samedi 24 octobre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS...586

6 OCTOBRE 2015...

Cette page concerne l'année 586 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LES AFFRONTEMENTS PERSO-BYZANTIN


Les guerres entre les Perses et les Byzantins sont une série de conflits entre la dynastie Perse des Sassanides et l'empire Byzantin. Elles succèdent à une longue série d'affrontements régionaux entre le monde Méditerranéen et le monde Perse, une des plus longues de l'histoire. Aux guerres Gréco-Persanes suivent les guerres Perso-Romaines, qui vont se poursuivre après la séparation de l'empire Romain et la création de l'empire Byzantin, puis après la conquête musulmane continuer avec les guerres Arabo-Byzantines.

Kardarigan est un général Sassanide qui vécut à la fin du VIe siècle. Il combat lors de la guerre Byzantino-Perse de 572 à 591.
Du fait qu'il est mentionné qu'il est assez âgé pour avoir un neveu adulte en 586, il n'est pas certain qu'il s'agisse du même général qu'un personnage homonyme qui a combattu lors d'autres guerres plus tardives, au début du VIIe siècle... Le nom de Kardarigan est en fait un titre honorifique qui signifie « faucon noir ».

Kardarigan apparaît pour la première fois en tant que commandant des forces Perses en Mésopotamie Septentrionale à la fin de l'année 582. Il s'oppose alors à une invasion Byzantine de l'Arzanène conduit par Jean Mystacon qu'il vainc à la bataille de la rivière Nymphius.

Lors d'une campagne en 583, il met le siège devant le fort d'Aphumon mais se retire pour aider à repousser une attaque Byzantine contre le fort nouvellement construit d'Akbas.

Durant l'automne 584, alors qu'il prépare une incursion dans le territoire Byzantin, il est contraint de se diriger vers l'est pour s'opposer à une invasion ennemie dirigée par Philippicos. Ce dernier se retire devant l'arrivée de Kardarigan.

En 585, alors que Philippicos tombe malade, Kardarigan passe à l'offensive, assiégeant la base Byzantine de Monocarton, sans succès. Il se dirige ensuite vers le nord, en direction de Martyropolis, la base de Philippicos.
Toutefois, après avoir mis à sac le monastère proche de la ville, il est contraint de se replier vers le territoire Perse.

Lors de l'été 586, Kardarigan attaque l'armée de Philippicos à la bataille de Solachon. Il est personnellement à la tête du centre de son armée. Toutefois, cet affrontement tourne à la déroute pour les Perses même si Kardarigan parvient à s'échapper. Beaucoup de ses soldats périssent en raison de sa décision de vider les réserves en eau de son armée pour accroître la motivation de ses hommes à briser les Byzantins pour l’accès à la rivière Arzamon. Toutefois, tandis que Philippicos met le siège devant la forteresse de Chlomaron, Kardarigan parvient à assembler une force improvisée, principalement composée de paysans conscrits. Il marche ensuite vers Chlomaron et joint ses forces avec celle des assiégés, contraignant le général Byzantin à battre en retraite. Rien n'est connu de lui par la suite, à moins qu'il ne s'agisse du même général nommé aussi Kardarigan qui apparaît vers 605.
REMPARTS DE THESSALONIQUE

La bataille de Solachon se déroule en 586 au nord de la Mésopotamie entre les forces de l'Empire Romain d'Orient (ou Empire Byzantin) dirigées par Philippicos et celles de l'Empire Sassanide sous les ordres de Kardarigan. Cette opposition fait partie de la longue et indécise guerre Byzantino-Sassanide entre 572 et 591.
Cette bataille de Solachon se termine par une victoire Romaine importante qui consolide la position impériale en Mésopotamie. Toutefois, ce succès n'est pas décisif et la guerre se poursuit jusqu'en 591, date à laquelle un accord est négocié entre Maurice et Khosro II.

Dans les jours qui précèdent la bataille, Philippicos, nouvellement nommé sur le front Perse, déplace ses troupes pour intercepter une invasion Perse anticipée. Il choisit de déployer son armée à Solachon qui contrôle les différentes routes de la plaine Mésopotamienne. En outre, cette position donne accès à la principale ressource en eau locale, la rivière Arzamon.
Kardarigan se dirige contre les Romains, confiant dans son succès, mais ceux-ci ont été prévenus et sont en ordre de bataille quand le général Perse se présente à Solachon. Les Perses se déploient et lancent l'offensive, prenant le dessus au centre du front mais l'aile droite Romaine perce le flanc gauche Perse. Rapidement, les Romains se dispersent alors que les soldats se lancent dans le pillage du camp Perse mais Philippicos parvient à restaurer la discipline. Par la suite, alors que le centre Romain est contraint de former un mur de bouclier pour contenir la pression Perse, l'aile gauche Romaine parvient à tourner la droite Perse. L'armée Sassanide est alors sous la menace d'un encerclement et elle s'effondre, se repliant précipitamment. Nombre de ses soldats meurent de soif dans le désert ou sont intoxiqués par de l'eau empoisonnée.
Kardarigan parvient à survivre avec une partie de son armée et contient les assauts Romains sur une colline pendant plusieurs jours avant que les Romains ne se replient.

En 572, l'empereur Byzantin Justin II refuse de payer le tribut annuel à l'empire Perse Sassanide qui est une composante de l'accord de paix conclu par son oncle, Justinien et le chah Khosro Ier en 562.
Cette décision marque le point culminant de la détérioration progressive des relations entre les deux empires depuis plusieurs années, qui se manifeste par des manœuvres militaires et diplomatiques à leur périphérie. Ainsi, les Romains approchent les Köktürks pour mener un effort conjoint contre les Perses tandis que les Perses interviennent au Yémen contre le royaume d'Aksoum allié aux Romains. En outre, Justin considère le tribut annuel comme une condition indigne des Romains et se sert de l'éclatement de l'Arménie Perse dans la grande révolte de 571-572 comme d'un prétexte pour ne plus le payer...
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Cette décision de Justin équivaut à une déclaration de guerre. C'est le quatrième conflit entre les deux grandes puissances de l'Antiquité tardive au VIe siècle. Si les premiers succès sont à mettre à l'actif des Perses, avec la prise de Dara (Oğuz), la guerre s'avère progressivement indécise et s'étale en longueur. Aux victoires Romaines succèdent des succès Perses, des négociations intermittentes et des trêves temporaires.

En 582, Maurice, qui a servi comme général durant la guerre, arrive sur le trône à Constantinople. A cette date, les Perses ont pris le dessus en Mésopotamie grâce à la prise de Dara en 574 tandis que les Romains ont l'avantage en Arzanène.

Après l'échec d'un nouveau cycle de négociations, Maurice nomme son beau-frère Philippicos comme commandant en chef du front Mésopotamien (magister militum per Orientem) en 584. Le nouveau général lance des raids dans la région autour de la grande forteresse Perse de Nusaybin puis dans l'Arzanène en 585. Le général Perse Kardarigan répond avec le siège infructueux de Monokarton, la principale base de Philippicos.

Au printemps 586, Maurice rejette les propositions Perses de paix en échange de paiements en or. L'historien contemporain Théophylacte Simocatta rapporte que l'armée de Philippicos veut se confronter aux Perses et le commandant Byzantin se dirige vers le sud, depuis sa base d'Amida, traverse la rivière Arzamon vers sa rive est, pour ensuite avancer de 15 kilomètres vers l'est en direction de la plaine de Solachon où il établit son camp. Cette position, au sud des forteresses de Mardes et Dara, permettent à l'armée romaine de contrôler le passage de la rivière Arzamon et de forcer l'armée Perse dirigée par Kardarigan d'avancer à travers une plaine sans eau, loin des lignes d'approvisionnement, avant d'affronter les Romains.

Du côté Perse, Kardarigan est aussi désireux de combattre et est confiant dans sa victoire. Il organise une escorte de nombreux chameaux portant de l'eau pour ses troupes dans le cas où les Romains refuseraient de se battre mais continueraient de bloquer les accès à la rivière Arzamon.

Il aurait aussi préparé des barres de fer et des chaînes pour les prisonniers qu'il va faire... Toutefois, ses mouvements sont repérés quand les foederati arabes au service des Romains capturent des soldats Perses, ce qui permet à Philippicos de préparer ses troupes. Cette information est d'une importance capitale car Kardarigan a prévu d'attaquer le dimanche, le jour de repos des soldats Romains chrétiens. Les deux armées semblent n'être composées que de forces de cavalerie, comprenant des lanciers et des archers à cheval, et peut-être des unités de cataphractaires.

Quand les éclaireurs de Philippicos rapportent l'approche des Perses, le général Romain positionne ses hommes sur une colline de manière à ce qu'ils fassent face à la direction depuis laquelle les Perses arrivent.
Son flanc gauche est protégé par les piémonts du Mont Izalas. L'armée Romaine est disposée en une seule ligne de bataille avec 3 divisions. L'aile gauche est commandée par le chef de la province de Phoenice Libanensis et elle comprend un contingent archers à cheval Huns dirigé par Apsich. Le centre de l'armée est sous la responsabilité du général Héraclius l'Ancien, futur exarque d'Afrique et père de l'empereur Héraclius.
Enfin, l'aile droite est commandée par le taxiarque Vitalius. Cette disposition de forces est aussi adoptée par les Perses dès qu'ils arrivent en vue de l'armée Byzantine. L'aile droite Sassanide est dirigés par Mébodès, le centre par Kardarigan et l'aile gauche par le neveu de ce dernier, Aphraatès. À la différence de Kardarigan, Philippicos reste à distance de la ligne de front avec une petite force, de manière à diriger l'ensemble de ses forces.

Après une courte halte pour laisser le train d'approvisionnement sur leurs arrières et former une ligne de bataille, les Perses avancent rapidement vers les Romains, tirant des flèches pour soutenir leur approche. Les Romains font aussi usage de leurs archers et s'avancent pour rencontrer l'armée adverse. Sur l'aile droite, Vitalius est rapidement victorieux. Sa cavalerie lourde brise le flanc Perse et le repousse. Toutefois, les troupes de Vitalius se désorganisent rapidement et font courir un grand risque à l'armée Romaine. En effet, elles se dirigent vers le camp Perse pour le piller.

Philippicos s'en aperçoit et réagit vivement. Il donne son casque distinctif à l'un de ses gardes du corps, Théodore Ilibinus, et l'envoie réorganiser la cavalerie qui s'expose à ses sanctions si elles refusent... Le plan fonctionne car les soldats Romains reconnaissent le casque et s'organisent à temps pour contenir les Perses qui se sont regroupés au centre et sont alors en train de repousser les Romains en infériorité numérique.

Pour s'opposer à la contre-attaque Perse, Philippicos ordonne aux troupes situées au centre de descendre de cheval pour former un mur de boucliers dont les lances sortent (formation fulcum). Ce qui intervient après n'est pas certain mais les archers Romains ont sans doute visé les chevaux des Perses, brisant leur élan.
Au même moment, l'aile gauche Byzantine lance une contre-attaque victorieuse qui repousse l'aile droite Perse. Bientôt, celle-ci se débande et s'enfuit, poursuivie par les Romains... Avec les deux flancs brisés, le centre Perse est confronté à l'attaque de la droite Romaine qui s'est réorganisée. Les Perses sont alors submergés, attaqués de plusieurs côtés et commencent à fuir.

L'armée Perse vaincue souffre de lourdes pertes liées non seulement à la poursuite Byzantine mais aussi au manque d'eau. Avant la bataille, Kardarigan a ordonné de verser les réserves d'eau sur sol, de manière à stimuler la motivation de ses hommes à briser l'armée Byzantine pour atteindre la rivière Arzamon. En outre, les Perses survivants se voient refuser l'entrée à Dara.
Selon Simocatta, la tradition Perse interdit l'entrée aux fuyards. Il raconte aussi que de nombreux Perses périssent de soif ou du fait de l'ingestion d'eau empoisonnée après leur calvaire. Quant à Kardarigan, il parvient à s'enfuir et à trouver refuge sur une colline avoisinante avec un petit détachement. Là, il contient plusieurs attaques Romaines. Après 3 ou 4 jours, les Romains, qui ne sont pas au courant de la présence du général Perse, décident de stopper leurs efforts. De ce fait, Kardarigan peut s'échapper même si ses hommes subissent de lourdes pertes face aux patrouilles Byzantines

Après la bataille, Philippicos récompense les soldats qui se sont distingués et divise le butin des Perses entre eux. Par la suite, il se lance de nouveau dans l'invasion de l'Arzanène. Toutefois, sa tentative pour prendre la forteresse de Chlomaron est mise en échec quand Kardarigan arrive avec des renforts.
L'armée Byzantine bat en retraite vers la forteresse d'Aphumon, menant des actions d'arrière-garde face à la poursuite des Perses.

La victoire de Solachon permet aux Byzantins de reprendre le dessus dans la région de Tur Abdin. Ainsi, ils peuvent rétablir leur emprise sur la région autour de Dara. Toutefois, la guerre se poursuit encore quelques années sans que l'un des camps ne parvienne à emporter la décision jusqu'à la révolte de Bahrām-i-Chūbīn qui pousse le chah légitime, Khosro II, à se réfugier chez les Byzantins. Une expédition conjointe est alors menée pour chasser l'usurpateur du trône et un traité de paix est conclu en 591 qui laisse la plupart de l'Arménie à l'Empire Byzantin.

Le 19 avril 573 Marcien part de Dara en campagne contre la Mésopotamie Perse. Il bat les Perses à Sargathon et assiège Nisibe. Accusé par Justin II de prétendre à l'empire, il est rappelé, et ses troupes lèvent le siège en désordre.

Pendant l'été, les troupes Perses du général Adarmahan envahissent la Syrie Byzantine, ravagent les faubourgs d'Antioche, assiègent Apamée et réduisent ses habitants en esclavage, puis mettent le siège devant la ville stratégique de Dara, qui tombe le 15 novembre après 6 mois de siège... La folie de Justin II oblige le gouvernement Byzantin à demander une trêve d'un an, que les Perses n'accordent que contre le paiement de 45 000 sols d'or, au printemps 574.
Au printemps de 575, pendant les négociations destinées à prolonger la trêve entre Byzantins et Perses, le roi Sassanides Khosrô Ier envahit brusquement l’Arménie Romaine, mais ne peut prendre Theodosiopolis, et se dirige sur la Cappadoce où il se heurte aux forces du général Byzantin Justinien et des Arméniens révoltés, qui lui infligent une grave défaite près de Mélitène. L'armée de Khosrô doit repasser l’Euphrate en désordre, après avoir incendié Mélitène et Sébaste. Justinien réoccupe la Persarménie et lance des raids en Atropatène. Il subit ensuite plusieurs défaites, liées à l’indiscipline de son armée composée d'auxiliaires barbares, qui vont entraîner la rupture des négociations engagées pour la signature de la paix (576-577).
(Khosrô Ier avait ouvert des négociations de paix avec les Byzantins à l'automne 576)

L'été suivant, le général Justinien est battu par le général Perse Tamkhosrau en Arménie, où les Romains se sont aliénés les populations locales, les Perses font traîner les pourparlers de paix pendant l'automne, pour retarder les préparatifs des Byzantins. Durant l'hiver 577/578, le général Byzantin Maurice prend le commandement des armées d'Orient.

Au printemps 578 les pourparlers de paix sont rompus. Les Perses anticipent la fin de la trêve de 40 jours et attaquent la Mésopotamie Byzantine. Le général Cappadocien Maurice riposte en envahissant l'Arzanène pendant l'été et l'automne. Il entre ensuite en Mésopotamie Perse où il s'empare de la forteresse d'Aphumon et met à sac Singara. Tibère II accède à l'empire le 26 septembre. Pendant l'hiver, il ouvre de nouvelles négociations de paix avec les Sassanides. Khosro Ier meurt au début de l'année suivante, et Hormizd IV lui succède. Les Byzantins envoient des émissaires en Perse pour négocier la paix. Les Perses font durer volontairement les négociations, et à l'automne, Byzance s'apprête à reconduire la guerre.

LA TOUR DE THASSALONIQUE
La guerre se poursuit. Pendant l'été 580, Maurice mène une deuxième campagne, puis une troisième en Mésopotamie pendant l'été 581 avec le Ghassanide al-Mundhir. Il franchissent l’Euphrate et menacent Ctésiphon, la capitale des Sassanides. Pendant l'hiver Tibère II tente de nouveau de négocier la paix avec Hormizd IV. Le roi Ghassanide al-Mundhir, qui s'est querellé avec Maurice est arrêté et condamné pour trahison.
Maurice défait le général Tamkhosrô, qui est tué, à la bataille de Constantine en juin 582.
Les troupes Perses sont encore battues près de Dara pendant l'été. Maurice n'exploite pas sa victoire, et se rend à Constantinople où il accède à l'empire (14 août). À l'automne, le général Jean Mystacon prend le commandement des armées d'Orient. Il lance une campagne en Arzanène, mais après un premier succès est battu par le général perse Kardarigan au confluent du Nymphaios et du Tigre, à cause de la défection du légat Cours.

L'été 583 Jean Mystacon retourne en Arzanène, assiège la forteresse d'Acbas sur le Nymphaios mais est repoussé à l'automne. Les négociations de paix engagées pendant l'hiver 583-584 échouent. Jean Mystacon est remplacé par Philippicos, beau-frère de l'empereur Maurice, nommé commandant des troupes d'Orient, il recrute des troupes et fortifie Monocarton (printemps-été 584) puis à l'automne ravage les plaines de Beth Arabaye près de Nisibe.

En été 585, il poursuit les opérations en Arzanène.

Au printemps 586, les Perses renouent les pourparlers de paix avec les Byzantins quand Philippicos bat Kardarigan à la bataille de Solachon près de Dara. Durant l'été il mène une nouvelle campagne en Arzanène et assiège Chlomaron sans pouvoir la prendre, tandis qu'à l'automne le général Heraclius l'Ancien ravage les territoires Perses au-delà du Tigre. L'été suivant est occupé par les Byzantins à assiéger les forteresses Perses.

Héraclius, surnommé l'Ancien pour le distinguer de son fils, est un général et administrateur Byzantin, mari d'Epiphania.
Père de : L'empereur Héraclius.
Maria, femme de Martinos (issue les Martinakioi).
D'Eutropius.
De Theodorus, curopalate en 613, décédé en Heliopolis de Syrie en 652/653.
De Gregoria, femme de son cousin Nicétas, et mort peu après l'accession de celui-ci au trône le 5 octobre 610.

Né sans doute vers 540, il est apparemment d'origine Arménienne, en tout cas natif de l'Arménie Byzantine. Stratège en 584, Il apparaît pour la première fois dans les sources en 586 : Et commande un corps de l'armée Byzantine à la bataille de Solachon, livrée contre les Perses, sous les ordres de Philippikos, Magister Militum per Orientem.
Pendant l'invasion de la province Arménienne d'Arzanène qui suit, et le siège de la ville de Chlomaron, Héraclius, qui est alors commandant-en-second (ύποστράτηγος), est chargé par Philippikos d'une périlleuse mission de reconnaissance en direction de l'Arménie Perse, constatant l'approche d'une armée ennemie menée par le général Perse Kardarigan, il en prévient Philippikos, qui se replie précipitamment vers Amida. Ensuite, malade, le généralissime confie une partie de l'armée Byzantine à son adjoint pour mener une razzia dans la région de Nisibe.

En 587, Philippikos charge les généraux Héraclius, Théodore et Andreas de raids en territoire Perse, et à l'automne de cette année, rentrant à Constantinople, il se fait remplacer à la tête de l'armée d'Orient par Héraclius.

Héraclius l'Ancien réapparaît dans les sources vers 595 comme Magister Militum per Armeniam, assisté d'Hamazasp Mamikonian, il combat les rebelles Arméniens Samuel Vahewuni et Atat Khorkhoruni. Il est finalement nommé exarque de Carthage en 600 par l'empereur Maurice, donc avant le renversement de celui-ci par Phocas en novembre 602.

Il occupe ensuite cette fonction jusqu'à sa mort... Il se déclare rebelle contre Phocas pendant l'été 608, l'an dans lequel il est consul, et envoie son neveu Nicétas, par voie de terre, s'emparer d'Alexandrie et de la Basse-Égypte, mission qui est menée à bien avant la fin de l'année 609.
A Carthage, l'exarque et son fils, le futur empereur, se sont proclamés tous deux « consuls » titre qui n'a plus été attribué depuis le règne de Justinien Ier, ils apparaissent en habit consulaire sur des pièces de monnaie frappées à Carthage, puis à Alexandrie à cette époque. Finalement, Héraclius le Jeune prend la mer au printemps 610 à la tête de la flotte qui arrive à Constantinople au début octobre, renverse Phocas. Selon Jean de Nikiou, le père a le temps d'apprendre la victoire de son fils et de s'en réjouir avant de mourir...

Bataille de Solachon — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Solachon
La bataille de Solachon se déroule en 586 au nord de la Mésopotamie entre les ... progressive des relations entre les deux empires depuis plusieurs années, ...
Les sources de Théolphylacte Simocatta historien
https://books.google.fr/books?isbn=9004082727
Thérèse Olajos - 1988 - ‎Byzantine Empire
... les opérations militaires de l'année 586 avec beaucoup plus de détails (presque ... Il est vrai d'autre part que la datation de la bataille de Solachon en 587 est ...









jeudi 22 octobre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 587

5 OCTOBRE 2015...

Cette page concerne l'année 587 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

CHOCS RÉPÉTÉS ENTRE L'EMPIRE ROMAIN D'ORIENT ET LES AVARS BARBARES DE L'EST.

Ils sont originaires de Mongolie, connus par les Chinois sous le nom de Ruanruan (Jouan Jouan). Au Ve siècle, leur khan Chö-louen fonde un empire nomade de la Corée à l’Irtych.

En 546, leurs vassaux Tölech se révoltent. Bumin, chef des Tujue (Köktürks), réprime la rébellion et réclame en récompense la main d’une princesse Ruanruan, ce qui lui est refusé.
Vexé, il se décide à la révolte et envoie une ambassade en Chine auprès des Wei. Il s'allie avec eux et épouse une princesse Tabghatch en 551.

En 552, le dernier khan Ruanruan, encerclé se donne la mort.
L'empire Avar s'effondre et est remplacé en Mongolie par celui des Köktürks, les survivants se réfugient à la frontière de la Chine où les Qi du Nord, successeurs des Wei, les établissent en fédération.

L’historien Byzantin Théophylacte Simocatta relate la migration des Avars de la Haute Asie vers la Russie Méridionale. Il distingue les vrais Avars des Pseudo-Avars (Pseudavaroi). Les premiers sont les Ruanruan proprement-dits, les autres : Des peuples rencontrés en chemin, et que les historiens modernes supposent être Scythiques (Iraniens), Hunniques et/ou Turcs.

Selon Simocatta, les Avars connus en Europe ont usurpé ce nom prestigieux. Ils sont selon lui formés de deux hordes unies, celle des Ouar (ou War), qui a donné Avar, et celle des Kounni ou Khouni, qui semble d'origine Hunnique, les Ουαρχονήται (Ouarkhonites) des Byzantins. Certains orientalistes, d'après les sources Byzantines qui qualifient les Ouarkhonitai de Ogor, pensent qu'il peuvent être d'origine ouïghoure, donc Turque. Albert Herrmann, qui insiste sur leur origine Mongole, suggère que si les Avars qui émigrent en Europe dans la seconde moitié du VIe siècle ne sont plus des Ruanruan, ils peuvent être des Huns Hephtalites vaincus vers 565 et chassés de Transoxiane et de Bactriane par les Sassanides et les Köktürks.

Ils se dirigent vers l'Europe connus sous le nom d'Avars (grec : Αβάροι : Abaroi, latin : Avari, Avares) et migrent vers l'ouest tout en poussant devant eux d'autres peuplades Turco-Mongoles : « les Hunnougour et Sabir et d’autres hordes Hunniques » selon Théophylacte Simocatta, ce nom d’Hunnougour, transcrit par Onogoures, est, par confusion ultérieure avec les Magyars, à l'origine du nom latin d’Unguri : Hongrois. Les Avars sont mentionnés pour la première fois au nord du Caucase en 555 par des sources Syriennes (le pseudo Zacharie le rhéteur). Installés sur la Volga, ils envoient une ambassade menée par Kandikh au général Byzantin Justin en Lazique en 557, par l'intermédiaire du roi des Alains du Caucase, Saros.

L'empereur Justinien invite cette ambassade à Constantinople où elle arrive en janvier 558. Avec l'autorisation du Sénat, l'empereur charge les Avars de soumettre les nomades de la steppe Pontique (aujourd'hui Ukrainienne) tels que les Koutrigours, Outigours, Antes, Sabires, Zales et autres, contre un paiement et des terres sur le bas-Danube.

Vers 560 les Avars vassalisent les Outigours et les Koutrigours, qui nomadisent au nord-ouest de la mer d’Azov et à l’embouchure du Don. Ils atteignent le bas-Danube en 562, et envoient une nouvelle ambassade à Justinien pour demander des terres au Sud du fleuve (Mésie), l'empereur leur propose d'occuper le territoire des Hérules, en Pannonie seconde, mais ils ne se montrent pas intéressés lançant alors des campagnes au nord-ouest, contre les tribus Slaves (Antes, Slovènes et Wendes), à l’ouest (où ils entrent en Germanie mais sont mis en déroute en Thuringe par le roi Franc d’Austrasie Sigebert en 562) et vers la mer Noire (où ils ravagent la Scythie mineure, ce qui les fait entrer en conflit avec l'Empire Byzantin dont c'est une province). Une autre expédition de pillage jusqu'aux rives de l'Elbe en 566-567 voit la défaite de Sigebert qui est fait prisonnier, puis libéré contre rançon.

SLAVE DU SUD
Après la mort de Justinien, une ambassade Avare est à nouveau reçue par l'empereur Byzantin Justin II en 565. L'envoyé des Avars, Targitès, réclame Sirmium et le paiement auparavant versé aux Outigours et Koutrigours, désormais vassaux des Avars. Justin refuse.
Durant l'hiver 566-567, les Turcs Occidentaux traversent la Volga gelée dans l'intention d'écraser les Avars. Le Khâgan (« khân des khâns ») Avar Bayan, menacé à l'est, conclut une alliance à l'ouest avec les Lombards de Pannonie contre les Gépides, qu'ils chassent de Dacie (province de Roumanie) en 567.
Les Avars contrôlent alors la steppe de la Volga au Danube et les populations locales, comme les Slaves, les Valaques et les Bulgares. Ils exploitent la population rurale sédentaire. Les Slaves participent parfois à leurs expéditions, notamment sur Constantinople.

Après le départ des Lombards vers l'Italie au printemps 568, Bayan occupe la partie ouest du bassin des Carpates et toute la région du moyen-Danube. Les Avars avancent jusqu’en Bavière et multiplient les raids de pillage dans le monde Germanique, souvent en tant que mercenaires des souverains d’Europe Occidentale et Méridionale.

En 569, ils réclament à nouveau à l'Empire Byzantin la possession de Sirmium en Pannonie et un tribut. Devant le refus des Byzantins, ils envoient leur alliés Koutrigours ravager la Dalmatie par la Save, et obtiennent en 571 un traité qui leur laisse les terres des Gépides, sauf Sirmium.

Durant l'été 582, Bayan prend Sirmium. L'empereur Byzantin Tibère II lui paie un énorme tribut pour sauvegarder le reste des Balkans et obtient une paix de 2 ans. Bayan, accompagné de Slaves, repasse le Danube en 585 mais est battu durant l'été après s'être avancé jusqu'au Long Mur de Thrace. Il assiège Thessalonique (22 septembre 586 ou 597), mais est vaincu vers 587 par les Byzantins près d’Andrinople.

Il revient en 592, prend Anchialos (aujourd'hui Pomorje en Bulgarie) et ravage la Thrace, mais se heurte au général Byzantin Priscus, qui franchit le Danube, l’attaque en Pannonie et le bat complètement sur les bords de la Tissia, tuant 4 de ses fils en 601... Bayan meurt peu après en 602.

À partir de 610, son successeur se tourne vers l'ouest et attaque l'Italie. Cividale, capitale du duché Lombard du Frioul, est prise.
Le duc Gisulf II meurt au combat et sa femme Romilda passe à l'ennemi.
Les Avars mettent le Frioul à feu et à sang et combattent le roi Lombard Agilolf.

En 619, lors d'une entrevue à Héraclée de Thrace, le Khagan tente de s'emparer de la personne de l’empereur Heraclius, puis attaque vainement Constantinople. Il s'allie aux Perses Sassanides, en guerre contre les Byzantins, pour assiéger conjointement Constantinople en juin-juillet 626 avec 80 000 cavaliers et fantassins (chiffre certainement exagéré par les chroniqueurs de l'époque), comportant, en plus des Avars, des contingents Slaves, Asiatiques et Germaniques, mais la flotte Byzantine parvient à empêcher les Avars et les Perses de coordonner leur action et les Avars sont repoussés avec de très lourdes pertes (4 août 626). Cette lourde défaite est le signal de la révolte pour les tribus Slaves et des populations Valaques soumises par les Avars.
À la mort du Khagan vaincu (630), les Bulgares, jusqu'alors fidèles alliés de Avars, demandent que la dignité de Khagan soit attribuée à leur khan Koubrat. Les Avars répriment cette révolte, mais doivent abandonner aux Bulgares la région au nord de la mer Noire, dite Grande Bulgarie (632). À l'ouest, le Franc Samo prend la tête de la révolte Slave et s’affirme comme chef des territoires libérés, Moravie, Bohême, Basse-Autriche et Serbie Blanche (631).

Dans le bassin du bas-Danube et des Balkans, les envahisseurs Slaves forment des « Sklavinies », petites principautés indépendantes les unes des autres, qui s'intercalent entre les « Valachies » et échappent plus ou moins complètement au pouvoir de l’empereur Byzantin. Les Slaves occupent ainsi la région entre Danube et Save, qui échappe aux Avars. Après la mort de Samo en 658, son domaine se désagrège. Les Avars rétablissent leur domination sur la frontière du Danube, mais sont déjà entrés en décadence...

Les ancêtres Indo-Européens des Slaves, proches des Baltes et des Germains sur le plan ethnolinguistique, sont connus depuis la fin du Ier millénaire avant notre ère, mais le nom de « Slaves » date du Ve siècle lorsque les Byzantins, et plus tard les Occidentaux, commencent à entrer en relations directes avec eux.
Lorsque pour la première fois au Ier siècle de notre ère, Pline l'Ancien et Tacite parlent des Veneti (→ Vénètes), voisins orientaux des Germains, il est très probable qu'ils se réfèrent aux Slaves. Au IIe siècle, Claude Ptolémée, énumérant les peuples d'Europe Centrale et Orientale, cite le nom de Suovenoi proche du grec sklavenoi plus tardif, il s'agit très probablement de la première mention de la racine du mot « Slave ».
Il est possible que les Protoslaves aient également été apparentés aux Scythes et aux Thraces, dont la langue était « satem » comme celles des Slaves. Avant cette date, ils ne sont pas directement en contact avec l’Europe Méditerranéenne : On suppose que le nom de « Vénètes » est une forme latine du nom de « Wendes » que leur donnent les Germains. Mais les mentions sont très rares avant qu’ils soient connus sous le nom des Slaves qui signifie soit « les glorieux » (de Slava), soit « ceux qui parlent » (de Slovo).

Au Moyen Âge, les Slaves constituent des principautés et des royaumes puissants en Europe Centrale et en Europe Orientale, dont certains existent toujours sous d'autres formes aujourd’hui :
Les Slaves sont connus depuis la fin du Ier millénaire avant notre ère, mais leur nom de « Slaves » est mentionné pour la première fois en 500 après J.-C.

Priscus (en grec : Πρίσκος) (mort en 613) est un général Byzantin combattant sur le front oriental de l'empire lors des règnes de Maurice, Phocas et Héraclius. Bien que les sources de l'époque lui soient favorables, Priscus donne effectivement l'impression d'être un général capable et efficace.

Sous Maurice, il se distingue dans ses campagnes contre les Avars et leurs alliés Slaves dans les Balkans. Absent de Constantinople au moment de la destitution de Maurice par Phocas, il fait partie des rares proches de Maurice à survivre au nouveau régime puisqu'il reste un général haut placé et se marie même avec une des filles de l'empereur. Néanmoins, Priscus négocie aussi avec Héraclius qu'il aide dans sa rébellion contre Phocas. Le nouvel empereur lui confie ensuite le commandement de l'armée dans la guerre contre les Sassanides en 611-612.
Après l'échec de sa campagne, il est déposé et tonsuré. Il meurt l'année suivante en 613. Priscus apparaît pour la première fois les sources de la fin de 587 ou au début de 588 quand il est nommé magister militum pour l'Orient en remplacement de Philippicus. Il ne prend réellement ses fonctions qu'au cours du printemps du fait du trajet jusqu'à Monocarton, son quartier général. Priscus s'oppose immédiatement à ses soldats du fait de ses manières hautaines. Il refuse ainsi de se mélanger avec ses soldats ce qui le rend impopulaire. En outre, un décret de Maurice annonce la réduction de la paie des soldats d'un quart ce qui provoque une mutinerie le jour de Pâques, c'est-à-dire le 18 avril 588...

Les Sklavinies (grec: Σκλαβινίαι, Latin : SCLAVINIAE) est un terme grec désignant les colonies Slaves intercalées entre les « Valachies » du bassin du bas-Danube, et de l'empire Byzantin. Les plus anciens établissements Slaves dans les Balkans sont localisés par l'archéologie en Moldavie et attesté dès la seconde moitié du VIe siècle, fait qui est corroboré par les écrits de Procope qui note vers 560 la présence des Sklavènes et les Antes au delà de l'Istros et en Scythie. Les premières incursions Slaves contre l'empire Byzantin sont mentionnés en 517 en Macédoine et en Thessalie qu'ils pillent aux côtés des Koutrigours (Proto-Bulgares), ceux-ci atteignent Corinthe dans le raid de 539-540, qui semble ouvrir une brèche dans la défense Byzantine. Les Sklavènes ravagent l'empire Byzantin en 545-546 (Thrace), en 548 (Dyrrachium, Illyricum), en 550 (Thrace, Illyricum), 551 (Illyricum)

GUERRIERS AVARS
Arrivés sur le bas-Danube en 562, les Avars vassalisent les tribus Slaves au nord du Danube (Antes, Slovènes et Wendes). Ces peuples participent aux guerres entre les Avars et les Byzantins à partir de 568. Des incursions sklavène ont lieu en 570 ou 571 en direction de Naissus, puis à grande échelle dans les années 580-584 sans que l'on puisse s'assurer de la formation d'un établissement permanent. Après la prise de Sirmium par les Avars en 582, le chemin de la Save est ouvert à leur installation dans les Balkans. Slaves et Avars repassent le Danube en 583, assiègent Thessalonique (586 ou 597).
Les Antes sont un peuple Slave qui, selon Jordanès, habitait, le pays compris entre le Dniestr et le Dniepr jusqu'à la mer Noire. Leur nom paraît être synonyme de Wendes ou Vénètes. Soumis tour à tour aux Goths et aux Huns, ils prennent souvent, après Justinien, du service dans les troupes Byzantines. Exterminés par les Avars, les Bulgares et les Hongrois, ils disparaissent pour se fondre dans le peuple Polanes.


587 — Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/587 cette page concerne l'année 587 du calendrier julien. ... 1 Événements. 1.1 Asie; 1.2 Europe. 2 Naissances en 587; 3 Décès en 587; 4 Notes et références ...
Événements - ‎Naissances en 587 - ‎Décès en 587 - ‎Notes et références
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Guerres et civilisations
https://books.google.fr/books?isbn=2738187730
Gérard Chaliand - 2005
Les Avars, pour leur part, sont arrêtés devant Andrinople (587). L'année suivante, ils envahissent à nouveau la Thrace. Maurice achète la paix pour La grande ...

Le Péloponnèse du IVe au VIIIe siècle: changements et ...
https://books.google.fr/books?isbn=2859443266
Anna Avramea - 1997 - ‎Greece
... est le suivant : «Ainsi les Avars, ayant conquis le Péloponnèse et l'habitant, ... l'an du monde 6096 (587/8), qui était la sixième année du règne de Maurice, ...

mardi 20 octobre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 588


4 OCTOBRE 2015...

Cette page concerne l'année 588 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

TRIBULATIONS ET MALVERSATIONS DE DIDIER DE TOULOUSE


Didier (Desiderius), duc de Toulouse et d'Aquitaine, un des généraux de Chilpéric Ier, impliqué dans la révolte de Gondovald (mort en 587).
Il tente en 576 d'envahir les états de Childebert d'Austrasie, alors en bas âge, mais il est battu en Limousin par le patrice Mummolus, dépêché par le roi de Bourgogne Gontran.
En 581, toujours pour le compte de Chilpéric, il profite de la discorde entre Childebert et Gontran pour s'emparer de l'Agenais et du Périgord, possessions de Gontran.
Au printemps 583, Chilpéric entreprend d'attaquer les possessions de son frère Gontran dans le Berry. Il envoie le duc Didier, renforcé par Bladaste, duc de Novempopulanie, qui rencontrent les armées de Gontran à Châteaumeillant, où de lourdes pertes sont subies de part et d'autre.
Didier et Bladaste, rejoint par le duc de Poitiers Berulfus assiègent Bourges, quant, au nord, Chilpéric est surpris près de Melun par Gontran. Un accord est signé le lendemain. Le siège de Bourges est levé mais les troupes ravagent le pays en se retirant.
Après la mort de Chilpéric en septembre 584, Didier, qui a rejoint les partisans du prétendant Mérovingien Gondovald, s'empare des trésors de Rigonde, fille du roi défunt et de Frédégonde, partie épouser le prince Wisigoth Récarède Ier. Didier abandonne le parti de Gondovald quand Gontran lève une armée contre lui. Le prétendant, réfugié à Comminges, est tué en mars 585. Didier parvient à rentrer en grâce auprès de Gontran et conserve son gouvernement à Toulouse. Il doit cependant rendre sa captive, Rigonde, qui retourne auprès de sa mère.
Il doit abandonner l'Albigeois, restitué en 587 par Gontran à son neveu Childebert II.
Mais il intervient cette même année pour soutenir la Septimanie révoltée contre le roi Récarède, il sera tué devant Carcassonne.
Après sa mort, Tétradie son épouse qu'il a enlevée à un puissant seigneur d'Auvergne nommé Eulalius, est rendue à son premier mari, et les enfants qu'elle a eu de Didier sont déclarés illégitimes en 589 par un concile d'évêques réuni à Marvejols.
Didier de Toulouse, Desiderius, est né en 548 certainement à Albi.

Didier est l'un des derniers membres de la gens Syagrii. Il devient dux de Toulouse et d'une partie de l'Aquitaine (583-587). Didier est originaire d'Albi - ou sa famille s'y installe à cette époque. On le pense être le fils de l'évêque Désiré de Verdun et de la noble dame Clotilde de Toulouse. Didier est apparenté à un grand nombre d'évêques et de seigneurs laïcs...

Didier est un des généraux de Chilpéric Ier, roi de Soissons (561-584), roi de Paris (567-584). Chilpéric Ier envoie Didier avec la tâche de conquérir l'Aquitaine. Ce chef d'armée profitant des conflits fratricides entre les héritiers du royaume Franc, pour servir ses intérêts personnels.

Le patrice Eunius Mummolus intervient dans le conflit entre le roi d'Austrasie Sigebert et le roi de Soissons, Chilpéric. Il réussit à battre Didier de Toulouse, en Limousin en 576. Un an plus tard, en 577, Didier ravage la future Touraine. Il séjourne dans la région parisienne et affronte le roi Sigebert (d'Austrasie) à qui il prend Périgueux, Agen, et Albi.

En 581, toujours pour le compte de Chilpéric, il profite de la discorde entre Childebert et Gontran pour s'emparer de l'Agenais et du Périgord, possessions de Gontran.

Didier fait en 582 une alliance avec Eunius Mommulus.

En 583, Chilpéric Ier donne la province d'Aquitaine à un certain Bladast et à Didier. Le roi les envoie au Pays Basque où ils subissent une lourde défaite.

Après la mort de Chilpéric II en 584, Didier, duc de Toulouse, s'empare du trésor de Rigonde, fille du roi défunt. Un usurpateur Gondovald quitte Avignon, traverse l'Auvergne, et se fait proclamer roi à Brives en décembre 584.
Puis il parcours l'Aquitaine et la Novempopulanie pour se faire reconnaître et réunir une armée.
Gondovald et Didier malmènent l'évêque de Toulouse, Magnulf. Gontran, qui a fait du jeune roi d'Austrasie, Childebert, son héritier, rassemble ses forces. Gondovald, l'usurpateur, est trahi par le duc Didier en 585. Pour lui c'est la fin ! Didier parvient à rentrer en grâce auprès de Gontran et est toujours duc de Toulouse. Il doit cependant rendre sa captive, Rigonde. Il intervient en 587 pour soutenir la Septimanie révoltée contre le roi Récarède, mais est tué.

Ce portrait est celui d'un véritable chef de guerre, passant le plus clair de son temps à cheval, guerroyant de longs mois, officiellement au service des rois, profitant en réalité de ses missions pour piller des régions entières et s'enrichir personnellement. Sa zone d'action est centrée sur l'Aquitaine, mais le lieu où il réside entre ses campagnes guerrières n'est jamais mentionné. La seule indication précise que nous donne Grégoire de Tours concerne pourtant Albi dont il dit que Didier avait placé surtout dans le territoire de cette ville le meilleur de sa fortune. S'il n'y réside peut-être pas, il y possède au moins des propriétés qui lui assurent l'essentiel de ses revenus et que sa femme, Tétradia, et ses fils vont recevoir en héritage après sa mort.
Sa veuve, Tétradia, fille d'un paysan et une femme d'ascendance noble, est renvoyée à la cour de son premier mari, Eulalius, comte d'Auvergne. Il la dépouille de ses biens et les enfants de Didier et Tétradia sons déclarés illégitimes.

Deux noms appartiennent au patrimoine de la gens Syagrii : Le premier et le plus prestigieux, Syagrius, rappelle l'ancêtre illustre dont entend descendre la famille : Flavius Afranius Syagrius, préfet du prétoire pour la Gaule et consul dans les années 380, qui semble avoir fait souche dans la région Lyonnaise (où il est enterré). Ses descendants se lient par la suite au gré d'alliances matrimoniales à de puissantes familles Gallo-Romaines du Lyonnais, de Provence, d'Auvergne et d'Aquitaine.

Or celle qui nous intéresse, compte dans son patrimoine anthroponymique un autre noms : Didier/Désiré (Desiderius). Le principe héréditaire de la transmission de ces 3 noms s'avère donc fort utile à l'historien qui peut ainsi, face à des sources disparates, ordonner et reconstituer une esquisse de généalogie à travers ces deux siècles.
Désiré de Verdun est marié à une noble dame de Toulouse, qui est peut-être une fille de Gesalic. Il a au moins quatre fils :
  • Didier de Toulouse, dux
  • Syagrius, évêque d'Autun à la fin du VIe siècle. En 599, le pape Grégoire lui décerne le pallium
  • Gondobald de Meaux, comte
  • et Salvi d'Albi, évêque d'Albi entre 571 et 584, est d'une famille de l'Aquitaine première (Bourges). Ce denier est le père avec la noble et pieuse Herchenfrède de :
    • Syagrius (564-629), comte d'Albi et gouverneur de Marseille, lequel se marie avec une jeune fille d'une famille très illustre, c'est-à-dire sans doute romaine, malgré son nom Germanique Bertolène.
    • Rusticus, évêque de Cahors, assassiné en 630
    • Didier de Cahors (né à Albi-† 15 novembre 655), évêque de 630 à 655. Frère de Rustique, nommé par le roi Dagobert Ier pour rétablir l'ordre Franc à Cahors.
COMTE DE TOULOUSE

  • La femme du duc Launebode de Toulouse, Bérétrude, est peut-être une fille de Désiré de Verdun. Son petit-fils est Didier, comte de Boulogne, dont nous allons retrouver l'arrière-petite-fille mariée au premier Robertien...

L'Aquitaine a souffert de l'incursion des Saxons en 573, du temps du duc Launebode de Toulouse.

En 574, Chilpéric lance une offensive pour reprendre l'Aquitaine. Toutefois son armée, dirigée par le duc Gondovald, est battue.


En 575, Didier, qui n'est qu'un général gouverne l'Aquitaine au nom des rois d'Austrasie, à qui l'Aquitaine est alors dévolue.

En 576, il marche, par ordre de Chilpéric, vers le Quercy, l'Albigeois et les autres contrées voisines de son gouvernement. Il s'en empare sur Sigebert, et pousse ses conquêtes jusque dans le Limousin.
Après ses victoires, il doit affronter Eunius Mummolus, général des troupes de Gontran, roi de Bourgogne, qui prend la défense des états de son neveu le jeune Childebert, fils de Sigebert, à qui l'Aquitaine appartient légitimement... Étant venu à la rencontre de Didier, le bat, et l'oblige à fuir avec précipitation. Didier perd, selon Moreri, 20.000 hommes.
Plus tard, Didier, pour obéir aux ordres de Chilpéric, qui alors est d'intelligence avec Childebert contre Gontran, s'empare, en 581, de l'Agenois et du Périgord, qu'il réunit au domaine du roi son maître.

Selon Grégoire de Tours, Chipéric rédige un décret stipulant que l’on nomme Dieu la Sainte Trinité. Cela ressemble à l’hérésie du prêtre Sabellius. Grégoire rejette son traité et le roi se tourne vers saint Salvi d'Albi, évêque et frère de Didier. Il le rejette également. Chilpéric se plie à la volonté des évêques et Didier reste duc.

En 583, Didier va ravager le Berry. Il bat Gontran qui vient défendre ses états. A ses troupes venues d'Aquitaine, se sont jointes celles du duc Bladast venues de Novempopulanie. La bataille a lieu près de la ville forte de Châteaumeillant (Mediolanense castrum). Les envahisseurs en sortent victorieux. Ils s'unissent avec les troupes du duc Berulfus venues de Tours, et s'emparent de la place forte d'Argenton (Argentomagus) ils continuent leur chemin en incendiant et pillant tout sur leur passage. Puis ils établissent le siège de Bourges. Mais peu de temps après, le roi Gontran ayant à son tour vaincu Chilpéric, la paix est conclu.
Didier s'en revient à Toulouse. Il ravage au passage la Touraine. Il est fâché de n'avoir pu signaler davantage la gloire de ses armes, et déterminé à saisir la première occasion de sortir du repos dont il jouit à regret. Il ne tarde pas à la voir naître. Chilpéric est assassiné en 584 et Didier veut lui donner en Aquitaine un successeur qui lui doit la couronne.

Pour réussir dans ce dessein, il jette les yeux sur un certain Gondebaud, bâtard de Clotaire, roi de France, méconnu de son père, et tour à tour admis ou rejeté par ses autres parents. Son ennemi d'hier, Eunius Mummolus, fait le même choix. Lui et Didier déclarent Gondebaud roi. D'Avignon, ils chevauchent vers Toulouse et l'Aquitaine.
L'évêque de Toulouse n'arrive pas à organiser la défense de la ville. Toulouse se reconnaît sans force pour résister à Gondovald et au duc Didier (Desiderius). Magnulphe, conservant ses préférences et son courage devant le vainqueur éphémère et violent, en recueille le prix trop ordinaire, c'est-à-dire des injures, le plus sanglant des outrages, enfin l'exil. Grégoire de Tours nous parle de ces exhortations fondées sur ses propres préférences ou sur ses principes politiques, et du fait qu'il a excité les Toulousains à se séparer de leur Duc, à se révolter contre lui, et à refuser de reconnaître pour roi un usurpateur inconnu.

CHILDEBERT II ROI D'AUSTRASIE
En 585, Didier abandonne tout à coup la cause de Gondebaud, lorsque les rois Gontran et Childebert, que l'usurpateur menace également, se sont réunis. Didier se retire dans quelques châteaux fortifiés de l'Albigeois, où il attend les événements. Gondebaud, trahi à son tour, périt assassiné sous les murs de la ville de Comminges.

Frédégonde essaie de tuer sa fille Rigonde, en 589.
Didier capture la princesse Rigonde, fille de Chilpéric et de Frédegonde, qui fait une halte à Toulouse.
Elle va en Espagne pour épouser Reccarède, prince des Wisigoths. Une partie des soldats chargés d'escorter la princesse vient de disparaître en emportant tout ce qu’elle peut voler, selon Grégoire de Tours. Elle fait une halte à Toulouse qui se prolonge, car ce mariage ne lui convient pas.

Didier revient à Toulouse, arrête Rigonde, s'empare de ses derniers bijoux et du reste des trésors qu'elle emporte avec elle, la menaçant des plus cruels traitements, ce qui oblige cette princesse à se réfugier dans l'église de la Daurade, asile alors sacré. Didier n'ose pas l'arracher par violence. Mais on la décide à en sortir, et elle est envoyée dans un exil.
Finalement la princesse est renvoyée à sa mère en 585, lorsqu'il essaie de faire oublier sa trahison.
Elle retourne auprès de sa mère, qui va essayer de la tuer... mais c'est une autre histoire !

Didier alors employant avec succès la médiation du saint abbé Yrier, non seulement obtient le pardon de Gontran, mais encore il reçoit de ce prince le gouvernement du duché de Toulouse, qui appartient alors à Gontran. Il se jette à ses pieds pour le remercier de sa bonté, selon Moreri.
Ainsi, grâces à ses ruses, le duc, ambitieux, est le seul qui se retire sans dommage d'une entreprise qui à cette époque conduit à l'échafaud.

En 587, Gontran rend à Childebert l'Albigeois. Cette restitution ne plaît pas à Didier. Il perd là une partie de son gouvernement. Il aime séjourner dans l'Albigeois. Il y a son patrimoine et sa famille, qui sont comte et évêque de la ville.
RELIQUES DE SAINT SALVY
Le duc prend le parti d'abandonner au plutôt ce pays, et d'aller avec sa femme Tétradia, ses enfants et les biens qu'il peut emporter, fixer sa demeure dans le Toulousain, qui demeure toujours sous la domination de Gontran.

Les Wisigoths possèdent une partie de la Septimanie. Le peuple de ce pays se révolte contre le roi Reccarède, car il abjure l'arianisme, pour rentrer dans le sein de l'église catholique. Les seigneurs rebelles appellent à l'aide le duc Didier de Toulouse, en lui laissant convoiter la conquête de la Septimanie.
Le duc s'empresse de les écouter. Il marche contre Carcassonne qu'il investit, mais qu'il ne peut prendre comme espéré.
Les généraux du monarque Wisigoth ayant défait les rebelles, viennent au devant de Didier en 587.
Après l'avoir attaqué, ils feignent de prendre la fuite. Didier vole à leur poursuite, mais n'ayant pu les atteindre, il revient vers Carcassonne suivi de peu de monde, ses troupes fatiguées étant demeurées en arrière.
Les assiégés s'en aperçoivent, sur le champ ils font une sortie avec tant de succès, que les Aquitains vaincus abandonnent le champ de bataille. Didier trouve la mort malgré sa longue résistance. Austrovalde est son successeur au duché de Toulouse.

Didier de Toulouse est marié puis veuf vers 565. Nous ne savons pas s'il a des enfants avec sa première femme, juste qu'elle meurt assassinée .Tétradia abandonne son mari le comte Eulalius d'Auvergne, car, il entretient une concubine, pour épouser le duc Didier.
Les dignités des deux maris sont précisées mais Tétradia est juste dit par Grégoire de Tours nobilis ex madre, padre inferiore (= noble par sa mère mais d'un père inférieur). Euladius qui a tué sa mère, son neveu, son demi-frère... Qui vit avec des prostituées... Donne à l’Église son propre fils pour obtenir un jugement partial de son ex femme. Son fils est tondu, vêtu de loques, mange de l'orge pour que l'archevêque organise une mascarade de synode. Les prêtres et les grands du pays se réunissent en 589.
Eulalius se porte partie contre Tétradia. Il est décidé que Tétradia restituera au quadruple ce qu'elle a emporté. Les fils qu'elle a eu de Didier sont déclarés bâtards, mais il lui est accordé, en rendant à Eulalius ce qui est ordonné, de pouvoir revenir en Auvergne et de jouir, sans que personne puisse y porter atteinte, des biens qu'elle a de la succession de son frère...

Didier et Tétradia ont plusieurs enfants, dont :

  • Authaire de Sancy
  • Dagobert nommé Werner (= Warnachaire), un héritier des Hattuaires au comté de Laurenbourg. Il se marie à une fille de Didier. Ils sont les ancêtres de la maison de Nassau.
  • Une autre fille se marie avec un autre Warnachaire. Ils sont les parents de :
    • Sandrégisile, duc d'Aquitaine et sans doute Gallo-Romain d'origine, seigneur de Bobigny, maire du Palais. Lui-même père de :
      • Nantilde, mère de Clovis II

  • Sainte Disciola, abbesse de Sainte-Croix de Poitiers, (nièce de l'évêque Salvi d'Albi.)



Didier de Toulouse — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_de_Toulouse
Didier (Desiderius), duc de Toulouse et d'Aquitaine, un des généraux de Chilpéric I , impliqué dans la révolte de Gondovald (mort en 587). ... Il intervient cette même année pour soutenir la Septimanie révoltée contre le roi Récarède, mais est ...

Didier de Toulouse - Wiki Guy de Rambaud
fr.guyderambaud.wikia.com/wiki/Didier_de_Toulouse
Didier de Toulouse, Desiderius, est né en 548 certainement à Albi. ... Il devient dux de Toulouse et d'une partie de l'Aquitaine (583-587). ... Au printemps 583 le roi envoie le duc Didier attaquer les armées de Gontran à Châteaumeillant. ... préfet du prétoire pour la Gaule et consul dans les années 380, qui semble avoir fait ...

vendredi 16 octobre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 589

 3 OCTOBRE 2015...


Cette page concerne l'année 589 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

DEUX PRINCESSES CONTRAINTES DE PRENDRE LE VOILE SE RÉVOLTENT

SAINTE RADEGONDE
Basine (en latin Basina), fille du roi de Neustrie Chilpéric Ier (539-584) et de la reine Audovère (533-580), religieuse à l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers, et participe à la révolte des nonnes en 589...

Princesse de sang royal, elle est violée par les hommes de sa belle-mère Frédégonde, perdant ainsi son honneur et l'ensemble de ses biens.
Reléguée au couvent de Sainte-Croix de Poitiers, dirigé par Sainte Radegonde, elle participe en 589 à la révolte des nonnes qui met le couvent à feu et à sang et scandalise l'épiscopat tout entier. Avec sa cousine Clotilde, fille de Caribert Ier, elles en appellent aux rois pour faire condamner leur abbesse Leubovère qu'elles accusent de trop de dureté et d'oisiveté. Mais ce sont elles qui subissent l'excommunication et se voient sommées de retourner immédiatement dans leur couvent.
Finalement pardonnées à l'issue de leur procès, Clotilde reçoit de la reine Brunehilde des domaines sur lesquels elle s'installe, tandis que Basine retrouve sa condition de nonne à Sainte-Croix...

La paix et la régularité n'ont guère survécu à Sainte Radegonde dans son monastère de Poitiers. L'ambition s'y glisse, et c'est elle qui ouvre ordinairement la porte des plus saints monastères au relâchement et à la division.
Il y a dans cette florissante communauté deux princesses, qui n'ont guère eu d'autre vocation que la volonté de leurs parents, du moins, en quittant le monde, elles n'en ont pas quitté l'esprit. Ce sont Chrodielde (Clotilde), fille de Charibert, et Basine, fille de Chilpéric, contraintes par Frédégonde de prendre le voile.

Après la mort de l'abbesse Agnès, les deux princesses, qui aspirent à la remplacer, voient avec douleur l'élection de Leubovère. Elles ne lui pardonnent pas de leur avoir été préférée, et, par dépit devenues susceptibles, elles s'imaginent que la nouvelle abbesse n'a pas pour elles les égards dus à leur naissance. De là des murmures secrets, et enfin des plaintes éclatantes, qui ne manquent pas d'être appuyées, car, dans une communauté nombreuse, les mécontents en trouvent toujours d'autres prêts à épouser leurs querelles. Chrodielde et Basine forment un parti de 40 religieuses, qui se proposent de faire déposer l'abbesse, pour mettre Chrodielde à sa place, comme celle-ci le leur fait jurer.

Sortant du monastère à la tête de ces 40 rebelles, les princesses disent : Nous allons trouver les rois nos parents, pour leur signaler les outrages qu'on nous fait. On ne nous traite pas en filles de rois, mais en filles de misérables esclaves. Cette troupe de vierges folles, malgré les mauvais chemins et les pluies, va à pied de Poitiers à Tours le 1er mars 589, dans un état pouvant excité la compassion, si leur révolte ne les en ait rendues indignes. Elles saluent l’évêque Grégoire, que Chrodielde prie de prendre soin de la conduite et de la subsistance de ses filles, jusqu'à ce qu'elle ait été trouver les rois des Francs, pour leur exposer ce que leur abbesse leur a fait souffrir. Grégoire leur représente que, si l'abbesse a mal agi à leur égard, il faut s'en plaindre à l'évêque Mérovée, et qu'après la faute qu'elles viennent de commettre, elles n'ont d'autre parti à prendre que de la réparer en retournant au plus tôt dans leur cloître, de peur que l'amour du monde et de ses plaisirs ne disperse un troupeau choisi que Sainte Radegonde a assemblé ! Par ses jeûnes et par ses veilles...

POITIERS
Nous n'y retournerons point, dit Chrodielde, nous irons trouver les rois. Que ne vous rendez-vous à la raison, en suivant le conseil d'un évêque, reprend Grégoire, car je crains bien que, si vous persistez dans votre révolte, vous ne soyez excommuniées par les prélats, comme nos prédécesseurs l'ont prescrit dans la Lettre qu'ils ont écrite à Sainte Radegonde quelques années après l'établissement de son monastère. Sur cela, il leur lit la Lettre des évêques du concile de Tours, en 566, où il est dit expressément qu'on doit frapper d'anathème les religieuses qui sortent du monastère de Sainte Radegonde... Chrodielde repond :
Rien ne pourra nous empêcher d'aller porter nos plaintes au pied du trône des rois nos parents. Tout ce que l’évêque peut gagner sur elle, c'est d'attendre une saison plus commode pour un si long voyage : Encore son impatience ne lui permet-elle pas de différer longtemps... Grégoire ayant dit à ces religieuses qu'elles doivent s'adresser à Mérovée, elles lui parlent avec vivacité contre ce prélat, et le dépeignent comme le principal auteur des troubles de leur monastère : Il n'a, en effet, montré que trop de prévention contre cet établissement. Dès que la belle saison rend les chemins praticables, Chrodielde, laissant ses religieuses à Tour sous la conduite de Basine sa cousine, part pour la cour de Gontran... Son oncle écoute ses plaintes, lui fait de riches présents, et charge des évêques commissaires d'examiner l'affaire sur les lieux.

Chrodielde laisse à Autun, pour attendre ces prélats, une religieuse nommée Constantine, qui l'a accompagnée, et se hâte d'aller à Tours rassurer ses filles par sa présence. Elle trouve, à son arrivée, que plusieurs d'entre elles se sont laissé séduire, et se sont même mariées... Aussi ne juge-t-elle pas à propos de les laisser plus longtemps à Tours.
Voyant que les évêques tardent à arriver, elle reconduit ses religieuses à Poitiers, où elles se réfugient dans l'enceinte de l'église de Saint-Hilaire. Là, sous prétexte de se mettre à couvert de toute insulte, elles prennent à leurs gages une troupe de voleurs et de scélérats qui commettent les plus horribles attentats.

Pendant ce temps, Gondegésile, surnommé Dodon, ancien comte de Saintes, qui a succédé en 585 à Bertrand sur le siège de Bordeaux, prend, en qualité de métropolitain, connaissance de l'affaire.
Il se rend à Poitiers avec Nicaise d’Angoulême et Safiarius de Périgueux. Ces prélats, accompagnés de Mérovée, vont dans l'église de Saint-Hilaire engager les rebelles à rentrer dans leur monastère. Sur leur refus opiniâtre, ils fulminent contre elles l'excommunication, suivant la Lettre du concile de Tours. Aussitôt les mercenaires des religieuses, se jetant sur les évêques, les renversent par terre, et les accablent de coups, sans respect pour leur dignité.. Les diacres et les autres clercs de leur suite sont blessés et couverts de sang.

Tout ce que peuvent faire les prélats dans ce tumulte est de s'échapper de l'église : Telle est leur frayeur, qu'ils s'enfuient sans se parler ni se dire adieu. Chrodielde, maîtresse du champ de bataille , pille les biens du monastère dont elle peut s'emparer, et menace, si elle entre dans la maison, de faire jeter l'abbesse par les fenêtres. Childebert, dans le royaume duquel est Poitiers, y envoie un comte pour réprimer ces excès.
Gondegésile de Bordeaux mande, de son côté, ce qui s'est passé aux évêques assemblés avec Gontran, sans doute pour cette même affaire. Ils répondent qu'ils approuvent la sentence portée contre les religieuses rebelles, jusqu'à ce que, étant tous réunis en concile le 1er novembre, ils puissent adopter ensemble des mesures justes et efficaces pour mettre fin à des violences si scandaleuses... En attendant il faut prier le Seigneur pour la conversion de ces filles.
La Lettre est : d'Ekberius de Lyon, successeur de Prisque - d'Hesychius de Grenoble - de Syagrius d'Autun - d'Urbique de Riez - de Véran de Cavaillon - de Félix de Belley - de Félix de Châlons-sur-Marne, et de Bertrand du Mans.
Les noms d'Auxerre et d'Agricole de Nevers, qu'on trouve à la tête de la Lettre, ne sont pas dans les souscriptions. Le concile dont parlent les prélats a été, en effet, indiqué pour le 1er novembre 589 par Gontran, qui veut y faire examiner quelques griefs qu'il croit avoir contre Childebert et Brunehaut. Mais, cette reine s'étant justifiée, les évêques qui sont déjà en chemin sont contremandés, et le concile ne se tient pas. Ainsi on ne peut y terminer l'affaire des religieuses de Poitiers.

Dieu, qui oppose souvent aux grands scandales de grands exemples de vertu, veut qu'au moment où des princesses consacrées à Dieu oublient à ce point la sainteté de leur état, une autre princesse édifie la Gaule par sa piété et par sa sainte mort... C'est la reine Ingoberge, première femme de Charibert. Après avoir été repoussée par son mari, elle ne songe qu'à se sanctifier dans la retraite. Les intrigues et les crimes de ses rivales lui font bénir sa disgrâce. Elle a connu par expérience la vanité et la fragilité des grandeurs de la terre, elle s'applique à mériter par ses bonnes œuvres celles du ciel. Dès qu'elle sent sa fin approcher, elle prie Grégoire de Tours de venir l'y disposer. il est édifié de ses sentiments de vertu. De l'avis de ce prélat, la reine fait un testament par lequel elle lègue des terres à l’Église de Tours, à la basilique de Saint-Martin, et à l’Église du Mans, d'où l'on peut inférer que sa retraite est dans la Touraine ou dans le Maine. Ingoberge meurt âgée de 62 ans, en 589.

CHASSE DE SAINTE RADEGONDE
Celte reine avait une fille unique, nommée Adelberge ou Berthe. On songe à la marier à Ethelbert. il a pour trisaïeul Hengiste, chef des Anglo-Saxons qui s'établissent en Grande-Bretagne. On place en l'année 455 la fondation du royaume de Kent par Hengiste. Une paix profonde de près d'un siècle a rendu ce royaume très florissant, et les conquêtes d'Ethelbert, qui monte sur le trône en 560, lui acquièrent une telle supériorité sur les autres royaumes également fondés par les Saxons, qu'il est souvent désigné par le litre général de « roi d'Angleterre. »... Berthe vit a la cour dans la pratique de toutes les vertus Chrétiennes, et le prélat n'omet rien pour l'affermir de plus en plus dans les voies de Dieu. Il va avec elle célébrer les divins mystères dans une ancienne église dédiée à Saint Martin que les Bretons ont abandonnée, et qui est située près de Canterbéry. Les païens, touchés de la vie exemplaire et des discours du vénérable évêque, reviennent peu à peu de leurs préventions, le roi lui-même sent diminuer son éloignement pour la religion chrétienne et c'est ainsi que la Providence préparé les cœurs à recevoir l’Évangile, que le saint moine Augustin doit venir prêcher en 596 dans le royaume de Kent.

Histoire ecclésiastique depuis la création jusqu'au ...
https://books.google.fr/books?id=HgAHMRDY7DYC
Mathieu-Richard-Auguste Henrion, ‎Migne - 1860
On ignore l'année de sa mort. Saint Psalmode (2987). [589] Saint Psalmode, Irlandais de naissance, avait quitté sa patrie pour passer dans les Gaules. ... C'étaient Chrodielde, tille de Charibert, et Basine, tille de Chilpéric, contraintes par ...
Histoire chronologique et dogmatique des conciles de la ...
https://books.google.fr/books?id=HONTAAAAcAAJ
Roisselet de Sauclières (M., fils.) - 1845
Outrée de n'avoir pas été élue abbesse , Chrodielde, fille du roi Charibert , sortit de son couvent avec ... C'était au mois de février de l'an 589. ... Ensuite Chrodielde s'empara des terres du monastère, et l'année suivante (590) elle le fit envahir ...