mardi 6 octobre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 593



29 SEPTEMBRE 2015

Cette page concerne l'année 593 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

L'UNION FAIT LA FORCE AU ROYAUME LOMBARD

TEODELINDE
Agilulf, roi des Lombards, assiège et reprend Pérouse, coupant les relations entre Rome et Ravenne. 2e campagne du général Byzantin Priscus sur le Danube, victoires contre les Slaves.

Automne : L'armée de Priscus retourne en Thrace pour hiverner, malgré les ordres de l'empereur Maurice Ier. Les Slaves en profitent et ravagent Aquis, Scupi et Zaldapa (Dobroudja).

Décembre : (date présumée) à mars 594 : Agilulf assiège Rome, défendue par Grégoire le Grand, isolé
Les lettres du pape Grégoire décrivent une Rome désespérée, affamée, attendant le grain de Sicile ou accueillant des populations fuyant les Lombards. Les évêques abandonnent leurs diocèses pour se réfugier dans des lieux fortifiés, les monastères sont dévastés, comme celui de Monte Cassino (580) qui reste abandonné plus d’un siècle.

Agilulf ou Agilolf ou encore Ago (né après 555 - mort en 616) est roi des Lombards d'Italie de 590 à 616. Son long règne est marqué par une trêve avec la papauté et avec l'empereur Byzantin Maurice en 598, mettant fin à 30 années de guerre en Italie. Il consolide son pouvoir et la domination Lombarde dans son royaume, entretient de bons rapports avec les Francs et les Bavarois, et doit combattre les Avars et les tribus Slaves qui menacent le nord-est du royaume Lombard.

D'origine Thuringienne et appartenant au clan Anawas (Turingus ex genere Anawas), Agilulf est le fils du noble Lombard Ansoald, dux de Turin. Il est proclamé roi à Milan en mai 591, succédant au roi Authari, mort 8 mois plus tôt, et dont il a épousé la veuve selon la coutume Lombarde, la reine catholique Théodelinde, dès novembre 590.

Dès le début de son règne, il combat les Byzantins et cherche à étendre la domination Lombarde en Italie. Au printemps 593, il assiège et reprend Pérouse, coupant les relations entre Rome et Ravenne, puis, vers le mois de décembre il assiège Rome, défendue par Grégoire le Grand, isolé. Le siège est levé en mars 594, après que le pape ait signé une trêve moyennant un tribut de 500 livres. Simultanément, Agilulf doit faire face à plusieurs complots à l'intérieur de son royaume et doit mâter plusieurs rébellions. Il fera notamment éliminer plusieurs ducs Lombards rebelles comme Mimulf, duc de l'île de San Giuliano, Gaidulf, duc Bergame, Ulfari, duc de Trévise, et Zangrulf, duc de Vérone.

En octobre 598, les Byzantins concluent finalement un traité concédant aux Lombards une partie de l'Italie du Nord, par l’intermédiaire du pape Grégoire qui espère les convertir au catholicisme. Pérouse est restitué a l'exarque de Ravenne Callinicus, et les communications sont de nouveau assurées entre Ravenne et Rome.
En 601, Agilulf donne l'ordre à ses hommes de raser au sol la ville de Padoue qui est restée en guerre contre les Lombards et que ces derniers viennent d'incendier.
L'attitude adoptée par les rois Lombards à l'égard des ducs jusqu'au milieu du VIIe siècle traduit également leurs préoccupations face aux Francs et aux Byzantins. En effet, le problème est triple. Il s'agit d'une part d'éliminer un certain nombre de ducs trop sensibles aux appels de Byzance, à l'instar des ducs de Brescello et de Pérouse, Droctulf et Maurice. Ces deux ducs sont passés du côté impérial, le premier lors de l'invasion Franque de 583/4 et le second à la suite d'une offensive de l'exarque de Ravenne Romain (593/4).
De fait, ces ducs tiennent leur cité au nom de l'empereur, ce qui menace directement la cohésion du regnum, en y maintenant des enclaves Byzantines. Aussi, l'une des tâches des rois Lombards a consisté à prendre les armes contre ces ducs, à assiéger leur cité pour finalement les supprimer. Le cas de Droctulf de Brescello est un bon exemple. En effet, Authari ne se contente pas de tuer le duc, il rase entièrement la cité, symbole du pouvoir rebelle et place convoitée par les Byzantins...
Le second problème des souverains Lombards est d'écarter des ducs trop puissants, des compétiteurs possibles, susceptibles de remettre leur autorité en question. C'est, par exemple le cas de Warnecausus à Pavie.
Paul Diacre nous dit que le roi Agilulf, après avoir conclu avec le roi des Francs Thierry II (595-613) une paix éternelle, élimine Zangrulf, duc de Vérone, Gaidulf, duc de Bergame et Warnecausus à Pavie. Ce dernier, même si l'Histoire des Lombards ne lui accorde pas de titre ducal, est selon toute vraisemblance duc de cette importante cité. Il est intéressant de noter que le roi Agilulf mâte simultanément deux révoltes, ayant lieu dans deux cités traditionnellement associées au pouvoir et à l'autorité des rois Lombards : Vérone et Pavie. Vérone a été aux premiers temps de la conquête, si ce n'est la capitale, du moins le centre de la domination Lombarde, le roi Alboin y ayant élu domicile.
DIADÈME D'AGILULF
De fait, la cité doit, à l'époque d'Agilulf, conserver un certain prestige. De même, Pavie, constitue un nœud stratégique de la plaine du Pô, puisqu'elle contrôle les voies fluviales vers Ravenne, depuis sa conquête par Alboin, elle bénéficie non seulement d'une présence militaire importante, mais aussi d'un prestige incontesté auprès de l'ensemble des Lombards. Pavie est le cœur du royaume, ainsi que l'un des centres du pouvoir Lombard, avec Milan notamment. C'est à ce titre, qu'Agilulf, nouvellement installé sur le trône, s'empresse d'éliminer des ducs, certes rebelles à son autorité, mais surtout à la tête de cités dont le prestige est susceptible d'occulter la légitimité d'une fonction royale nouvellement acquise. Enfin, le roi semble aller plus loin dans la mesure où, dès ce moment, plus aucun duc n'est attesté à Pavie, la cité s'affirmant progressivement durant les VIIe et VIIIe siècles comme l'unique capitale du royaume.

Le dernier problème pour le roi Lombard consiste à stabiliser ses propres positions à l'intérieur du royaume, asseoir sa légitimité en se garantissant un réseau de soutiens. C'est dans ce cadre qu'intervient la mise en place d'un certain nombre de stratégies matrimoniales et de stratégies de parenté.

Les stratégies matrimoniales des rois Lombards visent dans un premier temps à affermir leurs positions vis-à-vis des autres ducs en instaurant une forme de continuité dynastique, c'est-à-dire en se rattachant systématiquement à la lignée Bavaroise issue de Théodelinde. Une pratique courante consiste à épouser la veuve du roi défunt. Le nouveau souverain récupère et le prestige familial, et le prestige de son prédécesseur. Ainsi, Agilulf épouse Théodelinde à la mort d'Authari, Arioald épouse leur fille Gundeperge, de même que Rothari et son fils Rodoald (652-653).
Épouser la veuve du roi défunt revient à conférer au roi un surcroît de légitimité aux yeux des autres ducs et donc à asseoir sa position. Théodelinde et sa descendance vont constituer dans une certaine mesure la force du pouvoir royal. En effet, elle est la petite-fille du roi Waccho (v. 510-v. 539). Or, ce dernier appartient à la famille des Lithinges : « nom donné par les Lombards à l'une de leurs vieilles familles nobles ». Qui plus est Waccho est renommé parmi les guerriers, admiré pour sa bravoure et pour avoir soumis les Suèves. Épouser cette petite-fille de Lithinges, c'est se rattacher à cette famille, et qui plus est, conférer aux enfants mâles une prestigieuse ascendance. Ainsi, l'épouse, de par son origine, constitue un gage de légitimité pour l'époux, garantie d'une « reconnaissance sociale », elle transmet le prestige de sa famille d'abord à l'époux, puis à sa progéniture. En cela, elle est le vecteur du « patrimoine spirituel » de la famille. Qui plus est, au fil des alliances, des mariages, ce patrimoine spirituel s'enrichit, il gagne en prestige.

Ainsi, en épousant la fille de Garibald, les Lombards se sont liés à la prestigieuse dynastie des Agilolfing. Théodelinde est dans une certaine mesure le résultat de la fusion de ces deux familles et, porte par là un « trésor virtuel » très convoité. Elle est le point de rencontre des Lithinges et des Agilolfing, et représente la synthèse de ces deux familles, désormais liées par le sang.
Ce « trésor virtuel » explique l'attrait qu'a pu susciter, jusqu'au VIIIe siècle la descendance de Théodelinde et la volonté systématique des souverains Lombards de se rattacher aux Agilolfing. La reine est ainsi le vecteur d'une mémoire familiale, mais également de la mémoire conjugale.
Agilulf que l’on appelle aussi Agon, ayant été confirmé dans la dignité royale, envoie en France Agnellus évêque de Trente, pour tacher de ravoir les captifs Lombards, celui-ci y va et ramène ceux que Brunehilde a rachetés de son argent. Evin Duc de Trente va aussi en France pour obtenir la paix, mais il revient sans avoir rien fait...

Le Roi retourne à Pavie. Peu de temps après, il fait la paix avec les Romains à la persuasion de Theudelinde, et le Pape Grégoire en a remercié cette reine dans la lettre que nous allons rapporter.
« Grégoire à Theudelinde Reine des Lombards Salut !
Notre fils l’abbé Probus nous a appris que votre excellence a employé tous ses soins et sa bonté ordinaire à l'ouvrage de la paix, et nous ne pouvions attendre autre chose de notre « chrétienneté ». C’est pourquoi nous rendons grâces à Dieu de ce qu'il dirige votre cœur dans sa piété, de ce qu'il lui donne la vraie foi et vous permet de coopérer toujours aux choses qui lui plaisent. Car, mon excellente fille, vous avez le mérite d'avoir épargné tout le sang qui devait être versé de part et d'autre. C'est pourquoi nous vous rendons grâces, et nous implorons la miséricorde de notre Dieu, afin qu'il vous rende dans l'avenir le bien que vous avez fait Nous vous exhortons aussi par notre direction paternelle, de vous employer auprès de votre excellent époux, afin qu'il ne renonce pas à l'association de la république Chrétienne. Car vous devez savoir combien l'amitié de cette république peut lui devenir utile. Pour tous, étudiez toujours à votre manière ce qui a rapport à l'esprit de parti et plaidez la cause de la miséricorde lorsque vous en trouverez l'occasion, et par là vous vous recommanderez vous-même aux yeux du tout-puissant ».
« Grégoire à Agilulf Roi des Lombards Salut:
BANQUET DE NOCE DE THEODELINDE
Je rends grâce à votre excellence de ce qu'elle a écouté notre pétition, et fait une paix avantageuse à tous les partis, et nous en prenons l'occasion de louer la prudence et la bonté de votre excellence, car en aimant la paix, vous faites voir que vous aimez Dieu qui est l'auteur de toute paix, car (ce qu'à Dieu ne plaise) si la paix n'avait pas été faite, l'on verserait encore le sang des pauvres paysans, qui sont des gens très utiles à tous les partis. Mais pour que cette paix soit réellement utile, nous vous prions de recommander à vos généraux de l'observer, de nos côtés, afin que des occasions de querelles et de contentions soient éloignées autant qu'il sera possible. Ces lettres vous seront portées par vos hommes, que nous avons reçus avec l'affection qui convenait à l'égard de gens qui donnent la nouvelle d'une paix accordée par une divinité propice.

Histoire du Bas-Empire, en commençant à Constantin-le-Grand
https://books.google.fr/books?id=D5lMqLX2UGgC
Charles Le Beau - 1759
Esclavons vinrent piller l'Istrie , & An- 593. infulter les Lombards fur leur frontiere. ... se hâta de renouveller avec Agilulf l'alliancequ'il avoit contractée avec Autaris. II obtint même du roi Lombard des constructeurs de. navires ; & bientôt les Abares se ... par fuprise, de la ville de Parme dès le commencement de cette année.

EN REMONTANT LE TEMPS... 594


28 SEPTEMBRE 2015...

Cette page concerne l'année 594 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

SAINT MARIUS D'AVENCHES INVENTEUR DU DIOCÈSE DE LAUSANNE

L’Église a calqué son organisation sur celle de l'Empire Romain et sur l'institution des cités (Civitas). La règle voulant que les chefs-lieux de cités donnent naissance à des diocèses connaît toutefois des exceptions, le territoire de Nyon ayant été annexé au diocèse de Genève et 2 seules mentions (535 et 585) associant le nom d'Avenches à celui d'un évêque. Dernier-né, au début du VIe s., des diocèses de Suisse Romande, celui de Lausanne regroupe des territoires relevant de l'ancienne civitas Helvetiorum. Il est créé à l'intérieur des terres comprises jusqu'alors dans les aires d'autorité des évêques de Genève et de Sion, attestés dès la fin du IVe s. Son titulaire, itinérant durant le premier siècle d'existence, en fixe le siège à Lausanne, au plus tard entre la fin du VIe siècle et le début du VIIe siècle., pour des raisons militaires, commerciales et géographiques. Il est probable que le diocèse atteint avant le XIIe siècle ses frontières définitives, ainsi conservées jusqu'au début du XIXe s. L'évêque de Lausanne étend son autorité spirituelle sur un territoire d'une taille respectable ( 8 200 km²), situé de part et d'autre de la frontière linguistique, englobant les futurs cantons de Fribourg et de Neuchâtel, une partie importante de ceux de Vaud et de Berne, la circonscription de la ville de Soleure et 3 localités de Franche-Comté. L'évêché de Lausanne, territoire où l'évêque exerce son pouvoir temporel, est par contre beaucoup plus petit.

D'une famille illustre. Marius naît dans le diocèse d'Autun, en l'an 530, en 574, il est nommé évêque d'Avenches, dont il prend le nom. Vers la fin de sa vie, il transporte le siège de son évêché, d'Avenches à Lausanne, où il meurt en 593. C'est également dans cette ville qu'il est enseveli. Il n'a travaillé, paraît-il, que sur des sources écrites, quoiqu'il ait pu être témoin des événements du milieu du VIe siècle. Il est remarquable de constater que pour cet auteur Bourguignon, l'empire Romain a toujours la même importance qu'il a eue pour ses prédécesseurs Saint Jérôme et Prosper, ce n'est plus seulement le dernier empire de la terre en général, ainsi que l'enseigne l'Église, mais l'évêque catholique reste d'autant plus pénétré de son origine Romane que l'élément Germain de la Bourgogne s'est fortement romanisé et que les relations entre ce pays et l'Italie sont toujours très actives : Les deux pays sont du reste réunis encore plus tard en un seul empire. Sous le règne de Justinien, l'empire Romain a, en outre, reçu un lustre nouveau et inespéré. Aussi, à l'exemple de son prédécesseur, Marius non seulement calcule, d'après les consuls, en ajoutant, comme les Byzantins, des indictions, à partir de 522, mais il note de plus l'avènement et la mort des empereurs d'Orient, et il le fait même avec plus de soin que pour les rois des Francs. Marius se considère précisément comme Romain. Par suite, outre son pays, c'est l'Italie et l'empire de Byzance qui attirent le plus son attention... Il raconte même des histoires de Constantinople, considérant cette ville comme la capitale. Au reste, plusieurs années restant sans indication d'événements dans son livre, sa chronique n'est en somme qu'un tout petit ouvrage ; il n'offre pas beaucoup de choses bien nouvelles, mais il reste cependant très précieux par l'exactitude des renseignements qu'il nous fournit, quoique ces renseignements se bornent presque exclusivement à l'histoire politique.

CŒUR DE LA CATHÉDRALE DE LAUSANE
Marius d'Avenches (Marius Aventicae ou Marius Aventicum) ou Saint Marius ou Saint Maire ou Saint Maure vIt au VIe siècle, originaire d'Autun selon le cartulaire du Chapitre de Notre-Dame de Lausanne et d'origine Gallo-Romaine et non Germanique. Il entre très probablement dans les ordres, avant sa 10e année. Marius Besson émet l'hypothèse qu'il se soit fait tonsuré au monastère Saint-Symphorien d'Autun. Néanmoins, il n'existe aucune preuve formelle et il a tout aussi bien pu entrer en clergie à l'église d'Autun comme à celle d'Avenches, ou commencer sa vie monastique au monastère de Saint-Maurice d'Agaune.
Le texte latin est grosso modo celui de la Patrologie latine n° 72 modifié à quelques endroits, en utilisant en particulier la version de la bibliothèque numérique des Monumenta Germaniae Historica, Scriptores Antiquissimi.
La chronique de Marius d’Avenches est tellement « sèche » qu’elle ne se lit pas sans une difficulté majeure : La nécessité d’avoir une bonne connaissance, pour l’histoire des Mérovingiens et l’empire Byzantin, des événements s’étant produits avant (mais aussi après) les faits indiqués par l’auteur. Pour ne prendre qu’un seul exemple, la terrible sédition Nika, qui a lieu à Constantinople en 532, n’est pas un simple fait divers qui se produit comme par hasard. Cet événement a fait l’objet de nombreuses études, et ne parlons pas de celles sur l’empereur Justinien.
Des notes diverses mais peu nombreuses ont été ajoutées çà et là pour essayer de rendre cette lecture plus « digeste ». Chaque consul ou personnage n’a pu faire l’objet d’une description. Pour une traduction plus récente et un ouvrage plus complet, cf. Justin Favrod, La chronique de Marius d’Avenches, 1993.

Après son ordination épiscopale, on attribue à Marius la construction de plusieurs églises dans son diocèse, dont certaines sont dédiées à des martyrs d'Autun, en référence à une tradition selon laquelle l'évêque fasse venir sur son diocèse des reliques provenant du diocèse duquel il est originaire. Son épitaphe renseigne aussi sur sa vie. Marius a vécu de façon ascétique et humble, effectuant les missions qui incombent à l'évêque comme rendre la justice, secourir les personnes précaires, diriger les clercs de son Église, célébrer les offices divins, etc... Au VIe siècle, les structures ecclésiales reprennent celles de l'Empire Romain et Marius siège dans la cité épiscopale d'Helvétie : Avenches. Néanmoins, cette période est passablement troublée par les incursions Germaniques, notamment Alamanes. Aussi le siège du diocèse a régulièrement oscillé entre Avenches, Vindonissa (Windisch) et Lausanne.

Néanmoins, si le siège est définitivement installé à Lausanne dès le début de la seconde moitié du VIIe siècle, rien n'atteste que Marius ait réellement eu son siège à Lausanne. On attribue généralement le transfert du siège de l'évêché à Marius car les Annales de Flavigny et de Lausanne, document du Xe siècle désignent Marius comme évêque de Lausanne et le cartulaire du Chapitre de Notre-Dame de Lausanne affirme que Marius a été enterré dans l'église Saint-Tyrse. Or cette ancienne église se trouve dans l'enceinte de la ville et il n'est pas de coutume pour les Romains d'enterrer un mort dans la ville. De plus, les reliques de Marius n'ont jamais eu de culte dans cette église. Toutefois, lors du premier concile de Mâcon, Marius se désigne comme l'évêque d'Avenches, ville dans laquelle il est le plus probable qu'il ait résidé, sa signature au concile sert de preuve.

NOTRE DAME DE LAUSANNE
Aucun document ne permet de reconstituer les dates exactes de la vie de Marius d'Avenches. En 1235, Conon d'Estavayer reprend les Annales de Flavigny et de Lausanne pour faire mention de Marius d'Avenches. Il stipule notamment que Marius est décédé en l'an 601 à l'âge de 64 ans et cela la même année que le roi Gontran. Or, Gontran est décédé le 28 mars 593. Selon Favrod, la clé qui permet de résoudre cette question des dates se trouve dans la date de fondation de l'Église de Payerne que Conon donne au « huit des calendes de juillet pendant la 5e indication, la 14e année de son épiscopat sous le règne du Seigneur de Gontran. », ce qui correspond au 24 juin 587.
Ainsi donc, Marius est donc très probablement né aux alentours de l'an 530 dans la région d'Autun. Probablement ordonné prêtre en 567, il a reçu sa consécration épiscopale en 573 et devient évêque de l'Église Avencienne et son épiscopat dure 20 ans et 8 mois, de mai 573 à décembre 594 Il est attesté dans les souscriptions du concile de Mâcon en 585. Il fonde l'Abbaye Notre-Dame à Payerne le 24 juin 587, construite sur une villa Romaine, il en fonde peut-être d'autres dans son diocèse dédiées à des saints d'Autun. Les historiens situent le siège de son évêché tantôt à Avenches, quasiment à l'état de ruines à l'époque, ou à Lausanne où se trouve un bourg fortifié. Il décède le 31 décembre 593./594, on l'enterre dans l'église Saint-Thyrse à Lausanne où ses reliques sont conservées. Durant la fin du VIe siècle, l'église change de patronage et devient l'église Saint-Maire. Connu dans la tradition comme Saint Maire ou Saint Maure, il a laissé un important souvenir dans la région. Après sa mort, le siège épiscopal reste vacant durant près de 45 ans et il faut attendre Arricus qui devient évêque de Lausanne en 639...
Marius est aussi l'auteur d'une chronique universelle qui couvre les années 435 à 581, cherchant à continuer celle de Prosper d'Aquitaine, s'inspirant de sources diverses et d'événements contemporains. Se considérant comme Romain, il date les années suivant les années des consuls et des empereurs d'Orient. Cette chronique présente des indications précieuses, et plus encore pour l'histoire des Burgondes. C'est aussi l'un des deux textes à parler de l'éboulement du Tauredunum. (Le Tauredunum, également appelé Tauretunum ou mont Taurus, désigne d'une part un fort ou castel du VIe siècle, et d'autre part une montagne du Valais, en Suisse. Cette montagne est le théâtre d'un tragique éboulement en 563 qui ensevelit un fort et plusieurs villages avant de créer un tsunami dévastateur sur le lac Léman. Son emplacement précis n'est pas défini à ce jour et plusieurs hypothèses ont été avancées).

Marius d'Avenches est avec Grégoire Palamas, le Saint Patron de la paroisse francophone du Patriarcat de Serbie à Lausanne, la Paroisse orthodoxe Saint Maire et Saint Grégoire Palamas. Le Château Saint-Maire, construit sur l'ancien couvent du même nom, porte le nom de l'évêque en son hommage. Cunon d'Estavayé rapporte que Marius, évêque d'Avenche, fonde, dans un terrien qui lui appartenait, la ville de Payeme, et qu'il y fait construire une église à l'honneur de la Sainte-Vierge, dont il fait la dédicace un 24 juin... Marius rétablit sans doute Payerne, mais il n'en est pas proprement le fondateur; cette ville est connue des Romains, on y voit encore une inscription en l'honneur de Jupiter, du Génie du lieu, et de la Fortune redevenue favorable, Fortuna redux, sur le pont de la Broyé. On croit communément que l'un des Paternes, dont on trouve plusieurs inscriptions dans la partie occidentale de la Suisse, a donné son nom à Payerne, en latin Paterniacum. Cette ville, voisine d'Avenche, est célèbre par une abbaye de Bénédictins, fondée, au Xe siècle, par Berthe, reine de la Bourgogne Transjurane. C'est aujourd'hui un Bailliage du canton de Berne.



Lausanne (diocèse) - Historisches Lexikon der Schweiz
www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F11400.php
24 juil. 2013 - Le diocèse de L., Genève et Fribourg (diocesis Lausannensis, Genevensis et Friburgensis) appelé depuis les origines jusqu'à 1821 diocèse ...


Marius d'Avenches (0530?-0593) - Auteur - Ressources de ...
data.bnf.fr/12467524/marius_d_avenches/
Autres formes du nom : Mario di Avenches (0530?-0593) (italien) Marius ... Clavis SGL : Marius Aventicensis episcopus (donne 594 comme année de décès)

lundi 5 octobre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS... 595

27 SEPTEMBRE 2015....

Cette page concerne l'année 595 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

JEAN LE JEÛNEUR A L'OECUMENISME REMIS EN QUESTION


Jean IV le Jeûneur ou Jean IV Nesteutès est patriarche de Constantinople du 12 avril 582 au 2 septembre 595. Né dans le premier tiers du VIe siècle, il a d'abord, selon Nicéphore Calliste Xanthopoulos, une formation d'artisan dans la petite métallurgie, peut-être dans le monnayage. Sous Jean III Scholastique, il devient « sacellaire », c'est-à-dire responsable des finances de la cathédrale Sainte-Sophie, et l'un des principaux diacres du patriarcat.
Il est célèbre pour ses pratiques ascétiques, notamment pour les jeûnes qu'il s'impose, et pour sa charité envers les pauvres de la ville.

A la mort du Patriarche Eutychès, en avril 582, Jean est contraint d'accepter la succession. Pendant les 13 années de son Patriarcat, il ne relâche en rien l'austérité de sa vie, ce qui lui vaut le titre de Jeûneur. On raconte qu'il reste pendant près de 6 mois sans boire d'eau. Pour toute nourriture, il ne prend qu'une laitue et un peu de melon, de raisin ou de figues. Il ne s’étend pas pour dormir, mais reste accroupi, en repliant les genoux sur sa poitrine. Lorsque, parfois, il s'abandonne au sommeil un peu plus que la brève mesure qu'il s'est fixé, il veille toute la nuit suivante, afin de mâter son corps et de le préparer à la veille perpétuelle des « fils de la Résurrection ». Son amour des pauvres est tel qu'il épuise toutes ses ressources en aumônes et doit demander à l'empereur un prêt pour poursuivre ses générosités...

Comme patriarche, selon le monophysite Jean d'Éphèse, il se montre partisan de la tolérance envers les chrétiens hétérodoxes : « Comment pourrais-je persécuter des chrétiens, dit-il, qui se montrent irréprochables dans leur christianisme ? » En revanche, il est très intolérant envers les présumés païens : En une occasion il réclame même, contre l'avis de l'empereur, la peine de mort contre un apostat.

En 590, selon Jean de Nikiou, il s'oppose à ce que les Byzantins aident le prétendant Perse Khosro, quelque avantage qu'ils puissent en retirer, car il est accusé de parricide.

Les historiens latins retiennent surtout du personnage la querelle qui l'oppose à la papauté : Dans un jugement synodal concernant le procès intenté au patriarche Grégoire Ier d'Antioche (587), il se fait appeler « patriarche œcuménique », le pape Pélage II lui adresse une lettre de protestation, et son successeur Grégoire Ier accorde à cette affaire la plus grande importance.

En juin 595, ce dernier écrit aux patriarches d'Alexandrie et d'Antioche que Jean a tenté d'usurper le titre d'« évêque universel ».

Le titre de patriarche œcuménique avant Saint Grégoire le Grand : Le IVe concile œcuménique, réuni à Chalcédoine en 451, a établi définitivement 4 Églises principales dans l'Empire Romain d'Orient. Ce sont, pour les citer dans l'ordre hiérarchique : Les Églises de Constantinople, d'Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem.

De ces 4 Églises, la première a absorbé à son profit l'autonomie plus ou moins accusée et plus ou moins ancienne de 3 autres Églises : Ephèse, Césarée, Béractée, qui se partageaient auparavant la juridiction sur les 28 provinces civiles des 3 diocèses (au vieux sens romain) d'Asie, de Pont-Euxin et de Thrace. La 4e Église, Jérusalem, n'est qu'un fractionnement de celle d'Antioche, groupant sous son autorité les nombreux évêchés des trois provinces de Palestine.

Ces 4 Églises ne sont pas les seules de l'Empire Oriental, bien des provinces échappent encore à leur sujétion. Ainsi, celle de Chypre, après bien des luttes et des efforts, a enfin secoué la tutelle d'Antioche, en faisant reconnaître par le concile d'Ephèse, en 431 , son autonomie, qui consacre bientôt la découverte du corps de Saint Barnabé. L'île relève donc d'un archevêque, situation qui s'est maintenue jusqu'à nous...

Il y a aussi, en Europe, dans la partie occidentale de l'Empire Grec, un certain nombre de provinces, désignées d'ordinaire sous le nom commun d'Illyricum, qui ne reconnaissent d'autre autorité juridictionnelle que celle de l'évêque de Rome. Pour elles, comme pour les provinces ecclésiastiques d'Italie, d'Espagne, des Gaules, etc. Le Pape est le vrai patriarche, sans préjudice de la primauté que lui réserve son titre de chef de l’Église Universelle.

Enfin, 2 autres Églises se forment ou s'organisent en Arménie et en Géorgie, qui possèdent déjà ou tentent de plus en plus à se donner une complète indépendance. Et je ne mentionne pas, hors des frontières orientales de l'empire, l’Église Persane de Séleucie-Ctésiphon, qui est déjà pourvue de l'autonomie.

Elle est donc erronée, bien que devenue classique, la conception de 4 patriarches orientaux, qui, de concert avec un cinquième, le patriarche de Rome, ont gouverné l’Église entière en constituant, pour ainsi dire, les 5 doigts de la main. Si jamais une main a vraiment représenté l’Église catholique et qu'on ne veuille tenir aucun compte du rôle prépondérant qu'a joué le pouce de Rome, il faut au moins reconnaître que, dès cette époque, la main compte huit ou neuf doigts.
S'il y a alors 8 ou 9 Églises autonomes, il n'y a pas huit ou neuf patriarcats. Le mot de patriarche n'a pas encore revêtu le sens privatif et déterminé que nous lui avons attribué depuis.
Pas un seul chef de ces Églises ne s'appelle nécessairement patriarche, et des évêques sont désignés de la sorte qui n'ont jamais émis la prétention d'être à la tête d'un gouvernement ecclésiastique distinct.

C'est ainsi qu'en Orient le titre de patriarche est appliqué au métropolitain de Tyr, en 518 - à l'évêque de Hiérapolis en Phrygie, beaucoup plus tôt - au métropolitain de Thessalonique,

Théophane cite un auteur du VIe siècle Théodore le lecteur, et l'accuse à ce propos d'ignorance c'est plutôt lui qui en donne la preuve. Vers l'année 517. Dans l’Église Occidentale, Cassiodore a conservé une lettre du roi Athalaric au pape Jean II, 533-535, laquelle parle de plusieurs patriarches. Grégoire de Tours mentionne le patriarche Nicetius de Lyon, au concile de cette ville, en 567, et le second concile de Mâcon, en 585, dit de Prisais, le successeur de Nicetius : Priscus, episcopus patriarcha dixit.

Sur ce point donc, comme sur tant d'autres, il ne faut pas transporter dans l'antiquité chrétienne nos conceptions modernes ni accepter les yeux fermés la terminologie reçue.
Comme le titre de patriarche, sans être d'un usage tout à fait commun, n'en est pas moins assez généralement répandu, les chefs des Églises autonomes veillent de bonne heure à ne laisser surgir aucune confusion.
Il ne faut pas oublier, en effet, qu'à cette époque, et en Orient surtout, l'usurpation d'un titre est presque toujours suivie d'un empiétement d'autorité. En conséquence, les hiérarques, qui exercent une juridiction beaucoup plus étendue que celle des simples métropolitains, font accompagner leur titre de patriarche d'épithètes laudatives et honorifiques, qui doivent les distinguer des autres prélats, auxquels on attribue également ce nom.
Parmi ces qualificatifs, celui d'œcuménique paraît avoir eu de bonne heure une assez large diffusion. On le rencontre pour la première fois donné à Dioscore d'Alexandrie, en 449, lors du brigandage d'Ephèse, par Olympios, évêque d'Evaza. La flatterie choque assez pour que, 2 ans plus tard, au concile de Chalcédoine,
Olympios désavoue publiquement ce qu'il a dit.
Plusieurs Papes reçoivent également ce litre de distinction, et cela de très bonne heure. C'est ainsi que, pendant le concile de Chalcédoine, en 451, on lit une supplique de Théodore, diacre d'Alexandrie, adressée
« au très saint et très chéri de Dieu, archevêque œcuménique et patriarche de la grande Rome », le pape saint Léon Ier. Ischyrion, diacre de la même Église, s'adresse dans les mêmes termes au même Pape, pendant le même concile, ainsi que le laïque Sophrone et le prêtre Athanase. Les moines et archimandrites de la Syrie seconde usent de la même expression, en 517, à l'égard du pape Hormisdas, les archimandrites de Constantinople, de la Syrie, de la Palestine et d'autres régions envoient une lettre, vers 535, « à notre maître, le très saint et très bienheureux archevêque de la vieille Rome et patriarche œcuménique », le pape Agapit.

Le titre d’œcuménique, à partir du VIe siècle, se trouve aussi couramment accolé au nom de l'évêque de Constantinople. Ainsi, une lettre des clercs d'An- tioche appelle Jean II (518-520 «  Le très saint archevêque, patriarche œcuménique », de même, le synode permanent s'adresse « à notre maître, le très saint et bienheureux père des pères, archevêque et patriarche œcuménique, Jean », de même, un autre concile l'appelle « le très saint archevêque et patriarche œcuménique Jean », de même, les évêques de la Syrie, seconde s'adressent « au très saint et très bienheureux père des pères, archevêque et patriarche œcuménique, Jean ». Enfin, Jean II lui-même prend le titre d'œcuménique dans l'en-tête de 2 lettres adressées à son homonyme, le patriarche de Jérusalem. Il est vrai que cet en-tête peut provenir d'un copiste postérieur, tout aussi bien que du patriarche Byzantin. Le successeur de Jean II, le patriarche Épiphane (520-535), est dit dans une loi de l'empereur Justinien « très saint et très bienheureux archevêque de cette ville royale et patriarche œcuménique », de même, dans d'autres lois et édits de cet empereur, il porte communément le titre d’œcuménique.

Le patriarche Anthime (535-536) est dit également œcuménique dans une novelle de Justinien, quant à Menas (536-552), il porte ce titre, soit dans les novelles impériales, soit dans les actes du concile tenu à Constantinople en 536.
Cette série de citations suffit j'espère, pour convaincre le lecteur que le titre de « patriarche œcuménique » n'a pas été pris pour la première fois par le patriarche Jean IV le Jeûneur, au concile de 588, comme on le dit trop ordinairement dans les manuels d'histoire ecclésiastique ou dans les traités sommaires d'apologétique...

On ne peut même pas supposer que le mot œcuménique a été ajouté après coup. Si l'hypothèse d'une interpolation peut se vérifier dans un petit nombre de cas, elle est inadmissible pour le plus grand nombre. Des interpolations volontaires ont été opérées par les Grecs, le fait est certain, mais les documents n'ont pas subi ces retouches qui portent indubitablement le titre incriminé.

On objecte parfois, que, dans les lois impériales de Justinien, le mot œcuménique figure dans le texte grec, alors qu'il fait défaut dans le texte latin.
Du reste, la meilleure preuve que cette objection ne porte pas, la voici . Facundus d'Hermiane, un contemporain de Justinien, qui ne professe pas à l'endroit des Byzantins une sympathie exagérée, nous a conservé en latin le titre d'un édit de Justinien, adressé au patriarche Épiphane.
Ce titre est conçu de la sorte : « Imperator Justinianus augustus Epiphanio sanctissimo acbeatissimo archiepiscoporegiœ ut bis hujus et universali patriarchœ » absolument comme dans le Corpus juris... Insister davantage après tous ces témoignages ne serait qu'une perte de temps.

Si l'emploi du terme œcuménique, appliqué à divers évêques, est bien constaté dès le VIe et même dès le Ve siècle, en retour il n'est pas facile de dire exactement le sens que l'on attache alors à ce mot. S'il a signifié universel au sens le plus large que l'on puisse donner à cette expression, les Occidentaux ont certainement protesté contre son emploi.
On ne peut, en effet, sans compromettre la primauté de Rome, tolérer que le patriarche de Constantinople soit œcuménique dans ce sens, par ailleurs, du moment que, vers la même époque, les Orientaux, même à Constantinople, qualifient les papes Hormisdas et Agapit de patriarches ou archevêques œcuméniques, on a eu 2 patriarches universels à la fois.

Le mot œcuménique paraît donc comporter une signification beaucoup plus restreinte. On peut le traduire par catholique ou, si l'on veut, par universel, mais à la condition que cette universalité ne s'applique qu'a une portion déterminée de l’Église entière. De la sorte, un patriarche œcuménique désigne le chef incontesté d'une grande Église : de l’Église occidentale, s'il s'agit de Rome, de l’Église Égyptienne, s'il s'agit d'Alexandrie, de l’Église Byzantine, s'il s'agit de Constantinople.

Le mot catholique, qui, au fond, signifie la même chose que le mot œcuménique, a pris de même à la longue un sens précis et restreint qu'il n'a pas à l'origine. Nous disons le catholicos de l’Église Arménienne, pour désigner le chef ou patriarche de cette Église, le catholicos de l’Église chaldéenne, pour désigner le chef ou patriarche de l’Église Syrienne Orientale. En réalité, nous avons affaire à 2 patriarches œcuméniques pour ces 2 régions.
Ce qui prouve bien que tel est le sens du terme œcuménique, c'est un passage de Théodoret, évêque de Cyr, qui se rapporte au patriarche Nestorius. Il dit de lui que, avec la chaire de Constantinople, il obtient la proèdrie du monde entier : « κατά Κωνσταντινούπολη των ορθοδόξων καβο- λΐχής 'Εκκλησίας την προεδρίαν πιστεύεται, ουδέν δε ήττον χαίτης οικουμένης άπάσης »
Est-ce que Théodoret a prétendu faire de Nestorius le chef de l’Église universelle et le placer au-dessus de l'évêque de Rome ?
Aucunement, sa doctrine sur la primauté pontificale est bien trop connue pour qu'on puisse lui prêter une pareille pensée, il a voulu seulement dire que, en devenant évêque de Constantinople, Nestorius est le premier évêque de l'Orient, chose que reconnaît, du reste, le IIIe canon du concile œcuménique de 381.

De même, on pourrait dire que, être patriarche ou archevêque œcuménique, dans les pièces adressées aux papes Léon Ier, Hormisdas et Agapit, signifie pour le Pape être le premier évêque de l'Occident. Bien entendu , ceci n'exclut pas la primauté Romaine, qui se prouve par d'autres arguments et ne dépend en aucune manière d'une semblable question. Il est à craindre toutefois que, en devenant plus rare, le titre a pris un sens beaucoup plus étendu, et que, si on l'applique à une seule Église Orientale, il devient alors vraiment synonyme d'universel. Dans ce cas, le patriarche œcuménique a correspondu au chef suprême et unique de l’Église Orientale, il a peu à peu absorbé la juridiction que se partageaient, dans la limite de leurs droits, les patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem, sans compter les autres chefs des Églises autonomes. C'est là précisément que se trouve, la cause du conflit qui brouille Rome et Byzance vers la fin du VIe siècle et dans les premières années du siècle suivant.
On connaît le fait historique qui semble avoir provoqué ces débats :
En 588, le patriarche de Constantinople, Jean IV, auquel son austérité de vie mérite le surnom de jeûneur, cite à son tribunal le patriarche d'Antioche, Grégoire, qu'on accuse par jalousie de divers crimes odieux ou infamants. Là, dans un concile, auquel prennent également part les patriarches d'Alexandrie et de Jérusalem, ainsi qu'un grand nombre de prélats orientaux, Jean le Jeûneur déclare l'accusé absous et s'attribue à lui-même le titre de patriarche œcuménique...

En l'absence d'actes écrits de ce concile et nous ignorons, par conséquent, à
quel propos est revendiqué ce titre d'honneur et le sens précis qu'on lui attribue. De même est perdue la lettre de Pelage II, dans laquelle ce Pape proteste contre la tenue d'un pareil concile, réuni sans qu'il eût été consulté et que la présence des 4 patriarches Orientaux aurait pu faire passer pour œcuménique, toutefois, par les lettres de Saint Grégoire le Grand on apprend que Pelage II en est très irrité et qu'il casse tous les actes de ce concile...

« Et quidem hac de re sanctœ mentor iœ decessoris met Pelagii gravia ad sanctitatem vestram scripta transmissa sunt. In quitus synodi propter negandum ela- tionis vocabulum, acta dissolvit It a ut sanctœ memorice decessoris met tempore ascrïbi se in synodo tali hoc superbo voca- bulo faceret, quamvis cuncta acta illius synodi, sede contradicente apostolica, soluta sint Joannes in Constantinopolitana urbe ex causa alia occasionem qucerens syno- dum fecit, in qua se universalem appellare conatus est. Quod mox idem decessor meus ut agnovit directis litter is ex auctoritate sancti Pétri apostoli ejusdem synodi acta cassavit Quod beatce recordationis Pelagius decessor noster agnoscens, omnia gesta ejusdem synodi, praeter illa quœ illic de causa venerandœ memorice Gregorii episcopi antiocheni sunt habita, valida omnino districtione cassavit ».

Le pape Pelage II ne se contente pas de cette mesure, il enjoint également à son apocrisiaire (procureur ou nonce) à Constantinople de ne plus communier avec le patriarche, tant que celui-ci n'aura pas renoncé au titre usurpé...
« usurpé » bien que le titre d'œcuménique ait été appliqué précédemment aux patriarches Byzantins, ainsi qu'en font foi les textes. En effet, il importe de remarquer que, dans tous ces textes, ce n'est pas le patriarche qui s'est donné à lui-même ce qualificatif, mais des étrangers : Évêques, prêtres ou laïques qui le lui ont attribué. Dans le concile de 588, tout au contraire, Jean le Jeûneur a pris de lui-même ce titre honorifique et il se l'est fait concéder ensuite par les membres du synode... Comme le dit Saint Grégoire : « Synodum fecit in quâ se universalem appellare conatus est ».
Un pas de plus est fait, et un pas considérable, que Rome ne juge pas à propos de tolérer. Siméon Vailhé.


FRESQUE DE L’ÉGLISE RAVENNE VIeSIECLE
A sa mort, en 595, lorsque l'empereur veut se faire rembourser de son prêt, on ne trouve chez le patriarche de la « Reine des villes » qu'un vieux manteau de laine et une maigre couverture.
Pendant toute sa vie, Saint Jean accomplit de nombreux miracles : Il guérit un aveugle-né en lui donnant la Sainte Communion, calme une tempête par sa seule prière, repousse les barbares qui veulent attaquer la ville, guérit un grand nombre de femmes stériles etc... Il est ainsi pour son troupeau spirituel non seulement le bon Pasteur (cf. Jn. 10:11), le médiateur, le Grand Prêtre, mais aussi l'image vivante de la Providence de Dieu, qui se répand avec abondance sur les justes comme sur les pêcheurs.


Jean IV le Jeûneur — Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_IV_le_Jeûneur
Jean IV . Jean IV le Jeûneur ou Jean IV Nesteutès fut patriarche de Constantinople du 12 avril 582 au 2 septembre 595 .

Mémoire de notre Saint Père JEAN IV, dit le JEÛNEUR ...
www.religion-orthodoxe.eu/.../memoire-de-notre-saint-pere-jean-iv-dit-l...
1 sept. 2015 - Le 2 septembre, Saint Jean le Jeûneur naquit et fut élevé à Byzance sous le ... Mémoire de notre Saint Père JEAN IV, dit le JEÛNEUR, Patriarche de Constantinople ... Pendant les treize années de son Patriarcat, il ne relâcha en rien ... A sa mort, en 595, lorsque l'empereur voulut se faire rembourser de ...

vendredi 2 octobre 2015

EN REMONTANT LE TEMPS...596


26 SEPTEMBRE 2015...

Cette page concerne l'année 596 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

L'AIMABLE REINE FAILEUBE COMPAGNE FIDÈLE DE CHILDEBERT II


CHILDEBERT II
La majorité de Childebert II est proclamée une première fois en 585, puis lors du pacte d’Andelot en 587. Grâce à ce pacte, il hérite de la Bourgogne et de l’Orléanais, après avoir été adopté par son oncle, le roi Gontran. Pratiquant une politique d’alliance avec les Byzantins contre les Lombards d’Italie, Childebert II mène les dernières expéditions Austrasiennes dans cette région. Il est aussi connu pour avoir profondément modifié la loi salique par un décret, dénommé Décrétion de Childebert.
Pendant qu'il guerroie, la régente Brunehaut réorganise les institutions du royaume des Francs de son défunt mari. Elle rédige la décrétion de Childebert qui sera énoncé par son fils Childebert en 595 et apporte au royaume Franc une organisation étatique et royale qui modifie en profondeur les institutions médiévales.

Dans cette année, la 13e du roi Childebert II (588), comme nous étions en route vers la ville de Metz pour nous rendre auprès du roi, nous reçûmes l’ordre d’aller en ambassade vers le roi Gontran. Nous le trouvons dans la ville de Chalons : « Ton très glorieux neveu Childebert II t’envoie, ô illustre roi, un très ample salut, et te rend des grâces infinies de ta bonté, parce que tu ne cesses de lui donner des avis pour qu’il fasse ce qui plaît à Dieu et ce qui peut t’être agréable et convenir aux peuples... Il promet d’accomplir toutes les choses dont vous avez parlé ensemble et de ne violer aucun des engagements pris entre vous ».
Alors le roi dit : Je n’ai pas également à lui rendre grâces, quand il viole à ce point tout ce qu’il m’a promis. Il ne m’a pas rendu, comme il le devait, ma part de la ville de Senlis. Il a empêché de passer des hommes que je voulais, pour mon avantage, transporter en d’autres lieux, parce qu’ils m’étaient contraires. Comment ! Dites-vous donc que mon très doux neveu ne veut transgresser aucun des engagements signés entre nous ?

Et nous lui répondîmes : Il ne veut rien faire contre ses engagements , et promet de les accomplir en entier, ainsi si tu veux dépêcher dès à présent pour qu’on fasse le partage de la ville de Senlis, tu recevras immédiatement ce qui t’appartient. Donne par écrit le nom des hommes dont tu parles, et on accomplira tout ce qui a été promis...

En 589, passe de ce monde la reine Ingoberge, veuve de Charibert, femme d’une grande prudence, adonnée à la vie religieuse, et point paresseuse aux veilles, aux prières et aux aumônes. Avertie, je crois, par la providence de Dieu, elle envoie des messagers pour que l'on vienne l’aider à faire son testament, comme elle l’a projeté pour le salut de son âme, afin de faire rédiger par écrit...

Le duc Amale, avant envoyé son épouse dans un de ses domaines pour y soigner ses affaires, devient amoureux d’une jeune fille de naissance libre. La nuit venue, étant pris de vin, il envoie ses serviteurs pour enlever la jeune fille, et l’amener dans son lit...
Elle résistant, ils la conduisent par force dans sa demeure, la frappant de soufflets, en sorte que le sang coulait à flots de ses narines. Le lit du duc en est ensanglanté, car s’en étant rendu maître avec des coups de poing, des soufflets, et d’autres mauvais traitements, il la prend dans ses bras, et aussitôt, accablé de sommeil, il s’endort... Elle, ayant étendu la main au-delà de la tête de cet homme, trouve son épée, et l’ayant tirée, lui en frappe courageusement la tête, ainsi que l’a fait Judith à Holopherne... A ses cris, ses serviteurs accourent et veulent tuer la jeune fille, mais il s’écrie en disant : N’en faites rien, je vous prie, car j’ai péché en voulant de force lui ravir sa chasteté, qu’elle ne périsse point celle qui n’a rien fait que pour conserver sa pudicité.
En disant ces mots, il rend l’esprit... Tandis que sa famille réunie est occupée à pleurer sur le lit, la jeune fille, avec l’aide de Dieu, s’échappe, sort de la maison et arrive dans la nuit à la ville de Châlons située à près de 35 milles du lieu d’où elle est partie. Là, elle entre dans la basilique de Saint Marcel, et prosternée aux pieds du roi lui raconte tout ce qui lui est arrivé. Le roi très miséricordieux non seulement lui donne la vie, mais commande qu’il lui soit remis un ordre d’après lequel il la prend sous sa protection, et défend à aucun des parents du défunt de l’inquiéter en aucune manière... Nous avons su que, par l’aide de Dieu, la chasteté de cette fille n’a été en aucune manière violée par son furieux ravisseur...

Le roi Childebert II sur une invitation de Sigebert, évêque de la ville de Mouzon, se décide à célébrer dans cette ville, le jour de Pâques. Son fils Théodebert est alors malade, et souffre beaucoup d’une tumeur à la gorge, mais il guérit... Cependant le roi Childebert II lève une armée , et se prépare à passer avec elle en Italie pour combattre la nation des Lombards.
SIGEBERT
Sur l’invitation de l’évêque Mérovée, le roi envoie à Poitiers Florentien, maire du palais, et Romulf, comte du palais, pour faire le recensement du peuple, afin que, rectifiant les rôles d’après les changements survenus, il en puisse tirer le tribut qu’on y paie du temps du père de Childebert II. Plusieurs de ceux qui payaient sont morts, en sorte que le poids du tribut pèse sur les veuves, les orphelins et les faibles. Les envoyés de Childebert ayant examiné la chose en détail, déchargent les pauvres et les infirmes, et comprennent dans le cens ceux que leur condition soumet justement au tribut, après quoi ils viennent à Tours...

...Voilà maintenant la 14e année que règne Childebert II depuis la mort de son père, il n’a rien exigé, et la ville n’a gémi sous le poids d’aucun impôt. Maintenant, il est en son pouvoir de lever ou non, mais prenez garde de ne point attirer de mal sur le roi, en allant contre son serment...

Durant ce temps le roi Gontran fait marcher une armée en Septimanie. Le duc Austrovald étant arrivé à Carcassonne fait prêter serment au peuple, et le soumet à la puissance du roi. Il envoie Boson et Antestius pour se rendre maîtres des autres cités.
Celui-ci arrive plein d’orgueil, méprisant le duc Austrovald, et le blâmant d’avoir osé, sans lui, entrer dans Carcassonne. Il y marche avec les gens de Saintes, de Périgueux, de Bordeaux, d’Agen et de Toulouse.
Comme il s’avance ainsi plein d’arrogance, les Goths, avertis, se préparent à le faire tomber dans des pièges. Ayant placé son camp sur une petite rivière proche de la ville, il se met à faire festin et s’enivre éclatant en injures et en blasphèmes contre les Goths, qui, survenant à l’improviste, le surprennent, avec ses convives, au milieu de leur repas. Alors ceux-ci, poussant des cris, s'arment contre les Goths... Ces derniers résistent peu et feignent de prendre la fuite. Mais, comme les autres les poursuivent, les gens qu’ils ont mis en embuscade se lèvent, les entourent, et en font un grand carnage.
SAINT GONTRAN ROI DE BOURGOGNE
Ceux qui peuvent échapper, montant à cheval, se dérobent à grand-peine par la fuite, laissant par les champs tout leur mobilier, n’emportant avec eux rien de ce qui leur appartient, et tenant à grand bonheur d’avoir la vie sauve.
Les Goths, en les poursuivant, ramassent tous leurs effets, les emportent, emmènent captifs tous les piétons, et tuent prés de 5 000 hommes. Les captifs sont plus de 2 000, mais en relâchent un grand nombre, qui retournent dans leur pays.
Le roi Gontran irrité ordonne de fermer tous les chemins de son royaume, afin que personne du royaume de Childebert II ne trouve passage à travers son territoire, disant : C’est par la perfidie qu’il a eue de faire alliance avec le roi d’Espagne, que mon armée a été détruite, et il a envoyé vers lui , afin que les villes ne se soumettent pas à ma puissance...

Après cela, Reccared envoie à Gontran et à Childebert II une ambassade pour faire la paix avec eux, offrant, comme il affirme s’être réuni avec eux dans une même foi, de s’unir également à eux par la charité, mais le roi Gontran repousse les envoyés, disant : Quelle fidélité peuvent-ils me promettre, et comment pourrai-je les croire quand ils ont réduit en captivité ma nièce Ingonde, et quand, par leurs embûches, son mari a été mis à mort, et qu’elle-même a péri dans son voyage ? Je ne recevrai point d’ambassade de Reccared jusqu’à ce que Dieu permette que j’aie été vengé de ces ennemis. Les envoyés, ayant reçu cette réponse, vont trouver le roi Childebert II, qui les reçoit avec des sentiments de paix, et ils lui disent : Ton frère Reccared, notre maître, veut se laver du crime qu’on lui impute, d’avoir été complice de la mort de votre sœur, il s’en purgera, si tu veux, par serment ou de quelque autre manière qu’il te plais puis il donnera à votre Grâce 10 000 sols d’or, et il désire ainsi avoir votre amitié, afin qu’usant de votre secours, et vous du sien, lorsqu’il sera nécessaire, vous y trouviez tous deux votre avantage. Lorsqu’ils ont ainsi parlé, le roi Childebert II et sa mère promettent de garder avec Reccared une paix et une amitié constantes, et après avoir reçu et fait des présents ,
Les envoyés ajoutent :
Notre maître nous a aussi ordonné de transmettre à votre oreille quelques paroles sur votre fille et sœur Clodosinde, afin qu’elle lui soit donnée en mariage, ce qui rendra plus solide la paix promise entre vous. » Le roi et la reine répondent : Vous recevrez de nous, sur ce point, une promesse valable, mais nous n’osons faire la chose sans le consentement de notre oncle le roi Gontran, car nous lui avons promis de ne traiter aucune grande affaire sans en prendre son avis. Ils s’en allèrent après avoir reçu cette réponse...

Il y eut cette année là de grandes pluies au printemps, les arbres et la vigne commençaient déjà à se garnir de feuilles lorsque la la neige se mit à tomber couvrant tout, ensuite vint de la gelée qui brûle, les pousses de la vigne et les autres fruits déjà sortis. La rigueur de la saison parvient à ce point que les hirondelles et les autres oiseaux venus des régions lointaines périssent par la violence du froid... Ce qu’il y a de surprenant, c’est que la gelée détruit tout dans des lieux où elle n’a jamais fait de mal, et qu’il n’y en a pas dans ceux où elle a coutume de nuire...

Childebert II est avec son épouse et sa mère dans le territoire de la ville appelée Strasbourg. Alors les hommes vaillants qui vivent dans la ville de Soissons et dans celle de Melun, viennent à lui et lui disent :
Donne-nous un de tes fils, afin que nous le servions, et qu’ayant avec nous quelqu’un de ta race, nous opposions plus de résistance aux ennemis, pour défendre ta ville.
Réjoui de cette demande, il résout de leur envoyer Théodebert, son fils aîné, et, en août de cette année, le fait partir avec des comtes, des domestiques, des intendants, des gouverneurs, et tous ceux qui sont nécessaires au service royal, se conformant ainsi au désir de ceux qui lui ont demandé de le leur envoyer. Le peuple le reçoit avec beaucoup de joie, et demandant à la miséricorde divine de lui accorder, ainsi qu’à son frère, une vie plus longue que celle de son aïeul...
Faileube (née en 572, morte en 596) (Épouse Childebert II (alors roi d’Austrasie, puis roi de Paris et de Bourgogne) vers 585), Faileube épouse Childebert II vers 585, tandis qu’il est déjà roi d’Austrasie. Elle est mère de 2 fils, Théodebert et Thierry, lorsqu’elle tombe malade des suites d’un 3e enfantement qui la surprend avant terme, en 589. Elle vient d’avoir un fils mort en naissant, et repose sur un lit, on parle à quelque distance dans le même appartement, sans soupçonner qu’elle puisse entendre... Faileube, à l’aide de quelques mots qu’elle entend, comprend qu’il est question de quelque vaste intrigue entre Droctulf et Septimine, elle se rend attentive, et, dans les entretiens des coupables, elle a bientôt recueilli assez d’indices. mourir Childebert II, de chasser les 2 reines, Faileube mais aussi Brunehaut (mère de Childebert), et de nommer une régence qui gouvernera au nom des enfants. Toutefois, avant de tuer le roi, on doit essayer de le persuader de répudier sa femme et de disgracier sa mère, afin que, par l’influence d’une femme de leur choix, les conjurés puissent obtenir tout ce qui leur convient. C’est Septimine qui doit tout arranger auprès du roi, pour l’engager à répudier la reine. La reine-mère fait arrêter les conjurés Septimine et Droctulf, qui sont étendus entre des poteaux pour être violemment frappés de coups... Alors Septimine avoue que, par amour pour Droctulf, dont elle est la prostituée, elle a fait périr son mari Jovius, au moyen de maléfices.
THÉODEBERT II
Elle avoue aussi tout ce que Faileube a entendu et nomme, pour être entrés dans le projet, ses complices : Sumnégésile, comte des écuries, et Gallomagne, référendaire.

Grégoire de Tours rapporte qu’on va sur-le-champ pour les prendre, mais qu’effrayés par leur conscience, ils ont cherché leur refuge dans l’enceinte des églises.
Le roi va lui-même vers eux et leur dit : « Sortez pour qu’on vous juge, afin que nous sachions si les choses dont on vous accuse sont vraies ou fausses. Car je pense que vous ne vous seriez pas sauvés dans cette église, si vous n’aviez pas été effrayés par votre conscience. Cependant, recevez la promesse que la vie vous sera laissée, même si vous êtes coupables, car nous sommes chrétiens, et il n’est pas permis de punir les criminels qu’on a tirés de l’église. »... Ils sont conduits hors de l’église, et viennent avec le roi pour être jugés. Ayant été examinés sur l’accusation, ils réclament et disent : « Septimine et Droctulf nous ont déclaré ce projet, mais nous nous y sommes refusés avec exécration, et n’avons jamais voulu consentir à ce crime », ce à quoi le roi répond : « Si vous n’y aviez donné aucun consentement, vous l’eussiez fait parvenir à notre oreille, et n’est-il donc pas vrai que vous y avez prêté votre consentement, puisque vous l’avez dérobé à notre connaissance ? »
Et aussitôt, ayant été mis dehors, ils se réfugient de nouveau dans l’église.
Septimine est, Droctulf sont violemment frappée de coups, elle a le visage brûlé de fers ardents puis, après lui avoir ôté tout ce qu’elle a, on la conduit au village de Marlheim (à quelques kilomètres de Saverne, dans le Bas-Rhin) pour y tourner la meule et pour préparer chaque jour les farines nécessaires à la nourriture des femmes qui habitent le Gynécée. Droctulf, après avoir eu les cheveux et les oreilles coupés, est envoyé cultiver les vignes, mais au bout de peu de jours, il s’enfuit...
THIERRY II

Le régisseur ayant été à sa recherche le ramène au roi, et après avoir été sévèrement battu, il est reconduit de nouveau à la vigne d’où il s’est échappé. Sumnégésile et Gallomagne privés de tous les biens qu’ils ont reçus du fisc, sont envoyés en exil.
S’il vient de la part du roi Gontran des envoyés, parmi lesquels se trouvent des évêques, qui prient pour eux, en sorte qu’ils soient délivrés de l’exil, on ne leur laisse rien que ce qu’ils possèdent de leurs propres biens...

Seule épouse de Childebert II, Faileube a 4 enfants avec le roi : Théodebert II (né en 586 et mort en 612),
Thierry II (né en 587 et mort en 613),
Un fils mort-né, en 589,
Une fille, Theudelinde ou Theudeline.

Le VIe siècle, touche à sa fin lorsque Childebert termine ses jours en 596, à l'âge de 26 ans, après 20 ans de règne. On croit assez généralement qu'il a été empoisonné, les uns disent par Frédégonde, d'autres par Brunehaut. Mais ce crime de la part d'une mère serait trop horrible pour imaginer que Brunehaut ait pu s'en rendre coupable... Childebert avait eu deux enfants de la reine Faileube. A sa mort ses états furent partagés entre ses deux fils, Théodebert et Théodoric ou Thierry. Le premier, âgé de 10 ans, a le royaume de Metz ou d'Austrasie, l'autre, dans sa 9e année, est, comme l'a été Gontran, roi d'Orléans et de Bourgogne, ainsi la Touraine lui échoit en partage. Quant au royaume d'Austrasie, il passe en quelque sorte sous la domination de Brunehaut, qui règne sous le nom de son petit-fils.

ENTREVUE ENTRE LES ROIS GONTRAN ET CHILDE BERT II
Cette même année, Frédégonde, jalouse de la puissance de Childebert II, tente encore de faire assassiner ce prince qui lève une forte armée pour détrôner, cette méchante femme, mais elle excelle en courage comme en scélératesse : Elle prend la résolution de marcher au-devant de Childebert II, quoique ses troupes soient bien inférieures en nombre, au moment du combat, elle parcourt les rangs avec son fils âgé de 10 ans, anime et enflamme les soldats par ses exhortations et ses harangues : La victoire se décide en sa faveur, sous les murs de Soissons.
Les Austrasiens perdent 30 000 hommes. Pour faire une diversion, elle soulève contre Childebert II le duc de Bretagne et les Warnes, peuple qui habite l'embouchure du Rhin.
En Bretagne , les succès et les revers sont balancés, mais Childebert II est plus heureux contre les Warnes qu'il extermine : Ce peuple a entièrement disparu. Childebert II ne survit pas à cette victoire, et meurt en 596. La reine Faileube le suit de près... Childebert II meurt empoisonné avec son épouse, en 596, à 25 ans. Ses deux fils Thibert II et Thierry II, s’entre-déchirent pour la succession, malgré l’influence de Brunehaut. Le premier lui succède en Austrasie alors que le second reçoit le royaume de Bourgogne et celui d’Orléans.
Nous avons trop souvent parlé de Frédégonde pour ne pas faire ici mention de sa mort, qui a lieu en 597. Malgré tous les crimes dont elle s'est souillée, et que n'ont pu pallier quelques actes tardifs de repentir, elle meurt paisiblement dans son lit, et reçoit les plus grands honneurs funèbres, tandis que 16 ans après, Brunehaut, infiniment moins coupable, expire dans les plus horribles supplices.

LA FÊTE DE LA SAINT MARCEL
Les calamités dont les peuples ont eu à gémir sous ces différents règnes, et les déprédations auxquelles ils sont continuellement en proie, prennent leur source moins encore dans la division de la monarchie en plusieurs royaumes, que dans l'ambition désordonnée des princes qui sont appelés à les gouverner. Les liens du sang, les traités, les serments, rien n'est sacré pour eux.
A peine couronnés, une seule idée semble les dominer, celle de pouvoir s'emparer réciproquement de leurs possessions, et pour cela le poison et le fer ne répugnent point à leur superstitieuse dévotion.
On voit les reines faire assassiner ou empoisonner leurs époux,
Les oncles poignarder leurs neveux,
Les pères même ordonner froidement la mort de leurs fils,
Les frères chercher à s'entre-égorger pour usurper les domaines l'un de l'autre. ( En république rien n'a vraiment changé au fond seul les armes et les poisons sont différents... (calomnies mensonges au lieu d'assassinat et de coups)) 

"Il est dommage qu'il soit impossible de trouver une image de la reine Faileube " 


Histoire reines de France, impératrices, épouses royales ...
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13 août 2015 - Histoire et vie des reines, impératrices, ayant gouverné le royaume de ... Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du ..... épousa Théodebert en 533, avant d'être répudiée l'année suivante. .... Faileube (née en 572, morte en 596) ..... Ermentrude était la petite-fille d'un seigneur puissant, Adalhard, ...
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Histoire de Touraine depuis la conquête des Gaules par les ...
https://books.google.fr/books?id=Zm8CDoMbAdYC
Jean-Louis Chalmel - 1828
Childebert avait eu deux enfans de la reine Faileube. ... Metz ou d'Austrasie; l'autre, dans sa neuvième 596. année, fut, comme l'avait été Contran , roi d'Orléans.

Dictionnaire du département de la Moselle
https://books.google.fr/books?id=-HsTAAAAQAAJ
Claude Philippe de Viville - 1817
Cette même année , Frédégonde, jalouse de la puissance de Childebert, tenta encore de ... Childebert ne survécut pas à cette victoire, et mourut en 596,à 26 ans, après un règne de vingt années. La reine Faileube le suiv it vn« Roi- de près.