jeudi 3 décembre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 534

26 NOVEMBRE 2015...

Cette page concerne l'année 534 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES ENVIEUX ET LA BURGONDIE PROVENÇALE

Il s'agit du siège d'Arles en 534 par Thibert (ou Théodebert), fils de Thierry Ier roi d'Austrasie. Cette opération militaire s'inscrit dans le cadre de l'expansion du Royaume des Francs entre la moitié du Ve siècle et le début du IXe siècle et plus particulièrement des campagnes pour le contrôle des régions méridionales vers 531-534.
Plusieurs historiens affirment sans apporter des arguments décisifs, que le siège a débouché sur une prise de la ville d'Arles.
Ce siège se déroule à la fin de 533 ou plus probablement en 534, dans un contexte particulier lié à la fois aux ambitions et rivalités Franques sur les territoires du sud et au régime Ostrogoth, soutien de l'empire Wisigoth, affaibli après la mort du roi Théodoric.

En 531, Thierry Ier revient d'une guerre contre les Saxons au cours de laquelle certains ont fait circuler le bruit de sa mort, ce qui entraîne un premier soulèvement de l'Auvergne conduit par Arcadius, fils (ou petit-fils ?) d'Apollinaire, et Childebert, le demi-frère de Thierry.
La « Burgundia » telle qu'intégrée au royaumes Francs au VIe siècle, après la guerre de Burgondie de 532-534.
Peu après en 532, ses demi-frères, Childebert de retour de son expédition Wisigothique après sa tentative ratée en Auvergne et Clotaire, décident d'en finir avec le Royaume de Burgondie et sollicitent la participation de Thierry qui refuse. Toutefois ce refus est mal compris par ses troupes qui souhaitent pillages et butins et qui lui disent :
« Si tu refuses d'aller avec tes frères en Bourgogne, nous te laissons et nous préférons plutôt les suivre ».
Mais lui, qui constate que les Auvergnats lui sont infidèles, réplique :
« Suivez-moi et je vous conduirai dans un pays où vous prendrez autant d'or et d'argent que peut en désirer votre cupidité, vous en emporterez des troupeaux, des esclaves, des vêtements en abondance. Mais seulement ne les suivez pas. ».

Thierry investit donc l'Auvergne où un certain Mundéric se prétendant son parent et se proclamant son égal mène la rébellion, tandis que ses frères attaquent le roi de Burgondie, Godomar III.

Au printemps 533, Thierry pousse son fils Thibert qui a peut-être commencé à participer aux opérations de Burgondie à s'attaquer à l'Aquitaine où les Wisigoths après la défaite de Vouillé de 507 ont relevé la tête et reconquis vers 510-515 certains territoires, notamment les cités de Rodez et d'Albi.
À la même époque, l'Auvergne est pillée par les troupes de Thierry, puis à son départ par celles du duc Sigivald un de ses parents à qui Thierry a confié cette province et qui se signale par ses excès et ceux de ses subordonnés.
Dans l'appréhension qu'il ne forme un petit royaume, comme a voulu le faire Munderic, il le fait assassiner et demande à son fils Thibert qui a repris quelques villes en Languedoc et Rouergue, de finir les opérations en Auvergne, ce qu'il fait.
Parallèlement il lui donne aussi l'ordre de tuer le fils de Sigivald (Sigewald ?), Giwald ce que Théodebert se refuse de faire.

Au début 534, Thibert est donc en Auvergne (ou à Cabrières ?) où il a rencontré une belle femme Deutherie dont il s'éprend.
Dans le même temps ses oncles Childebert et Clotaire aidés probablement de son père Thierry, après la bataille d'Autun, ont finalement conquis la Burgondie qui s'étend à cette époque jusqu'au nord de la Durance à quelques lieues d'Arles, l'ancienne préfecture des Gaules et ville géostratégique sur le Rhône dont le port permet l'accès à la mer.

L'arrière-plan véritable de ces opérations doit être recherché dans la mort de Théodoric survenue en 526 et dans l'effondrement de la puissance Ostrogothique qui l'a aussitôt suivie.
Le prestige, la politique méthodique d'alliances entre peuples barbares en particulier entre Wisigoths et Ostrogoths et, le cas échéant, la force militaire de Théodoric ont contenu l'expansion Franque dès avant la mort de Clovis, notamment en Provence où les forces Ostrogothiques ont affronté avec succès les Francs et Burgondes en 508, lors d'un précédent siège d'Arles. Il faut se rappeler qu'Arles a été dès le début du siècle un objectif du père de Thibert, le roi Franc Thierry, qui a tenté vainement de prendre la cité une première fois vers 501/502, puis associé aux Burgondes, en 507/508.

Ce contentieux, doublé de l'intérêt pour les Francs d'avoir un débouché sur la Méditerranée, a été laissé en suspens tant que le royaume Wisigoth demeure indissociable des possessions de Théoderic qui a doté la cité Rhodanienne d'une administration.

Dès 510, sitôt après la libération de la ville par les forces Ostrogothes, Théoderic rétabli la fonction de préfet du prétoire des Gaules (præfectus prætorio galliarum) à Arles, ville Wisigothique, en y nommant le préfet Libérius qui reste avec cette charge dans la cité même après le décès du roi.
Quelques sources signalent des tentatives d'incursion en Provence de troupes Burgondes et Franques dès la fin des années 520 ou au début des années 530, mais ces velléités de conquêtes n'aboutissent pas.

Les événements de 533-534 avec la chute de la Burgondie, les opérations en Auvergne et Vivarais et toutes les troupes Franques à proximité de la Provence sont à coup sûr, une nouvelle occasion, même s'il est difficile de connaître les motivations précises de Thibert. Toutefois, cette situation avec ses risques (conditions de partage de la Burgondie, Provence sous l'éventuelle menace de ses oncles) et avantages (Théodobert est tout proche d'Arles, puissances Burgonde et Ostrogothe affaiblies) incite probablement Thibert à tenter une opération sur cette ville dont l'évêque Césaire a été dans le passé plusieurs fois soupçonné de bienveillance vis-à-vis des Burgondes et des Francs, de par ses origines et en raison de la religion.

Grégoire de Tours évoque ce siège de façon très succincte. Il nous dit :
Selon la traduction de François Guizot (1823) : Thibert faisait alors le siège de la ville d’Arles, dont les Goths s'étaient emparés.
Selon la traduction de Robert Latouche (1999) : Or les Goths ont alors envahi la ville d'Arles dont Thibert garde des otages.

Bien que Grégoire ne précise pas si la ville est prise ou pas, certains auteurs se prononcent sur la suite de ce siège.
Pour Claude Charles Fauriel

.... (Thibert) se croit en état d'attaquer les Ostrogoths en Provence, passe le Rhône et veut tenter un coup de main sur la ville d'Arles, mais cette fois il échoue... Rejeté avec perte sur la rive droite du fleuve.
Cet échec de Thibert devant Arles est également défendu par Étienne Grousset :
Nous n'avons pas à suivre Théodebert en Provence, disons seulement qu'il ne peut s'y établir en maître et s'emparer de la ville d'Arles, défendue par les Ostrogoths.

Arthur Malnory qui, dans son ouvrage Saint Césaire Évêque d'Arles (503-543) fixe, quant à lui, ce siège en 533 et donne quelques repères chronologiques :
Arles s’est vue menacée encore une fois des horreurs d’un siège (533) (Grég. H. F. III, c.23).
La valeur de Libère a détourné d’elle cette menace. Puis cet homme illustre a été rappelé presque aussitôt après à la Préfecture des Gaules (534)20 (Il l’occupe encore un peu après la mort de Thierry, d’après la lettre de Cassiodore Mais en 535, il commande une ambassade envoyée à Justinien.)
Pour diriger la politique d’Amalasonthe et de Théodat du côté de Constantinople, et remplacé par le duc Aram, puis par le duc Marcias, comme chefs de l’armée d’occupation renforcée.

Toutefois, la majorité des historiens considèrent que la ville est prise et nous livrent même quelques précisions.
D'après P.A Février, Thibert a occupé Arles de façon éphémère, sans plus de précision.
Pour d'autres, Thibert s'empare de la ville avant l'arrivée des secours : De Cabrières,Théodebert se dirige sur Arles, dont il fait le siège, et dont les habitants n'évitent d'être pillés qu'en payant une forte somme d'argent et en donnant des otages.
Une armée d'Ostrogoths, qui accourt au secours de la ville, arrive trop tard pour la sauver.
Des sources indirectes laissent penser également que la ville est prise.
L'étude des monnaies montre que des pièces de Thibert ont été probablement frappées à Arles à cette époque, avant le rattachement officiel de la Provence aux Francs de 536.
De même, le texte de Grégoire de Tours, juste après le passage signalant ce siège, évoque le départ de Giwald de la cité d'Arles, ce qui peut indiquer que ce dernier ne se sent plus en sécurité dans une ville, certes aux mains de son ami Thibert, mais désormais ville Franque :
... Dont les Goths se sont emparés. Giwald s’enfuit dans cette ville, mais, ne s’y croyant pas en sûreté, il se rend en Italie et y demeure.
Enfin dès l'année 534, le Gallo-Romain Parthenius qui réside à cette époque à Arles se met au service de Thibert et intervient en Auvergne, ce qui semble peu logique si la ville n'est pas tombée aux mains de Thibert.
Aussi, faut-il peut-être considérer que lorsque Thibert quitte précipitamment Arles pour la succession de son père Thierry qui est sur le point de mourir, la ville d'Arles appartient déjà aux Francs, ce qui explique notamment pourquoi le préfet des Gaules Libère abandonne son poste dès 534 et non pas après la cession de la Provence en 536.

Originaire de Chalon-sur-Saône, Césaire (470-542) choisit la Provence pour accueillir sa vocation ascétique et parfaire sa formation. C’est en effet à Marseille que Cassien, passeur entre l’Orient et l’Occident, a élaboré une véritable doctrine de l’engagement monastique, Lérins, où Césaire séjourne pendant plusieurs années, est un des principaux viviers du monachisme occidental. Une fois élu au siège d’Arles (502), Césaire ne perd rien de son souci de la vie régulière.
Ses liens avec Lérins et Marseille expliquent sans peine qu’il ait choisi d’envoyer sa sœur Césarie au monastère de femmes fondé par Cassien vers 420 non loin de Saint-Victor, pour qu’elle accomplisse sa formation à la source même de la vie cénobitique, avant de devenir abbesse de la nouvelle communauté qu’il s’apprête à fonder dans sa cité.

Au moment de son élection, Césaire est abbé d’un monastère d’hommes installé dans une île des faubourgs de la cité Arlésienne. Selon le topos hagiographique, il quitte sa charge à regret mais garde tout au long de son épiscopat un intérêt marqué pour la vie monastique.

Vers 506-507, il entreprend la construction d’un monastère de moniales, probablement à l’extérieur de l’enceinte urbaine. Mais, à peine sortis de terre, les bâtiments claustraux ne résistent pas au siège prolongé des Francs et des Burgondes mené contre le royaume Wisigothique. La paix revenue, Césaire ne renonce pas à son projet, bien au contraire. Il reprend la construction de l’établissement, cette fois à l’intérieur de la ville, à côté de ce qui est encore pour quelque temps la cathédrale, dans l’angle sud-est des remparts. Celui-ci comporte tous les bâtiments nécessaires à la vie communautaire : église, parloir, cuisine, cave, cellier, réfectoire, dortoir, vestiaire, ateliers de tissage ou de filature. Une douzaine d’années après la consécration de son monastère, Césaire décide d’élever une basilique triple dédiée à la Vierge et destinée à accueillir les sépultures des moniales qui doivent ainsi former par leurs sarcophages monolithes le dallage de l’église. Cette basilique, consacrée en 524, est selon toute probabilité à l’extérieur de la clôture monastique et des murs de la cité. Attaché à l’indépendance de sa fondation, Césaire accorde aux moniales la libre élection de leur abbesse et le privilège de choisir librement leur administrateur et le desservant de leur abbatiale. Il s’assure par ailleurs auprès du pape que l’autorité de l’ordinaire n’outrepasse pas ses droits canoniques de visite, de bénédiction des huiles et de consécration des autels et des lieux de culte.

Ce n’est pas la moindre des originalités de Césaire d’avoir choisi de fonder un monastère de femmes, non qu’il n’en existât pas avant lui quelques rares exemples, mais parce que cette fondation lui permet de rédiger la première règle pour les vierges. Alors que tous ses prédécesseurs se sont contentés de féminiser des législations conçues d’abord pour des hommes, il est le premier à concevoir d’emblée une règle pour les femmes, qu’il adapte à la fin de sa vie pour une communauté d’hommes. Sans doute commencée au moment de la fondation, la rédaction de la règle se prolonge jusque dans les années 534. Cette longue législation sait tout à la fois emprunter aux écrits antérieurs et innover en s’adaptant au propre de la vie féminine (sur le bain, les broderies, la coiffure, le renoncement à l’élégance, le travail de la laine…). Elle instaure une stricte clôture perpétuelle et totale, puisque toute femme entrée au monastère ne peut quitter l’enceinte claustrale jusqu’à son dernier souffle. Cette mesure protectrice qui reprend une prescription attestée dans une communauté du Jura, cherche à réduire par tous les moyens les contacts des sœurs avec le monde pour leur éviter futilité et sources de corruption. Césaire innove également en apportant des prescriptions plus précises en matière d’entrée dans la communauté, d’alimentation, d’office, mais aussi sur le rôle majeur de la supérieure en second aux côtés de l’abbesse. La règle n’est pas le seul document qui témoigne de l’intérêt marqué de Césaire pour le monastère Saint-Jean, réputé abriter 200 moniales à sa mort. Plusieurs lettres témoignent de son affection pour ses « saintes sœurs ». Au seuil de l’au-delà, il leur consacre la plus grande partie de son testament par crainte que ses successeurs ne leur accordent moins d’égards, et se fait transporter dans la clôture qu’il choisit pour dernière demeure.

Cette règle de Césaire pour les vierges est le point de départ d’une série d’épigones qui reprennent la volonté des communautés de moniales d’être en totale rupture avec le monde et ses vanités. Après avoir quitté la cour de son mari Clotaire Ier, Radegonde († 587), depuis toujours attirée par une vie d’ascèse, reçoit le voile de diaconesse et fonde un monastère à Poitiers pour lequel elle obtient du basileus Byzantin un morceau de la Vraie Croix. En conflit avec son évêque, elle se rend au monastère Saint-Jean d’Arles, pour discuter avec l’abbesse du statut de son établissement et de ses relations avec son propre évêque. Elle rentre à Sainte-Croix avec la règle de Césaire pour Saint-Jean, dont elle accentue les pratiques ascétiques en introduisant jeûnes et mortifications.

La fondation de Saint-Jean d’Arles relayée par l’impulsion de la peregrinatio colombanienne qui catalyse les aspirations spirituelles de l’aristocratie Franque, marque l’envol du monachisme féminin au début du VIe siècle.

Pendant ce temps, Godomar (524-534), le frère de Sigismond, lui succède comme roi des Burgondes. Il reprend les places fortes occupées par les Francs, avec l’aide de troupes Ostrogothes. Clodomir certainement séduit par sa première victoire, se lance dans une nouvelle conquête du royaume Burgonde. Mais cette fois, la victoire change de camp, la rencontre se situe en juin 524, à Vézeronce (dans l’actuel département de l'Isère), et s’achève par la défaite des Francs ou Clodomir trouve la mort aux combats. Les trois fils de Clodomir disparaissent de la scène politique.

En 532, Clotaire et Childebert, les deux frères de Clodomir se lancent à la conquête du royaume Burgonde. La bataille a lieu a Autun où Godomar s’est enfermé. Les Francs conduisent le siège de la ville, mais celle-ci tombe qu’au bout d’une année. Godomar a réussi à s’enfuir. Les deux frères ne poursuivent pas leur conquête et retournent dans leurs royaumes.

L’année suivante, en 534, les deux frères accompagnés de leur neveu, Théodebert, roi d'Austrasie, envahissent la Burgondie. On ne connaît pas le nom de la bataille décisive, mais cette nouvelle campagne des Francs amène, la destruction définitive et le partage du royaume Burgonde entre les rois Francs. Godomar est déposé, mais reste libre jusqu’à sa mort. Les Burgondes se soumettent à la domination des Francs et passent sous l’autorité de la monarchie Mérovingienne.
La partie Nord de la Burgondie (Langres, Besançon, Autun, Chalon-sur-Saône, Nevers) fait partie du lot de Théodebert roi d'Austrasie, fils de Thierry.
Le centre (Mâcon, Genève, Lyon, Vienne) est donné à Childebert.
Le sud (Grenoble, Die, Valence) est doté à Clotaire.
En 535, les corps de Sigismond, de son épouse et de ses enfants sont extraits du puits ou ils ont été précipités et sont inhumés à Saint-Maurice d’Agaune, près de l’abbaye. La vocation de ce lieu comme pèlerinage va commencer.






Siège d'Arles (534) — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Siège_d'Arles_(534)
Aller à Les années 532-534 : une expansion franque vers le sud - Thierry investit donc l'Auvergne où un certain Mundéric se prétendant son ...

Siège d'Arles (534) - Wikipedia
blog.photographies-naturelles.fr/wiki-Siège_d'Arles_(534).html
Aller à Les années 532-534 : une expansion franque vers le sud - ... au royaumes francs au VI siècle, après la guerre de Burgondie de 532-534.

Récit des Burgondes - Bourgogne Franche-Comté
gilles.maillet.free.fr/histoire/recit_bourgogne/recit_des_burgondes.htm
Quelques années plus tard, vers 444, Aetius, leur refuse l'installation en Lorraine ou .... dans leur royaume, mais une partie de leur troupe vient faire le siège d'Arles. ... Pendant ce temps, Godomar (524-534), le frère de Sigismond, lui succède ...




EN REMONTANT LE TEMPS... 535

25 NOVEMBRE 2015...

Cette page concerne l'année 535 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES PROTÉGÉS DE THÉODORA
ET LES PAPES...

Jean II (Mercurius), né à Rome vers 470, est le 56e pape selon l'Église catholique Romaine. Il exerce du 2 janvier 533 au 8 mai 535. Portant un nom païen, il inaugure l'usage pour les papes de prendre un nouveau nom à leur avènement.
On ne connaît pas la date de la naissance de ce pape. Il est romain et fils d'un certain Projectus, s'il n'est pas né dans la 2e région (Coelimontium), il est au moins prêtre de la basilique Saint-Clément sur les flancs du mont Coelius. Il semble qu'il est le premier à changer son nom après son élévation à la papauté.
La basilique Saint-Clément conserve plusieurs témoignages de « Jean, de son nom Mercurius ». Sur un fragment de Ciborium ancien, l'inscription « Presbyter Mercurius » est lisible et plusieurs des plaques de marbre qui entourent la schola cantorum portent sur elles son monogramme dans le style du VIe siècle.

À cette époque, la simonie, c'est-à-dire l'achat de charges ecclésiastiques. est très répandue durant l'élection pontificale et celle des évêques, à la fois parmi les membres du clergé ou parmi les laïcs. La mort du prédécesseur de Jean II est suivie d'une vacance de plus de 2 mois : Il s'ensuit un commerce éhonté des objets sacrés (autel, vases etc.).
La question est portée devant le Sénat Romain et devant la Cour du roi Ostrogoth à Ravenne. Il en résulte le dernier décret (Senatus Consultum) connu du Sénat de Rome dirigé contre la simonie durant l'élection papale, le décret est confirmé par le roi Ostrogoth Athalaric qui ordonne de le graver sur du marbre et de le placer dans l'atrium de l'antique basilique Saint-Pierre en l'an 533.

Par un ajout au décret, Athalaric décide que, si la contestation d'une élection est portée devant les fonctionnaires Ostrogoths de Ravenne, par le clergé Romain ou le peuple, il faut alors payer 3 000 solidi au tribunal, somme qui doit être donnée, par la suite, aux pauvres. Jean II lui-même, cependant, reste toujours en bons termes avec Athalaric, qui rapporte à son tribunal toutes les actions intentées contre le clergé Romain.
Selon le Liber Pontificalis mais aussi Justinien Ier, Athalaric montre son intérêt pour le Siège de Rome en la personne de Jean II. L'empereur Byzantin lui envoie sa profession de foi (ainsi que celle de son neveu Justinien) et de nombreux cadeaux précieux. Cependant, peu de temps avant que Jean devienne pape, l'Orient est ébranlé par la formule reprise dans cette profession de foi : « Unus ex Trinitate crucifixus est » (ou « passus est »), c'est-à-dire « Un de la Trinité (divine) a été crucifié » (ou « a subi la Passion »).
Elle est présentée comme un moyen de concilier les différentes sectes hérétiques. Condamnée par le pape Hormisdas, la formule a été abandonnée, mais elle reprend vigueur plus tard et, sous une forme modifiée, est défendue par Justinien et combattue par les moines Acémètes, une secte monachiste. Ceux-ci sont alors condamnés par le pape qui en informe l'empereur (24 mars 534).

Contumeliosus, évêque de Riez, en Provence, France, est accusé d'adultère. Il est déposé et remplacé dans son ministère. Le pape Jean II ordonne de le confiner dans un monastère. Jusqu'à la nomination du nouvel évêque, le clergé de Riez doit l'obéissance à l'évêque d'Arles. 217 évêques réunis en concile à Carthage (535) soumettent à Jean II la question de savoir si les évêques qui ont versé dans l'arianisme doivent, après repentance, retrouver leur rang ou n'être admis à la communion que comme simples laïcs.
La réponse à leur question leur est donnée par Agapet Ier. En effet, Jean II meurt le 8 mai 535... Il est enterré à l'antique basilique Saint-Pierre de Rome.
Jean Ier, pape, né en Toscane, élu en 523, succède à Hormisdas. Il est député par Théodoric, roi d'Italie, près de Justin, l'empereur de Constantinople, pour faire révoquer les édits rigoureux rendus par ce prince contre les ariens. N'ayant pu y réussir, il est à son retour mis en prison, et il y meurt de misère en 526. Félix IV lui succède, puis Jean II, surnommé Mercure, pape, né à Rome, élu en 535, et qui succède à Boniface II.

Déjà âgé, il est élu comme pape de compromis et de transition. Le décès de Boniface est suivie d'une période d'intrigues et de corruption. Nous ici le premier pape à changer de nom (il s'appelait Mercurius). Il prend le nom du martyr Jean 1er. Jean est en bons termes tant avec Athalaric, roi Ostrogoth d'Italie (526-534) qu'avec l'empereur d'Orient Justinien 1er (527-565). Celui-ci s'adresse à « l'Église tête de toutes les Églises » pour poser une question dogmatique qui contient la formule théospasquiste (« un de la Trinité a souffert ») laquelle a été refusée par le pape Hormisdas, comme susceptible d'être mal interprétée. Jean répond en acceptant la formule comme orthodoxe. Cette position de Jean a souvent été citée comme un cas de contradiction entre un pape et un de ses prédécesseurs sur un point de doctrine.

Romain, de naissance aristocratique. Cultivé, il a une bibliothèque patristique dans sa maison sur le mont Caelius. Il projète avec Cassiodore (490-580), homme d'État et écrivain, le plan d'une université chrétienne à Rome suivant le modèle des académies d'Alexandrie et de Nisibe en Mésopotamie.
Il est sévère avec les prêtres d'Afrique du Nord qui se sont convertis à l'arianisme au passage des Vandales et qui veulent rentrer dans le bercail orthodoxe. Il refuse aussi aux prêtres ariens convertis à l'orthodoxie d'exercer un ministère au sein de l'Église catholique. Agapet meurt à Constantinople, où il a été envoyé par Théodat, dernier roi Ostrogoth d'Italie (534-536) pour négocier la paix avec l'empereur Justinien 1er (527-565). Celui-ci s'apprête en effet à envahir l'Italie, royaume Germanique depuis 476. Le meurtre d'Amalasonte, fille du roi Théodoric, par Théodat, lui fournit le prétexte. Le corps d'Agapet est ramené à Rome puis inhumé à Saint Pierre. Il est vénéré par l'Église comme Saint... Une émeute éclate dans l'Hippodrome, à propos des éternelles querelles entre la faction verte et la faction bleue. Il y a des pourparlers assez aigres entre l'empereur et les chefs des Verts.
AGAPET
De l'Hippodrome l'agitation se répand dans la rue, les Verts et les Bleus, un moment réconciliés, s'unissent contre le gouvernement, l'Augusteon est envahi, le palais menacé, le feu mis aux édifices publics : Sainte-Sophie, Sainte-Irène, le Sénat, les thermes de Zeuxippe, le grand hôpital de Samson, puis le vaste quartier qui de là s'étend jusqu'au Forum de Constantin, tout est la proie des flammes.
Pas de troupes pour réprimer la révolution déchaînée, car c'est une révolution. On acclame dans le Cirque les neveux d'Anastase, Hypatius et Pompeius, qui, malgré eux, semble-t il, se laissent revêtir des ornements impériaux.
Justinien, découragé, se prépare à leur céder la place, déjà ses trésors sont embarqués, il va s'embarquer (18 janvier) quand Théodora intervient.
Elle se rend compte des ressources qui restent encore, fait semer l'or et la discorde parmi les émeutiers, rallie quelques troupes, les met aux ordres de Bélisaire et de Mundus et les jette sur l'Hippodrome, que les émeutiers ont transformé en place forte. Ils y sont massacrés en masse, au nombre de
30 000, disent les chroniqueurs les moins excessifs. Le lendemain Hypatius et Pompée sont exécutés.
Justinien règne à nouveau : Il le doit à Théodora !

Cette femme terrible est très religieuse, comme son époux. Mais tandis que celui-ci s'intéresse par devoir à la police générale de l’Église et par goût personnel aux discussions théologiques, Théodora se plaît à la dévotion. C'est la grande protectrice des Saints Moines d'Orient, dont l'ascèse formidable et voyante l'impressionnait beaucoup. Malheureusement ils se trouvent en conflit avec l'orthodoxie officielle et le gouvernement les persécute. Ce n'est pas sans impatience qu'elle entend parler de ces rigueurs. Ils le savent et ne se font pas faute de recourir à sa bienveillance. Aussi est elle fort célébrée par les écrivains monophysites, Jean d'Asie surtout, dont les récits curieux témoignent de la sollicitude de l'impératrice à l'égard des dissidents et de son ingéniosité à les secourir sans se mettre trop ouvertement en opposition avec les règlements officiels.

C'est évidemment sous son inspiration que le gouvernement modifie (531) son attitude à l'égard des Monophysites persécutés. Les moines qui, chassés des villes, surtout d'Amid et d'Edesse, ont dû chercher asile dans les solitudes de l'Euphrate, sont autorisés à rentrer dans leurs monastères. Un certain nombre se dirigent vers Constantinople, soit isolément, soit avec les évêques exilés, ceux-ci, Justinien se les fait expédier, pensant qu'on parviendra peut- être à les raisonner. Ils sont au nombre de 800 pour la plupart, les mésopotamiens, 500 environ, sont installés dans le palais d'Hormisdas, voisin de la demeure impériale.
On leur permet de vivre à leur guise, en pratiquant l'ascèse de leur pays : Mais ils ne sont pas autorisés à circuler en ville. En revanche les visiteurs ne leur manquent pas.
THÉODORA
On parle beaucoup de leur vie mortifiée : Leur étrangeté les rend populaires. L'impératrice les comble d'attentions et vient souvent s'édifier de leurs discours, l'empereur lui-même va quelquefois les voir. Tout cela n'est pas fait pour plaire au clergé, ni aux religieux orthodoxes. Ceux-ci ne sont pas au bout de leurs peines... Un moine d'Amid, appelé Zooras, qui, dans son pays, a mené la vie de stylite et conquis une grande, réputation de sainteté, réussit, grâce à la faveur de l'impératrice, à s'établir près du faubourg de Sycae (Galata) et Élie, le biographe de Jean de Telia, ne fait pas de différence entre les dispositions de Théodora et celles de Justinien. Ils sont très courus : La paroisse de Zooras attire l'entourage de Théodora. La mode est bientôt d'y faire baptiser les enfants. D'autres échappés du palais d'Hormisdas se répandent ou même s'établissent en ville... De jour en jour on voie croître leur audace.
Ils se vantent, si l'empereur les a admis à son audience, de lui avoir tenu des propos énormes.
Un certain Isaac va jusqu'à crever de son bâton et jeter au feu une image de Justinien. Il y a de quoi le faire pendre. Mais Théodora est si puissante ! On ferme les yeux sur les excès de ses protégés.

Cependant la cour poursuit son plan d'entente avec les dissidents. Justinien les met en rapport avec ses théologiens. Au bout de quelque temps les prélats et les moines monophysites présentent à l'empereur une requête où ils exposent leur foi. Là dessus s'engagent des discussions qui durent plus d'une année. Enfin on en vient (533) à un colloque en forme, qui a 3 séances. Il se tient dans une des salles du palais d'Hormisdas.
L'empereur n'assiste qu'à la dernière réunion, les autres sont présidées par le maître des offices Strategius.
Six évêques de chaque côté sont invités à y prendre part. Du côté orthodoxe ce sont Hypatius d'Ephèse - Démétrius de Philippes - Jean de Bizya - Innocent de Maronie - Anthime de Trébizonde et Etienne de Séleucie.

Nous sommes renseignés sur ce colloque par une lettre où l'évêque de Maronie, l'un des interlocuteurs diphysites, le raconte à Thomas (Mansi, t. VIII, p. 817). De cette pièce il ne subsiste, malheureusement, qu'une mauvaise version latine, publiée pour la première fois par Baronius, Ann., 532, c. 31.

Le parti monophysite est représenté par trois évêques d'Euphratésienne Serge de Cyrrhos - Thomas de Germanicie - Philoxène de Doliché, et trois évêques d'Osroène, Pierre est le principal personnage de son groupe. Avec les Orientaux il y a quelques moines et clercs, de l'autre côté 3 prêtres de Constantinople, les nonces d'Antioche et un moine Léonce, délégué des religieux de Palestine.

THÉODORA ET SA COUR
Le premier jour le débat porte sur les origines de la querelle. Sollicités de s'expliquer, les Orientaux conviennent qu'Eutychès a été hérétique, que Flavien l'a justement condamné, que Dioscore a eu tort de le recevoir à Ephèse sans un examen suffisant de sa doctrine, enfin que l'on ait eu raison de convoquer un nouveau concile à Chalcédoine. Jusque là tout va bien.
Le lendemain on aborde le fond des choses. Le concile de Chalcédoine a décrété les deux natures. C'est le point délicat. Les orthodoxes n'aiment pas qu'il en soit question. On a déjà vu que le pape Léon lui-même a fini par reconnaître qu'il vaut mieux ne pas insister sur ce point.

Persée : IV. Les protégés de Théodora

www.persee.fr/web/revues/.../mefr_0223-4874_1915_num_35_1_7113
de L Duchesne - ‎1915 - ‎Cité 5 fois - ‎Autres articles
Jean d'Asie, De beatis orientalibus, 2, et les documents du concile de Menas. ..... L'année 535 vit la mort du patriarche d'Alexandrie (8 février), du pape Jean II ...
https://books.google.fr/books?id=D-nGTmMj2eQC
1841
Il accepta et rejeta tour a tour les constitutions politiques qui naissaient des ... succéda à Boniface Il le 22 janvier 532, et mourut en 535. —Jean [II succéda à ... qui fut le 84“, ne régna que dans son lit, 0ù'il mourut au bout d'une année, en 686.

535 — Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/535
Cette page concerne l'année 535 du calendrier julien. ... Le pape réagit immédiatement, se rend à Constantinople (2 février 536), où il détermine Justinien à ...
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mardi 1 décembre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS...536


24 NOVEMBRE 2015...

Cette page concerne l'année 536 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LA TERRE GRONDE... EN 536

Le refroidissement survenu à partir d'environ 535 dans l'hémisphère nord est le changement climatique de court terme le plus grave et le plus prolongé des deux derniers millénaires. Une cause possible en est un voile de poussière provoqué par une éruption volcanique sous les tropiques, une autre, l'impact de débris d'objets sidéraux. Parmi les multiples effets, des perturbations climatiques, des récoltes désastreuses et des famines dans le monde entier.
L'historien Byzantin Procope de Césarée, quand il écrit sur les guerres avec les Vandales, dit à propos de l'an 536 :
« Pendant cette année, un signe de mauvais augure a eu lieu. Le Soleil a donné sa lumière sans éclat […] et il a paru avoir comme une éclipse, parce que ses rayons ne brillaient pas. »

Les annales Irlandaises gaéliques enregistrent ce qui suit :
« Manque de pain dans l'année 536 » (Annales d'Ulster)
« Manque de pain dans les années 536-539 » (Annales d'Inisfallen)

D'autres sources contemporaines indépendantes rapportent :
Des températures basses, et même de la neige en été (il aurait neigé en Chine au mois d'août)
L'empereur du Japon Senka-Tennō (536-539) publie un édit insistant sur l'importance de la nourriture par rapport à l'or, précisant que 1 000 perles ne peuvent soulager celui qui souffre du froid.
L'absence de récoltes
« Un brouillard dense et sec » au Moyen-Orient, en Chine et en Europe.
Une sécheresse au Pérou, affectant les gens de culture Moche

L'analyse des troncs d'arbres par le dendrochronologiste Mike Baillie, de l'Université Queen's de Belfast, montre une croissance anormalement faible des chênes Irlandais en 536 et une autre diminution sensible en l'an 542, après un rétablissement partiel. Des événements semblables sont enregistrés dans les stries des troncs d'arbres de Suède et de Finlande, dans la Sierra Nevada (Californie) et dans les stries des arbres Fitzroya du Chili...
Par ailleurs, les noyaux de glace du Groenland et de l'Antarctique montrent des dépôts de sulfate en 533-534 ± 2 ans, preuve d'un voile étendu de poussière acide.

On a vu les événements de 536 et la famine qui s'ensuit comme explication pour le sacrifice par les élites Scandinaves de grandes quantités d'or, probablement pour apaiser les dieux et pour obtenir le retour de la lumière du Soleil.
Le déclin de l'importante ville Mézo-Américaine de Teotihuacán, accompagné de signes d'instabilité politique et de famines, est également lié aux sécheresses provoquées par le changement climatique.
En guise d’introduction au thème  « L’action des volcans sur le climat », une analyse de la catastrophe climatique qui a marqué les années 535 et 536, sur base d’écrits historiques et corroborée par des études récentes.

Procope de Césarée (en grec Προκόπιος Καισαρεύς), est un historien Byzantin du VIe siècle, dont l'œuvre constitue un récit détaillé du règne de l'empereur Justinien. Il raconte que : 
« Au cours de l’année 536, un présage d’épouvante se manifeste. Le soleil délivre sa lumière sans brillance, il ressemble de plus à un soleil en éclipse, il ne rayonne pas de façon nette ».

Cassiodorus, un sénateur Romain, écrit aussi :
« nous avons un hiver sans tempêtes, un printemps sans douceur, un été sans chaleur… Nous trouvons deux éléments contre nous : Un gel perpétuel et une sécheresse non naturelle ».

Des documents d’époque, datés du règne du Roi Arthur en Angleterre, parlent d’un terrible « brouillard sec » obscurcissant le soleil, causant l’échec des cultures en Europe, et responsable des étés froids, secs, et accompagnés de famine en Chine.
Les analyses dendrochronologiques* Européennes ont confirmé de nombreuses années de faible croissance, à cette époque, de même que celle des carottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique a révélé une teneur élevée en poussières atmosphériques sulfureuses.
 
* La dendrochronologie est une méthode scientifique permettant en particulier d'obtenir des datations de pièces de bois à l’année près en comptant et en analysant la morphologie des anneaux de croissance (ou cernes) des arbres. Elle permet également de reconstituer les changements climatiques et environnementaux.

Les écrits historiques de Michel le Syrien, un patriarche de l’église orthodoxe Syriaque, en témoignent aussi :
« Le soleil s’est obscurci et cette obscurité a duré 18 mois. Chaque jour, il ne se montre que durant quatre heures, et sa lumière est faible. Les fruits ne mûrissent pas et le vin a le goût des grappes acides » … Ces écrits sont analysés par la Nasa , car ils mentionnent des changements climatiques, connus maintenant pour leur lien avec les éruptions volcaniques.
 
Divers événements au niveau mondial accompagnent cette période de catastrophes agricoles et d’émergence de la peste : La mort de civilisations anciennes, en Perse, en Indonésie, celle de la culture Nazca en Amérique du sud et de civilisations en Arabie du sud, le schisme de l’Empire Romain, la renaissance d’une Chine unifiée, l’origine et l’extension de l’Islam …
Les hypothèses émises par les scientifiques pour expliquer cette calamité climatique sont de plusieurs ordres, et bien que celle de la collision avec un astéroïde ou une comète soit séduisante, on retient plutôt que ces événements ont été causés par une éruption volcanique massive.
Cette éruption a envoyé tant de dioxyde de soufre dans la stratosphère qu’un « hiver volcanique » en a résulté.

Le dioxyde de soufre réagit avec les molécules d’eau pour former des micro-gouttelettes d’acide sulfurique et un aérosol hautement réfléchissant, qui va induire une réduction de la quantité de lumière solaire entrante dans notre atmosphère.
Pour obtenir de tels effets sur le climat, il faut avoir affaire à des éruptions « colossales », de VEI 6 ou 7, de puissance telle qu’on n’en rencontre qu’une tous les millénaires.
 
Le VEI – Volcanic Explosivity Index –  est une échelle logarithmique utilisée pour qualifier l’importance d’une éruption volcanique. Créée par Newhall et Self, en 1982, elle intègre les données quantitatives et la description subjective d’observateurs pour donner à chaque éruption un degré de magnitude. Son échelle va de 0 à 8. Le tableau ci-dessous est une mise à jour du Global Volcanism Program, par Simkin et Siebert (1994) sur base de l’échelle de Newhall et Self.
Attribution des effets climatiques :
 
La calamité climatique des années 535-536 n’est toujours pas attribuée avec certitude : 2 volcans du sud-est Asiatique sont mis en cause, individuellement ou peut-être ensemble.
L’éruption du Rabaul, situé en Papouasie-Nouvelle Guinée, et en rapport avec la formation de sa caldeira, est datée au radiocarbone de 540 +/- 100 ans, Son VEI est de 6 pour un volume de téphra émis de 11 milliards de m³.
 
Des écrits Chinois et Indonésiens – dont le « Livre des anciens rois » , le « Pustaka Raja Purwa » - décrivent de rares phénomènes atmosphériques pouvant être liés à l’éruption d’un volcan de l’arc Indonésien … En cause celle du Proto-Krakatau.
Une expédition d’Haraldur Sigurdsson a permis de retrouver des dépôts pyroclastiques épais suggérant un effondrement de caldeira marquant le Proto-Krakatau, daté du VIe siècle.
La bathymétrie confirme une caldeira de 40 à 60 km. de diamètre effondrée sous le niveau marin, comme le suggère les anciennes histoires Javanaises, cet effondrement pourrait avoir créé le détroit de la Sonde, séparant Sumatra de Java.
La formation d’une telle caldeira implique l’éruption de plusieurs centaines de kilomètres-cubes de débris pyroclastiques  et une interaction entre le magma et l’eau de mer à une échelle énorme. Des simulations par ordinateur nous donnent des chiffres impressionnants : Un panache montant entre 25.000 et 50.000 mètres, accompagné de la vaporisation de 50 à 100 km³ d’eau de mer dans l’atmosphère, formant, selon le Los Alamos National Laboratory, une couche de nuages de glace et poussières super fines (< 10 µ) couvrant les deux hémisphères.
Une ancienne carte de l’Amirauté Britannique, d’avant l’éruption du Krakatau en 1883, témoigne de zones de faibles profondeurs dans le détroit et de la présence des îles de Krakatau, Bezee, Sebooko, et Rajah Bassa, ces îles seraient les vestiges d’évents volcaniques entourant les flancs du Proto-Krakatau, prédécesseur du Krakatau. En mettant en communication ces évents, on délimite une caldeira d’un diamètre d’environ 50 km., centrée dans l’actuel détroit de la Sonde, à 20 km. au nord-est du Krakatau.
 
Certes l’étude des panaches volcaniques, de leur dissipation, de leur impact sur l'albédo global, la hauteur de la tropopause et l’ozone stratosphérique est à parfaire … Elle fera connaître l’impact de certaines éruptions sur la déstabilisation du climat pouvant atteindre les années suivants celle-ci, et parfois toucher plusieurs décades.
Sociologiquement, l’effet-domino que ces phénomènes peuvent avoir sur l’agriculture, l’économie, la politique et la religion révèle le rôle du volcanisme et démontre, si besoin en est, l’intime lien entre la nature et la vie de l’homme.

L’année où l’hiver a avalé l’été :
Les histoires de science se lisent souvent, littéralement, comme des romans policiers, parce les scientifiques et les enquêteurs font essentiellement une seule et même chose — chercher des réponses par des raisonnements et des méthodes plus ou moins systématiques. Et ce papier qui vient de paraître dans le New Scientist en est une captivante démonstration...
L’année 536 est l’une des plus éprouvantes de l’histoire de l’humanité. Vraiment, à ranger dans le même coffre noir au fond de la même cave condamnée que la Peste noire et le choc microbien qui a décimé les Amérindiens.
LE KRAKATOA
Cette année-là, il n’y a tout simplement pas eu d’été. Des récits écrits d’un peu partout dans le monde, de la Chine jusqu’en Amérique Centrale en passant par la Méditerranée et l’Irlande, relatent qu’en 535 ou 536 (les dates varient très peu), le Soleil et la Lune se sont soudainement faits moins brillants.
Les anneaux de croissance des arbres de l’époque, toujours aux quatre coins du monde, montrent également que cette année-là fut très, très dure pour les végétaux. Des famines ont été rapportées un peu partout, déclenchant nombre de crises politique, quoi qu’il soit toujours hasardeux d’imputer ce genre d’événements à des facteurs climatiques.
Bref, il s’est passé « quelque chose » vers 535-536, mais on ne sait pas trop quoi...

D’emblée, dès les années 1980, on a soupçonné une éruption volcanique majeure, puisque il est bien connu que les gigantesques quantités de cendres rejetées lors d’un tel cataclysme peuvent bloquer partiellement la lumière du Soleil au point de refroidir temporairement le climat terrestre. Par exemple, l’été qui a suivi l’éruption du Krakatoa en 1883, dans ce qui est maintenant l’Indonésie, a été particulièrement frais, et plus près de nous, l’éruption du Pinatubo (Philippines) en 1991 a retranché jusqu’à environ 0,3°C à la température moyenne mondiale pendant un an ou deux.
Mais dans le cas de l’an 535, l’analyse de carottes de glace provenant de divers glacier (et qui donnent une idée de la composition de l’atmosphère dans le passé) n’a dans un premier temps rien montré de concluant. Et puis, pour bien embrouiller les choses, les anneaux de croissance des arbres montrent que l’épisode de froid s’est prolongé pendant environ une décennie, ce qui est trop long pour avoir été causé par une éruption unique.

Alors… alors quoi ? À mesure que se sont affinées les techniques de détection, on a fini par déceler des traces (qui peuvent être très subtiles, apparemment) d’une énorme éruption survenue vers 535, possiblement en Amérique centrale, qui a craché environ 84 km3 de cendre... Ce qui en ferait la sixième éruption en importance des 10 000 dernières années. On en a trouvé le « signal » dans des carottes glaciaires provenant d’Antarctique et du Groenland, ce qui nous donne un bon candidat pour l’« année sans été » de 536. Mais après, que s’est-il passé pour que le refroidissement dure 10 ans de plus ?

Une première hypothèse veut que l’éruption d’Amérique centrale n’ait pas été la seule, qu’un autre cataclysme du même genre ait suivi peu après. Et le signal sulfureux d’une autre éruption a été trouvé dans les glaces pour l’an 540, mais l’événement n’a eu qu’environ 15 % de l’envergure du premier, ce qui en fait une explication peu plausible.
Or un peu par hasard, des chercheurs qui ne s’intéressaient pas, au départ, à cet épisode historique ont trouvé l’an dernier de bien drôles de choses dans les glaces du Groenland...Dans les profondeurs correspondant aux années 530-40. D’abord, des « sphérules » soit des solides qui ont déjà été suffisamment chauds pour fondre et former de petites gouttelettes sphériques, forme dans laquelle ils se sont ensuite figés.
Ces sphérules sont riches en nickel, ce qui suggère une origine spatiale, et riches en étain, ce qui est caractéristique de certaines comètes.
Ensuite, les chercheurs ont aussi trouvé dans cette glace des micro-organismes qui vivent uniquement dans les océans tropicaux, ce qui n’est évidemment pas banal.
Et comme il se trouve justement que la comète de Halley est passée particulièrement proche du Soleil en 530, il devient tentant de relier les points : La comète a alors laissé de plus grandes quantités de poussière que d’habitude dans l’atmosphère terrestre, bloquant les rayons du Soleil.
Il est aussi possible qu’un ou plusieurs gros morceaux de la comète se soient détachés et aient fini par percuter la Terre, en plein dans l’océan, proche de l’équateur, ce qui expliquerait la « visite » de microbes tropicaux au Groenland.
Bref, nous aurions eu droit à un sinistre mélange de cendres volcaniques et/ou de poussière de comète et/ou d’impact météoritique. Ce ne sont là bien sûr que des hypothèses, mais ce sont les meilleures que nous ayons pour l’instant et n’est-il pas passionnant de spéculer sur l’identité de l’ « assassin » ?

Vers l'an 535, de graves bouleversements climatiques se produisent à l'échelle planétaire... Plusieurs civilisations antiques ne s'en remettront pas...

Acte premier.
Aux environs de l'an 541, l'Empire Romain est ravagé par la peste... Le bacille pénètre en Égypte par l'actuel Kenya, où une colonie de rongeurs a infecté les populations de la côte. L'épidémie va se diffuser à partir des principaux ports Africains. Elle frappe Alexandrie, Antioche et Constantinople avant de gagner l'Asie et l'Europe... Presque un tiers des habitants de l'empire mourront.
 
Acte deux.
En Amérique du Sud, de 540 à 570, une longue période de sécheresse met en difficulté les civilisations de la plaine. A la même époque naît le premier empire pan Péruvien, celui des Huari. Ils développent un système de cultures en terrasses très productif, tracent, peut-être, le large réseau routier qu'utiliseront ensuite les Incas, inventent aussi le quipu, système de numération Andin à base de cordelettes colorées et de nœuds. Les régions côtières, en déclin, passent sous la coupe des Huari.
 
Acte trois.
« Il pleut de la poudre jaune comme s'il tombait de la neige », écrit l'auteur de Nan Shi [Histoire des dynasties du Sud], l'une des grandes chroniques Chinoises du VIe siècle, qui raconte le début d'un enchaînement fatal d'événements survenus à partir de la fin de l'année 533.
 
En septembre 536, une terrible famine frappe les provinces du Nord. L'année suivante, il fait si froid qu'il neige en août dans le Guizhou, une région située à la même latitude que l'Italie du Sud. La crise alimentaire dure des années. De nombreux épisodes de cannibalisme sont rapportés. Les révoltes déstabilisent cette province de la Chine du Sud au point qu'en 589 la dynastie Sui, qui règne en Chine du Nord, lui déclare la guerre et la soumet. L'unification de la Chine est en route.
 
En 3 actes à peu près contemporains, on assiste à la fin d'un monde, le monde antique... On peut également mentionner, à la même époque, l'effondrement de la cité-État de Teotihuacán ou la chute de Tikal, la grande cité Maya.
 
En cette année 536 sévit une grande sécheresse, suivie d'une famine et d'une épidémie de variole ou de rougeole. Des populations entières fuient de la Corée vers le Japon, où cette migration va implanter des modèles culturels et institutionnels d'inspiration Chinoise. La religion bouddhiste va y influencer le shintoïsme originel, ouvrant une période de profonde mutation de la civilisation Japonaise, dans laquelle l’État-nation moderne puise son origine.
 
En Occident, les années 536-537 sont marquées par les premières grandes invasions venues d'Orient... Des Slaves d'abord, puis des Avars. A cause, encore et toujours, de la sécheresse, la maudite sécheresse.
Tous ces bouleversements plus ou moins concomitants se produisent vers les années 530-540.

Simple coïncidence ?... Peut-être pas !
Un journaliste Anglais, David Keys, affirme qu'un dénominateur commun relie tous ces événements :
Un désastre naturel aux effets climatiques effroyables qui eut lieu en 535 et qu'il décrit dans son livre, Catastrophe. Spécialiste de l'archéologie, David Keys n'est pas un illuminé. Bien qu'il force parfois les relations de cause à effet, son hypothèse, très séduisante, s'appuie sur des recherches d'universitaires de renom comme Richard Stothers, Michael Rampino, Mike Baillie ou Keving Pang.
Ces derniers ont publié de nombreuses études attestant d'un changement climatique aux effets planétaires et prolongés. Des traces de ce désastre ont été retrouvées dans les anneaux de croissance des arbres, un indicateur fréquemment utilisé pour reconstituer les climats du passé. De même, les carottes de glace prélevées dans les glaciers Andins ou les sédiments lacustres conservent les indices d'une mutation climatique radicale intervenue à cette époque.
 
Mais quelle en est la raison ?
David Keys, après avoir examiné l'hypothèse d'une collision avec un astéroïde ou une comète, opte pour l'éruption d'un volcan dans le détroit de la Sonde (entre Java et Sumatra, en Indonésie), où se trouve aujourd'hui le Krakatoa.
Quoi qu'il en soit, Jean d’Éphèse, historien et ecclésiastique du VIe siècle, décrit ce qui pourrait être les conséquences d'une telle éruption : « Le soleil émet des signaux que personne n'a jamais vus jusqu'à ce jour. L'astre s'assombrit et reste ainsi pendant 18 mois. Chaque jour, il brille mais sa lumière n'est plus qu'une sombre lueur. »

Un autre historien, Procope de Césarée, décrit l'étrange comportement de l'astre pendant l'année 535.
« Pendant presque toute l'année eut lieu un prodige terrifiant : Le soleil irradie une lumière sans clarté, semblable à celle de la lune. »
 
En Italie, Cassiodore témoigne :
« Il semble que le soleil ait perdu sa lumière habituelle, il paraît avoir pris une teinte bleuâtre. »
 
Beaucoup d'autres sources, dans diverses régions de la planète, attestent de cette curiosité.
En revanche, il paraît difficile de l'attribuer à coup sûr à une violente éruption du Krakatoa. Reste que la puissance de l'activité de ce volcan est notoire.
 
En 1883, une effroyable explosion est entendue jusqu'en Australie, à 5 000 kilomètres de distance.
Le Krakatoa vomit à cette occasion 20 kilomètres cubes de pierres ponces et de cendres. L'éruption provoque un raz de marée si violent que les vagues se soulèvent à plus de 30 mètres de haut, détruisant des dizaines de villes et tuant au moins 36 000 personnes. L'onde de choc parcourt 3 fois la circonférence de la Terre en 36 heures.
En une ou deux semaines, une large écharpe de poussières volcaniques ceinture tout le globe au niveau de l'équateur. En Europe, les radiations du Soleil perdent environ 10% de leur intensité et la température terrestre chute pendant 3 années de suite.
 
Les recherches concernant la probable explosion volcanique de 535 n'en sont qu'à leurs débuts. Si elles devaient aboutir à une confirmation, la fin du monde antique telle que nous la connaissons serait alors à réécrire...
Les glaciologues porteraient ainsi les preuves que la plupart des étés de froidure qui ont sévi entre 500 après J.C. et l'An Mil, ont été la résultante de grandes éruptions volcaniques. Ils peuvent aussi résoudre les causes de l'une des plus graves crises de l'histoire du climat, qui a commencé, en l'an 536, avec le mystérieux nuage observé, en Méditerranée, sur une durée de 18 mois, et qui découle d'une éruption majeure qui s'est produite dans l'hémisphère Nord.
Le refroidissement initial provoqué a même été exacerbé par l'éruption d'un second volcan, 4 ans plus tard, implanté sous les Tropiques.
Ces deux éruptions volcaniques consécutives ont généré, sur au moins 15 ans, de mauvaises récoltes et des pénuries alimentaires, qui ont contribué à l'expansion d'épidémie de l'an 541 à 543.
En outre, il s'avère que suite à certaines éruptions puissantes, et le produit du refroidissement en découlant, entre 500 ans avant J.C et les temps présents... Les famines et les problèmes socio-économiques qui se sont développés en Europe, en Asie et en Amérique centrale, ont tous été consécutifs à de grandes chaleurs meurtrières suivies de refroidissements du climat tout autant meurtriers...

Et comme les éruptions volcaniques sont bien au-dessus des 50 éruptions de moyenne annuelle, (au cours des 6 derniers mois écoulés, elles sont déjà plus du double et la chaleur malsaine qui n'est pas canicule car canicule est quand la température ne descend pas en dessous de 33° C., diurne et nocturne, sur une période d'au moins 72 heures, qui s'abat sur l'hémisphère Nord depuis Juin dernier, en est la conséquence inéluctable), et que bon nombre d'édifices volcaniques sont vieux et grandement faillés, il n'est pas à exclure qu'une grande éruption, telle celles de 1815, le Tambora ou de 416 le Krakatoa, ne survienne...



introduction - le changement climatique en 535. - Earth of fire
www.earth-of-fire.com/article-volcans-et-climat-introduction-le-change...
27 juin 2011 - Volcans et Climat : introduction - le changement climatique en 535. ... La calamité climatique des années 535-536 n'est toujours pas attribuée ...

L'année où l'hiver a avalé l'été|Sciences dessus dessous
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21 janv. 2014 - L'année 536 fut l'une des plus éprouvantes de l'histoire de l'humanité. ... hasardeux d'imputer ce genre d'événements à des facteurs climatiques. .... Par contre, un changement subit qui engendrerait la “faim” pourrait avoir un ...