samedi 3 mai 2014

1109... EN REMONTANT LE TEMPS

01/05/2014,

Cette page concerne l'année 1109 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LE CID CAMPEADOR S'ILLUSTRE AU MILIEU DE GUERRES FRATRICIDES


ALPHONSE VI
Avant de mourir, Fernando Magno, Ferdinand Ier le Grand partage ses États entre ses 3 fils et ses 2 filles, ouvrant une lutte fratricide, Ferdinand Ier le Grand meurt le 2 novembre 1065.
En 1065 Alphonse VI, le Vaillant (né en 1030, mort à Tolède le 30 juin 1109), roi de Léon, il devient 1er roi de Castille et de Galice en 1073... Deuxième fils de Ferdinand 1er, il n'obtient dans le partage des États de son père que le royaume de Léon, et une partie de l’Estrémadure.
Sanche II le Fort, soutenu par le bras armé de Rodrigo Díaz de Bibar, écrase l'armée d'Alphonse VI de Castille, son frère, qui trouve refuge auprès du roi musulman de Tolède.
En 1065, Sanche II le Fort devient roi de León, et veut dépouiller ses frères et ses sœurs de leur héritage.
En 1065, Garcia II de Castille devient Roi de Galice et Comte de Portugal
Un Royaume de Galice et de Portugal est constitué en 1065 par le comte de Portugal Nuno II Menéndez, qui déclare son indépendance profitant des dissensions provoquées par les guerres entre les fils de Ferdinand Magno.
19 juillet 1068 attaqué par son frère aîné Don Sanche, roi de Castille, il perd la bataille du Pisuerga, puis détrôné le 14 juillet 1070 et, après avoir perdu le combat du Carrion (juillet 1071), il s'enfuit chez les Maures de Tolède,
En 1069 Alphonse VI de Castille épouse Agnès de Poitou, (1052-1078) fille de Guillaume VIII d'Aquitaine.
4 octobre 1072 Don Sanche, ayant voulu s'emparer de Zamora qui appartient à sa sœur Urraca, il est assassiné, sans doute par un traître sur ordre de son frère... Alphonse VI rentre à Léon... se rétabli sur le trône (5 octobre 1072), devient roi de Castille et du León... Son frère cadet, Don. Garcia, roi de Galice, essaie à son tour de le dépouiller il est fait prisonnier et enfermé au château de Luna pour le reste de ses jours... Enfin, les Ricos hommes de Castille acceptent Alphonse VI comme roi, après lui avoir fait jurer devant le Cid Campéador qu'il est innocent de la mort de Don. Sanche... À compter de cette époque, la Galice entre dans le royaume de Castille et du León et le reste, bien que bénéficiant de divers degrés d'autonomie de gouvernement.
En Castille, Alphonse devrait s'appeler Alphonse IV mais comme Roi de León (antérieur) il est et reste Alphonse VI... Il se fiance avec Agathe, fille de Guillaume le Conquérant...(un doute plane sur cette affirmation il pourrait s'agir d'Adélaïde autre fille du Conquérant, le mariage ne semble pas avoir été conclu)... Rodrigo Díaz de Bivar se met au service d'Alphonse VI de Castille, qui le charge de recouvrer pour lui les parias (le tribut) dues par Abbad III, Roi Maure de Séville... En récompense, Alphonse VI de Castille donne à Rodrigo Díaz de Bivar en mariage sa nièce, qu'il épouse le 19 juillet 1074 Chimène ou Jimena ou Xiemna Díaz de las Asturias, fille de Diègo, Comte d'Oviédo, et de Cristina Fernandez des Asturies.
Le 8 mai 1081 Alphonse VI de Castille épouse Constance de Bourgogne (1046/1092), fille de Robert Ier de Bourgogne et d'Hélia de Sémur-en-Brionnais.
Maître de toute la monarchie Castillane, Alphonse s'allie avec l'émir de Séville contre celui de Tolède, fils de son hôte. Tolède, attaquée dès 1078, ouvre ses portes le 25 mai 1085, et Alphonse y établit des chrétiens du nord de l'Espagne et du sud de la France.
REMPARTS D'AVILA
L'invasion des Almoravides fait alors courir à l'Espagne un grand danger, Alphonse s'allie contre les Maures avec Sancho Ramirez, roi d'Aragon, et Raymond Bérenger, comte de Barcelone. Il perd néanmoins, le vendredi 23 octobre 1086, la bataille de Zélaka, à 14 km au nord de Badajoz, sans se laisser décourager, il continue à se fortifier par des alliances pendant que l'Almoravide Yousouf fait la conquête de l'Espagne musulmane...
Il marie sa fille Urraca à Raymond de Bourgogne, sa fille Theresa à Henri de Besançon, qu'il fait comte de Portugal avec Lisbonne et Santarem pour places principales.
En 1088, il est assez fort pour repousser devant la forteresse d'Alid une seconde invasion de Yousouf.
En 1092, le Cid s'empare de Valence qui reste chrétienne jusqu'en 1102. Il ne peut malheureusement éviter une troisième fois la guerre avec Ali et Temim, successeurs de Yousouf ; comme son grand âge ne lui permet pas de prendre part en personne à la campagne, il met à la tête des troupes son fils unique Don Sancho, âgé de 11 ans. La défaite de l'armée Castillane à Uclès (29 mai 1108) et la mort de Don. Sanche, tué dans la retraite, accablent Alphonse VI, qui meurt l'année suivante, laissant pour héritier de son trône Urraca, déjà veuve, et son jeune fils Alphonse Raymondez.
Le 8 mai 1081 Alphonse VI de Castille épouse Constance de Bourgogne (née vers 1046), fille de Robert Ier de Bourgogne et d'Hélia de Sémur-en-Brionnais.
Pour avoir enfreint la paix du roi, Alphonse VI de Castille accuse Rodrigo Díaz de Bivar plus ou moins directement d'avoir participé à l'assassinat de Sanche II le Fort... Il parcourt l'Espagne orientale, offrant ses services aux princes chrétiens ou musulmans.
En 1086 les princes musulmans appellent à leur secours les Almoravides qui franchissent le détroit de Gibraltar et mettent en déroute Alphonse VI à Zallaka. Mais les Almoravides ne réussissent pas à tirer avantage de leurs victoires militaires, comme celles de Consuegra (1097) et de Malagón (1100). Le Cid Campeador, au service d’Alphonse, symbolise cette résistance chrétienne à l’Islam.
Alphonse VI de Castille rapproche aussi l'Espagne de la papauté et décide de remplacer le vieux rite de saint Isidore, le rite mozarabique par le rite romain. D'un autre côté, Alphonse VI de Castille est très ouvert à l'influence arabe. Alphonse VI de Castille protège ses sujets maures et bat monnaie avec des inscriptions en lettres arabes.
En 1092, excédé, Alphonse VI de Castille s'allie avec Sanche Ier Ramirez, Roi d'Aragon, et Bérenger-Raymond II de Barcelone contre Rodrigo Díaz de Bivar, mais l'attaque navale échoue contre Tortosa.
Alphonse VI de Castille épouse en 1093 Berthe de Bourgogne ou de Toscane (1081/1098) fille de Comte palatin Guillaume Ier de Bourgogne et d’Étiennette de Longwy-Metz
Henri de Bourgogne (Borgonha), l'oncle de Raymond Ier de Bourgogne, épouse en 1093 Dona Teresa ou Thérèse de León, fille illégitime d'Alphonse VI de Castille et demi-sœur d'Urraca I de Castille. Parmi leurs nombreux enfants Par cette alliance, Henri devient Comte de Portugal, un fief difficile dans le nord de la Castille où les attaques et les incursions des Maures sont fréquentes. Le comté de Portugal fait partie du royaume de Galice. Le comté est aussi connu sous le nom d'Oporto ou encore de Porto.
ABBAYE DE LEON
En 1094 Rodrigo Díaz de Bivar fait inonder la huerta pour éloigner les troupes en campagne, et reprend le siège de Valence, qui tombe en juin. Il se proclame roi de Valence et continue de mener une politique opportuniste, se souciant peu des accords passés avec Alphonse VI de Castille, ou avec Raymond-Bérenger III de Barcelone.
Fort de ce succès, il se lance dans la reconquête de l’Espagne musulmane (ou Reconquista), divisée depuis l’effondrement du califat de Cordoue en principautés indépendantes (reyes de taifa). Soutenu par les moines de Cluny et le pape Grégoire VII, Alphonse, marié à Constance de Bourgogne, fait appel aux chevaliers Bourguignons. après un siège de quatre années, Tolède est prise.
Le 29 juillet 1109 Alphonse VI de Castille meurt, sa fille Urraca I de Castille de Castille, devient Reine de León, de Galice et de Castille. Alphonse Ier le Batailleur épouse en 1109 Urraca Ide Castille, et devient par contrat, co-souverain de toutes leurs propriétés...
Du fait de la crise dynastique ouverte par la mort d'Alphonse VI (1109), la royauté Castillane a cessé pendant quelques années de tenir le rôle directeur qu'elle a jusque là assumé dans la lutte contre l'Islam. Abandonnés à eux-mêmes, les habitants des villes, récemment fondées ou repeuplées, entre Duero et Tage, ont agi de façon indépendante dans le domaine militaire. A partir de 1133, date de la première campagne d'Alphonse VII en Andalousie, le souverain est redevenu le chef naturel de la guerre contre les Musulmans. Les milices urbaines prennent rang dans son ost à côté de sa troupe personnelle et des contingents nobiliaires. Les villes, cependant, ont continué de monter, en toute autonomie, des opérations pour leur propre compte...
Lors de la disparition d'Alphonse VI, la limite entre le royaume de Castille et l'Espagne musulmane suit grosso modo le cours moyen du Tage. L'espace compris entre ce fleuve et le Duero a été de façon quasi-permanente théâtre de guerre pendant les 4 premières décennies du XIIe siècle. On y distingue 2 régions que sépare la Cordillère Centrale de la Péninsule : la Transierra au sud, l'Estrémadure au nord. Après leur victoire à Ucles (1108), les Musulmans ont passé le Tage et occupé Talavera, où ils ne demeurent pas, et Alcala de Henares, qu'ils conservent jusqu'en 1118. La Transierra est à partir de ce moment-là soumise à des attaques de grande envergure qui partent des bases adverses de Séville, Cordoue et Calatrava. Dans l'intervalle, elle subisse ainsi que l’Estrémadure des harcèlements quasi-permanents.
En 1109, Alphonse Ier le Batailleur reprend le titre arboré par son beau-père, empereur de toute(s) l(es) Espagne(s) (en latin, imperator totius Hispaniae)...
ALPHONSE VI
Pour être reconnus en tant que tels, les rois du Moyen Âge se doivent d’être vus en leur royaume. Certes la personne royale peut se montrer indirectement par des signes et des emblèmes, mais sa fonction qui la situe au centre d’un espace dit « inclus » l’oblige à une itinérance permanente pour marquer et délimiter son territoire. C’est donc lorsque l’édifice bâti n'est plus seul en mesure d’assurer au souverain un rayonnement politique solide qu’il faut diversifier les pratiques de la représentation, dont celle de la déambulation invariablement liée à l’expansion territoriale. Il va de soi qu’une telle attitude n’est possible que du vivant des rois. Mais, dans la mesure où à cette époque les souverains sont très préoccupés du sort de leur destinée après leur mort, qu’ils sont singulièrement entreprenants pour mettre en scène leurs funérailles et pour agencer leur sépulture. C’est dans ce contexte que prend place le besoin de fixité contre celui d’itinérance, comme pour mieux durer pour la postérité à travers les siècles.
Malgré une constante mobilité territoriale, la figure de ce monarque est indéniablement liée au monastère de Sahagún en raison de son enterrement à cet endroit, et parce que c’est dans cette enceinte abbatiale qu’il aime se ressourcer. Les motifs pour ce souverain de se trouver prioritairement loin des rivages du Cea ne manquent pourtant pas. C’est en effet à la fin du XIe siècle que les Chrétiens ont définitivement franchi la cordillère centrale, et qu’Alphonse est entré triomphalement dans Tolède, la vieille capitale Wisigothique enfin recouvrée et dans laquelle il meurt. Cependant, hormis cette spectaculaire expansion territoriale, d’autres changements tout aussi importants se produisirent à cette période, et, sur lesquels il nous faut insister. La culture, l’écriture, le rite liturgique…, toutes ces vieilles pratiques subissent un bouleversement à la charnière des XIe, XIIe siècles, et l’abbaye de Sahagún se trouve au cœur de cette profonde mutation...
FORTIFICATION LE LONG DU DUERO
La vieille abbaye bénédictine, qui est le véritable pivot de la politique d’aggiornamento Alphonsine, a su tirer profit des nombreux séjours prolongés du monarque et de sa cour à l’intérieur de ses murs. Le roi, suivant en cela l’exemple qu’avait donné son père Ferdinand  Ier réside dans les dépendances du monastère de façon pour ainsi dire continue. La raison de cette singulière affection du souverain pour l’institution de Domnos Sanctos nous est fournie par le roi lui-même, à travers le préambule du droit qu’il concède à la ville en 1085 dans lequel il déclare qu’il s’est occupé de l’état des églises de son royaume depuis son accession sur le trône : « super omnes, ecclesiam Sanctorum Facundi et Primitiui, quem antiquitus Dompnis Sanctis uocitant, amaui ». Elle confirme un attachement prolongé pour l’institution qu’Alphonse a déjà affiché en 1080 lorsqu’il a choisi cette enceinte sacrée comme lieu de sépulture pour lui et les siens. Et c’est sans doute ce même « amour » qui explique les généreuses donations royales que le monastère reçoit du roi, lesquelles contribuent à la consolidation de la domination de Domnos Sanctos sur la région pour les siècles à venir... L’attrait qu’exerce la vallée de Sahagún sur Alphonse VI n’est pas un fait nouveau.
Pour justifier le choix du roi, en apparence curieux, de se faire enterrer à Sahagún, et non point à Saint-Isidore comme l’ont fait jusque-là ses prédécesseurs. Dès son accession au trône de León, qui a lieu en 1065, le jeune monarque manifeste un intérêt singulier pour la vallée de la rivière Cea. On l'y trouve déjà au printemps de l’année 1066, et c’est à cet endroit qu’il passe la plupart des hivers de son existence jusqu’à sa mort, survenue en 1109.
À l’occasion de leurs fréquents déplacements, les rois Hispaniques résident peu dans les châteaux, préférant de loin les monastères (plus tard les couvents) pour y naître et mourir. De par sa position centrale dans le royaume par rapport à deux axes majeurs, l’un horizontal, le chemin de Saint-Jacques, l’autre vertical, situé à proximité de ce que l’on entrevoie alors comme étant la ligne de démarcation, si souvent disputée, entre les royaumes de León et de Castille, Sahagún parvient à tirer profit de cette situation géographique relativement favorable pour accueillir la curia royale à de nombreuses reprises...
Le penchant d’Alphonse VI pour cette enclave favorise le développement de la ville, et surtout celui du monastère. En effet, comme par un mouvement d’entraînement, les riches donations royales incitent la noblesse à en faire autant. La profusion de cette généreuse politique aboutit, comme on pouvait s’y attendre, à placer l’abbaye bénédictine à la tête d’un fabuleux réseau de propriétés foncières, de prieurés et de droits de toute nature qui s’étendent depuis la région enclavée de la Liébana, dans les monts Cantabriques, jusqu’aux limites méridionales de la Tierra de Campos... De la même manière, la proximité des liens qui unissent le monarque aux bénédictins de Saint-Facond ne manque pas de rejaillir à son tour sur le prestige politico-culturel de l’institution. En effet, n’oublions pas qu’Alphonse VI porte et revendique haut et fort le titre d’empereur des Espagnes, face aux prétentions de la papauté sur ses territoires. Autrement dit, c’est vers la cour du roi, qui se trouve à Sahagún plus souvent qu’ailleurs, que se tournent les yeux, et parfois les pas, des rois et des comtes péninsulaires qui reconnaissent la primauté politique et honorifique du cadet de Ferdinand Ier.
À quoi ressemble la cour itinérante d’Alphonse VI à Sahagún ?
Est-il possible d’en percer l’intimité ?
Malgré les descriptions édifiantes que les Chroniques anonymes dressent de la vie courante dans la cité, il est peu probable que la cour d’Alphonse VI ait ressemblé à celle, très érudite et raffinée, d’Alphonse X. Dans l’un des principaux textes qui sont rédigés par ce dernier monarque, celui de la Segunda Partida...
Dans le premier cercle se trouvent les membres de la famille royale les plus proches du monarque ; viennent ensuite les magnates, à la fois clercs et laïcs qui détiennent les principales charges du royaume, les hommes de confiance du roi responsables des tâches administratives comme les notaires, puis, enfin, le reste des domestiques qui font partie de la suite royale et du service palatin. Outre le grand aumônier, un bouffon, un médecin, un jongleur, un fauconnier, un maître-chien et une quinzaine de domestiques dont la tâche consiste à servir les autres membres de la curia regis... Ce premier groupe représente environ une quarantaine d’individus, auxquels il faut ajouter les 120 soldats de l’escorte militaire.
SAHAGUN
Au nombre des membres qui apparaissent régulièrement dans les actes de l’itinérante curia regis, terme apparu pour la première fois à ce moment en remplacement de palatium regis, nous avons relevé la présence des parents du roi.
L’assiduité des épouses successives d’Alphonse Ier : Agnès, Constance, Berthe, Isabelle et Béatrice est relativement discrète comparée à celle des sœurs du monarque : Urraca et Elvire.
En dehors de la famille du roi, l’armiger et le maiordomus regis étaient les deux officiers clés de la cour. Le premier commande la troupe militaire permanente, quant au second, il est chargé de la collecte des impôts. Au nombre de ceux qui accompagnent le roi lors de ses pérégrinations, on trouve en bonne place les hauts prélats : évêques et archevêques, dont l’un d’eux était le chancelier, (responsable du service des écritures).
Pour Alphonse VI, c’est donc la tension permanente entre l’impératif symbolique de la mobilité d’une part, et l’exercice de la puissance royale dans des lieux précis d’autre part.
Le Cid Campéador :
Rodrigue Diaz (le Cid) est né à Vivar (une dizaine de kilomètres au Nord de Burgos) en 1026, il est mort en 1099. Il est le plus brillant des chefs militaires de la Castille pendant la seconde partie du XIe siècle. Commençant sa carrière au service du roi Sanche II de Castille, quand celui-ci est assassiné il sert le nouveau roi Alphonse VI mais avec méfiance car il le soupçonne d'avoir trempé dans l'assassinat de Sanche II. Il épouse une cousine du roi, Chimène, fille du comte d'Oviedo...
Finalement Alphonse VI le bannit du royaume de Castille en 1081 et Rodrigue passe au service du roi Maure de Saragosse qui combat les royaumes Chrétiens qui l'entourent, Rodrigue remporte des victoire sur les armées de ceux-ci...
Rodrigue finit par se réconcilier avec Alphonse et participe alors à la lutte contre les Musulmans. Il s'empare de Valence en 1094 où il se constitue une véritable principauté. Il y meurt en 1099, sa femme Chimène organise alors la résistance de la ville qui est assiégée par les Musulmans, quand celle-ci tombe, Chimène se réfugie en Castille. Ils sont inhumés au Monastère San Pedro de la Cardena, à une dizaine de kilomètres à l'Est de Burgos. En 1921, leurs restes ont été transportés dans la Cathédrale de Burgos...
RODRIGUE DIAZ DE BIVAR
Un récit assez complet de la carrière de Alphons VI, en particulier les épisodes impliquant le Cid, est dans « Ramón Menéndez Pidal », Le Cid et son Espagne (trad. 1934).
William M. Watt, Une histoire de l'Espagne islamique (1967), est recommandé pour les documents d'information générale.
En Castille pendant la première moitié du XIIe siècle : « Les combattants des villes d'entre Duero et Tage »
par Jean Gautier Dalché - Université de Nice
La vie de Rodrigue (le Cid Campeador) a suscité des œuvres littéraires valorisant le rôle de la Castille médiévale, le premier poème racontant ses exploits est de la fin du XIIe siècle.
En France, l'auteur du XVIIe siècle, Corneille, a raconté sa vie dans une pièce de théâtre intitulée Le Cid.

Alphonse VI et sa cour à Sahagún

  • 5  Andrés GAMBRA, Alfonso VI. Cancillería, curia e imperio, 2 t., León : Centro de estudios e investi (...)
  • 6  Patrick HENRIET, « Un bouleversement culturel. Rôle et sens de la présence cléricale française dan (...)

7  Sur ce sujet, nous renvoyons aux résultats du colloque organisé par Thomas Deswarte qui s’est tenu (...) Alphonse VI le Vaillant de Castille - Geneanet

gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr;p=alphonse;n=de+castille
Alphonse VI le Vaillant - Arbre généalogique Louis BRUN. ... Né en juin 1039; Décédé le 30 juin 1109 - Tolède,Castille-La Manche,Espagne , à l'âge de 70 ans ...

Alphonse VI de Castille - Histoire de l'Europe

www.histoireeurope.fr/RechercheLocution.php?...Alphonse+VI...Castille
Événements historiques concernant -Alphonse VI de Castille- extrait d'une base ... 30 événements affichés, le premier en 1032 - le dernier en 1120 ... Alfonso ou Alphonse VI de Castille (1039-1er ou le 29 juillet 1109), Roi de Castille, .... les troupes en campagne, et reprend le siège de Valence, qui tombe en juin 1094.

Sahagún (Castille-et-León) - cyclopaedia.net

fr.cyclopaedia.net/wiki/Sahagún_(Castille-et-León)
Itinérance de la cour et attaches sédentaires sous Alphonse VI et ... Qui plus est, et alors ... VI de León et Castille (1065/1073-1109), comme le démontre la décision prise en 1080, . .... SAHAGUN>>>>EL BURGO RANERO Jeudi 30 juin 2011.


vendredi 2 mai 2014

1110... EN REMONTANT LE TEMPS



Cette page concerne l'année 1110 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

LORSQUE LES PROVINCES SE DESSINENT

Texte extrait de la conférence sur l'histoire des sires de Bâgé
BLASON DES BÂGE OU BAUGE
prononcée le 21 avril 2010 à Pont-de-Vaux
par Michel Balandras,
professeur d'histoire honoraire, historien, membre de l'association
  « Les Amis du site, Bâgé culture et loisirs », affiliée à Patrimoine des Pays de l'Ain.
Les sires de Bâgé, seigneurs de Pont-de-Vaux

Ces sires de Bâgé, ou plutôt de Baugé, pour respecter l’appellation ancienne, sont bien connus ? La mémoire collective a généralement plus ou moins conservé  le souvenir de Sibylle de Bâgé et a retenu que c’est par son mariage que la Bresse a été rattachée à la Savoie, mais que sait-on  vraiment d’autre à leur sujet?...


L'auteur propose de s'attarder un instant sur leur blason qui se décrit : « D’azur au lion d’hermine », c’est-à-dire un lion figuré avec une fourrure à  mouchetures de sable (noir) semées sur champ d’argent, le tout sur un fond bleu... Il convient cependant de noter que l’armorial d’Hozier, (XVIIe siècle) place le lion sur un fond de gueules (c’est-à-dire le même lion sur un fond rouge) ou que l’armorial de du Mesnil (XIXe siècle) le couronne d’or. Le lion d’hermine sur un fond de gueules est normalement le blason du Bugey. Ces détails qui peuvent paraître secondaires nous font toucher à  une première difficulté dans la connaissance de nos sires: à savoir les confusions possibles et qu’on rencontre parfois dans les documents anciens, entre Baugé, Beaujeu et parfois Bugey, 3 mots bien proches  phonétiquement et dont les graphies ont évolué en différentes formes qui expliquent ces confusions: Baugé, Baugie, Baujiu, Baugia, Biauju... pour n’en citer que quelques-unes...

Une autre difficulté pour cerner la Réalité de ce temps tient au peu de documents écrits dont on peut disposer. Ces documents, ce sont essentiellement les cartulaires (recueils d’ actes attestant des titres et des privilèges) des cathédrales ou des grandes abbayes:
Saint-Vincent de Mâcon, Saint-Bénigne de Dijon, Cluny ou Tournus. Ils sont souvent parvenus jusqu’à nous par des transcriptions successives qui ont pu être  sources d’erreurs ou d’omissions...
De plus, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver quand un même individu peut être nommé - c’est un exemple - Oury, Olry, Ulric, Ulrich, Oldoric, Ulduric.
De plus, beaucoup de personnages  portent des prénoms identiques de génération en génération, leurs liens familiaux ne sont pas toujours faciles à établir. Plusieurs historiens ont essayé d’extraire de ces cartulaires l’histoire de la maison de Baugé...
Un jurisconsulte Mâconnais, Jean Fustaillier, nous a laissé un  manuscrit, Écrit entre 1500 et 1520, alors que pour fuir la peste déclarée à Mâcon, il s’était réfugié à Rome.
L’Évêque de Mâcon a mis à sa disposition certains titres de l’Église Saint-Vincent d’où Fustaillier a cru pouvoir tirer la chronologie des comtes de Bâgé... Mais sans doute parce qu’il est loin de Mâcon et qu’il ne peut avoir entre les mains toutes les chartes de Saint-Vincent de Mâcon, il a commis un certain nombre d’erreurs d’interprétation.
On peut citer également les Écrits d’un ecclésiastique, Guillaume Paradin, né à Cuiseaux vers 1510.
CHÂTEAU DES BÂGE
Puis en 1650, Samuel Guichenon, en s’appuyant d’ailleurs en partie sur les écrits déjà citer (il possédait le manuscrit de Fustaillier) publie sa fameuse (Histoire de Bresse), l’œuvre de Guichenon a longtemps fait autorité et a été une référence incontournable, même si elle recèle quelques inexactitudes...
 Après lui, tous ceux qui ont parlé des Sires de Baugé, l’abbé Gacon, de Lateyssonnière, Charles Jarrin, Philibert Le Duc, entre autres, ont perpétué ce qu’il a écrit en se copiant plus ou moins les uns sur les autres et ont rarement apporté quelque chose de neuf...
Pour l’académicien et médiéviste Georges Duby,  cette chronologie est (imaginaire) (c’est le terme qu’il emploie) du moins pour tout ce qui est antérieur à l’an mil. Parmi les historiens actuels, il convient de citer aussi les travaux d’un universitaire parisien, Guy Bois, qui comme Duby s’est beaucoup intéressé à Cluny et à la région Mâconnaise.
Quoi qu’il en soit, avant d’évoquer la lignée des Sires de Baugé et leur œuvre, il paraît essentiel de s’interroger sur les raisons de leur émergence, de leur réussite, et de leur toute puissance à la tête de la Bresse pendant près de 3 siècles...
Les premières raisons sont politiques et pour bien les saisir, il convient de se remettre en tête la situation de la Région à l’époque Carolingienne.

En 843, le traité de Verdun a partagé en 3 le vieil empire de Charlemagne. Ses 3 petits-fils, incapables de s’entendre, le détruisant ainsi pour toujours...
La Saône devient alors une limite entre la Francie de l’ouest dévolue à Charles et la partie centrale, territoire de Lothaire,  qui a gardé le titre d’Empereur, (Lotharingie).
La Bresse s’inscrit dans cette Lotharingie. la notion de frontière suppose une rigidité juridique qu’elle est loin d’avoir à l’époque Carolingienne. Avant d’être une séparation, la frontière, c’est d’abord une région de contacts avec d’innombrables interpénétrations et interférences. C’est particulièrement vrai pour les châtellenies de Bâgé ou de Pont-de-Vaux. Il y a une unité de civilisation des pays de la Saône et la frontière ne détruit en rien les affinités qui existent entre les deux rives. La circulation est incessante d’une rive à l’autre et les liens de famille et d’amitié qui se sont noués depuis longtemps par-dessus cette limite ne sont pas remis en cause par le traité de Verdun.
Le comte et l’évêque de Mâcon, qui sont les puissants de l’époque, sont largement positionnés sur les 2 rives, en particulier à Replonges, et on verra que les Bâgé ne se préoccupent guère non plus de cette limite lorsqu’ils organisent leur seigneurie foncière.

TRAITE DE VERDUN
Mais revenons à Lothaire. Il aura lui aussi 3 fils entre lesquels, avant de se faire moine, il tient à partager son état.  Puis les 3 héritiers de Lothaire disparaissent les uns après les autres sans laisser de descendants et les rivalités sont  terribles pour récupérer leurs territoires. Finalement, en 870, Louis le Germanique et Charles le Chauve se partageront l’ex-Lotharingie. 
Au nord est créé le royaume de la Bourgogne dite transjurane (la Bresse qu’on appelle aujourd’hui Bourguignonne en fait partie) alors que la partie sud  donne naissance à un royaume de Provence, encore appelé royaume, d’Arles dans lequel figure la partie de la Bresse au sud de la Seille, la future Bresse Savoyarde.
Il ne fait aucun doute que c’est cet éloignement du pouvoir central et ce vide politique qui ont ouvert un boulevard aux potentats locaux lesquels ont su utiliser la situation. C’est la première raison de l’émergence des Sires de Bâgé.
à l’époque Carolingienne, l’autorité est détenue par deux personnages essentiels: le comte pour le temporel et l’évêque pour le spirituel. Jusqu’à la fin du Xe siècle, le comte et l’évêque de Mâcon restent des personnages puissants dont le prestige  est bien réel sur les deux rives de la Saône...
Des seigneurs ont acquis de vastes possessions et sont devenus de très grands propriétaires fonciers. Ils y sont parvenus par les guerres féodales qui attribuent au vainqueur tout ou partie des biens du vaincu, mais encore par des alliances matrimoniales qui peuvent aussi être un facteur d’accroissement territorial, ou tout simplement par l’achat de biens, ce qui est aussi une pratique répandue.
Le comte de Mâcon se tourne donc vers ces grandes familles seigneuriales parmi lesquelles il se constitue une clientèle de fidèles. Les mieux pourvues en terres qui sont les plus riches peuvent édifier un site fortifié (le castrum = place forte) et entretenir des forces militaires, défensives pour garder, au nom du comte, ces sites fortifiés... ou pour l’aider à lancer des attaques.  De plus, en contrepartie de l’hommage, les châtelains, se voient remettre un fief ce qui leur permet d’agrandir un peu plus leur pré carré.
Dans la société féodale dans la Région Mâconnaise, Georges Duby a repéré 4 de ces lignages qui ont su se constituer de très vastes domaines, et parmi eux, une famille Evrard dans laquelle il voit la souche de la maison de Bâgé... Appartenant à cette famille, Il est parvenu à identifier un certain Rathier qui, vers 940, est le principal fidèle du comte de Mâcon. Son fils, Thibert, et son petit-fils, Oury (ou Olry), restent, eux aussi, très attachés au comte de Mâcon. Georges Duby a montré que, peu après l’an mil, les gardiens des forteresses se sont dégagés progressivement de leurs obligations envers le comte de Mâcon et ont cessé de reconnaître la supériorité de son pouvoir, en particulier en matière judiciaire.
Peu à peu, ils sont devenus complètement indépendants et se sont proclamés souverains sur leurs terres. Ce fut le cas de cette famille Evrard d’où est issue la maison de Bâgé. Le dernier atout, fondamental, qui contribue à expliquer la Réussite des Bâgé, c’est la géographie. La situation de leurs possessions à l’extrémité occidentale de l’ axe  marchand est-ouest qui aboutit au pont de Saint-Laurent, sur l’axe nord-sud de la vallée de la Saône, lui confère un intérêt économique de premier ordre.
« Il est facile de prélever des péages aux points de passage obligés, autant sur les itinéraires terrestres que ceux qu’on peut tirer de la circulation fluviale.
On passe vers l’outre-Saône depuis la châtellenie de Bâgé par Saint-Laurent, et par Port Celet, Sermoyer et Pont-Seille depuis celle de Pont-de-Vaux.
Ainsi, ces châtelains qui sont héréditaires et qui sont déjà de très grands propriétaires fonciers, profitent des ressources des péages, ce qui les place également au sommet de la hiérarchie Économique ».
C’est évidemment un immense avantage par rapport aux petits seigneurs indépendants isolés sur des territoires exclusivement ruraux et qui contribue à renforcer la hiérarchie des fiefs. La puissance de nos sires étant quelque peu éclairées, nous allons maintenant passer en revue leurs faits et actes, du moins pour ce que nous en savons.
Il faut écarter, comme nous l’avons dit, tout ce qui précède l’an mil, période pour laquelle nous n’avons guère de certitudes.
Guichenon fait remonter les origines de la maison de Bâgé en 830, jusqu’à un certain Hugues (ou Hugo) à partir duquel il fait descendre de père en fils une quinzaine de sires. Pour reprendre le terme de Duby, il est à peu près établi que le début de cette lignée qui ne repose sur rien de vérifiable, est « imaginaire ». Cela ne veut pas dire que certains des personnages nommés n’aient pas existé, mais leur filiation n’est en aucun cas prouvée. Des recherches Récentes ont montré, par exemple, que ce Hugo est vraisemblablement Hugues le Noir, fils puîné d’un duc de Bourgogne qui a reçu des terres en Bresse, mais qui n’a aucun lien de parenté avec la maison de Bâgé...
En réalité, c’est un texte du cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon, daté de 1020, qui permet d’amorcer avec certitude une continuité chronologique dans la lignée des Bâgé, et ce pour un peu moins de 3 siècles. Dans ce texte, un certain Rodolphe demande à l’Évêque de Mâcon l’abbaye de Saint-Laurent.
Cette abbaye, comme il a déjà été dit,  a été longtemps disputée entre les autorités des deux rives et sa possession une source fréquente de conflits. De même beaucoup de terres et de droits, de l'autre côté de la Saône dépendent toujours de l’Évêque de Mâcon.
On ignore le nom du père de ce Rodolphe. Tout ce que l’on a pu établir, c’est qu’il a des liens familiaux avec les Evrard, fidèles du comte de Mâcon identifiés par Georges Duby au Xe siècle, les Rathier, Thibert et Oury.
Le duc accueille favorablement la demande de Rodolphe et lui cède tous les biens qui dépendent de l’abbaye de Saint-Laurent, tout en lui confirmant la possession de Bâgé et de ses dépendances qu’il occupe déjà. L’acte le désigne comme « seigneur de Baugé et de Bresse » (il est le premier à porter ce titre) et l’acte précise encore « pour lui et ses descendants ». On peut donc bien y voir l’acte de fondation de la maison de Bâgé.
Pour situer dans l’histoire ce premier sire, il est à peu près contemporain de Robert II dit le Pieux, fils de Hugues Capet.
Comme dans toutes les grandes familles nobles, chez les Bâgé, la succession se fait par primogéniture  pour assurer la préservation du patrimoine. Les cadets font une carrière ecclésiastique... Si des fils puînés reçoivent une seigneurie prélevée sur le domaine, elle n’est pas pour autant démembrée de la « sirerie », du moins jusqu’au XIIIe siècle, alors que les filles ne peuvent recueillir la succession qu’en cas d’extinction du lignage, ce qui adviendra avec Sibylle...
Le règne de ce Rodolphe est court puisqu’il va de 1015 à 1023. Rodolphe est le père de Renaud (ou Raynald, on trouve aussi Raymond)  qui lui succède et qui porte dans les chartes, comme tous les descendants, le titre de « seigneur de Baugé et de Bresse » , et que par commodité nous appellerons Renaud I
son règne est le plus long de tous les sires de Bâgé puisqu’il se termine en 1072, et a donc duré une cinquantaine d’années. Mais nous ne savons pratiquement rien de lui si ce n’est qu’il aurait envoyé 2000 hommes au comte de Maurienne et de Savoie  pour l’épauler dans sa lutte contre les Sarrasins qui se sont installés en Provence. Guichenon qui  rapporte ce fait dit l’avoir emprunté à l’ « Histoire de Provence » de Michel Nostradamus, qui se piquait aussi d’être un historien. Guichenon émet cependant une réserve : « si ce qui est écrit est véritable ».
Il semble que « Renaud 1 » a rapporté de cette expédition victorieuse un riche butin et qu’il a fait le vœu de le consacrer à la construction d’une église. Il meurt avant de pouvoir réaliser sa promesse.
A l’inverse, le troisième sire, Ulrich I, fils du précédent, n'est souverain de Bâgé que 3 ans, de 1072 à 1075. Le mot souverain est employé à dessein. Les Sires de Bâgé ne reconnaissent plus la souveraineté de personne, ni du Roi de France, ni de l’Empereur d’Allemagne. Ils sont indépendants et souverains.
Ulrich concrétise le vœu de son père en faisant construire l’église de Saint-André de Bâgé. Il est ainsi le seul sire dont il reste sur place un souvenir tangible. C'est dans cette église, construite en vis-à-vis de leur château, que les sires de Baugé, du moins certains d’entre eux, se feront ensevelir.
Ulrich décédé, c'est son frère Josserand (ou Gauceran)  qui lui succéde de 1075 à 1110. Sous le règne de celui-ci, le domaine des Baugé s’agrandit considérablement et s’étend pratiquement sur toute la Bresse, de la Seille à la Veyle (et donc intègre Pont-de-Vaux) et vers l’est jusqu’aux confins du Revermont.
DÉPARTEMENT DE L'AIN
Avec Josserand, les sires de Bâgé sont devenus de grands seigneurs disposant de la puissance politique, militaire et Économique et ils vont essayer de s’élever sur le plan intellectuel et moral. Ils vont essayer de placer leurs fils puînés, puisque l’aîné doit leur succéder, dans les grandes charges de l’Église qui se présente alors comme l’unique pôle du savoir et de la culture.
On retrouve le second fils de Josserand, Hugues, chanoine à Mâcon et le troisième, Etienne, évêque d’Autun pendant 23 ans. Il fait construire la cathédrale Saint-Lazare.
Grand bâtisseur, on lui doit aussi la basilique Notre Dame de Beaune et il fait  commencer en 1120 la reconstruction de la basilique Saint Andoche de Saulieu. Il finira ses jours vers 1140, moine à Cluny, où il s’est retiré. Cet Étienne est l’auteur d’un important traité sur les cérémonies, ce qui est assez étonnant à une époque où personne n’écrit...

Le 5e sire, Ulrich II, fils du précédent (1110 -1125), avant de recueillir l’héritage de son père, est allé participer à la première croisade en 1096. 20 ans plus tard, il est repris par les mirages de l’Orient et repart en Terre Sainte en 1120. C’est à cette participation qu’on doit la présence du blason des sires de Bâgé dans les Salles des croisades du château de Versailles.
Il en revient une seconde fois sain et sauf et choisit de se retirer dans un ermitage de la forêt de Seillon (près de Bourg).
Son fils aîné étant décédé, il laisse l’administration de la Sirerie à son second fils, Renaud (ou Raynald). Quant à ses autres fils puînés il les pousse dans les hautes charges de l’Église où ils réussirent assez bien, puisque l’un d’eux, Étienne, devient évêque de Mâcon, (ce qui facilite pour un temps les rapports plus ou moins belliqueux avec les Mâconnais) et un autre, Humbert, est archevêque de Lyon et primat des Gaules, ce qui est considérable à l’époque et consacre l’autorité et le prestige de la maison de Bâgé.
Sur le fils aîné d’Ulrich II, Renaud II (1125 - 1153), sixième sire de Bâgé, il n’y a rien de bien particulier à dire, sinon qu’il eut des démêlés avec le comte de Mâcon et qu’il s’est allié contre celui-ci avec l’évêque de Mâcon, Étienne, qui est son frère.

CARTULAIRE DU MOYEN ÂGE
Il y a par contre beaucoup à dire sur son fils, Renaud III (1153 - 1180), le 7ème sire de Bâgé. Il eut à soutenir, sur ses terres, une invasion de troupes coalisées du comte de Mâcon et du sire de Beaujeu, Humbert. Les deux compères y portent ce qu’on appelle à l’Époque la (dévastation) et capturent même le fils de Renaud, Ulrich, qui a tenté de les arrêter... On ne connaît pas les raisons exactes de cette invasion en règle, mais il est probable que les sires de Bâgé, agrandissant toujours leurs possessions, commencent à inquiéter leur voisin du Sud-Ouest (les Beaujeu). Le projet des coalisés sont rien de moins que s’emparer de la sirerie de Baugé et des biens de l’évêque de Mâcon qui (oncle du malheureux Renaud). Toujours est-il que le Sire de Beaujeu et ses alliés passent la Saône, défont un petit corps d’armée que le Sire de Baugé a envoyé pour s’opposer à leur passage. Un autre corps de troupe envoyé pour s’opposer au comte de Mâcon est également défait et Renaud III se voit sur le point d’être assiégé dans son château de Bâgé. Désespéré, il appelle à son secours le roi de France, Louis VII, lequel est son lointain cousin, probablement par sa grand-mère qui était une Maurienne. Sa lettre est restée célèbre car c'est un des rares textes que nous ayons conservé de cette époque des sires de Bâgé. Voici ce qu’elle dit:
« J’ai cru devoir exposer mes peines et ma triste position à votre Majesté à laquelle m’attachent des liens de sang et une ancienne amitié. J’implore le secours de votre bienveillance par de pressantes prières. Gérard, comte de Mâconnais, à qui j’ai rendu de grands services, que j’ai comblé de bienfaits et dont j’ai choisi la fille pour être l’épouse de mon fils, oubliant notre alliance, mes bienfaits et les lois du serment qui le liait avec moi, s’est réuni à Étienne
son frère et à Humbert de Beaujeu. Ils sont entrés avec une grande armée sur ma terre, ils l’ont ravagée avec le fer et le feu. Ils ont emmené un grand nombre de prisonniers au nombre desquels est mon fils Ulrich, ce qui met le comble à mes maux. Enfin, ils me menacent de me dépouiller entièrement et ils s’en vantent entre eux. J’ai donc recours à vous, comme mon seigneur et mon ami. Je vous prie humblement de venir me délivrer, de me faire rendre mon fils et de contraindre ledit Humbert de Beaujeu à me rendre justice.
CHAPELLE DE CHEVROUX
Je suis prêt à vous satisfaire entièrement, selon votre bon plaisir, pour toutes les dépenses que vous avez faites et je vous conjure de venir me secourir, soit à Autun, soit à Vinzelles, soit en quelque lieu où il vous plaira de vous rendre et je vous satisferai pleinement, même par l’entremise de vos envoyés, s’il ne vous convient pas de venir. Enfin, s’il est nécessaire que j’aille vous trouver, faites établir une trêve entre nous ».
Il s’agit de l’appel poignant d’un homme aux abois. Il ne faut pas toutefois se méprendre sur l’importance de ces guerres locales d’alors où les armées ne doivent réunir que quelques dizaines de cavaliers et les combats ne semblent pas être bien sanguinaires. Pour autant, la situation est grave à Bâgé. Le roi écrit aux adversaires du sire de Bâgé de le laisser tranquille, mais cela n’a aucun effet. Il est très loin et les deux compères ne répondent pas à sa lettre. Alors, la situation empirant, Renaud écrit une seconde lettre. Cette fois-ci, le roi se déplace lui-même et il impose un traité de paix entre les partis. On  trouve le texte de ces deux lettres dans l’histoire de Samuel Guichenon.
Ce qu’il y a de curieux dans cette affaire, c’est que le fils prisonnier, comme nous l’avons entrevu dans la lettre, épouse par la suite la fille de son ravisseur, Gérard, comte de Mâcon. De même, le petit-fils et l’arrière petite-fille de Renaud épouseront plus tard les petits-enfants de leur ennemi, le sire de Beaujeu.
Revenons à Renaud III. Il meurt en 1180 il est enterré dans la chapelle du château de l’Aumusse. C'est alors une importante commanderie templière.
elle ne s’y trouve plus, voilà en quelles circonstances.
En 1791, le domaine et le château de l’Aumusse avec sa chapelle sont mis en vente comme « Biens Nationaux » et acquis par le comte de Frémonville qui n’occupe les lieux qu’en 1818. Celui-ci entreprend de retrouver sous les dalles de la chapelle les restes de Renaud III. C’est son fils qui raconte:
« L’autel ayant été démoli, on enlève le dallage qui recouvre le chœur. En soulevant une dalle située en face de l’autel, mais en bordure de l’avant-chœur, c’est-à -dire à environ deux mètres de la place normale de l’autel, on met à jour un squelette fort bien conservé. Les pieds sont dirigés du côté de l’autel. Rien n'est trouvé à ses côtés, ni armes ni bijoux. Ce qui démontre qu’on est en présence du corps de Raynald III, c’est la situation occupée par le squelette. La qualité du défunt, qui était suzerain de toute la Région, pouvait seule justifier le fait d’avoir placé son corps au milieu de la chapelle, face à l’autel. Les pieds étant dirigés vers l’autel, il ne s’agit pas d’un prêtre. Le corps de Raynald III est soigneusement enlevé, et inhumé au cimetière de Crottet, où nous lui avons fait une place dans notre concession familiale »

Il y a encore autre chose à dire d’anecdotique et de totalement méconnu à propos de ce Renaud III ou plutôt à propos de son troisième fils, également prénommé Renaud. Ce fils est l’auteur d’un des romans courtois les plus fameux du Moyen Age : « Guinglain ou le Bel Inconnu ». Toutes les histoires de la littérature française  mentionnent cette œuvre médiévale mais, jusqu’à un passé très récent, l’attribuent en raison d’une graphie fautive  à un certain Renaud de Beaujeu.
C’était sans compter sur la perspicacité d’un directeur de recherches au C.N.R.S., Alain Guerreau, , dont les travaux ont permis d’identifier définitivement l’auteur et de rendre à la maison de Bâgé ce qui lui appartient. Il a pu montrer que le texte fait référence à un blason qu’une seule famille de France portait antérieurement au XIIIe siècle, celle des seigneurs de Bâgé et que, d’autre part, il n’y a jamais eu aucun Renaud dans la famille des Beaujeu.
Cette œuvre même traduite en Français moderne, n'est plus très captivante...
En 6300 vers, elle raconte les aventures du chevaler Guinglain, le bel inconnu, qui pour conquérir sa Dame, doit affronter moultes épreuves, vaincre dans de nombreux duels et tournois et se jouer de bien des périls. Finalement Guinglain et sa Dame s’aimèrent et celle-ci, « perdit le nom de pucelle »...
Une dernière précision à propos de ce Renaud écrivain: il porte le titre de seigneur de Saint-Trivier et Cuisery, mais jusqu’à lui, comme on l’a dit, cette seigneurie qui est apanage des puînés, n’est pas démembrée de la sirerie. Le seigneur se contente d’en percevoir les revenus.
Il est grand temps d’en arriver au successeur de Renaud III. Ulrich III, le prisonnier et qui est, de 1180 à 1220, le 8ème sire de Bâgé, qui partant en 1217 pour la 5e croisade, il eut moins de chance que son aïeul, et il n’en revint pas.
Renaud IV lui succède (1220 à 1250), le 9ème sire de Bâgé régnant sous le nom de Renaud IV.
Les seigneuries de Cuisery et Sagy, échoient par la suite au duc de Bourgogne et constitueront la Bresse Chalonnaise.

Néanmoins, le domaine de la maison de Bâgé est alors à son apogée et s’étend sur une centaine de communes de l’actuel département de l’Ain, soit à peu près le quart du département car, en 1229, Renaud IV a épousé Sibylle de Beaujeu, sœur d’Humbert V, et lui a apporté en dot Châtillon-les-Dombes.
Renaud  IV est connu pour être un bienfaiteur de la Chartreuse de Montmerle qu’il comble de ses libéralités et dont il fait bâtir les cellules.
Mais, suivant l’exemple de son demi-frère, il prend, lui aussi, la malheureuse idée d’aller participer à la 7ème croisade où les croisés sont taillés en pièces en Égypte à la bataille de la Mansourah... Pour la petite histoire, sa veuve, Sibylle de Beaujeu, se remarie avec Pierre Gros, seigneur de Brançion...

Les sires de Bâgé - Conférences

conference.ptvaux.over-blog.com/article-les-sires-de-bage-49168721.html
Texte extrait de la conférence sur l'histoire des sires de Bâgé ..... Ulrich décédé, ce fut son frère Josserand (ou Gauceran) qui lui succéda de 1075 à 1110.

Les Sires de Bâgé, seigneurs de Pont de Vaux par Michel ...

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15 juil. 2012 - Voici le dernier article de la saison. Nous allons prendre quelques vacances mais nous reviendrons avec de nouveaux articles début ...

Ville et seigneurie: Les chartes de franchises des comtes ...

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Bâgé 1251 Pont-de-Vaux 1251 Châlillon 1273 Bourg-en-Bresse 1251 Pont-de- ... St-Germain-d'Ambérieu 1328 et Ceyzériat 1329, à celles des sires de La Tour ...