mercredi 9 mars 2016

EN REMONTANT LE TEMPS...433



4 MARS 2016...

Cette page concerne l'année 433 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES CHEMINEMENTS SUBTILES ET ALLUSIFS D'UN POÈTE CHINOIS



Xie Lingyun ( chinois : 謝靈運; Wade-Giles : Hsieh Ling-yun; 385-433), également connu sous le duc de Kangle (康樂公), est l' un des plus grands Chinois poètes des Dynasties du Nord et du Sud et un habile poète.

Xie Lingyun est un descendant de 2 des familles Chinoises les plus importantes les Jin les Wang. Son grand-père est le général Xie Xuan , un général connu pour repousser l'armée de Qin l'Ancien à la bataille de la rivière Fei, empêchant ainsi l'ex-empereur Qin Fu jian de détruire Jin, et permettant ainsi la poursuite des royaumes dynastiques du sud.

Son père est mort tôt, et le garçon a été élevé par un moine bouddhiste, Du Ming, dans ce qui est alors Qiantang mais maintenant Hangzhou, une métropole cosmopolite à l'extrémité sud du Grand Canal , un axe pour le commerce maritime et le transport vers et depuis le nord, et une zone très célèbre pour ses paysages de collines environnantes et le spectaculaire lac de l' Ouest ... De
retour à la maison du monastère en 399, Xie a conservé une vie bouddhiste pratique. En outre, l'histoire de la famille elle-même est une merveille de pittoresque.  Situé dans le Shi'ning moderne canton de Shangyu dans la province de Zhejiang. Le Domaine a été soigneusement choisi par son grand-père, tant pour l'esthétique que pour son isolement. Celui-ci comprend une colline importante au nord, sur laquelle se dresse la propriété familiale, et il y a une colline correspondant au sud, chaque colline occupée de falaises escarpées, de cours d'eau en cascade et, entre les deux collines se trouve un lac.
La maison familiale sur la colline du nord est plantée sur un terrain en terrasse composé de vergers bien organisés, de jardins, de sentiers pédestres, et de pavillons fleuris, dans l'esprit de préserver et d'augmenter le plaisir du spectateur. La colline sud pendant la jeunesse de Xie Lingyun a été laissée sauvage, mais, entre les deux il y a toute une série de champs et de cultures ainsi que des zones naturelles hébergeant plantes et animaux sauvages.

Pendant cette période de turbulence la propriété familiale isolée n'est pas sans danger et, lors d'une rébellion majeure, la famille a abandonné le Pays vivant dans la sécurité relative de la capitale, Jiankang (moderne Nanjing ). La famille Xie a reçu comme résidence officielle un manoir de fantaisie, parmi les premiers concernant le luxe et la mode de cette époque, le jeune duc, est à l'aise sur le plan financier (ayant hérité d'un fief de 3 000 feux, avec le titre ducal)...

Xie Lingyun devient fonctionnaire dans le Jin de l' Est , pendant la rébellion démantelée par le général Liu Yu. Cependant, cela ne sera qu'une étape dans la carrière du général, plus tard, il renverse la dynastie Jin de l'Est et établit la dynastie Liu Song en devenant Empereur Wu. 

Après son retour à la succession de la famille dans Shi'ning (Shangyu), où il a passé un temps considérable à moderniser la colline du sud peu cultivée. Il part en expéditions d'exploration, accompagné par des dizaines de fonctionnaires, qui ont souvent rencontrés des pirates dans les zones les plus densément végétalisées des provinces environnantes.
Xie Lingyun est également célèbre pour avoir inventé et utilisé un type de bottes en bois avec des pointes qu'il peut retirer ou ajuster selon qu'il est au niveau du sol ou sur une pente vers le haut ou vers le bas.
A la même époque on lit dans la capitale ses poèmes, qui sont bien appréciés... Les poèmes de sa période Shi'ning sont encore connus.

Pendant ce temps, les changements politiques ont continué sans relâche, et Xie est empêtré dedans. 
En 426, le nouveau souverain le convoque au tribunal, puis le prive 2 ans de fonctions et de pouvoir réel. Après deux autres années en disponibilité il revient en 430 pour se défendre contre les charges alléguées par son préfet local.
En 431, il est relégué à Fuzhou dans le Jiangxi , puis l'année suivante exilé à Guangzhou : Xie Lingyun est ensuite condamné à mort en 433. Il y écrit son dernier poème, déplorant que sa mort ne soit pas sur l'un de ses sommets bien-aimés.

Xie Lingyun est un poète de la nature ou du paysage se concentrant sur ​​la « montagne et les cours d' eau », en contraste avec le « champ et le jardin » Sa poésie est allusive et complexe, avec une influence bouddhiste.

Xie est influencé par la tradition fu comprenant souvent des descriptions éloquentes des beautés de la nature; en effet, Xie lui-même écrit son célèbre « Fu en rentrant dans les montagnes » dans ce style : Cependant, la force de Xie est de distiller l'essence de ce type de Fu et d'adapter et de le comprimer dans la plus pure forme poétique.

Considéré comme l'ancêtre Chinois de la poésie louant le paysage (poésie de shanshui ), la réputation de Xie Lingyun comme un grand poète reste sûr, car connue depuis plus de 1 000 ans. Le ji Wangchuan par Wang Wei et Pei Di qui décrit les caractéristiques du paysage de la succession de Wang près de Chang'an, montre notamment l'influence de la poésie de Xie Lingyun décrivant les caractéristiques du paysage autour de sa propriété près du Lac de l'Ouest.

Parmi les maints joyaux et curiosités que nous a conservé le Yutai Xinyong, cette belle anthologie de poésie galante composée par Xu Lingyun entre 533 et 535, on a la surprise de trouver sous le nom de Xie Lingyun (385-433) ces Deux poèmes échangés dans la rivière de Dongyang, 2 pièces qui n'en font qu'une en réalité :
Charmante est cette dame, dont je ne sais le nom,
Qui baigne ses blancs pieds dans le fil du courant.
La lune brille claire parmi les nuages,
Mais si loin, oh, si loin, que je ne puis l'atteindre.

Charmant est ce monsieur, dont je ne sais le nom,
Qui sur son bateau blanc va au fil du courant.
Demandez seulement quels sont mes sentiments...
Et d'entre les nuages la lune cherra !

Qu'on se figure la scène.
Un voyageur, un officier sans doute (on sait nos fonctionnaires en déplacement friands d'aubaines) découvre depuis son bateau, amarré au crépuscule (si l'on admet que la lune évoquée par le poète est présente), une femme au bord de la rivière, la trouve à son goût et le lui fait savoir, en déplorant qu'elle soit aussi inaccessible que la lune.
La belle, tout en complimentant l'homme à son tour, non sans quelque ironie, l'encourage : Qu'il presse un peu sa cour, il pourrait découvrir que la lune ne lui est plus inaccessible... Telle est du moins l'interprétation où certains penchent.

Mais la plupart des traducteurs comprennent les deux derniers vers de façon radicalement différente : Demandez seulement quels sont mes sentiments Et entre les nuages la lune fuira... C'est-à-dire : « Si vous insistez, je disparaîtrai sur-le-champ. »
La première interprétation est peut-être un peu aventurée, mais elle va servir, par l’ambiguïté qu'elle introduit dans le texte, à rappeler le caractère justement bien ambigu des femmes du bord de l'eau dans la tradition Chinoise... Il en est qui se donnent volontiers au voyageur, non sans lui réserver souvent quelques surprises, d'autres qui se refusent.
À quelle espèce appartient la fille de la Dongyang xi ? La question sera centrale et vaut qu'on s'y arrête quelque peu.
C'est, en tout cas, une belle femme et, qu'elle le veuille ou non, une séductrice, qui appartient à un type de femme propre à tenter les voyageurs en quête d'aventure : La femme des bords de l'eau, lavandière, cueilleuse de macre ou de lotus.
Elle a tout pour exciter le désir : Les pieds nus, les vêtements mouillés collant au corps, comme émergeant d'un milieu aquatique évocateur de possibles libertés, ce n'est certes pas une femme bien née, sa vêture et son occupation, quelle qu'elle puisse être, l'indiquent.
Ni digne épouse, ni noble mère de famille, elle est plutôt de celles qui ruinent l'ordre social...
La célèbre Xishi, qui causera la chute du royaume de Yue, ne lavait-elle pas la soie (au moins dans la légende qui s'élaborera autour d'elle au cours des siècles) sur une pierre qu'on montre encore dans la rivière Ruoye ? D'ailleurs, les lavandières, du moins les filles du bord de l'eau, ont peut-être eu de tous temps la réputation de se donner assez facilement aux voyageurs.
La fille de la Dongyang xi est-elle, comme Xishi, une lavandière ? Ses pieds nus baignant dans l'eau le suggèrent. Doit-on pour autant la ranger parmi les filles faciles ? De ces dernières, le Liexian zhuan nous donne un bel exemple : Un voyageur, Jiao Zhongfu, découvre 2 filles qui s'ébattent sur les bords de la Han. Il déclare qu'il va abandonner un panier de mandarines au courant et que là où le panier abordera, il offrira aux demoiselles des agarics et leur demande leurs pendeloques de ceinture.
Les filles acceptent : Elles croqueront donc l'agaric (mais sur ce point, le texte est d'une discrétion... éloquente). Elles donnent alors leurs pendeloques à Jiao Zhongfu, qui fait quelques pas puis se retourne : Elles ont disparu. Le Liexian zhuan cite pour conclure la neuvième ode du Shijing, « Large est la Han » : Large est la Han,
Un nageur ne peut la traverser,
Vaste est la Han,
Un bateau ne peut la remonter.
Sur la Han sont des promeneuses,
Que l'on ne peut solliciter.

Mais il est aussi, sur les bords des rivières, des filles à la vertu irréprochable. Dans une anecdote du Hanshi waizhuan de Han Ying (XIe siècle av. J.-C), Confucius, en voyage dans les contrées du Sud, rencontre une jeune lavandière qui porte un pendentif de jade à la ceinture. Il envoie son disciple Zigong la provoquer par 3 fois : En lui demandant de l'eau, en la priant d'accorder un qin, enfin en lui offrant des pièces d'étoffe.
Très distante dès l'abord, elle entre alors en fureur et menace d'appeler son mari.
Confucius déclare « Je le savais » et le texte s'achève, lui aussi, par « Large est la Han ». Les deux anecdotes, évidemment apparentées, s'éclairent l'une l'autre.

Or, la déesse de l'eau que l'on retrouve sous des noms divers, ou sans nom, dans les plus grands cours d'eau comme dans les plus petites mares, ne saurait être vertueuse : Elle a pour vocation, sinon forcément de se donner, au moins de s'offrir à la cour du chamane, ou même à celle d'humains ordinaires. Tel est le sens de la glose jinwen de « Large est la Han » : on ne peut solliciter les filles de la Han, tout simplement parce que ce sont des déesses, par essence inaccessibles. : Dans les « Neuf chants » (« Jiuge ») des Chuci, la Dame de la Xiang (Xiang furen), se dérobe au chamane, ainsi de la déesse de la Luo, se dérobant au poète Cao Zhi.
Et si d'aventure elles se donnent, comme la Déesse s'offrant au poète Song Yu, ou la Dame du Gaotang au roi de Chu, c'est pour une union brève, quasi inexistante dans le temps, comme l'exprime le caractère très elliptique qu'elle revêt dans la littérature, et qui ne lui laissera de toute façon qu'éternelle amertume.


Xie Lingyun - Wikipedia, the free encyclopedia
https://en.wikipedia.org/wiki/Xie_Lingyun

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Xie Lingyun (Chinese: 謝靈運; Wade–Giles: Hsieh Ling-yün; 385–433), also known as the Duke of Kangle (康樂公), was one of the foremost Chinese poets of ...
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Xie Lingyun 謝靈運 - Geni
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6 août 2015 - Xie Lingyun 謝靈運(385–433). ..... de l'Annuaire du Collège de France, 63e année (1962–1963) et 64e année (1963–1964), 325–31; 349–60.



EN REMONTANT LE TEMPS... 434

3 MARS 2016...

Cette page concerne l'année 434 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LA DÉFERLANTE HUNNIQUE


Rugila ou Ruhas, Ruga, Rua, dit Rugila le Grand (né vers 395 mort en 434), est un roi des Huns, prédécesseur immédiat de ses neveux Bleda et Attila.
Roi des Huns d'abord conjointement avec son frère Octar, puis seul. Il est de religion chrétienne, mais sous la forme de l'arianisme, qui a largement touché les Germains, notamment les Goths, à partir des années 340, or les Ostrogoths jouent un rôle important au sein de l'empire Hunnique à partir de 375.

Rugila et Octar luttent contre l'Empereur romain d'Occident Honorius, mais à sa mort en 423, ils se réconcilient avec l'empire d'Occident où à la fin de 423 s'installe l'usurpateur Jean... Un des officiers ralliés à Jean, Aetius, qui a passé plusieurs années comme otage à la cour Hunnique où il s'est lié d'amitié avec Attila, est envoyé auprès des Huns pour obtenir de l'aide.
Il ramène plusieurs milliers de soldats, mais, devancé par l'armée de l'Empire d'Orient qui s'empare de Ravenne, il préfère se rallier au nouveau pouvoir : Le jeune empereur, Valentinien III et sa mère, la régente Galla Placidia. Aetius est ensuite un des hommes les plus importants dans le gouvernement de l'Empire d'Occident, devenant responsable de la défense de la Gaule en 426, avec des troupes dans lesquelles les Huns sont très nombreux.
Rugila devient seul roi à la mort d'Octar, vers 430, durant une campagne contre les Burgondes.

Sous son égide, les Huns envahissent le territoire Romain et, après avoir atteint Rome et menacé le Capitole, parviennent à se faire accorder un tribut par l'empereur.
Rugila oblige aussi les Romains à rendre tous les soldats Hunniques qu'ils ont acquis au fil des ans. Son acte de bravoure, cependant, est d'unir les Huns sous sa seule férule vers 432. Il apparaît comme un précurseur d'Attila entreprenant des campagnes contre les Marcomans, les Ostrogoths et l'Empire Romain d'Orient. C'est d'ailleurs lors d'une offensive contre Théodose II en Thrace qu'il est tué par la foudre en 434.
Ses neveux Bleda et Attila, fils de Moundzouk, lui succèdent et exercent conjointement le pouvoir sur les tribus Hunniques.
C'est le premier roi des Huns à faire parler de lui dans des textes d'hommes d'Église (il en incendia plus d'une en Italie, en Dacie et en Grèce) et de ces combattants soumis, comme les Magyars et les Arméniens qui rejoignent les rangs armés des Huns pour combattre leurs frères.

Les Huns sont un peuple asiatique Turco-Mongol, de langue turque. C’est le premier peuple mentionné comme tel par les historiens... Des références à un peuple appelé Xiongnu (Hsiung-nu) existent dans les sources Chinoises depuis -1200, faisant allusion aux ancêtres des Huns. Cette ancienne peuplade d’Asie centrale, s’épanouit déjà à partir de l’ Âge du bronze au 2e millénaire à la suite du déclin des Scythes et établissent leur premier empire dans les régions du nord de la Mongolie (près du Lac Baïkal et dans la vallée de la Selenga qui correspond aujourd’hui à l’actuelle Bouriatie, entre 209 avant J.C. et 93 de notre ère pour migrer par la suite vers l’Europe Centrale, ou ils se mêlent aux populations Franco-Germaniques.
Un groupe appelé Huns Européens et mené par Attila est considéré comme étant l’extension occidentale des Huns. L’établissement du premier état Hun a été un des premiers aspects bien documentés de ce type de migration à cheval.
Ces tribus nomades surpassent les autres dans la maîtrise du cheval, grâce à leur promptitude et à leur étonnante mobilité, ainsi qu’à la dextérité de leurs cavaliers, entraînés dès leur plus jeune âge.
Cette habileté, couplée à l’arc court pouvant être utilisé depuis le dos de la monture, est un avantage lors des nombreuses batailles que livrent les Huns.

Les Huns occidentaux sont décrits par les Romains et les Goths comme des hommes trapus, de petite taille, avec une tête large, le cou épais et de larges épaules, le torse bombé et un tronc épais sur des jambes courtes. Leurs traits sont décrits comme mongoloïdes et leur teint brun, avec une absence de barbe. Selon nos connaissances actuelles, 20 à 25% des Huns retrouvés dans les tombes sont de type mongoloïde, la majorité étant de type Européen. Les Huns et les Alains diffusent l’usage de la déformation crânienne parmi les Germains Orientaux, surtout chez les femmes. Ces derniers abandonnent cette pratique après la défaite des Huns.
La langue hunnique, jamais écrite, nous est peu connue. Les noms des rois huns retranscrits approximativement par les Grecs et les Romains témoignent d’une langue turque (liée au protobulgare et au mongol).
Ils pratiquent l’infanticide des filles et le gérontocide.

Les Huns sont des éleveurs consommant principalement de la viande (en abondance, qu’ils mangent crue et qu’ils font aussi sécher) et des produits laitiers.
La chasse a également une grande importance dans leur économie, notamment la chasse des grands-roi pour l’alimentation de l’armée (cette chasse royale est une sorte de grande manœuvre d'entraînement à la guerre).

L’archéologie témoigne de l’arrivée et de la progression des Huns en Europe au IVe siècle. D’importants vestiges Hunniques ont été découverts dans plusieurs centres :
Dans la région de Saratov et celle de Volgograd, sur les deux rives d’un gué important de la Volga.
Dans la région centrale du Caucase du Nord, près de la Caspienne, au Daghestan.
Dans la région du bas Dniepr à la Crimée, (Dniepropetrovsk, Zaporojie, Kherson).
Également sur la presqu’île de Crimée, entre le Boug Méridional et le Prout, sur les bords du Dniestr et du Prout en Moldavie et en Roumanie, dans la vallée du Buzăul qui relie les Carpates du sud-est et le coude du Danube en Dobroudja. En Olténie enfin.

Aspect dominant chez les Huns, leur efficacité militaire est due à l’excellence de leurs archers à cheval, à la résistance et au nombre de leurs chevaux, et à leurs qualités de cavaliers, facilitées par l’emploi de selles à arcades hautes. La cavalerie Hunnique est opérationnelle été comme hiver. Sa rapidité lui permet de prendre ses adversaires par surprise. La tactique des Huns consiste à attaquer en groupes de 500 à 1000 cavaliers, convergeant de diverses directions. Ils ouvrent la bataille de loin par des nuées de flèches au tir précis. Quand leur adversaire riposte, ils s’écartent, donnant l'impression de fuir, et attirent les poursuivants à proximité d’autres groupes qui les attendent embusqués...

Dans d’autres cas, les troupes de réserve attaquent le camp ennemi pendant que son armée poursuit les autres. L’ennemi ainsi désorganisé, les Huns font volte-face, et attaquent l’adversaire de plusieurs directions en même temps, le massacrant avec leurs longues épées.
Les Huns emploient la terreur pour briser toute résistance, par l’incendie et le massacre des populations civiles.
Les Huns utilisent des arcs asymétriques « reflex » à raidisseurs d’os, des carquois en écorce de bouleau ou en cuir, et différents types de pointes de flèches : Pointes en fer à trois ailettes (les plus utilisées), plates losangiques et massives en forme de clous, et celles en os servant pour la chasse.
L’épée longue et relativement mince, à double tranchant et souvent munie d’une garde de fer, est l’arme offensive principale des cavaliers Huns avec l’arc et les flèches. Elle est accompagnée d’un coutelas à un seul tranchant, spécifiquement hunnique, et de lances.

Il n’y a pas de trace, écrite ou archéologique, de l’utilisation de boucliers. Des cuirasses à écailles de fer se trouvent déjà dans les tumuli Kourganes d’époque Hunnique d’Asie centrale de Ketmentöbe-Aktchikarassou, des fragments de cottes de mailles ( à Fiodorovka) et de cuirasse (à Pokrovsk-Voskhod) ont été retrouvés.
Le seul casque Hunnique oriental connu, de type composite fait de plaque de fer, a été retrouvé dans une tombe de Kichpek.

Dans les sources Chinoises, les plus anciennes références à un peuple appelé Xiongnu (Hsiung-nu), datant du XIIe siècle av. J.-C., se retrouvent dans les écrits de la campagne du roi Wuding (武丁) de la dynastie Shang contre la tribu des Gui Fang (鬼方), que l’on considère comme un autre nom des Huns. Ceci est confirmé par quelques sources archéologiques vagues mais reste encore à prouver.
L’existence de la campagne est prouvée par des inscriptions en bronze mais il n’est pas certain que les Gui Fang soient les Huns.
Beaucoup d’historiens pensent que les Xiongnu et les Huns sont le même peuple en raison des similitudes dans la description de leur aspect et de leurs habitudes de vie.
D’autres avancent le fait que cet aspect et ces habitudes peuvent également correspondre à d’autres tribus résidant dans les steppes Mongoles et ne sont donc pas caractéristiques des Xiongnu ou des Huns.
Néanmoins, tous conviennent qu’il existe des ressemblances entre ces deux peuples.

Aujourd’hui cependant, la majorité de la communauté scientifique (historiens, archéologues et linguistes) estime que les Huns d’Europe, les Huns d’Asie (Xiongnu) et les Huns blancs (Hephtalites) sont le même peuple en raison des dernières découvertes :
Une lettre en sogdien du IIIe siècle raconte l’attaque des Xiongnus contre une caravane dans le Turkestan Chinois. Dans cette lettre, les Xiongnus sont nommés par le terme « xwn »...
Les annales Chinoises parlent de l’attaque des Xiongnus contre les Alains.
Les historiens Romains ont aussi relaté cet événement, mais dans la version latine ce sont les Huns qui détruisent le royaume Alain.

Les archéologues ont découvert des pièces de monnaies dans les tombeaux Hunniques de l’Europe Centrale... Ces pièces, d’origine Sassanide, Sogdienne, Kouchane et Indienne, témoignent en faveur du fait que les Huns Blancs qui combattent en Asie Centrale sont les mêmes que les Huns d’Europe...
Les auteurs Byzantins (comme par exemple Procope au VIe siècle) rapportent que les Hephtalites ne ressemblent pas aux Huns d’Attila (Ve siècle). Cela peut être dû au fait que les premiers sont Hindouistes et les derniers de religion Chamanique.

En 434, Aetius, assisté par les Huns, l’emporte aussi sur Sébastien, le gendre de Boniface. Peu de temps après, Aetius épouse la veuve de l’ancien comte d’Afrique, et reçoit le titre de Patrice des mains de Galla Placidia. L’Impératrice, quant à elle, se Consacre dès lors aux questions religieuses.
Aetius, bien que victorieux, ne destitue pas Valentinien III (de par son origine Barbare il n’aurait pas été accepté en tant qu’Empereur.), et continue de servir l’Empire.
Il fiance néanmoins son fils Gaudentius avec la fille cadette de Valentinien III

Ruga, le roi des Huns, meurt en 434, vraisemblablement empoisonné par ses neveux,Bleda et Attila (le défunt avait lui-même tué ses oncles, son frère Mondzouk, et son père Ephtal Ier afin de monter sur le trône.). Ruga, arien s'est opposé à Honorius à de nombreuses reprises, avant de s’allier avec Aetius et Valentinien III. Toutefois, il s'oppose violemment à Théodose II, l’Empereur d’Orient.
Comme ses deux fils (Reguslav et Regila.) ont été tués au combat, quelques années auparavant, Ruga désigne Bleda comme son successeur, peu avant de décéder.

Bleda décide de casser l’alliance avec Valentinien III, mais poursuit néanmoins la guerre contre Théodose II. Victorieux, les Huns ont droit au doublement du tribut qu’ils reçoivent régulièrement de Constantinople, et l’Empereur accepte de ne plus s’allier avec des peuplades Germaniques. De cette manière, les Huns commencent à se faire plus menaçants en Occident...Tentant d’éliminer son frère Attila, ce dernier s’allie avec des chefs de tribus Germaines, et parvient à éliminer Bleda en 445.

La légende raconte qu’un bouvier trouve une épée plantée dans le sol par la garde. La rapportant à Attila, cette arme se révèle être l’épée de Mars, le dieu de la guerre.
Attila se proclame alors Europae Orbator (« Empereur d’Europe ». Et envahit la Pannonie en 446 (il est alors nommé magister militum par Valentinien III, qui désire maintenir l’illusion de l’unicité de l’Empire Romain.).

A la mort de Ruga, deux enfants royaux, Mamas et Atakam, fuient chez les Romains d’Orient.
En 435, Theodose II ratifie le traité de Margus : Il livre tous les fugitifs Huns, y compris les deux enfants royaux, les prisonniers Romains évadés sans payer de rançon doivent être rachetés 8 sous d’or par personne (le double de précédemment) à ceux qui les ont capturés, les Romain s’engagent à ne plus s’allier avec d’autres Barbares en guerre contre les Huns, le tribut annuel est doublé, passant de 350 livres d’or à 700, les Huns peuvent accéder aux marchés frontaliers avec des droits égaux et la sécurité garantie...
Les Princes sont livrés à Carsum, et empalés dès leur arrivée sur la rive gauche, au vu et au su de tout le monde... Ensuite les Huns partent en guerre contre les Sorosgi, probablement installés près des Akatzires sur le Pont-Euxin.

En 435, le camp d’Attila est sans doute situé vers Ploiesti, dans la région de Bucarest, peut-être près de la ville de Buzau.
Attila occupe donc le royaume de Ruga à l’Est, tandis que Bleda a celui d’Octar à l’Ouest et jusqu’au Rhin, et son camp est sur la Tisza, aux embouchures du Koros et du Maros.

Vers 434-435, les Amilzures, Itimares, Tounsoures, Boïsques et « autres tribus vivant près du Danube » s’enfuient pour aller combattre auprès des Romains.
Tout semble alors indiquer que le Royaume des Huns est une seule entité dirigée par deux souverains.
Il semble y avoir eu une épidémie chez les Huns lors d’une campagne dans les Balkans.

L’empire des Huns s’étend des steppes de l’Asie centrale jusqu’à l’actuelle Allemagne, et du Danube jusqu’à la mer Baltique :
Guerre des Huns en Chine.
316 les Hsiung-nu envahissent le nord de la Chine.
350 les Huns envahissent la Perse et l’Inde.
352-354 guerre des Huns contre les Alains.
357 les Alains rallient l’armée des Huns en Asie occidentale.
371 l’empire des Ostrogoths est aux mains des Huns.
375 forte poussée des Huns qui détruisent le royaume Ostrogoth en Russie du Sud.
376 les Wisigoths qui occupent une partie de la Dacie depuis 150 ans, demandent aux Romains sous la pression des Huns, l’autorisation de traverser le bas Danube. La permission est accordée.
378 invasion de la Thrace, avec de nombreux autres peuples (dont les Taïfales) 400 capture et exécution du général Goth Gaïnas par le roi Hun Uldin.
410 naissance d’Attila, roi des Huns.
422 l’empereur Théodose II accepte de payer un tribut aux Huns en échange de la paix.
423 les Huns (40 000) sont incorporés comme mercenaires dans l’armée Romaine. Rome cède aux Huns la province de Savie.
430 les Huns Hephtalites, établis en Asie Centrale, attaquent la Perse.
430 Byzance paie un tribut annuel de 113 kg d’or aux Huns.
434 début du règne d’Attila, roi des Huns (fin en 453) - Ruga partage l’empire des Huns entre ses deux neveux Attila et son frère Bleda avant de mourir - les Huns doublent le tribut de Rome (226 kg d’or) - les armées de Théodose II sont défaites par les Huns en Thrace.
436 les Burgondes sont battus à Worms par les Huns mercenaires de l’empire Romain.
441 Attila écarte son frère Bleda et devient le seul monarque des Huns.
447 les Huns conduits par Attila traversent le Danube, envahissent la Thrace - les Huns forcent les Romains à payer un lourd tribut (le triple du précédent) - les Huns obligent les Romains à se retirer d’une large bande de terre sur les bords du fleuve.
451 Attila, roi des Huns, envahit la Gaule. Il est battu aux champs Catalauniques (près de Troyes) par le général Romain Aetius, aidé par les Francs et les Wisigoths - les Huns contournent Paris. Ce miracle est attribué à Sainte Geneviève.
452 la ville de Venise est fondée par des réfugiés de Padoue et d’Aquilée qui fuient les Huns - les Huns envahissent l’Italie et mettent à sac plusieurs villes du Nord de l’Italie, dont Padoue et Vérone.
455 fin de l’Empire des Huns en Europe - Skandagupta défait l’invasion des Huns et devient empereur des Indes.
465 les Huns conquièrent la plaine de Gandhara en Inde du Nord.
475 les Huns battent les armées de l’Empire Gupta et mettent fin à cet empire.
477 Sakala devient la capitale des Huns dans l’Inde du Nord.
484 les Huns défont les Perses commandés par le roi Pérôz.
565 les Perses et les Turcs combattent ensemble contre les Huns Hephtalites et se partagent la Bactriane conquise en commun.
800 l’étrier, déjà connu des Huns, apparaît en Occident...

Ruga — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ruga

Rugila ou Ruhas, Ruga, Rua, dit Rugila le Grand (né vers 395 - mort en 434), est ... Rugila est roi des Huns d'abord conjointement avec son frère Octar, puis seul. ... notamment les Goths, à partir des années 340 ; or les Ostrogoths jouent un ...
les Huns - Histoire du Monde
www.histoiredumonde.net › ... › Personnages et Peuples › Steppes et Asie

7 avr. 2007 - Attila (405-453) fut le roi des tribus Huns, peuplade originaire des ... En434, Ruga partage l'Empire hunnique entre ses deux neveux, ... Les négociations de paix durent plusieurs années, sans aucun bénéfice pour les Huns.

EN REMONTANT LE TEMPS... 435

2 MARS 2016...

Cette page concerne l'année 435 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

CE QUI DÉCOULE DU CONSEIL D’ÉPHÈSE

Le concile d'Éphèse, depuis le scandale qui amène sa convocation jusqu'à la réconciliation officielle d'Alexandrie et d'Antioche, en janvier 433. Afin de mieux comprendre ce qui va suivre, passons brièvement en revue les faits auxquels se trouvent mêlés les Orientaux, depuis leur arrivée à Éphèse jusqu'à leur retour dans leurs diocèses.
Le premier document qui les recense est la Contestation des évêques qui veulent attendre Jean d'Antioche avant de procéder aux débats. 68 signatures sont apposées à cette protestation du 21 juin et on aurait pu en lire autant, selon toute vraisemblance, à la suite de la lettre qu'adresse Nestorius à Théodose pour lui dénoncer les manœuvres de ses adversaires.
Le 26 juin, Jean d'Antioche arrive à Éphèse, accompagné d'un contingent des siens, Cyrille et Memnon se retrouvent déposés, leurs partisans excommuniés. Le 1er juillet, par l'intermédiaire de Palladius, les Orientaux adressent un rapport à Constantinople, sur la tenue du concile.

La plus grande partie des documents utilisés dans cet article provient du Synodicon, plus exactement de la seconde partie de cette collection... La première partie, on le sait, est un recueil de 76 pièces qu'on retrouve dans les collections grecques du Concile (la derniière édition est celle de E. Schwartz, 1929), afin d'éviter toute ambiguïté, les rares emprunts qui sont faits à cette première partie sont désignés ci-dessous par le sigle C(bilectïo) T(uroneasis). suivi du numéro de la pièce.

La seconde partie contient 220 numéros (éd. Schwartz, Acta Cane, œc, vol. IV, Collectionis Casinensis... 1922-1923) Quinze noms suivent celui de Nestorius, mais, après le dernier. Le nombre des signataires est de 53, parmi eux figure Rabbula d'Édesse (mort en 435), ce nom de Rabbula retient l'attention des historien, car le personnage à joué un rôle important à ce moment là.

Chaque parti reste sur ses positions et se croit sûr de l'emporter, l'arrivée des légats Romains ne modifie guère les opinions ou les effectifs, pas davantage au début d'août, l'arrivée du comte Jean, porteur des sanctions souveraines contre Cyrille, Memnon et Nestorius. Devant l'impossibilité de réconcilier, à Éphèse, les 2 camps adverses, l'autorité impériale décide que chacun d'eux enverra, à Chalcédoine, une délégation, les Orientaux désignent sept des leurs, dont Jean d'Antioche et Théodoret. Malgré leurs efforts, les délégués perdent la partie et doivent rentrer, humiliés, dans leurs diocèses, diminués aussi, par suite de la défection de Rabbula d'Édesse...

Constantinople s'adresse au vieil évêque de Bérée, Acace, pour tenter à nouveau de réconcilier Orientaux et Cyrilliens afin de ramener la paix tant désirable au sein de la catholicité... Jean d'Antioche demande alors à Alexandre de Hiérapolis, à Théodoret, à bien d'autres encore, de venir discuter avec lui concernant les modalités de l'accord et de fixer la limite des concessions.
Dès ce jour-là, l'épiscopat oriental se montre divisé sur l'attitude à observer. Doit-on céder ? Où persévérer ? Union ou schisme ? Telle est l'alternative qui s'impose dès ce moment, dont les 2 termes vont être, pendant 4 ans, âprement discutés. Finalement, le sens de l'unité l'emporte.

Dans· leur réponse à Acace, les évêques ont souligné qu'une seule formule est à retenir, sur laquelle la discussion peut être utilement engagée : La foi de Nicée interprétée à la lettre... Suivent 33 signatures, on n'y trouve point celle de Rabbula, mais il n'y a pas de certitude dont on puisse tirer argument de cette abstention ; plus de 20 noms font défaut, parmi lesquels ceux de Cyrille d'Adana - d'Esychius de Castabale - de Cyrus de Tyr qu'on ne peut soupçonner d'hésitation dans la résistance aux Cyrilliens. Après la séance du 17 juillet, on trouve insérée une liste des Orientaux. La lettre de l'empereur est adressée à un certain nombre d'évêques de l'un et l'autre parti, probablement les plus marquants, Rabbula est nommé parmi ces destinataires, 42 évêques restent à Éphèse et entretiennent, par leur correspondance, le zèle et la fermeté de la députation.

Cyrille n'accepte pas de traiter sur ces bases. Reprenant point par point la lettre qu'on lui adresse, il explique qu'on ne peut laisser dans l'ombre certains faits, ni s'accommoder de silences ou de réticences : La foi de Nicée, en effet, et son enseignement traditionnel ont été corrompus par la doctrine de Nestorius. De cela, on ne peut faire fi. Quant au reste, aux rancunes personnelles, qu'il n'en soit plus question... Cette lettre de Saint Cyrille est à retenir et son importance n'échappe point aux destinataires. Elle fait grand honneur à celui qui l'a écrite et montre bien que l'ardeur de la bataille une fois éteinte, l'évêque d'Alexandrie ne songe qu'à refaire l'union, un moment brisée. Son attitude ne changera plus par la suite. Des gens de bon sens, Acace de Bérée, Théodoret et Jean d'Antioche comprennent aussitôt que Cyrille fait des concessions, C'est pour eux, une preuve évidente de ses bonnes dispositions.

Pour régler définitivement le conflit, Paul d'Émèse est envoyé à Alexandrie. Le premier contact est assez pénible et bientôt il faut constater que les préliminaires de la paix ne sont pas encore conclusifs. Les propositions qu'apporte Paul d'Émèse sont déclarées insuffisantes, d'autre part, la présence du tribun Aristolaüs, chargé par l'empereur de hâter la fin des querelles, ne permet guère de traîner en longueur la discussion, encore moins d'ajourner les pourparlers. Et, peu à peu par des moyens détournés, on a vent, autour d'Antioche et jusqu'en Mésie, des conditions que doivent accepter Jean d'Antioche et Paul d'Émèse : La reconnaissance de Maximien comme évêque de Constantinople, l'acceptation du Théotocos, l'anathème contre les doctrines de Nestorius.

Les demandes d'information, et les protestations ne tardent pas à assaillir Jean d'Antioche, on s'indigne de sa reculade, on s'inquiète de ses abandons. Et Théodoret qui, jusque-là, s'est employé avec un zèle admirable à démontrer à ses amis qu'un heureux changement s'est produit dans les idées de Cyrille, Théodoret se rapproche de l'opposition.
Le chef de cette opposition est Alexandre d'Hiérapolis : Pour lui, Cyrille est un hérétique, un nouvel Apollinaire, il n'y a, dit-il, qu'à lire ses lettres et son commentaire de l’épître aux Hébreux pour en être convaincu. Et Alexandre constate avec peine qu'on a trop largement dépassé le programme naguère concerté à Antioche.

Sur ce dernier point, Théodoret partage entièrement son avis ; il repousse, lui aussi, les nouvelles conditions exigées par Cyrille. Souscrire, en particulier, à la déposition de Nestorius lui paraît, et lui paraîtra longtemps encore, indigne de son honneur. Si l'on veut que nous condamnions, explique-t-il, ceux qui professent que le Christ est simplement un homme, ou ceux qui divisent en deux fils Notre-Seigneur Jésus-Christ et nient sa divinité, chacun de nous le fera, sans scrupule aucun, mais si l'on a la prétention de nous voir condamner, à la légère, un homme dont nous n'étions pas les juges et dont les opinions sont droites, nous ne pouvons consentir à pareille impiété...

On retrouve les mêmes sentiments chez André de Samosate, s'il est nécessaire de s'entendre sur une nouvelle formule de foi, plus explicite que Nicée, suggère-t-il, qu'on se rallie à cette que propose Théodoret, de cette manière, on évitera jusqu'à la menace du schisme... Et André d'écrire dans ce sens à Alexandre d'Hiérapolis. C'est, à vrai dire, peine perdue, car Alexandre ne veut avoir aucun rapport avec ceux qu'il appelle « les hérétiques » (Cyrille et les· siens). Cyrille est selon lui à éviter, pour un peu, il aurait mis sur le même pied Jean, désormais qualifié de traître, et, bien proches de lui, André et Théodoret qui pensent encore à des rapprochements possibles avec Alexandrie
Théodoret a assez d'autorité pour répondre à pareil éclat. Aussi maintient-il que Cyrille a écrit à Acace de Bérée une lettre irréprochable du point de vue de l'orthodoxie, et qui tranche sur ses écrits antérieurs.

Non pas reprend-il aussitôt, que ce soit une raison suffisante pour s'incliner devant ses prétentions, ni, surtout, pour lui abandonner Nestorius, néanmoins, il y a là un fait qu'on ne peut regarder comme négligeable. A l'opiniâtre évêque d'Hiérapolis s'adressent, de leur côté, les indécis comme Maxime d'Anazarbe, les ennemis déclarés de toute entente avec Cyrille comme Hellade de Tarse. Aux uns comme aux autres, la réponse d'Alexandre parvient, impitoyable : On ne disserte pas avec l’Égypte.
Et c'est bien en vain que Jean d'Antioche, mis au courant de toute cette effervescence, essaie de tempérer l'ardeur combative d'Alexandre, en tentant de lui suggérer, à son tour, que le venin apollinariste a disparu de la plume de Cyrille, qu'il s'agit, désormais, de faire l'union, et non point de songer à la vie désertique ou au martyre. On est au début de l'année 433. La paix a été conclue entre Paul d'Émèse et Cyrille... Sans attendre le retour du négociateur, Jean d'Antioche juge bon d'avertir Théodoret de ce qui s'est passé. Il n'est guère question, dans cette lettre, que des expressions fâcheuses rejetées maintenant par Cyrille sur le reste, Jean élude prudemment, en sorte qu'un lecteur moins averti puisse comprendre qu'Antioche a remporté une victoire. Théodoret n'attend pas les renseignements complémentaires qui lui sont promis pour répondre à Jean.
Il voit venir à lui des modérés comme André de Samosate, lequel, malgré tout son amour de la paix, ne peut consentir à ce marché de dupes conclu entre Antioche et Alexandrie, sans égard aux lutteurs de la veille et aux dépens de la doctrine. Car, en fin de compte, explique Alexandre, la foi sort amoindrie de ces colloques, par une conclusion canonique incertaine qui, après tant de controverses, ne peut servir de ralliement

Mélèce de Mopsueste n'est pas moins emporté. Les tractations d'Alexandrie lui ont paru suspectes, il a, maintenant, de bonnes raisons de croire que les Orientaux ont été joués, puisqu'il tient entre ses mains la lettre de Cyrille à ses clercs de Constantinople lesquels s’inquiètent de son revirement, tout cela ne lui fait guère prévoir la tranquillité. Plus clairement encore qu'auparavant, Théodoret mesure combien on s'est égaré en ne s'en tenant pas, fermement, aux délibérations d'Antioche... Le mal est fait, quelle attitude s'impose désormais ? Il exprime donc à Alexandre son désir de le rencontrer ainsi qu'André de Samosate soit à Hiérapolis, soit à Zeugma. Alexandre les convoque l'un et l'autre à Zeugma. André se réjouit de cette entrevue, au préalable il entend bien, qu'on ne fera rien contre Nestorius, qu'on ne se lancera pas, non plus, dans d'inutiles batailles de mots. Théodoret, qui a rencontré, Alexandre, partage cet avis.

Il demande à l'évêque de Hiérapolis de ne pas tarder. Dans une autre lettre à celui-ci, il tente de convaincre que l'on peut maintenir la communion avec Jean, pourvu que celui-ci demeure ferme dans le rejet des anathématismes... Proposition ridicule, lui riposte Alexandre.
Les évêques se rendent à Zeugma, Jean de Germankie se joint à eux, mais Alexandre ne paraît pas. On est désormais en possession des lettres de Cyrille dont Jean d'Antioche a promis l'envoi. Elles sont lues avec attention, et Théodoret ne manque pas avec une loyauté admirable, de souligner qu'elles offrent, du point de vue doctrinal entière satisfaction. Mais, pourquoi faut-il que Cyrille, qui donne ainsi des gages non équivoques de son orthodoxie, semble aussitôt vouloir prendre sa revanche en demandant aux Orientaux de consentir à la déposition de Nestorius, et à la condamnation de sa doctrine ? C'est vraiment leur imposer une trop grande humiliation.
Voilà ce qu'écrit Théodoret à Jean d'Antioche, il achève sa lettre en le priant d'user vis-à-vis de l'opiniâtre vieillard d'Hiérapolis de beaucoup d'indulgence. Le geste est méritoire.

Les trois évêques font mieux encore : Ils écrivent, chacun séparément, à Alexandre. leurs lettres sont une fervente supplication à établir la paix, puisqu' aussi bien la foi est sauve, et de ne pas permettre (que l'Église reste plus longtemps la risée des impies, des païens et des Juifs). Alexandre leur réplique d'un ton bourru, demandant tout simplement qu'on le laisse tranquille à l'avenir, toute lettre qu'on pourra lui adresser sera désormais sans réponse.
Peu de temps après, André de Samosate annonce qu'il a repris la communion, non seulement avec Jean d'Antioche, mais encore avec le Pape Sixte et Cyrille, avec Maximien de Constantinople, Rabbula d'Édesse et Acace de Mélitène. Autant vaut, à son avis, être en rapport avec ceux-là que de frayer avec des Juifs et des hérétiques comme le fait l'évêque d'Hiérapolis. Jean de Germanicie suit, bientôt après, son exemple, et deux évêques de la IIe Cilicie se décident dans le même sens. L'épiscopat de Cappadoce et celui d'Arménie se montrent, chaque jour, plus hésitants devant la voie à prendre, il est vrai que des pressions s'exercent pour ramener tout ce monde à l'unité.

Quant à Théodoret, pareille attitude lui répugne comme incompatible avec la dignité que doivent garder des gens qui ont donné leur avis en connaissance de cause, et qui ne veulent pas changer à tout moment. Il conseille donc de patienter, bien plus, de ne pas se soustraire à la persécution qui menace il tient toujours la lettre de Cyrille pour orthodoxe, mais le prix qu'on entend exiger pour l'union avec Alexandrie (la condamnation de Nestorius) est inacceptable. Devant les hésitations des uns, l'entêtement des autres, Hellade de Tarse pense qu'une réunion des évêques scandalisés par l'attitude de Jean d'Antioche peut avoir d'heureux résultats, on ne manque pas, les décisions arrêtées en commun, d'en faire part au vénérable évêque d'Hiérapolis. La réunion projetée a lieu à Anazarbe : On y rappelle l'attitude déplorable de Cyrille, le parti sur lequel s'est tenu l'épiscopat d'Orient.
On est au printemps de l'année 433. Euthère de Tyane et Hellade de Tarse prennent le parti de s'adresser au Pape Sixte. Ils le conjurent de délivrer Israël de l’Égypte, l'Église des anathématismes qui constituent, pour la doctrine, une menace de corruption; ils recourent à lui comme au suprême pilote, au juge intègre qui ne peut refuser un examen scrupuleux des difficultés survenues depuis les dernières années... Suit un récit des événements qui se sont déroulés à Éphèse, on y met en évidence le rôle et l'attitude de Jean et l'on conclut que Nestorius a été condamné, non jugé, que son seul crime a été de résister aux doctrines cyrilliennes des anathématismes. Le Pape est instamment prié de faire une enquête, de rappeler les pasteurs iniquement expulsés, d'arrêter, en définitive, le cours des maux qui menacent l'Église. L'épiscopat d'Euphrate, des deux Cilicies, de la IIe Cappadoce, de Bithynie, de Thessalie et de Mésie, professent, ajoutent les 2 évêques, des sentiments analogues. La présence des évêques auprès de leur troupeau étant indispensable dans le moment difficile vécu, la lettre est remise à une délégation de clercs et de moines. Elle est soumise à l'agrément de Théodoret et d'Alexandre, et, la délégation après s'être arrêtée à Mopsueste, prend la route de l'Occident; nous ignorons la suite de l'itinéraire, et, tout autant quel accueil fait le Pape aux naïves doléances d'Euthère et d'Hellade.

Quant au formulaire de la foi, nous n'admettons pas qu'on ajoute ou qu'on retranche quoi que ce soit au Symbole de Nicée dans lequel nous avons été baptisés et vivons. Ce Symbole traditionnel, c'est celui que nous ont transmis les Pères d'Occident et d'Orient, Damase, Innocent, Ambroise, Méthode, Cyprien, Alexandre, Athanase, Théophile, Nectaire, Jean, Atticus, Basile, Grégoire, Amphiloque, Optimus, Eustathe, Mélèce et Flavien.
Et après avoir transcrit le texte du Symbole, Jean poursuit : Quant à nous, voici maintenant 4 années, depuis le retour de Paul d'Émèse, que nous accomplissons notre tâche, toutes les circonscriptions relevant d'Antioche ont fait la paix et satisfait aux exigences du moment. Qu'on cesse donc toutes ces querelles, nous avons des besognes autrement urgentes à accomplir, ici contre les païens, là contre les Juifs, ailleurs contre les partisans impénitents de Nestorius. Quel accueil est ménagé à la réplique de Jean ? Nous l'ignorons. Pour le moment, du moins, la paix est faite, l'unité catholique, troublée depuis bientôt 10 ans, rétablie.

Hélas ! comme si l'Orient avait reçu d'un mauvais génie l'amour inné de la dispute et le goût de la querelle, on doit, sans trop tarder, reprendre les armes un instant abandonnées. Cette fois, c'est d'Osrhoène et d'Arménie que l'incendie va se propager.



École théologique de Nisibe — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/École_théologique_de_Nisibe

Elle fut la continuatrice de l'école d'Édesse (dite aussi école des Perses) après la ... Elle occupe une place importante dans l'histoire de l'Église de l'Orient. ... de ses adversaires sous l'épiscopat d'Ibas, évêque d'Édesse de 435 à sa mort en 457. ... et plusieurs années avant 489 (date de la fermeture de l'école d'Édesse sur ...
Nestorius.
www.cosmovisions.com/Nestorius.htm

C'était la coutume des patriarches des Églises orientales de s'adresser ainsi à l'évêque .... Sur ses instances, jointes à celles de Cyrille, Nestorius fut transporté (435) dans ... V) raconte les persécutions qu'il subit, et place la date de sa mort vers l'année 454. ..

. Au temps du concile d'Éphèse, Rabulas était évêque d'Édesse.Ibas d'Édesse — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibas_d'Édesse
... navigation, rechercher. Ibas fut évêque d'Édesse de 435 à 457. ... Rabbula avait condamné ces ouvrages et en avait fait brûler des exemplaires. Ibas devenu ...
Termes manquants : année

lundi 7 mars 2016

ENREMONTANT LE TEMPS... 436


1 MARS 2016...

Cette page concerne l'année 436 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

L'ÉDIFIANTE VIE DE SAINTE MÉLANIE.

Mélanie la Jeune est une sainte chrétienne née en 383, son prénom est Valéria Mélania. Originaires d'Espagne, ses parents, Publicola et Albina, souhaitent la voir mariée à l'âge de 14 ans, alors qu'elle désire suivre la vie monastique comme sa grand-mère paternelle Mélanie l'Ancienne. Il leur naît d'abord une fille, qu'ils consacrent à Dieu. Tout en gardant les apparences de la vie mondaine d'une riche aristocrate, la jeune Mélanie commence pourtant à porter un tissu rugueux sous ses robes de soie et à mener en secret une vie de mortification.
En 403, elle met prématurément au monde un fils qui meurt peu après, et elle n'échappe elle-même à la mort qu'après avoir fait jurer à son époux de ne pas différer davantage son désir.
Sa grand-mère, Mélanie l'Ancienne, est revenue d'Orient l'année précédente, au bout de 37 ans d'absence, pour la soutenir et encourager sa sainte résolution. Finalement libérés de toute attache à la suite de la mort de leur fille et du père de Pinien les 2 époux quittent leur somptueuse demeure pour se retirer dans une de leurs propriétés des environs de Rome et se consacrer aux soins des voyageurs et au secours des malades et des prisonniers.
Après avoir fait un rêve (le franchissement d'un mur élevé avant de passer la porte étroite pour parvenir au Royaume des Cieux), Mélanie et son mari vendent leurs biens, sur les conseils de Mélanie l'Ancienne. Leurs immenses propriétés s'étendent de la Bretagne à l'Espagne.
La vente se fait au profit de nombreux monastères et églises et Mélanie affranchit en plus tous ses esclaves, au nombre de 8 000 (3 pièces d'or leur est données à chacun). Cela se fait malgré les désaccords de nombreux membres de leur famille et de politiciens pour ne pas compromettre l'économie de l'État.
Elle fait couler des flots-d'or d'Occident en Orient : Églises et monastères sont fondés un peu partout, or, pierreries, vaisselles et tissus précieux sont consacrés au Service Divin, des territoires entiers sont cédés à l’Église ou le produit de leur vente distribué en aumônes.

Mélanie et Pinien fuient en 410, lors de l'invasion des Goths d'Alaric Ier. Ils sont accompagnés d'Albina et de Mélanie l'ancienne, et s'enfuient en Italie du nord, puis en Sicile avec 60 vierges et 30 moines, et s'établissent à Tagaste, en Afrique, pour vivre en « véritable serviteurs du Christ ».
Mélanie et sa famille restent environ 7 ans en Afrique. Elle y pratique un véritable dévouement au culte de Dieu, puis part pour la Terre Sainte où elle rencontre Saint Cyrille de Jérusalem.

En 417, Ils arrivent à Jérusalem où la grand-mère a déjà vécu. En 431, meurt la mère d'Albina, puis son mari Pinien (432/435). Tous 2 sont enterrés près de la grotte où le Christ avait prédit la fin de Jérusalem. Après la mort de ses proches, elle fonde, comme sa grand-mère, un monastère (de femmes) et un monastère d'hommes (près de l'église de l'Ascension), l'un et l'autre au Mont des Oliviers.

En 436, elle se rend à Constantinople, au chevet de son riche oncle Volusien, qui fort malade accepte le baptême malgré ses convictions païennes. Au vu de la situation politique, Mélanie le convertit.

L'Impératrice Eudoxie, en pèlerinage en 437, lui demande conseil pour de nombreux dons aux Églises et monastères.
Et c'est en 439, lors de la fête de la Nativité qu'elle tombe malade et rassemble les siens pour faire ses recommandations. Elle meurt le 31 décembre.
Son monastère est entré dans le lectionnaire de Jérusalem comme station liturgique. Il sera détruit vers 614 lors des invasions Perses.
Gérontios, son biographe, écrivit sa vie en grec. On trouve aussi des éléments biographiques dans l' Histoire lausiaque de Pallade de Galatie et la Vie de Pierre l'Ibère.
Au moment où l’Église prend rang parmi les institutions officielles de l'empire Romain, certaines dames de la haute aristocratie de Rome, conquises par les récits des exploits ascétiques des moines d’Égypte et par les exhortations enflammées de Saint Jérôme, renoncent aux vanités du monde pour embrasser la voie étroite qui mène au Royaume des cieux. Saintes Asella, Fabiola, Marcelle, Sainte Paule et sa fille Eustochium, Sainte Mélanie l'Ancienne et sa petite-fille Mélanie la Jeune dont nous célébrons la mémoire le 31 décembre , ont toutes abandonné richesses, gloire et vie délicate pour se consacrer aux œuvres de bienfaisance et aux travaux de l'ascèse, soit à Rome même, soit en Terre Sainte...

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux, puis viens et suis-moi » (Mat. 19, 21).
Contrairement au jeune homme riche de l’Évangile, Mélanie se dépouille avec joie de tout pour suivre le Seigneur. Dès lors libérée, elle s'engage dans l'arène de l'ascèse. Âgée d'à peine trente ans, l'amour de Dieu brûle si fort en elle qu'elle se soumet à une discipline digne des plus rudes combattants du désert, sans s'accorder aucun accommodement, sous prétexte des habitudes délicates acquises depuis sa jeunesse.
Elle porte toujours sur elle un cilice rugueux, et, après un entraînement progressif, elle passe toute sa vie dans le jeûne complet 5 jours par semaine, ne prenant une sobre réfection que le samedi et le dimanche.
Ce n'est que sur les instances de sa mère, Albine, qui l'accompagne partout, qu'elle consent à prendre un peu d'huile les 3 jours qui suivent la fête de Pâques.
Elle trouve tous ses délices dans la méditation de l’Écriture, des vies des Saints et des œuvres des Pères de l’Église, qu'elle lit en latin et en grec. Après un bref repos de 2 heures, elle veille en prière toutes les nuits et enseigne aux vierges qui l'ont suivie à joindre la veille et l'attente ardente de l’Époux à la chasteté.
Malgré son désir croissant de ne vivre que pour Dieu et de consacrer tout son temps à la prière sans distraction, elle ne peut se retirer à cause de ses nombreuses obligations, aussi trouve-t-elle la solution en consacrant ses journées à la charité et à la direction de ses disciples, tout en réservant ses nuits pour Dieu seul, en s'enfermant dans une sorte de coffre, où elle ne peut même pas s'allonger. Aux assauts du démon de la vaine gloire, elle réplique avec une méprisante ironie et cultive envers tous un tel esprit de douceur qu'à la veille de sa mort elle peut dire qu'elle ne s'est jamais endormie avec une pensée de rancune.

A Jérusalem, elle passe toutes ses journées dans la basilique de la Résurrection et, quand on ferme les portes au coucher du soleil, elle se rend au Golgotha pour y passer la nuit. Après un nouveau voyage en Égypte, auprès des Saints solitaires des déserts de Nitrie, elle s'installe sur le Mont des Oliviers dans une petite cellule en planches, que sa mère a fait construire en son absence. Elle y demeure pendant 14 ans (417-431). Chaque Carême, de la Théophanie à Pâques, elle s'y enferme strictement, revêtue d'un cilice et couchant sur la cendre, et n'y reçoit que sa mère, Pinien et sa jeune cousine Paule, fille de Sainte Paule. Cette austère réclusion ne l'empêche pas pour autant de porter son attention sur la vie de l’Église.

Elle nourrit un zèle ardent pour la Foi Orthodoxe et s'oppose avec force aux partisans de Pélage qui donne une trop grande part au libre arbitre de l'homme, en suivant l'enseignement de Saint Jérôme, rencontré à Béthléem, et de Saint Augustin qui lui porte une grande admiration et lui a dédié son ouvrage Sur la Grâce du Christ et le péché originel (418).
En prenant des exemples dans la vie des Pères, elle les exhorte à la persévérance dans le combat spirituel, à la vigilance contre les pièges du malin, au zèle et à la concentration de l'intelligence dans la prière nocturne, et surtout à la charité. « Toutes vertus et toutes ascèses sont vaines sans la charité, disait-elle. Le diable peut aisément imiter toutes nos vertus, il est vaincu seulement par l'humilité, et la charité ».

Vers la fin de 436, elle se rend à Constantinople à la demande de son oncle, le puissant Volusien, qui est resté attardé dans le paganisme. En arrivant, elle le trouve gravement malade et réussit, avec l'aide du Saint Patriarche Proclus, à le décider de recevoir le Saint Baptême avant de mourir.
Ayant trouvé la capitale agitée par les querelles concernant la doctrine hérétique de Nestorius, elle fait campagne pour le Dogme Orthodoxe avant de regagner en hâte son Monastère du Mont des Oliviers.
L'année suivante, l'impératrice Eudoxie entreprend un pèlerinage en Terre Sainte sur les recommandations de Sainte Mélanie, avec qui elle a sympathisé à Constantinople et qu'elle considère comme sa mère spirituelle. Outre son enseignement et le spectacle édifiant de sa communauté, la souveraine lui demande ses conseils avisés pour les nombreuses fondations et riches donations qu'elle fait alors aux Églises et aux Monastères.

Dieu accorde sans retard à sa servante les guérisons qu'elle lui demande mais, avertie des pièges du démon de la vaine gloire, Mélanie donne toujours à ceux qui viennent demander son intercession soit de l'huile tirée des veilleuses placées au-dessus des tombeaux des Martyrs, soit quelque objet ayant appartenu à un saint personnage, de sorte qu'on ne croit pas que la guérison était due à sa propre vertu.

Après avoir menée une telle course, constamment tendue en avant à la poursuite de l’Époux céleste, elle n'a plus pour désir que d'être déliée de cette vie pour être avec le Christ (Phil. 1, 23).
Tombée malade en fêtant la Nativité à Bethléem (439), elle rassemble ses religieuses dès son retour à Jérusalem pour leur délivrer son testament spirituel. Elle les assure qu'elle sera toujours invisiblement présente parmi elles, à condition qu'elles restent fidèles à ses prescriptions et qu'elles gardent avec crainte de Dieu leurs lampes allumées, telles des vierges sages (Mat. 25, 1-13), dans l'attente de la venue du Seigneur.
Au bout de 6 jours de maladie, elle fait ses dernières recommandations aux moines et désigne Gérontios comme supérieur et père spirituel des deux communautés, puis elle s'endort doucement, avec une joie confiante, en prononçant ces paroles : « Comme il a plu au Seigneur, voilà ce qui est advenu ». Des moines venus des monastères, des déserts et de toutes les extrémités de la Palestine célèbrent une vigile de toute la nuit et, au moment de l'ensevelir, au petit matin, les uns et les autres la recouvrent de vêtements, ceintures, cuculles et de maints autres objets qu'ils ont reçus en bénédiction de la part de saints personnages.
Le monastère de Sainte Mélanie est détruit en 614, lors de l'invasion Perse, mais on vénère encore sa grotte au Mont des Oliviers.

Mélanie la Jeune — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mélanie_la_Jeune
Mélanie la Jeune est une sainte chrétienne née en 383 ; son prénom était Valéria Mélania. ... En 436, elle se rend à Constantinople, au chevet de son riche oncle ... Mélanie la Romaine · Sainte Mélanie la Jeune, Couronne de l'année civile ...

La vie et la conduite de notre vénérable Mere Melanie la ...
www.icones-grecques.com/textes/synaxaires-vies-de.../vie_melanie.htm
Sitôt la cérémonie des noces achevée elle proposa à son jeune époux de vivre dans la ... Sa grand-mère, Mélanie l'Ancienne, était revenue d'Orient l'année .... Vers la fin de 436, elle se rendit à Constantinople à la demande de son oncle, ...

sainte Mélanie la romaine - Histoire et histoires de Russie
www.histoire-russie.fr/icone/saints_fetes/textes/melanie.html
Sitôt mariée, elle proposa à son jeune époux de vivre comme frère et soeur; il refusa, ... Sa grand-mère, Mélanie l'Ancienne, était revenue d'Orient l'année .... Vers la fin de 436, elle se rendit à Constantinople à la demande de son oncle ...