vendredi 7 mars 2014

1165... EN REMONTANT LE TEMPS.


 Cette page concerne l'année 1165 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

BENOÎT DE SAINTE MAURE POÈTE TOURANGEAU

Dans le Roman de Troyes ou Roman de Troie, poème de Benoît de Sainte Maure, vers 1165. Le préambule en est curieux : l'auteur déclare qu'il suivra de préférence Darès le Phrygien, et non pas Homère, parce que celui-ci a rempli son poème de fables en faisant combattre les dieux et les déesses. Ce passage prouve que les ouvrages d'Homère ne sont point inconnus des Trouvères.

Benoît de Sainte-Maure nous apprend que l'histoire de Troie n'a pas encore été exploitée : en effet, les autres poèmes sur le même sujet paraissent avoir été composés après la première moitié du XIIIe siècle... Benoît de Sainte-Maure transforme les héros Grecs et Troyens en chevaliers du Moyen Age. Son Roman de Troyes est dans un magnifique manuscrit à la Bibliothèque nationale de Paris. (H. D.).

ce personnage est un écrivain Français du XIIe siècle, originaire de la région de Tours qui écrivit vers 1165 le roman de Troie
Au milieu du XIIe siècle, l'avènement du genre romanesque est scellé par les romans antiques (qu'il vaudrait mieux appeler « romans de l'Antiquité »). Ils constituent une trilogie :
lRoman de Thèbes (1152-1154),
le Roman d'Énéas (1156)
le Roman de Troie (1160-1165) de Benoît de Sainte-Maure.
Ceux-ci tirent leur nom du fait qu'ils conquièrent à la langue romane « la langue de « cil qui n'entendent pas la letre » (le latin), pour reprendre la formule de Benoît de Sainte-Maure » quelques grands textes épiques de l'Antiquité :
le premier de la Thébaïde de Stace,
le deuxième de l'Énéide de Virgile
le dernier des compilations latines tardives d'Homère.
Essentiellement le « De excidio Trojae historia de Darès de Phrygie et l'Ephemeris belli Trojani de Dictys de Crète ». Ils participent de ce mouvement « humaniste », qu'on a appelé la « Renaissance du XIIe siècle », qui sécularise progressivement la culture en la faisant sortir du monastère et de l'école cathédrale pour atteindre les couches les plus favorisées de l'aristocratie.

Rédigés dans l'idiome littéraire utilisé en Normandie, les romans antiques recourent à l'octosyllabe à rimes plates, le vers traditionnel de la poésie narrative et didactique de la cour d'Angleterre. Il est probable qu'ils ont vu le jour dans l'entourage immédiat d'Henri II Plantagenêt (époux d'Aliénor d'Aquitaine depuis 1152), dans un de ces ateliers de clercs travaillant pour ce roi que la chronique du temps dit fort cultivé, Benoît de Sainte-Maure, seul auteur qui nous soit connu, est d'ailleurs invité par le roi à rédiger la vaste « Chronique des ducs de Normandie ». On est fondé à penser que le mariage qui, dans l'Énéas, permet au héros Troyen de monter sur le trône n'est pas sans rapport avec le mariage qui fait du Plantagenêt un vassal plus puissant que son suzerain, le roi de France Louis VII, premier époux d'Aliénor.

Le nombre des manuscrits (copiés aux XIIIe et XIVe siècles) atteste le succès de ces textes dont la fonction apologétique est politique.

Benoît de Sainte Maure (fin XIIe siècle.) Auteur du Roman de Troie, poème de 30 000 octosyllabes, où se mêlent la légende et l'histoire des Grecs ignorait le Grec et utilise deux narrations latines du siège de Troie, tenues pour véridiques, l'une, composée au VIe siècle attribuée à un Phrygien, Darès, l'autre, datant du IVe siècle, attribuée au Crétois Dictis. Tous deux sont censés avoir été les témoins oculaires de la bataille... À ces données, Benoît de Sainte Maure intègre de nombreux épisodes supplémentaires, si bien que son poème couvre la période allant de la conquête de la Toison d'or à la mort d'Ulysse. Il y introduit, conformément au goût de l'époque, de multiples aventures galantes. L'œuvre, un très grand succès a été traduite dans toute l'Europe (en Allemagne particulièrement).

Benoît, sans doute originaire de Sainte-Maure, en Touraine, a été identifié avec un certain Benoît (Beneeit) qui vivait à la cour d'Henri II Plantagenêt et qui a écrit une Chronique des ducs de Normandie, restée inachevée...
Composé à la suite du Roman de Thèbes (1150) et en même temps ou peu s'en faut que le Roman d'Énéas (1160), le Roman de Troie  (1165 au plus tard) de Benoît de Sainte-Maure (seconde moitié du XIIe siècle) s'inscrit dans le mouvement de retour vers les sources classiques qui se sont alors affirmées dans la France de l'Ouest, sous l'impulsion plus ou moins directe d'Henri II Plantagenêt
Mettant en « roman », c'est-à-dire en français, des textes dont la connaissance est alors réservée au monde des clercs (la Thébaïde de Stace, l'Énéide, mais aussi les œuvres d'Ovide), les auteurs de ces trois récits (dits « romans antiques ») ont pour objet explicite d'ouvrir au public laïc des cours seigneuriales l'accès à un savoir présenté comme historique, ainsi qu'à des modèles de conduite et de comportement social et individuel transposables dans la « modernité » du XIIe siècle.
En rivalité ouverte avec leurs modèles latins, ils ont également inventé en Français, dans le moule contraignant du couplet d'octosyllabes à rimes plates, un art du récit fondé sur la recherche d'un style orné et sur la place de plus en plus importante donnée à la représentation et à l'analyse du sentiment amoureux. De cette entreprise, le Roman de Troie est à plus d'un titre le représentant le plus abouti :
Par son ampleur déjà. C'est en plus de 30 000 vers que le clerc Benoît a conté l'histoire Troyenne. Le récit prend naissance aux origines mêmes de la cité, avec l'expédition des Argonautes et les amours de Jason et de Médée, expédition qui entraîne la première destruction de Troie et sa splendide reconstruction par Priam : « Les Troyens avaient trouvé leur cité dévasté, mais ils la reconstruisirent cent fois mieux, refaisant une ville de toute beauté et de noble allure. Priam mit tout son cœur à la relever. Il l'entoura soigneusement d'une bonne muraille […]
« L'objet merveilleux qu'avait érigé Epius (je n'ai pas plus de détails sur cet objet), ils l'ont monté, à l'aide de machines, de cordages et de câbles, sur quatre roues énormes et très solides. Puis, tous ensemble, ils s'y attelèrent. Pas un ne se dérobe : chacun tire, pousse, s'évertue. Ils ont eu beaucoup de peine à faire avancer cette machine en forme de cheval. »
(Benoît de Sainte-Maure, Le Roman de Troie, v. 25895-25904, trad. Emmanuèle Baumgartner et Françoise Vielliard.)

Des commentateurs ont cherché à démystifier le cheval de Troie. Pausanias pense que les Grecs avaient utilisé un engin en forme de cheval pour enfoncer les murailles de Troie. Selon le mythologue Robert Graves, « il est probable que Troie soit tombée grâce à une tour en bois montée sur des roues, recouvert par des peaux de chevaux, mouillées, pour la protéger contre les traits enflammés, et qu'on aurait poussée contre les points faibles de la défense qui étaient connus ». L'archéologie atteste en effet d'une rupture dans les fortifications qu'Homère ou ses informateurs ont sans doute remarquée, faisant dire à Andromaque qu'à cet endroit la cité était mal protégée...

Les grandes œuvres de l'antiquité sont au XIIe siècle l'objet d'une redécouverte relative : le Moyen Âge ignore Homère ou les tragiques Grecs, mais dispose d'adaptations latines. Les romans dits « antiques » s'inspirent de ces sources latines en les transposant, de façon très libre et sans craindre les anachronismes : les fils d'OEdipe se comportent comme des chevaliers du XIIe siècle... Le roman antique prétend donc « mettre en roman » des œuvres de l'Antiquité classique. Il est très en faveur entre 1150 et 1180.

Un des plus célèbres est le Roman d'Alexandre d'Albéric de Pisançon (1110) qui donne naissance entre 1130 et 1190 à un ensemble complexe de versions et de remaniements, notamment un Alexandre en vers décasyllabiques écrit dans le Poitou vers 1160-1165, qui, après 1180, est refondu par Alexandre de Paris en environ 16 000 vers dodécasyllabiques : de là vient le nom d'alexandrin donné au vers de 12 syllabes dans la littérature Française (À noter que les vers, dans les romans de cette époque, sont écrits à la suite et riment deux par deux, tandis que les Chansons de Gestes sont formées de laisses représentant une série de vers assonancés.).

Il relate la vie du roi de Macédoine : Alexandre est roi, instruit et conquérant (il va jusqu'en Inde), il est explorateur des contrées du monde, il rencontre les filles-fleurs et explore le fond des océans, Alexandre regroupe le pouvoir, le savoir et l'amour, C'est un personnage complexe.

Vers le milieu du XIIe siècle (entre 1150 et 1165), apparaissent trois romans plus accomplis, adaptés de textes antiques formant ce que l'on appelle la « triade antique »:

Ses sources sont les Métamorphoses d'Ovide, les Fables d'Hygin, le commentaire de Servius à l'Énéide, et, bien sûr, Dictys de Crète et Darès le Phrygien pour le récit des événements de la Guerre de Troie proprement dite.
Mais par rapport à ses sources, le roman de Benoît comporte de très nombreuses amplifications, de toute nature.
C'est notamment le cas pour le voyage d'Anténor en Adriatique, la fondation de Corcire Menelan (c'est ce qu'est devenue Corcyra Melaena) et les succès du héros Troyen. Ces événements, qui occupent quelques lignes chez Dictys, sont racontés chez Benoît avec force détails et s'étendent sur quelque cent vers (27.449-27.547, éd. L. Constans, 1908).
Voici, en guise d'exemple, comment est décrite la ville nouvelle (vers 27.475 à 27.491) :


La roche est plaine e dreite en haut ;
A treis costez batent les ondes
De mer hisdoses e parfondes ;
De l'autre part li cort Tigris :
C'est uns des fluns de Paradis,
Qui mout est beaus, granz e pleniers.
Ainz que passast sis meis entiers,
Orent il faite tel cité
Qui mout par fu de grant beauté,
Close de marbre de colors :
Bel sont li mur, beles les tors,
Bel li temple, bel li palais.
La roche en haut est plane et droite ;
Sur trois côtés, viennent battre les eaux
D'une mer hideuse et profonde ;
Le dernier côté est longé par le Tigre :
C'est un des fleuves du paradis,
Très beau, majestueux et puissant.
Lorsque six mois entiers furent passés,
Ils eurent construit une cité
Qui était d'une très grande beauté,
Enclose dans des marbres de couleur :
Beaux en sont les murs, belles les tours,
Beaux les temples et beaux les palais.
L'Oenideus, rex Cebrenorum de Dictys, est également présent, et Anténor, chez Benoît aussi, gagne sa sympathie : le héros Troyen devient prince de la maison d'Oenidus, qui reis esteit de Gerbene. Voici les vers 27.509 à 27.525 :


Tant par fu sages e discrez
Que, ainz que li anz fust passez,
Ot si a son comandement
Celui cui tot le regne apent.
Apelez ert Oënidus ;
Reis esteit de Gerbene e dus
Hauz e riches e honorez:
De celui par fu tant amez
Que prince en fist de sa maison
E de tote la region.
De tot le reiaume enterin
Furent a lui li home aclin,
Par le comandement le rei
E Antenor li porta fei
Tant come il onques pot meillor ;
Bien le servi come seignor,
Senz vilenie e senz mauté.
Il était si sage et discret
Que lorsque les années eurent passé,
Il avait sous ses ordres
Celui dont tout le royaume dépendait.
Il s'appelait Oënidus ;
Il était le roi de Gerbene, chef
Fier et riche et honoré :
Celui-ci aima tellement Anténor
Qu'il le fit prince de sa maison
Et de toute la région.
Dans le royaume tout entier,
Les hommes lui furent soumis,
Sur l'ordre du roi,
Et Anténor respecta la foi jurée
Toujours du mieux qu'il put ;
Il le servit bien comme son seigneur,
Sans vilenie et sans perversité.



La réputation de la cité nouvelle arrive à Troie, et les Troyens survivants s'embarquent pour Corcire Menelan (vers 27.533 à 27547) :

De l'ocise del remanant,
De la contree al rei Priant,
Qui a Troie furent remés
Rechargierent puis onze néz:
Tant espleitierent e siglerent
Qu'a Corcire dreit ariverent.
Antenor les a receüz:
Sacheiz mout furent bien venuz.
Li un les autres recoillirent:
Merveillose joir se firent.
En poi d'ore e en poi de tens
Furent si creüz Troïens
Que, quis vousist adamagier
Et de la terre fors chacier,
Ne fust mie legier a faire.
Des survivants au carnage
De la contrée du roi Priam
Qui étaient restés à Troie
Chargèrent plus tard onze nefs.
Tant ils firent d'efforts et naviguèrent
Qu'ils arrivèrent droit à Corcire.
Anténor les y reçut :
Sachez qu'ils furent très bienvenus.
Les uns accueillirent les autres :
Ils en eurent une joie merveilleuse.
En peu d'heures et en peu de temps
Les Troyens s'accrurent tellement
Que celui qui aurait voulu leur faire tort
Ou les chasser de cette terre
N'eût pas trouvé cela facile à faire.

Corcire Menelan connaît donc, chez Benoît de Sainte-Maure, deux vagues de Troyens : le groupe d'Anténor est rejoint dans la suite par d'autres Troyens, restés d'abord à Troie, puis attirés par la réputation du héros et de ses succès.
Le Roman de Troie va faire l'objet au fil du temps de multiples réécritures et de nombreuses traductions, qui conserveront l'essentiel du récit mais enrichiront les noms propres (Gerbene, Oenidus, Corcire Menelan) de très nombreuses variantes (aperçu impressionnant chez R.-M. Jung, L'exil d'Anténor, 1984, p. 113, n. 25) : Quant à Corcire Menelan, elle prend très vite les allures d'un pays mythique, que les auteurs médiévaux ne tenteront pratiquement jamais d'identifier, à l'exception peut-être de Laurent de Premierfait, qui y voie le nom ancien de Padoue (cfr R.-M. Jung, L'exil d'Anténor, 1984, p. 113-114).
Jusqu'ici, tant chez Benoît de Sainte-Maure que chez Dictys ou chez Darès, la seule fondation attribuée à Anténor est celle de Corcyra Nigra. Dans ces textes, les Vénètes antiques, tout comme Padoue d'ailleurs, ne sont même pas pris en compte. Quant à Venise, il n'en est absolument pas question. Et pourtant, vers 1165, à l'époque de Benoît de Sainte-Maure, Venise est déjà une puissance maritime reconnue en Méditerranée ; n'a-t-elle pas, en 1095, fourni bateaux et vivres à la première croisade ?
Apparemment dans le passage qui nous retient, le clerc Tourangeau ne se préoccupe que de ses sources : il met tous ses soins à les amplifier pour les adapter, moins à l'actualité géopolitique qu'aux goûts de son public :
Les mises en prose Française du Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure :
Le poème de Benoît de Sainte-Maure connaît un très vif succès au Moyen Âge. Il fait notamment l'objet de plusieurs mises en prose Française, toutes anonymes. Marc-René Jung a ainsi recensé cinq types de transcription, les quatre premières (Prose 1 à 4) datant du XIIIe siècle, la cinquième (Prose 5) du début du XIVe siècle.
De ces cinq familles, une seule n'adopte pas la vision que Benoît se fait de l'exil d'Anténor et de son installation à Corcyra Nigra : c'est la Prose 1. Les quatre autres par contre lui sont restées fidèles.
Pour donner un exemple de cette fidélité à Benoît de Sainte-Maure, voici comment se présente le récit en question dans la Prose 4. Le texte provient du Cod. Bodmer 147 (Cologny-Genève, Fondation Martin Bodmer), qui date du dernier quart du XIIIe siècle et qui a été réédité récemment (1979) par Françoise Vielliard. Il s'agit du paragraphe 59 :
« Lors monta Anthenor et les siens en mer et errerent tant qu'il cheÿrent en la mer Adriaticum, et lors orent il assez a soufrir que cels dou païs ne les reçurent que au trenchanz espees: si orent guerre et bataille grant. Et pour l'iver qui estoit, fist fermer Anthenor un chastiau sor une roche haute ou d'une part coroit la mer et d'autre part uns flueves qui est apelez Tygris, et en poi de tens firent bele cité. Si se fist molt bien Anthenor de touz, et donoit largement, et acueilli si la grace dou roy dou païs qui avoit non Oandus que il le fist mestre de son ostel. Et lors fist Anthenor sa cité apeler Colchina Menala. Et par renomee qui va par tout, oÿrent ceux qui estoient a Troie parler de la cité que Anthenor ot faite ; si en i ot. II. qui chargierent .X. nés et i alerent, et ceus les ont volentiers recueilliz. Si crurent ilec tant Troyens que se cels dou païs les volsissent chacier, il ne peussent ».
« « Alors Anthenor et les siens prirent la mer et errèrent tant qu'ils aboutirent dans la mer Adriatique ; ils eurent beaucoup à souffrir parce que les habitants du pays ne les reçurent qu'au tranchant de l'épée : ce furent guerres et grandes batailles. Et parce que c'était l'hiver, Anthénor établit une forteresse en haut d'un rocher, entouré d'un côté par la mer et de l'autre par un fleuve appelé Tygris ; en peu de temps ils construisirent une belle cité. Anthénor se fit également très bien voir de tous ; il donna de grands présents, et obtint aussi la faveur du roi du pays qui avait pour nom Oandus et qui le fit maître de son hôtel. Alors Anthénor fit appeler sa cité Colchina Menala. Et par la Renommée qui va partout, ceux qui étaient à Troie entendirent parler de la cité qu'Anthénor avait faite. Ainsi il y en eut deux mille qui équipèrent dix bateaux ; il s'y rendirent, et furent bien accueillis par les gens de Colchina Menala. Là les Troyens se développèrent tellement que si les habitants du pays avaient voulu les chasser, ils n'auraient pu le faire. » »
Dans ce passage, on retrouve évidemment le récit de Dictys de Crète et de Benoît de Sainte-Maure. Rien n'a fondamentalement changé.
Toutefois une des cinq versions s'écarte totalement du modèle. On l'a dit plus haut, c'est la Prose 1, la plus ancienne, connue aujourd'hui par quelque vingt manuscrits. Son auteur, anonyme, semble l'avoir écrite vers le milieu ou dans la deuxième partie du XIIIe siècle (M.-R. Jung, La légende de Troie, 1996, p. 440). Dans cette version, il n'est plus question de la fondation de Corcire Menalan, mais de celles de Venise et de Padoue. C'est la première fois, dans la littérature française, que nous rencontrons un texte mettant Anténor en rapport avec la fondation de Venise.
Voici, en guise d'exemple, le passage correspondant du manuscrit de Paris (BN, fr. 1612 ; cfr M.-R. Jung, La légende de Troie, 1996, p. 448, et L. Constans, Le roman de Troie, t. VI, 1912, p. 307). Selon M.-R. Jung, La légende de Troie, 1996, p. 470, qui ne précise pas le lieu d'origine, il s'agit d'un manuscrit datant de la fin du XIIIe siècle.
Comment Anthenor et les siens firent la cité de Venise
« Ainsi com vous entendez s'en ala Anthenor par mer, luy et sa gent, ou ilz demourerent grant temps ainçoys qu'ilz trouvassent terre a leur guise, ou ilz se peussent arrester. Mais toutesfoiz alerent ilz tant qu'ils arriverent la mesmes ou est ores la cité de Venise. Illecques dedans la mer firent ilz la ville, pour ce qu'ilz ne se vouloient mectre en pouoir ne en subjection de nul prince terrien ne d'autre gent, et la demourerent ilz grant temps et la peuplerent. Et puis aprés firent ilz la cité de Pade, ou Anthenor mourut, et la gist son corps. »
« « Ainsi comme vous l'entendez, Anthénor et ses gens s'en allèrent par mer, où ils demeurèrent longtemps, jusqu'à ce qu'ils trouvent une terre à leur guise, où ils puissent s'arrêter. Ils naviguèrent tellement qu'ils arrivèrent à l'endroit même où se trouve actuellement la cité de Venise. Et là, dans la mer, ils construisirent la ville, parce qu'ils ne voulaient pas se soumettre au pouvoir ni devenir les sujets d'un prince terrien ou de quelqu'autre personne  ; ils y demeurèrent longtemps et peuplèrent la ville. Ensuite, ils créèrent la cité de Padoue, où Anthénor mourut, et où gît son corps. » »
Dans cette transcription de la Prose 1, le vieux modèle traditionnel (Dictys et Benoît) est donc complètement abandonné. Il n'est plus question de Corcyre-la-Noire, mais bien de Venise, et de la Venise que nous connaissons. La notice est brève, mais très précise. Anthénor et ses gens, après avoir beaucoup navigué, arrivèrent enfin à l'endroit de l'actuelle Venise et construisirent une ville dans la mer, parce qu'ils voulaient ne dépendre de personne. La fondation de Venise est explicitement attribuée aux Troyens d'Anténor ; celle de Padoue viendra plus tard.
Padoue est citée dans les manuscrits sous des formes diverses (ici Pade ; parfois Paude ; parfois Paradis), peu importe pour nous. Que sa fondation soit mise en rapport avec Anténor n'a rien d'étonnant : on revient aux conceptions antiques. Quant à la mention « la gist son corps », elle ne surprend pas non plus à cette époque. On l'a dit plus haut, la tombe d'Anténor bénéficiait à Padoue d'un monument et d'une épitaphe (Hic iacet Antenor Patauinus conditor urbis).
Mais c'est évidemment Venise qui nous intéresse ici. C'est la première fois que nous rencontrons une mention de ce type. Son rédacteur en tout cas s'est totalement écarté de Benoît de Sainte-Maure : il a indiscutablement innové. D'où la question : quelle pourrait être l'origine de cette vision des choses, que reflète la Prose 1 au milieu ou dans la deuxième partie du XIIIe siècle ?
ROMAN DE TROIE - Encyclopædia Universalis www.universalis.fr/encyclopedie/roman-de-troie/
Composé à la suite du Roman de Thèbes (vers 1150) et en même temps ou peu s'en faut que le Roman d'Énéas (vers 1160) , le Roman de Troie (vers 1165 a.

Oeuvres et auteurs medievaux

mythologica.fr/medieval/lib02.htm
Benoît de Sainte-Maure. mythologica.fr. Ecrivain français du XIIe siècle, originaire de la région de Tours qui écrivit vers 1165 le roman de Troie ...

BnF - Homère, Iliade, Odyssée, Ulysse, Troie

expositions.bnf.fr/homere/grand/054.htm
Rédigé vers 1165 par Benoît de Sainte-Maure, le Roman de Troie est un long poème fondé sur deux résumés tardifs de l'œuvre d'Homère, écrits en prose ...

mercredi 5 mars 2014

1166... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1166 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

Guillaume Ier Le Mauvais (1120 env. mort le 7 mai 1166 à Palerme.) roi de Sicile (1154-1166),

GUILLAUME 1er
À la mort de ses 3 frères aînés, Guillaume Ier, dit « le Mauvais », devient héritier présomptif du trône en 1148. À partir de 1151, il partage le pouvoir avec son père Roger II (1095-1154) jusqu'à la mort de celui-ci.
Il est alors couronné roi le dimanche de Pâques 4 avril 1154 dans la cathédrale de Palerme. Sur les conseils de son grand émir Maion de Bari, Guillaume Ier poursuit énergiquement la politique de son père et s'applique à renforcer le pouvoir royal sur les villes et les barons Normands de l'Italie du Sud, qui ont rallié son cousin Robert de Loritello et demandé l'aide de Frédéric Ier Barberousse. Lorsque celui-ci annule son expédition sur l'Italie méridionale, les rebelles se tournent vers l'empereur Byzantin Manuel Ier Comnène.
En 1155, les Byzantins envahissent l'Italie du Sud et occupent l'Apulie (auj. les Pouilles), mais Guillaume Ier remporte une victoire éclatante à Brindisi et reprend la province.
En 1156, le concordat de Bénévent met fin à ses querelles avec le pape Hadrien IV (né en 1100 env., pape 1154-1159) et il obtient la reconnaissance par celui-ci de son pouvoir sur tous les territoires passés sous domination Normande.
C'est à ses adversaires malheureux que Guillaume Ier doit son épithète, car il est protecteur des savants et des lettrés, un monarque tolérant qui reçoit un grand nombre de musulmans à sa cour. La perte des possessions Africaines du royaume (1158-1160) affaiblit le prestige de Guillaume Ier, qui devient d'autant plus exposé aux conspirations des barons, menés par le noble Normand Mattéo Bonello, que Maion de Bari est assassiné en novembre 1160. Il échappe de peu à une déposition, et de nombreuses rébellions éclatent en Sicile et en Italie. Le palais royal de Palerme est pillé, parmi les objets de valeur disparus se trouve le planisphère en argent du grand géographe arabe al-Idrisi (1100 env.-1165), contraint de fuir la Sicile et l'hostilité du peuple envers les musulmans. Cependant, Guillaume Ier est prompt à rétablir l'ordre, et punit sévèrement les dissidents, qui ne peuvent bénéficier cette fois d'aucune aide étrangère. Lorsque son fils Guillaume II le Bon (1154-1189) lui succède, le royaume est intact.
BLASON DE HAUTEVILLE

La Maison d’Hauteville et la constitution du « Royaume »

C’est le « Royaume » par excellence. Son territoire, délimité dès les premières années de sa création sous Roger II d’Hauteville, demeure immuable au cours des siècles, jusqu’à sa chute en 1861. La frontière suit au nord, une ligne qui part, de Civitella del Tronto, au-dessous de Ascoli Piceno, arrive à Gaète en passant par Leonessa, L’Aquila, au-dessus de Pontecorvo et descend jusqu’à la Mer Tyrrhénienne, au sud, sa frontière englobe la Mer et la Sicile. Après la chute de l’Empire Romain, les territoires du futur Royaume furent d’une part sous la domination Byzantine (côte méridionale des Pouilles, Calabre, Sicile et Duché de Naples), de l’autre sous la domination Lombarde (le Duché de Bénévent), Au IX siècle, la Sicile tombe aux mains des musulmans. Au cours des siècles suivants, et particulièrement XIe siècle, la situation géopolitique du Sud de la péninsule précipite la fragmentation en petits états locaux, alors que les anciennes dominations Byzantines et Lombardes perdent leur emprise.
On entre progressivement en une sorte de « guerre de tout le monde contre tout le monde », aggravée par des incursions Sarrasines récurrentes. De telles circonstances, appauvrissent le Sud de l’Italie qui amorce son déclin, laissant le champ libre aux Normands, conduits par la famille d’Hauteville, qui profitent de l’occasion.
Déjà, aux environs de l’an Mille, apparaissent les premiers aventuriers Normands, qui entrent au service des différents seigneurs en guerre avec leurs rivaux, cette politique de mercenaires fait se distinguer les Hauteville, qui, en 1043, savent ériger en hâte un de leur comté à Melfi. Dès lors, leur expansion politico-militaire est constante (surtout avec Robert Guiscard, qui conquiert les Pouilles et la Calabre), jusqu’à ce que, intervenant dans les guerres pour la Querelle des Investitures, sans scrupules, ils se font remarquer par les Pontifes comme seigneurs inféodés sur les terres méridionales de l’Église (en 1091, ils chassent les musulmans de la Sicile). Ainsi, en l’an 1130, Roger II d’Hauteville (1101-1154), bien qu’étant son vassal, peut se faire proclamer par le Pape Anaclet II Roi de Sicile, Pouilles et Calabre, ayant plus tard, domination sur Capoue, Bénévent et Naples. C’est la naissance formelle du Royaume de Naples, baptisé à cette époque: le « Royaume de Sicile ».
1059 - Le Pape Nicolò II autorise la famille Normande de Hauteville (présente en Calabre et dans les Pouilles) à occuper n'importe quelle région du sud de l'Italie du moment qu'elle ne reconnaît pas le pouvoir de Constantinople.
1064 - Le Normand Roger de Hauteville envahit Messine en réponse à un appel à l'aide des Arabes contre les Byzantins.
1071 - Les Normands prennent Palerme après un blocus naval de 6 mois, les Normands prennent possession de la Sicile, mais ils sont peu nombreux si bien qu'ils acceptent et intègrent l'administration et le système de justice arabes. Ils emploient des artisans et des architectes Arabes et Byzantins, engendrant ainsi une association de talents et laissant un incroyable héritage artistique et architectural. L'arabe est remplacé par le français et l'italien et la hiérarchie cléricale est latinisée, mettant un terme à 1 500 ans d'influence Grecque.
1130-1154 - Le Roi Roger II étend son énorme influence sur toute la région méditerranéenne.
1154-1166 - Le roi Guillaume Ier (Guillaume le Mauvais) exploite sa position et ne parvient pas à contrôler les barons. L'Anglais Walter du Moulin devient archevêque de Palerme.
1166-1189 Le roi Guillaume II (Guillaume le Bon) établit un second archevêché à Monreale.
1189-1194 Déclin éclair de la puissance Normande suite à des divisions après la mort de Guillaume II (âgé de 36 ans). La tante de Roger II épouse Henry Hohenstaufen.
1190 - Richard Ier d'Angleterre (Richard Cœur de Lion) s'arrête à Messine en chemin vers sa Troisième Croisade, mettant la ville à sac.
A partir de 1127, le comte Roger entreprend de conquérir l’Italie méridionale (il contrôle alors la Calabre et la Sicile) et en 1130 il se fait proclamer roi de Sicile et reconnaître par le pape schismatique Anaclet II.
L’architecture et les arts sont, durant cette période, caractérisés par l’intégration d’éléments considérés comme « Byzantins », « Islamiques », ou originaires de l’Europe du Nord, qui donnent naissance à un langage propre à la Sicile du XIIe siècle.
Avant 1130, les principales réalisations architecturales concernent des édifices religieux et ont lieu dans le cadre du rétablissement des structures ecclésiastiques et de la fondation de monastères.
Entre 1130 et 1154, date de la mort de Roger II, ce dernier développe une politique digne du roi érudit que doit être tout souverain. Mécène ouvert aux différents éléments qui composent alors la koiné (grec ancien) artistique et savante méditerranéenne, il promeut un certain nombre de réalisations. La célèbre Chapelle de Palerme lui est ainsi due, et en particulier, son plafond peint, il est à l’origine de la construction de la cathédrale de Cefalù dont le plafond est également décoré d’éléments mêlés, Roger est aussi le commanditaire de la Géographie d’al-Idrîsî, un ouvrage unique à son époque. Plus largement, refondant l’administration de la Sicile et de la Calabre, il fait appel à des fonctionnaires arabophones, et développe un cérémonial et une vie de cour qui mêlent éléments d’origines Byzantine et Islamique. Cette politique générale vise un public plus large que celui de la cour sicilienne et de la population insulaire, d’autant qu’à partir des années 1120 et jusqu’en 1160, la dynastie contrôle un certain nombre de villes côtières de l’Ifrîqiya et du Maghreb central (Jerba, Mahdia, Sfax, Tripoli, Bône, etc.).
Un certain nombre de grands suivent l’exemple du souverain, tel le principal conseiller de Roger, Georges d’Antioche, commanditaire de l’église de la Martorana.
GUILLAUME 1er
Le règne de Guillaume 1er, le « Mauvais », est aussi bref (1154 - 1166) que tumultueux : sous son règne, Palerme perd tout contrôle sur les côtes Africaines et les révoltes se succèdent, liées à la volonté de l’aristocratie latine de prendre plus de part au gouvernement, aux dépens des serviteurs de la monarchie d’origine arabo-musulmane et de statut servile.
Si la villégiature de la Favara et son vivier, situés à proximité de Palerme, au Sud-est de la ville, semblent avoir été élaborés sous Roger II, ils sont utilisés par son fils. Il est également le commanditaire d’un autre lieu de villégiature, la Zisa, localisée au Sud Ouest de la capitale. La Conque d’Or, nom qui désigne la plaine qui entoure Palerme, entre la mer et les premiers reliefs au sud de la capitale, zone horticole, donne ainsi également à voir la splendeur des Hauteville.
Si Guillaume (qui mesure près de 6 pieds, soit environ 1.82 mètres, plutôt grand pour un homme du Moyen Âge, d'où sa réputation de colosse capable de soulever un cheval avec son cavalier) hérite d'un royaume puissant et en pleine apogée, il semble mal préparé et son règne s'annonce difficile et tumultueux. En effet, la majeure partie des barons Normands contestent un pouvoir qu'ils jugent trop centralisé à leur goût, de la part de la cour royale Palermitaine et haïssent le personnage le plus puissant du royaume, l'« Émir des Émirs » Maion de Bari, qualifié par ses détracteurs de « diabolique », de « corrompu » et de « comploteur », ce qui n'est peut-être pas complètement faux... Les barons n'hésitent pas à s'allier aux Byzantins contre leur roi. Son titre de roi est d'ailleurs contesté par l’empereur Byzantin Manuel Comnène, ennemi juré des Normands qui espère encore conquérir l'Italie, ainsi que par le pape Adrien IV.

Reconnu ensuite roi par ce dernier en 1156, il devient alors un fidèle allié de la Papauté contre les menées de l’empereur Germanique Frédéric Barberousse qui cherche à étendre son empire en Italie. Après avoir violemment rétabli un temps l'ordre dans ses possessions, il tente de poursuivre la politique expansionniste, méditerranéenne et orientale de son père mais finit par perdre toutes les places fortes Normandes d'Afrique du Nord (sur l'actuelle côte Tunisienne) et le dernier bastion Normand d'Afrique, Mahdia, tombe dans les premiers jours de 1160. A La fin de sa vie, Guillaume 1er, élevé à l'orientale et vivant comme un prince arabe, l'a passé essentiellement dans ses palais, partageant la majeure partie de son temps entre son harem et ses somptueux jardins...
En même temps, l'année 1160 marque un retour des troubles secouant le royaume Normand : Maion de Bari est assassiné en novembre dans Palerme, victime d'un complot mené par la noblesse dirigé par Mattéo Bonello. Des membres de la famille royale et des barons importants participent également aux troubles : Tancrède de Lecce, Roger Sclavo, Richard de Mandra, Bohémond II de Manoppello, etc.….
Peu de temps après, au début du printemps 1161, Guillaume lui-même est capturé après une émeute à Palerme et emprisonné à l'instigation d'un complot de la part de barons rebelles. Son fils aîné et héritier désigné, Roger, âgé de 9 ans, est placé brièvement sur le trône par les rebelles mais meurt peu après dans la cohue des événements, Pierre le Caïd, Cancellais du royaume, préfère d'ailleurs quitter le royaume, remplacé par un jeune homme inexpérimenté, Étienne du Perche.
LA ZISA
Guillaume 1er le Mauvais meurt à Palerme de causes inconnues le 7 mai 1166 âgé d'environ 40 ans. Avant de mourir, il a nommé comme successeur son jeune fils Guillaume, encore un tout jeune adolescent, lui laissant un royaume plus fragile qu'en 1154, à la mort du grand roi Roger.
Guillaume le Mauvais est à l'origine de plusieurs édifices dont le célèbre Palais de la Zisa à Palerme, assez bien conservé. Sa mère, Marguerite, assure la régence jusqu’en 1171. Le règne de Guillaume II, le « Bon », bénéficie d’une paix interne qui autorise une politique extérieure relativement active. Il meurt en 1189, sans héritier, et débute alors une période de forte instabilité.
La succession de Guillaume II n’est pas aisée et Constance, sa tante, fille posthume de Roger II et épouse du futur empereur Henri VI, que le défunt souverain avait désignée ne parvient pas à s’imposer. Tancrède de Lecce, bâtard d’un fils de Roger II, accède au pouvoir en 1190.
La culture islamique dans la Sicile médiévale montrant l'héritage artistique et culturel de la domination islamique sur l'île (Xe-XIe siècles) s'est vu absorbée et magistralement réinterprétée 3 siècles durant (XIe-XIIIe) par les artistes actifs dans les royaumes Normands de Sicile, qui connaissent leur apogée avec la grandiose époque de Roger II. De Palerme à Syracuse, de Catane à Agrigente.


Alexandre Dumas fait mention de ce roi dans l'un de ses ouvrages, « Le Speronare » ou le récit des impressions de ses voyages dans le Royaume de Naples récit paru en 1842.

« …Mais le tombeau qui attira plus spécialement l'attention des antiquaires, fut celui de Guillaume le Mauvais. A l'ouverture du sarcophage, on trouva d'abord une caisse de cyprès enveloppée d'une espèce de drap de satin de couleur feuille morte, et, cette caisse ouverte, on découvrit le cadavre du roi parfaitement conservé, quoique six siècles et demi se fussent écoulés depuis son inhumation. Conforme à la description donnée par l'histoire, il avait près de six pieds de long. Le visage et tous les membres étaient intacts, moins la main droite qui manquait; une barbe rousse, à laquelle se réunissaient des moustaches pendantes, descendait jusque sur sa poitrine; les cheveux étaient de la même couleur, et quelques mèches, arrachées du crâne, étaient éparpillées dans le côté gauche de la bière. Le cadavre était couvert de trois tuniques superposées: la première était une espèce de longue veste avec des manches de drap de satin de couleur d'or, qui conservait encore un beau lustre; elle partait du cou et descendait jusqu'aux mollets en bouffant sur les hanches. Sous cette veste était un autre vêtement de lin qui, partant du cou comme le premier, descendait jusqu'à mi-jambe; il était en tout semblable à une aube de prêtre; cette espèce d'aube était serrée autour de la taille par une ceinture de soie couleur d'or dont les deux bouts se réunissaient sur le nombril au moyen d'une boucle. Enfin, sous ce vêtement était une chemise qui partait également du cou, mais qui couvrait tout le corps. Les jambes étaient chaussées de longues bottes de drap qui montaient presque jusqu'au haut des cuisses, et qui, à leur partie supérieure, étaient rabattues sur une largeur de trois pouces. La couleur de ce drap était feuille morte, et il paraissait avoir fait partie du même morceau qui recouvrait la bière. La main gauche, la seule qui restât, était nue, et tout auprès on voyait le gant de la main droite; ce gant était en soie tricotée de couleur d'or, et sans aucune couture. Vers une des extrémités de la caisse, on retrouva une petite monnaie de cuivre; au centre était une aigle couronnée, et au-dessus de cette aigle, une croix et quelques lettres dont on ne put retrouver la signification. Il y avait peu de différence entre le costume de Guillaume et ceux qui revêtaient les cadavres de Henri et de Frédéric II, retrouvés à Palerme, en 1784, ce qui prouve que ce costume était l'habit royal des souverains Normands… ».
TOMBEAU DE GUILLAUME 1er A PALERME
Succèdent à Roger II, Guillaume Ier le Mauvais (1154-1166), Guillaume II le Bon (1166-1189), Tancrède (1189-1194), Guillaume III (1194).
www.universalis.fr/encyclopedie/guillaume-ier-le-mauvais/
Roi normand de Sicile (1154-1166) né vers 1120, mort le 7 mai 1166 à Palerme. À la mort de ses trois frères aînés, Guillaume I er , dit « le Mauvais.
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Une Ancienne & Glorieuse Dynastie « Sito ufficiale della Real Casa ...

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Succédèrent à Roger II: Guillaume Ier le Mauvais (1154-1166), Guillaume II le ... Charles put ainsi prendre le titre de Charles Ier d'Anjou Roi de Sicile, initiant la 
Qantara - Les Hauteville www.qantara-med.oQantara - Les Hautevillerg/qantara4/public/show_document.php?do_id...
Maladie et mort de Guillaume II le Bon, roi de Sicile ... Le règne de Guillaume Ier, le « Mauvais », est aussi bref (r. 1154 - 1166) que tumultueux : sous son règne, Palerme perd tout contrôle sur les côtes africaines et les révoltes se succèdent, 

Guillaume Ier de Sicile - Wikipedia - Blog - Photographies Naturelles

blog.photographies-naturelles.fr/wiki-Guillaume_Ier_de_Sicile.html
1 févr. 2014 - Guillaume I de Sicile (de la Maison de Hauteville), dit Guillaume le Mauvais, est le second roi normand de Sicile de 1154 à 1166. Il doit sa ...

Guillaume II de Sicile - histoire des chevaliers teutoniques et de la ...

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2 oct. 2011 - 7 messages - ‎3 auteurs
Guillaume II de Sicile dit Guillaume le Bon (de la Maison de Hauteville), est un roi normand de Sicile de 1166 à 1189. Né en 1154, il est le fils et successeur du roi Guillaume le Mauvais. À la mort de ce dernier, il est placé ...





1167... EN REMONTANT LE TEMPS

Cette page concerne l'année 1167 du calendrier julien. Ceci est une évocation ponctuelle de l'année considérée il ne peut s'agir que d'un survol !

« MATHILDE L'EMPERESSE »

L'EMPERESSE MATHILDE
Mathilde l’Emperesse née à Rouen en 1102/décédée le 10 septembre 1167) fille et héritière de Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre, et de Mathilde d’Écosse (prénommée Édith avant son mariage). Elle est donc la petite-fille à la fois de Guillaume le Conquérant (Normand), de Malcolm III d’Écosse (Écossais), et de Mathilde d’Écosse (Anglo-Saxonne). Son éducation commence probablement à la cour de sa mère, puis en 1108, elle est confiée aux moines du Bec.
En 1109, âgée de 6/7 ans, son père la fiance à l'empereur du Saint Empire Romain Germanique Henri V, âgé de 28 ans C'est une alliance politique importante pour Henri Ier, preuve en est la dot estimée à 10 000 marcs d'argent qu'il offre, car elle lui permet de gagner un allié contre le roi de France.
En février 1110, elle part rejoindre son futur mari avec une escorte Normande. Son éducation se poursuit à la cour impériale.
En 1111, son futur mari se fait couronner empereur par le pape Pascal II à Rome.
Elle est couronnée à Mayence d’où son nom de « Mathilde l’Emperesse »... Étant mineure, Bruno de Bretten, l'archvêque de Trêves, est désigné pour être son gardien. Sous sa tutelle, elle apprend l'Allemand et les coutumes de la cour impériale.
Le 6 ou le 7 janvier 1114 Mathilde et Henri se marient à Worms puis sont à nouveau couronnés à Mayence...
En 1116, elle soutient son mari qui est excommunié par le pape suite à la querelle des investitures et l'accompagne lors de sa seconde campagne en Italie. À Rome, le pape apeuré s'est enfui, et Mathilde et son mari sont probablement couronnés Empereur et Emperesse par Maurice Bourdin, l'archevêque de Braga, futur « antipape » Grégoire VIII, qui est excommunié pour cet acte. Mathilde utilise par la suite non plus le titre de « reine des Romains », mais « Emperesse des Romains ».
HENRI V EMPEREUR
Entre 1118 et 1119 Mathilde est une impératrice impliquée, elle est témoin de nombreux actes juridiques de son mari, agit comme régent titulaire en Italie, et correspond avec son père.
Pendant ce temps, Henri V a des démêlées avec Foulque, comte du Maine qui refuse de lui rendre hommage, et préfère la suzeraineté du roi de France. La guerre menace d’éclater, mais en fin diplomate  Henri I, donne son fils Guillaume Adelin en mariage à une fille de Foulque V d'Anjou. Henri Ier, étant toujours décidé à sécuriser la frontière sud-ouest du duché face à l'Anjou, il arrange également un mariage, pour sa fille, avec Geoffroy fils de Foulque V.
En 1120, lors de son retour en Angleterre avec toute sa famille, c’est le naufrage de la Blanche Nef, dans lequel périt Guillaume-Adelin, sa femme Mathilde, et les héritiers et héritières des grandes familles de Normandie et d’Angleterre....
En 1121, Henri Ier s'est remarié mais après 5 ans d'un mariage infructueux, la naissance d'un héritier est très improbable. Robert de Gloucester, l'aîné de ses bâtards, a l'étoffe d'un roi, mais il lui manque la légitimité, ce qui l'exclut de la succession. Comblé par les faveurs royales, Étienne de Blois bien que petit-fils de Guillaume le conquérant par sa mère Adèle est vu par le roi comme un simple appui pour son successeur. Le choix de sa fille pour lui succéder est la seule solution pour que sa lignée subsiste sur le trône. Sa décision est facilitée par les aptitudes qu'il a pu déceler chez elle, comme son expérience de la gestion des affaires publiques... Son éducation lui a permis de développer un caractère volontaire, un esprit indépendant, et une confiance en soi suffisante...
En 1125, l'empereur Henri V meurt, et comme son mariage n'a pas engendré de descendance, elle rend les terres qu'elle a eues en dot près d'Utrecht puis revient près de son père, car un autre rôle politique l'attend... Un chroniqueur contemporain mentionne que le couple a eu un enfant, mais qu'il n'a pas vécu. Mathilde est veuve, elle a 21 ans et pas d’enfant. (heureusement pour la France qui aurait pu se retrouver encerclée par les demi-frères Allemands et Anglais !!!)... Henri Beauclerc lui donne en héritage toutes ses possessions Anglaises et Normandes. Les seigneurs Anglais n’admettent cette décision qu’à la condition que Mathilde reste veuve, ou qu’en cas de remariage, ils donnent leur consentement, elle vient en Angleterre.
En 1127, son père demande à tous les barons et évêques Anglais présent à la cour, y compris son cousin Étienne de Blois, de prêter serment et de reconnaître sa fille comme héritière et successeur. Il exige d'autres serments d'allégeance à Mathilde (et à elle seule) en 1131 et 1133. les barons du roi Henri Ier reconnaissent par serment le droit de Mathilde.
En 1128 Sans les consulter elle se remarie au Mans, elle épouse Geoffroy (1113-1151), surnommé Plantagenêt, de 11 ans son cadet, comte d’Anjou, fils de Foulque V Le Jeune. Il devient Comte d'Anjou à l'issue de la cérémonie, car son père part immédiatement pour Jérusalem épouser Mélisande héritière du Royaume de Jérusalem.
Les situations des deux royaumes se ressemblent, cependant les arrangements pour assurer leurs successions sont différentes. Foulque d'Anjou devient Roi de Jérusalem et gouverne de concert avec la reine, alors que Geoffroy n'a pas le même statut, les serments d'allégeance des barons, même après le mariage, étant réservés à Mathilde seule.
Malgré l'urgence de concevoir un petit-fils pour Henri Ier, ils vivent séparés pendant 2 ans. Après le concile de Northampton en septembre 1131, elle accepte de revenir près de lui. Les vassaux Anglais se considèrent libérés de leur serment d’allégeance... Par ce mariage Geoffroy et Mathilde vont se trouver à la tête d’un vaste et puissant empire qui sera à l’origine du futur « empire Plantagenêt » première conséquence les relations entre l’Anjou et la Normandie vont se trouver pacifiées.
En 1133, Leur premier enfant Henri (futur Henri II) naît le 5 mars 1133 au Mans, la naissance de Geoffroy (1134) manque de lui coûter la vie, mais elle se remet, et Guillaume naît en 1136. Mathilde passe son temps à Rouen avec son père, s'initiant au gouvernement de l'administration normande. Pendant ce même temps, Henri Ier refuse de donner à son gendre les châteaux faisant partie de la dot de sa femme dans le sud de la Normandie. Quand il meurt le 1er décembre 1135 Mathilde et son mari se trouvent en Anjou.
CARTE D4ANGLETERRE AU XIIe XIIIe SIÈCLE
En 1135, à la mort à Lyons La Forêt de Henri Ier, Geoffroy d'Anjou entend donc faire valoir les droits de Mathilde et du jeune Henri... Dès la mort du roi, Thibaud de Champagne, son neveu, est prêt à réclamer le trône étant le plus proche héritier mâle, puisque petit fils de Guillaume le Conquérant, par la fille de celui-ci Adèle, sœur du roi, Ce dernier se fait devancer par son frère cadet Étienne de Blois, qui débarque en Angleterre et qui aidé de son frère Henri, évêque de Winchester, se fait couronner roi le 22 décembre. Le demi-frère de Mathilde, Robert de Gloucester, fils illégitime de Henri Ier Beauclerc, soutient son parti. Mathilde se réfugie en Normandie. À la mort de son père, il est attendu que Mathilde lui succède, mais Henri Ier n'a jamais convaincu ses barons que Mathilde pourrait gouverner par elle-même. Il a aussi refusé la suggestion qu'elle pourrait gouverner comme régente pour son fils Henri, il n'y a donc pas de consensus ferme parmi le baronnage pour accepter Mathilde. Prévenu de la mort du roi, son cousin Étienne de Blois rejoint au plus vite Winchester et s'empare du trésor royal. Le 22 décembre 1135 il se fait couronner par l'archevêque de Canterbury reniant ainsi les serments faits précédemment. Même si Étienne a officiellement les titres de roi et de duc, Mathilde est reconnue par beaucoup de vassaux Normands comme la souveraine légitime du duché de Normandie, pendant ce temps L’Angleterre elle se divise alors en partisans de Mathilde et en partisans d’Étienne.
Cinq mois après son couronnement, tous les principaux baron Anglo-Normands sauf Baudouin de Reviers l'ont reconnu pour roi, y compris ceux avec qui Mathilde a forgé de forts liens politiques (Robert de Gloucester, Brian FitzCount). Elle ne peut rien faire pour renverser la situation, Étienne étant aussi accepté par le clergé Anglais et par le pape. Elle prend toutefois immédiatement possession des châteaux contenus dans sa dot, à savoir : Argenton, Exmes, et Domfront et s'établit dans la forteresse d'Argenton. Geoffroy Plantagenêt a peu d'intérêt pour l'Angleterre, elle n'a donc aucun soutien pour contrer Étienne dans son royaume. Par contre, son mari a l'ambition d'annexer la Normandie, et y mène régulièrement des raids.
Néanmoins, les piètres qualités de souverain d'Étienne permettent aux prétentions de Mathilde de survivre. Son échec à contrôler la Normandie à partir de 1137, donne à Mathilde une possibilité pour lui contester le duché.
Les manœuvres tentées en Normandie ne donnent rien, jusqu'à ce qu'en 1138, son demi-frère illégitime Robert de Gloucester renonce à son allégeance à Étienne. Elle et son mari ont maintenant assez de soutien pour tenter plus avant de s'imposer dans le duché. À la même époque, leur cousin David 1er d’Écosse, envahit le nord de l'Angleterre et une rébellion se déclenche dans l'ouest du pays. Bien que ces initiatives échouent, la position de l'Emperesse ne se désintègre pas et elle enregistre de nouveaux soutiens.
Durant les fêtes de Pâques 1139, le cas de l'usurpation d'Étienne est examiné par le second concile de Latran. Le pape refuse de se prononcer et préfère attendre que les événements se décantent.
MATHILDE
Le 30 septembre 1139, Mathilde débarque en Angleterre pour porter la contestation plus avant. Elle est accueillie par sa belle-mère Adélaïde de Louvain, au château d'Arundel. Étant sous la protection d'une reine douairière, Étienne n'a pas d'autre choix que de lui donner un sauf-conduit jusqu'à Bristol. Elle y est escortée par Henri de Blois, l'évêque de Winchester, et le comte Galéran IV de Meulan, puis s'installe à Gloucester. En février 1141, intervient le plus grand succès militaire de Mathilde. À la Bataille de Lincoln le 2 février 1141, Étienne est battu et capturé, puis déposé et enfin emprisonné à Bristol. Elle se trouve en position de force dans le royaume, et le 3 mars elle se proclame Domina Anglorum, « Dame des Anglais », avec l'accord de l'évêque de Winchester Henri de Blois légat papal et propre frère d'Étienne. Il la reçoit lors d'une cérémonie dans sa cathédrale où elle est accompagnée par une procession d'évêques et d'abbés. Le parti d'Étienne se défait la Normandie se laisse conquérir par Geoffroy, qui s'empare du duché à part quelques poches de résistance.
En 1139 Mathilde proclamée « Dame des Anglais », forte du soutien de quelques barons mécontents de la faiblesse du roi, elle a la confiance de l'Église qu'Étienne a gravement contrariée. Elle prend rapidement le contrôle d'une grande partie de l'ouest de l'Angleterre, et établit sa cour à Oxford, elle récompense ses soutiens par des honneurs et des terres, et les barons du royaume changent de camp au gré de leurs intérêts... aidée par son demi frère Robert, duc de Gloucester, elle réussit en 1141 à capturer Étienne, sauvé par la mort de Gloucester, et remonte sur le trône mais ne parvient pas à tirer profit de sa victoire à Lincoln.
ÉTIENNE DE BLOIS
Le 7 avril, elle est proclamée Angliae Normanniaeque domina, « Dame des Anglais et des Normands », au concile de Winchester, mais l'assistance est maigre. Des dispositions sont prises pour qu'elle soit couronnée à Westminster Bien qu'elle contrôle dorénavant le royaume, son soutien militaire est faible, et notamment Thibaut du Bec refuse de lui faire serment d'allégeance tant que Étienne de Blois n'aura pas renoncé à la couronne, ce qu'il refuse de faire. Ses soutiens sont surtout localisés dans l'ouest du royaume, même si elle réussit à attirer Ranulph de Gernon, Hugues Bigot, Geoffroy de Mandeville, Guillaume de Mohun et quelques autres pour un temps, avec des terres et des titres.
Londres étant aux mains des sympathisants royalistes, elle est obligée d'acheter le soutien de Geoffrey de Mandeville, gardien de la Tour de Londres pour sécuriser les alentours de la ville. Elle peut ainsi s'installer temporairement à Westminster en juin 1141, afin de s'y faire couronner reine. Son séjour y est court et houleux, car elle refuse de leur faire les concessions qu'ils demandent. Henri de Blois plusieurs hésitant à la soutenir, demande au pape d'approuver son changement d'allégeance pour l'Emperesse, mais celui-ci refuse.
Mathilde de Boulogne, épouse d'Étienne, et Guillaume d'Ypres, le capitaine de ses mercenaires, se présentent alors avec leurs forces près de la ville durant l'été. Les Londoniens, furieux de l'arrogance de l'Emperesse, attaquent Westminster et l'obligent à quitter la ville en catastrophe, empêchant ainsi le couronnement. Elle doit se replier sur Oxford.
BATAILLE DE LINCOLN
Fin juillet, elle prend la décision de marcher sur Winchester pour forcer l'évêque à la couronner. Ses forces assiègent alors le palais de l'évêque. Mathilde de Boulogne et Guillaume d'Ypres, y voient une opportunité de reprendre l'avantage. Ils assiègent la ville, et coupent ainsi leurs voies de retraite et de ravitaillement. S'ensuit ce qui est aujourd'hui connu sous le nom de déroute de Winchester. Mathilde réussit à s'enfuir de Winchester grâce à une diversion organisée par Robert de Gloucester. Ses troupes sont mises en déroute, et Robert, qui couvre sa fuite, est capturé à Stockbridge.
Tout l'avantage gagné à Lincoln a disparu. Les belligérants se mettent d'accord pour un échange de prisonniers. Robert n'est pas roi, mais il est l'âme et le leader charismatique du parti de sa sœur. Il est relâché le 3 novembre, en contrepartie de la libération d'Étienne le 1er du mois. Ce dernier retrouve sa place sur le trône, et se fait à nouveau couronner le 25 Décembre la guerre civile peut reprendre de plus belle.
Geoffroy Plantagenêt refuse de venir la soutenir en Angleterre, car il est occupé à prendre le contrôle de la Normandie. Robert de Gloucester part le rejoindre pour négocier avec lui et l'aider dans sa conquête. Quand il revient dans le royaume, à l'hiver 1142, Mathilde se trouve assiégée dans le château d'Oxford. Elle ne doit son salut qu'à une fuite ingénieuse et dangereuse. Début décembre, ses 4 compagnons et elle s'enroulent dans des draps blancs, pour ne pas être repérés, et se font descendre le long du mur du château en pleine nuit, alors qu'une tempête de neige sévit. Ils s'enfuient d'abord à pied dans la neige vers Abingdon traversant la Tamise gelée, puis à cheval jusqu'à Wallingford puis jusqu'à Devizes (Wiltshire), où elle établit son quartier général, car le château y est pratiquement imprenable.
Durant les années qui suivent, aucun des camps n'est capable de prendre l'avantage, et le conflit s'enlise dans une guerre de sièges. Geoffrey de Mandeville et Ranulph de Gernon reviennent dans son camp après avoir été trahis par le roi. D'autres barons adhèrent à sa cause avant tout pour sauver leur patrimoine Normand. Ses demandes d'assistance à son mari, qui a pourtant achevé sa conquête de la Normandie en 1144, sont ignorées. Toutefois, à partir de 1142, elle comprend qu'elle ne sera jamais couronnée reine, et qu'il vaut mieux se battre pour que son fils Henri rentre en possession de son héritage. Elle enregistre une victoire sur le plan diplomatique quand le pape refuse de reconnaître Eustache le fils aîné d'Étienne, comme son successeur au trône.
En 1144 Geoffroy V Plantagenêt est reconnu duc de Normandie..
En 1148, après des années de guerre civile, Mathilde quitte définitivement l'Angleterre pendant ce temps, Geoffroy, qui à conquis la Normandie (1141-1144) et donne le duché à leur fils Henri (1150).
ABBAYE DE MORTEMAR
Fin 1147, son demi-frère Robert, son commandant militaire, décède d'une fièvre à Bristol. Menacée d'être excommuniée pour occuper illégalement le château de Devizes, qui appartient à l'évêque de Salisbury, elle se retire en Normandie en 1148, laissant son fils Henri poursuivre sa revendication pour lui-même.
Après des tentatives vaines en 1147 et 1149, il débarque à nouveau en Angleterre, début 1153, avec une puissante armée. À la fin de l'année, après le décès d'Eustache IV de Boulogne fils et héritier présomptif du roi, les conditions sont réunies pour un Traité de paix. Selon les termes de l'accord, Étienne d'Angleterre et Henri se reconnaissent pour père et fils, et il est conclu que ce dernier succédera à Étienne à sa mort...
En 1153, Eustache, fils unique d’Étienne meurt. L’archevêque de Canterbury intervient pour faire se rencontrer Étienne et Henry, fils de Mathilde et de Geoffroy. Par un traité en 1153, Étienne associe Henry à la gestion royale et le désigne comme successeur. Il sera le futur Henri II, et elle sera la belle-mère d’Aliénor d'Aquitaine.
En 1154 sans héritier, Étienne de Blois finit par lui transmettre la couronne d'Angleterre.
La guerre civile a un fort impact sur le pouvoir royal. Cela est du uniquement à la faiblesse du gouvernement d'Étienne d'Angleterre qui est un piètre roi. Comme il est incapable de s'occuper des désordres dans son royaume, il délègue à ses soutiens de grandes parts de son autorité, et créé ainsi de nombreux titres de comtes. Son incapacité à maîtriser tous les aspects de sa position conduit à une désintégration de l'ordre établit, et à de nombreux désordres locaux.
Étienne montre aussi à plusieurs reprises qu'il est difficile de lui faire confiance. Il montre que sa parole ne l'engage pas, et qu'il fait fi des conventions féodales. Sur le plan politique, il se montre inepte, notamment en arrêtant Roger de Salisbury et ses neveux, et en ne respectant pas sa promesse de liberté de l'Église. Il s'attire ainsi l'hostilité du clergé, et finalement est incapable d'assurer sa succession.
Son incapacité à tuer dans l'œuf toute contestation ouvre la porte au parti Angevin pour lui contester le pouvoir, et les barons en profitent pour extorquer toujours plus d'autonomie et de pouvoir aux deux prétendants. Ainsi, ils construisent des châteaux sans autorisation et battent même monnaie. En conséquence, l'administration centrale royale ne fonctionne qu'au ralenti et son échiquier est au point mort. L'argent rentre mal dans les caisses d'Étienne, ce qui limite encore plus son champ d'action.
LE PIGEONNIER DE MORTEMAR
Devant la faiblesse de l'autorité royale, les grands barons du royaume, soutenant des camps différents, en sont réduits à conclure des traités privés afin de limiter l'impact de la guerre civile sur leurs terres et leurs possessions. Plusieurs barons vendent leur soutien au plus offrant. Ranulph de Gernon a souvent été décrit comme l'exemple typique de cette attitude. Quand Henri II d'Angleterre monte sur le trône en 1154, l'État est à reconstruire.
L'abbaye de Mortemer est dite hantée par Mathilde l'emperesse surnommée la Dame Blanche grand-mère du très célèbre Richard Cœur de Lion. Mathilde Beauclerc, est la « Dame Blanche » de la « légende de Mortemer »
fr.cyclopaedia.net/wiki/Mathilde-(1103-1167)
Mathilde l'Emperesse (vers le 7 février 1102 probablement à Sutton Courtenay, Oxfordshire – 10 septembre 1167, abbaye Notre-Dame du Pré de Rouen), aussi ...

Point de Vue .:. Ce jour-là .:. 24 Août

www.pointdevue.fr/cejourla/24-Aout
Le 17 juin 1128, il se marie à l'âge de 15 ans avec Mathilde l'Emperesse, fille ... Le 17 juin 1128 au Mans, il épousa Mathilde l'Emperesse (1102 – 1167), veuve ...