-Heuse (mort en 1134), l’Angleterre, traitée en acquêt, revenant au cadet, Guillaume le Roux (mort en 1100), son troisième fils, Henri Beauclerc, devenu Henri Ier (mort en 1135), doit se contenter d’une somme d’argent et du comté de Mortain... C'est pourtant ce dernier qui achèvera et perpétuera l’œuvre paternelle. C’est sous le règne d’Henri I Beauclerc que commence la fusion entre éléments Saxons et éléments Normands, créant ainsi la nation Anglaise... Le leur donne également des renseignements sur le caractère de ses vassaux, il les représente comme ardents à la chicane, tout en rendant justice à leurs qualités :
« En Normandie, dit-il, il y a un peuple très fier : je n’en connais point de semblable. Les chevaliers y sont preux et vaillants, et victorieux partout. Leurs expéditions sont à craindre s’ils ont un bon capitaine, mais, s’ils n’ont pas un seigneur qu’ils redoutent et qui sache les maintenir, on est bientôt mal servi... Les Normands ne valent quelque chose que sous une administration sévère et équitable, ils aiment à se divertir et à plaider si on ne les tient en respect, mais celui qui leur fait sentir le joug en peut tirer parti... Les Normands sont fiers, orgueilleux, vantards, fanfarons, il faudrait avec eux être toujours occupés à tenir des plaids, car ils sont forts pour comparaître en justice.
Robert Courteheuse, qui doit gouverner de pareils hommes, a beaucoup à faire et à penser. »
Les prélats et les barons se sont rassemblés pour l’enterrer pompeusement dans l’église de Saint-Étienne de Caen, qu’il a fondée.
Il y a là Guillaume, archevêque de Rouen, Odon, évêque de Bayeux, Gislebert, évêque d’Evreux, Gislebert Meminot ( ?), évêque de Lisieux, Michel, évêque d’Avranches, Geoffroi, évêque de Coutances, Girard, évêque de Séez, et une multitude d’abbés et de hauts dignitaires.
La messe des morts est achevée, le cercueil de pierre descendu dans la fosse, le cadavre au bord, sur un brancard, et Gislebert d’Evreux arrache des pleurs à tous les assistants, en prononçant les dernières paroles de l’oraison funèbre :

« Puisque ici-bas nul mortel ne peut vivre sans péché, prions tous, dans la charité de Dieu, pour le prince défunt. Appliquez-vous à intercéder pour lui auprès du Seigneur tout-puissant, et pardonnez-lui de bon cœur s’il vous a manqué en quelque chose. »
Tout à coup un vassal, Asselin, fils d’Artur, monte sur une pierre et s’écrie :
« Haro, mes seigneurs ! de par Jésus et le Saint Père, je vous défends d’enterrer ici l’homme pour lequel vous priez, car la plus grande partie de cette église est de mon droit et de mon fief, cette terre où vous vous trouvez est l’emplacement de la maison de mon père, je ne l’ai ni engagée, ni aliénée, ni donnée, mais n’étant encore que Duc de Normandie, Guillaume le Bâtard me l’a ravie par force, et y a fondé cette église, dans l’abus de sa puissance. Je le prends à témoin devant l’ennemi de tout mensonge, je réclame et revendique ouvertement ce terrain, et m’oppose de la part de Dieu à ce que le corps du ravisseur soit couvert de ma terre et enseveli dans mon héritage »
Les évêques et les grands interrogent les voisins d’Asselin, reconnaissent la vérité de sa déclaration, l’appellent, lui comptent 60 sous pour prix de la place occupée par le cercueil, s’engagent à lui payer la valeur totale du sol, et le vassal consent à laisser une tombe à son suzerain... Cette interruption des funérailles d’un grand monarque par une réclamation personnelle est unique dans les fastes du monde : un Normand seul en était capable.
Elle a quelque chose de grand et de mesquin, de vil et d’honorable, de noble et de trivial à la fois. Elle annonce que dès lors le sentiment du droit est enraciné chez les Normands, ils n’ont pas dégénéré, Dieu merci !...
LES POSSESSIONS DE GUILLAUME LE CONQUERANT
Un moine de l'Abbaye aux Hommes, relate quelques années après la disparition de Guillaume :
Qu'il y a des manifestations digestives : nausées, vomissements répétés, hoquets, des douleurs internes.
Des manifestations respiratoires, sous forme de crises de dyspnée renouvelées.
Un affaiblissement progressif, une autre source ajoute : des frissons de fièvre.
Six semaines plus tard le roi-duc meurt. Les hypothèses sont nombreuses sur les causes exactes de la mort du Conquérant.
Guillaume de Malmesbury, écrit 40 ans après la mort du duc, qu'au cours du combat celui-ci aurait heurté le pommeau de sa selle, ce qui aurait provoqué une lésion abdominale fatale ? Or ni le moine de Caen, ni Orderic Vital pourtant prolixe dans d'autres domaines, n'évoquent ce genre d'accident, ce qui est surprenant s'il s'est agi d'un traumatisme majeur.
L'obésité abdominale du duc importante constituait un « matelas protecteur » pour les viscères profonds, en particulier pour le pancréas plaqué contre la colonne vertébrale.
Enfin, si le cheval s'est cabré, le tronc du cavalier a été rejeté en arrière plutôt qu'en avant, même si dans un deuxième temps il est revenu sur le pommeau de la selle... pour Toutes ces raisons le traumatisme (s'il a existé) ne peut être retenu comme facteur essentiel.
La lésion abdominale :
En raison des troubles digestifs, on s'est orienté vers une blessure d'un organe de l'abdomen : péritonite, atteinte du foie ou, hypothèse plus récente, du pancréas.
Mais que deviennent là-dedans les troubles respiratoires : accès répétés de dyspnée ?
Et puis, six semaines de durée pour une lésion viscérale mortelle, c'est bien long.
Il faut chercher une autre explication à la maladie mortelle de Guillaume le Conquérant... une affection qui « absorberait » tous les symptômes relatés par les chroniqueurs.
Or cette maladie existe ; c'est l'infarctus du myocarde (I.M.) non pas dans sa forme la plus courante, mais dans ses formes à expression digestives et respiratoires. On y trouve :
Les nausées, les vomissements, le hoquet et les douleurs, le tout « pouvant simuler une affection hépatique ou pancréatique »... et être cause d'une mauvaise orientation diagnostique ;
Les accès d'oppression respiratoire y sont fréquemment associés.
La fièvre s'y rencontre et on nous dit que le duc était secoué de frissons, la persistance étant un signe de gravité.
Le traumatisme est parfois invoqué comme un facteur déclenchant.
On peut aller plus loin encore en intégrant cet accident cardiaque dans le contexte de santé de Guillaume. Il avait 60 ans (une bonne longévité pour l'époque) mais l'usure des ans se fait sentir, il éprouve des difficultés à se tenir à cheval (?) et a été contraint de s'aliter quelque temps plus tôt.
PIERRE TOMBALE
Porteur d'une forte obésité engendrée par un régime lourd (graisses, féculents, venaison...), derrière lui un demi-siècle de surmenage incessant, de tension psychique, de « stress » renouvelés, causés par les trahisons, les rébellions, les dissensions familiales... Il a accumulé au cours de sa vie tous les facteurs qui font le lit de la maladie coronarienne au moment où il fournit, sous une chaleur accablante, un effort éprouvant dans le sac de Mantes.
Enfin plutôt qu'une maladie abdominale, une déchéance cardio-vasculaire s'accorde mieux avec la mort subite qui a surpris tellement l'entourage.
En conclusion, l'infarctus du myocarde dans ses expressions digestives et respiratoires coïncide avec ce que nous disent les chroniqueurs sur la vie tendue et sur la fin de Guillaume le Conquérant.


Mort de Guillaume le Conquérant - 9 septembre 1087 - L ...
www.linternaute.com › ... › Mort de Guillaume le Conquérant
9 sept. 2006 - Mort de Guillaume le Conquérant, le 9 septembre 1087 : "Le dernier homme de l'histoire qui soit parvenu à envahir l'Angleterre, Guillaume le ...

GUILLAUME LE CONQUÉRANT - Encyclopædia Universalis

www.universalis.fr/encyclopedie/guillaume-le-conquerant/
La vie et l'action politique de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie (1035-1087) et roi d'Angleterre (1066-1087), conditionnent toute l'histoire de ...

Guillaume le Conquérant.

www.cosmovisions.com/GuillaumeConquerant.htm
Guillaume le Conquérant (Guillaume le Bâtard, duc de Normandie , Guillaume Ier d'Angleterre) est un roi d'Angleterre (1066-1087), né à Falaise le 14 octobre ...