samedi 13 mai 2017

EN REMONTANT LE TEMPS... 47

13 MARS 2017...

Cette page concerne l'année 47 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

HÉLÈNE REINE D'ADIABENE


LES ROUTES COMMERCIALES NABATEENNES
Les supporteurs de la « cause palestinienne » scandent à tour de bras que les Arabes « palestiniens » vivent depuis « des milliers d’années » en « Palestine ».
Des Arabes côtoient des Juifs dans cette région depuis des milliers d’années, ceci est vrai. Toutefois, ils n’ont jamais vécu en Terre d’Israël elle-même, ils étaient établis au sud et à l’est. Les Arabes en question sont les Nabatéens, une ancienne nation de chameliers-marchands.
Ces Arabes sont originaires de l’Arabie du Nord. Ils émigrent vers le territoire d’Édom (l’actuel désert du Néguev) 350 ans notre ère. Leur métropole est Pétra, l’ancienne capitale des Édomites située à égale distance entre la Mer Morte et le Golfe d’Aqaba.
Peu à peu le Néguev est connu sous le nom de Nabatène. Grâce à leurs caravanes allant d’un oasis à l’autre, ses habitants étendent rapidement leur influence économique dans le Sinaï, l’est de la Jordanie actuelle, le sud de la Syrie actuelle et le nord-ouest de l’Arabie.

Au cours de la guerre des Juifs contre les Helléniques en 166-142 av. J.-C., Juifs et Nabatéens sont alliés. Le royaume Nabatéen prend fin en l’an 106 lorsque la Nabatène est conquise par les Romains qui en font une province de leur empire... Au cours de leur histoire, les Nabatéens ne remplaceront jamais les Juifs en tant qu’habitants de la Terre d’Israël, mais ils coexistent à côté d’eux sur un territoire distinct.
Les Nabatéens ne s’établissent pas à l’ouest du Jourdain. Ils s’installent toutefois à l’est du Jourdain et de la Mer Morte. Les Juifs attaquent les Nabatéens vivant en Pérée et en Moab en 90 av. J.-C. et en convertissent (de force) beaucoup au Judaïsme.
En 32-31 av. J.-C., les Juifs attaquent encore les Nabatéens, cette fois en Décapole et en Ammon.
Les Arabes « Palestiniens » ne sont donc pas des habitants millénaires de la « Palestine ».
« Michelle d'Astier de la Vigerie – LA VRAIE HISTOIRE DE LA PALESTINE
https://www.michelledastier.com/la-vraie-histoire-de-la-palestine/
20 juil. 2015 »

Un récit de Flavius Josèphe mentionne la reine Hélène d’Adiabène, souveraine un royaume qui correspond au Kurdistan actuel.
Dans ses Antiquités juives, l’historien juif du Ier siècle. raconte que les ossements de cette reine étrangère, convertie au judaïsme dans la première moitié du Ier siècle, a été « ensevelis dans les 3 pyramides que sa mère a fait construire à 3 stades de la ville de Jérusalem » (Ant. XX, 4-95).
De quel côté de la ville, Josèphe ne le précise pas, pas plus d’ailleurs que les trois pyramides en question, jamais localisées.

Jean-Baptiste Humbert de l’École biblique de Jérusalem a d’ailleurs mené une nouvelle fouille en 2008-2009 et date plutôt les installations du Ier siècle av. J.-C., soit au moins un demi-siècle avant la mort d’Hélène. Mais une double inscription araméenne gravée sur le sarcophage, « Reine » et  « Saddan », a néanmoins pesé en faveur de la reconnaissance d’Hélène comme propriétaire des lieux.  Quoique… D’après l’épigraphiste Alain Desreumaux, seul le second mot lui serait certainement contemporain (cf. Monde de la Bible n° 137) !
En tout cas, sauf à preuve du contraire, tout le monde admet que le Tombeau des Rois est celui d’Hélène.
Il faut dire que le portrait qu’en fait Flavius Josèphe (Ant. II) est pour le moins attachant, en particulier le secours qu’elle apporte aux pauvres de Jérusalem où elle séjourne lors d’une terrible disette. Au moment, précise Josèphe, où se déroule le recensement de Quirinus (Ant. V, 101), événement qui coïncide avec la naissance de Jésus de Nazareth dans l’Évangile de Luc (2,2).
Tout cela pour dire que l’histoire d’Hélène est particulièrement chère à la mémoire juive.

Le site web américain Talmudology évoque dans un article du 10 septembre 2015 «la Reine Convertie ». Il s’agit de la reine Hélène, d’Adiabene, un pays de l’empire Assyrien, qui recouvre selon certains l’ancien Kurdistan et selon d’autres l’actuelle Arménie. La période de référence est celle de la montée du conflit entre l’empire Romain et la Judée, quelques dizaines d’années avant la destruction du Temple (68/70).
Partant d’un passage du Talmud de Babylone (Nazir 19b), le site web revient sur la destinée peu commune de cette reine qui embrasse la religion juive, vient en aide à sa population et dont le pays est le seul à porter secours lors du conflit final avec Rome.
Talmudology écrit : « Son fils part à la guerre et la reine, qui s’est auparavant convertie au judaïsme, prend un engagement : « Si mon fils revient en paix de la guerre, je serai une nezirah (dédié à Dieu) pendant sept ans.’ » Son fils rentre de la guerre et elle devint nezirah pendant sept ans au terme desquels elle vient vivre sur la terre d’Israël. Bet Hillel décide qu’elle doit être une nezirah pour sept ans encore car le délai de nezirut observé en dehors d’Israël ne compte pas.
À la fin de la [deuxième] période de sept ans, la reine Héléna devient une nouvelle fois impure, ce qui signifie qu’elle doit servir à nouveau 7 ans.
Et donc, elle est nezirah pendant une période de 21 ans… »

Flavius Josèphe, le grand historien Juif, certes controversé, apporte des informations supplémentaires sur sa vie, qui corroborent certaines des histoires évoquées à son sujet dans le Talmud. « Hélène, reine d’Adiabène et son fils Izatès, décident d’embrasser les coutumes juives. »
Talmudology poursuit : « Un certain marchand Juif, du nom d’Ananias, a enseigné aux femmes du roi à adorer Dieu selon la religion juive. Il procède de même avec Izatès qui est convaincu de la même manière, d’embrasser cette religion juive.
La reine mère subit aussi l’influence d’un autre juif et elle aussi, choisit la religion juive. » Le site explique : « Quand Hélène, mère du roi, voit que les affaires du royaume d’Izatès prospèrent et que son fils est heureux et admiré, même parmi les étrangers, de par la providence de Dieu sur lui, elle décide de se rendre dans la ville de Jérusalem, pour prier au Temple de Dieu (Le deuxième Temple de Jérusalem) et y procéder à des offrandes.
Son fils donne son consentement au voyage. Elle fait de grands préparatifs et son fils lui donne beaucoup d’argent. La reine arrive au moment où la ville de Jérusalem n’est pas dans la meilleure situation.
Les habitants de Jérusalem sont alors soumis à une famine très meurtrière.
La reine Héléna prend aussitôt les mesure nécessaires : Elle envoie des serviteurs à Alexandrie pour acheter du maïs et à Chypre pour en rapporter des figues.
Elle fait distribuer des vivres à ceux qui sont dans le besoin le plus criant. Elle laisse ainsi un excellent souvenir derrière elle. Quand son fils Izatès est informé de cette famine, il envoie à son tour de grandes sommes d’argent à Jérusalem… (Flavius Josèphe, Antiquités juives, XX, 2.) »
Ce n’est pas tout. La reine mère fait aussi cadeau entre autres choses, d’un portail d’or et de poignées d’or pour la vaisselle du Temple utilisée le jour de Yom Kippour.

Voila pour l’histoire de la reine. Mais le site web américain Talmudology innove en ce sens qu’il fait intervenir des experts de l’histoire Juive.
En 1964, un jeune historien américain du nom de Jacob Neusner publie un document dans la Revue de la littérature biblique intitulé
« La Conversion de Adiabene au Judaïsme: A New Perspective ».
Jacob Neusner affirme que le récit de Josèphe sur la conversion familiale au Judaïsme de la reine Héléna d’Adiabène « ne peut raisonnablement être rejeté ». Il va plus loin et s’interroge sur les motivations politiques derrière cette conversion.
Sa réponse est la suivante : Les Juifs du Proche et du Moyen-Orient au premier siècle sont « un groupe nombreux et politiquement important » et « en Arménie comme ailleurs, les dynastes Juifs ont un pouvoir… » De plus, « la communauté Juive de Palestine est un groupe puissant et militairement significatif.
Il n’est pas déplacé de penser que la Palestine puisse recouvrer son indépendance contre Rome, peut-être de concert avec les petits rois de l’Orient Romain. »
Par sa conversion au judaïsme, Adiabène peut se positionner comme un acteur puissant dans la chute de l’empire Romain.
De cette façon, souligne Jacob Neusner, la reine Helena et sa maison royale utilisent ainsi une manœuvre inaugurée un demi-siècle plus tôt par Hérode, qui, tout en restant fidèle à Rome, a « tenté de nouer des alliances avec les autres dépendances Romaines et chez les Juifs Babyloniens ».
PALAIS D'HELENE D'ADIABENE

En fait, Adiabène fait un pas de plus qu’Hérode et encourage même la révolte contre Rome en 66. Objectif selon Neusner: Gagner le trône de Jérusalem même.
« Si les Juifs avaient gagné la guerre contre Rome, qui pouvait hériter, à l’époque, du trône juif ?...
Probablement pas Agrippa II car lui et sa famille ont été discrédités par leur liaison avec Rome et leur opposition à la guerre. Certains Juifs pensent probablement que le Messie règne en Judée, mais cela ne peut sérieusement affecter les calculs des Adiabèniens. En effet, de leur point de vue, ils peuvent raisonnablement espérer arriver au pouvoir.
Ils sont, après tout, une famille régnante, leur conversion n’a pas plus d’importance pour les Juifs Palestiniens qu’Agrippa Ier, dont la lignée familiale irrégulière l'a empêché de gagner le soutien populaire.
Le soutien actif de la famille régnante d’Adiabène à la guerre, leurs bienfaits à la ville et à sa population en proie à la famine, leur statut royal et le soutien qu’ils peuvent rassembler à travers l’Euphrate, en font les principaux, sinon les seuls candidats au trône de Jérusalem. »
Faut-il conclure qu’il y a selon cet auteur, des arrières pensées politiques à la démarche de sympathie d’Adiabene, voire à la conversion des dirigeants de cet État loin encore : Faut-il penser que Rabi Aquiba, dont la perspicacité est devenue légendaire, a percé les motivations secrètes de la conversion des rois et reine d’Adiabène ? Difficile à dire. Observons simplement qu’à la lecture du Talmud, (Sukkah 2b), on apprend que « la reine Héléna, lors de son séjour en Judée, se fait construire dans la ville de Lyddah une souccah, pour célébrer la fête des cabanes, respectant en cela la religion Juive.
Mais le toit de cette souccah est trop haut (40/50 coudées au lieu de 30) et donc non conforme aux critères religieux.
Pourtant les Sages de la Torah y vont.
Oui mais, rétorque un sage. Une femme n’est pas soumise aux obligations de la souccah.
Oui mais réagit un autre sage, elle a 7 garçons et donc l’un d’entre eux devait avoir au moins 13 ans, et donc soumis à cette règle, imposée aux hommes... Et de toutes les manières, les Sages n’adressent pas la parole à la reine Héléna. »

Jacob Neusner concède que « la conversion d’Hélène et Izatès n’est pas seulement un acte politique. Au contraire, il souligne l’importance de tenir compte des conséquences politiques de leur action religieuse. Il semble cependant que la famille de la Reine Héléna ait reconnu les conséquences profondément religieuses de sa décision d’adopter le judaïsme. » L’historien Flavius Josephe enregistre plus tard que quand, rentré à Adiabène, la reine meurt, son fils « fait envoyer ses ossements… à Jérusalem et donne ordre qu’ils soient enterrés dans l’édifice que sa mère a érigé » (Flavius Josèphe, Antiquités Juives, XX, 4).

L'an 47, Fadus (Fadus Cuspius Fadus est un chevalier romain, procurateur de la province de Judée de 44 à 46), est rappelé il a pour successeur un Juif apostat d'Égypte, Tibère Alexandre, neveu du célèbre philosophe Philon d'Alexandrie. Tibère fait crucifier les fils de Juda le Galiléen, Jacob et Simon, qui, marchant sur les traces de leur père, sont alors les chefs des zélateurs ou patriotes. Une cruelle famine, qui fait beaucoup de victimes dans la classe pauvre, désole alors le pays.

Quadratus promet de faire une enquête impartiale, quelque temps après, étant venu à Samarie, il se prononce d'abord contre les Samaritains, mais, ayant appris les excès commis par les Juifs, il fait crucifier ceux que Cumanus a faits prisonniers à Lydda. Une conspiration d'un certain Dortus et de 4 autres Juifs, qui ont excité le peuple à se révolter contre les Romains, lui est révélée par un Samaritain, et il fait mettre à mort les rebelles.
Pour terminer la querelle entre les Juifs et les Samaritains, Quadratus fait saisir les chefs des 2 nations et les envoie à Rome pour plaider leur cause devant l'empereur; le grand prêtre Hanania et son fils Hanan, gouverneur du Temple, sont du nombre. Cumanus et le tribun Céler, qui ont tenu dans cette affaire une conduite coupable, sont également envoyés à Rome.
L'intervention du jeune Agrippa, qui est à Rome, déjoue les intrigues des Samaritains, qui avaient su gagner les amis de l'empereur. Claude décide en faveur des Juifs, 3 des principaux Samaritains sont mis à mort , Cumanus est exilé et Céler est renvoyé à Jérusalem pour y être décapité sous les yeux des Juifs... Hanania revient à Jérusalem, où nous le retrouvons plus tard, comme pontife.
PALAIS D’HÉLÈNE D'ADIABENE

Les Juifs de Judée et de Galilée semblent avoir voué une quasi dévotion à Hélène, en dépit des aspects de sa personnalité, difficile à accepter pour un Juif du Ier siècle... Au IVe siècle, l'évêque catholique Eusèbe de Césarée écrit :
« On trouve encore aujourd'hui des stèles remarquables de cette Hélène dont parle Josèphe, dans les faubourgs de la ville qui porte aujourd'hui le nom d'Aelia (les Romains avaient rebaptisé Jérusalem en Aelia Capitolina). Il y est dit qu'elle a régné sur la nation des Adiabéniens.

Le sarcophage présumé de la reine Hélène d’Adiabène, convertie au judaïsme et pieuse bienfaitrice des pauvres de Jérusalem, va passer 4 mois en Terre Sainte...
En 1863, l’archéologue Français Félicien de Saulcy découvre un grand tombeau près de la porte de Damas à Jérusalem (actuelle rue Salah ed-Dîn).
Dans une vaste cour à ciel ouvert, excavée dans le sol, une façade monumentale marque l’entrée d’un cimetière souterrain fermé par une meule amovible.
Il y découvre entre autres un sarcophage en pierre calcaire sobrement sculpté qui est transféré au musée du Louvre, en plein accord avec les autorités
LE TOMBEAU DES ROIS
archéologiques Ottomanes de l’époque.

Devant la monumentalité des installations funéraires, Félicien de Saulcy est d’abord persuadé qu’elles hébergent les sépultures des grands rois de la Bible, David et Salomon... Peu crédible sur le plan stylistique, l’hypothèse est rapidement écartée, mais le lieu n’en conserve pas moins le nom de « Tombeau des rois ».
À défaut de rois, il appartient plutôt à une reine.




Petite visite d'Hélène d'Adiabène à Jérusalem - Le Monde de la Bible
www.mondedelabible.com/petite-visite-dhelene-dadiabene-a-jerusalem/
22 sept. 2010 - le sarcophage présumé de la reine Hélène d'Adiabène,convertie au judaïsme et pieuse bienfaitrice des pauvres de Jérusalem, va passer ...

Talmudology révèle les dessous de la conversion au judaïsme de la ...
https://www.histoirejuive.fr/talmudology-revele-les-dessous-de-la-conversion-au-judai...
4 oct. 2015 - Il s'agit de la reine Helena, d'Adiabene, un pays de l'empire assyrien, qui recouvre selon certains l'ancien Kurdistan et selon d'autres l'actuelle ...

EN REMONTANT LE TEMPS... 48

12 mars 2017

Cette page concerne l'année 48 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LA LICENCIEUSE EXISTENCE DE MESSALINE.


MESSALINE
« On lit partout chez les sociologues et philosophes que l’individu est une invention de l’Occident moderne, émergeant à la Renaissance... Auparavant, les gens ne connaissent pas l’individualité.
Ils n’ont  fait que baigner dans un monde « traditionnel » où l’individu est englué dans des formes sociales (religieuses, familiales, politiques, communautaires (et sectaires)), qui l’englobent, le dominent, l’étouffent et le contraignent. Il ne faut pas  confondre l’individualisme – comme valeur – qui est sans doute d’époque récente, avec l’individu, qui lui, est bien présent dans les sociétés antiques.
En lisant les livres sur Rome, on ne cesse de rencontrer des individus :
De jeunes hommes ambitieux qui rêvent de gloire.
Des esclaves qui souhaitent sortir de leur condition.
Des femmes qui, bien que sous la tutelle de leur mari, les trompent et les manipulent, se comportant en maîtresse-femmes.
Des artisans ou commerçant qui gèrent leurs affaires personnelles, etc.
Messaline est une jeune fille de la haute aristocratie Romaine, mariée à l’âge de 13 ans à l’empereur Claude, alors quinquagénaire.
« Entre les 2 époux les relations évoluent vite : 2 enfants, un garçon et une fille, puis chambre à part et vie séparée ».
« les mœurs sont aussi libres dans l’aristocratique Romaine qu’au XVIIIe siècle ».
La suite le confirme. La jeune et belle Messaline est une sacrée polissonne. Et pas mal de Romains sont passés dans son lit.
« Elle partage quelquefois le lit de Claude, mais on ne tarde pas à dire dans Rome qu’elle partage aussi celui de tous ses favoris »... Et parmi ses amants de passage, on cite
« un haut fonctionnaire, un grand seigneur, un sénateur, un jeune chevalier d’une grande beauté, un chanteur d’opéra (…) et aussi un médecin célèbre pour ses dons littéraire et pour avoir fondé une secte médicale hérétique ».
Sans parler de temps en temps d'un gladiateur qui l’a impressionné sur l’arène.
Comment est-ce possible ?

MESSALINE
Paul Veyne donne des précisions sur les modes de vie du couple.  Il se sont installé dans le palais, qui domine le Forum Romain :
« Claude vit dans ses appartements avec son harem de concubines et Messaline mène de son côté une vie élégante en compagnie de ses favoris, seigneurs, gens de théâtre et célébrités diverses ».
La valse des amants ne suffit pourtant pas à satisfaire Messaline, « la nymphomane » si on en croit cet incroyable épisode...
Un jour, dit-on, Messaline s’est rendue en cachette dans un « bordel » pour se livrer à un curieux concours avec une prostituée :
Il s’agit de savoir combien elle peut subir de « mâles assauts » en une journée. Et l’histoire dit qu’elle a remporté son concours après avoir couché avec 25 partenaires à la suite !
Évidemment rien ne permet d’authentifier l’anecdote, mais que le fait que l’on puisse raconter cela dans Rome, en dit long sur les mœurs de l’époque !
A la fois sur le dévergondage des élites, mais aussi la liberté de manœuvre de l’impératrice.

Claude, le mari, n’est pas particulièrement regardant sur les frasques de Messaline, même si cela nuit à sa réputation. Et c’est une autre affaire, qui va conduire à la perte de la jeune épouse.
Une jour, Messaline tombe éperdument amoureuse d’un beau seigneur, nommé Sillius, « et qu’on tient pour le plus beau des Romains ».
C'est entre eux vraiment un amour fou et passionné... Silius est marié. Il divorce, alors que rien ne l’ y oblige. Messaline, de son côté «  stupéfie les contemporains comme elle nous stupéfie : Elle divorce de Claude et se remarie avec son Silius ». Le  tout à l’insu de son mari ...
A Rome, le mariage n’a pas vraiment de statut sacré. Ce n’est un acte public. On peut se marier en privé sans en informer personne. Seul compte l’engagement réciproque des époux. Il n’y a ni contrat ni rites solennelles (ou du moins il sont facultatifs).
Le fait d’être marié et de vivre ensemble n’empêche pas monsieur d’avoir des maîtresses et madame des amants (comme chez les bourgeois du XIXe siècle) : L’essentiel étant de ne pas trop l’étaler ouvertement.
LA MORT DE MESSALINE
On peut aussi divorcer tout aussi facilement. « Il suffit même qu’un seul des époux le veuille, si bien que, lorsqu’une femme en colère quitte le logis, les juristes, embarrassés, se demandent si c’est là un divorce,  et ils répondent que le seul moyen de le savoir est de lui demander si son intention a été de divorcer . »
Messaline divorce donc à l’insu de son mari ! Pourquoi alors qu’elle aurait pu entretenir les deux liaisons sans que nul ne songe à la condamner... Par amour simplement, pour se témoigner l’un  à l’autre leur amour exclusif !
Messaline, écrit P. Veyne « ne fait rien de plus que ce que font toute ses contemporaines, qu’elles soient nobles ou simples plébéiennes : Elles divorcent quand un autre homme leur plaît ».
Ce ne sont pas les mœurs licencieuses ni ses amants qui vont amener Claude à réagir, ni le fait d’avoir un amant caché, ni même le divorce, qui est admis.
Mais en divorçant à l’insu de son mari, Messaline dépasse les bornes.
La réputation de l’empereur commence à être sévèrement entachée par cette affaire... Finalement, c’est pour crime de lèse majesté et conspiration que Messaline et Silius sont arrêtés et condamnés à mort. L’affaire se conclu donc tragiquement. Messaline est exécutée. Elle n’a encore que 23  ans.

La société Romaine est souvent vues comme une société patriarcale. Le père règne en souverain absolu sur sa maison : Sa femme, ses enfants, ses domestiques. C’est une réalité du point de vue juridique : Le droit public fait de la femme une subordonnée. Et les stéréotypes de l’époque la présente aussi comme une mineure, l’égale d’un enfant, qui n’a pas l’âge de raison, incapable de prendre de bonnes décisions.
Le cas de Messaline montre qu’il ne faut pas confondre le statut et la condition réelle des femmes. Tout d’abord, la femme mariée se doit de devenir une « matrone »... Une matrone est une mère de famille qui a du pouvoir et des responsabilités à l’intérieur de la maisonnée. Ces femmes, on l’a vue peuvent divorcer assez librement. Elles ne se privent pas non plus d’avoir des amants.

L’image que Paul Veyne nous donne du couple Romain est déroutante. On imagine les femmes sous la coupe d’un pater tout puissant, on découvre des femmes émancipées (même si le droit n’est pas en leur faveur).
Les stéréotypes de l’époque les représentent commune « femme objet » ou plutôt dit Paul Veyne une « femme outil » totalement subordonnée, servile, instrumentalisée au service de son époux, Mais au delà de ce discours, il y a une toute autre réalité...

Messaline n'est pas une enfant sortie de nulle part qui a réussi dans la vie. Elle est déjà issue de la haute noblesse, Valeria Messalina est la fille de Marcus Valerius Messalla Barbatus et de Domitia Lepida.
Elle est donc la petite-fille d’Antonia l’Aînée et l’arrière petite-fille de Marc-Antoine. Enfin, elle est aussi la nièce de Gneius Domitius Ahenobarbus, le père de Néron... Donc sa cousine. Elle vit dans la grande Rome entourée d’hommes de pouvoir.

Messaline est née en 25 et en 38 elle épouse Claude. Ça veut dire qu’elle a 13 ans, Claude en a 48. Rapidement, ils vont avoir deux enfants, Octavie (future épouse de Néron) en 40 et Britannicus en 41. A 15 ans, Messaline a donc deux enfants... Son mari accède au pouvoir en 41, à la surprise générale non pas que Claude ne soit pas intelligent, c’est plutôt qu’il a quelques handicaps. Mais c’est aussi le dernier de la lignée, alors à la mort de Caligula, il faut bien quelqu’un pour lui succéder.
Du moment que Claude devient empereur, la jeune Messaline voit la vie en grand et compte bien profiter de tous les plaisirs que lui offre la vie.
Messaline c’est une libertine : Le mariage, d'accord, donner une descendance à l’empereur aussi.
Maintenant, place à la vie libre et volage. Non seulement elle couche avec qui elle veut, mais en plus, elle se prostitue volontairement dans les bordels de Subure et organise des orgies géantes... Faut bien s’amuser un peu.
En plus de ne pas cacher sa débauche, Messaline incite les femmes de Rome à coucher avec leurs amants sous les yeux de leurs maris, ceux qui acceptent, reçoivent une récompense... S’ils refusent avec trop de virulence, elle se débrouille pour les faire disparaître, pas seulement de la pièce mais plutôt de la surface de la terre.
Ainsi, elle souhaite en quelque sorte humilier les hommes qui emprisonnent leurs femmes, ces maîtresses de maison à qui on fait un ou deux gamins mais qu’on trompe à la première occasion.
Rapidement elle est surnommée « Augusta meretrix » (mĕrĕtrix féminin. (Sexualité) Prostituée déclarée (par opposition à une prostibula), dans l'Ancienne Rome. Synonymes. lupa, lupana · nonaria …)
De son côté Claude n’est pas un grand jaloux possessif, au contraire, il fait pareil de son côté et tant que sa femme ne le dessert pas, il s’en moque. D’ailleurs, il va même l’aider à trouver quelques amants.

Parmi les nombreux amants de Messaline, il est possible de citer Mnester. Celui-ci fait tourner toutes les têtes, baver toutes les femmes et n’est pas avare de caresses. C’est un acteur de pantomime dont Caligula feu l’empereur lui-même, est tombé fou amoureux. Lors de spectacles, représentations, ou jeux du cirque Caligula n’a pas peur de l'embrasser à pleine bouche devant tout le monde.
A la mort de Caligula, Mnester est resté dans les bonnes grâces du pouvoir car Messaline le convoite. Or Mnester refuse. Messaline va alors demander à son mari, l’Empereur Claude de lui donner l’ordre de coucher avec sa propre femme... Ensuite, Messaline va user et abuser de Mnester et pour pouvoir l’admirer à satiété, elle fait même couler une statue en bronze de son amant.

En 48, malgré ses prouesses sexuelles, Messaline s’ennuie. Alors lorsqu’elle rencontre Silius un jeune « éphèbe », elle le veut, et rien que pour elle. Messaline commence par faire annuler le mariage de Silius, ensuite, elle l’épouse.
Seulement Messaline est déjà mariée, quelle importance ça compte pas… Silius et Messaline sortent ensemble, se montrent, s’exhibent même. L'amant sait très bien qu’il va avoir des problèmes si l’Empereur apprend ce mariage, mais s’il refuse d’exécuter les désirs de sa maîtresse, il va également avoir des problèmes. Alors !... Il ne va pas attendre bien longtemps.
Claude a des ennemis... Messaline aussi, et d’autres veulent le pouvoir, le tout donne matière à un beau scandale. Claude est furieux et très vexé.

Lorsque Messaline apprend que l'empereur est au courant de son second mariage, il ne lui reste plus que ses yeux pour pleurer... Sa mère lui conseille de se suicider, lui disant : C’est une question de dignité.
Claude pense que Messaline a comploté contre lui pour mettre le nouveau mari au pouvoir.
Or, il n’en est rien. Ce ne sont que manigances et bruits de cour. Par fierté, ou par honte et désespoir Messaline prend un poignard avec la ferme intention de mettre fin à ses jours, quand soudain, un soldat surgit, lui enlève le poignard des mains et la traverse de part en part avec son épée... Messaline a 23 ans. Frappée de damnatio memoriae, il ne subsiste aucune représentation de Messaline de l’époque, son nom a été effacé de tous les monuments publics et il est fortement conseillé de la détester. A la mort de Messaline, Claude décide de ne plus jamais se remarier. Mais en fait, il va convoler avec Agrippine la Jeune, âgée de 34 ans, lui en a 59.

Messaline n’est pas une sentimentale mais une collectionneuse et une licencieuse. Claude a beau être un cocu aveugle et sourd, il finit par entendre des bruits courir… Il faut être sérieusement inconscient ou fondamentalement libre, ou les deux, pour se conduire ainsi dans une société romaine phallocrate où le moindre manquement aux codes quand on est une femme peut coûter très cher... Si cette femme n’est autre que l’impératrice, c’est de la folie pure, car alors la rumeur s’en empare et déforme allègrement la vérité. Bientôt il se raconte dans les tavernes de Rome que Messaline se lève la nuit, déserte la couche de Claude, dissimule ses cheveux noirs sous une perruque blonde et gagne les bordels de Suburre sous le pseudonyme de Lysisca.
Là, elle se livre à la lie de Rome pour regagner, repue de sexe, sa couche au petit matin. Elle lancerait même des paris, d’après ce qu’on dit… Et voilà comment on se fabrique une réputation de « petite louve » ainsi qu’on l’appelle chez les proxénètes... Ambitieuse autant que jouisseuse, Messaline sait qu’il lui faut des alliés si elle veut survivre à Claude et ménager les chances de leur fils Britannicus. Claude s’est entouré d’affranchis brillants et sans scrupule dont il a fait ses ministres. Il faut que Messaline en fasse ses créatures.
Ainsi, Narcisse, Polybe, Pallas… Tous lui font bientôt sourires et courbettes. Messaline peut souffler.
Du moins, le croit-elle… Son erreur, excusable du fait de son extrême jeunesse, sera de penser qu’avec le glaive, le poison et le sexe, elle peut aisément gagner. Elle est certaine qu’en 3 ans à peine elle se débarrassera de Claude.
Impatience ? Mauvais jugement ? Les deux sans doute…
Messaline s’est trompée sur son mari. Claude traîne une fâcheuse réputation d’idiot de la famille mais il est beaucoup plus intelligent et matois qu’il n’y paraît.
En l’occurrence, la belle ne serait peut-être pas passée à l’acte si elle n’y avait été poussée par l’un de ses amants du moment. Il s’appelle Caïus Silius. Noble, beau comme un dieu, suffisant, sûr de lui et arriviste... Chevaucher la jeune épouse de l’empereur le gonfle comme une outre. Il veut la peau du mari et prendre sa place. Rien de moins. Claude expédié, il épouse officiellement Messaline, adopte Britannicus, et voilà !
Il est toujours difficile de traiter la biographi
L'EMPEREUR CLAUDE.
e d’un personnage historique. Il est encore plus difficile de parler de Messaline, 3e femme de l’Empereur Romain Claude… Tout simplement parce que ce n’est pas chose facile que de trouver des récits fiables, surtout lorsque l’on parle d’un personnage aussi controversé !
L’Impératrice Messaline a même inspiré de complexes scénarios de films érotiques… Effectivement, Messaline, plus connue pour être la mère de la figure historique Britannicus (utilisée dans la très fameuse tragédie de Racine), est aussi une femme marquante.

Messaline est toujours qualifiée d’intrigante, de dévergondée, voire de « p... » Mariée à 13 ans (âge légal du mariage pour une romaine de l’époque) à l’empereur Claude, elle donne naissance à sa première descendante 2 ans plus tard. Encore un an après, Britannicus naît.
Messaline aurait très bien pu être un sujet de la cours de Louis XIV. Elle ne cesse d’inventer des ragots, de se faire des ennemis mortels, et même de faire exécuter les hommes qui n’acceptent pas d’être ses amants !
Son mari, Claude, ne se soucie guère de la vie libertine de sa jeune femme et exauce chacun de ses souhaits…


Messaline, la putain de l'Empire (qu'ils disent) | Raconte-moi l'Histoire
www.racontemoilhistoire.com/2016/04/10/messaline/
10 avr. 2016 - Apprendre l'histoire au sujet de : antiquité, Claude, Empereur, Messaline, Rome.

Messaline, l'impératrice des sens - Femmes célèbres
www.femmescelebres.com/messaline-limperatrice-des-sens/
Il est toujours difficile de traiter la biographie d'un personnage historique. Il est encore plus difficile de parler de Messaline, 3ème femme de l'Empereur romain ...

Messaline, femme scandaleuse car femme de pouvoir? – Chacaille
https://chacaille.wordpress.com/.../messaline-femme-scandaleuse-car-femme-de-pouv...
30 mars 2015 - Dès que son empereur de mari s'était endormi, Messaline, épouse de Claude, avait pris l'habitude de fréquenter un lupanar où elle se donnait

EN REMONTANT LE TEMPS... 49

11 MARS 2017...

Cette page concerne l'année 49 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

QUAND LES LÉGIONS NE SONT PLUS QUE ROMAINE.


CORBULON
Auguste, renonçant à l'unité de commandement de l'armée Romaine défendant la frontière, confie aux 2 légats de Germanie Inférieure et de Germanie Supérieure le district militaire de la province de Belgique. La frontière du Rhin, qui est renforcée de nombreux ouvrages fortifiés édifiés à Remagen, à Sinzig à Vindonissa, aujourd'hui Windisch, etc. n'est menacée qu'en 28 par une brève révolte des Frisons. Parallèlement, l'élimination de Marobod par son rival Catualda en 18 permet à Tibère de faire accepter le protectorat de Rome aux Marcomans de Bohême.

En 37, Lucius Pomponius bat les Chattes et délivre des légionnaires prisonniers depuis la bataille de Teutoburg et en 41, la 3e Aigle emblématique est récupérée par Publius Gabinius chez les Chauques...

De 41 à 54, dans la crainte d'un réveil de la Germanie, Claude fait construire de nombreux castella implantés au-delà du Rhin et du Danube.

Les légions ont franchi l'Océan, elles passent aussi le Rhin. Dès la première année du règne de Claude, les Chattes, les Marses et les Chauques ont été vaincus, et la dernière des aigles de Varus reconquise de sorte qu'à ce principat revient la gloire d'avoir arraché aux Germains, après 50 ans, leur dernier trophée. Cependant le souvenir même de la grande défaite commande de ce côté la prudence.
La Bretagne n'est qu'une île dont les Aigles Romaines ont déjà vu les rives à l'opposées, la Germanie est la porte d'un monde, dont nul ne connaît les limites... On dit à Rome qu'y gagner une province, c'est prendre une goutte d'eau à l'Océan... Mieux vaut s'arrêter à la limite naturelle du Rhin, et de là travailler à ruiner les ligues, à diviser les peuples, à placer les chefs dans l'intérêt de l'empire.
Cette politique Auguste, Tibère et Claude, l'ont employé avec succès jusqu'au moment où les Chérusques viennent demander pour roi un neveu d'Arminius, né à Rome où il a toujours vécu et qui porte le nom significatif d'Italicus (47). Ce peuple depuis sa défaite, s'indigne bientôt d'obéir à un agent de l'empereur. Italicus est chassé, mais les Langobards, sans doute gagnés par l'or de Rome, le rétablissent, et les patriotes proscrits vont offrir leur courage aux Chattes et aux Chauques, les seuls peuples de Germanie qui osent encore regarder un Romain en face.

Les premiers harcèlent de loin en loin les troupes de la haute Germanie les seconds, conduits par un transfuge Romain, vont suivre des flottilles, ravager les côtes Gauloises, que les habitants, ramollis par la paix et la prospérité, ne savent plus défendre...
Un grand général est nommé en Basse Germanie, Corbulon, qui rappelle par sa sévérité les temps antiques, trouvant les légions amollies par une longue oisiveté, rétablit par une discipline impitoyable et de continuels travaux l'aspect des vieilles phalanges républicaines.
On connaît bientôt ses exploits dans les tribus voisines, et les Frisons, libres depuis 19 ans, consentent sans combat à recevoir de lui les lois, les magistrats venus de Rome, puis à s'enfermer dans les limites qu'il leur fixe, une forteresse est bâtie pour les contenir.
Corbulon veut atteindre les Chauques : Ses vaisseaux vont mettre un terme à leurs pirateries et ses soldats menacent leurs frontières, lorsqu'un ordre de Claude l'arrête.
En ramenant derrière le Rhin ses Aigles qu'il avait cru mener à une conquête victoreuse, il ne lance que ces mots : Heureux autrefois les généraux Romains ! Cette parole fort admirée n'est cependant que le cri ambitieux d'un républicain qui regrette ces temps où les généraux dédaignent l'impuissante colère d'un gouvernement sans force, et engagent à leur gré Rome dans des guerres nouvelles (47). Pour occuper du moins les soldats, Corbulon leur fait creuser, entre la Meuse et le Rhin, un canal de 25 milles destiné à rendre moins dangereuses les inondations de l'océan.
Claude lui accorde en récompense les insignes du triomphe. Son successeur, Curtius Rufus, obtient le même honneur pour avoir ouvert dans le territoire de Mattium une mine d'argent dont le produit est médiocre et dure peu.
Mattium était à plus de 120 milles du Rhin, on voit que ce système a placé sous l'influence Romaine toute la rive droite du fleuve jusqu'assez loin de son cours... Il y a encore une conséquence à tirer de ces faits, c'est que si le gouvernement impérial est avare pour les légions de gloire militaire, il leur en offre une autre, celle des grands travaux d'utilité publique...
Corbulon qui creuse un canal,
UN GERMAIN
Rufus qui ouvre des mines,
L'armée de la haute Germanie qui continue l'immense retranchement des terres décumates.
Paulinus achèvera lui la chaussée de Drusus le long du Rhin.
Vetus voudra ouvrir une communication navigable entre la Saône et la Moselle c'est-à-dire entre le Rhin et le Rhône, entre la Méditerranée et l'océan du Nord.
En Espagne, dans les provinces du Danube, ce sont des ponts, des aqueducs, des routes que les légions construisent.
En Asie Mineure, des ports que l'on agrandit ou que l'on ouvre... Partout les loisirs qu'une sage politique leur donne sont utilement employés.

Tacite ne voit aussi qu'une satisfaction de vanité pour l'impératrice dans l'envoi d'une colonie de vétérans chez les Ubiens, dont la ville, où elle est née, qui prend dès lors le nom de Colonia Agrippina (50), mais l'empire a besoin d'une place forte et toute Romaine sur le Rhin Inférieur, et le lieu est si bien choisi, que Cologne est restée jusqu'à ce jour une des grandes villes de l'Allemagne.
Les Romains même reconnaîtront bientôt, durant la guerre de Civilis, la sagesse de cette mesure.

En Haute Germanie, l'empereur se contente encore de repousser les Chattes sans essayer de les dompter.
L'honneur de cette expédition revient tout entier aux cohortes Gauloises des Némètes et des Vangions qui vont surprendre l'ennemi et délivrent quelques soldats de Varus, captifs depuis 40 ans.
Pomponius, campé avec ses légions vers le Taunus, y attend les Chattes, dans la pensée qu'ils poursuivent jusque-là ses cohortes. Mais la crainte d'être pris à dos par les Chérusques, maintenant amis fidèles des Romains les arrête, et ce sont des députés et des otages qui viennent solliciter la paix (50).
UN CHATTE
Les Frisons rentrés dans une demi servitude.
Les Chauques contenus,
Les Chérusques affaiblis,
Les Chattes humiliés, Claude a le droit de frapper une monnaie triomphale avec la légende de Germanis.
Au sud, le roi que Drusus a donné 30 ans auparavant aux Suèves de la Moravie, Vannius, menacé d'une révolte, a imploré le secours des légions :
Claude laisse les Germains vider entre eux leur querelle, mais des troupes réunies derrière le Danube se tiennent prêtes à faire respecter par les deux partis le territoire de l'empire.
Cette conduite réussit. Le roi dépossédé est reçu avec ses vassaux dans la Pannonie, et les 2 chefs victorieux qui se partagent son royaume sollicitent eux-mêmes l'amitié de l'empereur (50).


Corbulon naît à Peltuinum, dans les Apennins en Italie, dans la famille des Domitii ou gens Domitia, une famille plébéienne de Rome qui a fourni un grand nombre de consuls et de magistrats à la République. Sa mère est une Vistilia. Son père, dont il porte le même nom entre au sénat comme préteur sous le règne de Tibère.
Beau- frère de l'empereur par le mariage de Milonia Caesonia, sa demi-sœur.
Après l'assassinat de Caligula, sa carrière est interrompue jusqu'en l'an 47 lorsque l'empereur Claude le fait commandant des armées de la Germanie Inférieure, dont le camp est basé dans la Cologne moderne. Avec ce commandement, il devient responsable des légions V Alaudae et XV Primigenia stationnées à Xanten, dans le camp nommé Castra Vetera érigé par les Romains comme base arrière pour les campagnes en Germanie et base de la flotte qui contrôle le Rhin, la XVI Gallica de Neuss, et la I Germanica de Bonn, capitale de la Germanie Supérieure.
La mission est périlleuse : Corbulon a affaire à des rébellions majeures et des manifestations violentes des tribus Germaniques Chérusques dans la région du Weser et Chauques, sur le littoral nord-ouest.

Pendant sa mission en Germanie, le général ordonne la construction d'un canal entre les rivières du Rhin et de la Meuse, à leurs embouchures dans les actuels Pays-Bas.
Une partie de cet ouvrage d'art connu sous le nom de « Fossa Corbulonis » ou canal de Corbulon a été retrouvée lors de fouilles archéologiques à Leidschendam, près du castellum Matilo situé près de la ville de Leyde. Son cheminement longe le canal « Vliet » construit quelques siècles plus tard.
Les archéologues Néerlandais s'accordent pour voir en lui le père du Limes du Vieux Rhin : La plupart des castellum du Vieux Rhin datent de la première moitié du Ier siècle.

Jadis on ne possédait de la Mésie Inférieure et des provinces avoisinantes que quelques rares inscriptions recueillies par l'un ou l'autre voyageur.
L'état arriéré de la civilisation joint à l'instabilité des régimes politiques entravait les efforts des savants.
Mais depuis lors, grâce aux travaux méritoires de quelques savants du pays,
grâce aussi aux nombreux voyages archéologiques entrepris sur l'initiative tant privée que publique, l'obscurité qui couvrait dans ces pays les restes de la civilisation Romaine s'est éclaircie considérablement.

Les documents épigraphiques constituent pour notre travail la source principale. Ils nous font connaître la vie intime des soldats et les divinités auxquelles ceux-ci recourent dans leurs peines ou leurs joies, ils déterminent les noms dont la légion s'est servie et la façon dont elle a complété ses cadres aux divers siècles de l'empire. Ils permettent enfin de fixer l'emplacement précis des cantonnements et de suivre les légions dans leurs nombreuses
pérégrinations.
A partir du IIIe siècle, le nombre des inscriptions militaires diminue et leur contenu devient tellement insignifiant qu'elles ne rendent plus que de très maigres services.

Les sources numismatiques sont moins importantes. Elles indiquent les noms et parfois les insignes des légions. Les noms ou les numéros d'ordre des légions se trouvent marqués sur des médailles impériales, municipales et provinciales. Quant aux sources littéraires, nous avons examiné toutes celles qui contiennent des renseignements sur l'histoire Romaine depuis la fin de la république jusqu'au Bas-Empire.
Elles sont réunies sur les listes que Schiller, Geschichte der rômischen Kaiserzeit, Gotha, 1883, a dressées au 5e volume de son histoire et sur celles publiées par A. Schaefer dans son ouvrage intitulé Abriss der Quel-
lenkunde der griech. und rom. Geschichte, Leipzig, 1885.

Les écrits des historiens anciens n'ont pas grande utilité pour l'histoire des légions romaines. Quand on décompte les ouvrages de Tacite, de Suétone et de Flavius Josèphe, qui ont vécu tous les trois au Ier siècle, il ne reste plus pour
l'étude de nos légions aux siècles suivants que deux passages
de Ptolémée et de Dion Cassius, l'Itinerarium Antonini et la Notitia Dignitatum. Suétone et Tacite ont conservé dans leurs livres des indications très précieuses sur les événements militaires, les guerres civiles comme sur les
guerres extérieures.
Tacite surtout expose les faits avec beaucoup de détails et de précision. Flavius Josèphe s'est fait l'historien de l'insurrection Juive des années 67 à 70, dans laquelle il a lui-même joué un rôle important, et de sa répression par Vespasien et Titus. Le géographe Ptolémée, cite la Ve Macedonica parmi les troupes casernées dans la province de Mésie Inférieure.
Dion Cassius, au livre LV, 24, dresse la liste des légions qui existent à son
époque et parmi celles-ci il cite les 2 auxquelles ce travail est consacré. De plus, au livre LX, 15, il explique l'origine du nom de Claudia pia fidelis porté par la légion VII.
Ultinerarium Antonini et surtout la Notitia Dignitatum ont une grande importance pour l'étude des camps du IIIe et du IVe siècles.
Durant les 4 premiers siècles de l'empire, la Ve légion est désignée dans tous les documents par le nom de Macedonica. Cinq légions l'ont porté...

Cicéron reproche, maintes fois, dans les Philippiques de les avoir fait rentrer dans Rome.
L’orateur s’écrie :
« Je ne dirai pas de l’audace, mais, ce qu’il admet le moins, de la stupidité, en quoi il n’a pas d’égal :
Rappelons : Dans le Capitole, alors que des homme sans armes sont placés parmi nos sièges, alors que dans ce même sanctuaire de la Concorde, où j'étais consul, ont été proposées des motions pour le salut de la patrie, grâce auxquelles nous sommes encore vivants, sont à présent postés des hommes armés d’épées.
Accuse le Sénat, accuse l’ordre équestre... Mais avoue du moins qu’en ce moment même notre ordre sénatorial est assiégé par des Ituréens ». Plus loin dans sa diatribe contre Antoine, Cicéron s’exclame :
« Pourquoi le Sénat est-il cerné par un cordon d’hommes armés, pourquoi tes gardes du corps m’écoutent-ils, l’épée à la main ? Pourquoi les portes du
temple de la Concorde ne sont-elles pas ouvertes ?
Pourquoi introduis-tu au forum les hommes les plus barbares de toutes les nations, les Ityréens, armés de flèches ? »
Si le premier passage ne mentionne que la présence d’Ituréens, le second est très clair sur leur identité.
Cicéron reproche à Antoine de les avoir fait entrer dans Rome. Cette situation
n’est pas sans rappeler celle du consul Opimius et des archers Crétois qui se trouvent aussi à l’intérieur de Rome. Cicéron explique bien par le terme qu’il emploie, « satellites », la fonction des ces hommes, des gardes du corps.
Il est assez tentant de voir ici les prémices de ce qui deviendra par la suite, à partir d’Auguste, les equites singulares : Des corps de cavalerie attachés à la sécurité soit du légat de légion, soit du gouverneur. Ainsi, les Ituréens sont très bien intégrés dans le paysage militaire Romain. Ils le seront encore plus à partir d’Auguste qui, par la suite, les organisera en ailes et en cohortes.
Crétois et Ituréens ne sont pas les seuls peuples à faire partie de l’armée Romaine comme archers.



Cnaeus Domitius Corbulo — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cnaeus_Domitius_Corbulo
Gnaeus Domitius Corbulo – en français Corbulon –, né vers l'an 7 à Peltuinum, Italie et mort en ... Pendant sa mission en Germanie, le général ordonna la construction d'un canal entre les rivières du Rhin et de la Meuse, à leurs ... Ce n'était pas un début heureux pour la campagne, et Corbulo punit sévèrement les ...
Termes manquants : fort ‎hofheim ‎outre ‎49

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Outre le surnom de Pia Fidelis, la V® légion Macedonica porta encore un autre ...... 49 — mais celle de la Dacie et de la Mésie Supérieure (1). ..... L'armée de Corbulon ainsi renforcée comptait quatre légions et de nom- breuses troupes ...... à cet effet la construction du fameux limes germanicus, reliant le Rhin au Danube.