mercredi 4 janvier 2017

EN REMONTANT LE TEMPS... 172

14 NOVEMBRE 2016...

Cette page concerne l'année 172 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

COMPORTEMENTS DES AGENTS DU PRINCE PAR RAPPORT AUX LIEUX ET AUX TEMPS.

ROUTE ROMAINE EN SYRIE
Les attitudes de quelques agents du prince à l’époque des guerres des règnes de Marc Aurèle et Commode...

Lucius Vespronius Candidus Sallustius Sabinianus nous est connu par un nombre relativement restreint de sources. À quatre inscriptions, trois en Numidie et une en Dacie, s’ajoutent un passage de Tertullien, un de Dion Cassius et un de la
Vita de Didius Julianus dans l’Histoire Auguste.
Une des inscriptions de Numidie a été élevée par ses bénéficiaires et speculatores.
Il est alors légat de la 3e légion Auguste et gouverneur de fait de la Numidie.

Les raisons de cet hommage ne sont pas précisées mais il faut déduire que les gradés qui servent dans son officium ont voulu exprimer une certaine reconnaissance envers le personnage. Cette situation, convenue et banale au demeurant, contraste fortement avec le témoignage des sources littéraires.

Selon l’Histoire Auguste, Vespronius est un consulaire âgé qui en 193 va au-devant de Septime Sévère au nom du Sénat.
Le biographe anonyme précise que notre personnage s’est rendu odieux aux soldats en raison d’un imperium durum et sordidum, âpre et vil.
Dion Cassius, conservé dans les excerpta Valesiana, confirme cette réputation. Candidus est connu pour son caractère sombre et rustre, les soldats ont même failli le tuer.

À Chersonèse, en 174, les éloges de la cité au sujet de la mission réussie de Calpurnianus Apollonides vont d’abord à l’empereur pour avoir envoyé un tel responsable. C’est là un argument semblable à celui de Pline le jeune faisant « gloire à Trajan de n’employer à son service que des hommes dont lui-même ou Nerva ont pu apprécier les qualités. Telle doit donc être l’attitude des empereurs soucieux de constituer un excellent corps de fonctionnaires pour l’Empire. »
L’Histoire Auguste loue Marc Aurèle d’avoir éloigné, après la mort de Vérus, ses affranchis malhonnêtes (à l’exception d’Eclectus.) Le prince peut choisir les bons agents et les inciter à respecter les vertus du bon administrateur. On considère que son exemple et sa personne comptent aussi dans le comportement des agents. Si l’on en croit l’Histoire Auguste, la mort de Marc Aurèle met fin au comportement intègre de Pertinax qui cherche alors à s’enrichir.
PERSCINNIUS NIGER
Rien n’autorise à croire en une telle rupture dans la biographie du futur empereur, il n’en reste pas moins que le passage est révélateur d’un ensemble de représentations politiques. Toujours selon l’Histoire Auguste, le jeune Marc Aurèle, par souci de sa réputation, exhorte « ses procurateurs à ne pas se montrer trop arrogants » . Inversement la complaisance de Verus envers ses affranchis est critiquée et par 2 fois l’Histoire Auguste signale la (trop) grande influence de Geminus et Agaclytus. Par-delà la construction littéraire de la figure d’un prince exemplaire en Marc Aurèle et de son antagoniste en Vérus, on peut penser que l’Histoire Auguste s’appuie sur des anecdotes réelles rapportées par ses sources et en tout cas sur une différence de style flagrante entre les 2 princes. Le style de commandement adopté par l’empereur n’est donc pas sans conséquence sur les attitudes et les comportements de ses subordonnés, du moins le pensait-on.

Les princes en tout cas sont bien conscients que leur réputation se construit à travers l’action de leurs subordonnés : Être aux côtés des princes (ad latus principum) constitue une obligation de comportement exemplaire comme le rappelle, sous les Sévères, la seconde lettre de nomination de l’affranchi impérial Ianuarius. On peut se rappeler par ailleurs comment Lucien dans son Apologie fait du prince lui même le premier des serviteurs salariés de l’empire, le sommet d’une pyramide de travail et de responsabilité qui descend jusqu’au dernier des serviteurs de l’État. Le rôle du prince est donc vu comme déterminant : C’est lui qui en dernier ressort peut décider des nominations, c’est lui qui donne ou valide les consignes, qui légitime toute initiative implicitement ou explicitement. Il peut en tout cas définir un cadre normatif de valeurs structurant l’attitude idéale des agents du prince.
La fameuse lettre de nomination de Domitius Marsianus par Marc Aurèle nous présente les attentes de l’empereur envers un de ses procurateurs.

Le bon agent doit associer innocentia, diligentia et experientia : Silvio Panciera a montré comment cette association de 3 vertus ne rencontre le texte des inscriptions honorifiques de gouverneurs que pour le premier terme, l’innocentia.
Experientia et diligentia sont des vertus qui semblent liées à une position de subordonné et expriment plus les attentes de l’empereur que celles que peuvent formuler publiquement des administrés. Mais diligentia et
industria sont aussi « 2 notions qui ont une portée essentiellement morale et désignent pour le noble dans la cité, ou pour le patron à l’égard de ses clients, ou encore pour l’empereur, l’aptitude morale à agir dans la sphère publique, notamment à accomplir son devoir ou officium ». On peut noter à cet égard que l’industria fait, avec la vigilantia, partie des qualités que Fronton loue chez Avidius Cassius, tandis que diligentia apparaît aussi dans l’inscription élevée pour honorer l’affranchi impérial Beryllus, restitutor de la mine de Vipasca. Ces qualités ressortent aussi des lettres de recommandation par lesquelles un grand personnage peut apporter son suffragium.
PERTINAX

Selon Pline le Jeune, l’affranchi Maximus est honnête (probus), zélé (industrius), consciencieux (diligens) et, comme Beryllus, il est amantissimus, attachés aux biens et aux intérêts de l’empereur : atque sicut rei tuae amantissimum.
Aridelus, recommandé par Fronton à Marc Aurèle, est quelqu’un qui a servi avec zèle (procurauit uobis industrie) grâce à ses qualités personnelles : est enim homo frugi et sobrius et acer et diligens, honnête, sobre, énergétique et consciencieux.
Il faut constater avec Gérard Boulvert comment le discours des lettres de recommandation et celui des lettres de nomination se rejoignent.

L’affranchi impérial Ianuarius est probus et diligens comme Maximus. Comme lui et Beryllus, il aime sa fonction. Comme Maximus encore, il applique scrupuleusement les instructions (disciplina). Ainsi ressort un « portrait du bon administrateur tel que le conçoit l’administration impériale ». On peut faire ressortir les limites de ces qualités en comparant le vocabulaire de ces recommandations à la lettre que Fronton donne pour le jeune chevalier Faustinianus qui effectue une de ses milices équestres en Germanie.
L’industria est présente mais le cœur des qualités de Faustinianus vient de sa
doctrina. Il est doctus et peritus : C’est sans risque qu’on le met à l’épreuve dans les domaines des choses militaires, judiciaires ou des lettres, sa prudentia et sa facilitas en ressortiront toujours.
On pointe là la nécessité d’une éducation qualifiante et qui distingue. Les bonnes dispositions et les qualités morales ne suffisent pas dès lors que l’on se trouve à un certain niveau aristocratique.
Si les inscriptions honorifiques nous donnent le point de vue des administrés et la lettre de Marsianus celui de l’empereur, quelques documents nous permettent de saisir le point de vue des agents eux-mêmes, ou plus exactement le point de vue qu’ils ont souhaité présenter publiquement à un moment donné.

Le papyrus Thmouis montre comment, dans une zone exposée aux brigandages, le village de Pététei a vu en 167-168 la plupart de ses hommes tués, ou enlevés, par un détachement de soldats, parce que l’on considère qu’il a des liens avec des rebelles :
« Déclarant que Pététei a adhéré aux troubles passés, que la plupart des hommes de Pététei, ainsi que des hommes de Psenharpokratis et Psenbienchis qui résident à Pététei ont été tués, en l’an 8 par le détachement militaire qui a été envoyé et que les villages sont complètement abandonnés ».
Cette intervention militaire très violente, prend place dans le contexte particulier d’une région du delta du Nil marquée par l’insurrection des Nikochites, les Boukoloi de nos sources littéraires. Ses circonstances exactes nous échappent.

Nous nous trouvons plusieurs années avant le point culminant de la révolte, vers 172, lorsqu’il faut faire intervenir Avidius Cassius et des troupes de Syrie pour épauler une administration et une armée provinciale débordées.
Le massacre de Pététei intervient donc dans le contexte de répression d’une insurrection qui peut être vue par le pouvoir Romain comme du brigandage encore ordinaire mais endémique. Il nous rappelle comment, dans certaines circonstances, le déchaînement de violence peut être une des attitudes des armées de Rome, des soldats agents du prince. Il ne peut toutefois imaginer l’attitude des soldats en Égypte à la lumière du seul épisode de Pététei, leur relation à la population civile n’est pas marquée systématiquement par la haine et la méfiance.

Comment concevoir alors ce qui s’est passé à Pététei ? Les considérations sur les crimes de masse impliquant des armées au XXe siècle peuvent nous aider à formuler certaines questions.
Elles ont montré les circonstances favorables à ces situations, « un arrière-plan de données normatives, des sollicitations dues à la situation et un manque individuel de repères suffisent manifestement pour que cela arrive » . Les données normatives qui peuvent justifier une tuerie ne manquent pas. On peut se demander dans quelle mesure les soldats qui ont agit à Pététei partagent les représentations des Boukoloi qui marquent nos sources littéraires, qu’il s’agisse des romans ou du récit de leur révolte par Dion Cassius, mais si tel est le cas cela peut contribuer à faciliter le massacre : Les Boukoloi sont un monde à l’envers, des impies et des cannibales éloignés de l’humanité, ils forment un groupe radicalement autre.
Le village de Pététei étant considéré comme lié aux rebelles, ses habitants deviennent une menace, et ils le deviennent de manière indifférenciée.
En effet si l’on en croit encore une fois les représentations littéraires des Boukoloi, ils pratiquent la trahison, le travestissement, la ruse : On ne peut se fier aux apparences et cette menace peut être perçue comme difficile à identifier, floue, aux limites impossibles à fixer. Dans une telle situation c’est la violence exercée qui peut définir clairement l’ennemi, et se justifie d’elle-même en trouvant un rôle structurant.

De tels massacres peuvent aussi trouver d’autres justifications : Il s’agit de couper les brigands d’un soutien populaire, de faire un exemple pour dissuader par la terreur les autres villages de les soutenir. En ce sens on ne peut exclure que le massacre ou la vente des hommes de Pététei ait été prémédité et décidé par la hiérarchie Romaine. Une telle mesure est tout à fait envisageable pour des agents du prince : Le gouvernement Romain repose aussi sur la peur, la sévérité.
Des précédents existent pour justifier ou inspirer une telle stratégie, ils ont même valeur d’exemple. Ainsi quelques années avant le massacre de Pététei l’Alexandrin Appien, chevalier Romain qui est au service du prince, consacre une des dernières parties de son livre Ibérique à détailler l’extermination préméditée, soigneusement organisée et complète (avec femmes et enfants) d’une cité Celtibère dans les années 90 avant notre ère.

L’extermination a été décidée par le gouverneur Titus Didius, avec l’accord, selon Appien, d’une commission sénatoriale présente sur place, parce que cette cité, installée quelques années auparavant par Marcus Marius, se livre au brigandage. On fait croire aux Celtibères qu’ils vont recevoir les terres d’une cité voisine de la leur, et doivent être recensés pour cela. Sous ce prétexte, la population est emmenée dans un retranchement, les hommes sont séparés des femmes et des enfants, et encerclés, puis exterminés... Les campagnes de Titus Didius semblent avoir été renommées pour les ruses qui s’y sont déployées. Le stratagème de Didius et son récit par Appien font par ailleurs directement écho au stratagème presque identique de Galba, plusieurs décennies auparavant, illustration, pour Appien qui juge son action indigne de Rome, de la perfidie de certains chefs Romains dans les guerres Ibériques. Par-delà ces jugements moraux qui portent avant tout sur le mode opératoire et ne sont pas répétés aussi clairement à propos de Didius, nous constatons que, dans la continuité de traditions militaires romaines remontant à l’époque républicaine, la possibilité d’avoir à exterminer une collectivité locale peut faire partie des attitudes attendues des agents du prince, ils contribuent ainsi à protéger l’ordre romain et la paix des affronts que brigands et barbares lui font subir.

Dans les années qui suivirent le massacre de Pététei, les guerres du Danube apportent ainsi leur lot de massacres qui sont exposés et commémorés aux yeux des Romains au fil des spires de la colonne aurélienne. Là, le spectacle de la « punition » et de sa « dureté requise » magnifie la domination exercée par les soldats Romains sur le corps des Barbares tout en proclamant la protection que le prince et ses agents garantissent aux Romains mais aussi aux peuples de l’empire.
Accomplie aux confins de la Mésie, de la Thrace et de la Macédoine, à peu près au moment où l’on peut commencer à envisager les travaux de la colonne, la mission de Valerius Maximianus contre les brigands briséens ne doit donc pas être regardée à l’image de l’action abstraite et efficace du procurateur agissant contre les brigands dans le roman quasi contemporain d’Apulée, mais comme le rappel violent de la domination Romaine dans des zones au contrôle difficile, et l’on peut penser qu’elle donne vraisemblablement lieu à des accès de violence semblables à celui de Pététei à défaut d’égaler la ruse glaçante d’un Titus Didius.
Protection et domination sont donc 2 faces indissociables du pouvoir Romain. Reconnaître la domination Romaine c’est aussi bénéficier de sa protection, la deditio était aussi un appel à la fides du vainqueur mais se rebeller après avoir fait sa soumission c’est, en bafouant cette offre de protection, s’exposer à des représailles qui peuvent avoir un caractère définitif.
Le brigandage manifeste et la sédition placent leurs acteurs hors des protections légales et les exposent à une juste punition immédiate. L’attitude des agents du prince dépend donc de la situation et de la manière dont elle qualifie leurs interlocuteurs : Tel village qu’il s’agit de protéger des brigands peut donc rapidement se retrouver comme devant subir la puissance d’une domination brutale et punitive.
Pététei et les Briséens sont des cas extrêmes, mais au quotidien, en période de paix, il importe de souligner l’ambiguïté et l’ambivalence des structures administratives impériales et de leurs agents. Considérons le cas des fameux moutons de Saepinum et de leurs bergers transhumants. Les stationarii sont complices des exactions commises par les cités à l’encontre des transhumants. Le procurateur Cosmus et les préfets du prétoire protègent ces derniers mais surtout parce que le fisc a à y perdre.
On ne protège que dans la mesure où cette protection assure le bon fonctionnement de la domination. Il faut donc songer, par exemple, que l’affranchi impérial Beryllus, restitutor de la mine de Vipasca, quelle qu’ait pu être la mission recouverte par le terme de restitutor, restitue d’abord un certain niveau de revenus fiscaux, même si son action est célébrée par les colons du site minier et leur est aussi profitable. On peut songer aussi, au demeurant, à la place de la sécurité dans les règlements miniers qui sont trouvés à Vipasca et sont antérieurs de quelques décennies à l’action de Beryllus.
La protection n’y a pas de but philanthropique, elle assure la bonne marche du chantier pour garantir de bonnes rentrées fiscales. C’est donc très logiquement, et habilement, que les colons du saltus Burunitanus font observer que les agents du prince, les alliés du conductor Allius Maximus, le procurateur et ses soldats, agissent non seulement contre le bon droit mais aussi au détriment des revenus de l’empereur (in perniciem rationum tuarum). Finalement on constate la nécessité pour l’administration impériale de protéger les administrés contre les abus de domination qui se font au nom des exigences de l’Empire comme lorsqu’en juin 193, mais encore sous le règne de Commode croit-on, Syros fils de Syrion d’Arsinoé fait écrire une requête au centurion Ammonius Paternus car les collecteurs d’impôts ont brutalisé sa mère à cause d’une artabe de blé de retard.

Dans ce cas individuel, comme dans celui collectif du saltus Burunitanus, il s’agit d’être reconnu et entendu par l’autorité qui peut contrôler et arrêter les abus, en dernier ressort l’empereur. La proximité avec des agents du prince, des liens existant avec eux constituent alors la meilleure protection contre les abus de leur domination, d’où l’ambiguïté de certains dossiers documentaires où abus et bons rapports semblent coexister. À défaut d’un lien particulier, il faut construire une image de soi susceptible de renverser la situation, démontrer son honorabilité, exalter celle de l’agent du prince lorsqu’il est haut placé.
On peut alors manifester l’appartenance à un univers commun, en déployant les trésors de la rhétorique, de la paideia, et pourquoi pas songer à engager une relation qui le place dans la position de protecteur en s’en faisant un patron ? Finalement la question n’est-elle pas alors celle des modalités d’exercice de la domination Romaine par les agents du prince, la protection n’étant qu’une des composantes de cette domination, et le rôle protecteur une des modalités possibles de l’exercice du pouvoir conféré par la position d’agent du prince ? Au plus haut niveau, nous l’avons vu avec le cas de Vespronius Candidus, les modalités d’exercice de la domination sont scrutées par les sujets, les différents agents comparés l’un à l’autre, ramenés à une échelle de distinction fondée sur des valeurs sociales, morales et culturelles.

Certains des hauts personnages au service du prince peuvent choisir d’en jouer consciemment, on peut songer ainsi au cas d’Aufidius Victorinus. Dans le portrait qu’il dresse de lui, à l’occasion de sa confrontation à Pérennis lors de ses dernières années, Dion Cassius le présente comme incorruptible, expliquant comment il a renvoyé, tant dans son gouvernement de Germanie supérieure que dans son proconsulat d’Afrique, les seconds indélicats. Il est possible que la grande inscription qui porte son cursus et qui a été retrouvée à Rome ait aussi gardé la trace de ces attitudes.

Une lettre, fameuse, du jeune Marc Aurèle à Fronton témoigne du choix apparemment précoce que fait Victorinus proclamant préférer la fonction du juge à celle de l’orateur. L’importance accordée plus généralement à l’activité judiciaire est certaine, nous l’avons vu avec Lucien. Le gouverneur de province trouve dans cette fonction un fort prestige. Le pouvoir judiciaire du gouverneur peut aussi justifier la domination Romaine par la protection des faibles qu’il semble offrir. Il semble légitime de penser que le comportement de Victorinus rappelé par Dion Cassius correspond à un investissement personnel important, une image publique de sa personne que Victorinus a construite sans doute explicitement et assez consciemment.

Ce sont ses mœurs autant que son éloquence que Fronton signale aux décurions de Cirta lorsqu’ils cherchent un patron, par delà une formule peut-être convenue, le vieux rhéteur Cirtéen pointe une caractéristique réelle de son gendre. Nous nous trouvons toutefois là dans un cas très spécifique, au sommet de l’aristocratie impériale, quand être agent du prince c’est aussi être son condisciple, mais cela nous donne une documentation explicite là où d’ordinaire nous n’avons que l’implicite de la documentation épigraphique. On peut à cet égard proposer à la réflexion le dossier concernant Varius Clemens. Ce chevalier fait une belle carrière le menant, des années 150 aux années 170, des milices équestres au sénat et vraisemblablement au consulat. Une dizaine d’inscriptions montrent qu’il a été honoré, par des administrés ou des subordonnés, dans sa cité natale de Celeia, sans que l’on puisse préciser clairement si les statues qui expriment l’honneur figurent dans un cadre public ou privé.
Ces honneurs ont été reçus, lorsque cela est identifiable, en lien avec ses fonctions exercées en tant que procurateur de Maurétanie Césarienne, de Rhétie et de Belgique et des deux Germanies. Les hommages ont été décidés et reçus au moment du départ de chaque poste. Clemens est aussi honoré en tant que patronus causarum prouinciae Mauretaniae Caesariensis : Les liens tissés en tant qu’agent du prince se sont poursuivis dans des relations de clientèle.

Le frère de Clemens, Priscus, bénéficie en tout cas, à Celeia, d’un hommage similaire.
Peut-on s’autoriser à lier ces manifestations à sa belle carrière, à songer que ces soutiens et leur publicité l’ont aidé à gravir les échelons administratifs, à se faire bien voir du prince ?
DIDIUS JULIANUS
Qu’il soit, pour beaucoup, plus protecteur que dominateur ? Il est cependant au moins possible de conclure sur la gloire et l’honneur que l’on tire en affichant les signes tangibles d’une attitude appréciée de ceux que l’on a dirigés. Au terme de ce rapide parcours, l’attitude des agents du prince nous semble donc se construire au croisement de plusieurs facteurs mais surtout en fonction des situations et des interactions sociales, politiques, juridiques et culturelles. Parmi les facteurs, il faut considérer un certain nombre de choix...
Les choix politiques du prince, comme encourager tel ou tel type d’action, ou encore manifester plus ou moins fermement la volonté d’un contrôle plus ou moins scrupuleux.
Choix politiques contraints cependant, et qui se heurtent à la difficulté de contrôler les agents, en particulier dans les provinces.
Choix des agents eux-mêmes aussi, mais alors on ne sait parler d’un choix politique (ils ne l’ont pas) il s’agit plutôt d’adopter un style de commandement : Etre plus ou moins arrogant, corruptible, engagé, etc.
Ces attitudes sont cependant contraintes par les circonstances, elles peuvent correspondre à des stratégies sociales, en particulier des stratégies de distinction.
Mais ces stratégies, ces styles ne sont pas indéterminés : L’attitude des agents semble aussi commandée par le poids des structures sociales, le poids des habitus pour reprendre un terme de sociologie.
L’habitus aristocratique, celui des notables lettrés, celui qui structure le modèle de parité semble particulièrement prégnant. Les changements dans le recrutement des agents du prince occasionnés par les conséquences multiples des guerres du règne de Marc Aurèle ont-elles alors eu des conséquences en modifiant la composition sociale de certains groupes d’agents du prince ?
Une attitude sociale n’est pas non plus la résultante de l’action d’un seul sujet. Ce sont les interactions entre agents sociaux, les contextes qui orientent aussi les attitudes, les rôles sociaux.
Dès lors il faut considérer l’attitude de l’agent du prince en fonction des personnages concernés, et surtout tenir compte de la dissymétrie possible. On ne se comporte pas de la même manière face aux notables d’une vieille cité Grecque aux marges de l’empire et face aux coloni d’un saltus africain ou face aux paysans-bergers d’un village du delta du Nil.
On ne se comporte pas de la même manière selon que l’on est procurateur ducénaire ou affranchi dans un petit tabularium de province. Ce sont des évidences, mais il nous faut les garder à l’esprit, plus que des attitudes c’est la logique des situations sociales et politiques qu’il faut retrouver, logique qui découle de normes sociales et culturelles et de rapports de forces. Les nombreux exemples d’attitudes différentes que nous avons vus ne sont pas tant alors des reflets de situations que des effets des situations, on peut les comprendre, mais on ne peut généraliser à partir de tel ou tel cas. Si l’attitude doit être mise en regard des normes de comportement explicites, telles que formulées dans les lettres impériales, mais aussi implicites, dans chaque cas l’attitude de l’agent doit donc être aussi considérée en fonction de sa place hiérarchique et de la dignité reconnue à ses interlocuteurs.
La vulnérabilité de ces derniers doit être prise en compte et estimée. La cité de Chersonèse manifeste le prestige de l’identité Grecque aux yeux des administrateurs impériaux, les victimes du massacre de Pététei manifestent le mépris pour les ruraux Égyptiens et les conséquences d’une situation fortement déséquilibrée. Le cas de Saepinum et celui du Saltus Burunitanus invitent aussi à prendre en compte l’existence d’un réseau d’appui local pour l’agent, de sa surface sociale, des complicités possibles. Se pose alors la question de la force du contrôle exercé par les supérieurs mais aussi par les possibilités d’appel offertes aux administrés et les stratégies sociales, juridiques ou rhétoriques accessibles à ces derniers.
DOURA EUROPOS
Reste enfin la question de la dynamique chronologique de ces rapports. La diffusion de la citoyenneté dans les provinces, d’une culture commune de l’honorabilité civique au sein des élites locales, l’intégration de la frange supérieure de ces dernières aux ordres dirigeants de l’empire, la stabilisation des frontières d’un imperium qui se pense désormais comme territorial constituent sans doute autant d’évolutions qui, au cœur du IIe siècle, peuvent placer un nombre croissant de provinciaux dans une position où le pouvoir de l’empereur peut sembler devoir être plus protecteur. En revanche les difficultés de l’époque, menaces sérieuses aux frontières et guerres longues, disettes et épidémie entraînent incontestablement un alourdissement de la domination impériale et d’abord de sa pression fiscale. Protéger et dominer, dominer en protégeant, c’était aussi l’enjeu du prince.


Années 170 — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Années_170
I siècle | II siècle | III siècle · Années 150 | Années 160 | Années 170 | Années 180 | Années 190 ... 172-173 : révolte en Égypte dite des Boukoloi. 172-174 ...

Les attitudes de quelques agents du prince à l'époque des guerres ...
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de B Rossignol - ‎2010 - ‎Autres articles
Nous nous trouvons plusieurs années avant le point culminant de la révolte, vers 172, lorsqu'il fallut ..... Alston 1995 : R. Alston, Soldier and Society in Roman Egypt. ..... 172. 9. La nobilitas d'un supérieur pouvait importer aux soldats, voir les .... Dion Cassius, LXXI (LXXII), 4, 1 : les Boukoloi se déguisent en femmes ; Achille ...

Chronologies par Pays
www.aurac.be/quando/v-panoramique/v3_traiter_panoramique.php?truc=(EGY)
cette eau qui surgit chaque année, miraculeusement, et recouvre tout, comme ...... Histoire, Générale: En 172 et 173, révolte en Égypte dite des Boukoloi, bande ...





EN REMONTANT LE TEMPS... 173

13 NOVEMBRE 2016...

Cette page concerne l'année 173 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES PENSÉES PROFONDES DE MARC AURÈLE

Succession de petits engagements dans les Guerres marcomanes, notamment contre les Quades et leurs voisins les Naristae. Le roi des Naristae, Valao, est tué en combat singulier par Valerius Maximianus. Marc Aurèle reste à Carnuntum, où il écrit le second tome de ses Pensées.

Les Suèves ont longtemps été confondus avec les Quades, en raison d'une confusion avec le terme « souabe ». En réalité, les Quades sont surtout à rapprocher de leurs plus proches voisins Germaniques, les Marcomans, avec lesquels ils partagent nombre de combats contre Rome.
L'origine exacte des Quades est inconnue. Ils s'établissent très tôt dans l'actuelle Moravie. Tacite (La Germanie, XLII, 1), les situe ainsi :
« À côté des Hermundures, vivent les Naristes et, à leur suite, les Marcomans et les Quades.
La gloire et la puissance des Marcomans font leur supériorité, tout comme leur territoire qu'ils ont acquis par leur bravoure en expulsant autrefois les Boiens. Les Naristes et les Quades les valent bien. Ils forment en quelque sorte le front de la Germanie de bout en bout sur toute la rive du Danube. »

Rapidement, ils deviennent des alliés récalcitrants de Rome. Ainsi, à l'époque augustéenne, le futur roi des Marcomans, Marobod, a été otage à Rome dans sa jeunesse.
Du roi des Quades cité par Tacite, Tuder, on ignore tout. En tous cas, ils entretenaient une « alliance » malaisée avec Rome sous Domitien, vers 80. À ce dernier, refusant de fournir des auxiliaires contre les Daces.
Vers la même période (la date est incertaine), ils détruisent une légion Romaine, et affrontent également les troupes de l'Empereur dans une campagne qui s'avère désastreuse pour Rome, en 89.

Au IIe siècle, les Quades chassent du Sud-Est de l'actuelle Slovaquie les Daces qui s'y sont établis à l'époque de leur roi Burebista, puis sont soumis par Rome à la fin du siècle précédent...
Les Quades exercent alors une pression constante sur le limes Danubien avec leurs voisins Marcomans).
Ayant franchi le Danube en 167, puis se heurtant aux armées Romaines, ils repassent le fleuve en 168, après avoir demandé la paix à Rome. Menaçant à nouveau les frontières de l'empire, sous la conduite de leur roi Ariogaesus, ils sont défaits sur leur propre territoire par Marc Aurèle en 169, dans une coalition malheureuse avec les Marcomans. Soumis pendant un temps, ils se révoltent en 177. Cela entraîne le retour de Marc Aurèle dans les régions Danubiennes pour une nouvelle guerre qui voit l'installation provisoire de camps militaires Romains en territoire Barbare.
Au IIIe siècle, les Quades sont à nouveau défaits par Philippe l'Arabe en 247, aux côtés des Carpes, un peuple Dace.

À l'été 375, ils sont battus par Valentinien Ier qui, d'ailleurs, est mort d'un accès de colère contre leurs ambassadeurs, en novembre de la même année.

C'est à la fin du IVe siècle qu'une nouvelle menace apparaît : L'empire Hunnique soumet ou disperse les Quades, comme de nombreux autres peuples Germaniques, entraînant la phase majeure des Grandes Invasions portant sur l'Empire d'Occident.

Ainsi, en 406-407, la majorité des Quades, chassée des Carpates de l'actuelle Slovaquie par les Huns, franchit le Rhin en se joignant aux Vandales. Ils suivent ces derniers au-delà des Pyrénées en 408, avant de conquérir l'actuelle province de León et de fonder un royaume en Galice : Le royaume Suève. Une minorité reste sur place jusqu’en 568 quand ils se joignent aux Lombards pour envahir l'Italie...

Les Varisques (en allemand: Varisker, en latin Varisci, Narisci) peuple germanique habitant la Provincia Variscorum, identique (croit-on) au Vogtland de Saxe.
Les historiens anciens ont déformé le nom germanique de ce peuple : Tacite, dans la « Germanie » (chapitre 42) les mentionne comme Naristes avec pour variantes Narisci et Varistae. Tacite situe le pays des Varisques le long du Danube, entre le pays des Hermundures, des Marcomans et des Quades en Bohême.
Ptolémée (livre 2, chapitre 10) ajoute que des Ouaristoi habitent au sud des montagnes de la chaîne des Sudètes et à l'ouest de la « Forêt de Gabreta ». Les sources correspondent bien à ces endroits.

Lors des ses campagnes Marc Aurèle a transcrit ses réflexions et ses pensées, elle sont devenues un recueil de pensée philosophiques stoïciennes, En voici quelques unes dignes d'être lues et écoutées encore aujourd'hui.

« Du raisin vert, du raison mûr et du raisin sec, tout cela est changement, non pour ne plus être mais pour devenir ce qui n'est pas encore. »
« Bien souvent on se rend coupable en négligeant d'agir, et non pas seulement en agissant. »

« S'il arrive à quelqu'un de manquer envers toi, réfléchis aussitôt à l'opinion qu'il a dû se faire du bien ou du mal pour manquer ainsi. »

« Accoutume-toi à prêter sans distraction l'oreille aux paroles des autres et entre autant qu'il se peut dans la pensée de celui qui parle. »

« L'homme ambitieux fait consister son bien dans l'action d'un autre, le voluptueux, dans ses propres sensations, l'homme sensé, dans les actions qui lui sont propres. »

« Parce qu'une chose offre une difficulté énorme, ne va pas croire que ce soit une chose impossible aux forces humaines, et si c'est quelque chose de possible et même de naturel à l'homme, pense que toi aussi tu es en état de le faire. »
« Le monde n'est qu'une transformation perpétuelle, la vie n'est qu'une idée et une opinion. »

« Nous devons être droits et non redressés. »

« Les hommes sont faits pour les autres, corrige-les donc ou supporte-les. »

« La colère et le chagrin nous font beaucoup plus de mal que les choses mêmes dont nous nous plaignons, et qui les font naître. »

« Qu'exiges-tu de plus, si tu as fait du bien à quelqu'un ? Ne te suffit-il pas d'avoir agi selon ta nature, mais cherches-tu encore à en être payé ? C'est comme si l’œil exigeait une récompense pour voir, et les pieds pour marcher. »

« Se rendre libre de toutes les préoccupations, or, tu t'en rendras libre, si tu accomplis chaque action de ta vie comme si c'était la dernière. »

« Je donne le nom de peste à la corruption de l'intelligence, bien plus sûrement qu'à l'infection de l'air qui nous entoure. »

« La perfection morale consiste en ceci : A passer chaque jour comme si c'était le dernier, à éviter l'agitation, la torpeur, la dissimulation. »

« Se rappeler toujours cette sentence d'Héraclite : La mort de la terre, c'est de se changer en eau, la mort de l'eau, c'est de se changer en air, la mort de l'air, de se changer en feu, et réciproquement. »

« Ne point se laisser entraîner par le tourbillon, mais, dans toute entreprise, s'appliquer a ce qui est juste, et, dans toute pensée, conserver avant tout la plénitude de l'intelligence, qui comprend les choses. »

« Ne te conduis pas comme si tu devais vivre des millions d'années. L'inévitable dette est suspendue sur toi. Pendant que tu vis, pendant que tu le peux encore, deviens homme de bien. »

« Sur le même autel, il y a bien des grains d'encens, tel grain est le premier qui tombe dans le feu, tel autre n'y tombe qu'un peu plus tard. Ce n'est pas une différence. »

« As-tu la raison en partage ?
Oui, sans doute, je l'ai.
Alors, pourquoi n'en uses-tu pas ? Car, du moment que la raison remplit le rôle qui est le sien, que peux-tu vouloir de plus ? »

PLATON PAR RAPHAËL
« Ne prends jamais les choses sous le point de vue où les voit celui qui t'insulte, ni au point de vue sous lequel il voudrait te les faire voir. Pour toi, ne les considère que dans leur réalité. »

« Tout ce qui ne rend pas l'homme plus mauvais vis-à-vis de lui-même, ne peut pas non plus rendre sa vie plus mauvaise, et ne peut lui nuire ni au dehors ni au dedans. »

« Supprime l'idée que tu t'es faite, et, du même coup, tu supprimes aussi ta plainte : Je suis blessé. Supprime le Je suis blessé, et, du même coup, la blessure est supprimée également. »

« Si l'intelligence est notre bien commun à tous, la raison, qui fait de nous des êtres raisonnables, nous est commune aussi. »

« Ne fais jamais quoi que ce soit à la légère, et règle uniquement tous tes actes d'après la réflexion, complément nécessaire de la pratique. »

« Quand la flamme de la lampe continue de briller jusqu'à extinction sans rien perdre de son état, la sincérité, la justice, la tempérance qui sont en toi vont-elles s'éteindre avant l'heure ? »

« Prends garde de ne jamais éprouver à l'égard des misanthropes ce que les misanthropes éprouvent à l'égard des autres hommes. »

« L'art de vivre ressemble plutôt à la lutte qu'à la danse en ce qu'il faut toujours se tenir en garde et d'aplomb contre les coups qui fondent sur nous et à l'improviste. »

« Fouille en dedans. C'est en dedans qu'est la source du bien et elle peut jaillir sans cesse si tu fouilles toujours. »

« Ce qui n'est pas utile à l'essaim n'est pas utile à l'abeille non plus »

LE REGARD EN SOI MÊME
« Termine ta vie l'âme satisfaite : Telle l'olive arrivée à maturité tomberait en bénissant la terre qui l'a portée et en rendant grâces à l'arbre qui l'a fait croître. »

« Dès l'aurore, dis-toi d'avance : Je rencontrerai un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un égoïste. »

« Examiner la vie humaine quarante ans ou dix mille ans, c'est la même chose. Que verrait-on de plus ? »

« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé, et le courage de changer de qui peut l'être, mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre. »

« Celui qui aime la gloire met son propre bonheur dans les émotions d'un autre. Celui qui aime le plaisir met son bonheur dans ses propres penchants. Mais l'homme intelligent le place dans sa propre conduite. »

« La grande puissance dominante de notre planète, qui pourrait ambitionner le rôle de guide spirituel d'un monde à la dérive. »

« Tout ce qui arrive est aussi habituel et prévu que la rose au printemps et les fruits en été, il en est ainsi de la maladie, de la mort, de la calomnie, des embûches et de tout ce qui réjouit ou afflige les sots. »

« Il n'est pas facile de voir un homme malheureux pour n'avoir point arrêté sa pensée sur ce qui passe dans l'âme d'un autre. Quant à ceux qui ne se rendent pas compte des mouvements de leur âme propre, c'est une nécessité qu'ils soient malheureux. »

« Dusses-tu vivre trois fois mille ans et même autant de fois dix mille, souviens-toi toujours que personne ne perd d'autre existence que celle qu'il vit et qu'on ne vit que celle qu'on perd. »

« Ai-je été utile à mes semblables ? Si oui, je me suis rendu service à moi-même. »

« Ce qui n'est pas nuisible à la cité ne l'est pas non plus au citoyen. Applique cette règle à tout ce qui te paraît être nuisible : « Si cela ne nuit pas à la cité, cela ne me nuit pas non plus. »

« N'aie pas honte de te faire aider, car tu te proposes de faire ce qui est utile, comme le soldat à l'assaut des murs. Quoi donc ! si tu es boiteux et si tu ne peux monter seul au créneau, mais si c'est possible, grâce à un autre ? »
« Personne ne se lasse d'être aidé. L'aide est un acte conforme à la nature. Ne te lasse jamais d'en recevoir ni d'en apporter. »



Présentation de Marc Aurèle, philosophe stoïcien - Les Philosophes
www.les-philosophes.fr/auteur-marc-aurele.html
Quelle a été la vie de Marc-Aurèle ? Voici une biographie de ce célèbre sage grec, auteur des Pensées pour Moi-même, une œuvre phare du stoïcisme.
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Citation Marc Aurèle - Ses meilleures citations - Dicocitations & Le ...
dicocitations.lemonde.fr/auteur/2924/Marc_Aurele.php
Citations de Marc Aurèle - Les citations les plus célèbres de Marc Aurèle issues de livres , ouvrages ... Références de Marc Aurèle - Biographie de Marc Aurèle
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Sur les guerres du Danube à l'époque de Marc Aurèle, d'après une ...
www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1956_num_100_1_10536
de HG Pflaum - ‎1956
Sur les guerres du Danube à l'époque de Marc Aurèle, d'après une ... Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Année 1956 .... Marc Aurèle l'a appelé sur le Danube, en 173, jusqu'à la date de l'inscription

EN REMONTANT LE TEMPS... 174

12 NOVEMBRE 2016...

Cette page concerne l'année 174 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

CONTROVERSE ENTRE UNE COLONNE COMMÉMORATIVE ET UN HISTORIEN A PROPOS D'UNE DATE.

MARC AURÈLE
Marc Aurèle semble avoir enfin pacifié l'orient, Maintenant, il faut intervenir au Nord ! Une première vague de Germains, aussi sauvages que nombreux car en tribus, menacent d'engloutir les provinces Romaines.
En 167, les Marcomans passent le Danube, envahissent la Norique (Autriche).
L'année suivante, ils sont rejoints par des Quades et des Sarmates. De concert, ils dévastent la Pannonie (Sud de la Hongrie) et atteignent le Nord de l'Italie. Il faut près de 5 ans à Marc Aurèle pour repousser ces hordes au-delà du Danube (173), Marc Aurèle lance une expédition au-delà du Danube dans le territoires des Marcomans, qu'il bat, puis se tourne contre les Quades, un traité est signé selon lequel les Marcomans renoncent à conclure des alliances entre eux, et devront commercer sous le contrôle Romain, à rendre le butin et les otages et à se tenir à distance du Danube.

Au cours d’une expédition de Marc-Aurèle sur le Danube, où les Marcomans et les Quades, les Sarmates et les Iazyges et toutes les nations Barbares au-delà de l’Ister se sont coalisées et soulevées pour un assaut colossale contre l’Empire Romain... Un fait étrange et merveilleux, relaté par tous les historiens et communiqué au Sénat par une lettre de Marc-Aurèle lui-même se produit.

CARTE DE LA DACIE
Au commencement de l’été 174, l’Empereur a réussit à passer le Danube, il s’avance avec ses troupes dans le pays montagneux habité par les Quades, l’armée Romaine, poursuivant l’ennemi, s’est enfoncée à l’intérieur de cette contrée hostile, quand elle se voit tout à coup cernée par les Quades, leur coupant le chemin vers l’eau.
Les soldats Romains, exténués par un long périple, accablés par une chaleur étouffante et dévorés par la soif, sont désespérés.
Brusquement des nuées s’assemblent, et une ondée imprévue et bienfaisante, les rafraîchit... ils tendent leurs boucliers et leurs casques pour recevoir l’eau céleste, afin de se désaltérer.
En face, une avalanche de grêle et la foudre s’abattent sur les Quades désemparés et défaits.
Ce prodige, les uns l’attribuent aux vertus et à la piété de l’Empereur, d’autres, aux prières des chrétiens qui composaient la légion dite : Fulminata... (légions composées de chrétiens)... Mais en 177, il persécute les chrétiens, notamment à Lyon ???

Comme les hérésies se multiplient en Mésopotamie, Bardesane (philosophe et poète chrétien), arrive au comble de la science des Chaldéens, et parlant excellemment la langue syriaque, compose des dialogues contre Marcion et contre quelques autres hérétiques. Ses œuvres sont si estimées, qu'on les traduit en grec.
Il y a entre autres un traité contre le destin, adressé à l'empereur :
Bardesane suit d'abord l'hérésie de Valentin, ensuite il s'en retire, mais il en garde toujours la marque. Il est d'Edesse, et ami du prince Abgar, avec qui il s'est instruit.

Apollonius de Chalcédoine, le premier des stoïciens de ce temps-là, et le maître de l'empereur Marc-Aurèle, veut persuader Bardesane de quitter la religion chrétienne. Bardesane lui résiste, et dit qu'il ne craint pas la mort, ne la pouvant éviter, même sans résister à l'empereur.

Bardesane, dans son Traité du destin, rapporte les mœurs de plusieurs nations différentes, pour montrer qu'elles ne viennent pas de la nature ni de la nécessité imposée par les astres, mais du libre arbitre, puis il parle ainsi : Que dirons-nous de la « secte des chrétiens » dont nous sommes, si nombreuse et répandue en tant de climats différents ?
ÉPISODE DE LA PLUIE MIRACULEUSE
Les chrétiens de Parthie n'ont pas plusieurs femmes quoiqu'ils soient Parthes. Ceux de Médie ne jettent pas les morts aux chiens.
Ceux de Perse n'épousent pas leurs filles quoiqu'ils soient Perses.
Ceux qui sont chez les Bactres et les Gaulois ne corrompent point les
mariages.
Ceux qui sont en Égypte n'adorent ni le veau Apis, ni le chien, ni le bouc, ni le chat.

Dans aucun pays ils ne cèdent aux lois et aux coutumes qui sont mauvaises, et la constellation qui a présidé à leur naissance ne les force pas à faire les maux que leur maître leur a défendu.
Ils supportent la maladie et la pauvreté, les souffrances.

On sait l'extraordinaire aventure de ce détachement de l'armée romaine la Fulminata, qui, ayant pénétré profondément chez l'ennemi (jusqu'en Moravie ?), est encerclé par les Quades : Accablés par la chaleur et la soif, rudement pressés par les Barbares, les Romains vont succomber, lorsqu'ils sont enfin sauvés par un orage imprévu.
LES BARBARES
« Tout le monde crut à un miracle » et se plut à majorer l'événement.
Pour les Chrétiens, c'est le miracle de la Legio Fulminata, pour les païens, c'est un miracle « officiel », représenté en bonne place sur la Colonne, érigée entre 176 et 193 : La Pluie miraculeuse y est justement figurée scène XVI.

Les Romains, formés en agmen quadratura (au centre, « l'artillerie »), reprennent enfin leur marche, certains font, vainement, parade de leurs armes, en fait, les soldats assistent avec stupeur au miracle libérateur qui emporte leurs ennemis : Hommes et chevaux ont été noyés, roulés par les torrents de montagne·. La Pluie, cependant, tombe encore, l'immense figure d'un Vieillard ailé, génie et, tout ensemble, allégorie du miracle, plane au ciel, l'eau ruisselle de sa chevelure, de sa barbe et des pennes puissantes de ses ailes déployées.
Scène XVII a,

Scène XXIX L'Empereur reçoit la soumission d'un parti de Barbares. un castellani en pierre de taille semble attester que nous sommes à nouveau dans la « zone d'influence permanente de Rome », non loin du Danube. Ainsi cette première « campagne » semble-t-elle occuper un quart à peu près du relief qui illustre les guerres Danubiennes de Marc-Aurèle chez les Barbares, depuis le passage du fleuve (printemps 172) jusqu'à la paix bâclée de l'été 175.
On ne saurait, d'autre part, établir qu'il n'y a pas eu de rencontre entre Romains et Quades au cours de l'année 172.

LE FRONT DACE
les scènes VII et XXII nous présentent des épis d'orge mûrs, indication au moins générale de l'été, comme enfin les circonstances, pour ne pas dire les conditions météorologiques de la Pluie sont réalisées, sous le climat continental de l'Europe Centrale, aux mois de juillet, d'août et de septembre, tout se passe comme si le miracle, représenté scène XVI, sur la 3e spire du relief, à quelque 15 mètres du sol, a eu lieu au cours de l'été ou de l'automne 172, et comme si la suite des premières scènes au moins du relief, y compris la scène qui représente la « Pluie », a été déterminée par la succession même des événements représentés.

C'est ce qu'ont admis, après W. Froehner, tout naturellement E. Petersen et A. von Domaszewski, dans la magistrale publication commentée qu'ils ont faite, en 1896, des reliefs de la Colonne Aurélienne.

Le problème (position traditionnelle). La Pluie miraculeuse est-elle de 172 ou de 174 ?
Cette interprétation n'aurait pas été contestée, si un texte de l'Abrégé de Dion Cassius par Xiphilin ne donnait à croire que la Pluie a eu lieu au cours de l'été 174.
Si telle est réellement la date du miracle, l'artiste aurait dû le représenter sur la partie supérieure du fût de la Colonne, vers la 13e et non la 3e spire, à quelque 28 mètres et non pas à 15 mètres du sol.
LE CHAUDRON DE MUSOV
Cette constatation propose à la recherche l'alternative suivante : Ou bien récuser le prétendu « témoignage » de Dion Cassius, ou bien supposer qu'une « scène » ne figure pas sur la spirale sculptée à la place que lui assigne la date de l'événement... Disons, pour abréger : Ne figure pas « à sa place »

En 1906, H. Stuart Jones opte résolument pour le second terme de ce « dilemme », et ses remarques font grosse impression et prennent rapidement figure de « thèse ». L'auteur reconnaît sur la Colonne Aurélienne an idéal, not historical order.
L'artiste a réparti « un choix de scènes et d'opérations typiques » en deux ensembles différents, répondant aux deux principaux adversaires de Rome : Les Germains, jusqu'à la Victoria de la scène LVI, les Sarmates, au-dessus.

La Pluie miraculeuse (été 174), selon Jones a eu lieu lors d'un combat contre les Quades, qui sont des Germains : Aussi la représentation du miracle a-t-elle été adjointe aux scènes du groupe « Germanique ».
L'explication, toutefois, est contestable : Telles scènes de ce premier groupe montrent justement des Sarmates, et des Germains apparaissant, nombreux, au-dessus de la Victoria.
LE ROI DECEBALE
D'autres auteurs ont pensé (en dernier lieu, peut-être, A. G. Roos en 1943) que la Pluie a été mise à bonne portée des regards, qui ne peuvent manquer de rechercher un événement si célèbre.
A vrai dire, on ne s'est pas demandé si une scène dont les personnages ne dépassent guère la taille de 50 centimètres peut être vraiment lisible, dans le détail, à la hauteur où nous la voyons, et qui est celle d'un 4e ou d'un 5e étage.

Qui sait même si la notion de visibilité doit entrer en ligne de compte ? Notre relief ascendant culmine à une quarantaine de mètres du sol, comme la Colonne Trajane aboutit presque à son extrémité supérieure à la mort de Décébalé roi Dace, dénouement dramatique des guerres de Trajan contre les Daces.
A tout le moins, le texte de Dion Cassius a-t-il fait supposer une exception à l'ordre chronologique des scènes du relief aurélien, dans son livre classique, Mme Strong (1926) parle de scènes (au pluriel), de dates différentes,
« mélangées » entre elles, mais n'en cite qu'une.

Conformément aux conclusions de K. Lehmann-Hartleben sur la Colonne Trajane (1926), il interprète le monument du vainqueur des Daces, non pas comme une
LE FRONT MARCORAN
« chronique » fidèle, mais bien plutôt comme une représentation « idéale » d'événements historiques, et ne reconnaît sur la Colonne Aurélienne qu'un lien très lâche entre la suite des scènes et la succession des faits.
En 1932, d' « un libre groupement d'épisodes caractéristiques x » et le professeur A. G. Roos, tout dernièrement, d'une « symphonie » de reliefs.

C'est bien d'avoir suggéré et presque établi, à la suite d'E. Petersen, que « les premières scènes du relief » (les seules que l'on puisse dater avec certitude !) « se présentent dans un ordre véritablement chronologique ». Cet important résultat, fondé sur d'irrécusables rapprochements entre le relief et les monnaies, est aussi bien la conclusion la plus intéressante de ces pages. Ainsi s'est établie ce qu'on pourrait appeler une doctrine « éclectique » : La composition généralement chronologique du relief n'exclurait pas telle (ou telle) exception... De ces déplacements, on ne peut d'ailleurs indiquer sans embarras le nombre, ni toujours préciser le sens. Le seul argument valable (du moins en apparence) qu'on ait pu faire valoir contre l'interprétation strictement chronologique de la suite du relief se tire du texte de Dion Gassius — qui parait dater la Pluie de l'été 174.

MARC AURÈLE ET LES BARBARES
Première coïncidence : Dion Cassius nous rapporte à propos du miracle une tradition qui fait état de l'intervention d'un Hermès, or les médailles RELIG. AVG. représentent Mercure. Et ce rapprochement répond à quelque réalité, puisqu'il s'agit dans les deux cas (seconde coïncidence !) de l’interprétation du dieu Égyptien, Thot. Sur les monnaies ? depuis longtemps l'architecture égypto-alexandrine du « kiosque » (ou mlwl) où s'abrite à Rome la statue de notre dieu a révélé, par une allusion discrète, mais indiscutable, l'origine « Barbare » de cette divinité. Et c'est évidemment l'Hermès égyptien dont l'intervention est provoquée par les opérations du μάγος Αιγύπτιος Harnouphis. Si donc, nonobstant ces rapprochements bien suggestifs, le Thot-Hermès que célèbre la religion des médailles n'est point représenté sur ces pièces à l'occasion spéciale de la Pluie (où nous savons pourtant qu'il est intervenu de façon décisive), nous devons admettre que le même dieu s'est acquis dans les années précédentes un autre mérite, et cette fois-ci, pour un bienfait que nous ignorons.


Histoire ecclésiastique
https://books.google.fr/books?id=Hf8BhkIxnlAC
1840
Il s'amassa tout d'un coup de grands nuages, puis il tomba une pluie extraordinaire. ... Les troupes des chrétiens, qui avoient attiré ce miracle, furent nommées la ... mais nous regardions la fin, et nous craignions Ans de J.-C. 174 et 177

La date de la « Pluie miraculeuse » (172 après J.-C.) et la ... - Persée
www.persee.fr/doc/mefr_0223-4874_1948_num_60_1_7344
de J Guey - ‎1948 - ‎Cité 8 fois - ‎Autres articles
La Pluie miraculeuse est-elle de 172 ou de 174? ... Scène XI, un premier miracle : (à la prière de l'Empereur), un éclair tombe sur un ouvrage

172 — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/172
Cette page concerne l'année 172 du calendrier julien. Événements[modifier | modifier le code]. Miracle de la pluie sur la colonne de Marc-Aurèle. ... 172-174 : Attaques des Chattes et des Chauques sur la Gaule belgique, repoussées par ...
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EN REMONTANT LE TEMPS...175

 11 NOVEMBRE 2016...

Cette page concerne l'année 175 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

ARRIEN UN DES PREMIERS HISTORIENS DE NOTRE ÈRE


Arrien (95 - 175) Historien, Philosophe, disciple d'Epictète, Arrien (en latin Flavius Arrianus Xenophon) est un Romain de langue grecque du IIe siècle (v.95-v.175). Fidèle d'Hadrien, il assume de hautes fonctions administratives et militaires au sein de l'empire Romain. A la mort de l'empereur, il se retire à Athènes pour se consacrer à l'écriture de ses œuvres majeures, l'Indica et l'Anabase.
Cette dernière est l'une des plus anciennes et rigoureuses descriptions des campagnes militaires menées par Alexandre le Grand.
Arrien prend le surnom de Xenophon, en hommage à l'élève de Socrate. On remarque que la plupart de ses œuvres portent le titre des œuvres de Xénophon (Anabase, Mémorables, Cynégétique...).

Né à Nicomédie, alors capitale de la province de Bithynie en Asie Mineure, Arrien est un homme de culture et de langue grecques. Ses parents sont des notables, qui possèdent la citoyenneté Romaine. Il s'initie tôt au culte de Déméter et Koré, déesses principales de Nicomédie, dont il sera plus tard prêtre.
Il suit l'enseignement du philosophe stoïcien Épictète à Nicopolis, ville d'Épire, région du nord-ouest de la Grèce, et se charge de le transmettre à la postérité. En Grèce, il se lie d'amitié avec le futur empereur Hadrien, ce qui favorise son ascension politique.

Vers l'an 107, Arrien s'engage en tant qu'officier de cavalerie. Ayant ainsi effectué son service militaire, indispensable pour pouvoir postuler à des responsabilités administratives, il poursuit sa carrière politique jusqu'à devenir proconsul en Bétique (Espagne) vers 129-130. Hadrien le nomme par la suite gouverneur de Cappadoce, aux frontières de l'Empire, de 131 à 137. Pour sécuriser la province, proche de l'empire rival des Parthes et assurer l'influence romaine sur le Pont-Euxin (l'actuelle Mer Noire), il dispose de deux légions.

En 134, il repousse l'invasion des Alains. Il se retire à Athènes en 138, à la mort d'Hadrien, et se consacre à l'écriture. Il devient archonte éponyme pour l'année 145/46.


Sur le très petit nombre de Périples conservés en entier, celui-ci, écrit en 131 ou 132 de notre ère, se signale par son originalité. Il comporte, en fait, deux éléments hétérogènes : En tête, un compte rendu, sous forme de lettre à l'empereur... Son œuvre, prolifique et variée, est à l’image de sa vie, longue...

Il appartient sans aucun doute à un milieu aisé, de culture grecque, où l'on a acquis la citoyenneté Romaine à l'époque des empereurs Flaviens, comme l'indique son gentilice.
On ne sait rien de la jeunesse d'Arrien, si ce n'est qu'il a suivi l'enseignement d'Épictète, philosophe stoïcien expulsé de Rome par Domitien et réfugié à Nicopolis en Épire. Arrien va recueillir ses leçons, les Διατριβαί, dont 4 livres sur 8 nous sont parvenus, il rédige aussi un résumé de la philosophie d'Épictète, connu sous le nom de « Manuel» (Ἐγχειρίδιον).
La carrière « romaine » d'Arrien commence peut-être en Grèce : On retrouve en effet un Flavius Arrianus, sans doute notre personnage, dans l'état-major du légat propréteur d'Achaïe, C. Avidius Nigrinus, nous sommes en 112/113.

Dans les années suivantes (114-117), Arrien a peut-être participé à la guerre Parthique de Trajan, épisode qu'il raconte dans les Parthica, œuvre aujourd'hui perdue. C'est sous l'empereur Hadrien (117-138) qu'Arrien atteint le sommet de sa carrière.
Il accède à la préture, devient ensuite proconsul en Bétique et enfin consul suffect en 119 ou 130.

De 131 à 137, il est gouverneur de la province de Cappadoce, et commence son mandat par une tournée d'inspection dans l'est de sa province, voyage qu'il raconte dans une autre œuvre perdue, le Périple du Pont-Euxin, il doit aussi repousser une invasion des Alains, exploit militaire dont il reste une trace écrite, les quelques pages de l'Ordre de bataille contre les Alains (Ἔκταξις κατ' Ἀλανῶν).
Après la mort d'Hadrien (138), Arrien se retire à Athènes où il obtient la citoyenneté.
A-t-il terminé ses jours à Athènes ?
A quelle date est-il mort ?
Nous ne le savons pas : Ses dernières années restent entourées de mystère.

D'après Photius et la Souda, on appelle Arrien, le « nouveau Xénophon » : Les ressemblances entre les deux auteurs sont effectivement frappantes. Tous deux ont suivi l'enseignement de philosophes qui n'ont rien écrit, Socrate et Épictète, et ont transmis à la postérité le contenu de leur leçons. Ils ont été l'un et l'autre des hommes de guerre et des historiens.
Ils se ressemblent jusque dans leurs loisirs : Arrien, comme Xénophon, aime la chasse et l'un comme l'autre ont d'ailleurs écrit sur ce sujet. On ne doit pas voir là l'effet du hasard.
Arrien admire beaucoup son lointain prédécesseur, jusqu'à porter le même nom, et cette admiration, dit-il, remonte à ses années de jeunesse : ὁμώνυμός τε ὢν αὐτῷ καὶ πόλεως τῆς αὐτῆς καὶ ἀμφὶ ταὐτὰ ἀπὸ νέου ἐσπουδακώς, κυνηγέσια καὶ στρατηγίαν καὶ σοφίαν (Cynégétique, I, 4).

Arrien a beaucoup écrit , et dans des domaines très variés. On a déjà évoqué ci-dessus ses œuvres philosophiques, reprenant l'enseignement d'Épictète, les Diatribes et le Manuel. Il est aussi l'auteur d'un certain nombre d'ouvrages techniques : Un traité de Cynégétique, destiné à compléter celui de Xénophon, le Périple du Pont-Euxin, un traité de Tactique : L'ordre de bataille contre les Alains. Tous ces opuscules ont survécu.
Ses œuvres historiques n'ont pas eu la même chance. Son Histoire de Bithynie, des origines à la mort de Nicomède et à l'annexion par Rome (74 a.JC), a disparu, de même que l'Histoire des Parthes et l'Histoire des successeurs d'Alexandre.
Ne subsistent, dans le domaine historique, que l'Anabase d'Alexandre et la seconde partie du traité sur l'Inde, qui raconte le voyage de Néarque des bouches de l'Indus jusqu'à Suse, la première partie, les chapitres I-XVII, est une description du pays et de ses habitants (T 11).

L'Anabase d'Alexandre, le titre de cet ouvrage n'est pas assuré mais il apparaît sous cette forme dans le plus ancien manuscrit, chez Stéphane de Byzance et dans la Souda. D'autre part, Arrien rapporte un discours d'Alexandre lui-même où celui-ci compare son expédition contre les Perses à celle de Xénophon (II, 7, 8). « Anabase d'Alexandre » n'a donc rien d'impossible, même s'il n'est pas interdit de préférer une formule comme τὰ περὶ Ἀλεξάνδρου.

Le récit commence à la mort de Philippe (336 a. JC) et se termine avec celle de son fils, en juin -323. Les événements sont rapportés de façon très détaillée, dans l'ordre chronologique mais il arrive, exceptionnellement, que des faits survenus à des moments différents soient regroupés, en raison de leur similitudes (T 9).
Arrien jalonne régulièrement son récit de dates, selon une formule constante, année archontale et mois du calendrier athénien (T 7; II, 11, 10 ; 24, 6 ; III, 7, 1 ; 15, 7). Ajoutons encore que, se conformant à l'usage de la plupart de ses collègues historiens anciens, Arrien agrémente son œuvre de discours, d'Alexandre et d'autres orateurs, dont l'authenticité est évidemment discutable...

La question des sources utilisées par Arrien ne présente pas de grande difficulté. D'emblée, il annonce que, parmi tous les auteurs qui ont parlé d'Alexandre, il a choisi Ptolémée et Aristobule (T 1).
De fait, ces deux noms reviennent constamment dans le récit (T 4, 6, 9, 15, 16) avec, semble-t-il, une certaine préférence pour Ptolémée (voir, p.ex. VI, 2, 4 : ὡς λέγει Πτολεμαῖος ὁ Λάγου, ᾧ μάλιστα ἐγὼ ἕπομαι). Mais cela ne signifie pas qu'Arrien ait complètement négligé les autres témoins disponibles. Il cite Néarque (VI, 13, 5 ; 24, 2 ; VII, 3, 6), Mégasthène (VII, 2, 4), des inconnus comme Aristos et Asclépiade (T 16), d'autres encore anonymes, qui se cachent derrière des formules comme « on dit », « certains prétendent »,« d'autres racontent » (T 1, 4, 9, 12, 13, 15, 16).
Il arrive aussi qu'Arrien cite des documents comme des lettres d'Alexandre (II, 14, 4-9 ; VII, 23, 6-7) ou les Ephémérides, le journal officiel de l'expédition tenu par Eumène de Cardie (VII, 25, 1) : Il ne dit malheureusement pas s'il a eu un accès direct à de telles sources, ce qui est peu probable.

Arrien est incontestablement doté d'un esprit critique fort éveillé. Le choix de Ptolémée et Aristobule se justifie pour différentes raisons (T 1) : Ils ont pris part à l'expédition, ce sont des témoins directs, libres et désintéressés puisqu'ils ont écrit après la mort d'Alexandre, un dernier argument vaut pour le seul Ptolémée : Il est devenu roi, ce qui doit l'inciter à ne pas mentir. Ce dernier et Aristobule peuvent pourtant être en désaccord. Arrien s'en étonne (T 9), ajoutant simplement que, dans ce cas, il faut choisir la version la plus digne de foi, qui peut être la plus répandue (T 6). Notre historien utilise aussi l'argument du silence.
Il se méfie de ce qu'il ne trouve pas chez ses auteurs préférés : Ptolémée et Aristobule, par exemple, n'ont pas parlé des relations entre Alexandre et les Amazones (T 15), ni de l'envoi auprès du roi d'une ambassade Romaine (T 16) ; ces faits, d'ailleurs invraisemblables, peuvent donc être négligés.
Dans bien des cas, face aux divergences entre ses sources, Arrien évite de se prononcer, comme dans l'épisode du « nœud gordien » (T4), il n'est pas très sûr non plus de ce qui s'est passé entre Alexandre et la famille de Darius, faite prisonnière à la bataille d'Issos (T 5), et se dit incapable de préciser les plans que le roi nourrit pour le futur (T 13). Il est également fort prudent face à des légendes comme celle de Dionysos parti à la conquête de l'Inde : Le fait, s'il est peu vraisemblable, ne doit pourtant pas être rejeté hâtivement, car il s'agit ici d'une affaire divine (T 10)...

Arrien paraît en effet très sensible au fait religieux. Il signale volontiers les présages et les interventions des dieux (T 4, 6 ; voir aussi I, 19, 6 ; II, 6, 6-7 ; 18, 1 ; 26, 4...).
Il aime aussi donner des leçons de morale, félicitant souvent Alexandre, mais condamnant certains de ses comportements (T 5, 8, 17). Et il connaît bien la nature humaine. S'interrogeant sur les projets du roi pour le futur, Arrien avoue son ignorance mais note qu'Alexandre n'a jamais été satisfait de ses conquêtes, il a toujours voulu aller plus loin, « en rival de lui-même » (T 13), une volonté de dépassement de soi dont la mort de Calanos est une autre illustration (T 14).
Devenu historien, Arrien est donc resté psychologue et philosophe. On le voit encore au jugement global qu'il porte sur Alexandre et ses conquêtes : « Il était désormais fatal que les Perses se voient retirer l'hégémonie sur l'Asie au profit des Macédoniens, comme elle l'avait été aux Mèdes au profit des Perses, et encore auparavant aux Assyriens au profit des Mèdes » (II, 6, 7).
Survie »
Arrien se fait une haute idée de son Anabase : Il a fait, dit-il, pour Alexandre ce qu'Homère a fait pour Achille et ne s'estime pas indigne de figurer parmi les principaux écrivains en langue grecque (T 3). Plus loin, il semble considérer son œuvre comme une mise au point définitive sur l'histoire d'Alexandre, qui fait disparaître à tout jamais les contrevérités sur ce sujet (T 12). Il est difficile de dire si des vues aussi ambitieuses se sont réalisées car les lacunes de notre documentation sont importantes. Dans ce qui nous reste de la littérature ancienne, en tout cas, les traces laissées par Arrien et son œuvre ne sont pas très marquées... A.B. Bosworth a consacré quelques pages à ce sujet (A Historical Commentary, I, p. 36-38). On en retiendra surtout que Dion Cassius, un autre Bithynien, a publié une biographie d'Arrien, aujourd'hui perdue, et que le patriarche Photius admire fort son style.
Au moyen-âge, si la geste d'Alexandre connaît un grand succès, ce n'est évidemment pas sur Arrien qu'elle se fonde, mais sur Quinte-Curce et sur le Pseudo-Callisthène, traduit par Julius Valerius.

Le premier manuscrit connu d'Arrien en Occident a été ramené de Constantinople par G. Aurispa (1421). Il est rapidement traduit en latin, notamment par P.P. Vergerio, auquel l'empereur Sigismond a demandé ce travail. Et les mérites d'Arrien sont cette fois bien mis en valeur.
Dans une lettre à Sigismond, le traducteur souligne le fait qu'Arrien, ayant choisi les sources les plus sûres, est l'historien d'Alexandre le plus digne de foi, et qu'il n'est pas tombé dans les travers qui affectent l'œuvre de ses rivaux (on trouvera le texte de cette lettre dans G. Cary, The Medieval Alexander, Cambridge, 1956, p. 375-377).
C'est dès lors la doctrine qui va prévaloir : A côté du groupe formé par Diodore, Quinte-Curce et Justin/Trogue-Pompée, qui nous livrent sur Alexandre une tradition qualifiée de « vulgate », il y a un auteur plus sérieux, Arrien, dont le récit remonte, à travers Ptolémée et Aristobule, jusqu'à des sources d'archives (voir, p. ex., G. Glotz - R. Cohen, Histoire grecque, IV. Alexandre et l'hellénisation du monde antique.
Alexandre et le démembrement de son empire, Paris, 1938, p. 38-39). Est-il nécessaire d'ajouter que cette thèse, sans doute trop flatteuse pour Arrien, n'est plus aujourd'hui unanimement admise ?


175 — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/175
Cette page concerne l'année 175 du calendrier julien. Page d'aide sur l'homonymie Pour le nombre, voir 175 (nombre).

Arrien de Nicomédie
bcs.fltr.ucl.ac.be/ENCYC-1/Arrien.htm
22 janv. 2013 - Lucius (?) Flavius Arrianus est originaire de Bithynie. ... Dans les années suivantes (114-117), Arrien a peut-être participé à la guerre ... Ils se ressemblaient jusque dans leurs loisirs : Arrien, comme Xénophon, aimait la chasse et l'un .... Il est rapidement traduit en latin, notamment par P.P. Vergerio, auquel ...

"Arrien philosophe stoïcien", Ktèma 39, 2014, p. 51-73, suivi d'une ...
www.academia.edu/.../_Arrien_philosophe_stoïcien_Ktèma_39_2014_p._51-73_suiv...
Pourtant, Arrien ne doit pas se voir refuser le titre de philosophe au prétexte qu'il n'a .... Epictète, resté infirme depuis ses années d'esclavage, vivait (3) Cf. la lettre à ..... Flavius Arrianus Xenophon se faisait appeler le « nouveau Xénophon »64. ..... 147-175. arrien philosophe stoïcien 67 manières de combattre, mais il faut ...