vendredi 4 mars 2016

EN REMONTANT LE TEMPS... 440


27 FÉVRIER 2016...

Cette page concerne l'année 440 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES ERREMENTS DE THÉODOSE.

L'empereur Théodose II offre à son épouse Eudoxie un pomme, elle en fait don
au maître des offices Paulin, qui l'offre à son tour à l'empereur... Paulin est banni puis exécuté à Césarée de Cappadoce. Eudoxie, suspectée d’infidélité, se retire à Jérusalem en 444.
On peut dire que Ion n a rien vu jusqu'ici que d'heureux dans le règne de Théodose II. Mais il va commencer à changer d'avis en cette année, en laquelle Marcellin nous apprend que Paulin Maître des Offices est tué à Césarée en Cappadoce par ordre de l'Empereur. On pense qu'il est le fils du Comte des Domestiques, qu'il a étudié les Auteurs les belles Lettres avec le jeune Théodose ce qui lui a acquis l'amitié et la faveur du Prince.
On ajoute que son crédit s'augmente par le mariage de l'Impératrice Eudoxie, auquel il a contribué. Cette Princesse qui aime les belles Lettres se plaît à s'entretenir avec une personne instruite.
Ainsi possédant la faveur de l'Empereur et de l'Impératrice, il passe par toutes les dignités, pour être enfin élevé à celle de Maître des Offices dès l'an 420. ou seulement en 435 comme Godesroy le croit

Pour sa disgrâce et sa mort, nous n'en trouvons rien dans les Auteurs originaux, hors ce que nous avons cité de Marcellin.
Les Grecs postérieurs qui brouillent tout cette période, disent qu'elle vient d'un soupçon que l'Empereur conçoit contre lui et contre l'Impératrice au sujet d'une pomme envoyée par l'Empereur à Eudoxie, Il est aisé de juger qu'il y a de la mésintelligence entre elle et son mari. Ayant amené de Constantinople le Prêtre Sévère et le Diacre Jean, et se servant beaucoup d'eux à l'église de Jérusalem l'empereur trouve déplaisant qu'elle ait tant de familiarité avec eux, et qu'elle leur fasse des dons Somptuaires il envoie Saturnin ou Saturnile Comte des Domestiques. Cela touche si vivement Eudoxie, qu'elle s'emporte jusqu'à faire tuer aussitôt Saturnin, Théodose étant irrité, lui ôte tous les Officiers Impériaux, la réduisant ainsi à l'état de simple particulière. Elle achève ainsi le reste de sa vie à Jérusalem, qui arrive l'an 460
On assure qu'elle jure jusqu'à la mort qu'elle est entièrement innocente du crime dont Théodose les a soupçonné elle et Paulin.
POIDS A L'EFFIGIE D'EUDOXIE
Sa disgrâce n'empêche qu'elle dispose de beaucoup de richesses... Aussi elle Fonde un grand nombre de Monastère, de Laures, d’Églises, d'Hôpitaux pour recueillir les pauvres et les vieillards, faisant également beaucoup pour l'honneur et la gloire de Jésus-Christ, Le premier hôpital de la ville, où il y a une Chapelle de Saint George, a été bâti par elle. C'est le fruit qu'elle retire de la conversation de Saint Euthyme et de plusieurs autres saints solitaires quelle rencontre en Palestine. Elle fait bâtir une Église près de la Laure du même Saint.
On parle surtout de l’Église de Saint Étienne qu'elle fait bâtir près de Jérusalem... Elle y est enterrée dans un tombeau magnifique qu'elle s'y est fait faire. Elle fait aussi rebâtir les murailles de Jérusalem plus belles quelles n'étaient auparavant. Personne depuis Hélène n'y a fait de si grands biens. Elle laisse encore beaucoup aux Églises par testament.
Nous pourrons parler encore de cette Princesse, et particulièrement du malheur qu'elle a de tomber dans l'hérésie des Eutychiens, et comment Dieu l'en retire. La vie de Saint Euthyme de Saint Jean le Silencieux la qualifient de bienheureuse Eudoxie et Cassiodore la meilleures de toutes les femmes.

La promotion de Théodose, écrit Tillemont, est reçue avec une approbation universelle de tout le monde. Et certes quoique les éloges soient fort peu considérables dans la bouche d'un poète, il est difficile de ne pas croire avec Claudien que l'empire ait eu de la peine à se relever du misérable état où l'invasion massive des barbares l'a réduit. La Dacie, la Thrace, l'Illybérie sont perdues. Les Goths, les Alains, les Huns en possèdent une partie, et ont saccagé le reste.
Les Ibériens, les Arméniens et les Perses sont aussi en armes contre les Romains. Que de maux sous nos yeux ! s'écrie Saint Grégoire, et que de maux dont nous apprenons la nouvelle par les autres ! Des pays entiers bouleversés de fond en comble, des milliers d'hommes mis à mort, la terre toute rouge de sang, un peuple étranger qui parcourt comme un maître un pays qui ne comprend pas même son langage ! Ah ! qu'on n'accuse pas la lâcheté de nos soldats, ils ont fait preuve de leur valeur, ils ont assujetti toute la terre... Mais c'est la punition de nos péchés, de cette hérésie arienne qui a dominé si longtemps parmi nous.

Réparer le désastre d'Andrinople, relever et fortifier les digues des frontières, un instant emportées par le flot des barbares, traiter séparément avec les chefs des tribus révoltées, pour les faire rentrer dans les cadres de l'administration Romaine : Tels sont les premiers soins de Théodose II.
Ces soins ne sont que les préliminaires d'une œuvre plus importante et plus difficile.

Sozomène raconte que, peu de temps après son élévation à la dignité impériale, Théodose, ayant demandé le baptême au Saint évêque de Thessalonique, Ascole, questionne le prélat sur l'état religieux de l'empire. Ascole lui répond que les Églises de l'Occident, jusqu'à la Macédoine, sont unies dans la vraie foi, adorent toutes le Fils et le Saint-Esprit de même que le Père, mais que toutes celles qui sont en Orient sont divisées en un grand nombre de sectes, que l’Église n'est pas moins troublée que l’État dans cette partie de l'empire, que les ariens y sont maîtres des églises à Constantinople, à Antioche et dans la plupart des grandes villes.
Ascole dit vrai, les mille tronçons des hérésies arienne, macédonienne, novatienne, apollinariste, s'agitent dans des convulsions qui témoignent sans doute plus d'irritation que de vitalité, mais qui n'en troublent pas moins profondément la partie de l'empire qui vient d'être confiée au gouvernement de Théodose.

A Constantinople, les eunoméens se montrent plus agités et plus insolents que jamais. Saint Grégoire de Nysse nous a laissé le tableau pittoresque de leur propagande tapageuse.
Partout, sur les places publiques et dans les carrefours, dans les rues et dans les ruelles, des gens vous abordent en dissertant à tort et à travers sur la Trinité.
Demandez-vous à un changeur de la monnaie ? Il entreprend la question de l'Engendré et de l'Inengendré.
Interrogez-vous un boulanger sur le prix du pain ? Le Père est plus grand, vous répond-t-il, et le Fils lui est subordonné.
Vous allez prendre un bain : A mon avis, vous déclare le baigneur anoméen, le Fils vient tout simplement du néant.
Devons-nous dire que ces gens sont fous ? conclut Saint Grégoire. A tout le moins, l'hérésie leur a tourné la tête.

A Constantinople et dans les provinces asiatiques de Bithynie, de Paphlagonie et de Phrygie, les novatiens comptent encore de nombreux adeptes. Sous Valens, un novatien fort instruit, Marcien, à qui l'empereur a confié l'éducation de ses filles Anastasie et Carosa, profite de la faveur dont il jouit auprès du souverain pour obtenir l'adoucissement des mesures de rigueur prises contre ses coreligionnaires, et ceux-ci peuvent propager autour d'eux leurs doctrines rigoristes.
Plus farouches, les diverses sectes qui se rattachent au montanisme se cantonnent en Phrygie autour de Pépuze. (lorsque les vraies valeurs ne sont plus apprises et suivies l'anarchie prend le dessus et les institutions sont bafouées)

Le code Théodosien mentionne leurs adhérents sous les noms de Phrygiens, de Pépuziens et de Priscillianistes.
LES MURAILLES DE JÉRUSALEM
D'autres hérétiques, sous les dénominations bizarres de Saccophores, d'Apotactiques et d'Hydroparastates, se livrent aux pratiques les plus étranges. Saint Épiphane cite, comme se rattachant à la même école, les Massaliens ou Euchites, c'est-à-dire les Prieurs. Ce sont des gens qui ont renoncé à leurs biens, ne vivent que d'aumônes, vont et viennent toujours priant, et ne faisant autre chose... Le soir venu, ils dorment en plein air, autant que possible. Des offices de l’Église et de ses jeûnes, ils ne s’inquiètent en aucune façon. Par la prière et le détachement absolu des biens de ce monde, ils se tiennent en rapport avec Dieu, et en un rapport si étroit, qu'ils n'hésitent pas à s'attribuer à eux-mêmes les qualifications d'anges, de prophètes, de patriarches, de Christs... Pour eux le baptême n'efface que les péchés passés, il n'empêche pas qu'en chaque homme il n'habite, dès sa naissance, un démon, avec lequel il faut lutter sans cesse. On les voit faire le geste de lancer des traits, exécuter d'énormes bonds ou même se mettre à danser. Ni les condamnations prononcées contre les Massaliens par l'évêque d'Iconium, Amphiloque, et par celui d'Antioche, Flavien, ni les mesures législatives qui suivent ces condamnations, n'ont raison de la secte, qui se maintient longtemps en Asie-Mineure.

L'apollinarisme, qui a débuté comme une querelle d'école, s'est constitué à Antioche sous forme de parti, lorsqu'un ami d'Apollinaire, Vitalis, prêtre de Mélèce, veut passer du côté de Paulin.
Paulin l'ayant repoussé à cause de ses doctrines, et Mélèce n'ayant plus voulu le recevoir à cause de sa défection, il organise dans la ville une Église à part, dont il se proclame l'évêque. Ce qui fait, avec Paulin, Mélèce, et l'évêque arien Euzoïus, quatre évêques dans Antioche. De là, le parti apollinariste cherche à rayonner, prêche la doctrine d'un Christ imparfaitement homme, fonde deux Églises schismatiques à Béryte et à Laodicée, cherche même, après la mort de Valens, à mettre la main sur l’Église de Constantinople.
Le concile de Constantinople doit le séparer de l’Église catholique comme hérétique.
LA PORTE SAINT ÉTIENNE (JÉRUSALEM)

Le schisme d'Antioche doit d'ailleurs se compliquer par l'élection d'Evagre, que Paulin, sur son lit de mort, sacre lui-même, sans l'assistance d'aucun évêque. Cette irrégularité, et le seul fait qu'Evagre tient son élection de Paulin, le fait rejeter par les partisans de Flavien.

En dehors des schismes et des hérésies déclarés, des troubles, çà et là, agitent l’Église. Les Barbares, incorporés dans les armées Romaines, y rapportent leur vague arianisme, Diodore de Tarse, en réagissant contre l'apollinarisme, prélude aux exagérations en sens contraire de Théodore de Mopsueste et de Nestorius, et les pieux pèlerins de Terre Sainte, tels que Rufin et Mélanie, s'alarment de voir l’Église de Jérusalem elle-même déchirée par des luttes intestines... Voilà pourquoi, dans son ensemble et malgré tout, l'opinion publique demande que l'unité religieuse se fasse autour du siège Romain. Un cri public irrésistible, parti des rangs, de la foule, réclame contre les divisions religieuses des remèdes énergiques. L'unité religieuse est dans les traditions impériales elles-mêmes, aucun des empereurs du IVe siècle, pas plus Julien que les autres, n'a renoncé à l'unité religieuse, et il est visible aux yeux de tous que cette unité ne peut se faire autour d'une hérésie. Or, Théodose est du nombre de ces hommes d’État qui savent se faire les interprètes énergiques et habiles des besoins de leurs contemporains. Son génie n'est pas de ceux qui imposent leurs volontés à leur siècle, c'est un esprit simple, droit, mais qui ne se montre ni inventif, ni original. (cela me fait irrésistiblement penser à quelqu'un de nos contemporains) Il ne met pas un instant en doute qu'en prenant la couronne il a assumé la tâche de délivrer les esprits de l'erreur aussi bien que le territoire de l'invasion, (les lendemains qui chantent) et même que ces 2 devoirs ne peuvent s'accomplir l'un sans l'autre... et cette conviction ne rencontre pas de contradicteurs. (pour le notre non plus il n'y a pas eu de contradicteur et l'on voit aujourd'hui où cela nous mènent)
Il semble d'ailleurs que toute cette législation religieuse de Théodose ait été plus indicative que coercitive. Le seul fait que plusieurs lois reviennent sur le même objet est significatif de ce caractère, tout au moins du peu de rigueur avec laquelle on poursuit l'exécution de tels édits. (C'est encore le même scénario que l'on subit avec le molasson qui nous gouverne) Il en est autrement des lois qui n'ont pas pour objet direct un caractère pénal, de celles qui ne font que promouvoir le respect dû au Christ et à son Église, telle que la loi qui, pendant le carême, en souvenir de la pénitence du Sauveur, suspend l'exécution de tout châtiment corporel. (dans un autre registre nous subissons les mêmes incertitudes)
Du reste, on aurait tort d'attribuer à la législation de Théodose le succès grandissant du catholicisme vers la fin du IVe siècle. Désormais, ainsi que le fait justement remarquer un historien, le sort en est jeté. Que l'empereur soit ou non favorable, le christianisme est sûr du succès. (c'est une autre philosophie qui nous préoccupe actuellement et le résultat sera bien pire)



440 — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/440
. 6 janvier : l'empereur Théodose offre une pomme à son épouse Eudocie, qu'elle envoie au maître des offices Paulin, qui l'offre à son tour à l'empereur. Paulin est banni puis exécuté à Césarée de Cappadoce. Eudocie, suspectée ...

jeudi 3 mars 2016

EN REMONTANT LE TEMPS... 441


26 FÉVRIER 2016...


Cette page concerne l'année 441 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

L’ARMÉNIE MALMENÉE PAR LES PERSES ZOROASTRIENS ET LES ROMAINS.


   Châhpûhr III (ou Šāpūr ou Šābuhr ou Shapur ou Sapor, 383 à 388), fils aîné de Châhpûhr II, lors de sa montée sur le trône le pays était pour une fois en paix avec l'empire Romain, justifié par les invasions et les usurpations qui menacent le pouvoir Byzantin, et aussi par les incursions des Huns Hephthalites. Des négociations entre les Romains et les Perses ont commencé sous le règne d'Ardachêr II, elles aboutissent à un traité d'amitié mutuelle en 384. Selon ce traité, l'Arménie, la source de conflit depuis des décennies, est partagée entre les Romains et les Perses. (Pauvre Arménie elle à été et le reste encore un enjeu de choix entre divers « empires ») De ce fait, 2 royaumes se forment, un vassal de Rome et l'autre vassal de la Perse. Le plus petit d'entre eux, à Rome, à la charge d'Arsace III (ou Arshak, 384-389), fait Roi par Manouel Mamikonian (ou Emmanuel Mamikonian).
La plus grande partie, qui comprend des régions situées à l'Est, passe sous la suzeraineté de la Perse, remise à un Arsacide, nommé Khosrô IV (ou Khosrov, 387-392 et 414-415), un Chrétien... Ce royaume prend le nom de Persarménie, avec pour capitale Dwin.
Ainsi ces relations amicales établies entre Rome et la Perse durent 36 ans. Châhpûhr III laisse derrière lui un monument sculpté, qui est encore à voir dans les environs de Kermânchâh (ou Kermanshah).
Bahrâm IV intervient, fait prisonnier Khosrô IV et l'enferme dans la forteresse d'Oblivion puis donne le trône d'Arménie à son frère Vram Shâhpouh (ou Bahrâm I ou Vram-Shapuh, 392-414). Khosrô IV lance un appel à l'aide à l'Empereur Théodose, mais ce dernier refuse d'intervenir car cela constitue une violation du traité de paix de 384. Bahrâm IV profite alors du calme à l'Ouest de son Empire pour régler les difficultés sur ses frontières Nord et Orientales avec les Huns Hephthalites.
Le Roi Perse est souvent considéré comme un homme dur qui néglige ses devoirs. Sa conduite tout au long de son règne devient de plus en plus insupportable, à tel point qu'il est finalement assassiné par ses propres soldats qui l'encerclent et le tuent à coups de flèches.
Yazdgard I Ulathim « Le pêcheur » (ou Yazdegerd ou ou Yazdagird ou Yezdegard ou Istijerdes ou Izdekerti ou Izdigerdesen « fait par Dieu », 399 à 420) lui succède. Son origine est toujours discutée. Pour certains il est le 3e fils de Châhpûhr II et il succède à son frère.
Selon Agathias le Scholastique (Avocat, poète et historien Byzantin, vers 530 /582) qui indique que Yazdgard I est « le fils de Châhpûhr », mais il ne précise pas clairement s’il s'agit de Châhpûhr II ou de Châhpûhr III ou d’un autre Châhpûhr (fils de Châhpûhr III par exemple).
Selon Touraj Daryaee, il est le fils de Bahrâm IV ?

Son règne se déroule en grande partie sans incident. Le Roi est décrit comme étant très pacifique. Le long de son règne il y a des relations cordiales entre la Perse et l'Empire Romain d'Orient, mais aussi entre la Perse et l'Empire Romain d'Occident... Ensuite :
L'invasion des Ostrogoth en 386.
La révolte de Maximus.
Celle d'Antioche de 387.
L'invasion de la Gaule en 388.
Les massacres à Thessalonique.
La rébellion des Argobastes et Eugène en 393 ont gravement affaibli l'Empire Romain.
En 395, les Wisigoths prennent les armes contre les Romains avec à leur tête un de leur chef, Alaric I (396-410). Ils ravagent la Thrace, la Grèce, l'Italie et pillent Rome en 410.
Cependant Yazdgard I, renonce à profiter de la situation vis-à-vis de l'Empereur Romain d'Orient, Arcadius (383-408) ou de celui d'Occident, Honorius (393-423).
La 9e année de son règne, le Roi Perse se voit confier la garde du Prince Théodose par son père l'Empereur Romain d'Orient Arcadius. Il est étrange qu'Arcadius est choisi ni son jeune frère Honorius, ni aucun de ses éminents sujets pour cette tâche et qu'il confie plutôt cette charge à un monarque Perse.
Un auteur à même affirmé qu'Arcadius a payé un millier de livres d'or à Yazdgard I en échange de sa faveur. Ce dernier l'a protégé fidèlement et a défendu ses biens jusqu’à sa mort en 408.
Dans les premières années de son règne Yazdgard I promeut le Christianisme. George Rawlinson estime même que le Roi lui-même veut se convertir au Christianisme. Cette ouverture du souverain en faveur des Chrétiens va rapidement augmenter les conversions... Yazdgard I va même ouvertement persécuter les Mages et Grands Prêtres Zoroastriens qui sont des ennemis jurés des Chrétiens.
Le Roi est un ardent disciple d'au moins 2 Évêques Chrétiens : Marutha (ou Maruthas de Maïpherkat), Évêque de Mésopotamie et Abdas, l'Évêque de Ctésiphon et de Suse.
Marutha en particulier exerce une grande influence sur le souverain Perse et il est à l'origine du fait que Yazdgard I publie une déclaration donnant, en 410, la liberté de culte aux Chrétiens. Cette annonce est parfois considérée comme « l'Edit de Milan pour l'Église Assyrienne ».
Puis, quelques temps après le Roi change de politique, lorsque l'Évêque Abdas adjoint de Marutha âgé, ordonne de brûler un temple du feu dédié à Zoroastre à Ctésiphon. Cette action ruine d'un coup le crédit des Chrétiens auprès de Yazdgard I.
Le Roi furieux voit en plus son autorité remise en cause par l'Évêque Abdas qui refuse de rebâtir le temple. Yazdgard I se trouve alors forcé de prendre des mesures.
Il répond en autorisant les Prêtres Zoroastriens à détruire toutes les églises Chrétiennes de l'Empire... (c'est un peu curieux comme réaction et disproportionné, toutes les églises contre un temple)
Les Chrétiens sont arrêtés en grand nombre et persécutés durant les quatre dernières années de son règne. Cette attitude de persécution des Zoroastriens, puis des Chrétiens lui vaut les épithètes d'Al Khasha « le dur » (je dirais plutôt (le versatile) et Al Athim « le pécheur ». Cependant, au niveau de ses sujets il est bien considéré, ils lui donnent l'épithète de Ramashtras « le plus calme ». (???)
Profitant de cette période de persécution des Chrétiens, Yazdgard I tente également de propager le zoroastrisme en Arménie.

Lorsque le Roi d'Arménie Vram Shâhpouh (ou Bahrâm I ou Vram-Shapuh, 392-414), mis sur le trône par son frère Bahrâm IV Kermanshan, meurt il est remplacé par son fils, un enfant de 10 ans, Artases (ou Artachès). Les Nobles Arméniens demandent alors à Yazdgard I de remplacer l'enfant de Vram Shâhpouh par Khosrô IV (ou Khosrov, 387-392 et 414-415) qui est toujours en prison dans la forteresse d'Oblivion depuis le règne de Bahrâm IV. Yazdgard I accepte, libère Khosrô IV et lui redonne le trône... Cependant, ce dernier à peine un an après son 2e règne, décède.

En 415, Yazdgard I le remplace par son propre fils, Châhpûhr IV (ou Šāpūr ou Shapur ou Sapor, 415 à 421)... Ce nouveau Roi est mal accepté par la noblesse Arménienne et passe plusieurs années de son règne à essayer de se réconcilier avec elle.
  • Il fait aussi beaucoup d'efforts pour convertir les Arméniens Chrétiens au Zoroastrisme, mais il échoue dans cette quête.
FORTERESSE DE KAYSERIE
En 419/420 Châhpûhr IV apprend que son père est sur son lit de mort, atteint d'une maladie incurable. Il se précipite alors à Ctésiphon, laissant derrière lui un vice-Roi pour gouverner l'Arménie, afin de réclamer le trône des Sassanides... Le vice-Roi désigné est tué peu après que Châhpûhr IV ait quitté le pays.
Une Guerre civile de succession s'ensuit et Châhpûhr IV est tué par traîtrise par les nobles dans les premiers temps du conflit. Son frère Bahrâm V Ghûr (ou Vahram Gôr) rentre en Perse avec l'aide du Prince de Hira, Al Mondir, un chef Lakhmide, son père nourricier et d'une armée arabe. (c'est à dire de la péninsule Arabique)
Après un an de longues batailles, il prend le trône Perse.
Son autre frère Narseh est nommé Gouverneur de Khorasan.
Quant à Yazdgard I, les circonstances qui entourent sa mort ne sont pas claires... Selon les légendes populaires, il est tué au cours de son séjour en Hyrcanie par un magnifique cheval qui émerge par magie d'un ruisseau.
Ou il est assassiné par des nobles Perses au Khorasan peu après la prise de pouvoir de son fils.
Toutefois, il est plus probable qu'il soit mort de maladie plutôt que victime d'un complot.
Bahrâm V Ghûr (ou Vahram Gôr ou Gour « l'onagre » ou Bahram Gur ou Bahramgur, 420 à 438) après avoir rétabli le calme dans son Empire se heurt très vite à la nouvelle Rome. À la suite des persécutions contre les Chrétiens lancées par son père, ces derniers ont fuit en territoire Romain et demandent leur protection. En 420, Bahrâm V les réclame mais l'Empereur Théodose II le Jeune (402-450) refuse de les livrer... Sa décision provoque une nouvelle guerre qui dure un peu plus d'un an de 421 à 422, où les Romains d'Orient remportent des victoires et font de nombreux prisonniers.
Les Romains envoient le Général Ardaburius (ou Ardabur) avec une grande armée en Arménie. Ardaburius bat le commandant Perse Narsehi, avance jusqu'en Azarène et ravage la province. Puis il fait le siège de Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin ou Nisibia ou Nisibin). Bahrâm V envoie la majorité de ses troupes pour soutenir la ville.
Ardaburius abandonne le siège de Nisibe face aux forces de Bahrâm V, mais assiège Theodosiopolis (ou Erzurum, aujourd'hui en Turquie Orientale).
Après une série de négociations avortée, lors d'une bataille, malgré leur nombre, les Sassanides sont battus par Ardaburius et Procope.

En 422, Bahrâm V est obligé de signer un traité de paix qui prévoie pour 100 ans la liberté de culte accordée par les Perses aux Chrétiens. À l'inverse les Zoroastriens peuvent pratiquer leur religion en territoire Byzantin. La situation en Arménie occupe Bahrâm V immédiatement après la conclusion de paix avec Rome. Le pays est sans Roi depuis que Châhpûhr IV, le fils de Yazdgard I, l'a quitté en 419. Bahrâm V souhaite que désormais un descendant de la lignée royale des Rois Arsacides soit mis sur le trône d'Arménie. Dans cet esprit il nomme Artaxias IV (ou Ardachès ou Arshakuni IV Artaxias, 423-428) un fils de Vram Shâhpouh (ou Bahrâm I ou Vram-Shapuh, 392-414).
Les Nakhararq, en 428, demandent à Bahrâm V de déposer Artaxias IV. Celui-ci accepte et fait du pays une province de l'Empire Perse... Le Patriarche Arménien, Isaac s'oppose vivement à cette annexion par la Perse. Il estime qu'un gouvernement Chrétien est mieux pour le pays qu'un non Chrétien. Malgré ses vives protestations, l'Arménie est placée par Bahrâm V sous la responsabilité d'un Gouverneur Perse, le Mazpan.
En 427, Bahrâm V repousse une attaque des Huns Hephthalites et étend son influence dans ce secteur... Au cours de la dernière partie de son règne, la Perse est envahie au Nord-est par des hordes Hephthalites qui ravagent le Nord de l'Iran, sous le commandement de leur Khagan (ou Grand Khan, titre de rang impérial chez les Mongol). Ils traversent l'Elbourz (ou Alburz ou Elborz ou Elburz, chaîne de montagnes dans le Nord de l'Iran) en Khorasan et prennent l'ancienne ville de Rei. Non préparé à cette attaque massive, Bahrâm V fait une offre de paix et sa soumission est accueilli par le Khagan des Hephthalites...
Cependant, ce n'est qu'une ruse, passant de nuit par le Tabaristan (ou Tapuria, nom de l'ancien royaume indépendant le long des côtes méridionales de la mer Caspienne), l'Hyrcanie et Nichapour (ou Neyshābūr ou Nishapur, ville dans la province de Khorasan, Nord de l'Iran), Bahrâm V prend au dépourvu les Huns et les massacre en même temps que leur Khagan et prend son épouse en otage. Quelques Huns prennent la fuite et les Perses les poursuivent jusqu'à l'Oxos. Un des Généraux de Bahrâm V les poursuit loin dans leur territoire qu'il détruit.
Son portrait qui a survécu pendant des siècles sur la monnaie du Boukhara (Ouzbékistan contemporain) est considérée comme une preuve de sa victoire sur les Huns.

Plusieurs légendes sont associées à Bahrâm V. L'une d'entre elle dit qu'il a aidé un Roi Indien dans sa guerre contre la Chine et qu'en échange celui-ci a cédé les provinces du Sind et Makran à la Perse. Toutefois, il n'existe pas de preuve historique en faveur de cette histoire.
D'autres contes suggèrent que Bahrâm V épouse une Princesse Indienne. Là aussi, faute de preuves, la certitude d'un tel mariage, ou alliance, est considérée comme très douteuse... Le nom du Roi Perse est également associé avec un légendaire Prince Indien du Pendjab.

Dynamique, Bahrâm V a des goûts particuliers pour la chasse, d'où son surnom «  Onagre » qu'il a reçu après avoir tué un onagre (Âne sauvage), les arts et la poésie.
C'est l'un des personnage favori des écrivains qui tissent de nombreuses légendes et contes fantastiques autour de lui. Sa réputation a survécu même après l'anéantissement du Zoroastrisme.
Son héritage survit même en dehors de l'Iran. On pense qu'il est l'inspiration de la légende de Bahramgur répandue dans le Pendjab, c'est un grand personnage dans la tradition Persane, dont on rapporte beaucoup d'histoires sur sa bravoure, sa beauté, ses victoires sur les Romains, sur les Turcs, les Indiens et les Africains et sur ses aventures à la chasse ou en amour.
Il rebâtit de nombreux temples Zoroastriens avec de grands jardins en Perse. Certains historiens jugent Bahrâm V comme un monarque plutôt faible. Il épouse Sapinud, une noble Perse, qui lui donne un fils unique Yazdgard II Sipahdost.
 
Yazdgard II Sipahdost (ou Yazdegerd ou Yazdagird ou Yezdegard, Izdigerdes ou Istijerdes ou Izdekerti ou Izdigerdesen « fait par Dieu », 438 à 457) au début de son règne, va rapidement attaquer l'Empire Romain d'Orient avec une armée mixte de différentes nations, y compris ses alliés Indiens, afin d'éliminer la menace d'une mise en place Romaine. Les Romains construisent des fortifications dans les environs des territoires Perses à Harran (ou Carrhae), en prévision des expéditions ultérieures.
L'Empereur Romain Théodose II le Jeune (402-450), demande à Yazdgard II de signer la paix et envoie son commandant personnel au camp du Roi Perse. Dans les négociations en 441, les deux Empires promettent de ne pas construire de nouvelles fortifications dans leurs territoires frontaliers. Yazdgard II envoie des forces à Nichapour (ou Neyshābūr ou Nishapur, ville dans la province de Khorasan, Nord de l'Iran) en 443 et lance une campagne prolongée contre les Kidarites (En Chinois : Ki-To-Lo).
Après de nombreuses batailles, il les écrase et, en 450, il les renvoie au-delà de la rivière Oxos. Dès son arrivée au pouvoir Yazdgard II est d'abord conciliant sur le plan religieux, il se montre même un très fervent Zoroastrien dans les années 450, puis il décide de convertir l'Arménie au Mazdéisme et lance une campagne d'éradication du Christianisme.

TOMBE HUNNIQUE.



Sous cette menace, pendant qu'il est occupé à l'Est à combattre les Hephthalites qui menacent l'Empire, les Princes, la noblesse et le peuple d'Arménie s'unissent dans une immense révolte et les troupes Sassanides sont battues. Yazdgard II à la tête de son armée attaque l'Arménie, mais L'Empereur de Constantinople ne peut venir en aide car il est en pourparler avec les Huns.  
Le 2 Juin 451, sous la conduite du Commandant en chef, Vardan Mamikonian, les Arméniens font face aux Perses et a son Commandant Mihr-Narseh à la bataille d'Avarayr (ou Avaraïr, appelée aussi Vartanantz)...




Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain ...
https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire...l’Empire.../XXXIV
20 déc. 2015 - Caractère, conquêtes et cour d'Attila, roi des Huns. .... Les Huns s'emparent de la Perse. ... Ils attaquent l'Empire d'Orient. A. D. 441. ...... de jours après, des suites de sa chute, dans la cinquantième année de son âge et dans …

Governare e riformare l'impero al momento della sua ...
books.openedition.org/efr/2793?lang=fr
Or, la spécificité en ces domaines des Huns et des peuples proto-turcs n'a pas ... De l'Empire d'Orient défait, ils obtiennent aussi les subsides nécessaires au .... ils l'attaquent par surprise sans même attendre le point du jour (ictu ueloci)14. ..... Perses ou des Romains en matière de poliorcétique : les campagnes de 441 à ...

Almanach. année 441 - marikavel.org
marikavel.org/almanach5/441.htm
Les Huns attaquent Constantinople, sous prétexte que les clauses de l'accord conclu sur le tribut à payer n'est pas ... Les Perses, en alliance avec des tribus arabes, pénètrent sur le territoire de l'empire d'Orient. ... 01.01.441, Mercredi * Merc'her * Wednesday, Consuls : Flavius Taurus Seleucus Cyrus (Est); sans collègue.

mardi 1 mars 2016

EN REMONTANT LE TEMPS... 442

25 FÉVRIER 2016...


Cette page concerne l'année 442 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

PHILOSOPHIE PARTIALE AUTOUR DES MOTS INVASIONS ET BARBARES.

Les travaux menés depuis la Seconde Guerre mondiale ont conduit à remettre en question aussi bien le concept d’« invasions barbares » utilisé dans plusieurs langues romanes, que celui de Völkerwanderung (migration des peuples) utilisé dans les langues germaniques. Les historiens Allemand et Germanophones préfèrent le terme, moins péjoratif, de « migration des peuples », tandis que la plupart des historiens Anglo-Saxons parlent aujourd'hui de « Migration des peuples » pour évoquer cette période de l'histoire.
Chacun des deux termes de l’expression « invasions barbares » pose problème. Le mot « invasion » implique un groupe homogène qui fait une entrée soudaine et violente sur le territoire d’une population autochtone et, par le pillage et la destruction, soumet, chasse ou annihile celle-ci... (nous sommes bien d'accord et s'est bien ce qui c'est produit) Divers modèles ont été élaborés au cours des dernières années, modèles qui remettent en cause l'image traditionnelle d’une communauté compacte se mettant collectivement en marche au même moment, de même qu'elle nuance le caractère systématique de violence. Ces modèles sont de deux types, nullement exclusifs. Le premier modèle appelé « avancée par vagues » part du principe que les civilisations agricoles, voyant croître leur population et par conséquent leurs besoins en nourriture, se sont étendues progressivement aux dépens des civilisations de chasseurs-cueilleurs qui les entourent. Le second modèle est celui du « transfert des élites » où de petits groupes conquièrent un territoire déjà peuplé dont ils remplacent l’élite dominante tout en laissant en place les structures sociales et économiques traditionnelles.
Le second problème est lié au mot « barbare ». Les Romains, et les Grecs avant eux, regroupent sous ce terme tous ceux qui ne parlent pas leur langue et ne partagent pas leur modèle de civilisation basé sur la cité et l’écriture... Avec l’extension du christianisme apparaît un deuxième clivage, cette fois entre chrétiens et païens, le terme « barbare » étant alors utilisé pour décrire des populations non ou faiblement christianisées.

« Des nations innombrables et féroces se sont rendues maîtresses de la Gaule. Tout le territoire compris entre les Alpes et les Pyrénées, l’Océan et le Rhin a été dévasté par les Quades, les Vandales, les Sarmates, les Alains, les Gépides, les Hérules, les Saxons, les Burgondes, les Alamans, les Pannoniens…
Mayence a été prise et détruite, et des milliers d’hommes égorgés dans l’église. Worms est tombé après un long siège.
Les pays où se trouvent Reims…, Arras…, Tournai, Spire, Strasbourg, se sont retrouvés Germains.
Aquitaine, Novempopulanie, Lyonnaise, Narbonnaise ont été dévastées ». (je pense que cela ne s'est pas fait dans la douceur et avec des cadeaux de bienvenues ni d'un côté ni de l'autre)

Dans de nombreux cas, l’arrivée d’étrangers s’est effectivement accompagnée de violence à l’endroit des populations existantes.
Mais dans d’autres cas, les territoires où arrivent les migrants sont vides d’occupants, Les nouveaux venus peuvent dès lors s’y installer sans brutalité même s’il s’agit d’un territoire appartenant à l’Empire Romain. Là où existe une population autochtone, surtout si celle-ci possède une civilisation supérieure (au lieu de croire cela n'est-il pas plus juste de dire qu'ils n'ont pas les mêmes civilisations) c’est souvent cette dernière qui procède à l’acculturation des nouveaux arrivants, moins nombreux qu’elle. (là encore le parti-pris est flagrant) C'est le cas dans les parties à majorité Albanaise, Grecque ou Valaque des Balkans et de Dacie, où les Slaves adoptent la langue de la majorité de la population parmi laquelle ils se sont établis et où ils ne forment qu’une minorité (alors que, dans d'autres parties de ces territoires, c'est le contraire qui se produit et les autochtones sont slavisés. Le même phénomène semble s’être produit dans le cas des Lombards du VIe siècle qui perdent progressivement leurs caractères distinctifs pour adopter les traditions des peuples établis sur le moyen Danube dominé par les Gépides. (l'auteur oublie que cela ne s'est fait ni instantanément, ni sans heurts)
La notion allemande de Völkerwanderung ou « migration des peuples » pose également problème. Elle présuppose, tout comme l’expression française, la « migration », c’est-à-dire le déplacement de toute une population quittant massivement le territoire ancestral pour faire fortune ailleurs. (n'est-ce pas le cas tout compte fait.)
La réalité, comme le démontre la recherche, est plus complexe. Certes, il y eut des migrations massives, comme celle de dizaines de milliers d'Ostrogoths qui quittent la Pannonie pour les Balkans en 473, groupe qui atteint presque
100 000 personnes un an plus tard par l’ajout d'Ostrogoths de Thrace et de réfugiés ruges, lorsqu’il quitte les Balkans pour l’Italie en 488. (il est à penser que de chaque côtés il y eut des dégâts et des drames)
Mais dans de nombreux autres cas, il est plus que probable qu’il se soit agi de petits groupes d’individus particulièrement aventureux, qui pour diverses raisons (climatiques, économiques, politiques ou par simple recherche de richesse et de gloire), ( il faudrait peut-être redescendre sur terre et une fois pour toutes comprendre, que sauf en cas de fuites devant l'ennemi, ou la famine, ceux qui comme cela en passant se prennent fantaisie d'aller voir si ailleurs l'herbe est plus verte c'est bien avec en tête l'idée d'éclairer le terrain) laissent derrière eux parents et amis pour se lancer dans une aventure.

Par ailleurs, ce terme de « migration » fait référence à un processus que l’on conçoit de nos jours de façon bien différente que dans le passé. Le rapport que Jordanès fait de la migration des Goths vers la mer Noire a longtemps servi de modèle au concept traditionnel :
« Lorsque son peuple s'est beaucoup augmenté en nombre, le roi Filimer, fils de Gadaric […] prend la décision que l’armée des Goths et leurs familles doivent quitter cette région (près de la Baltique). Dans leur recherche de lieux habitables et plaisants, ils arrivent en Scythie, que l’on appelle Oium dans la langue locale. Ils sont enchantés de la richesse du pays et on dit que lorsque la moitié de l’armée à traversé la rivière, le pont s’écroule de telle sorte que personne ne peut plus passer d’une rive à l’autre. […]
Cette partie de l’armée qui a traversé la rivière et qui est entrée avec Filimer dans le pays de Oium prend possession de cette terre convoitée. (tien voilà un mot qui contredit l'esprit de possession pacifique énoncé plus haut.) Elle fait bientôt face à des gens de la race de Spali il y a combat et l’armée de Filimer est victorieuse. (pousse toi de là que je m'y mette) De là, les vainqueurs se hâtent vers les confins du pays Scythe qui est près de la mer Noire. »

L’impression que l’on retire de cette description est celle d’un roi unique qui conduit un peuple unifié vers de nouvelles terres et fonde un nouveau royaume après avoir vaincu (et probablement chassé) les populations autochtones. (en est-il autrement) D’une part, ce modèle étendu à l’ensemble des migrations ne rend pas compte des différences existant entre les invasions des IIe / IIIe siècles et celles des IVe / Ve siècle (ah et pourtant le schéma est le même dans les deux cas des peuples en voie d'expansion se sont arrogés le droit d'aller s'installer chez d'autres peuples et de les battre, les tuer ou en faire leurs esclaves,) d’autre part, il ne correspond pas à la réalité des faits... (relire tout les récits de ces transhumances et quelque soit le peuple ou le sens du voyage il y a toujours un sous entendu de conquête et de remplacement... pas toujours abouti mais réel)

Dans le cas précis que décrit Jordanès, il est avéré que non seulement les Goths mais toute une série de peuplades Germaniques prennent part à cette migration. Par ailleurs, celles-ci n’agissent pas comme un groupe unifié : Aucune autre source que Jordanès ne fait référence à un Filimer qui soit l’unique chef des Goths, elles mentionnent au contraire divers chefs comme Cniva, Argaith, Guntheric, Respa, Veduc, (c'est bizarre il me semble que toutes ces peuplades étaient poussés au c... par un autre peuple conquérant nommé « Hun » ?)

D’autres sources montrent que divers groupes opérèrent de façon différente, les uns par terre, s’alliant parfois à des tribus différentes, les autres par mer, sur un vaste territoire s’étendant de l’embouchure du Danube jusqu’à la Crimée distante de plus de 1 000 kilomètres. Enfin, le résultat de cette migration est, non pas la création d’un seul royaume comme le sous-entend Jordanès, mais de plusieurs. Selon Heather, Jordanès a simplement plaqué la réalité goth du VIe siècle où il a vécu sur le IVe siècle. (Justement les grandes invasions du IVe au Ve siècles se sont faites presque exclusivement dans le but de la conquête)

De la même façon, la notion de « peuple » héritée de l’ère des nationalités représentant des groupes sociaux homogènes fermés aux étrangers ne peut s’appliquer aux premiers siècles de notre ère. Ne serait-ce qu’en raison des difficultés de transport, les « peuples », si on se réfère à une notion géographique, se limitaient souvent à ce qui n'est aujourd’hui qu'un département. (Ce n'est pas l'impression que l'on a lorsque l'on regarde les cartes géographiques de leur territoires d'origines) J'en suis en termes de société, et en dépit de ce qu’impliquent les termes latins de gentes ou de nationes, le terme de tribu ou de peuplade serait plus adéquat pour décrire la réalité que celui de peuple. Dans de nombreux cas, on voit de petites communautés s’intégrer à des collectivités plus importantes. Ainsi, on peut trouver des Ruges ou des Hérules associés à des communautés de Goths. Dans ces cas, on doit plutôt parler d’alliances que de peuples et l’identité ainsi engendrée serait de nature politique plutôt que culturelle, donc logique que leur identité disparaissent dans la vague)(mais c'est toujours le même scénario les plus fort balaient tout sur leur passage emmenant avec eux les plus faibles souvent réduit en esclavage ou exploités)

Les ambassadeurs des Huns réveillent l’attention de Théodose, en lui rappelant qu’ils sont voisins en Europe et en Asie, qu’ils s’étendent d’un côté jusqu’au Danube (Europe centrale) et de l’autre jusqu’au Tanaïs « fleuve le Don qui se jette dans la mer d'Azov). (immense territoire) Sous le règne de son père Arcadius, une bande audacieuse de Huns avait ravagé les provinces de l’Orient, d’où ils se sont retirés avec d’immenses dépouilles et une multitude de captifs (eh oui ils ne sont pas venus en villégiature mais bien pour combattre et piller) ils se sont avancés, par un chemin secret, le long des côtes de la mer Caspienne, ont traversé les montagnes de l’Arménie couvertes de neiges éternelles, et passé le Tigre, l’Euphrate et le Halys, ils ont rééquipé leur cavalerie fatiguée d'excellents chevaux de Cappadoce, ont occupé les hauteurs de la Cilicie, et interrompu les chants et les danses joyeuses des habitants d’Antioche.
Leur approche a fait trembler l’Égypte, les moines et les pèlerins de la Terre-Sainte se hâtent de s’embarquer, pour éviter leurs fureurs... Les Orientaux se souviennent encore avec terreur de cette invasion... (ce récit contredit de façon définitive l'idée que les « barbares » viennent dans les pays de leurs voisins en toute amitié)...
Ils attaquent l’Empire d’Orient, en 441.Tandis que les puissances de l’Europe et de l’Asie cherchent à détourner le danger qui les menace, l’alliance d’Attila maintient les Vandales dans la possession de l’Afrique. (Ceux-là non plus ne sont pas déplacés pour seulement ce promener ils avaient en ligne de mire l'Afrique et l’Italie). Une troupe de Barbares viole la sûreté du commerce, tue ou disperse les marchands, et détruit totalement la forteresse. (toujours avec gentillesse et amour), Les Huns défendent cet outrage comme un acte de représailles, et allèguent que l’évêque de Margus est entré sur leur territoire, où il a découvert et dérobé le trésor secret de leurs rois... Ils exigent qu’on leur restitue le trésor, et qu’on leur livre le prélat et les sujets fugitifs qui ont échappé à la justice d’Attila. (c'est un mensonge couvrant du brigandage et du terrorisme)
Le refus de la cour de Byzance est le signal de la guerre, et les habitants de la Mœsie applaudissent d’abord à la généreuse fermeté de leur souverain, mais dès que la destruction de Viminiacum et des villes voisines les avertis de leur propre danger, ils adoptent une morale plus relâchée, et prétendent qu’on peut sacrifier justement un simple citoyen, bien qu’innocent et respectable, à la sûreté de tout un pays. (La loi du plus fort est toujours la meilleur) L’évêque de Margus, qui n’aspire point à la couronne du martyre, soupçonne leur dessein, et le prévient. Il ose traiter avec les princes des Huns, s’assure, par des serments solennels, de son pardon et d’une récompense, poste secrètement un corps nombreux de Barbares sur les bords du Danube, et, à une heure convenue, ouvre de sa propre main les portes de la ville...
Une ligne de châteaux ou forteresses protège les frontières de l’Illyrie, et quoique la plupart ne consistent que dans une tour défendue par une faible garnison, elles suffisent ordinairement à repousser ou arrêter les incursions d’ennemis qui manquent également de moyen pour faire un siège régulier, et de patience pour l’entreprendre. L'effrayante multitude des Huns fait bientôt disparaître ces faibles obstacles, ils réduisent en cendres les villes de Sirmium et de Singidunum, de Ratiaria et de Marcianopolis, de Naissus et de Sardica... Des myriades de Barbares, conduits par Attila, envahissent, occupent et ravagent à la fois toute la largeur de l’Europe, dans un espace d’environ 500 milles, depuis le Pont-Euxin jusqu’à la mer Adriatique.
Dans toutes les invasions qui ont désolé les empires civilisés du Midi, les pâtres de la Scythie ont été généralement dirigés par un sauvage esprit de destruction.
Tous les habitants d’une ville emportée d’assaut, ou rendue à discrétion, sont obligés de s’assembler dans quelque plaine adjacente, on sépare les vaincus en trois classes.
La première consiste dans les soldats de la garnison et les hommes en état de porter les armes, dont le sort se décide dans l’instant... ils ont l’alternative de s’enrôler parmi les Vainqueur, ou d’être massacrés sur-le-champ par les troupes, qui les environnent de toutes parts l’arc tendu et la lance en arrêt.
La seconde classe, composée des femmes et filles jeunes et belles, des artisans, des ouvriers de toutes les classes et de toutes les professions, et de tous les citoyens dont on peut espérer une rançon, se partagent entre les Barbares, ou également, ou en lots proportionnés à leur rang dans l’armée.
Le reste, dont la vie ou la mort sont également indifférentes aux vainqueurs, obtiennent la liberté de retourner dans la ville d’où on a enlevé tout ce qui paraît utile ou précieux. Ces infortunés habitants, privés de leurs amis, de leurs parents, et de toutes les commodités de la vie, paient encore un tribut pour pouvoir respirer leur air natal. (quelle douce perspective qui pourrait bien encore se répéter)

Il faut réagir d’urgence, d’autant plus que les voisins, subodorant un fléchissement de l’autre côté de la frontière, commencent à s’agiter et à lancer des attaques.
A la suite de dévastations causées par une première invasion de divers peuples Germaniques, les autorités décident de fortifier les villes Gauloises en les entourant d’enceintes. Pour construire les remparts, les populations utilisent les débris des maisons de plaisance, des arènes, des temples, des monuments et stèles funéraires que les invasions ont détruits.
Par ailleurs, pour renforcer la garde aux frontières et étoffer les effectifs militaires, les différents empereurs Romains instaurent un certain nombre de procédures tendant à incorporer des étrangers dans les troupes Romaines. C’est ainsi que les anciens ennemis deviennent, selon le cas,
  • des auxiliaires,
  • des lètes
  • ou des fédérés.
Il s’agit de corps de troupes originaires de peuples alliés ou soumis à Rome et qui ne jouissent pas de la citoyenneté Romaine. Ces troupes alliées complètent et soutiennent les légions Romaines régulières.
Les soldats incorporés dans les unités auxiliaires sont moins bien considérés que leurs collègues légionnaires Romains :
  • La durée du service est généralement de 25 ans (contre 20 dans la légion)
  • La solde est moindre que celle des légionnaires
  • Lors des combats, les troupes auxiliaires se trouvent en première ligne afin d’économiser les effectifs des légions.
Les lètes (Laeti)
Les lètes sont des prisonniers Barbares installés par l’empereur Romain pour assurer le repeuplement des régions dévastées.
  • Ils sont désarmés et déplacés de force vers les terres de l’empire qu’ils doivent défricher et cultiver
  • Les hommes sont astreints au service militaire obligatoire et sont placés directement sous domination militaire.
Cette situation est ressentie comme une infamie par le vaincu : Être déplacé et privé de ses armes revient à lui ôter le statut d’homme dans sa tradition Germaine.
Les peuples fédérés (foedi)
Le foedus est un traité passé entre l’Empire Romain et un peuple étranger qui prend alors le statut de « peuple fédéré ». Le foedus autorise l’installation de ce peuple sur le territoire sous domination Romaine aux conditions suivantes :
  • Le peuple fédéré s’installe de façon indépendante, avec ses propres lois et ses dirigeants
  • Le peuple fédéré n’est pas soumis à la loi romaine ni à l’impôt romain
  • Les Romains qui demeurent sur le territoire du fédéré dépendent de la loi romaine
  • L’Empire romain peut recruter des soldats chez le fédéré contre rétribution. Ces soldats combattent avec leur armement et leur chef, et non avec un armement ou des officiers Romains. (C'est en grande partie ce qui affaiblira l'empire Romain d'Occident et causera sa perte).
Le statut de fédéré est très avantageux pour le peuple Barbare. Dans la pratique, le foedus constate presque toujours un rapport de force en faveur des Barbares :
  • Il consacre l’occupation de fait sur des territoires Romains perdus
  • Aux yeux des Barbares, ce traité est un engagement de personne à personne et non pas un accord qui engage l’Empire Romain. Ils considèrent donc que le traité devient caduc à la disparition de l’empereur ou de sa famille.
  • Il permet simplement à l’Empire Romain d’obtenir une paix pour quelques années et quelques troupes combatives tant qu’elles sont bien payées.

Les Barbares sont enrôlés dans les légions Romaines cantonnées aux frontières de l’Empire et forment le gros de l’armée Romaine. Ils se transforment en soldats-laboureurs, capables de quitter les travaux des champs pour reprendre les armes.
Ils gardent toutefois comme ambition d’arracher des terres aux Romains
Au fil du temps, certains Barbares se sont vu confier des postes à responsabilité et ont pu accéder aux postes les plus élevés de la hiérarchie militaire Romaine.
La mainmise des empereurs sur l’armée décroît progressivement.

Les invasions Barbares sont une longue suite d’assauts ou d’infiltrations, contenus au début par le limes, mais qui commenceront à s’intensifier dès le IIIe siècle. Elles se présentent sous trois formes :
1.Dès la fin du IIIe siècle, les empereurs Romains accueillent de plus en plus de mercenaires Barbares comme soldats dans les rangs de l’armée alors que les Romains d’origine se désintéressent peu à peu de la guerre.
En outre, Rome concède de plus en plus de territoires à des Germains alliés à des fins de colonisation. Graduellement, ces derniers fondent des royaumes souverains sur le sol de l’Empire.
2. Les colons Germains n’offrent bien souvent qu’une faible barrière de protection contre les autres tribus qui, dans leur fuite devant les Huns, n’ont d’autre possibilité que de pénétrer brutalement sur le territoire de l’Empire. Aux IVe et Ve siècles, les invasions prennent la forme d’attaques de plus en plus virulentes.
3. Alors que l’Italie est attaquée par les Wisigoths d’Alaric, l’Empire se voit obligé de dégarnir sa frontière du Rhin pour renforcer les légions stationnées en Italie. Il n’en faut pas plus aux Vandales, Suèves et Alains pour franchir le Rhin, dévaster la Gaule et poursuivre vers l’Espagne.
Derrière eux, les Burgondes et les Francs décident également d’envahir la Gaule.
Un petit chef Franc nommé Clodion prend part à l’offensive avec ses guerriers. Vers 430, il franchit la Chaussée Romaine à Cambrai et atteint la Somme. Un peu plus tard, Trèves succombe également et les Ripuaires peuvent occuper tout le pays entre le Rhin, la Meuse et la Moselle. Encouragés par ses avancées ils font venir les femmes et les enfants et s'installent durablement.





Invasions barbares — Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasions_barbares
La recherche historique regroupe sous l'expression invasions barbares les ...... choix que de reconnaître sa défaite dans un nouveau traité datant de 442.
Invasions barbares – Chronologie des invasions germaniques
www.histoire-des-belges.be/...invasions-barbares/chronologie-des-invasi...
Déroulement chronologique des invasions barbares qui finiront par entraîner ... 442. Rome accepte de céder tous les territoires d'Afrique du Nord aux Vandales.